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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 23 novembre 2021 21 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSantéOutre-mer

L'invité de Bourdin Direct : Geoffroy Roux de Bézieux - 23/11

Au micro : Jean-Jacques BourdinSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Que faire ?

  • 0:26OuverteRéponse partielle

    Demander plus de contrôle de l'inspection du travail pour que les gestes barrières soient respectés à l'intérieur de l'entreprise ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Vous redoutez le télétravail ?

  • 1:48RelanceRéponse directe

    Pas de pass sanitaire dans les grandes surfaces, dans les centres commerciaux.

  • 2:00ComplaisanteRéponse directe

    Sur le télétravail, il faut laisser le dialogue social de proximité se faire.

  • 2:30FerméeRéponse directe

    Obligatoire.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47InvitéFait
    « les gestes barrières se sont un peu relâchés partout »
  • 1:08InvitéPromesse
    « On va envoyer un mail à tous les adhérents pour leur dire de se remobiliser sur Gébarrière, notamment le port du masque en réunion »
  • 1:37InvitéFait
    « réduire la jauge dans les centres commerciaux ou demander le pass sanitaire, en pleine période de Noël, sur des commerces qui ont beaucoup souffert, ça serait une catastrophe »
  • 2:39InvitéChiffre
    « les postes télétravaillables, c'est 20% des postes »
  • 3:52InvitéFait
    « Ça a commencé pour les plus de 65, si je ne me trompe pas »
  • 5:55InvitéChiffre
    « 6,8% de croissance »
  • 6:10InvitéFait
    « l'INSEE, la Banque de France, nous prédisait 1 million de chômeurs, le mur des faillites »
  • 7:38PrésentateurChiffre
    « 35% de chômage en Guadeloupe »
  • 12:04PrésentateurFait
    « Les dividendes versés vont être en forte augmentation »
  • 12:15InvitéChiffre
    « les dividendes ont baissé de 14% l'année dernière »
  • 15:27InvitéChiffre
    « Il y a 15 milliards d'euros qui ont été mis par ce gouvernement sur un programme qui s'appelle le PIC pour les demandeurs d'emploi »
  • 16:25InvitéChiffre
    « 60% d'entreprises n'arrivent pas à recruter »

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Présentateur23 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Geoffroy Roux de Bézieux, bonjour. Bonjour. Résident du MEDEF, Covid, Covid, cinquième vague. Inquiétude dans les entreprises, j'imagine. Que faire ? Que faire demander plus de contrôle de l'inspection du travail pour que les gestes barrières soient respectés à l'intérieur de l'entreprise ?

0:31
Invité

Inquiétude, oui, panique, non. J'allais dire, malheureusement, la cinquième vague, on commence à avoir un peu le calme des vieilles troupes. On a l'habitude. Malheureusement, on l'habitude. Alors, ce qui est vrai, c'est qu'on le sait tous, les gestes barrières se sont un peu relâchés partout. Dans la vie privée comme dans la vie de l'entreprise. Donc, nous, on lance un appel ce matin à nos adhérents.

On va envoyer un mail à tous les adhérents pour leur dire de se remobiliser sur Gébarrière, notamment le port du masque en réunion qui a un peu disparu, les jauges pour certaines réunions pour qu'on puisse éviter plus de mesures contraignantes qui pourraient nous tomber dessus dans quelques semaines.

1:16
Présentateur

Des mesures contraignantes, c'est port du masque obligatoire dans les entreprises, mais c'est surtout le télétravail. Vous redoutez le télétravail ?

1:26
Invité

Alors, je commence par le pire des mesures, qui seraient des mesures de restriction, comme on en a connu. Le confinement. Alors, je ne pense pas qu'il y ait le confinement généralisé, mais par exemple, tout simplement, réduire la jauge dans les centres commerciaux ou demander le pass sanitaire, en pleine période de Noël, sur des commerces qui ont beaucoup souffert, ça serait une catastrophe. Je le dis maintenant, si jamais il n'y a...

1:48
Présentateur

Pas de pass sanitaire dans les grandes surfaces, dans les centres commerciaux.

1:52
Invité

Parce qu'on est dans la période... Je pense que ça, tout le monde le devine, 15 novembre, 15 décembre, c'est la période clé pour les courses de Noël. Sur le télétravail, je pense qu'il faut laisser le dialogue social de proximité se faire. Il y a eu beaucoup d'accords de signée. Vous savez qu'on a signé un accord, il y a maintenant un an, un jour pour un jour, un an, qui donne un peu le cadre des protocoles. Ça avance bien dans les entreprises. Il y a beaucoup d'entreprises qui ont signé des accords. Les petites ont signé des chartes où ont donné un ou deux jours. Donc, je pense qu'il faut laisser faire. Et effectivement, l'échelle de prise doit se remobiliser sur le télétravail.

Mais pas d'obligation. Pas d'obligation pour en Belgique. Vous avez vu en Belgique ? Oui, oui, j'ai vu ça.

2:30
Présentateur

Obligatoire. Je pense que ça serait une erreur. Le télétravail, 4 jours par semaine,

2:34
Invité

jusqu'au 13 décembre et 3 jours ensuite. Je pense que ce serait une erreur. Et puis, ne surestimons pas le nombre de gens qui télétravaillent. Vous savez, les postes télétravaillables, c'est 20% des postes. Donc, je veux dire, c'est pas non plus l'ensemble des Français. Ça crée des jalousies dans les entreprises ? Je ne sais pas si le mot jalousie est le bon, mais ça crée un sentiment parfois de frustration. D'incompréhension, alors ? Oui, d'incompréhension ou de frustration pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler. Oui.

Et moi, je vois beaucoup d'entreprises, notamment industrielles, qui demandent à leur cadre administratif de ne pas télétravailler pour créer, au fond, un sentiment d'égalité entre ceux qui sont postés à la chaîne ou ailleurs et ceux qui peuvent télétravailler. Donc, vous dites non à l'obligation de télétravail, ce matin. Non, je dis oui. Non à l'obligation,

3:19
Présentateur

mais oui à un effort supplémentaire des entreprises. Non à l'obligation, mais oui à un effort supplémentaire. Envisager une troisième dose pour tous, c'est ce que dit le Conseil scientifique. Nous allons tous y passer à la troisième dose. Passe sanitaire, conditionnée à la troisième dose, vous pensez que c'est utile ?

3:38
Invité

Moi, je me range à l'avis des scientifiques. C'est ni vous ni moi qui avons l'expertise pour répondre à ça. Si le Conseil scientifique dit qu'il faut une troisième dose, il serait logique que le passe sanitaire soit conditionné à cette troisième dose. Ça a commencé pour les plus de 65, si je ne me trompe pas.

3:55
Présentateur

Oui, plus de 65.

3:56
Invité

Et donc, il faut que ça suive. Donc oui, nous, on a toujours été pour le passe sanitaire. Si vous vous souvenez, il y avait beaucoup d'inquiétudes sur l'obligation du passe sanitaire pour un certain nombre de métiers ou de lieux publics. Ça se passe très bien. On n'a eu aucun problème. Souvenez-nous de la polémique de septembre.

4:11
Présentateur

Ça n'a pas freiné l'activité.

4:12
Invité

Non. Et souvenez-vous de la polémique qu'il y a eu en septembre sur quelqu'un qui refuse au bout de quelques mois. On doit pouvoir le licencier. Ça ne s'est pas produit. Il n'y a pas eu

4:25
Présentateur

un licenciement à cause de ça. En tout cas,

4:28
Invité

très peu de remontées. Je ne peux pas vous dire exactement combien il y en a eu. Donc, je pense que les Français, dans leur ensemble, ont bien compris l'intérêt du passe sanitaire et du vaccin. Et donc, nous, on est favorables parce que la troisième dose, si elle est utile scientifiquement, je ne suis pas expert, soit mise en place et rendue obligatoire.

4:44
Présentateur

Et que le passe sanitaire soit conditionné à la troisième dose. Exactement. Vous y êtes favorables. Tout à fait. Et le confinement des non-vaccinés ? J'ai vu que la Slovaquie, à son tour, venait de mettre en place ce confinement.

4:56
Invité

Je ne m'exprime pas à titre personnel. Parce que c'est un sujet presque citoyen. Moi, je ne suis pas favorable. Je trouve qu'on a donné, si je veux dire, une part de notre liberté pour lutter collectivement contre cette pandémie. C'est toujours très difficile de trouver l'équilibre entre santé publique et liberté. Là, on irait dans une discrimination qui ne me paraît pas dans nos traditions. Un nouveau confinement serait catastrophique. On aurait beaucoup de mal à s'en mettre sur le plan économique. Beaucoup, beaucoup de mal. Le quoi qu'il en coûte, qui, pour tout le monde, semblait inépuisable, il n'est pas inépuisable. On le voit bien avec le coût total de cette opération.

Alors, aujourd'hui, il y a une forme d'euphorie parce que la reprise a été extraordinaire. Mais il ne faut pas oublier que tout ça a coûté beaucoup d'argent. On ne peut pas se payer un troisième ou un cinquième quoi qu'il en coûte.

5:44
Présentateur

Elle est extraordinaire, la reprise. Je vais y revenir. Mais elle est vraiment extraordinaire. Oui, souvenez-vous, là aussi. Elle est exceptionnelle. Vous avez déjà connu ça ?

5:55
Invité

Non, 6,8% de croissance, ma génération. Je crois que la dernière fois qu'on a fait plus de 6% de croissance, c'est les années 60. Donc, oui, elle est exceptionnelle. Souvenez-vous, quand même, quand en juin 2020, l'INSEE, la Banque de France, nous prédisait 1 million de chômeurs, le mur des faillites, etc., il y avait juste une organisation professionnelle patronale qui disait non, le pire n'est pas certain, le MEDEF. Bon, il se trouve qu'on a eu raison avant les autres, mais elle est exceptionnelle dans son ampleur. Moi, je n'aurais jamais imaginé qu'on retrouve le niveau d'emploi pré-Covid aussi rapidement.

6:30
Présentateur

On va parler d'emploi et salaire avec la reprise, évidemment, Geoffroy Roux de Bézuin. Quelques mots sur les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique, la situation est explosive en Guadeloupe. Elle est aussi, malheureusement, en Martinique, qui est en grève générale. Alors, parmi les principales revendications, toutes celles qui concernent, évidemment, la crise sanitaire, mais aussi des revendications sociales, avec des revendications salariales, qui, là-bas encore, et là-bas aussi, comme en métropole, s'expriment. Quelles solutions pour rétablir l'ordre, j'imagine ?

7:02
Invité

Il faut d'abord rétablir l'ordre. Oui. Ensuite, je pense qu'il faut adapter les obligations sanitaires à l'état d'esprit de la population locale, qui manifestement... Il faut adapter. Oui, là où je ne voudrais pas, comment dire, je ne suis pas assez spécialisé une fois en Guadeloupe, il y a un an, donc je ne connais pas assez le territoire, mais manifestement, il y a dans la population une attitude vis-à-vis du vaccin et plus globalement, j'ai à dire, les progrès de la médecine qui est quand même beaucoup plus vaccino-sceptique, si j'ose dire. Donc, il faut en tenir compte. Sur le plan économique, on fait déjà énormément pour les tomes de Guadeloupe et les autres.

7:38
Présentateur

35% de chômage en Guadeloupe.

7:40
Invité

Oui, mais moi, le peu que j'ai vu sur le plan économique, c'est l'absence d'agents économiques locaux qui fait qu'on importe pratiquement tout depuis la métropole et qu'il y a des prix qui sont en moyenne 30% supérieurs à ceux de la métropole. Il y avait, c'est sur une autre antenne ce matin ou non, sur votre antenne, Nicolas Poincaré, citer le cas du poulet bio à 50 euros dans je ne sais plus quelle chaîne de supermarché. On marche sur la tête, même sur le plan carbone, sur le plan émission carbone, faire venir les poulets de la métropole, c'est absurde. Donc, il y a quand même des sous-jacents économiques à corriger, il me semble.

8:17
Présentateur

Bien, revenons à la reprise. Donc, reprise exceptionnelle, c'est vrai qu'on sera à pratiquement 7% de croissance à la fin de cette année 2021. Est-ce que les bas salaires sont les oubliés de cette reprise ? Franchement.

8:30
Invité

Alors, ils ne sont pas plus oubliés que les autres puisque, d'une certaine manière, ils étaient bas avant la crise et ils sont en termes de toujours bas.

8:38
Présentateur

Malheureusement.

8:39
Invité

Ce qui a été mis en lumière, c'est deux choses, je pense, c'est effectivement des salaires assez bas dans un centre de métiers de service à faible valeur ajoutée. Je pense aux agents de nettoyage, agents de sécurité, à la restauration. Et la deuxième chose, c'est le coût de travailler qu'on oublie toujours. Il y a un coût de travailler. Ce coût de travailler, c'est la voiture qu'on prend pour aller travailler. C'est le logement dans les métropoles qui a beaucoup augmenté. Et donc, il y a un problème de, je vais le dire simplement... Et c'est l'énergie. L'énergie pour se chauffer.

Et c'est vrai que des emplois payés au SMIC dans des métropoles où le coût de la vie est très élevé, il y a un problème

9:20
Présentateur

de l'équation de peur. Comment fait-on quand on gagne le SMIC ou juste au-dessus du SMIC, qu'on habite Paris ou la région parisienne ou une grande métropole, comment fait-on pour se loger ? Comment fait-on pour finir ces fins de mois ? Alors, quelle solution ? Augmentation du SMIC ? Première question, augmentation du SMIC ou pas ?

9:35
Invité

Non, je ne crois pas que ce soit la bonne solution. Mais pourquoi ? Pour une raison simple, c'est que l'effet d'une augmentation générale du SMIC se répercute sur tous les salaires, sur tous les entreprises. Eh bien alors ? Oui, mais sauf que toutes les entreprises ne sont pas dans la même situation. Quand vous êtes, je ne sais pas, à Périgueux ou quand vous êtes à Paris, vous n'avez pas les mêmes contraintes. Les salariés n'ont pas les mêmes coûts. Et donc, je pense que c'est entreprise par entreprise ou branche par branche que ça se résonne. Il y a 57 branches au jeu qui sont en train de négocier. Alors, tout le monde a vu l'hôtellerie-restauration qui est très médiatisé.

Mais entre guillemets, il n'y a pas que l'hôtellerie-restauration dans la vie. Il y a, je vous dis, 57 branches qui négocient. Il y aura beaucoup de négociations cette année en entreprise. Mais j'ajoute un point. Je prends le cas de l'hôtellerie-restauration étant emblématique. Il faut aussi qu'on sorte de l'économie low cost. Dans la restauration, le salaire, enfin les salaires, pardon, c'est 60% du prix final. Si on augmente les salaires de 5 ou de 10%, ça doit se répercuter et ça va se répercuter sur les prix. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que tous, collectivement, consommateurs final ou acheteurs de services comme les agents de nettoyage, etc., on doit avoir aussi conscience qu'à un moment, il faut accepter de payer un peu plus cher sur ces métiers-là.

10:44
Présentateur

Est-ce que vous dites ce matin à tous les chefs d'entreprise, est-ce que vous leur dites ce matin augmenter les salaires ? Je ne vais pas dire ça

10:51
Invité

pour une raison très simple. Non, mais pour une raison très simple, c'est que ce n'est pas moi qui suis, vous savez, l'expression du patron des patrons et en fait ridicule. Oui, mais Geoffroy Roux est-ce que c'est un conseil alors ? Non, ce que je dis simplement, c'est que l'année 2021...

11:03
Présentateur

Ouvrez des négociations salariales ?

11:05
Invité

Elles sont quasiment ouvertes partout. C'est le spas, généralement, ça s'appelle la N-A-O.

11:09
Présentateur

Elles doivent être ouvertes partout ?

11:11
Invité

Mais c'est la loi. N'oubliez pas que c'est la loi. Oui, c'est vrai que c'est la loi. Donc en général, les chefs d'entreprise respectent la loi. Non, mais ce que je dis simplement, c'est que l'année 2021 va être très bonne pour la plupart, pas toutes, la plupart des entreprises. Ce qui veut dire d'abord qu'il faut faire profiter les salariés de cette année. Ça passe par intéressement, participation qui vont être mécaniquement très élevés cette année après avoir une année difficile en 2020. Ça passe par la prime entre guillemets dite Macron qui est celle finalement qui remplace l'intéressement, participation dans les petites entreprises. Et puis ça passe par des augmentations de salaire.

Mais ne demandez pas un chiffre. Ne demandez pas une directive parce qu'encore une fois, entre une PME du bâtiment du sous-ouest de la France et un grand groupe international, les circonstances sont très différentes.

11:55
Présentateur

C'est vrai, Geoffroy Roux-de-Bézieux, mais je me mets à la place des salariés qui voient les dividendes versés en forte augmentation. C'est normal puisqu'il y a de très bons résultats. Les dividendes versés vont être en forte augmentation. Je me mets à la place du salarié.

12:09
Invité

Vous avez raison de vous mettre à la place du salarié. Oui, mais je me rappelle que les dividendes ont baissé de 14% l'année dernière et les salaires, heureusement, et d'ailleurs, c'est évident, n'ont pas baissé. Donc, la variabilité du dividende, c'est le risque de l'actionnaire. Donc, il est logique qu'après moins 14, on ne connaît pas le chiffre de 2021, les dividendes augmentent. Mais la réponse, elle est dans la participation, dans l'intéressement, dans les primes qui varient elle aussi en fonction des résultats. On a généralisé cette participation,

12:39
Présentateur

généralisé cet intéressement.

12:41
Invité

Comment faire ? La généralisation de la participation, c'est la prime Macron. C'est la prime Macron. Souvenez-vous, ça avait été une prime entre guillemets exceptionnelle une année. On s'aperçoit que maintenant, elle est chaque année. Vous souhaitez

12:51
Présentateur

qu'elle soit chaque année ?

12:52
Invité

Moi, je conseille au chef d'entreprise d'utiliser cet outil puisqu'il est défiscalisé. Quand il verse 100 euros, pour le faire simple, 500 euros à un salarié, c'est 500 euros dans la poche du salarié. Oui, c'est défiscalisé. Quand on verse 500 euros de salaire, il y a 30% de charges patronales, 20% de charges sociales. Et en réalité, en net net, il en reste beaucoup moins. Donc, c'est le meilleur outil entre guillemets pour partager la bonne année 2021.

13:23
Présentateur

Les prix, est-ce que les prix vont encore augmenter ? Vous pensez ?

13:26
Invité

Alors, ça, c'est un débat. J'ai presque envie de vous répondre. Je ne sais pas, mais je n'ai pas le droit de répondre à la radio. Il y a un débat, en fait, entre l'intuition micro-économique des entrepreneurs qui disent que les prix des matières premières ont fortement augmenté. Le beurre, moi, j'ai une entreprise de gâteau au chocolat, 29% le beurre. 29%. Donc, ça veut dire qu'il va y avoir... Ça veut dire

13:49
Présentateur

que les prix vont augmenter.

13:50
Invité

Les prix vont augmenter. Et puis, tous les économistes, presque tous les économistes, la Banque de France, qui disent, non, non, non, c'est conjoncturel, ça va s'arrêter en 2022. Rendez-vous si vous m'invitez encore dans un an, on verra... Et l'inflation ?

14:04
Présentateur

Ça vous inquiète ? Est-ce qu'elle est inquiétante ?

14:08
Invité

Il y a une poussée d'inflation, est-ce qu'elle est inquiétante ? Écoutez, si on reste dans des chiffres 2, 3, 4, 5%, au fond, pas une catastrophe. Si on revient à ce qu'existait dans les années 70 ou ce qui existe en Amérique du Sud, ce qu'on appelle la boucle inflation-salaire, c'est-à-dire que les salaires courent en permanence après l'inflation, là, on rentre dans quelque chose de dramatique pour l'économie, parce qu'on perd confiance dans l'avenir. Donc, c'est une question de mesure, presque.

14:36
Présentateur

Je voudrais terminer avec l'emploi,

14:37
Invité

Geoffroy Roux de Bézieux. Est-ce que vous croyez au plein emploi ? En France ? Oui, je pense que ce n'est pas impossible.

14:43
Présentateur

Vous pensez que c'est possible ?

14:44
Invité

Alors, le plein emploi, ça veut dire 3, 4% de chômage. 3, 4%,

14:47
Présentateur

on est à 8%, on est tendanciement vers 7%. Moyenne de l'Union Européenne, 6,9%, l'Allemagne, 3,6%, les Pays-Bas, 3,1%, la Belgique, 5,9%. Donc, le plein emploi, c'est autour de 5%, en France.

15:03
Invité

Vous y croyez ? C'est possible, et je vais vous dire à quelles conditions. Oui. La condition numéro 1, c'est la formation. C'est-à-dire qu'on va arriver à un niveau de chômage où les demandeurs d'emploi qu'on cherche aux employés ont un énorme problème de formation parce qu'ils n'ont pas travaillé depuis très longtemps, parce qu'ils n'ont pas suivi les bonnes filières, parce qu'ils sont sortis de l'école sans formation. Et c'est là où on a un vrai travail à faire avec Pôle emploi. Il y a 15 milliards d'euros qui ont été mis par ce gouvernement sur un programme qui s'appelle le PIC pour les demandeurs d'emploi.

Aujourd'hui, nous, chefs d'entreprise, entre guillemets, on n'en voit pas la couleur. Non pas de l'argent, mais du résultat de cette formation. Et là, je suis le patron de Pôle emploi il y a maintenant 8 jours pour essayer de mieux, si vous voulez, former les demandeurs d'emploi aux métiers qui ont besoin de recruter.

15:53
Présentateur

Est-ce que vous demandez plus de souplesse dans les contrats de travail ou pas ? Non.

15:58
Invité

En tout cas, ce n'est pas le problème numéro 1 aujourd'hui, très honnêtement.

16:01
Présentateur

Est-ce que les emplois, aujourd'hui, on manque de main-d'oeuvre ? On le sait, on manque de bras. Est-ce qu'aujourd'hui, les emplois proposés sont des CDI ou des CDD en majorité ?

16:11
Invité

Je ne vais pas vous corriger j'aime pas l'expression « on manque de bras ». On manque de cerveau aussi. Manque de cerveau, oui. Non, mais oui, on manque de... C'est une expression. Non, non, mais c'est vrai que je n'ai jamais vu une situation pareille. Vous n'avez jamais vu ça ? Le chef d'entreprise me dit qu'on a fait un sondage, 60% d'entreprises n'arrivent pas à recruter. Est-ce qu'on recrute en CDI ? Majoritairement, le poids des CDI dans le recrutement et dans les offres d'emploi a fortement monté depuis la crise. Mais je ne crois pas que ce soit un problème de contrat de travail. C'est un problème

16:39
Présentateur

d'attractivité des métiers aussi.

16:41
Invité

C'est combiné. Vous avez un problème, je pense, d'attractivité des métiers. Dans certains métiers, on le sait, aux télérestaurations. De salaire, on en a parlé. De mobilité aussi. Il y a des régions qui sont au plein emploi. Vous me demandez si c'est possible. Vous allez à Laval, vous allez en Vendée, vous allez même en Charente. Vous êtes dans des taux de chômage qui sont proches du plein emploi. Mais il y a des endroits, je ne vais pas citer des villes, où on est à 13 ou 14%. Donc, on n'arrive pas à faire déplacer les gens pour un emploi. C'est vrai d'ailleurs en mobilité interrégionale, c'est vrai aussi en micro-mobilité.

Les Français, dès que ça dépasse 20, 25 kilomètres, ils ont un problème. Ils ont un problème de pouvoir d'achat, de dépenses contraintes,

17:19
Présentateur

évidemment. Donc, on boucle avec le salaire. On boucle avec le salaire. Et puis, je parlais d'attractivité du travail, et puis il y a ce phénomène de salariés qui travaillent pendant six mois, un an, puis qui arrêtent. Mais on voit ça avec les infirmiers, par exemple, ou infirmiers. On voit ça même dans l'éducation nationale aujourd'hui.

17:39
Invité

Ce qui montre qu'ailleurs que ce n'est pas juste un problème d'emploi privé. Non, non, non. C'est vrai aussi dans le public. Oui, effectivement, il y a des métiers où finalement, les conditions de travail font que les gens ne restent pas. L'hôtel de restauration a ce problème. Il travaille, je pense que vous le savez, sur éviter tous les week-ends travailler, éviter la coupure entre midi et le soir. Donc oui, on doit travailler aussi, nous, les employeurs, privés ou publics, sur l'attractivité des métiers.

18:06
Présentateur

Sur l'attractivité des métiers. Geoffroy, en vous de Bézieux, j'ai aussi une dernière question. sur le travail en lui-même. Emmanuel Macron a beaucoup insisté sur le travail. Les candidats LR nous parlent de travail et tout le monde dit il faut travailler plus. Ça veut dire quoi travailler plus ? Ça veut dire travailler plus de 35 heures par semaine ?

18:28
Invité

Alors, oui, non, je veux dire par là que c'est la quantité de travail d'un pays qui fait sa richesse, qui permet de payer...

18:35
Présentateur

On ne travaille pas assez en France ?

18:37
Invité

Alors, il y a trois choses. Il y a la quantité de gens qui travaillent. On en a un peu parlé. Le plein emploi, ça résout un paquet de problèmes de déficit des régimes sociaux. Oui. Parce qu'il y a plus de gens qui cotisent. Évidemment. Donc ça, c'est le premier.

18:48
Présentateur

Retraite, sécurité sociale, etc. Après, on a un problème

18:52
Invité

de taux d'emploi de nombre de gens employés à la fin de la carrière, c'est-à-dire 60-65 ans d'un côté. Là, c'est l'âge de la retraite. Et au début, chez les jeunes. Ça s'améliore fortement chez les jeunes depuis un an. Et puis après, il y a le temps de travail annuel parce qu'au fond, la semaine n'est pas forcément l'indicateur le plus parfait. Et on travaille... C'est une erreur d'ailleurs de prendre la semaine comme indicateur. Je trouve que vu le... Comment dire ? L'évolution dry, notamment chez les cadres, c'est de moins en moins... Trop de vacances en France ? Je vais pas... Je pense que vous voulez me faire une dépêche AFP avec... Non, non, pas du tout. Non, non.

19:24
Présentateur

Non, mais...

19:25
Invité

En tout cas, c'est pas le bon indicateur.

19:27
Présentateur

Je me manque de la dépêche AFP. Ce qui m'intéresse, c'est votre point de vue.

19:30
Invité

Je pense que vu l'évolution des métiers, et notamment dans les professions intellectuelles et les cadres, vous voyez, l'obsession française de l'horaire hebdomadaire, de la pointeuse au fond, c'est un peu un truc du XXe siècle en réalité. Ce qui compte, c'est la quantité de travail dans l'année et qu'on répartisse après... Dans l'année,

19:46
Présentateur

on travaille moins

19:47
Invité

qu'ailleurs en Europe. Alors, on me répond plus... Plus de jours fériés, plus de vacances, pas plus d'heures par semaine. Non, mais souvent, on me dit, oui, mais la productivité des Français est meilleure. C'est vrai ou pas ? Oui, c'est vrai. C'est vrai, mais au total, si vous voulez... Et au fond, c'est le vrai débat. Comment on fait pour financer notre modèle social qui est très généreux ? Il y a deux solutions. Soit on baisse les prestations, en gros, on rembourse moins la sécu, soit on a une quantité de production de richesse qui est plus importante. Et nous, on milite pour la deuxième solution qui est la seule possible. Regrouper mutuelle et sécu, c'est une bonne idée ou pas ? Non.

Une très mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Il y a des choses à faire autour des mutuelles, notamment sur leur compte, mais la nationalisation de tous ces systèmes est une mauvaise idée.

20:31
Présentateur

Merci Geoffroy Roux de Bézieux d'être venu nous voir ce matin sur RMC BFM TV.