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interviewyoutube.com· 28 novembre 2025

Entretien ANTIFASCISTE et ANTIRACISTE à Orléans avec Raphael ARNAULT (LFI) et Elsa MARCEL (RP)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Salut, c'est Adrien d'Info-Gaucho, je suis avec Elsa Marché et Raphaël Arnaud. Ça fait plaisir de vous voir ici. Quelques mois après la présence de Rima, on est dans la même salle en plus, donc c'est très cool.

Elsa, je vais te présenter vite fait. Tu es militante à Révolution Permanente et avocate aussi. Moi, je t'ai vu défendre Anas quasi il n'y a pas longtemps et puis défendre d'autres camarades aussi.

Ça fait plaisir de voir que le milieu pro aussi peut aider aux luttes. Bah ouais, il en faut des avocats qui défendent des gens bien quand même. Raphaël Arnaud, c'est un plaisir que tu sois ici aussi.

De même, ça fait plaisir. Député de la France Insoumise, militant à la Jeune Garde il y a quelques années, quelques mois même. Du coup, je voulais juste vous parler un petit peu tous les trois de vos combats un peu, de voir comment vous avez des synergies aussi entre Révolution Permanente, la France Insoumise et tout.

Parler d'antifascisme. Ma première question, c'est de savoir qu'est-ce qui vous donne envie de vous retrouver tous les deux dans un même meeting pour parler antifascisme et antiracisme ? Tu y es ?

Je commence ? Allez. Non, mais je pense qu'en fait, plus qu'est-ce qu'on s'apprécie ou est-ce qu'on s'apprécie pas individuellement ou collectivement même au sein de nos organisations, ça c'est quelque chose, j'ai envie de dire, de secondaire.

La question, elle est politique. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on se retrouve dans cette salle avec Elsa, avec vous aussi au micro, avec d'autres organisations politiques, c'est parce qu'aujourd'hui, on fait face à un bloc, alors bourgeois au sens large, mais qui se radicalise de plus en plus avec ce renouveau de l'extrême droite et avec une potentialité d'une société fasciste à nouveau. C'est ça qu'on est en train d'affronter aujourd'hui.

Et on fait partie de cette gauche, certes radicale, mais radicale, ça veut un peu tout rien dire, en tout cas clairement positionnée et à la fois sur les questions sociales, avec toutes les diversités que ça peut traverser, etc. Mais aussi, je pense qu'il y a une question qui nous unit, et c'est aussi ce qui fait qu'on est ensemble ce soir, en l'occurrence avec des organisations palestiniennes, autour de la question antiraciste. Et je pense que c'est ce qui fait qu'il y a eu une évolution dans la France insoumise, on va pas se mentir, ces dernières années, je suis en train de dire que tout est parfait.

Chez RP aussi, il y a eu une vraie prise de conscience aussi ces dernières années pour mener des campagnes fermes et dures sur ces questions-là. Vous êtes les deux groupes qui sont très investis dans la rue, en fait, indirectement sur la rue. Oui, évidemment, c'est un peu plus militant, donc je pense que tout simplement, c'est ça qui nous rassemble aujourd'hui.

Peut-être pour aller dans le même sens, je pense qu'effectivement, entre Révolution permanente et la France insoumise, il y a des désaccords d'ordre stratégique, c'est-à-dire en gros, comment on change la société. Autrement pour les institutions. Exactement, c'est un débat un peu stratégique qui existe au sein de la gauche depuis longtemps.

Nous, on a la position de dire qu'on pense que le centre de gravité de notre activité, ça doit être dans les luttes, même si ça veut pas dire qu'on se présente jamais aux élections, mais en tout cas qu'on pense qu'on peut pas réformer le capitalisme par les institutions du régime. Par contre, on côtoie fréquemment les camarades de la France insoumise sur des piquets de grève, en manifestation. Et puis évidemment, sur la question de l'extrême droite, même si je pense qu'on aura l'occasion d'en parler ce soir, et c'est ça qui est intéressant, c'est pas la première fois, on s'était déjà retrouvé au Mirail, dans une conférence à la fac du Mirail à Toulouse il y a quelques mois.

Je pense qu'effectivement, nous, on se défendra aussi toujours les uns les autres dans un contexte où les offensives de l'extrême droite, mais pas que. Enfin, moi, je sais que par exemple, la France insoumise a été vraiment très, très attaquée par l'extrême droite, la droite, le macronisme, jusqu'au Parti socialiste. Et malgré les désaccords stratégiques qu'on peut avoir, on les a toujours défendus, des procès en antisémitisme, etc.

Par contre, c'est aussi comment on débat, à une fine, avec quelle stratégie on peut s'affronter à la décomposition du régime. Et c'est pas juste un problème même national, c'est la crise du capitalisme à l'échelle internationale. Et donc ça ouvre aussi des discussions entre des organisations qui peuvent se retrouver dans la rue, mais avoir des désaccords sur comment changer le monde, en gros.

Moi, je voulais justement réagir à ça. C'est ce que tu disais. Vous êtes en première ligne, la France insoumise, notamment, Elsa, tu l'évoquais, c'est que ça concentre, on va dire, la haine de l'extrême droite et même la haine libérale.

La ligne anticapitaliste, on peut en débattre de la ligne anticapitaliste de la France insoumise, mais il y a une vraie...

Vous représentez un danger, en tout cas, pour nos adversaires politiques, que ce soit les libéraux et l'extrême droite. Est-ce que ça sert aussi à faire bloc ce qui se passe autour de la France insoumise via même les autres organisations, comme RP, qui est aussi solidaire des luttes et notamment de l'antiracisme sur l'antifascisme ? Où vous tenez quand même une ligne droite, quoi, en fait. — Oui, c'est ça.

En fait, la France insoumise, même par exemple, prenons la question palestinienne, n'a pas tenu une ligne plus radicale que soi, entre guillemets. C'est plus la période qui est tellement radicalisée, avec effectivement une bourgeoisie qui, elle, se radicalise, qui fait que tout à coup, effectivement, la France insoumise accumule les attaques dans tous les sens, etc., et qui reste sur ses positions malgré toutes les attaques.

Alors qu'il y a d'autres organisations de gauche qui ont tendance à très vite céder. Je ne vais pas en citer ici, mais je pense qu'on a tous en tête... — Tu peux dire les noms, vas-y. — Bon, je vais pas dire de noms.

On a tous en tête pas mal de visages qui s'illuminent un peu dans notre cerveau. Mais il y en a pas mal, oui, qui cèdent à chaque fois qu'il y a des offensives comme ça du bloc libéral et bourgeois et d'extrême droite. Donc oui, oui, effectivement, peut-être que ça permet effectivement de resserrer un peu les rangs.

Après, c'est pas...

Enfin, il faut pas imaginer que c'est désirer par la France insoumise que de se retrouver dans cette position. Mais le fait est, c'est que c'est ça. Donc on fait avec.

Le plus important, c'est la ligne politique. Est-ce qu'on arrive à tenir dans la période ? Après, je rejoins les a.

Effectivement, il y a des différences stratégiques. Moi, y compris à la France insoumise, je suis un peu l'aile gauche, on va dire ça comme ça, même s'il y a pas d'aile, il y a pas de tendance, etc. Mais on est comme ça, ces personnalités, comme Rima, tu le disais, interviewé, on est comme ça, ces personnalités qui sont venues ramener quelque chose d'autre.

Et je pense d'ailleurs que ça a été une des forces de la France insoumise, c'est pas de vouloir nous avaler et de vouloir absolument nous...

Comme un peu un truc de vente. C'est justement votre liberté. Ouais, un peu ce truc de...

Faites ce que vous savez faire. Toi, t'es dans l'antifascisme, tu mènes tes luttes depuis des années. Bah, essaye de faire ça avec notre outil.

Comment tu peux adapter, etc. Voilà. Donc de ce point de vue-là, c'est intéressant.

Mais voilà. Et du coup, ARP, quelle est la particularité que vous apportez dans les luttes antiracistes, antifascistes ? Et puis même, vous êtes beaucoup sur les luttes anti-impérialistes aussi, décoloniales.

C'est quelque chose qui est important aussi, qui permet d'éclairer un peu la gauche aussi, d'être la boussole, on va dire. Bah oui. En fait, c'est-à-dire que nous, on a une position, je pense, qui est...

Peut-être pour repartir de ce qu'on disait sur la question des offensives. Moi, je pense qu'effectivement, il faut un bloc politique, associatif, syndical le plus large possible pour faire face à la multiplication d'offensives. Et encore une fois, on aura le temps d'en discuter parce qu'il y a la France insoumise.

Anas, il est...

Anas Kazib, il est poursuivi pour apologie du terrorisme. On lui fait un bonjour à Anas. Ouais, bah écoute, salut Anas.

On le voit sur Twitter de temps en temps. Les amis, les camarades, salut à tous. C'est Anas Kazib de Révolution Permanente.

Je suis très heureux de vous accueillir sur Twitch. Et moi, je suis l'une des avocates d'urgence palestine. Donc, je pense évidemment à Omar Al-Soumi, mais à l'organisation en elle-même qui est très, très attaquée.

Donc, je veux dire, il y a un niveau d'offensif. C'est la raison pour laquelle je pense qu'effectivement, il faut la solidarité la plus large sur ces questions-là. Et sur la question anti-impérialiste, nous, c'est vrai qu'on a une position qui est en fait fondamentalement internationaliste.

C'est-à-dire que non seulement, évidemment, on est solidaire du peuple palestinien et on a milité pour l'arrêt immédiat du génocide, mais on ne voulait pas s'arrêter là. C'est-à-dire qu'on pense que le problème, il n'a pas commencé il y a deux ans. Et il n'a pas commencé avec le génocide.

Il date depuis la colonisation de la Palestine. Et on pense qu'il faut la libération totale de la Palestine et un État unique où vivent juifs et palestiniens en paix. Et c'est la position historique de la gauche révolutionnaire sur cette question.

Et je pense que ça ne se limite pas à la question palestinienne, mais de voir qu'en réalité, on est dans une séquence où la crise du capitalisme, elle aiguise les tendances à la guerre, à l'affrontement inter-impérialiste, à la guerre commerciale. Vous avez une ligne anti-militariste aussi. Exactement, j'allais y venir.

Et on pense qu'il faut aussi combattre. Et ça, c'est des débats souvent qu'on a avec la France insoumise. Nous, on est opposés à avoir une position souverainiste, en fait, sur la question de la politique internationale.

Et on pense que la France est une puissance impérialiste. Non seulement dans sa relation avec les autres pays du monde, mais même vis-à-vis de ses propres colonies. Et c'est pour ça qu'on a une position où souvent on débat avec des prises d'opposition que peut avoir Mélenchon, où il se félicite de la présence de la France sur tous les continents, de la créolisation, de la francophonie, et où on défend à l'inverse l'autodétermination du peuple kanak, de tous les peuples qui sont, de notre point de vue aujourd'hui, encore dans des colonies en France.

Et que je pense que c'est une question importante de refuser les tendances à la militarisation, en fait. Et de s'opposer au fait qu'il y a un budget supérieur pour l'armée et d'avoir une position claire sur cette question. On est un peu, on a un an je crois, de la dissolution, ou de la tentative de dissolution de la jeune garde et de l'urgence palestine.

On en est où là en termes de bilan, en termes de répression depuis, même législatives, même avant, depuis le début du génocide en Palestine ? En France, il y a eu un mouvement de répression très important dans le secteur antiraciste, notamment lié à la Palestine et le secteur antifasciste aussi. Qu'est-ce qu'on peut en dire de la période là en ce moment ?

Tu veux commencer ? Bon, comme tu veux, vas-y, si tu veux, je vais parler en dernier. Oui, tentative de dissolution, pour le coup, effective, parce qu'actuellement, avec la jeune garde, on est dissous.

On est dissous, on est en mesure...

On n'a pas huppé, ouais. On n'a pas huppé. L'UPN ne s'est pas fait dissoudre.

D'ailleurs, ça nous a un peu surpris. Ça correspondait peut-être aussi à l'agenda d'Emmanuel Macron, qui était de reconnaître l'État palestinien. Alors on le sait, dans des conditions qui ne sont certainement pas celles qu'on voudrait.

Mais en tout cas, voilà, peut-être...

Et peut-être, d'ailleurs, que ça risque d'être réactivé. En tout cas, je pense que j'imagine que les camarades, et notamment toi en tant qu'avocates, vous tenez prêts à ça. Par contre, en parallèle de la dissolution, nous, on s'est fait dissoudre net.

Mais il y a Omar, qui avait déjà subi notamment gel d'avoir, c'est ça ? C'est même pas ça ? Gels des avoirs.

En gros, on bloque des comptes en banque. Donc, d'un coup, on les prend comme ça. En fait, tu peux vraiment tuer des gens, quoi, comme ça.

C'est archivalent. Moi, je savais même pas que c'était possible, en vrai. J'ai découvert ça.

Alors, j'avais suivi ça au moment pour l'anti-terreau, etc. Comme ça, c'est des mesures anti-terreau, quoi. Et ils sont censés être liés au financement d'activités qu'ils considèrent illégales.

Mais c'est comme toi, quand t'as pris ta fiche S. C'est le même...

Ouais, la fiche S. Voilà, ils appliquent ce truc-là, la fiche S. Enfin, de toute façon, on va vivre cette période.

En vrai, il faut être très lucide là-dessus. Même là, il y a l'art qu'on parlait de frontières. Ils vont sortir une une, là, où j'ai ma tronche qui va être dans tout Paris, avec Antifa, la menace terroriste, je sais pas quoi.

D'ailleurs, ils vont parler d'Anas, là, j'ai vu dans leur vidéo. Mais je sais qu'ils m'ont écrit aussi. Je sais qu'ils vont parler de moi.

Je vais pas répondre. Bon, après, comme d'hab, quoi, ils vont ressortir parce que c'est des quiches et que de toute façon, il n'y a rien à sortir, parce que tout ce qu'on fait, on le dit, il n'y a pas de galère, quoi. Mais en tout cas, oui, c'est sûr qu'il y a ce durcissement.

On s'y prépare, on s'y attendait. Maintenant, c'est comment est-ce qu'on y répond ? Moi, je pense qu'on a peut-être une chance dans la période, c'est très chelou la façon dont je le dis, c'est les États-Unis.

On regarde ce qui se passe outre-Atlantique et ça, un peu, ça va donner le tempo, là, sur les années à venir, sur le niveau de violence qui peut s'abattre, à la fois sur les mouvements sociaux, en particulier antiracistes, parce qu'on va pas se mentir, fichesse, pas fichesse. J'aurais eu une tête d'arabe et un mauvais nom, et j'aurais pas été élu, quoi. Enfin, en vrai, de vrai, même s'un coup, j'aurais pris une autre sauce encore médiatique, et potentiellement, même des organisations les plus nobles qui soient, m'auraient dit, bon, là, c'est un peu chaud, quoi.

En vrai, il faut être lucide, quoi. Et puis, on précise que Trump a mis les antifas comme organisation terroriste. Et ça, il y a beaucoup de personnes en Europe qui ont envie de faire ça, et qui suivent un peu Trump, et c'est pour ça qu'il faut...

La campagne de frontière, là, de nous classer comme...

Enfin, faire entendre qu'on serait terroriste, c'est juste lumière. Avec un mégaphone. Ou alors du yop, parce que Jordan Florentin, il a pris du yop.

Tu voulais réagir à ça, du coup, sur la période ? Sur la période ? Oui, enfin, effectivement, Urgence Palestine n'a pas été dissous.

Et je pense que c'est lié au fait que, à la fois, il y a ce que tu dis, c'est-à-dire qu'à mon avis, ça correspondait beaucoup au petit délire de Bruno Retailleau, sans dire que Macron est un allié sur cette question, mais que je pense que lui, il avait effectivement en tête de se localiser plus comme celui qui allait reconnaître l'État de la Palestine, et que c'était aussi vraiment la politique de Retailleau, et que de ce point de vue, il lui a dit de lever un peu le pied. Et c'est toujours en suspension. Je ne suis pas en train d'inventer que c'est grâce à mes magnifiques observations que ça n'a pas marché, mais bon, il trouve d'autres moyens, puisque non seulement, effectivement, Omar a ses avoirs gelés, ce qui est une mesure très, très dure, parce que c'est un truc qu'ils utilisaient beaucoup.

Après, c'est toute une discussion, d'ailleurs, justement, de comment est-ce que les dispositifs antiterroristes finissent évidemment par s'étendre à toute la population, au militantisme contre la terre. Et puis on rappelle que c'est même le PS, c'est-à-dire la gauche, c'est-à-dire la gauche, mais c'était le PS qui a lancé toutes les lois antiterroristes sur l'apologie, exactement, Bernard Cazeneuve, etc. Et le gel des avoirs, il faut mesurer le truc, parce que c'est vrai que normalement, en fait, c'est censé geler tes comptes en banque si on suppose que tu finances une activité illicite.

C'est ça. Et quand tu vois Omar, la réalité, c'est qu'il n'est pas condamné, qu'a priori, il n'y a même pas de débat de financement de quoi que ce soit. Donc c'est vraiment des mesures arbitraires.

C'est très dur, le droit administratif, parce qu'il décide d'abord et tu contestes après. Donc c'est pareil pour les dissolutions. Ça s'applique, en fait, à partir du moment où tu as Retailleau qui signe son papier, ça s'applique.

Et ça, ça permet de prendre la mesure de la nature fondamentalement antidémocratique du régime et du poids de l'exécutif. Parce que, par exemple, si vous allez même en Angleterre pour dissoudre une organisation, il faut que ce soit ratifié par le Parlement pour donner une petite idée. Mais donc le fait que tu as un ministre qui prenne un petit papier, qui se lève un matin, qui signe et ça s'applique, il faut mesurer le truc.

Mais du coup, je pense que c'est aussi le résultat de la réussite de la mobilisation, parce que je trouve que l'urgence palestine a construit un truc très, très large, qui a beaucoup, beaucoup fait parler, ultra dynamique, etc. Et je pense que c'est aussi en faisant des démonstrations de force dans la rue, des démonstrations extrêmement larges, que ça donne envie au gouvernement de reculer. Parce qu'il faut savoir que la répression, ce n'est pas gratuit pour eux.

Eux, ils préfèrent diriger de manière consensuelle. Et s'ils sont contraints de réprimer, c'est parce que plus personne n'a envie de croire à leur discours. Et pour eux, c'est coûteux de montrer leur vrai visage, parce que ça radicalise politiquement, dans le bon sens du terme, toute une génération qui ne croit plus du tout au mythe de la démocratie libérale, où il y a la séparation des pouvoirs, où il y a le principe du contradictoire, où tu as des droits, tu peux te défendre, etc.

La liberté de la presse aussi. La liberté de la presse. C'est pour ça qu'on existe, nous, d'ailleurs.

Il faut beaucoup de choses à se créer sur la faillite des médias traditionnels. C'est pour ça que, par exemple, moi, quand je défends des militants politiques ou syndicaux ou tout un tas de personnes réprimées, on essaye vraiment...

Enfin, moi, c'est la logique avec laquelle je l'aborde, de jamais s'excuser, de jamais reculer, et de se servir vraiment de ces occasions-là comme de larges, larges, larges tribunes, parce que ce n'est pas gagnant pour eux à tous les coups, quoi. Et du coup, c'est aussi ça qu'il faut voir, que pour moi, s'ils sont obligés de réprimer, c'est aussi parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de contestations sociales. Une dernière question avant qu'on commence le meeting.

Bon, il y a une sur-médiatisation, une sur-représentation de l'extrême droite dans l'espace politique et même dans l'esprit des gens avec les thématiques qui sont mises en avant. On a un camp politique qui est quand même hyper fort en France. On a des figures très importantes.

On a des jeunes qui vont dans la rue. Il y a une jeunesse antifasciste, antiraciste. Qu'est-ce qu'on peut dire, en fait, de la force de notre camp politique, sachant qu'en fait, on a l'impression que c'est l'extrême droite ou le compresseur qui bosse beaucoup.

Mais nous, on le voit à Orléans, les petits groupuscules nazillons, etc., ils ne font pas grand-chose de temps en temps. Ça peut être violent.

Mais en tout cas, l'extrême droite n'est pas si forte que ça. Et nous, on a un camp très fort, en fait. Est-ce que vous avez un mot à dire sur la force de notre camp politique ?

Moi, je suis d'accord avec ça. C'est-à-dire que je pense qu'en France, on peut avoir une forme de contradiction. C'est que l'extrême droite est forte électoralement.

Le RN est fort électoralement. Je pense que c'est incontestable. Mais par contre, la gauche, au sens large, a traversé presque 10 ans de contestation sociale systématique.

Ça fait 10 ans qu'il y a presque un mouvement de lutte nationale par an. Moi, j'ai commencé à militer en 2014. J'ai fait ma première grande lutte en 2016.

Et depuis, on n'a pas arrêté. Je veux dire, la France a la sixième puissance mondiale. Et il y a un niveau d'instabilité pour un pays impérialiste de cette importance qui est un vrai problème pour les classes dominantes.

Vous voyez les gilets jaunes, vous voyez la réforme des retraites, réforme des retraites 1, réforme des retraites 2. Même après une réforme des retraites où il y a une défaite, on pourra aussi en discuter, de mon point de vue, et la responsabilité des directions syndicales qui n'ont pas proposé un plan à la hauteur de la conflictualité qui existait dans la rue il y a le 10 septembre. C'est un mouvement, le truc, ça part sur les réseaux sociaux.

Il y a un ministre qui a tellement peur qu'il démissionne avant. Donc pour moi, la réalité, c'est que ce n'est pas la colère qui manque. Ce n'est pas non plus la force de frappe qui manque, mais c'est effectivement un projet politique qui est à la hauteur de cette radicalité-là.

Et en tout cas, nous, évidemment, à Révolution permanente, c'est l'objectif qu'on a, c'est d'organiser ce truc-là en expliquant qu'il n'y a pas comme unique manière de faire de la politique une canalisation électorale de cette énergie-là. Oui, 100% d'accord avec ce constat. Il y a de notre point de vue, effectivement, les mobilisations sociales, etc., tout ce qu'on a pu vivre ces dernières années, et le cocktail un peu.

Et puis même si on prend un peu de hauteur, si on va voir du côté des scientifiques, notamment des sociologues qui observent la question, il y a une radicalisation politique à la gauche chez toute une partie de la jeunesse, beaucoup plus qu'à la droite, même si, d'ailleurs, c'est très genré. Il y a une partie beaucoup plus féminine qui se radicalise à gauche et à l'inverse, à droite. Sur la Palestine, notamment.

Tu vois Némésie, c'est tout un phénomène. Je dis juste que c'est des dynamiques générales dans la société. Et puis, oui, il y a une radicalisation à gauche, certaines dans la jeunesse, mais dans le monde entier.

Et ce n'est pas une petite affaire. Genre, vraiment, on fait souvent des parallèles avec le siècle précédent, etc. Au siècle précédent, les nazis, lorsqu'ils approchent du pouvoir, c'est la première organisation de jeunesse du pays.

Enfin, vraiment, dans les lycées, dans les facultés, c'est la première organisation de jeunesse du pays. Ce n'est absolument pas le cas en France. En France, on a principalement des gens plutôt âgés qui votent LN, etc.

Après, il y a aussi une jeunesse. Mais principalement, en vrai, on a une autre jeunesse qui est de notre côté. Et au-delà même des organisations politiques, de la politique purement dans le champ politique, etc.

D'un point de vue de la bataille culturelle, j'entends souvent qu'on aurait perdu, que ça y est, c'est la fin, etc. Alors oui, ils ont les médias, oui, ils ont les médias. Mais c'est pareil, c'est complètement faux.

Les sociologues disent que ça progresse. Toutes les thématiques progressistes, en fait, progressent dans la société. Mais même, je ne sais pas, le stream for humanity, là.

Je ne sais pas, moi, nos concerts, la fête de l'humain, on a un exemple, quand on en pense sur l'ensemble, mais quand même, d'un point de vue des artistes, ce que ça ramène comme jeune, c'est un médias indépendant. On est militants. Ce n'est pas pour nous faire de la pub, mais nous, on est militants.

On n'a pas d'expérience journalistique, mais on va sur le terrain, on donne la parole et tout. En vrai, on est chaud à gauche. Et par contre, on essaie de nous...

Alors, d'un point de vue électoral, d'un point de vue des mobilisations, dès qu'il y a un truc qui commence, on essaie de nous faire croire que ça y est, c'est déjà perdu d'avance. Parce qu'en fait, je rejoins Elsa, en fait, il se chie bien plus dessus qu'on tenterait de nous faire croire. Je ne suis pas en train de dire que ça y est, demain, c'est la révolution.

Mais en tout cas, il y a un cocktail dans ce pays et même ailleurs qui nous laisse entendre que rien n'est joué d'avance, on est loin de là. Et on a un moment de bascule. Ce sera ou nous, ou eux, de toute façon.

Carrément. Vous avez un dernier mot, vite fait, avant de finir ? Mobiliser ?

Ou comme tu veux, même un mot perso. À force à un faux gaucho. Oui, c'est ça, c'est ça.

Merci à vous deux. Et puis, bon meeting. Et à bientôt.

Salut. Merci à vous.

Entretien ANTIFASCISTE et ANTIRACISTE à Orléans avec Raphael ARNAULT (LFI) et Elsa MARCEL (RP) — Raphaël Arnault · Pourquijevote