La guerre en Iran vue de la galaxie MAGA: Trump face aux premières fissures
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
America [musique] on a gagné. Voilà le verdict dénoncé par Donald Trump à l'entame de la deuxè semaine de ce conflit en Iran. Bonjour à tous et bienvenue dans un nouvel épisode de votre podcast le monde selon Trump pour écouter, analyser, décrypter chaque semaine les mots et les actes du 47e président des États-Unis.
Et on a décidé cette semaine de plonger dans le monde maga pour comprendre, tenter de comprendre en tout cas comment l'électorat de Donald Trump voyait voyait ce qu'il considère désormais lui-même comme une victoire. On a gagné, je vous le dis, on a gagné. Vous savez, il ne faut jamais crier victoire trop tôt, mais on a gagné.
Tout était fini dès la première heure. Bonjour David Thompson. Bonjour.
Bonjour Thierry. Merci d'être avec nous pour nous accompagner. Tu es journaliste, tu suis depuis de longues années, maintenant 5 ans au moins.
Ce mouvement Maga au plus près. Tu es spécialisé dans les enquêtes sur les mouvements politiques radicaux. Peut-être qu'on peut commencer par s'arrêter sur le contexte dans lequel il prononce ce discours de victoire un peu un peu prématuré puisque au fond il est comme toujours chez Donald Trump en campagne.
Il est en l'occurrence dans le dans le Kentucky parce qu'il y a une il y a une une circonscription qui l'intéresse particulièrement qui est détenue par un républicain qui a décidé de s'opposer à Donald Trump en particulier sur la FSTIN. Il s'appelle Thomas Massie mais mais il tient un meeting de campagne et même s'il est au milieu d'une guerre, il n'arrête pas de faire campagne et il n'arrête pas d'aller voir d'être au contact et de faire passer des messages à son électorat. Ouais, c'est ça.
C'est quelque chose qui est complètement unique avec Trump, c'est qu'effectivement, il a jamais cessé d'être en campagne, même quand il a le enfin après l'élection de de de 2020 qui a été gagnée par Joe Biden immédiatement, on l'a vu en meeting et ça n'a jamais cessé et c'est ça aussi qui lui permet d'avoir cette connexion unique avec cette fameuse base, cette connexion presque magnétique. Ils ont besoin de le voir, il a besoin de les voir et il est cette base le le suit de façon aveugle jusqu'à le suivre quand il fait l'inverse de ses promesses de campagne. Donc c'est c'est quelque chose voilà ce qu'il aime aussi évidemment là tu fais allusion à Thomas Massi qui est l'un des seuls quasi uniques hein élus républicains.
Ouais c'est un spécimen effectivement c'est un spécimen. Thomas Massier, on va voir quelle sera sa trajectoire, mais pour l'instant tous ceux qui au sein en tout cas au congrès depuis depuis depuis on va dire depuis 2020 qui ont essayé de s'opposer à Donald Trump l'ont payé de leur carrière. Je pense à des gens comme par exemple L Chen qui était une dynastie le nom de Chenny dans le dans dans l'imaginaire républicain.
C'est quand même pas du vice-président de George W. Bush. C'est une aristocratie républicaine historique.
Euh elle s'est opposée à Trump après le 6 janvier. Elle a été Trump euh à coup de de tweet et de tro sur son réseau social a démoli sa carrière et a mis à sa place euh quelqu'un qui était une vague adjointe de qui est aujourd'hui euh qui siège aujourd'hui. Donc euh on va voir quelle sera l'avenir de Thas Massi mais Trump il va aussi là-bas pour ça pour détruire pour détruire l'un de ses rares opposants au Congrès au sein de sa famille politique comme il l'a fait depuis le début.
Et pour l'instant ça fonctionne. C'est pour ça que le Congrès est aux ordres. euh en tout cas la majorit la majorité républicaine parce que tout le monde sait bien que en intuite Trump peut encore détruire une carrière et il l'assume comme il le fait toujours aussi euh des propos qui sont parfois complètement euh contradictoires et qui continuent très tranquillement de de dérouler auprès de auprès de ses partisans.
Vous venez de dire que c'est une petite excursion et vous avez dit que c'est une guerre. Alors qu'en est-il ? Bien, c'est les deux, une excursion qui nous évitera une guerre et la guerre sera enfin pour eux c'est une guerre pour nous.
Elle s'est avéré plus facile que prévu. Alors il y a deux choses intéressantes dans cette déclaration. D'abord il assume la contradiction, c'est une guerre, c'est une excursion.
Euh et puis il dit "Cette guerre elle est facile." Et ça c'est peut-être la partie la plus étonnante. Alors jusqu'où son électorat va pouvoir le suivre ?
Tu tu le décrivais, il est toujours très enthousiaste derrière lui, y compris maintenant et y compris alors qu'on rentre de cette dans sa deuxè semaine de guerre. Mais enfin quand même euh on a h morts euh parmi les les soldats américains. Euh on a des dizaines de blessés, une enquête de CBS News qui vient de nous dire que d'ailleurs dans cette frappe euh du port de du Kète de Shueba où il y a eu ses sep morts, il y a eu en réalité euh des douzaines de blessés dont un qui serait en situation d'être d'être amputé.
Euh on a il y a des milliers de morts euh si on fait le le bilan de l'ensemble du conflit et euh il prend quand même ça vraiment à la légère. Est-ce qu'il y a pas un moment quand même où son électorat va pourrait ou en tout cas pour une partie de d'entre d'entre eux commencer à se dire voilà, on a quand même on a envoyé nos boys se faire tuer à l'autre bout du monde, ce qui est comme tu le disais tout à l'heure le contraire de ce qu'il avait promis de faire pendant la campagne électorale. Et là il dit "Bon, on fait une petite excursion, c'est facile, on se balade, on gagne la guerre, quoi." Ouais.
Euh, on a le sentiment qu'il a compris qu'il faudrait pas non plus que ça dure trop longtemps cette histoire de de Garoniran parce que sa base pour l'instant elle le soutient largement. Mais il faudrait pas que ça dure trop longtemps et il faudrait pas surtout que il y ait de plus en plus de morts euh parce que là pour l'instant ça fonctionne, c'est que le début. On est dans une dans une logique qui euh peut encore s'inscrire dans celle de cette nouvelle forme de doctrine euh de politique étrangère MAGAGA euh post Venezuela.
C'est-à-dire on fait pas du changement de régime, on fait de la modification de régime. Euh ça ça a très bien fonctionné auprès de sa base euh parce que on a vu au Venezuela que ça a été une action spectaculaire sur le plan opérationnel. ça a été une incroyable réussite.
Euh tout le monde était extrêmement impressionné par l'efficacité de la mer américaine. Donc la base a applaudi ce moment parce que c'était une démonstration de la puissance des États-Unis dans sa sphère d'influence doctrine d'ro et aussi ça permet aussi parce que la doctrine America first elle repose sur on intervient c'est pas vraiment un isolation je je t'arrête une seconde mais la doctrine d'ro il faut que tu nous expliques le le le mot qu'on qu'on a déjà entendu ce mélange de à la doctrine Monro et et donne comme Donald Trump voilà En fait, c'était c'est un un un une invention de Donald Trump qui fait référence à la fameuse doctrine Mono de 1823 si je ne m'abuse qui était en fait une façon de dire aux pays notamment européens à l'époque pas touche à la sphère d'influence américaine. L'Amérique est une est une est une chasse gardée est un précarré américain.
Là aujourd'hui, Donald Trump a repris à son compte cette doctrine de politique étrangère du président Monro en en faisant une doctrine Donro référence évidemment à son prénom. Donc ça c'est vraiment c'est quelque chose d'officiel. C'est c'est le la doctrine d'Onro est inscrite dans la fameuse déclaration stratégie de de la Maison Blanche.
Donc c'est quelque chose de tout à fait officiel. Donc ça ça fonctionne auprès de la base. D'autant plus que dans le cas du Venezuela, ça s'est passé sans aucun aucune mort américaine et que là on a vu euh l'un des ministres de Donald Trump aller euh au Venezuela rencontrer la nouvelle euh présidente par intérim Delc Rodriguez euh qui a ouvert les ressources du Venézuela et qui couvre désormais Donald Trump de compliments à chaque occasion.
Voilà donc ça fonctionne ça fonctionne pour le Venezuela. L'Iran, c'est pas la même histoire. Cela dit, l'Iran, c'est pas la même histoire.
Donald Trump a répété plusieurs fois qu'il voulait sa DC. [rires] Ouais. Euh pour l'Iran, sauf qu'il a du mal à la trouver sa dele pour l'Iran.
Donc euh on a des députés euh Maga, des pardon des sénateurs Maga qui commencent à à à évoquer euh la l'éventualité d'une d'une sortie euh de l'Iran qui commence à appeler les appels dans son propre camp à Donald Trump pour se sortir de ce qui pourrait commencer à ressembler à un bourbier dans pas longtemps. Et c'est un message qui l'a quand même beaucoup fait passer ces derniers jours. On l'a raconté déjà, il passe son temps au téléphone depuis depuis le début de ce conflit et il échange au téléphone, il les appelle même parfois ou il répond aux appels des journalistes probablement une vingtaine depuis depuis le début du conflit maintenant.
Et ce qui est effectivement notable, tu as raison, c'est que ces derniers jours, il a vraiment voulu faire passer le message que cette guerre est quasiment finie. very complete a-t-il dit à à une à une journaliste. Donc on a vraiment le sentiment que il a intégré le fait que son électorat et son soutien politique attend effectivement une un horizon relativement rapproché.
Oui. Donc ça ce message de la guerre qui n'est pas une guerre qui est une petite excursion et qui va bientôt se terminer. C'est un message qui est à la fois envoyé à sa base.
C'est aussi un message qui est envoyé au Congrès puisque comme on le sait, la Constitution américaine interdit normalement au président américain de déclarer une guerre sans la Val du Congrès. Or, pour l'instant, il a pas la Val du Congrès. D'où la l'embarras de de Trump et de son entourage à qualifier cette guerre de guerre.
Euh alors, cela étant, on on il est clair jusqu'à présent et et les sondages nous le disent, hein, que il a euh 90 % de sa base euh derrière lui. Euh pas de problème de ce côté-là jusqu'ici, mais il y a quand même quelques petits signaux qui sont intéressants à relever et sur lesquels je je voudrais bien avoir ton ton analyse et notamment lorsqu'on entend un, je sais pas comment l'appeler, un influenceur, quelqu'un qui tient un podcast qui est le plus écôé des États-Unis et qui est assez clair sur ce qu'il pense de ce conflit aussi, c'est tout simplement aberrant compte tenu de son programme électoral. C'est pourquoi beaucoup de gens se sont trahis.
Il a promis la fin des guerres et de ces guerres stupides et insensées. Et maintenant, on se retrouve avec une guerre dont on ne peut même pas expliquer clairement les raisons. C'est Joe Rogan qui parle.
Et Joe Rogan, c'est pas n'importe qui, hein. Je le disais, le le podcast le plus écouté des États-Unis depuis depuis sa base du Texas et il représente quelque chose dans ce monde maga. Jo Rogan, il quand il parle, on l'écoute.
Jo Rogan, il a un poids énorme aux États-Unis. Il avait appelé à voter Trump lors de l'année dernière présidentielle, mais c'est pas forcément quelqu'un qui a un poids énorme au sein de la sphère maga puisque c'est un peu un swing voteur, si je veux dire. C'est quelqu'un qui a été démocrate.
En 2020, on se souvient qu'il avait appelé pour le populisme de gauche Bernie Sanders et il a basculé pour le populisme de droite Trump lors de la dernière présidentielle. depuis quelques mois, il se montre très critique sur Trump, notamment sur les raides de ICE euh et euh donc là sur ce qui se passe actuellement en Iran. En revanche, euh au sein de la de la magasphère, si j'ose dire, de la de cet espace public euh médiatique maga euh qui a quasiment remplacé le débat public américain aujourd'hui, hein, tel tellement les démocrates sont euh invisibles et inaudibles.
Au sein de cette magasphère, il y a des gens très influents, très importants, des influenceurs qui comptent des millions et des millions d'abonnés et qui forgent l'opinion MAGAGA qui eux sont vent debout contre contre cette guerre en Iran. Et cette guerre en Iran, elle a réveillé vraiment euh toutes les fractures au sein du mouvement maga et on peut dire une sorte de mini guerre civile d'une violence assez inédite au sein de cette fer qui est pourtant habituée à ces petites guerres picrocolines et ses et ses débats internes. Là, on a vraiment une aile qui représente en fait l'aile du vice-président Jedy Van qui a fait campagne, lui qui a forgé toute son identité son identité politique sur contre les néoconservateurs américains, l'interventionnisme américain et surtout contre ce que George Bush appelait le Freudom agenda.
On va on va on va en reparler de de l'évanissant Jane V parce que effectivement on on le voit plus beaucoup mais euh cette guerre elle oppose qui à qui au fond parce que lorsqu'on on discutait ensemble pour préparer cette émission, tu me disais que l'un des aspects et ça m'a ça m'a marqué qui t'a frappé, c'est que il y a une forme de conflit de génération dans ce dans cette dans cette fracture au sein du mouvement. Qui s'exprime de quelle manière ? Alors euh effectivement euh les les les jeunes MAGA aujourd'hui diraient que cette guerre c'est la guerre des boomers MAGA.
Euh eux ils n'en veulent pas de cette guerre. Euh et ils sont largement euh on a on a un un espace de contestation dans la jeunesse Maga qui s'est ouvert après la mort de du fameux influenceur Charlie Kirk. Euh un espace de contestation.
Alors, je t'interromps parce que parmi les parmi les choses que j'ai relevé justement, il y avait un un message que posté sur les réseaux sociaux Charlie Cock quelques mois avant avant d'être d'être assassiné qui a été ressorti par Megan Kelly, la la journaliste qui elle aussi est devenue une podcasteuse et qui dit voilà ce qu' ce qu'il avait vu la vérité écrit-elle sur sur le réseau social X 5 mois avant sa mort et et dans ce message il écrit qu'une nouvelle guerre au Prochorient serait une une erreur catastrophique, je l'ai sous les yeux. Là, on a plus de stock militaire suffisant. On a recommencer à fabriquer des armes mais on est loin derrière.
L'Iran est un pays beaucoup plus grand que l'Irak, la Syrie et l'Afghanistan ensemble. Une guerre ne serait certainement pas facile et pourrait devenir une véritable capacité grâce au à la capacité du président Trump et Crétil à se restreindre pendant son premier mandat. L'Amérique a une opportunité, une occasion en or de pouvoir se tirer de ce marais du proche et du et du Moyen-Orient.
Il est très clair et ça représente parfaitement ce que ce que tu ce que tu viens de dire, cette voix de secourant Maga et ces jeunes qui étaiit qui étaient porté par Charlie Kck. Alors ça c'était il y a il y a à peu près 6 mois qu'il a posté ce tweet si je bien. Ce qui est intéressant de voir c'est que ce tweet aujourd'hui il est retweeté par des grandes figures de gauche américaine. [rires] Donc pas seulement par Megan Kelly.
Donc après la mort pas seulement par Megan Kelly et après la mort de Charlie Kurt, l'assassinat de Charlie Kurt, en fait ça a créé un vide politique et ce vide politique au sein de la jeunesse Maga, il a été il est en train d'être occupé par une figure encore plus mais beaucoup plus radicale que Charlie Kirk dire à l'ultra droite de Maga si j'ose dire qui est déjà très très à droite et qui se définit en particulier euh par justement par la question de la politique étrangère et la question du rapport à Israël puisque c'est un mouvement qui ouvertement. Attention attention pro Hitler, ce sont des gens qui en boîte de nuit à Miami font des salut nazis. Ce mouvement de de de jeunes magasin, on les appelle les Groyers.
Je t'ai pas l'explication pourquoi il s'appelle comme ça, mais en tout cas c'est un mouvement qui représente, on estime selon les estimations, 30 % des jeunes MAGA de moins de 30 ans. Donc c'est énorme. Et eux ce qu'ils disent, ils disent ça suffit ce blancin, ce chèque en blanc permanent à Israël.
Notre politique étrangère ne doit plus se définir uniquement enfin Israël ne doit pas définir notre politique étrangère. Ça suffit et ça ça a vraiment commencé après Gaza. Donc Gaza ça a tout changé à gauche mais ça a tout changé aussi à droite.
Et ce ce courant qui est de plus en plus ouvertes que tu es en train de nous parler j'imagine. C'est Nick Fentes. Je parle effectivement de Nick Fent euh et euh Nick Fuent a été reçu sur le plateau du podcast de Tucker Carlson.
Donc Nick Fuent est en voie de normalisation. On parle de quelqu'un qui voilà qui est en deux mots d'où vient-il Nick Fent ? Nick Fuentes, c'est un jeune influenceur euh prazi euh ouvertement antisémite, même s'il récuse l'étiquette.
Bon, enfin, c'est quand même quelqu'un qui estime que Hitler est très cool et qui fait des saluas en soirée. Euh, c'est quelqu'un qui a 27 ans, qui est un insell qui est un il est il est c'est il est il est qui revendique le fait de ne pas avoir de relations sexuelles avec les femmes. Il est vierge lui-même.
Donc, il est issu de cette cette masse euh de la culture internet jeune, masculiniste. Bon, il coche toutes les cases mais c'est quelqu'un qui a une efficacité redoutable auprès de la jeunesse maga parce que il est super charismatique, il est drôle, il est efficace et il tape là où ça fait mal. Dire là en ce moment, il attaque Jedy Evans sur le fait que Jedans a totalement disparu des écrans radars depuis le début de la guerre en Iran.
Ça fonctionne allusion combler le vide politique à droite dans la jeunesse mag. Ouais, on faisait on faisait allusion à Jelly V tout à l'heure qui effectivement a totalement disparu des des écrans. Alors, il y a ce petit moment révélateur dans la conférence de presse que Donald Trump a a donné il y a quelques jours maintenant dans lequel il dit "Ah oui, c'est vrai, Jayven V c'était parce qu'on lui pose la question, Donald Trump dit il était quand même beaucoup moins enthousiaste et puis il se reprend, il dit "Ah mais quand même, il était un peu enthousiaste mais voilà, on sent qu'il y a on sent qu'il y a il y a effectivement une distance entre les deux." Euh hell vence, il euh il assume sa discrétion, il est en campagne pour 2028 et il pense que c'est en c'est c'est ces cing là qu'il faut garder pour gagner.
Non, Jedans, il est en train de jouer son avenir politique là parce que Jedy Van tout ce qui se passe aujourd'hui, c'est exactement tout ce qu'il a promis de ne jamais valider. il a promis de de mettre fin à tout ça. Euh il a son son identité politique, lui qui est un ancien militaire qui qui a fait la guerre en Irak, il était il était présent, il a expliqué que sa vision de la politique étrangère s'est forgé après son engagement en Irak et que il a vu à quel point cette idée que l'Amérique parte à coup de bombe imposer la démocratie à l'étranger et surtout même quand c'est pas pour imposer la démocratie, il a dit que ça il en voulait plus et plus jamais ça.
Donc et toute la doctrine politique qu'il représente, les postes libéraux, ils veulent mettre fin à l'ordre international poste 1945 et ça commence par le fait de faire en sorte que les États-Unis ne soient plus entre guillemets le gendarme du monde ou qu'ils n'interviennent le moins possible, qu'ils sortent de tous les théâtres notamment au proche orient en Europe, Ukraine évidemment pour se concentrer sur le grand rival stratégique qui est la Chine. Là aujourd'hui, tout ce qui se passe, c'est exactement l'inverse de de de ce que de de la doctrine Vans. Donc c'est une humiliation pour lui.
Et on l'a vu effectivement les deux fois où Trump a mené des interventions spectaculaires au Venezuela et en Iran, Van n'était pas là. Trump était à Maralago avec Marco Rubio qui est en train de voler la vedette à JD Van avec les chefs du renseignement Pitex 7 et cetera. H et lui ce qu'on dit les critiques sur les réseaux sociaux justement Nick Fest c'est que Jans lui il était à la table des enfants ou il était dans la maison blanche avec des conseillers de second rang en train de suivre l'opération.
L'argument c'était que le président et le vice-président pour des raisons sécuritaires ne pas être mais mais on sait que Jans ne valide pas ça. Il en l'occurrence qu'il soit ensemble à la Maison Blanche où ça aurait pas été véritablement un problème. Euh il y a une autre dimension qui est intéressante et et on y a fait allusion au fond indirectement plusieurs fois dans depuis le début de notre conversation.
Il y a dans la façon dont les vates en guerre cette fois-ci ont présenté cette opération militaire quelque chose on pourrait dire de leur point de vue en tout cas de spirituel. Je terminerai donc par un passage des écritures puisant ma force dans le psaume 144. Béni soit l'Éternel, mon rocher qui exerce mes mains au combat et mes doigts à la guerre.
Il est mon Dieu d'amour et ma forteresse, mon rempart et mon libérateur, mon bouclier en qui je trouve refuge. Que le Seigneur accorde à nos guerriers une force inébranl et un refuge sûr, une protection inébranlable sur notre terre natale et une victoire totale sur ceux qui cherchent à leur nuire. Amen.
Que Dieu bénisse nos troupe et cette mission. Alors celui qui parle, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, n'est pas un responsable religieux. C'est le secrétaire à la guerre, c'est Pete Exf.
Et c'est ça qui est frappant aussi quand même dans ce cette manière de porter le conflit. On lui donne une dimension religieuse. Là, les leaders évangéliques américains blancs sont tous passés en mode djihad depuis le début de l'intervention en Iran.
Euh il faut comprendre euh vraiment la la logique évangélique blanche euh à quel et surtout la logique sioniste chrétienne euh pour comprendre pourquoi euh cette frange ultra importante de la base de Trump soutient cette guerre en Iran. Euh juste quelques chiffres, euh les évangéliques blancs depuis 2016, ils ont à chaque élection voté pour Trump à plus de 80 %. Euh les évangéliques blancs, c'est à peu près 25 % de l'électorat américain, c'est 30 % de l'électorat de Trump.
Euh et aujourd'hui, ce sont eux qui sont les principaux soutiens à cette guerre euh en Iran. Pourquoi ? Parce qu'ils inscrivent cette guerre dans leur vision eschatologique de l'histoire.
Et c'est comme ça que le dimanche à la messe euh les grands leaders évangéliques, je pense par exemple euh à Gregory euh euh en Californie, au pasteur Hagy euh euh à San Antonio, c'est lui qui avait fait le sermon lors du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem. Euh qu'est-ce qu'ils disent à leurs fidèles euh sur les réseaux sociaux et le dimanche ? Ils disent "Cette guerre en Iran, c'est un signe de la fin des temps." Signe de la fin des temps.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire retour de Jésus. Qu'est-ce que ça veut dire retour de Jésus ?
Ça veut dire qu'on est au moment de ce qu'ils appellent rapture. The rapture, c'est quoi ? C'est que au moment de la fin des temps, euh Dieu en gros euh choisira les siens et il va littéralement le rapture, l'enlèvement, il va venir chercher ses fidèles.
Et les fidèles euh pour les emmener au paradis, les fidèles euh qui sont-ils ? Ce sont ceux qui seront qui auront été au côté d'Israël. Pourquoi ?
Parce que ça ça fait référence à un texte de la Bible dans dans l'Ancien Testament, dans la Genèse 12:3 pour ceux qui veulent aller voir lorsque la promesse divine de Dieu faite à Abraham, "Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai ceux qui te maudiront." Et donc le peuple d'Israël. Donc c'est pour ça le soutien biblique à Israël, il vient de là.
Et c'est pour ça qu'aujourd'hui les évangélises blancs soutiennent à fond cette intervention en Iran. Pour l'instant, faudra pas que ça dure trop longtemps non plus, mais en tout cas, il voi ça comme un signe de leur pas dans leur lecture eschatologique et c'est vraiment l'opinion majoritaire au sein de la base de Donald Trump aujourd'hui. Est-ce que ta conclusion c'est que ce qui va maintenant déterminer la suite dans la manière dont ce monde Baga voit et vis cette guerre en Iran, c'est sa durée au fond.
Alors, il faudrait pas non plus minimiser le l'importance des catholiques qui eux n'ont pas du tout cette vision eschatologique de cette lecture J dont on parlait tout à l'heure est un catholique en délicatesse avec le pape qui est américain et qui lui a clairement condamné cette intervention aussi. Peut-être pas pour les mêmes raisons que le vice-président mais en tout cas il a été très clair effectivement. Ouais.
Et tous les influenceurs qu'on vient de citer qui sont contre la guerre, profondément contre la guerre, qui sont suivis par des millions de personnes, Tucker Carlson, Megan Kelly, Nick Fentes, sont catholiques et eux n'ont pas cette vision biblique messianique de le de la présence américaine dans cette région. Et donc eux, ils représentent en quelque sorte cette nouvelle génération qui ne veut plus que Israël dicte la politique étrangère des États-Unis. Et au sein de la jeunesse Marga aujourd'hui, ce sont eux qui sont les plus les plus les plus les plus vocaux, les plus influents.
Donc il y a fort à parier que c'est pour ça qu'ils expliquent que ça c'est la guerre des boomers maga, c'est que ils sont contre ça. Et en gros les moins de 30 ans euh la génération qui arrive derrière eux euh ils ne veulent plus ce lien, ils veulent en fait normaliser la relation avec Israël. Ils veulent que Israël soit traité par les États-Unis comme un pays normal, comme un autre pays.
Merci beaucoup David. Merci David Thomson, journaliste spécialiste des mouvements politiques radicaux, spécialiste du MAGA d'avoir été avec moi pour cet épisode du du monde selon Trump. Et on file du côté de Washington après Miami avec David Thompson pour retrouver Marie Jeanric.
Salut Marie. Salut Thierry. Ça fait près de semaines que tu es à Washington pour couvrir la façon dont la Maison Blanche et Donald Trump gère ce conflit avec l'Iran.
Qu'est-ce qui t'a marqué dans ce que tu as pu entendre autour de toi les Américains que tu as croisé ? Alors évidemment, on est à Washington, on n'est pas au milieu du Texas et de l'Amérique profonde qui vote pour Donald Trump. Mais ton sentiment de ces quelques conversations que tu as tu as tu as eu, c'est quoi ?
Alors, nous c'est vrai qu'on est arrivé le samedi soir, donc en fait bah quelques heures après les frappes seulement. Donc on était là dès le début. Et moi ce qui m'a vraiment marqué, c'est que dans un premier temps, on a parlé avec un monsieur, donc on lui a expliqué qu'on couvrait la guerre.
Il a regardé à travers la fenêtre et il nous a dit "Bah, il y a pas de guerre ici." Donc je lui ai expliqué que bah il y avait une guerre, que les États-Unis avaient lancé des frappes contre l'Iran, mais qu'il le voyait peut-être pas forcément lui depuis sa fenêtre, mais qu'il y avait une guerre effectivement qui était en train de commencer. où j'ai étais un peu surprise par j'avais l'impression qu'il était un peu déconnectée par rapport à ça.
Et ce qui m'a aussi marqué, c'est que les les gens qu'on a croisé euh il y avait une certaine colère vis-à-vis de cette guerre. Euh par exemple, il y a un monsieur, il me semble que c'est ce même monsieur qui en partant nous a dit "Écoutez, moi je veux juste vous dire "fuck Trump, désolé pour le fuck", mais il nous l'a lancé vraiment comme ça. Et les gens, c'est vrai que quand on abordait la question, ils avaient pas forcément envie d'épiloguer sur le sujet. dans la couverture des médias américains, euh qu'est-ce qui qu'est-ce qui t'a marqué ?
Comment est-ce qu'ils ont couvert ce conflit ? Est-ce que est-ce que c'est quelque chose qui continue à tourner en boucle ou ou plus vraiment ? Alors, les premiers jours, c'était euh complètement en boucle et on a vu bah ce qu'ils font souvent, c'est-à-dire les présentateurs stars euh qui euh vont dans les pays qui sont touchés notamment en Israël parce que bah c'est plus facile d'accès que l'Iran par exemple.
Mais il y a quand même un journaliste de Cananen qui a réussi à aller en Iran. Ils en parlent beaucoup ici. Donc les premiers jours, oui, c'était vraiment en 100 % gros dispositif, bandeau rouge de partout, breaking news du matin au soir.
En revanche depuis euh ouais 4 5 jours, non, il y a plus vraiment breaking news quoi. C'est un sujet qui continue à suivre et je dirais que c'est par exemple si on était au c'est pas exactement la même chose mais sur les les show du soir, c'est quand même le premier sujet qui arrive mais après ils vont parler d'autres choses. Ils vont parler plus de politique politicienne, ils vont parler du prix du prix du pétrole.
Alors c'est lié bien sûr au conflit mais c'est plus uniquement là-dessus. Il y a vraiment euh d'autres sujets qui sont mis en avant et du coup moi ça m'a surprise mais je parle pas que des chaînes américaines hein, je parle aussi des des journaux. Les une des journaux c'est pas forcément sur le conflit avec l'Iran.
Et du coup c'est vrai que c'est assez surprenant parce que nous en France euh on est quand même en tout cas en terme de chaîne info, quasiment sur une enfin on est sur une couverture 100 % et eux qui sont quand même plus impliqués dans le conflit que nous ne sont plus sur une couverture 100 % plus d'une semaine plus tard. Et je voulais qu'on termine sur un sujet qui n'avait absolument rien à voir, mais on s'en est parlé tous les deux tout à l'heure. Euh il y a une photo qui m'a marqué cette semaine qui était la photo des chaussures de Marco Rubio.
Tu nous racontes ? Oui. Alors alors en fait tout part d'un article qui a été publié dans le Wall Street Journal.
Donc en gros, les journalistes expliquent que Donald Trump a un coup de cœur pour des chaussures, des derby en fait d'une marque qui s'appelle Florheime. J'espère que que je le prononce bien. Bon en tout cas c'est c'est des chaussures de type de type derby et du coup il a envie que ben tous les gens dollars la paire si j bien lu.
Oui c'est ça mais qui visiblement n n'est pas si cher que ça pour des chaussures de ce type de ce que j'ai cru comprendre. Et donc Trump qui adore ces chaussures-là euh a envie que tous les hommes dans son administration, surtout des hommes de toute façon qui l'entourent euh portent ces chaussures-là. Donc Jedy Ven, son vice-président et Marco Rubio qui est le chef de la diplomatie américaine.
Et donc apparemment tout le monde est obsédé par l'idée de porter ses chaussures. Les gens ont carrément peur de ne pas en porter. Et il y a cette photo qui a été publiée euh sur X où on peut voir effectivement Marco Rubio avec les fameuses chaussures au pied, sauf qu'elles sont bah beaucoup trop grandes pour lui.
Il l'histoire c'est que manifestement il comme il veut faire le cadeau surprise, il ne leur demande pas leur pointure. Effectivement, ça ça conduit un petit peu à ce type à ce type d'accident et manifestement l'idée selon laquelle on pourrait ne pas porter les chaussures et donc contrarier Donald Trump parce que on ne on n'exhibe pas le cadeau qu'on qu'on a reçu. Voilà, ça ça on n'ose pas prendre ce risque là manifestement.
Oui. Et j'ai aussi lu qu'il y avait une autre théorie sinon c'était que c'est pas forcément que Donald Trump ne demande pas la poiture, il la demande mais vu qu'il a laissé entendre aux hommes qui l'entourent que je vais essayer de tourner ça élégment la pointure des pieds on disait beaucoup sur un homme et bien les gens qui l'entourent du coup mentent sur leur pointure. Ils ont tendance à dire qu'il chose plus grand que ce qu'il ne chose vraiment.
Ce qui pourrait arriver à ce qui pourrait expliquer l'accident de Marco Rubio. C'est une autre théorie. Voilà, [rires] on est bien peu de choses quand même.
Merci Marie, merci beaucoup. Euh, bon retour euh bon retour vers Paris depuis Washington. [musique] Merci et puis euh merci, on se retrouve dans un des prochains épisodes du podcast.
Avec plaisir. Avec grand plaisir. Merci beaucoup.
Et merci à Maxence de Montenard et à Pouici pour la préparation, la réalisation de cet épisode. Ainsi s'achève l'épisode 10 du monde selon Trump. un podcast à retrouver sur le site, l'application BFM et bien sûr sur toutes les plateformes d'écoute.
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