Sainte-Soline : Le rapport qui démasque les mensonges des hommes de Darmanin
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Questions et réponses
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- 1:01OuverteRéponse directe
Vous êtes observateurs pour la LDH. Pouvez-vous expliquer votre rôle ?
- 1:56RelanceRéponse directe
Les rapports officiels diffèrent des vôtres. Pouvez-vous préciser ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Votre rapport conteste les rapports de la gendarmerie et de la préfecture ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Quels éléments problématiques en amont de la manifestation ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Avez-vous été entravés dans votre observation ou matériel confisqué ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Que constatez-vous à partir du départ de la manifestation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurFait
« On se souvient des images d'une rare violence, des grenades par milliers, des blessés par centaines. »
- 0:16PrésentateurFait
« Et si le rapport des événements par la Gendarmerie nationale ainsi que la préfecture des Deux-Sèvres était factuellement faux ? »
- 0:29PrésentateurFait
« Et leur rapport, intitulé « Empêcher l'accès à la bassine, quel qu'en soit le coût humain » »
- 0:40PrésentateurFait
« Ministère tenu par Gérald Darmanin, qui a également menti. »
- 3:46InvitéFait
« Gérald Darmanin a pris la parole en évoquant des actes qui s'apparentent à de l'éco-terrorisme. »
- 4:02InvitéFait
« Et donc, on a, dès novembre 2022, eu la construction de militants qui seraient des terroristes participant de façon générale à la criminalisation des mouvements sociaux »
- 4:22InvitéFait
« On a des dispositifs de renseignement et de surveillance qui sont assez hallucinants, c'est-à-dire de la captation d'images par hélicoptère qui survolent la zone »
- 5:26InvitéFait
« Donc, c'est un arrêté, déjà, qui est problématique parce qu'une arme, par destination, en droit, elle est caractérisée comme telle à partir du moment où l'objet est utilisé en tant qu'arme. »
- 7:15InvitéFait
« Le premier usage de la force est fait à 12h35. Et donc, il faut savoir qu'à ce moment-là, il y a trois cortèges, rose, jaune et bleu. »
- 8:23InvitéFait
« Dans le rapport de la préfecture, ils font usage de la force parce qu'ils reçoivent des cocktails Molotov. »
- 12:52InvitéChiffre
« Le comptage, on l'a fait surtout à partir des détonations, donc même sans prendre en compte les grenades qui ne produisent pas de détonations ou d'effets sonores, c'était déjà absolument énorme. »
- 12:54InvitéChiffre
« Les chiffres officiels de 5015 grenades lacrymogènes lancées »
- 30:20PrésentateurFait
« Vous montrez que l'État a menti »
- 30:21InvitéFait
« l'état a menti »
- 30:25InvitéFait
« il y avait plusieurs milliers de personnes qui étaient présentes »
- 31:46InvitéFait
« il n'y a pas vraiment d'argument qui réfute nos constatations »
- 32:05InvitéFait
« c'est juridiquement faux puisqu'il s'agit d'une contravention de quatrième classe »
- 33:07InvitéFait
« il y a eu un usage complètement disproportionné et non nécessaire de la force »
- 33:23InvitéFait
« on a la preuve de ce qu'on dit par exemple la préfecture ou les députés qui nous ont répondu n'apportent aucune preuve en contradiction »
- 34:30InvitéFait
« une des équipes a vu son matériel saisi »
- 34:49InvitéFait
« le Conseil d'État lui-même l'a reconnu dans une décision de 2021 »
- 35:18InvitéFait
« la décision de la préfète est illégale puisqu'elle méconnaît la jurisprudence du Conseil d'État »
- 36:39InvitéFait
« il y a une véritable atteinte à la fois à la liberté d'expression au droit de réunion pacifique et aussi à la liberté associative »
Temps de parole
- Invité33 %
- Présentateur31 %
- Invité 230 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sainte-Soulines, 25 mars, manifestation contre les méga-bassines. On se souvient des images d'une rare violence, des grenades par milliers, des blessés par centaines. Et si le rapport des événements par la Gendarmerie nationale ainsi que la préfecture des Deux-Sèvres était factuellement faux ? L'Observatoire des libertés publiques et des pratiques policières et la Ligue des droits de l'homme ont travaillé depuis ces trois mois pour retracer, minute par minute, les événements de manière précise, concise, avec vidéo, photo, preuve à l'appui.
Et leur rapport, intitulé « Empêcher l'accès à la bassine, quel qu'en soit le coût humain », diffère des rapports officiels de la Gendarmerie nationale et de la préfecture fournis au ministère de l'Intérieur. Ministère tenu par Gérald Darmanin, qui a également menti. On fait le point avec Capucine Blouet et Flavien Lozu, tous deux observatrices et observateurs pour la Ligue des droits de l'homme. C'est l'entretien d'actu. Alors bonjour Capucine Blouet, bonjour Flavien Lozu. Vous êtes tous les deux observateurs et observatrices pour la Ligue des droits de l'homme. D'abord, est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu ce que c'est être observateur pour la LDH ?
Oui, tout à fait. En réalité, en fait, les observatoires, donc il y a une quinzaine d'observatoires en France, et ce sont des collectifs qui sont le produit de l'association de la LDH. Donc c'est toujours à son initiative, mais il peut y avoir également d'autres associations ou syndicats. Nous, on fait partie de l'observatoire parisien des libertés publiques et on est avec le syndicat des avocats de France, la section parisienne et puis la fédération de Paris de la Ligue des droits de l'homme.
Et donc, peut-être pour compléter, du coup, on a observé des dizaines voire des centaines de manifestations et là, exceptionnellement pour Saint-Solene, on a créé ce qu'on appelle un inter-observatoire, c'est-à-dire qu'on s'est réunis avec plusieurs autres observatoires en toute la France et on a décidé de partir tous à Saint-Solene. Donc on est partis à 22 personnes à Saint-Solene pour observer le maintien de l'ordre dans le cadre de la manifestation.
Vous étiez 22 et vous étiez posté à différents endroits avec différentes personnes à la manifestation pour bien tout observer dans l'ensemble ? Oui, tout à fait.
Et en réalité, du coup, nous, notre objectif, c'est vraiment d'observer le maintien de l'ordre et les pratiques policières. Et pour ça, on répond à un certain nombre de principes, puisqu'on a un statut qui est protégé notamment par le droit international et parmi ces principes, il y a la neutralité comportementale qui est une condition sine qua non de toute observation.
Il y a la gendarmerie nationale et la préfète des Deux-Sèvres qui ont tous deux fait un rapport au ministère de l'Intérieur après la manifestation de Saint-Solene du 25 mars dernier contre les méga-vaccines. Et vous, ce que vous avez constaté sur le terrain, diffère de ces rapports, si j'ai bien compris.
Oui, c'est ça. Alors, en réalité, il y a même trois rapports, puisqu'il y a aussi un rapport de l'IGGN, notamment sur l'usage des LBD par le PM2I, donc les gendarmes en quad. On a constaté la publication de ces rapports et on était assez effarés par le nombre d'éléments qui étaient factuellement faux, que nous, on a observé presque des fois de l'inverse. Et donc, dans le rapport, on s'attache à montrer, preuve à l'appui, pourquoi certains éléments dans les rapports sont faux.
Donc, l'IGGN, l'inspection générale de la gendarmerie nationale pour bien. On va commencer, donc, du coup, dans votre rapport, on commence par une préparation de manifestations déjà problématiques. Vous pointez des arrêtés d'interdiction, de la surveillance, des réquisitions. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment, en amont déjà, il y a quelques éléments qui sont problématiques ?
Oui, en fait, ça commence même avant la question des arrêtés d'interdiction des réquisitions du procureur de la République. Dès novembre 2022, à la suite de la manifestation qui avait eu lieu le 29 octobre, Gérald Darmanin a pris la parole en évoquant des actes qui s'apparentent à de l'éco-terrorisme. Et donc, on a, dès novembre 2022, eu la construction de militants qui seraient des terroristes participant de façon générale à la criminalisation des mouvements sociaux et puis au discrédit, évidemment, de ces manifestants. Et ce qui justifie, ensuite, il y a huit arrêtés qui ont été pris d'interdiction.
On a des dispositifs de renseignement et de surveillance qui sont assez hallucinants, c'est-à-dire de la captation d'images par hélicoptère qui survolent la zone, des véhicules de surveillance qu'on a aperçus à plusieurs reprises. On a la captation des images par les forces de l'ordre elles-mêmes et puis même le recours à des produits marquants codés. Et donc, évidemment, tout ce dispositif apparaît comme, dès le départ, en fait, une première démonstration de force.
Pour se rendre compte, quand même, de tous ces contrôles en amont de la manifestation, nous, on part de Paris la veille de la manifestation et ce qui est impressionnant, c'est qu'on se fait contrôler la voiture en sortant à l'Ile-de-France. On nous demande où est-ce qu'on va, qu'est-ce qu'on va faire à la manifestation. C'est-à-dire qu'il y avait des contrôles, même en Ile-de-France, pour la manifestation à Sainte-Soline. C'est assez effarant, quoi.
Et du coup, vous, en tant qu'observateur-observatrice, est-ce que vous avez été entravé d'y aller ou le matériel que vous aviez ? Parce que c'est vrai que, maintenant, même les masques, les casques sont des objets de répression.
Alors, oui, peut-être parler de ce fameux arrêté sur l'interdiction d'armes par destination. Donc, c'est un arrêté, déjà, qui est problématique parce qu'une arme, par destination, en droit, elle est caractérisée comme telle à partir du moment où l'objet est utilisé en tant qu'arme. C'est-à-dire qu'un stylo n'est pas une arme. Par contre, si je vous le jette dessus, là, ça peut être une arme par destination. Donc, c'est caractérisé quand même à partir de son utilisation. Et l'accès à la qualification en amont, elle est problématique.
Et nous, ce qui s'est passé, c'est que, par exemple, les observateurs, il me semble que c'est de Toulouse, l'équipe d'observateurs, qui s'est fait confisquer ses casques et son matériel après la manifestation. Donc, ce qui est un peu assez aussi surprenant, pour ne pas dire alarmant, c'est que même après la manifestation, cet arrêté continue. Donc, ça n'a plus aucun sens parce que la manifestation est finie. Et puis aussi, cet arrêté, il va jusqu'à 30, voire, il me semble, c'est même 50 kilomètres en dehors de la manifestation. C'est-à-dire que, pour prendre un exemple concret, un policier peut contrôler une voiture à 50 kilomètres de mêle deux jours après la manifestation.
Il peut considérer que la personne est en inégalité si, par exemple, il possède un casque de vélo.
Ensuite, dans le rapport, vous retracez les événements à partir du départ de la manifestation, donc le camp, là où les manifestants étaient, où tout le monde s'est rejoint, etc., était à plusieurs kilomètres. Et donc, il y avait trois cortèges qui sont partis. Vous dites que la stratégie des forces de l'ordre était d'empêcher l'accès à la bassine, quel que soit le coût humain, parce que ça commence à 12h30, quand les premiers manifestants sont à 1 km de cette fameuse bassine très protégée par les forces de l'ordre. Et là, tout commence.
Pour expliquer un peu notre méthodologie, on crée des minutiers où on dit, minute par minute, ce qui se passe. Et après, on le retranscrit. Et donc, nous, là, on observe que le premier usage de la force est fait à 12h35. Et donc, il faut savoir qu'à ce moment-là, il y a trois cortèges, rose, jaune et bleu. Ces trois cortèges sont à trois endroits un peu différents, mais les trois cortèges sont à plus d'un kilomètre de la bassine. Le tout premier engagement de la force, donc à 12h35, est fait sur le cortège bleu. À ce moment-là, le cortège bleu est à l'arrêt, à 1,4 km de la bassine, donc quand même assez loin. Les gens, on décide de se poser.
La plupart des personnes dans le cortège sont assises dans un champ. Et à ce moment-là, il y a le fameux PM2I, qui sont des gendarmes sur des quads. Et donc, à ce moment-là, les PM2I viennent au contact. Quelques manifestants commencent à lancer quelques chandelles romaines. Donc, on appelle souvent ça feu d'artifice, mais c'est quand même pas exactement pareil entre un feu d'artifice et des chandelles romaines. Donc, c'est des chandelles romaines, mais qui ne vont absolument pas toucher les gendarmes. Ça a atterrivé à plusieurs dizaines de mètres à côté. Et à partir de ce moment-là, les gendarmes tirent d'innombrables grenables sur l'ensemble du cortège bleu.
Donc, ce n'est même pas sur les quelques personnes qui ont tiré ces chandelles romaines, mais sur l'ensemble du cortège. Donc, ça, c'est là déjà où c'est complètement disproportionné. C'est-à-dire que les personnes qui étaient assises dans le champ, qui commençaient à manger, tout ça, se font complètement gazer. Un premier élément qu'on peut avancer, c'est que dans le rapport de la préfecture, ils font usage de la force parce qu'ils reçoivent des cocktails Molotov. Et nous, ça, c'est un premier élément qui nous pose beaucoup de questions parce qu'à ce moment-là, on a cinq équipes, 18 personnes. Aucune personne n'a vu de cocktails Molotov à ce moment-là.
Et puis, ce qui ne dit pas les rapports, que ce soit de la gendarmerie ou de la préfecture, c'est que les deux autres cortèges sont également gazés, alors qu'eux sont complètement pacifiques. Ils ne font rien. Ils ne font juste marcher et à la rigueur, chanter des slogans. Et à partir de ce moment-là, aussi, ils vont subir des gaz et des grenades. C'est aussi à ce titre qu'on considère, donc on parlait de proportionnalité, mais il y a aussi, à ce moment-là, on dit qu'il n'y a pas de nécessité de l'emploi de la force puisqu'on va l'utiliser à l'encontre de manifestants qui sont pacifiques. Je parle notamment du cortège rose et jaune.
Et c'est là aussi où, en fait, on voit toute la construction du récit officiel et qui, en réalité, ne correspond pas à la réalité matérielle des faits. Quand Gérald Darmanin la veille dit « Nous verrons des images extrêmement dures » parce qu'il y a une très grande mobilisation de l'extrême-gauche et de ceux qui veulent s'en prendre aux gendarmes, peut-être tuer des gendarmes et tuer les institutions. Quand on utilise de la force de façon extrêmement tensiogène et puis déjà en prenant le risque de blesser, voire de mutiler les manifestants, on produit de façon inévitable des images extrêmement dures. Justement, quand ces trois cortèges arrivent,
vous venez de le dire, on a l'impression que la gendarmerie avance toujours cet argument dans les rapports de légitime défense. On a l'impression qu'ils font une défense de l'avancée des cortèges. Ce qu'ils n'aiment pas, c'est le fait que les manifestants avancent petit à petit vers la bassine. Après, vous parlez de la période 12h50-13h30, donc après cette première période de premier gaz lacrymo sur les trois cortèges qui s'intensifie aussi là quand justement les manifestants ont voulu s'approcher de la bassine.
Dans le rapport de la gendarmerie, il est mentionné face à un niveau de violence extrême et aux assauts massifs d'individus extrêmement déterminés et protégés des effets de gaz lacrymogènes, un niveau proportionné d'emploi des grenades de désencerclement et de LBD a été effectué. Qu'est-ce que vous constatez dans cette première partie au moment où les manifestants approchent le contour de la bassine ?
Déjà, ce qu'on voit en premier lieu, c'est nous ce qu'on a nommé un fortin, c'est-à-dire une espèce de muraille de camions et de gendarmes autour de la bassine en laissant venir les manifestants malgré cette première intervention des gendarmes montés sur les couades et à ce moment-là qu'il y ait eu des violences, oui, c'est un fait.
En revanche, ce qu'il y a, c'est qu'on va utiliser la force, comme on l'a dit, de façon absolument immodérée sur l'ensemble des cortèges en utilisant des armes classifiées matérielles de guerre et qui sont extrêmement dangereuses sur l'ensemble des manifestants présents, y compris aussi les cortèges familiaux et puis la très grande majorité des manifestants qui étaient pacifiques.
Après, il y a eu la période 13h30-14h qui s'est encore intensifiée, je dirais la dernière période presque d'affrontement où les manifestants, moi je l'ai vu aussi de mes unions, essayent de rentrer sur la bassine. Il y a eu un énorme usage de la force à ce moment-là, il y a eu énormément de grenades jetées dans cette demi-heure, on voit vraiment une escalade de la violence et surtout, on voit des grenades lancées extrêmement loin, voire des tirs tendus. Est-ce que vous pouvez nous expliquer cette demi-heure, d'ailleurs qui figure très peu dans les rapports soit de la gendarmerie, soit de la préfète, etc.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer vraiment cette demi-heure très charnière dans la violence ?
Oui, nous, pour le coup, nous, on s'est beaucoup intéressés. Elle est évidemment dans le prolongement des premières minutes de la mobilisation. D'ailleurs, juste avant, il me semble que c'est vers 13h23, 24, on aperçoit des gendarmes avec une scène un peu hallucinante où on les voit courir avec des caisses de munitions pour aller réapprovisionner leurs collègues, ce qui montre que déjà en amont, il y a eu un usage qui était vraiment très massif de ces armes et nous, en fait, on a fait du comptage sur nos vidéos, notamment des grenades qui étaient lancées.
Le comptage, on l'a fait surtout à partir des détonations, donc même sans prendre en compte les grenades qui ne produisent pas de détonations ou d'effets sonores, c'était déjà absolument énorme.
Et quand on voit les chiffres, qui sont en plus les chiffres officiels, de 5015 grenades lacrymogènes lancées, où on ne précise pas que parmi elles, il y a eu les grenades GM2L qui sont extrêmement dangereuses, qui explosent, qui à de multiples reprises ont mutilé des personnes, des grenades de désencerclement GONL où, en fait, il y a une projection de 18 petits plots en caoutchouc et qui a une vitesse énorme, de plus de 340 km heure, qui pénètrent les chaires et qui produisent toutes les blessures qu'on a pu constater par la suite, les tirs de LBD et puis les grenades qu'on appelle grenades ASSD et qui, elles, explosent et produisent une détonation très forte.
Comme ça, on ne s'en rend pas forcément compte, mais c'est vraiment très dangereux. On peut se faire percer le tympan à cause de ça. L'explosion en elle-même est très dangereuse. Dans certains cas, elle peut être létale. Et ce qu'on a observé, c'est en fait un usage des grenades qui ne s'arrêtait jamais. On n'a même pas pu compter, nous, tout ce qu'il y a eu. Ce n'était pas possible. Et effectivement, on a observé à de multiples reprises des tirs tendus. Et c'est seulement ce qu'on a observé et qu'on a pu observer parce qu'il y avait un air qui était complètement saturé de gaz lacrymogène qu'on ne voyait pas toujours très bien.
On a essayé quand même à ce moment de rester relativement à distance pour notre propre sécurité. Et l'utilisation de dispositifs de propulsion à retard qui peuvent être de 50, 100 ou 200 mètres qu'on insère dans les lanceurs. Et donc, on peut quand même, les gendarmes peuvent dans une certaine mesure maîtriser la distance à laquelle ils envoient les grenades. Donc, on ne peut que constater que les grenades qui ont été lancées très en amont dans les cortèges qui restaient vraiment à grande distance des gendarmes provenaient d'une intention délibérée de le faire.
Oui, sur cette période, moi, ce que je trouve ça très étonnant, c'est que les rapports ne font pas mention de cette période alors que pour nous, ça a été une des périodes les plus violentes, je dirais même traumatisantes psychologiquement quand on a vu passer des dizaines de personnes blessées, donc mutilées, avec des fois des bras arrachés, pardon, pas des bras arrachés, mais des grosses plaies sur les bras, je ne sais plus, je n'ai plus tous les souvenirs, mais des blessures vraiment de guerre. et on entendait des appels aux médics extrêmement souvent, c'était quand même assez traumatisant et moi, je trouve ça très étonnant que le rapport ne mentionne pas cette période-là.
Il y a deux choses qui m'ont aussi frappé du côté du général de Darmanin. D'ailleurs, vous l'indiquez dans le rapport, le 27 mars 2023 sur BFM, le ministre de l'Intérieur a uniquement annoncé que 260 grenades GM2L avaient été utilisées par les seuls 40 gendarmes du PM2I. Ce chiffre n'est guère significatif puisqu'il permet simplement de connaître le nombre de GM2L utilisés spécifiquement par 40 des 3000 gendarmes mobilisés pendant la journée. Nous notons, donc c'est vous qui écrivez ça, que la GM2L est la seule grenade pour laquelle les autorités n'ont pas voulu annoncer de chiffres précis. Comment ça s'explique ça ?
Le grand public, notamment, tend à connaître aussi leur grande dangerosité du fait de toutes les personnes qui ont été blessées et mutilées par ces grenades lors de précédentes mobilisations. Pour preuve de leur dangerosité, on a même interdit, au départ, les forces de l'ordre pouvaient les lancer à la main. Ça a été interdit puisqu'il y avait des risques de blessures qui étaient beaucoup trop importants. Maintenant, c'est seulement aux lanceurs. C'est la seule... Enfin, ça, c'est les éléments qu'on peut apporter. Je ne m'explique pas pourquoi les autorités refusent d'en parler.
Oui, je pense qu'on ne peut clairement pas s'avancer sur qu'est-ce que ça signifie qu'il n'ait pas voulu mentionner ce nombre de grenades. On constate juste que la GM2L, qui est une des grenades les plus mutilantes, est la seule grenade sur laquelle le gouvernement n'a pas annoncé de chiffres précis.
Vous évoquez le fait qu'il y avait 20 000, 25 000 manifestants. Tout le monde a été visé par ces grenades lacrymogènes, par ces grenades en général. Tout le monde aurait pu et toute catégorie de personnes a été blessée. Mais il y a quand même une diabolisation du cortège de tête dont on a beaucoup parlé aux médias. Ce n'est pas un black bloc, ils s'appellent cortège de tête eux-mêmes et disent qu'ils sont là pour essayer de rentrer sur la bassine. Et justement, il y a eu une cristallisation autour de ce cortège de tête. C'était la défense du ministère de l'Intérieur de dire oui, mais ils étaient super violents, oui, mais ils ont cramé un camion.
On l'a vu, l'image en boucle sur BFM ou sur les réseaux sociaux. Et justement, c'est pour ça que je m'intéresse à la question disproportionnée de la force. Est-ce qu'on peut répondre avec des armes de guerre à des feux d'artifice ?
Je pense que nous, en tant qu'observatoire, c'est compliqué de répondre à cette question parce qu'on ne fait que constater ce qui se passe. On ne propose pas des manières de faire le mention de l'ordre. Nous, on est juste là pour constater ce qui se passe en manifestation. Et on prend en compte ce que font les manifestants uniquement pour comprendre le contexte dans lequel sont utilisées les armes de guerre. Et après, on va voir si ça peut être proportionnel ou pas. C'est une question qui est assez difficile en réalité d'analyser la proportionnalité puisqu'elle implique aussi une mise en balance.
Nous, ce qu'il y a, c'est qu'on va regarder le droit international et en particulier le droit international des droits de l'homme. est-ce que les forces de l'ordre, la stratégie du maintien de l'ordre le respectent ? Et sans même parler de violence des manifestants, en fait, ce qu'on constate, c'est qu'on ne peut pas parler de proportionnalité à partir du moment où on utilise des armes de guerre sur une foule pacifique, qu'on va utiliser notamment des grenades lacrymogènes directement à l'encontre d'élus qui protègent eux-mêmes des blessés. c'est complètement incompatible avec l'idée de proportionnalité de l'usage de la force. Justement, en parlant de constat,
il y a Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l'environnement qui dit à Saint-Solene, la réponse de l'État m'a paru largement disproportionnée et ça, vous le mettez dans le rapport. Ce que vous venez d'évoquer aussi, il y a des scènes que vous avez constatées si on veut s'en tenir au fait, qui sont quand même on va dire représentatives de ce qui s'est passé cette journée-là. Vous venez de le dire, vous évoquez ce moment où les élus et d'autres militants protégeaient des blessés et ont été visés par des gaz lacrymogènes de la toujours PM2I qui blèdent encore une fois la légitime défense. Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu cette scène ?
Oui, alors cette scène elle se déroule exactement à 13h55 donc comme je l'ai dit on peut avoir nous les horaires exacts parce qu'on a fait des minutiers. À ce moment-là, il y a des blessés qui sont en retrait sur une route et donc c'est des blessés et ce n'est pas des gens qui se sont fouillés la cheville. C'est notamment la zone où il y a des blessés qui sont aussi avec le pronostic vital engagé.
Il y a au moins une personne qui était là qui avait le pronostic vital engagé et donc à ce moment-là les élus qui décident de faire une chaîne autour de ces blessés pour les protéger et donc c'est une zone où les élus l'ont très bien expliqué il n'y a pas d'affrontement on ne chante pas de slogan ni rien c'est vraiment juste on est là pour protéger les blessés il n'y a même plus de manifestation ni rien juste on protège les gens parce qu'on ne sait pas s'il y a des gens qui vont peut-être mourir à partir du moment le PM2I donc les quads commencent à gazer cette zone-là alors qu'il n'y a aucun danger cette zone ne reprend aucun danger pour le PM2I et pourtant ils vont gazer ces blessés à partir de là Marine Tondelier fait un premier tweet pour demander à la préfète d'arrêter de gazer les blessés parce que du coup des blessés qui avaient un pronostic vital engagé ont dû être déplacés donc à cause de ce gazage donc pour moi c'est quelque chose quand même qui est très grave et donc suite à ce tweet la préfète va expliquer que le PM2I aurait gazé parce qu'il aurait été attaqué par des individus armés d'engins incendiaires nous on avait deux équipes qui étaient sur cette zone-là précisément et qui n'ont constaté qu'il n'y avait aucun danger incendiaire qui n'a été utilisé contre le PM2I à ce moment-là donc voilà déjà on vient en contradiction avec ce que dit la préfète donc voilà ça c'est un des exemples on a de multiples exemples dans le rapport de périodes où il y a un discours officiel qui se construit pour justifier l'usage de la violence et nous notre rapport l'objectif c'est de produire un autre discours de réellement nous ce qu'on a vu et ce qu'on a pu constater
vous parlez aussi de la trêve de 14h08 à 15h08 là aussi vous n'avez pas la même version que celle des rapports
de la gendarmerie et de la préfecture nous on a confronté donc si vous voulez on avait quand même cinq équipes qui étaient présentes sur place on a essayé dans la mesure du possible de se répartir sur toute la zone de la mobilisation et quand on confronte nos minutiers qu'on a vérifié grâce aux vidéos on avait déjà tout minuté comme on vous l'explique à partir de 14h08 pas une seule équipe ne constate le moindre affrontement enfin la zone est calme il ne se passe plus rien et ça dure une heure et ce qui est très drôle aussi c'est que la gendarmerie et la préfecture eux-mêmes ne sont pas d'accord sur le rapport de la gendarmerie ils annoncent la trêve à 14h20 le rapport de la préfecture l'annonce à 14h30 donc déjà c'est quand même assez bizarre que la gendarmerie et la préfecture ne soient pas d'accord mais voilà nous ce qu'on a constaté c'est que la trêve il n'y a plus aucun usage de la force à partir de 14h08 et ce jusqu'à 15h08
justement ces horaires de trêve sont très importantes pourquoi ?
parce qu'il y a cette fameuse scène qui a été discutée sur-re-discutée donc nous aux médias on en a parlé sur le fait et après qu'il y a eu plein de tergiversions médiatiques là-dessus c'est cette fameuse heure d'attente pour Serge dont le pronostic vital est resté engagé d'ailleurs plusieurs mois blessé à la tête probablement de partir de Grenade qui a déjà dû être déplacé dans cette scène où la PM2I est venue faire des gaz lacrymogènes sur le cortège calme il a été pris en charge si je relis votre rapport par les médics vers 14h05 environ j'ai également cette version-là parce que j'étais sur place aussi au début de la trêve et le SAMU s'est vu bloqué et n'a pas pu venir porter secours à Serge pendant une heure il y a d'ailleurs un extrait de l'appel entre les avocats de la LDH et le SAMU où ils disent on n'a pas l'autorisation de toutes les institutions sur place pour l'instant on est sous leur commandement et les médecins militaires arrivent vers 14h57 donc une heure il y avait quand même les médics mais une heure d'attente du SAMU
on n'a pas l'autorisation d'envoyer des secours sur place parce que vous avez considéré comme étant dangereux
sur place
ok ok mais si ça l'est pas donc vous avez la même assistance à la personne en danger vous n'avez pas l'autorisation des forces de l'ordre ou de votre analyse ? on n'a pas l'autorisation quelles institutions du coup ? on a besoin d'analyser très clairement parce que là il y a quelqu'un qui peut décéder donc pour que les responsabilités soient établies on a besoin de savoir donc qui interdit l'accès à cette personne en danger grave vitale ? vous confirmez que c'est la préfecture qui interdit l'accès c'est ça en fait ? ok comment on fait pour contacter le commandement sur place ? ok est-ce qu'on peut faire le 17 pour avoir le commandement sur place vous croyez ? il faut passer
par les forces de l'ordre
et c'est quoi vous votre contact avec eux ?
est-ce que vous pouvez nous expliquer cette scène qui a énormément été débattue sur tous les médias d'ailleurs ?
oui alors on va s'attacher à être très précis en donnant les horaires exacts donc Serge est blessé à 13h45 à 14h11 le SAMU donc dit aux observateurs de la LDH et notamment à ses avocats ne pas pouvoir intervenir parce que les autorités ne le veulent pas ils ne les autorisent pas les pompiers nous ont aussi déclaré ne pas pouvoir parvenir aux blessés durant cette période-là la version des autorités c'est qu'ils ont empêché le SAMU et les pompiers de passer parce qu'ils auraient pu être pris à partie et que c'était dangereux pour eux sauf que nous on montre qu'à partir de 14h08 il n'y a plus aucun affrontement donc ce n'est pas possible deuxième argument Serge à ce moment-là il ne se trouve pas à l'endroit où il y a les manifestants il se trouve très précisément à 200 mètres du dispositif des gendarmeries et à 400 mètres des manifestants des manifestants qui sont assis par terre et qui organisent un pique-nique donc l'argument de le SAMU était en danger s'ils allaient intervenir nous ça nous paraît difficilement compréhensible au vu de ce qu'on a observé voilà et les médecins militaires selon le rapport de la gendarmerie donc les médecins militaires c'est les médecins de la gendarmerie donc ils se retrouvent à 200 mètres de Serge selon le rapport de la gendarmerie ils interviennent à 14h35 là encore nous on a une équipe d'observations sur place et ce que les vidéos montrent de cette équipe et ce qu'ils ont écrit dans leur métier c'est que le médecin militaire n'arrive en réalité qu'à 14h57 soit 46 minutes après le premier appel au SAMU voilà donc ça c'est important de le savoir mais très vite en fait le médecin militaire il va se rendre compte que l'état de Serge est beaucoup trop grave et qu'il ne va pas pouvoir le prendre en charge et donc ce n'est qu'à 15h05 que le SAMU a rieux auprès de Serge
c'est une scène que la préfecture des Deux-Sèvres va sans cesse réfuter juste après la publication du rapport 24h après la préfecture des Deux-Sèvres sera communiquée pour réfuter le fait que le SAMU ait été bloqué comment c'est possible que deux versions des faits s'opposent tellement alors que vous étiez sur place et que vous avez observé observé ça
nous ça nous interroge évidemment beaucoup puis surtout ça nous inquiète on parle de la construction d'un récit qu'on trouve alarmante ce qui s'est passé est très grave et du fait qu'on le rapporte on montre que c'est très grave le gouvernement et le président de la république lui-même a adopté une rhétorique assez guerrière à la suite des événements Emmanuel Macron le 30 mars dit il y a des gens qui venaient contester qui étaient là en famille mais vous avez des milliers de gens qui étaient simplement venus pour faire la guerre
qu'il y ait des contestations c'est une chose rien ne peut justifier la violence il y a des gens qui venaient contester et qui étaient là en famille qui d'ailleurs à Melle le lendemain ont tenu un moment plus festif qui n'a donné lieu à aucun débordement mais vous avez des milliers de gens qui étaient simplement venus pour faire la guerre c'est inacceptable et donc je réaffirme mon soutien aux élus et aux forces de l'ordre et nos forces de l'ordre avec beaucoup de courage ont avancé et ça montre bien qu'il y a chez certains une forme d'habitude de la violence qui s'installe il faut la combattre avec beaucoup de fermeté et je demande à toutes les forces politiques républicaines d'être parfaitement claires sur ce sujet
c'est complètement faux évidemment donc il ne s'agit pas d'une guerre et quand bien même ça aurait été le cas si on s'attache au droit international humanitaire qui est le droit des conflits armés en période de conflits armés c'est complètement proscrit d'entraver les secours donc c'est vraiment très grave et ça rejoint un peu cette idée qu'on a construit un ennemi d'état la préfecture avance plusieurs arguments
notamment que les manifestants n'ont pas voulu passer par le 15 le 18 que les consignes de l'organisation étaient tout le temps passées par les médics de l'organisation et aussi ce fameux argument de la zone d'exclusion je vais citer le communiqué de la préfète qui date du 28 mars 2023 ce n'est donc que pour éviter que le SAMU ou les pompiers ne soient pris à partie aux victimes collatérales des affrontements violents que cette consigne ait pu être passée dans un contexte où les groupes violents se déplaçaient très rapidement est-ce que vous pouvez nous expliquer ce principe de zone d'exclusion et en quoi la préfète ou non dit vrai dans ce communiqué
déjà on peut rappeler que cette zone d'exclusion n'est absolument pas une notion juridique en plus de cela il y a une comme l'a rappelé Capuchin à l'instant il y a une obligation de secours même en temps de guerre donc j'imagine que dans des opérations maintien de l'ordre c'est pas même pas j'imagine c'est sûr c'est obligé de porter en aide aux personnes blessées et puis comme on l'a déjà dit cette zone d'exclusion elle s'applique en plus pour des périodes où il y aurait des affrontements comme on l'a expliqué depuis 14h08 il n'y a plus aucun affrontement donc il n'y a plus de danger les manifestants sont à 400 mètres du blessé la zone où se trouve Serge il n'y a plus de blessés et les manifestants sont à 400 mètres pour la plupart en train de pique-niquer
et ensuite après tout ça il y a évidemment une campagne politique et médiatique qui avait déjà démarré mais qui recommence après tout ça avec une diabolisation énorme des manifestants même une trahison des faits de toute façon on le voit dans ces rapports
que non les gendarmes n'ont pas lancé de LBD en quad seules des grenades lacrymogènes ont été tirées non aucune arme de guerre n'a été utilisée par les forces de l'ordre à Sainte-Seline seules des armes intermédiaires ont été utilisées par contre des armes de guerre de la part de certains casseurs l'ont été notamment je pense au cocktail Molotov non les forces de l'ordre n'ont pas empêché les secours d'intervenir c'est les gendarmes et les secours qui ont été empêchés d'intervenir par certains casseurs non madame la préfète n'a pas refusé de répondre à madame Tondelier elle a eu énormément d'échanges d'ailleurs tout au long de la journée avec elle et non les forces de l'ordre n'ont pas utilisé de lacrymogènes contre les individus blessés qui étaient en retrait
vous dans ce rapport vous montrez que
l'état a menti en fait oui il y a une vraie construction d'un récit officiel et qui qui est un peu fou c'est à dire qu'il y avait plusieurs milliers de personnes qui étaient présentes donc nous en fait on constate les faits on cherche des preuves pour les rapporter pour pour expliquer ce qui s'est vraiment passé mais en soi on n'apporte pas de grandes révélations ça s'est passé à l'air libre au grand jour avec des milliers de personnes présentes et ça c'est vraiment très grave aussi
d'ailleurs les médias indépendants c'est un peu casser le nez à tenter de raconter ce qu'on a tous vu là-bas un rapport donc qui comme vous l'avez dit constate rapporte l'effet minute par minute qui est extrêmement précis et sérieux d'ailleurs rapport qui est déjà mis en cause 24 heures après par des députés de la majorité ou par la préfecture des Deux-Sèvres j'ai le communiqué ici la préfète des Deux-Sèvres Emmanuel Dubé réfute à nouveau les accusations sur une prétendue entrave délibérée au secours ses propos sont infondés etc et puis il y a autre chose ce rassemblement avait été interdit par arrêté préfectoral au vu des risques de troubles etc etc les participants commettaient donc bien un délit est-ce que vous avez une réponse
à apporter à ce communiqué oui notamment sur le sur le dernier point donc sur la question de l'entrave au secours il n'y a pas vraiment d'argument qui réfute nos constatations ce n'est de dire qu'elles sont infondées et que c'est faux mais nous je pense qu'on a déjà prouvé dans notre rapport que ce n'était pas le cas et charge aux autorités d'apporter la preuve du contraire sur la question de la participation à une manifestation interdite qui sera un délit c'est juridiquement faux puisqu'il s'agit d'une contravention de quatrième classe la différence peut paraître un peu une question de spécialistes de juristes etc ce n'est pas vraiment le cas puisque quand il s'agit d'un délit on peut placer des personnes en garde à vue les interpeller sur ce fondement notamment lorsqu'une peine d'emprisonnement est prévue là il s'agit d'une contravention de quatrième classe c'est à dire que par exemple quand on se faisait verbaliser pour non port du masque on avait une contravention de quatrième classe il s'agit de ça donc c'est c'est grave parce que c'est faux c'est grave puisque sous prétexte que la manifestation était interdite on vient justifier ce recours à la force qui a fait plus de 200 blessés et c'est grave aussi puisque en fait ça poursuit cette rhétorique de la criminalisation des manifestants qu'il s'agisse de délinquants d'éléments violents d'éléments radicaux qu'il faut maîtriser notre rapport vient de dire qu'il y a eu un usage complètement disproportionné et non nécessaire de la force le fait que la manifestation soit interdite ne justifie en aucun cas qu'il y a un usage disproportionné et non nécessaire de la force ce n'est pas une justification et puis nous ce qu'on constate c'est qu'on a apporté des preuves on a des vidéos on a des minutiers on a des photos on a la preuve de ce qu'on dit par exemple la préfecture ou les députés qui nous ont répondu n'apportent aucune preuve en contradiction on aimerait bien d'avoir un débat sur le fond sur ce qui s'est passé pour qu'eux apportent des preuves du contraire
ce qui serait intéressant et qui avancerait pour une fois le débat alors si c'est difficile de vous attaquer sur le fond parce que vous êtes quand même très bétonné du coup le plus facile c'est de vous attaquer sur votre crédibilité on se rappelle de Gérald Darmanin qui s'était posé la question des financements de la Ligue des droits de l'homme et puis dans le communiqué d'Emmanuel Dubé on a aussi le fait qu'a été souligné le soutien apporté par plusieurs sections locales de la Ligue des droits de l'homme au rassemblement en cause est-ce que c'est c'est une première qu'on s'attaque au fondement de la Ligue des droits de l'homme c'est une stratégie comment vous avez un peu vécu ces attaques-là ?
Alors en premier lieu j'aurais tendance à dire que ça nous conforte dans l'idée que notre travail de contre-pouvoir est utile et probant et si on cherche à nous discréditer de cette façon-là c'est peut-être parce qu'on est un peu gênant d'une certaine manière il n'en demeure pas moins que c'est problématique pour nous puisque par exemple on a eu du matériel une des équipes a vu son matériel saisi ce qui est une entrave à l'observation nous on a un statut d'observateur donc comme je le disais plus tôt qui est protégé par le droit international le Conseil d'État lui-même l'a reconnu dans une décision de 2021 où il assimile en partie ce statut à celui des journalistes le droit d'observer de se maintenir malgré un ordre de dispersion c'est protégé par les Nations Unies c'est protégé par l'Europe la Commission de Venise l'OSCE en France la CNCDH aussi a amené ça même le jugement du tribunal administratif de Poitiers qui est plutôt une ordonnance puisqu'il s'agit d'une procédure en référé reconnaît que la décision de la préfète est illégale puisqu'elle méconnaît la jurisprudence du Conseil d'État à partir de là nous on est droit dans nos bottes c'est la première fois que vous constatez
de telles entraves à votre possibilité d'observer dans la Ligue des Droits
que ça vienne des autorités aussi haut placées oui on va dire par contre sur le terrain c'est pas nouveau même depuis Sainte-Soline on a été des observateurs de Toulousain des observateurs Rennes on a eu des remontées qui se faisaient entraver dans leur mission d'observation par les forces de l'ordre donc ça c'est pas nouveau quand même ça fait quelques années qu'il y a eu des observateurs qui ont déjà été même parisiens qui ont été blessés par les forces de l'ordre il y a quelques années donc ça par contre c'est pas la première fois
donc comme je disais il y a eu le questionnement autour de Gérald Bermanin sur les financements de la Ligue des Droits de l'Homme la dissolution du mouvement des soulèvements de la terre on a vu aussi des mensonges toujours de la part du ministère de l'Intérieur autour de la mort de Naël des discussions sur la restriction des réseaux sociaux l'activation des écoutes à distance sur nos appareils connectés votés au Parlement est-ce que tout ça toujours en termes de constatation est-ce que vous voyez une réelle menace en ce moment pour nos droits et nos libertés en France ?
Alors c'est-à-dire que nous ici on est présentes en tant qu'observateurs donc on ne porte pas la parole politique de la LDH en revanche ce qu'on peut dire au regard du droit c'est qu'il y a une véritable atteinte à la fois à la liberté d'expression au droit de réunion pacifique et aussi à la liberté associative et ça je pense qu'on peut tous être d'accord pour considérer que c'est très inquiétant
Merci beaucoup Capitine Boué donc je le rappelle observatrice pour la LDH et Flavien Lozu observateur également pour la LDH empêcher l'accès à la bassine quel que soit le coût humain donc c'est le titre du rapport des observatoires des libertés publiques et des pratiques policières qui est sorti ce lundi 10 juillet pour faire la lumière sur les événements de Sainte-Souline samedi 25 mars lors de la manifestation contre les méga-bassines
Merci à vous
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