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interviewFrançois Ruffin· 5 juin 2025 4 min

La retraite par capitalisation : c'est non !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Vous avez le courage d'être faible avec les forts et fort avec les faibles. Voilà votre courage. Madame la ministre, sur la place de Paris, les traders ne connaissent pas la crise.

Voilà une super nouvelle, je l'ai découverte dans les échôes mon ami Arnaud. Je cite "Le nombre d' banquiers millionnaires a battu un nouveau record chez BNP Paribas, société générale, Crédit Agricole et Natix 6". Ils sont 2,5 fois plus nombreux qu'il y a 10 ans.

Mais à ces bureaucrates de la finance, quel sacrifice réclamez-vous ? Aucun ! Jamais !

Dans les échos toujours, les groupes du CAC 40 n'ont jamais été aussi généreux avec leurs actionnaires. Un nouveau record et Cocoro, nous sommes médaille d'or, les champions des dividende en Europe. Mais assez rentiers de la bourse, quels efforts devez-vous ?

Aucun, jamais. Au contraire, cela vous les chouchoutez, vous les dorlotez, vous les caliner, leur faites des gros cadeaux fiscaux à coup de milliard d'euros. Non, les sacrifices, les efforts, c'est auxiliaires de vie, aux chemins, aux charistes et aux métallos, aux soignants et aux couvreurs, aux enseignants et travailleurs que vous les réclamez.

Ce sont les salaires gelés sous l'inflation durant 3 années. Ce sont les critères de pénibilité retiré, vibration, portrénible, produits chimiques respiré. Ce sont bien sûr les de années de retraite volées.

Vous appelez ça des réformes courageuses. Mais quel est ce courage ? C'est le courage non pas de dompter les marchés financiers, non pas d'affronter les firmes du numérique, non pas de combattre ces nouveaux seigneurs, mais au contraire de se courber devant eux.

Alors oui, il vous reste le courage d'aller contre les caissières et les infirmières, mais jamais contre les banquiers et les actionnaires, jamais contre les messes de vos campagnes électorales. Vous avez le courage d'être faible avec les forts et fort avec les faibles. Voilà votre courage.

Vous avez le courage surtout d'une démocratie sans desm et même contre les comment les imposez-vous vos réformes sans courage avec l'acheté. Vous les imposez en contournant le peuple contre 3 4 5 millions de manifestants, contre 23 des Français, contre 80 % des salariés, contre tous les syndicats unis, contre nous allons se constater grâce à nos camarades communistes, contre une majorité de députés dans notre assemblée. Avec vous pas vote, jamais des 493, de l'obstruction, des conclaves, vous biaisez, vous fuyez, vous enfumez.

Vous êtes le gouvernement de l'enlisement. Vous enlisez le pays, vous enlisez la démocratie. Mais pour servir vos amis, jamais ça ne vous suffit.

Déjà dans le tuyau, vous poussez une nouvelle réforme courageuse. Il faut dixite Gérald Armanin, il faut mettre fin au système par répartition et aller vers un système par capitalisation. C'est un cœur à 1000 voix.

Édouard Philippe plaide pour je cite 15 % de capitalisation, c'est chiffré. Chez les macronistes, vous planchez sur la sémantique. Je vous cite capitalisation fait peur aux gens.

Pourquoi pas plutôt retrait par investissement ? Et Paul Midi, député ancien de chez McKinze, a cette idée : "L'élection présidentielle doit permettre de diriger une partie de notre système vers la capitalisation." Le déjà candidat Bruno Rotaillot s'engage pour une retraite par capitalisation.

Eric Sioti, allié de Jordan Bardella fait cette originale proposition : "Oons la capitalisation". Voilà votre projet commun à toutes les droites. La solution, c'est la capitalisation.

Mais la solution pour qui ? Pour les maîtres de l'argent ? Pour vos maîtres, oui, imaginez pour eux cette folie, cette aberration.

Près de 400 milliards. 400 milliards qui leur échappent. 400 milliards juste pour les gens, pour leur vieux jour. 400 milliards sans trading haute fréquence, 400 milliards sans boursicotage, sans yoyo des marchés.

Non, juste une caisse, une simple caisse qui reçoit les cotisations et vers des pensions. Une caisse bâtie au fil des siècles par les nôtres, oui, par les ouvriers, par les syndicats, par la gauche depuis Joress et même avant. Un siècle de petites caisses, d'abord, des caisses d'entraide dans les usines, puis des mutuels, des fédérations de travailleurs.

Et enfin à la libération, une caisse d'entraide géante, la caisse nationale de la sécurité sociale, une caisse à 400 milliards. C'est notre formidable trésor. C'est une invention qui a révolutionné des millions d'existences, qui a sorti de la misère des générations entières.

Alors bien sûr, vous rêvez de la casser cette caisse. C'est un casse en bande organisée que vous préparez. 400 milliards 400 milliards pour le remettre comme le reste aux banquiers actionnaires pour le remettre aux actionnaires pour le remettre 500 fortunes.

Nous ne vous laisserons pas faire seulement nous ici qui ne sommes rien aussi peu mais nous dehors. Le peuple français, le peuple attaché à l'égalité, à la fraternité, à la solidarité. Le peuple qui oi lors de la prochaine élection devra trancher les privilèges de quelques-uns ou notre bonheur

La retraite par capitalisation : c'est non ! — François Ruffin · Pourquijevote