La reconnaissance du génocide ouïghour en débat | Franceinfo INA
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J'espère que l'Assemblée nationale va se hisser au niveau de ce moment historique et reconnaître le génocide qui vise les Ouïghours en Chine.
Reconnaître le génocide des Ouïghours, cette minorité musulmane, turcophone, réprimée par le gouvernement chinois dans la province du Xinjiang. C'est ce qui est demandé aux députés français. Pour Raphaël Glucksmann, ça ne fait aucun doute, c'est un génocide et il a fait de la défense des Ouïghours son combat de députés européens. L'un des premiers reportages sur cette minorité, c'est dans l'émission Géopolis en 1999. Déjà, on y parle stérilisation et contrôle des naissances.
On pratique la stérilisation forcée sur des centaines de milliers de nos femmes. Nos mères et nos sœurs sont emmenées à l'hôpital de force pour subir des avortements. On jette des milliers de fœtus aux ordures.
Les stérilisations qui visaient les Ouïghours et dont Dokunissa parle dans l'archive, sont devenues systématiques. On est vraiment dans une politique qui vise à rendre les Ouïghours d'abord minoritaires dans leur propre région et ensuite à les effacer.
Pendant longtemps, le sort des Ouïghours a été passé sous silence. C'est près de dix ans plus tard, en 2008, que les journalistes vont à nouveau s'y intéresser quand la Chine organise les Jeux Olympiques d'été à Pékin. Si le tour de vie s'est identique aux tibétains, les Ouïghours n'ont ni Dalai Lama ni Richard Jir pour le faire savoir.
Ici en Chine, nous n'avons aucun droit en tant que Ouïghours. Nous sommes les esclaves de la Chine.
Par rapport à 2008, on est passé à une autre étape du contrôle de masse. C'est que finalement, les témoignages qui sont reçus là seraient impossibles aujourd'hui. Le contrôle, c'est accru. Il y a des codes barres sur les maisons et la police peut scanner et voir combien il y a de gens dans chaque maison. Est-ce qu'ils font la prière ? Est-ce qu'ils boivent de l'alcool ? Est-ce qu'ils mangent du porc ? Donc finalement, les interstices de liberté qui existaient il y a encore 20 ou 30 ans n'existent plus aujourd'hui.
Stérilisation forcée, surveillance et puis en 2018, des ONG révèlent l'existence de camps de redressement.
Selon les organisations internationales, un million de musulmans du Xinjiang auraient déjà été internés dans des camps.
Mais la France ne reconnaît toujours pas le génocide en cours. En février prochain, les JO d'hiver auront lieu à Pékin. Seront-ils un moment de mobilisation générale pour le peuple Ouïghour ?
Ce que nous devons faire, c'est essayer de saisir l'opportunité des JO en martelant un message très simple. On ne fait pas la fête à l'ombre des camps de concentration. Aucun représentant officiel, aucun élu, aucun ministre ne doit aller applaudir ce qui sera une farce à la gloire de Xi Jinping.
Raphaël Glucksmann