Canada - Europe : le nouvel axe anti-Trump ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 2:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est une bonne idée de proposer ce statut au Canada ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Comment ça a été accueilli au Canada ?
- 5:37RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est pas son agressivité qui pousse l'Europe à ouvrir les bras au Canada ?
- 7:49RelanceRéponse partielle
Le CETA n'est toujours pas ratifié par 10 États de l'UE, dont la France. Pourquoi ?
- 9:04OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui pourrait changer concrètement entre la France et le Canada dans les prochaines semaines ?
- 11:11OuverteRéponse directe
Le Canada est le 12ème fournisseur de l'UE. Comment diversifier les échanges ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06Fait
« « S'ils font cela, si je considère qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très importants où je cesserai de commercer avec l'Europe sur de nombreux produits. » »
- 1:56Fait
« « Personne ne va nous dire quelle langue nous parlons, personne ne va dicter notre culture ni avec qui nous pouvons conclure des accords. » »
- 3:34Hélène Conway-MouretFait
« « Personnellement je je pense que c'est une excellente idée après légalement ça n'a pas vraiment de sens enfin ça ne repose rien » »
- 11:11Chiffre
« « Les États-Unis absorbent 75 % des exportations du Canada. » »
- 11:46Chiffre
« « Le Canada possède la troisième plus grande réserve de pétrole. » »
- 14:56Chiffre
« « Nous économiserions entre 60 et 90 milliards de dollars par an rien qu'en ne commerçant pas avec le Canada. » »
- 15:38Fait
« « Les États-Unis n'ont beaucoup pas à perdre et perdent malheureusement aujourd'hui parce qu'en fait, ils s'attaquent à ses alliés en priorité. » »
- 19:08Fait
« « Donald Trump a annoncé qu'il était prêt à acheter des engrais au Biélorusse, le premier allié de Vladimir Poutine. » »
- 23:59Fait
« « Permettez-moi de dire ceci à nos amis américains, nous serons toujours voisins et le Canada restera le partenaire le plus important des États-Unis dans de nombreux secteurs clés. » »
- 25:54Fait
« « Quand vous n'êtes pas à table, vous êtes au menu. » »
- 26:34Fait
« « Ce coût n'est rien comparé à celui de l'inaction. » »
- 31:17Fait
« « Il a supprimé la taxe carbone fédérale sur les combustibles payés par les consommateurs. » »
Temps de parole
- ?100 %
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C'est l'heure du second débat de ce sens public volontairement décalé de l'actualité du jour. Direction gros plan sur le Canada. Le Premier ministre Marc que Carnet se pose en premier opposant à Donald Trump. L'Union européenne lui propose un partenariat privilégié. Quels sont les effets de cette guerre commerciale avec les États-Unis, l'Europe et la France ? Peuvent-elles en profiter ? Faut-il s'inspirer de la rigidité de la riposte canadienne avant d'en débattre ? On détaille ce statut de membre associé que l'Europe est en train d'inventer. Jérôme Rabier. C'est la surprise du discours annuel d'Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, la présidente de la Commission européenne souhaite que le Canada se rapproche des 27 Etats membres avec un statut à part.
Nous voulons élever les relations avec le Canada au niveau le plus élevé possible. Cher Marc, j'ai dit que nous devions de toute urgence repenser nos partenariats. C'est pourquoi j'aimerais travailler avec vous afin d'ouvrir la voie pour que le Canada devienne le premier membre associé de l'Union européenne.
Un statut de membre associé qui n'existe pas dans les traités et dont on ne connaît pas tous les contours, mais cela a suffi à provoquer la colère de Donald Trump, qui cherche à faire plier le Canada dans des négociations commerciales et qui voit d'un mauvais oeil ce rapprochement avec l'UE. « S'ils font cela, si je considère qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très importants où je cesserai de commercer avec l'Europe sur de nombreux produits. Donc s'ils font cela, si l'Europe le fait avec de mauvaises intentions, si les intentions sont bonnes, cela me va. S'elles sont mauvaises, nous imposerons des droits de douane très élevés à l'Europe. Marc Carnet, le premier ministre canadien, a répliqué depuis la tribune du Parlement
européen qu'il était libre de conclure des accords avec qui il le souhaite en toute
Nous recherchons des partenariats qui sont complémentaires, qui renforcent notre souveraineté. Et c'est exactement ce qui est proposé ici. Les Canadiens sont unis. Personne ne va nous dire quelle langue nous parlons, personne ne va dicter notre culture ni avec qui nous pouvons conclure des accords.
Les secteurs énergétiques, de la défense, de l'intelligence artificielle sont Sont évoqués comme des axes où le Canada et l'Union européenne pourraient travailler ensemble. Des précisions pourraient être apportées fin octobre à Montréal lors du sommet prévu de longue date entre le Canada et l – Le Canada et l'Europe, c'est un nouvel axe anti-Trump qui est en train de naître. J'accueille nos invités, Laine Konoué-Moué, bonsoir, bienvenue. Vous êtes sénatrice socialiste des Français, établisseur de France, vice-présidente de la Commission des affaires étrangères. Frédéric Arnould, bonsoir. Bonsoir. Bienvenue, vous êtes correspondant de Radio Canada pour l'Europe et vous publiez C'est aussi ça l'Amérique aux éditions Québec-Amérique. Maud Kessar, bonsoir. Bienvenue.
Vous êtes directrice du domaine espace transatlantique Russie à l'IRSEM spécialiste des politiques étrangères des Etats-Unis et vous publiez la puissance sans principe c'est aux éditions du seuil et jean-sébastien faire jouer restez à mes côtés directeur du site atlantico éditorialis pour pour sens public alors ce n'est pas la toute première fois que l'Union européenne parle de ce statut de membre associé je crois que ça avait déjà été évoqué pour l'Ukraine Hélène Conway-Mouret 1 qu'est-ce que vous en pensez 2 est-ce que c'est une bonne idée de le proposer au Canada ? Alors personnellement je je pense que c'est une excellente idée après légalement ça n'a pas vraiment de sens enfin ça ne repose rien mais je crois
que nous sommes tous tellement sous pression que nous avons besoin d'être un peu créatif et que finalement sur le plan institutionnel eh bien en effet on peut penser que nous avons des membres associés et que le canada sera le premier pays qui pourra finalement bénéficier de ce statut accréé sur le plan légal, mais je crois aussi que c'est un changement radical pour les Européens de nous éloigner de la conception du marché unique qui a fondé de de fait, l'Union européenne, en forçant les pays européens à coopérer sur le plan économique, en pensant qu'ils n'auraient plus envie de se faire la guerre, ce qui est quand même une autre
histoire européenne depuis depuis toujours, et qu'aujourd'hui on regarde ailleurs, beaucoup plus loin, vers des pays amis qui partagent les mêmes valeurs que nous, qui sont aussi membres des mêmes instances internationale, le G7, l'OTAN. Voilà. Et qui, finalement, nous permettrait, dans un monde idéal, de revenir à un équilibre des principes démocratiques qui, aujourd'hui, semblent nous échapper. Alors on l'a vu dans notre sujet, Frédéric Arnoux, il y a eu une surprise quand Ursula von der Leyen a fait cette proposition. Comment ça a été accueilli au Canada ? Ça a été bien accueilli du fait qu'il y a une énorme réactivité canadienne anti-Trump.
C'est-à-dire que le Canada a besoin d'écouler ses produits, on est en plus... On a vraiment été échaudés par tous les propos de Trump depuis plus d'un an maintenant et donc les Canadiens se sont vraiment ralliés vraiment à la cause, on va pas dire l'Union européenne mais de ce qui est proposé, ce qui est sur la table, qui est très embryonnaire évidemment parce que bon d'abord on ne sait pas ce que ça voudrait dire effectivement. C'est une page blanche en fait qu'il va falloir écrire et après il faudra évidemment que les membres de l'Union européenne, si on arrive à ce niveau-là, qu'ils se prononcent ici là-dessus. Et du côté canadien c'est la même chose donc pour l'instant on est positivement, on accueille positivement cette idée après le diable est toujours dans l'idée
qu'est ce que ça veut dire je pense que les canadiens sont en arrière de monsieur carnet pour ça mais on voudrait pas voir par exemple des contraintes européennes de rentrer dans certaines réglementations souvent qu'on regarde avec c'est tellement compliqué l'europe mais pour l'instant je vous dirais qu on est assez intéressé à ce qui se passe c'est toujours intéressant maude caissard parce que ça pose question sur la stratégie de donald trump est-ce que c'est pas son agressivité qui pousse l'europe à ouvrir les bras à ce point au canada alors évidemment comme on vient de le rappeler à l'instant la réaction anti-trump elle n'a pas attendu septembre 2026 puisque dès janvier 2025
on n'y a pas réfléchi cet été ou depuis davos on y réfléchit depuis janvier 2025 du fait du retour de trump à la maison blanche et nous discutons ici avec un partenaire qui est certes extra-européen comme madame la sénatrice le Et ce qui est nécessaire pour l'Europe, de s'ouvrir à des partenariats extra-européens. Mais c'est un partenaire qui fait partie des 32 pays de l'OTAN avec lequel on combat sur le sol européen dans le cadre de la guerre en Ukraine, avec lequel on a l'occasion de discuter, et surtout qui a besoin, même si on est une puissance régulatrice et donc normative, qui pourrait faire peur à un partenaire nord-américain. Nous parlons l'anglais et le français, deux langues dans lesquelles nous pouvons
nous entendre pour aussi faire face au baron de la tech en matière de régulation du numérique. On entendait dans le titre d'ailleurs Mac Carnet qui posait un peu les principes de sa résistance à Trump en français et en anglais. Il y a toujours les deux langues dans les discours officiels du Premier ministre. Oui, ce sont les deux langues officielles. C'est sûr que M. Carnet a peut-être un peu plus de difficultés en français parce que c'est un banquier qui a passé sa vie vraiment du côté canadien-anglais et ensuite au Royaume-Uni. Mais oui, c'est une tradition. Je pense que ce serait très mal vu qu'un Premier ministre canadien ne se rende pas dans des grandes réunions comme ça et ne parle pas le français. – Espérons que ça ne se perde pas. Jean-Sébastien Ferjou, première intervention.
– Il fait l'air que le diable est dans les détails, mais effectivement le diable est dans les détails. J'en parlais avec quelqu'un qui a été directeur général du commerce à Bruxelles, Jean-Luc Demarty, et qui me disait en réalité des discussions avec le Canada, on en a depuis longtemps. Depuis 2007, on a engagé des discussions, alors pas sur le terrain juridique que semble envisagé là Ursula von der Leyen. Il y a un partenariat stratégique qui a été engagé aussi depuis 2017, et puis il y a le CETA, vous savez, le fameux traité de libre-échange, sauf que le fameux traité de libre-échange qui est entré en vigueur provisoirement. Provisoirement, il y a 10 États de l'Union européenne qui ne l'ont toujours pas ratifié, parmi lesquels, devinez qui ? La France. Exactement.
Donc effectivement, on peut, face à Donald Trump, ne plus distinguer les problématiques qu'il y a sur la route, mais quand on se remet à regarder le dossier en tant que tel, on voit que ça n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Effectivement, c'est vrai que c'est un peu l'éléphant dans la pièce, l'accord commercial, le CETA. On a l'impression qu'il ne faut surtout pas en parlé en ce moment. Non, mais de fait, il est actif, puisque je regardais les chiffres, on peut les nommer. Il entre en vigueur provisoirement et il est très en faveur de la France. De 32 milliards d'échanges il y a 10 ans, on n'est passés à 170 milliards cette année. Voilà, on peut en effet s'attacher, mais moi je voudrais revenir sur un point qui est essentiel, qui est le point de l'identité.
L'identité canadienne qui est basée en effet sur le bilinguisme, sur le multilatéralisme et sur toutes ces convictions qui ont quand même fait que le Canada a envoyé en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale des jeunes canadiens se battre pour nos valeurs démocratiques. Aujourd'hui, je crois que nous nous retrouvons aussi sur ce plan-là... Peut-être que c'est une erreur que Donald Trump a faite en attaquant le Français, en disant vous deviendrez un Etat américain mais vous allez vous débarrasser du Français, c'était dans la foulée. Mais je crois que ces éléments-là sont en fait incroyablement importants quand on touche à l'identité des personnes, on touche au cœur des choses. Alors il y a eu une incarnation de ce rapprochement là, il y a 48 heures,
c'était ce dimanche puisque le Premier ministre canadien et le président français se sont affichés côte à côte. C'était à Saint-Pierre-et-Miquelon. On écoute Emmanuel Macron. Mais ce que nous avons surtout décidé, c'est qu Ensemble, nous allons, en lien très étroit avec la collectivité et ses élus, demander à nos deux gouvernements de travailler à un rapprochement profond entre nos deux pays, en matière de pêche, en matière de sécurité et de missions communes, en matière d'énergie. Dans tous les domaines où nous pouvons trouver un agenda qui soit positif pour le Canada et pour la France, qu'il soit pertinent pour Saint-Pierre-et-Miquelon et pour votre pays.
Alors je vais me concentrer sur l'énergie, ça fait le lien avec le premier débat de notre émission et ça rejoint une question qui nous vient d'Amiens, Jean-Claude, qui dit « Le Canada possède la troisième plus grande réserve de pétrole ». J'espère qu'il ne se trompe pas. Pourrait-il être une solution à la crise que nous vivons ? C'est quoi les échanges en matière énergétique et qu'est-ce qui pourrait se passer ? On essaie d'être un peu concret. Le statut de membresse aussi, on a bien compris qu'on était plutôt dans le symbole pour l'instant que dans la réalité. Qu'est-ce qui pourrait changer concrètement entre la France et le Canada dans les prochaines semaines C'est sûr que, quoi qu'il arrive, les États-Unis vont malgré tout demeurer le partenaire économique numéro 1 du Canada.
Ça, je pense que ça ne changera pas de sitôt. On peut diversifier. Si on prend par exemple l'exemple du pétrole, on a 4 millions de barils de pétrole brut qui traversent du Canada vers les États-Unis chaque jour. Donc c'est quand même important. Si on parle de ce qui se passe avec l'Europe, je pense qu'on est à 100 000 barils par jour. Donc on est quand même dans un ordre de grandeur complètement différents. Après, je pense qu'il faut effectivement développer ses marchés. Monsieur Carney a essayé de le faire avec l'Inde, avec la Chine, avec différents produits. Là, l'Union européenne est un peu dans la ligne de mire canadienne. Après, encore une fois, ça ne se fera pas du du jour au lendemain, comme ça, juste d'un claquement de doigts.
Mais je pense que ça pourrait effectivement essayer d'alléger peut-être certains problèmes de ressources énergétiques. C'est la même chose pour les mineurs et critiques, les terres rares aussi. Je pense qu'on a énormément de choses qui ne sont pas encore exploitées et qui pourraient effectivement diminuer la dépendance européenne, par exemple, à la Chine, qui dépend énormément de ce genre de produit-là. Donc tout est sur la table, encore une fois, mais ça prend du temps, ça prend des infrastructures, ça prend énormément de volonté aussi des deux parts, des deux côtés. – Maud Kessa, vous voulez intervenir ? – On l'a vu, c'est presque ces deux dernières années, donc Européens comme Canadiens, on est sous pression sur les questions
commerciales parce que donald trump a arsenal isé les outils économiques et les fameux tarifs douaniers je n'aime pas employer ce terme je dirais parce que je trouve qu'il est emprunté de l'anglais donc dans les droits de douane ça fonctionne très bien mais donc en étant plus unis ou plus rapprochés canada et union européenne on représente deux immenses marché pour les états unis et donc si on fait ce qui ce qu'a fait le premier ministre canadien cet été et qui semblait être quand même une première forme de mise en oeuvre du discours de davos qu'il a eu et qui a été fort remarqué sur la puissance possible des puissances moyennes
le canada les pays d'europe peut-être des pays d'asie en mettant en place des mesures de rétorsion vis-à-vis des états unis là on a un effet de levier qui est possible et je ne traduis pas leverage de l'anglais, mais il est majeur. Et effectivement, nous, en relation internationale, on appelle ça la couverture de risque, le hedging, et on va au partenaire le plus offrant. On ne peut pas toujours être dépendant des mêmes gros acteurs et c'est ça notre force ou la notre prise de conscience oui mais maintenant on a bien pris conscience là maintenant on a bien pris tout ça on est d'accord jean-sébastien fleur oui moi je suis entièrement d'accord il y a des intérêts objectifs parce parce que le Canada et l'Union européenne se rapprochent, que ce soit en termes de valeur
ou en termes économiques. Mais vous le disiez, tout ça prendra du temps. Les États-Unis absorbent 75 % des exportations du Canada. Donc de toute façon, les filières économiques, elles existent. Il y avait eu les traités de libre-échange pour le coup dans la zone économique nord-américaine. Enfin, les économies elles ont été intégrées. D'ailleurs, il y a des élus républicains qui ont dit à Donald Trump attention parce que moi, dans ma circonscription, il y a Bombardier qui produit. Donc cette réalité physique de l'économie. Moi je veux bien qu'on ait tous les discours au niveau des valeurs qu'on veut, mais enfin elle existe quand même et ça prend du temps. Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire.
Moi je pense qu'il y a des choses à faire et qu'il faut ratifier d'ailleurs le fameux CETA, mais n'allons pas nous entretenir de l'illusion que ça se fera d'un claquement de doigts, d'autant qu'il y a les midterms et qui sait justement où on sera. Parce que le Canada c'est un pays compliqué aussi, on parlait d'énergie, l'Alberta, qui est l l'État canadien dans lequel est produit justement le fameux pétrole, mais il y a un mouvement autonomiste voire indépendantiste en Alberta. Aussi les Québécois sont à nouveau en train de vouloir. Donc voilà, c'est une situation qui est complexe. L'épouvantail Donald Trump fait encore une fois oublier beaucoup des aspérités, mais elles existent. Alors l'épouvantail Donald Trump et puis l'agressivité du président américain.
Alors il y a cette guerre commerciale sur effectivement les droits de douane qui on est en plein dedans avec une réponse canadienne qui est très forte depuis plusieurs semaines. Écoutez l'une des dernières déclarations du président Donald Trump là-dessus qui menace de cesser tout commerce avec son voisin. Nous économiserions entre 60 et 90 milliards de dollars par an rien qu'en ne commerçant pas avec le canada or le canada serait dans de beaux draps je ne pense pas qu'ils existeraient encore parce qu'encore une fois ils font 95 % de leurs affaires avec nous donc si je dis que nous n'allons pas commercer cela veut dire que 95 % de leurs affaires disparaissent alors qui aurait le plus à perdre c'est un peu la question qu'on a envie de se poser par exemple pour moins
commercer avec le canada elle Donald Trump a annoncé qu'il était prêt à acheter des engrais au Biélorusse, le premier allié de Vladimir Poutine. Qui a le plus à perdre, d'après vous, dans cette guerre commerciale ? Je crois que les Etats-Unis n'ont beaucoup pas à perdre et perdent malheureusement aujourd'hui parce qu'en fait, ils s'attaquent à ses alliés en priorité, on le voit. Ils nous malmènent tous, ce qui a quand même un effet plutôt positif de nous rapprocher. Alors je comprends bien que cela va prendre du temps quand, en effet, nous avons un échange asymétrique. Je crois que nous sommes le deuxième fournisseur du Canada, mais le Canada est le douzième pour l'Union européenne. Donc on voit qu'il y a une asymétrie absolument terrible et que, bien évidemment, cela va prendre du temps.
Mais en même temps, vous regardez la vitesse à laquelle se font les choses, même l'Union européenne, franchement, en 5 ans... Le monde change. Donald Trump a fait Et aujourd'hui, le Canada, par exemple, bénéficie de SAFE, le programme de sécurité et de défense, fait partie de la coalition des volontaires. Et donc nous avons à tous les niveaux des choses qui se passent qu'on aurait pensées inimaginables il y a quelques années et pourtant ça se fait. Donc moi je ne parie pas sur le fait qu'on n'y arrivera pas et que sous pression... C'est pas ce que disait, je sais bien, ils disaient que ça prendra du temps. Oui, bien sûr, ça prendra du solution magique, notamment sur l'énergie. Mais pourquoi ne pas investir dans le moyen terme plutôt que de se dire il faut que ça soit dans le court terme
et que tout se passe maintenant ? Il y a deux aiguillons majeurs. Il y a deux aiguillons majeurs dans cette accélération en fait et dans ces transformations qu'on a des différentes puissances et de la puissance européenne aujourd'hui. Le premier c'est sans doute Donald Trump que l'on voit comme un prédateur et qui agite aussi beaucoup et d'abord les questions commerciales et de sécurité. L'autre accélérateur ça a été quand même Vladimir Poutine avec la guerre sur notre continent et ça, ça accélère aussi la transformation et la vitesse avec laquelle on peut s'adresser à nos partenaires. Et dans ces partenaires, j'y reviens, on a le Canada ici. Donc on a déjà expérimenté notre coopération dans l'OTAN. Et aujourd'hui, là où on accélère et on doit
accélérer notre non-dépendance vis-à-vis des Etats-Unis et dans ce conflit en particulier, sur la question des infrastructures de renseignement. Le renseignement, c'est quand même le nerf de ce conflit et de tous les conflits on est très dépendant des états unis les canadiens aussi aujourd'hui si on a un partage de valeurs communes et bien ça c'est un accélérateur dans la guerre et c'est un moteur pour le reste ce que je veux dire ici c'est ce que je veux dire ici c'est qu'on ne peut pas penser commerce d'un côté, sécurité de l'autre. Les deux marchent ensemble et chacun des leviers doit être activé en même temps en comprenant que secteur par secteur, on a déjà mis en place un certain nombre de solutions qui sont très pragmatique et qui avance à mesure que nous marchons double
question frédéric arnaud effectivement la dépendance militaire du canada vis-à-vis des tanniers et puis d'une manière générale est ce que dans cette guerre commerciale c'est pas le canada qui a le plus à Je crois que le ministre canadien des Finances reconnaît que ses droits de douane représentent un défi sans précédent. C'est sûr, parce que ça met énormément de tensions sur certains secteurs de l'économie canadienne, que ce soit par exemple en Ontario qui est la province la plus populeuse, c'est le secteur de l'automobile. Donald Trump voudrait que tout soit construit aux Etats-Unis. C'est un peu la pensée magique, sauf que ça n'est pas possible. On ne revoit pas une réindustrialisation américaine qui peut se faire comme ça du jour au moment.
Mais de toute façon, ils auraient beaucoup de difficulté à recruter des gens aux conditions salariales qui ne font pas le poids face à ce que les producteurs chinois vont faire. Tout à l'heure, on entendait M. Trump qui disait « On peut prendre l'engrais Bélarusse, la Biélorussie, etc. » Non, c'est absurde. D'abord, c'est la Saskatchewan qui est le plus grand producteur. C'est l'état voisin de l'Alberta. Saskatchewan, ça fait beaucoup de points au Scrabble. Retenez-le. Mais il reste que la potasse... Le... Le... Lukashenko, le président de la Biélorussie, l'a dit qu'on n'a pas assez pour produire pour nos marchés actuels. Donc on ne peut pas se servir. Mais Donald Trump dit énormément de choses et parfois son contraire. Mais il ne vérifie rien parce que c'est la pensée magique.
Lui, tout va être réglé comme ça. C'est C'est la même chose quand il dit qu'on n'a plus besoin du bois d'oeuvre canadien. On va en faire chez nous. Non, d'abord, ils n'ont pas les ressources suffisantes. L'aluminium, c'est la même chose si on refusait aujourd'hui de livrer l'aluminium aux Etats-Unis. Mais on a énormément d'industries qui s'arrêtent parce qu'ils ne produisent pas suffisamment. Donc, cette espèce de pensée magique d'avoir des solutions simples à des problèmes complexes, ça marche avec une partie de son électorat. Mais la réalité est tout autre. Ça ne marche pas. C'est pour ça que je disais que les Américains ont plus à perdre que tout le finalement dans ce moyen terme oui mais enfin quand même on ne fait pas le poids au niveau
économique et au niveau militaire c'est sûr on devrait s'inspirer quand même des réactions canadiennes parce que il ya quand même un certain courage dont nous manquons terriblement en Europe. On ne va pas rejouer l'épisode écossais. Mais enfin, quand même, aujourd'hui, le Canada, comme les Chinois auparavant, disent, voilà, droit de douane, nous aussi, voilà ce qu'en récorsion. – Oui, ils ont répliqué en augmentant les droits de douane sur les produits américains. – On ne peut le faire que quand on se sent fort. Les Européens continuent à avoir ce complexe de fragilité. Alors, en matière de défense, bien évidemment, si nous n'avions pas la guerre en Ukraine, ça serait peut-être un peu différent, mais quand même. Mais cette guerre d'usure, c'est beaucoup de bluffs aussi entre
les deux hommes dans le fond. Et Carnet regarde, je répète souvent, mais le calendrier en se disant début novembre, il y a des élections de mi mandat. Si Trump perd une voire deux chambres, déjà c'est beaucoup plus compliqué pour lui pour essayer de faire avancer ses projets de loi qui n'avanceront pas parce qu'en fait, si les démocrates reprennent malgré tout le contrôle d'une ou deux chambres, on vient un peu de lui couper l'herbe sous le pied et la pression internationale, la pression politique des états démocrates en plus qui dépendent beaucoup de l'économie américaine, il va se faire dire bon ben il faudrait peut-être un peu changer d'attitude. D'ailleurs je vous donne la parole juste pour info, les enjeux des midterms,
ce sera le thème d'un débat de l'émission jeudi en seconde partie de l'émission. Jean-Sébastien ensuite mot de question. D'autant que Donald Trump oublie, il voulait que le Canada devienne le 51ème état américain mais alors là il est sûr que les démocrates auraient la majorité ad vitam aeternem si on regarde la sociologie politique canadienne. Mais je crois qu'il oublie un point sans doute plus important parce que je ne pense pas qu'il croit réellement à cette possibilité d'annexion, c'est aussi la Chine dans l'équation, parce que le Canada entretient beaucoup de liens avec la Chine. Quand vous regardez pour le coup la Colombie-Britannique, Vancouver, c'est une ville où l'économie est quand même très intégrée avec la Chine et c'est peut-être un point que les Européens oublient aussi parce
qu'encore une fois la réalité elle est complexe et donc oui nous avons un intérêt stratégique mais ça n'est pas parce que nous avons un intérêt stratégique, un ennemi comment ou en tout cas un épouvantail comment à l'heure actuelle que ça efface tous les obstacles qu'il peut y avoir sur la route. Est-ce que Maud Kessa, les Etats-Unis sont en train de perdre des alliés finalement au fur et à mesure de cette guerre commerciale et la durée de cette guerre commerciale ? Et c'est tout le paradoxe de la puissance américaine d'aujourd'hui, c'est que la puissance américaine a construit cette même puissance sur les alliances et que Donald Trump, comme vous l'avez dit en préambule, Madame la Sénatrice, tape sur les alliés en permanence à commencer par le Canada et les Européens qu'il déteste.
Mais il y a un point que vous avez soulevé que j'ai trouvé extrêmement intéressant et qui est une grille de lecture aussi. Vous avez dit que ça n'est pas magique, ça ne se fait pas comme ça. Il faut quand même comprendre que Donald Trump vit dans un monde assez imaginaire, celui Celui de la toponymie qu'il refait, celui d'un projet de fonds de puissance qu'il voit différente et celui d'alliance également qu'il revisite parce qu'il ne sait pas ce qu'est une charte. Il ne sait pas ce qu'est une alliance. Il ne sait pas ce qui est un contrat. Il ne sait pas ce qui est juridique. Et aujourd'hui, quand il annonce qu'il est venu à un accord sur le Groenland avec Danemark, là encore, dans les faits juridiquement, rien n
fait plus avant ou plus construit. Il ne connaît pas les termes de contrat. Il n'y a pas encore d'accord signé ? Ça n'est pas signé, mais c'est très avancé. C'est plus rassurant. Mais ce qu'il en dit n'est pas la réalité de ce qui se négocie. Allez, on va s'intéresser à la personnalité de votre Premier ministre, de Marc Carnet. Je vous propose de l'écouter. Il relativise quand même cette guerre commerciale. Il essaye de la replacer sur une frise chronologique.
Permettez-moi de dire ceci à nos amis américains, nous serons toujours voisins et le Canada restera le partenaire le plus important des États-Unis dans de nombreux secteurs clés. Après tout, même durant les périodes de désaccord au cours de notre longue histoire partagée, nous avons toujours maintenu des liens profonds.
Alors il est entré en fonction du Premier ministre canadien en mars 2025 et il se pose depuis en premier opposant à Trump, on va rappeler comment, avec Stéphane Duguay chronique tout de suite.
Puisque depuis qu'il a été nommé Premier ministre au Canada, Marc Carnet marque ses différences avec Donald Trump, comme Stéphane. Oui, il n'a pas vraiment eu le choix tant les provocations du président américain ont choqué le Canada. Quelques jours avant que Mark Carney devienne chef du gouvernement canadien, Donald Trump dégaine un long message sur son réseau Truth Social, entre autres annonces de surtaxe douanière, il écrit que la seule chose qui ait du sens c'est que le Canada devienne notre cher 51ème Etat. Une déclaration qui a été perçue comme une véritable menace. Évidemment et cette entrée en matière elle a donné le on tout de suite des relations entre les deux chefs d'Etat. Voilà, et Marc Carnet fait de cette opposition aux Etats-Unis à Donald
Trump une véritable marque de fabrique, sans fermer le canal de discussion avec le président américain. Le Premier ministre canadien l'a dit, il préfère nouer des alliances avec des partenaires fiables et il avait dénoncé en creux les agissements de donald trump c'était lors de son discours très applaudi au forum économique de davos en janvier écouté cela Cela signifie nommer la réalité, cesser d'invoquer un ordre international fondé sur des règles comme s'il fonctionnait encore comme prévu. Appeler les choses par leur nom, à savoir un système d'intensification de la rivalité entre les grandes puissances où les plus puissantes poursuivent leurs intérêts en utilisant l'intégration économique comme moyen de coercition.
Cela signifie agir de manière cohérente, appliquer les mêmes normes aux alliés et aux rivaux. Et il avait ajouté cette phrase qui a marqué les esprits. « Quand vous n'êtes pas à table, vous êtes au menu ». Oui, d'ailleurs, il a appliqué cette maxime lors des négociations pour prolonger un accord de libre-échange entre les États-Unis et le Canada. Et il a carrément décidé, lui, de quitter la table après plusieurs mois de négociations. Les conditions posées par l'administration Trump ne lui convenaient pas et qu'importe si 70 % des exportations canadiennes partent aux Etats-Unis, Marc Carnet assume le rapport de force et les taxes douanières de 50 % annoncés par Washington en représailles. On a tout ce qu'il faut pour rebondir et prospérer.
C'est vrai que toute action a un coût, mais ce coût n'est rien comparé à celui de l'inaction. Il est question de qui nous sommes en tant que Canadiens et Canadiennes. Et donc, on l'a déjà beaucoup évoqué, mais cette hostilité américaine l'amène à se rapprocher de l'Union – Voilà, vous l'avez déjà dit, le discours au Parlement européen, ce projet d'État associé de l'Union européenne, c'est aussi pour Marc Carnet marquer l'engagement du Canada pour l'Ukraine avec sa participation par exemple au sommet de la communauté politique européenne en arménie c'était au mois de mai marc carnet négocier aussi des accords commerciaux avec l'inde peaufine ses relations avec la chine bref ça résume bien sa
ligne directrice diversifiée pour mieux se protéger merci beaucoup Stéphane pour toutes ces infos sur ce discours de Davos, on en a entendu un extrait Frédéric Arnoux il a marqué peut-être l'opinion internationale, on s'est dit tiens voilà quelqu'un qui résiste à Trump et en interne au Canada notamment vis-à-vis de l'opinion des opposants politiques comment tout ça a été vécu mais en fait c'est marrant parce que Donald je veux dire Marc Carnet est celui qui a remplacé Justin Trudeau qui était un autre style un peu plus flamboyant peut-être moins sur la substance mais Marc Carnet quand on a su qu'il allait prendre la succession on se disait ok mais c'est un banquier des pragmatiques mais il n'y a pas vraiment de charisme en En fait, il ne l'a pas.
Et au fur et à mesure qu'on l'a vu à Davos et compagnie, on l'a vu grandir là-dedans. On l'a vu commencer à montrer une capacité à faire un peu du multilatéralisme à la carte avec plusieurs continents, plusieurs pays. Demain, s'il y avait des élections fédérales au Canada, il pourrait facilement remporter deux tiers des sièges du Parlement. Il est très populaire. Il est à 60 % environ d'opinion favorables, donc c'est quand même très rare qu'on voit ce genre de choses. Trump est à peu près à 29 % selon les derniers chiffres, donc il y a quelque chose d'assez important, évidemment pour les partis d 'opposition c'était un peu embêtant parce qu'ils se sont vus un petit peu phagocytés par cette espèce de mouvement en faveur de monsieur
Carné qui fait qu'aujourd'hui ils osent à peine aller contre ce qui est mis de l'avant par monsieur Carné parce que ce serait vu soit comme de la lâcheté ou bien de l antipatriotisme canadien et c'est ce qui est intéressant c'est de voir le sentiment d 'importance de la souveraineté canadienne on n 'avait jamais vu ça depuis des décennies il y a une fierté à l'être et à le défendre et donc aujourd'hui une opposition qui se rangent en arrière après ça toute chose peut changer on verra combien de temps ce statut un peu de rockstar va durer mais à un moment donné il va falloir qu'il livre la marchandise comme on dit donc il faudra des choses concrètes pour dire ok on avait le on a eu la bonne idée de s'opposer à trump d'attendre
de voir ce qui se passe on a eu la bonne idée de faire du multilatéralisme avec d'autres continents et pays mais il va falloir que ça produise des résultats concrets et qu'on ne voit pas justement que l'économie canadienne commence à en pâtir lourdement. Alors justement comment cet ancien banquier central un petit peu terne je vais employer ce terme là s'est transformé en symbole politique Jean-Sébastien ? En comprenant qu'on pouvait prendre donald trump à son propre jeu finalement 13 ans chez goldman sachs puis gouverneur de la banque du canada gouverneur de la banque d'angleterre au moment du brexit mark carnet vient vraiment du coeur de l'establishment financier donc a priori c'est pas vraiment le profil pour briller dans cette ère du clash qu'a inauguré le président américain.
Sauf que Mark Carney, il a transformé son impassibilité en piège à trolls, au premier rang desquels, évidemment, le président américain dans le bureau ovale, par exemple, Donald Trump lui parle d'absorber le Canada, McCartney ne se trouble pas, il lui répond pas droit international, il lui répond immobilier. Monsieur le président, vous savez très bien qu'il y a des propriétés qui ne sont jamais à vendre. Même mécanique en Europe, Trump l'a avalé au rang de gouverneur, il disait c'est le gouverneur de mon 51e état. Le voilà acclamé au Parlement européen, reçu en partenaire de premier plan, tout en ignorant superbement les écrits rageurs du président américain au même moment qu'essayait de capter son attention, mais il ne prenait pas la perche.
Vous l'avez dit, avec 60 à 70%, même par moment d'approbation à domicile, des soutiens en Europe, on s'est entendu, Jean-Luc Mélenchon, jusqu'à Libération, McCartney a su transformer son sans froid en ingrédient suprême de la provocation chère à Donald Trump. Et alors, derrière cette réussite, cette image, il y a aussi, selon vous, une forme d'ironie politique ? Oui, parce que ceux qui célèbrent sa résistance à l'impérialisme américain oublient un peu vite sa politique intérieure. Mark Carney n'a rien d'un héros du techno-progressisme pépère à l'européenne, libre-échange à part. En réalité, plusieurs de ses choix rappellent ceux de Donald Trump. Priorité à l'économie, énergie, affirmation nationale, remisage du walkisme au placard, il n'est plus exactement sur
le même terrain que Justin Trudeau. Il serait une bête noire en réalité pour beaucoup de ceux qui l'applaudissent en Europe. Justin Trudeau voulait augmenter la taxation des plus-values. McCartney a annulé la hausse. Il élargit les déductions fiscales pour l Il veut ouvrir à l'exploitation de 4 grands aéroports à des capitaux privés. Il vise 40 000 postes de fonctionnaires fédéraux de moins qu'en 2024. Il accentue aussi le resserrement migratoire engagé sous Justin Trudeau. Sur l'énergie, on On retrouve totalement l'esprit du « drill baby drill » de Donald Trump. Il a supprimé la taxe carbone fédérale sur les combustibles payés par les consommateurs. Son accord avec l'Alberta prévoit d'abandonner le plafond d'émissions pétrolières et gazières.
Son ministre du Pétrole en a démissionné, d D'ailleurs, alors officiellement, les objectifs climatiques demeurent, mais quand même les actes parlent. Donc moi j'en tire une leçon, si ce clash avec Donald Trump suffit à faire oublier tout le reste, peut-être que ceux qui patinent dans les sondages en France devraient essayer d'attirer la tension du président américain. – C'est un conseil pour les candidats à la présidentielle, il se placerait où Enlène Cohen-Mouret sur l'échiquier politique français Marc Carnet ? La droite libérale, la droite du fait libéral Oui, c'est un libéral. Son profil fait qu'il est tout à fait dans la logique de sa formation et des fonctions qu'il a exercées. Vous les rappeliez tout à l
Moi, j'ai fait un tweet cette semaine qui a été vu des milliers de fois. Voilà. J'ai dit qu'on peut être populaire sans être populiste. Et en En fait, il n'est pas populiste. C'est-à-dire qu'il suit une ligne économique qui est importante pour son pays. Je pense qu'il est suivi pour cela. Elle le serait ici aussi ? Elle le serait peut-être ici aussi, mais quand Quand même, aujourd'hui, je crois que c'est le sens, malheureusement, de la façon dont les sociétés doivent évoluer parce que nous avons un système social qui est très important pour nous, mais nous Nous avons des problèmes de financement aujourd'hui avec les finances publiques, notamment en France, qui sont en grande difficulté.
Et donc je crois qu'aujourd'hui on va peut-être voir justement une sorte de politique un peu plus libérale sur le plan économique qui va aller dans le sens de pouvoir financer le reste et je pense que si ce discours là était assumé peut-être qu'en effet il passerait un peu mieux mais juste un point quand même j'avais une amie très chère Denise Bombardier qui malheureusement est décédée aujourd'hui mais Denise comme monsieur Carnet quelque part pour moi incarne ce courage de dire les chose Denise avait dit des choses aussi à un moment très délicat pour nous sur un plateau de télé qui a été rappelé il y a quelques années c'était sur le plateau d'apostrophe voilà absolument où elle dénonçait les violences
sexuelles faites aux mineurs et tout le monde lui avait ricané au nez voilà et Denise avait raison et elle avait surtout le courage de le dire et de bousculer l'establishment d'alors aujourd'hui monsieur Carnet fait un petit peu ça alors je sais pas si c'est juste simplement monsieur Trump ou de résister à monsieur Je crois qu'il est en train de bousculer plein de choses. Peut-être en avons-nous besoin pour essayer de replacer un petit peu les priorités dans notre vie et de savoir ce qui est important pour nous et l'identité canadienne. Et j'ai déjà dit, l'est certainement. Votre avis, Maude Kessar ? Est-ce qu'on a une vision un peu biaisée de Marc Cartney ici en France ou en Europe ? Sans doute, mais en même temps, on a beaucoup de valeurs partagées
si on ne regarde pas que le programme économique de Cartney qui est intéressant et qu'on peut classer sur l'échiquier politique. Ce qui est particulièrement intéressant pour nous, c'est qu'aujourd'hui, on comprend bien qu'on est dans une sorte de choc des civilisations qu'on n'avait pas vu venir, c'est-à-dire que le renversement civilisationnel, il vient de personnes de notre propre camp. C'est GD Vence à Munich qui nous annonce que nous, on est en déclin en Europe et que nos valeurs, finalement, on n'en veut plus. Sauf que ce qui est en train de se passer avec ce rapprochement, ça, ça ne mettra pas du temps. C'est tout de suite ces démos, mais c'est aussi une façon de mobiliser les populations pour résister à une puissance prédatrice,
se réunir autour de valeurs qui sont des valeurs démocratiques. Au-delà de l'identité linguistique sur le français, ce que nous partageons avec les Canadiens, ce sont des fortes valeurs démocratiques. Vous rappelez la question de la souveraineté. Si la souveraineté canadienne est aussi bien défendue. Cela fait écho à bien des situations que nous vivons et sur le territoire européen et jusqu'au Groenland. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, en clair, se battre dans les mots pour la souveraineté, C'est un combat sans doute commun et c'est ça qui doit nous porter face aux puissances prédatrices qui menacent à l'Est comme à l'Ouest. L'image de Saint-Pierre-et-Miquelon tout à l'heure, si je ne me trompe, Donald Trump a aussi mis sous bannière américaine.
– Mais je ne pense pas qu'il savait que c'est intéressant. – Oui, voilà, c'est ça et donc, ouf, allez, c'était… Allez, le drapeau va jusque là. Si je parlais de vision un peu biaisée de Marc Carteney, il y a peut-être, vous l'avez un peu évoqué tout à l'heure, mais ça m'intéresse de vous entendre un peu plus en détail là-dessus, la façon dont les Canadiens voient l'Union Européenne et sa capacité à créer de la règle ou de la norme. C'est un cliché de dire que l'Union Européenne s'est toujours très compliqué. Je veux dire, les petits capuchons de bouteilles déjà, c'est un exemple. Et puis quand on vient ici en Europe, on se dit mais qu'est-ce que c'est que ce truc enfin ? C'est embêtant d'essayer de boire la bouteille. Oui mais ça permet de ne pas y retrouver sur les plages.
Non mais exactement. Mais c'est un exemple assez visible de cette réglementite aiguë parfois. Et donc au Canada, on est quand même relativement nord-américain, même si on a énormément d'attaches européennes. Il reste que ça vient comme un peu compliqué certaines affaires. Et c'est pour ça qu'il y avait des crêtes au début en disant peut-être qu'on pourrait se rapprocher de l'Union européenne. Oui, mais ça marche déjà tellement mal, cette famille un peu dysfonctionnelle vue de notre point de vue, l'Europe. Et en plus, là, par exemple, madame Ursula von der Leyen, qui n'est pas quelqu'un qui est très aimé, on va le dire, d'une certaine partie de l'électorat en Europe. C'est elle qui a quand même dit assez oui rapidement à Donald Trump. Et là, elle se met un peu sous l'égide de M. Carney,
qui lui est celui qui a dit non dans le fond. Donc c'est un peu ironique, je pense, de voir ça. Mais encore une fois, les liens Canada-Europe sont là. Je pense qu'on a... C'est très clair. Mais on se dit à quoi ça nous engagerait d'être un peu un membre associé ? Est-ce que, bon, c'est un peu une sorte de chose qu'il faut absolument suivre, etc. Et en fait, on se dit mais dans le fond, peut-être que certains états européens se se dirait mais moi aussi je préfère avoir le statut de membre associé, c'est moins contraignant et moins compliqué. Donc peut-être qu'il va donner des idées à d'autres, je ne sais pas, mais en tout cas à certains partis… – Il faut qu'il avait géré le Brexit, justement. – Oui, ben voilà. – Il a eu une gouverneure de la Banque d'Angleterre au moment du Brexit.
– En même temps, il est bien Il faut bien réinventer les normes et le cadre normatif parce que Trump fait quand même partie d'un pays et c'est toute l'ironie de ce qui est en train de se passer aujourd'hui à New York, qui a fondé un ordre international qui est en train d'être renversé par le pays même qui l'a créé. Donc si nous, partenaires canadiens et européens, on n'est pas obligés de penser, pas forcément dans l'urgence, mais de se mettre au travail pour garantir un ordre international qui fonctionne bien et pas parce que l'escalator des Nations Unies ne marche plus ou parce que le marbre vert ne convient pas. C'était son discours de l'an dernier, ça. Exactement, qui nous avait déjà posé le décor. Ce décor ne lui convient pas, mais nous, les règles que nous avons voulu imposer,
dont nous avons besoin pour vivre ensemble, elles sont importantes. Pas simplement pour pinailler sur des questions commerciales, mais pour avoir... Les règles sanitaires aussi pour protéger la santé des jours. Voilà. Allez, un dernier chapitre, si vous le voulez bien, et j'utilise la question d'un téléspectateur Jean qui nous écrit de Paris. Pourquoi Trump passe-t-il son temps à essayer de renommer des endroits et des pays ? Est-ce par simple provocation ? Y a-t-il un but ultérieur ? Je vais vous poser cette question, mais d'abord on écoute le Premier ministre de l'Ontario qui s'appelle Doug Fort et qui réagit à cette volonté du président américain de rebaptiser le lac Ontario, lac d Amérique. Je me trouve ici sur les rives du magnifique lac Ontario,
joyaux de notre province et de notre pays.
Vous avez peut-être entendu dire que le président Trump essaye de renommer ce lac simplement parce qu'il n'aime pas voir l'Ontario et le Canada se défendre. Mais soyons sérieux, bien avant le président Trump, ce lac s'appelait le lac Ontario. Et bien longtemps après que le président Trump sera parti, il s'appellera toujours le lac Ontario. Mais au cas où le président Trump ou qui que ce soit d'autre l'oublierait, nous avons installé ce panneau pour leur rappeler que c'est le lac Ontario maintenant et pour
Le message est clair, le message est passé. Comment vous analysez cette obsession de Donald Trump pour les cartes renommées sous bannière américaine, un certain nombre d'îles, de lacs, voire de pays. C'est de la provocation ou il y a effectivement une stratégie derrière ? Non, je pense que c'est sa vision du monde, enfin, sa vision qu'il espère, c'est-à C'est-à-dire d'avoir les Amériques comme un bloc. Et d'ailleurs, ils s'occupent beaucoup aussi de l'Amérique latine. Ce n'est pas le débat ce soir, mais enfin, on pourrait en parler un jour. Il y a quand même des changements phénoménaux au niveau politique sur ce continent-là, et je crois que c'est sa vision quand il inclut Saint-Pierre-et-Miquelon.
Il ne sait pas que c'est un territoire français, ce n'est pas une colonie française, ça appartient à la France. Voilà. Et donc, je pense que c'est sa vision du monde telle qu'aujourd'hui, on peut se demander pourquoi Vladimir Poutine veut envahir l'Ukraine et prendre l'Ukraine. On pense que son pays est suffisamment grand, qu'il y a suffisamment d'espace et qu'il n'aurait pas besoin d'aller... Ça fait partie de ces ambitions impérialistes d'un certain nombre de leaders. Aujourd'hui, ils ne sont pas les... M. Erdogan a parlé plusieurs fois de l'Empire ottoman aussi avec l'envie... Bon, pour l'instant, les Turcs ne sont pas dans cette logique-là. Mais enfin, sur le plan économique, ils le sont. Vous voyez, c'est Taïwan avec la Chine. Alors il n'est pas isolé de notre
Il me resterait peu de temps et tout le monde me prend la parole. Notre qui est ça, pour commencer ? Effectivement, ce projet, alors c'est pas parce que simplement Trump renomme et que c'est facile et qu'on a le golfe de l'Amérique au nord comme au sud renomme tout ça mais ça s'inscrit dans sa fameuse doctrine d'Honro, la doctrine Donald Trump qui est une façon de renommer le corollaire du président Théodore Roosevelt à la doctrine Monroe qui dit simplement toute l'hémisphère occidentale de la terre de feu au grand nord serait donc sous influences américaines, l'idée étant surtout d'écarter tous
les compétiteurs et historiquement c'était d'abord les européens aussi qu'on voulait écarter de manière très intéressante, voilà. Donc ça s'appelait la doctrine Monroe et Donald Trump, la renomme la doctrine Dunro de Donald, on a bien compris. Parce que pour ceux qui n'y avaient pas suivi ça peut être un peu complexe. C'est ce qui est dans les fameux documents stratégiques, si vous me demandez s'il y a une stratégie derrière, une stratégie ça se bâtit sur des documents stratégiques qui sont publics. L'administration Trump en a sorti. De ma mémoire d'historienne, je n'en avais jamais vu des comme tels qui étaient même illustrés pour la stratégie de non pas de sécurité nationale mais de défense nationales, surtout en ce qui concerne effectivement les territoires d'Amérique latine qui étaient
représentés avec des cactus au sud et des igloos au nord. Ce sont des documents plus faciles à lire pour l'ensemble de la population. Ça pouvait être niveau CM2, si je comprends bien. C'est plus facile à lire. Merci beaucoup. C'est moi qui l'ai dit, ce n'est pas vous. Merci beaucoup. Merci à tous d'avoir participé à ce débat. J'ai rappelé les titres de vos livres. Maude Kessar, la puissance sans en principe, aux éditions du Seuil et Frédéric Alnoud. C'est aussi ça l'Amérique, aux éditions Québec-Amérique. Merci encore à très bientôt sur l'antenne de Public Sénat. Je vous dis à demain, 18h, 22h. D'ici là, nos débats sont disponibles sur publicsénat .fr ou en podcast. Et notez que demain, c'est Sébastien Martin, le ministre délégué chargé de l'industrie, qui sera l'invité d'Oriane Mancini
dans notre matinale. Belle soirée ! – Merci beaucoup. – Merci.