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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 septembre 2018 24 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEurope & internationalEnvironnement & énergie

Benoît Hamon : "La classe politique est beaucoup trop déconnectée des solutions proposées par les Français"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse partielle

    Est-ce que sur la pauvreté, vous reconnaissez qu'il prend le problème à bras le corps ?

  • 2:11ComplaisanteÉludée

    Vous avez vu un hommage ?

  • 2:35RelanceRéponse directe

    Le revenu universel d'Emmanuel Macron n'a rien à voir avec le vote, puisque pour l'instant, c'est une fusion des différents minima sociaux.

  • 3:33RelanceRéponse partielle

    Les associations de lutte contre la pauvreté ont toutes salué ce plan. 8 milliards d'euros. Vous n'êtes pas capable de dire que c'est déjà bien ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Jean-Michel Blanquer était dans ce studio il y a quelques instants. Plus 850 millions d'euros pour le budget de l'éducation nationale, 1800 postes supprimés. Quelle est votre réaction ?

  • 8:17OuverteRéponse directe

    Dans le cadre de la loi Pacte, un amendement veut imposer aux entreprises de publier les écarts de salaire. Est-ce que vous le soutenez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Benoît HamonFait
    « Non, je ne crois pas, pas assez en tout cas. »
  • 1:35Benoît HamonFait
    « Le non-recours au RSA conduit près d'un tiers des personnes éligibles à ne pas avoir ce RSA, ces quelques centaines d'euros sur leur compte en banque. »
  • 1:47Benoît HamonChiffre
    « 5 milliards d'euros d'économie sur le dos des pauvres. »
  • 1:52Benoît HamonChiffre
    « 5 milliards d'euros d'économie par an, c'est l'observatoire, je crois, des non-recours qui donnait ce chiffre. »
  • 2:43Benoît HamonFait
    « Non seulement il n'est pas universel, ce qui est le premier mensonge, mais en plus il est conditionné à une activité. »
  • 3:09Benoît HamonFait
    « Je rappelle, et notamment aux auditeurs de France Inter, que dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, qu'on s'honore de respecter, il y a un article 25 qui prévoit qu'on ait tous le droit à l'habillement, à la santé, à la sécurité, au logement. »
  • 5:36Benoît HamonFait
    « D'abord, le budget évolue, juste parce que la masse salariale évolue. »
  • 5:51Benoît HamonFait
    « Aujourd'hui, vous avez des classes à 30-35, dans la filière technologique, en lycée. »
  • 6:56Benoît HamonChiffre
    « 8100 heures à l'école en primaire, en France, contre 7500 en moyenne dans l'OCDE. »
  • 8:44Benoît HamonChiffre
    « On a aujourd'hui des écarts absolument insupportables dans le secteur privé qui peuvent aller de 1 à 100, à 200, à 300. »
  • 11:26Benoît HamonFait
    « Je considère qu'au moment où les nationalismes montent partout, je pense qu'il n'y a pas de solution qui passerait par la sortie de l'Europe qui puisse être favorable aux citoyens français. »
  • 16:06Benoît HamonFait
    « Je pense qu'un président ne devrait pas parler comme ça. »
  • 16:49Benoît HamonFait
    « Est-ce que parce qu'il n'en a pas envie il ne veut pas travailler ? Non il a envie de travailler dans sa filière. »
  • 21:50Benoît HamonFait
    « Que redoute-t-il tellement pour vouloir que monsieur Benalla ne soit pas entendu par la commission d'enquête sénatoriale ? »
  • 22:32Benoît HamonFait
    « La cinquième république est de ce point de vue-là très immature, qui n'est sans doute pas à la hauteur des exigences de transparence de nos compatriotes. »

Temps de parole

  • Locuteur 473 %
  • Locuteur 511 %
  • Locuteur 28 %
  • Locuteur 33 %
  • Locuteur 63 %
  • Locuteur 12 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le fondateur du mouvement Génération, conseiller régional d'Île-de-France. Vos questions, 01 45 24 7000, les réseaux sociaux, l'application France Inter. Benoît Hamon, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand. Emmanuel Macron a présenté jeudi dernier un plan de lutte contre la pauvreté qui part de la petite enfance et de la jeunesse, s'instaure un revenu universel d'activité qui sera composé à terme de la fusion d'un maximum d'aides sociales. L'ambition, c'est d'éradiquer la grande pauvreté en une génération. Vous avez souvent fustigé, Benoît Hamon, un président des riches depuis l'élection d'Emmanuel Macron.

Est-ce que sur la pauvreté, vous reconnaissez qu'il prend le problème à bras le corps ?

0:47
Benoît Hamon

Non, je ne crois pas, pas assez en tout cas. Il y a 9 millions de pauvres, un peu moins, mais il y a 9 millions de pauvres en France. Cela supposerait une politique radicalement différente de ce qu'elle est. Pour commencer, je vais proposer une mesure qui, j'espère, pourrait être retenue dans le cadre de la concertation engagée par le président de la République, mais qui aurait un effet immédiat et un impact immédiat sur la pauvreté. Le président de la République le sait. Une des réalités de la pauvreté en France, c'est que ceux qui sont éligibles, qui ont droit aux minima sociaux, le RSA par exemple, n'en profitent pas, pourquoi ? Parce qu'ils ne le demandent pas.

C'est l'idée aussi de cette simplification. La simplification, ce n'est pas l'automaticité. Il n'a jamais été évoqué par le président de la République qu'il pourrait être fait en sorte que demain, une personne pauvre reçoive automatiquement le RSA. Le non-recours au RSA conduit près d'un tiers des personnes éligibles à ne pas avoir ce RSA, ces quelques centaines d'euros sur leur compte en banque. Et ça coûte, et en tout cas, pardon de le dire, mais les chiffres sont parlants, ça permet à l'État de faire 5 milliards d'euros d'économie sur le dos des pauvres. 5 milliards d'euros d'économie par an, c'est l'observatoire, je crois, des non-recours qui donnait ce chiffre.

Eh bien, si vous rendez automatiques les minima sociaux, vous avez là une mesure à impact immédiat sur les personnes les plus pauvres. Ça n'est pas aujourd'hui envisagé, mais j'entends aussi une autre musique de la part du président de la République. Il parle, bon, de revenu universel, tout le monde a compris que ce n'était pas très universel.

2:11
Invité

Vous avez vu un hommage ?

2:13
Benoît Hamon

Non, mais je vois que ce débat s'installe. Je vois que cette question qui faisait sourire, voire récaner, s'impose dans le débat public. Pas seulement en France, le président Obama venait à une prendre position en faveur du revenu universel. On voit que partout, on s'inquiète en tout cas des transitions dont je parlais lors de la présidentielle, c'est-à-dire l'impact de la révolution numérique sur le travail. Et la nécessité de penser notre protection sociale différemment.

2:35
Invité

Oui, sauf que le revenu universel d'Emmanuel Macron n'a rien à voir avec le vote, puisque pour l'instant, c'est une fusion des différents minima sociaux.

2:41
Benoît Hamon

Non seulement il n'est pas universel, ce qui est le premier mensonge, mais en plus il est conditionné à une activité. Et c'est là qu'il y a quelque chose de particulièrement problématique dans l'approche d'Emmanuel Macron. Conditionné à une activité. Est-ce que ça veut dire demain que le RSA, pour pouvoir y accéder, ou le revenu universel d'activité, suppose qu'on ait une démarche volontaire de formation, d'emploi ? En clair, une contrepartie.

Je rappelle, et notamment aux auditeurs de France Inter, que dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, qu'on s'honore de respecter, il y a un article 25 qui prévoit qu'on ait tous le droit à l'habillement, à la santé, à la sécurité, au logement. En clair, un droit fondamental à vivre correctement sans contrepartie. Et désormais, cette idée qu'il faille, pour les plus pauvres, montrer patte blanche, démontrer une volonté de s'en sortir pour pouvoir accéder aux minimas sociaux, c'est objectivement une vraie régression.

3:33
Invité

Mais Benoît Hamon, pardonnez-moi, les associations de lutte contre la pauvreté, ATD Carmonde, La Croix-Rouge, Le Secours Populaire, ont toutes salué ce plan. Laurent Berger de la CFDT a dit que ça va dans le bon sens. 8 milliards d'euros dans le cadre actuel, où il faut faire des efforts partout, où le déficit explose. 8 milliards d'euros. Vous n'êtes pas capable de dire que c'est déjà bien ?

3:52
Benoît Hamon

Non, mais on peut toujours se réjouir. Moi, je me réjouis qu'on puisse avoir demain des petits déjeuners gratuits, qu'on puisse avoir une restauration scolaire.

3:58
Invité

Est-ce qu'on ne peut pas commencer par dire, quand même, il a fait un geste ?

4:00
Benoît Hamon

Madame Salamé, les associations, elles ont raison de dire que c'est toujours mieux. Et elles prendront le verre au dixième plein, parce que c'est toujours un peu mieux. La réalité, c'est que ce plan n'éradique pas la pauvreté. C'est qu'il ne prend pas en compte la grande pauvreté. Pire, je vais même rajouter quelque chose, c'est qu'on constate qu'on a un système social plutôt efficace. Parce qu'il nous permet, justement, après transfert sociaux, d'être sans doute un des pays qui lutte le mieux contre la pauvreté. Or, c'est ce modèle social qu'Emmanuel Macron s'échine à remettre en cause.

Donc, on ne peut pas d'une main remettre en cause le modèle social qui fait qu'on a moins de pauvres en France, et de l'autre côté dire, je mets 8 milliards, et de devenir, du jour au lendemain, le président des pauvres. Emmanuel Macron n'est pas le président des pauvres. Il n'est pas, d'ailleurs, même le président de tous les Français, au sens où ils attendent que sa politique s'intéresse à leur pouvoir d'achat et à leurs conditions réelles de vie. Il a fait un choix politique, depuis le début. Il considère qu'en mettant le paquet sur les plus riches, par ruissellement, ça fera avancer la France. Ça ne marche pas. C'est inefficace.

Ça n'a pas les résultats en termes de croissance, pas les résultats en termes d'emploi, pas les résultats en termes d'inégalité, et ça n'en aura pas, je suis désolé de le dire, sur un point essentiel, la lutte contre la grande pauvreté.

5:08
Présentateur

Jean-Michel Blanquer était dans ce studio il y a quelques instants, plus 850 millions d'euros pour le budget de l'éducation nationale, 1800 postes supprimés, 400 postes administratifs, 1400 professeurs. En rééquilibrant, disait Jean-Michel Blanquer, l'effort de la nation sur l'école primaire, vous qui avez été ministre de l'éducation, quelle est votre réaction ce matin à ces annonces ?

5:35
Benoît Hamon

D'abord, le budget évolue, juste parce que la masse salariale évolue. Alors attention à ces ministres qui annoncent des augmentations de budget, simplement liées au fait que la masse salariale grandit, parce qu'avec l'allongement de la carrière, on paye davantage. Donc c'est un trompe-l'œil, il n'y a pas plus 850 millions. Prenons les choses telles qu'elles sont. Aujourd'hui, vous avez des classes à 30-35, dans la filière technologique, en lycée. En BTS, il n'est pas rare qu'on soit à 30-35. On commence à 35 et on finit à 25. Pourquoi ?

Parce qu'il y a si peu d'adultes pour encadrer, tant d'élèves, que certains élèves, notamment issus de la filière technologique ou pro, se découragent en cours d'année. La réalité, c'est que dans certains départements, on dépasse tous les quotas et qu'on n'étudie pas dans des conditions qui sont des conditions acceptables. Faire le choix aujourd'hui, dans l'éducation nationale, de mettre moins d'adultes, moins d'adultes, quand on sait qu'en primaire, en collège, en lycée, le nombre d'élèves par professeur, le nombre d'élèves par classe est au-dessus des moyennes de l'OCDE, ça n'est pas sérieux.

Je le dis à Jean-Michel Blanquer, c'est qu'il était un ministre qui se préoccupait des questions de la science. Il a dit, il faut quand même écouter les scientifiques. Il a fait, contre toutes les recommandations des chronobiologistes et de la science, sur le primaire. Il a remis en cause la réforme des rythmes scolaires et on va encore avoir les journées de classe les plus chargées qui soient dans l'école primaire. 8100 heures à l'école en primaire, en France, contre 7500 en moyenne dans l'OCDE. On a de meilleurs résultats ? Non.

7:03
Présentateur

Et donc là, les 1400 postes mettent en péril la totalité de l'édifice.

7:09
Benoît Hamon

Mais Nicolas Demorand, non, mais l'édifice, il ne va pas bien. En plus, vous rajoutez des supprimations de postes. Je rappelle que dans l'école primaire... Dans le secondaire, dans le secondaire,

7:18
Invité

il y aura plus de professeurs dans le primaire, il y a le dédéboulement des classes dans le primaire...

7:23
Benoît Hamon

Léa Salamé, tous les parents d'élèves ont connu l'année dernière et l'année précédente et cette année, la chose suivante. C'est qu'on n'a pas vu forcément de suppression de classe, mais on a vu que des adjoints administratifs avaient disparu dans les écoles. Ces fameux contrats aidés qui étaient plus de 400 000 en matière de lutte contre la pauvreté, passaient de 400 000 à 100 000, divisés par 4, qui concernaient des personnes modestes, mais qui travaillaient dans les écoles. Ils rendaient de précieux services. Donc, il y a eu déjà cette coupe-là dans l'éducation nationale. Alors, demain, on va supprimer des postes dans les collèges et dans les lycées.

Faut-il moins d'adultes à l'école aujourd'hui ? Je ne le crois pas. Est-ce qu'on peut accepter qu'on puisse étudier aujourd'hui en filière technologique, en filière pro ou en BTS avec 30 à 35 élèves ? Je ne le crois pas. Donc, je pense que c'est une mauvaise politique aujourd'hui que de considérer qu'il faut tout parier sur les heures supplémentaires.

8:17
Invité

Dans le cadre de la loi Pacte qui est actuellement en examen à l'Assemblée nationale, un amendement de la majorité veut publier, veut imposer aux entreprises de publier les écarts de salaire dans les grandes entreprises. Cet amendement est soutenu par le gouvernement. Est-ce que vous le soutenez également ?

8:33
Benoît Hamon

Oui, tout ce qui contribue à la transparence, je m'en réjouis. La réalité, c'est qu'il faudrait faire en sorte qu'on n'ait pas seulement l'information des écarts de salaire, mais qu'ils se réduisent. On a aujourd'hui des écarts absolument insupportables dans le secteur privé qui peuvent aller de 1 à 100, à 200, à 300, et il faudrait que cela se réduise. Bon, moi, je me réjouis qu'il y ait un amendement qui améliore la transparence. Je pense qu'il faudra avoir une politique qui réduise ces inégalités insupportables.

9:03
Présentateur

Au lendemain de la fête de l'humanité, on voit clairement que la gauche se prépare à aller profondément diviser aux élections européennes. Liste PC, PS, la France insoumise, Europe écologie, les verts, génération. Est-ce que, pour le dire très simplement, ça n'est pas suicidaire que de se préparer de cette manière-là à l'élection ?

9:26
Benoît Hamon

Bon, vous ne donnez pas le casting final. Vous dites où nous en sommes aujourd'hui. Je veux vous parler franchement. Je pense qu'on a deux difficultés à gauche aujourd'hui qu'il faut regarder honnêtement. La première difficulté, c'est une divergence idéologique importante entre Jean-Luc Mélenchon et moi, par exemple, sur la question européenne. Je ne crois pas aujourd'hui qu'il y ait des constructions heureuses de l'Europe. Je ne crois pas qu'on puisse envisager, en tout cas, je ne le souhaite pas et je ne le veux pas, une sortie de l'Europe comme une option sérieuse si l'Europe n'acceptait pas de changer les traités comme on le souhaite.

Je considère qu'au moment où les nationalismes montent partout, je pense qu'il n'y a pas de solution qui passerait par la sortie de l'Europe qui puisse être favorable aux citoyens français. En clair, tout scénario ou toute option de sortie de l'Europe renforce le nationalisme et ne nourrirait que le nationalisme.

10:20
Invité

C'est la première difficulté

10:22
Benoît Hamon

et on peut la traiter par un dialogue respectueux des positions mais c'est une vraie difficulté que nous avons. La deuxième difficulté c'est que tous les appareils traditionnels de la gauche sont en crise et à commencer par le parti socialiste mais on pourrait y rajouter Europe Écologie Les Verts le congrès du parti communiste qui se fait dans un contexte où il y a une vraie interrogation identitaire et on voit bien que le rassemblement de la gauche

10:43
Invité

et génération également.

10:44
Benoît Hamon

Oui mais c'est un nouveau parti qui produit des solutions à la différence de beaucoup d'autres formations politiques nous essayons de produire des solutions mais ce que je veux dire c'est qu'en clair le rassemblement de la gauche ça ne peut pas être une alliance de partis en crise et ce qui me frappe une fois ces deux difficultés posées c'est qu'en fait on tourne souvent le dos à une réalité c'est que la classe politique elle est beaucoup déconnectée des solutions que préconisent les français ce ne sont pas les politiques qui ont alerté sur le réchauffement climatique ce ne sont pas les politiques qui ont alerté sur les perturbateurs endocriniens les pesticides mais cette fois-ci les médecins ce ne sont pas les politiques qui ont alerté sur le drame des réfugiés en Méditerranée et bien je pense que entre les libéraux de M.

Macron qui seront sur la ligne de départ les nationalistes qui seront sur la ligne de départ le troisième homme

11:32
Invité

que nous devons imposer c'est le citoyen

11:34
Benoît Hamon

chez les nationalistes je n'ai pas dit chez les nationalistes je dis le troisième homme que nous devons imposer c'est le citoyen et ce citoyen il doit trouver une liste et j'espère que ce sera une liste de gauche et des écologistes parce que objectivement aujourd'hui si on attend que la gauche se régénère par un accord d'appareil en crise on n'y arrivera pas

11:56
Invité

alors Luc Carvounas propose à proposer hier il est député socialiste il lance un appel solennel à vous il voudrait une liste commune qui irait du PS à génération de Benoît Hamon en passant par le parti communiste et les Verts avec un Yannick Jadot à sa tête est-ce que ça vous semble pas bien ?

12:12
Benoît Hamon

écoutez là encore les Verts se sont choisis en leur sein tête de liste le PC aussi le PS va le faire voilà les Verts le PC le PS bon très bien c'est sur la table moi je pense que s'il y a une personnalité avec laquelle j'ai envie de discuter au-delà des mouvements citoyens qui existent je l'ai évoqué sur la question écologique sur la question de la santé environnementale du travail c'est Hulot c'est Hulot c'est une des personnalités avec lesquelles moi j'ai envie de discuter c'est pas avec les dirigeants des partis ou les candidats qu'ils ont choisis parce que je trouve que le but de cette conversation parce que je pense qu'il pose le bon diagnostic il pose le bon diagnostic et pourquoi je m'y reconnais ?

parce que nous en avions parlé il y a plus d'un an quand il a décidé lui de me soutenir parce qu'il trouvait dans mon programme les solutions au diagnostic qu'il posait c'était quoi ? il n'y a pas d'écologie dépolitisée ça n'existe pas l'écologie qui s'arrangeait avec la droite l'écologie qui s'arrangeait avec la gauche et encore moins d'écologie franco-française qui considère qu'on peut rapatrier la souveraineté en France et qu'on réglera les problèmes du réchauffement climatique et donc vous pensez que ça pourrait être une figure à nouveau

13:13
Présentateur

Nicolas Hulot pour dépasser tout l'éclivage de la gauche

13:16
Benoît Hamon

c'est ça ce que vous nous dites c'est ma manière de vous répondre plutôt que de nous retrouver encore dans cette énième discussion d'appareils qui moi me fatigue et qui ne mène à rien surtout quand c'est sans solution derrière et quand les partis n'ont pas produit une solution et je le redis je repense à ma campagne présidentielle sur les grandes transitions sur le rapport au travail tout ce que j'ai pu dire non mais pardon non mais vous avez entendu Nicolas Hulot est-ce que vous avez entendu Nicolas Hulot dans ce studio justement qu'est-ce qu'il a dit ? il a dit

13:42
Invité

je ne ferai jamais de mal à Emmanuel Macron vous le voyez présenter une liste concurrent

13:46
Benoît Hamon

je ne parle pas de présenter une liste si vous me parlez d'une personnalité la seule qui m'intéresse aujourd'hui c'est celle-là parce qu'elle pose les bons diagnostics parce que ce qu'il a dit sur le fond c'est ce que nous devons retenir où on en est de son appel au réveil des consciences où on en est nulle part est-ce qu'on envisage demain que plutôt que d'avoir des critères de Maastricht absurdes sur la question des déficits publics on pose dans les traités des critères écologiques qu'il n'y ait pas une décision publique qui ne soit prise à l'aune de son impact environnemental et écologique voilà une belle réforme et bien moi ce que je dis ici aujourd'hui c'est que la grande leçon de tout ça c'est qu'il n'y a pas d'écologie dépolitisée si l'écologie n'est pas de gauche au sens où elle ne remet pas en cause le modèle économique et cette intoxication à la croissance de la richesse matérielle qui est celle des pays européens et bien il n'y aura pas il n'y aura pas de scénario à moins de 2 degrés sur le réchauffement climatique il n'y aura pas de scénario qui inversera la dégradation de la biodiversité il n'y aura pas de politique qui empêchera l'artificialisation des sols et le bétonnage du littoral pourquoi vous voulez

14:43
Invité

l'enfermer dans la gauche pourquoi vous dites il n'y a pas de changement écologique si ce ne fait pas à gauche

14:48
Benoît Hamon

parce que le libéralisme est strictement incompatible avec l'écologie il y a une droite qui n'est pas libérale non mais objectivement pensez-vous qu'aujourd'hui il soit possible vu les résistances qui sont celles de notre modèle de développement des grands lobbies à tout changement on le voit encore cette semaine mais il y a eu la diminution du hulot est-ce que ça change d'un iota l'attitude de la nouvelle majorité sur les glyphosates pas du tout on continue à refuser l'interdiction des glyphosates dans la loi on continue à interdire à refuser d'interdire l'épandage la pulvérisation de pesticides à proximité de zones rédidentielles ou d'écoles vous rendez-vous compte donc il n'y a pas de réveil des consciences moi ce que je crois aujourd'hui c'est qu'on a besoin de ce réveil des consciences et c'est par cette mobilisation cette énergie citoyenne parce qu'elle est partagée par des citoyens qu'on fabriquera la communauté de destin de la gauche et pas par un accord d'appareil en tout cas

15:42
Présentateur

si la gauche

15:42
Benoît Hamon

parle d'une seule fois

15:44
Présentateur

c'est bien sur la petite vidéo du week-end montrant Emmanuel Macron dialoguer avec un horticulteur au chômage si je traverse la rue je pourrais vous trouver un emploi a-t-il dit donc à cet horticulteur comment avez-vous reçu cette image pendant les journées du patrimoine

16:03
Benoît Hamon

je pense qu'un président ne devrait pas parler comme ça il ne devrait pas parler comme ça imagine-t-on de Gaulle ou Mitterrand parler ainsi puis Nicolas Sarkozy il y a une forme de jouissance du pouvoir de mise en scène du pouvoir qui amène les présidents de la république à aujourd'hui singer la puissance et qui voilà je trouve qu'il ne devrait pas parler comme cela c'est assez méprisant pour le jeune horticulteur en face de lui et puis surtout totalement déconnecté de la réalité d'abord c'est un jeune horticulteur c'est une formation spécifique est-ce qu'il a envie d'être plongeur dans un restaurant tout le monde n'a pas envie de bosser dans le bâtiment ou le restaurant ou les restaurants est-ce que parce qu'il n'en a pas envie il ne veut pas travailler non il a envie de travailler dans sa filière et il y a quelque chose de très déconnecté à tout cela et je trouve qu'il je le dis avec un peu de gravité il faudrait qu'il arrête de se comporter comme un jeune militant libéral exalté qui fait des leçons de théories économiques à tout le monde il y a du boulot de l'autre côté de la rue d'ailleurs les patrons me l'ont dit etc on l'avait déjà dit un président ne devrait pas parler comme cela c'était valable pour le précédent c'est valable pour lui aussi

17:16
Présentateur

Chantal est en ligne bonjour et bienvenue bonjour

17:20
Auditeur

bonjour je voudrais rebondir sur la question de Nicolas Demorand effectivement moi j'ai voté pour vous monsieur Hamon j'apprécie beaucoup votre projet j'étais à fond et je suis très déçue de ce qui va se passer pour les européennes et qu'est-ce qu'on attend pour faire une liste au moins écolo PC certains membres de la France insoumise qui me paraissent tout à fait bien et génération je suis vous laissez une partie de la gauche de la vraie gauche complètement effondrée je parle des citoyens pour savoir ce qu'ils vont faire aux européennes voilà

17:54
Présentateur

merci Chantal pour cette intervention qu'on va enchaîner avec celle de Gilles bonjour Gilles bienvenue

17:59
Locuteur non identifié

on se rappelle du coût politique qu'avait payé Michel Rocard en faisant un mauvais score tout seul aux européennes échec orchestré par Mitterrand en l'occurrence mais est-ce que Benoît Hamon ne craint pas en cas de contre-performance que le même piège se referme autour de lui et je me demande à ce titre si certains proches des entendants de Benoît Hamon qui ont un pied avec lui un pied encore au PS qui n'aurait pas dans le front intérêt à cela en disant si ça marche bien on restait avec Hamon si il nous part au PS j'aimerais voir l'opinion de Benoît Hamon sur ce type de piège qui pourrait se refermer sur lui

18:38
Présentateur

merci Gilles merci Gilles pour cette question Benoît Hamon vous répond alors il y avait la description du paysage vaporisé de la gauche par Chantal et ce que vient de dire Gilles sur l'échec possible aux européennes pour vous

18:52
Benoît Hamon

au fond ce que pointent Chantal et Gilles c'est l'immense contraste qui existe entre des dirigeants des militants des citoyens engagés à gauche un peu orphelins d'une perspective qui sont à 90% d'accord mais sont incapables de se mettre ensemble moi j'ai fait des propositions avant l'été j'ai même tendu la main j'ai dit Génération s'inscrira dans une grande liste unie de l'écologie politique de gauche résolument européenne j'ai tendu la main elle a été rejetée notamment par les dirigeants des Verts très bien je continue et j'avance c'est pas pour autant qu'on n'y arrivera pas ce que je dis simplement c'est que il n'est pas question moi que je rentre dans une énième tambouille avec qui que ce soit et des appareils qui ne savent même pas aujourd'hui où ils en sont sur le plan politique il me semble qu'il faut repartir de l'essentiel alors en parlant d'Europe puisque le sujet c'est l'Europe aujourd'hui est-ce qu'on pense qu'il y a une réponse à l'urgence climatique qui peut être autre chose que continentale ma réponse est non donc il faut un grand new deal écologique quand nous nous sommes avec Vianis Varoufakis associés associés pour créer un grand parti transnational le printemps européen avec des partis polonais portugais danois allemands français etc nous avons voulu prendre l'Europe au sérieux et c'est en commençant comme cela alors moi je refuse pas du tout la liste unie je l'appelle de mes voeux je dis simplement que je ne marcherai pas dans la énième combine qui vise à faire réélire un tel ou un tel

20:16
Présentateur

vous même candidat ou tête de liste pour votre propre mouvement écoutez

20:21
Benoît Hamon

parce que je prends l'Europe au sérieux je l'ai dit que je m'engagerais dans cette campagne je m'engagerais sans doute sur la liste à quelle place ça n'est pas important à mes yeux aujourd'hui mais je m'y engagerais

20:35
Invité

il y aura une liste génération

20:37
Benoît Hamon

il y aura d'une manière ou d'une autre génération sera sur une liste moi je ne pose pas comme préalable que génération aura sa liste je veux l'unité donc j'y travaille

20:47
Présentateur

Frédéric Etostandard bonjour et bienvenue

20:49
Locuteur non identifié

oui bonjour à tous monsieur Amon bonjour je voudrais vous interroger sur les critiques des commissions législatives sur l'affaire Benalla je rappelle que cette commission est tout à fait dans son rôle puisqu'elle veut savoir comment le gouvernement par l'intermédiaire de la police a été infiltré par quelqu'un qui est venu lui donner des ordres il ne s'agit pas de juger monsieur Benalla mais bien le gouvernement dès lors que pensaient des réflexions de madame Biloube ancienne du conseil constitutionnel du président de la république et de monsieur Castaner qui appellent au respect de la constitution et qui en prétendant donner des ordres législatifs sont en train à mon sens au contraire de la violette qu'en pensez-vous

21:28
Présentateur

merci Frédéric pour cette question Benoît Hamon

21:30
Benoît Hamon

écoutez si le gouvernement voulait attirer l'attention sur l'audition de monsieur Benalla il a réussi parce qu'il n'y a jamais eu une telle ramdame autour d'une audition dont il ne faut sans doute d'ailleurs pas attendre grand chose puisque monsieur Benalla n'a pas l'air de vouloir dire grand chose la question que je me suis posée c'est que redoute-t-il tellement pour vouloir que monsieur Benalla ne soit pas entendu par la commission d'enquête sénatoriale qu'est-ce qu'il redoute dans ce qu'il pourrait dire je ne sais pas en tout cas il y a une fébrilité qui montre déjà une certaine conception de la séparation des pouvoirs qui pose problème il y a aujourd'hui des prérogatives parlementaires qui doivent être respectées et on ne peut pas vouloir une démocratie continue et plus équilibrée et mépriser le parlement dans son rôle de contrôle de l'exécutif donc je pense que la commission sénatoriale est dans son rôle et il me semble que depuis le début de cette affaire se révèle une conception de l'exercice du pouvoir et de la pratique du pouvoir très ancien régime très cinquième république en fait parce que la cinquième république est de ce point de vue là très immature qui n'est sans doute pas à la hauteur des exigences de transparence de nos compatriotes

22:38
Invité

une petite interrogation pour terminer Benoît Hamon est-ce que vous comprenez pourquoi un an après un an et demi après son élection à la présidentielle Emmanuel Macron est en chute libre dans les sondages il est moins populaire aujourd'hui que François Hollande et Nicolas Sarkozy à la même époque et que vous vous c'est-à-dire Génération le PS et les Verts c'est-à-dire cette espèce de gauche sociale-démocrate appelons-la comme ça n'en profite absolument pas vous ne montez pas

23:03
Benoît Hamon

si vous jugez la popularité des individus oui mais pas aujourd'hui le débouché électoral ma popularité celle de la plupart est en hausse je ne juge pas la popularité je regarde les sondages pour les européennes vous êtes à 4

23:16
Invité

les Verts sont à 5 vous devriez vous pourriez en profiter énormément plus

23:20
Benoît Hamon

non ? pourquoi aujourd'hui ? parce qu'on a besoin d'installer une alternative crédible à qui ?

à un match que moi je refuse celui des nationalistes et de monsieur Macron ils se sont choisis l'un et l'autre c'est pour ça qu'aujourd'hui on est mis au défi de proposer des solutions moi je l'ai fait on n'en a pas beaucoup parlé j'ai essayé de parler travail j'ai essayé de parler d'Europe réchauffement climatique mais vous m'avez ramené sur à chaque fois ces questions-là donc je vous le dis c'est quand même pas facile et bien moi je pense aujourd'hui que ce troisième homme qui est le citoyen il doit trouver dans l'offre politique qui sera la nôtre avec Génération Génération le PC des socialistes s'il le veut les écologistes il y aura une liste unie de l'écologie en tout cas politique je le souhaite mais ce débouché il va venir il monte en tout cas sur le terrain moi je le vois partout parce que les citoyens ils n'ont pas attendu que la gauche des appareils se réunissent pour prendre des initiatives

24:08
Présentateur

Merci Benoît Hamon fondateur du mouvement Génération merci d'avoir été au micro d'Inter dans quelques petites secondes le carrefour du 7-9

Benoît Hamon : "La classe politique est beaucoup trop déconnectée des solutions proposées par les Français" — Benoît Hamon · Pourquijevote