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interviewRMC (sur YouTube)· 23 février 2023 6 min

Meurtre Saint-Jean-de-Luz: "une réelle dégradation du système scolaire"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

notre invité ce matin c'est vous j'aurais mis Gérard bonjour bonjour vous êtes président du Syndicat national des lycées collège école et du supérieur vous êtes également professeur de français en région parisienne on va revenir sur ce drame une professeur d'espagnol a été mortellement poignardée par un de ses élèves hier à Saint-Jean-de-Luz ouais ça c'est donc passé hier en plein cours au lycée privé catholique saint Thomas d'Aquin une enquête pour assassinat a été ouverte une garde à vue du mineur de 16 ans et toujours en cours pour tenter d'éclairer justement de sur son passage à l'acte lui dit avoir entendu des voix j'aurais mis Gérard quand on est prof comme vous comment fait-on ce matin pour retrouver sereinement ses élèves sa classe alors nous on est dans les zones de vacances donc pour l'instant là on les retrouve pas mais dans l'académie par exemple de Bordeaux effectivement c'est vrai que on peut se dire qu'on va prendre le temps notamment si nos élèves ont des questions c'est plutôt comme ça que ça fonctionne il faut pas non plus leur imposer une actualité violente mais si eux ont des questions si eux ont des demandes il faut effectivement être là au moins pour y répondre prendre le temps d'en parler quand on est prof et qu'on se dit j'ai un collègue qui s'est fait mortellement poignarder comment on arrive sereinement franchement enfin comment on arrive même à retourner en classe est-ce que vous avez eu des nouvelles de certains de vos collègues est-ce que vous avez pu discuter avec certains d'entre eux on a pu discuter effectivement avec des collègues vous savez globalement on se dit qu'on est là pour faire notre travail et qu'on va le faire dans voilà de la meilleure façon possible et que quelque part faire court c'est aussi une façon voilà de poursuivre le travail de notre collègue c'est la continuité et c'est important on travaille avec des enfants avec des adolescents c'est important aussi en tant qu'adulte de leur montrer que que voilà que ça continue et que l'école c'est quelque chose qui se poursuit est-ce que ça réveille des traumatismes aussi je pense évidemment à l'assassinat de Samuel Paty ce professeur d'histoire-géo assassiné le 16 octobre 2020 décapité près de son collège parce que ça ravive des plaies ça fait 100 re souvenir même si en fait on l'avait pas oublié ça mêle pas titre et clairement ça fait sans ressourir ça fait se dire qu'effectivement voilà on est dans un métier où des drames peuvent se passer ensuite on est dans quelque chose de visiblement là où on en est de l'enquête très très différente qui s'est passé pour Samuel Paty où là on était dans de l'intégrisme dans voilà une sorte de enfin Charlie Hebdo il y avait tout ça derrière là on a l'air d'être dans quelque chose de très différent mais on est aussi dans quelque chose voilà ça peut arriver n'importe où n'importe quand mais ça peut arriver n'importe où n'importe quand alors ça arrive extrêmement rarement des profs qui sont assassinés dans leur classe par un élève plus de 30 ans qui sont frappés par des élèves par exemple ça ça arrive effectivement un peu plus souvent malheureusement est-ce que ce drame ça dit quelque chose de la violence qu'il y a à l'école et ce qu'il y a suffisamment de sécurité je suis pas certain que ça soit forcément à mettre en lien directement avec la dégradation très réelle de notre système scolaire il y a une dégradation très réelle de nos conditions de travail il y a des conflits de plus en plus importants avec des élèves avec des familles parfois aussi néanmoins alors pas spécialement dans mon établissement de ce genre de choses on a des retours de terrain on accompagne généralement on est un syndicat le snipe qu'on accompagne les collègues maintenant là on était dans un établissement qui était a priori pas du tout un établissement soumis à de la violence voilà et c'est des choses qui peuvent être facile dans l'établissement scolaire oui ça pose des questions alors pour rentrer avec une arme blanche dans un établissement scolaire suffit se mettre dans son sac c'est la fin c'est la fin de ce qu'on va faire je contrôle justement alors nous-mêmes on n'a pas le droit de fouiller les affaires de nos élèves vous imaginez bien que dans un lycée où il peut y avoir 1500 2000 il y a des lycées à plus de 3000 élèves si on se met à fouiller tous les sacs de tous les élèves les cours de 1 les cours ne commenceront pas à l'heure et de on créera des attroupements devant les lycées et là le plan Vigipirate il va pas du tout être d'accord parce que on va créer d'autres sources de risques très très importantes elles aussi il y a eu des propositions d'élus notamment des élus républicains pour mettre des portiques de sécurité dans les écoles vous en pensez quoi ça c'est la sorte de de réponse automatique que l'on fait dès qu'il y a quelque chose alors on va mettre des portiques et ça y est l'insécurité sera réglé en fait ça déjà été testé en région Rhône-Alpes la plupart maintenant marche plus en plus utilisés c'est très compliqué de gérer les flux on n'a pas les personnels enfin vous avez peut-être tous déjà été dans un aéroport vous voyez le nombre de personnes dont on a besoin pour faire fonctionner ce ce type de système nous on a peut-être trois ou quatre assistants d'éducation qui vont être à l'entrée pour je vous dis parfois des milliers d'élèves le portique ça marche pas et puis ça va sonner toutes les 5 minutes parce que vous nous avez décrit hein c'est remontées de terrain cette violence qui est ressentie par les professeurs pour vous c'est quoi les leviers d'action alors les leviers d'action sur la violence scolaire c'est déjà faire en sorte que les personnels de l'Éducation nationale soient mieux respectées par tout le monde dans la société je crois que c'est quand même quelque chose qui s'est beaucoup beaucoup dégradé les professeurs eux-mêmes le disent dans les enquêtes du ministère de l'Éducation nationale c'est je veux dire les constats sont sont posés c'est de l'encadrement humain nous on a besoin de surveillants d'assistants d'éducation dans nos établissements on a besoin suivi psychologique peut-être ça c'est une question et justement l'enquête va montrer si tout était fait de ce point de vue là ou pas nous on attend au snack les résultats de cette enquête là mais c'est vrai que on a très très peu de médecine scolaire on a de moins en moins de médecins de deux on aimerait bien enfin généralement c'est un peu voilà c'est ça dans les écoles primaires on en a ils sont ils ne peuvent pas être là au quotidien ça c'est ce qu'on appelle les équipes pluriprofessionnelles je dis pas que c'est en lien direct avec ce drame là du tout mais effectivement c'est des personnels dont on aurait besoin des personnels de service sociaux on a beaucoup de difficultés de cet ordre là aussi et en fait on a quelqu'un qui est généralement là un jour par semaine voire moins

Meurtre Saint-Jean-de-Luz: "une réelle dégradation du système scolaire" — Christian Girard · Pourquijevote