Macron/ Trump : quels sont les enjeux de cette rencontre ? - Reportage C dans l'air 23.02.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
avec D.Trump peut aider à faire entendre la voix des Européens dans le règlement de la crise ukrainienne. Il est arrivé à la Maison-Blanche avec l'intention de demander à Trump de ne pas faiblir face à Poutine. - Il est accueilli par la cheffe du protocole de la Maison-Blanche.
Ce matin, E.Macron est venu participer à un appel avec les membres du G7 aux côtés du président américain. Dans quelques minutes, il sera reçu à nouveau de manière plus solennelle, pour un entretien en tête à tête avec D.Trump.
Jeudi dernier, sur les réseaux sociaux, il a promis d'être direct. - E.Macron: Je vais lui dire: "Au fond, tu ne peux pas être faible face au président Poutine.
Ce n'est pas toi, ce n'est pas ta marque de fabrique. Ce n'est pas ton intérêt. Comment ensuite être crédible face à la Chine?" - E.Macron veut y croire, convaincu qu'il entretient une relation privilégiée avec l'homme d'affaires.
Le président français est l'un des seuls chefs d'Etat européens à l'avoir côtoyé pendant son premier mandat. - D.Trump: Je l'aime beaucoup.
Félicitations, super boulot! - Des poignées de main appuyées. Le rapport de force est installé.
Impossible pourtant de savoir ce que pense vraiment D.Trump d'E.Macron.
Tantôt moqueur... - D.Trump: Macron, vous connaissez?
C'est un type très gentil. - Tantôt flatté par les gestes du chef d'Etat français. Dernier en date: son invitation à l'inauguration de Notre-Dame en décembre, alors qu'il n'est pas encore officiellement président. - D.Trump: Merci.
C'est un grand honneur. - Alors, E.Macron peut-il convaincre D.Trump de ne pas abandonner l'Ukraine?
Pas évident, tant le président américain s'est montré virulent ces derniers jours à l'égard de V.Zelensky. - D.Trump: Zelensky est un dictateur sans élection.
Il ferait mieux de se dépêcher. Sinon, il ne lui restera plus de pays. - Le chef d'Etat ukrainien, de son côté, affirme ne pas être offensé.
Il est prêt à toutes les concessions pour que l'Ukraine entre dans l'Otan. - V.Zelensky: Si vous avez vraiment besoin que je quitte mon poste, j'y suis prêt. - Très dépendant du soutien américain, V.Zelensky cède aussi sur les terres rares.
Un accord est en passe d'être trouvé. Ce matin, les Européens sont venus afficher leur soutien et rappeler que le conflit les concerne eux aussi. - U.von der Leyen: Poutine redouble d'efforts pour gagner la guerre sur le terrain.
Son objectif reste la capitulation de l'Ukraine. Nous savons ce qui pourrait se produire ensuite car cela s'est déjà produit auparavant. Ce n'est pas seulement le destin de l'Ukraine qui est en jeu, mais le destin de l'Europe. - Une Europe que la Russie regarde plus que jamais avec condescendance. - S.Lavrov: Le président Poutine a clairement déclaré que nous sommes prêts à négocier avec l'Ukraine, l'Europe et tous les représentants qui souhaiteraient aider à instaurer la paix de bonne foi, mais nous ne mettrons fin aux hostilités que lorsque ces négociations auront abouti à un résultat ferme et durable, qui convient à la Fédération de Russie. - Des négociations qui se passeront principalement cette semaine à Washington.
Jeudi, le Premier ministre britannique tentera à son tour de convaincre le président américain, devenu maître du jeu dans le rapport de force qui oppose Poutine aux Européens. - C.Roux: Revenons peut-être sur les relations entre D.Trump et E.Macron.
Question. - I.Lasserre: Il bénéficie là du soutien de l'Europe.
Contrairement à certains déplacements d'E.Macron depuis qu'il est au pouvoir, où il avait souvent fait cavalier seul, il a rencontré ou téléphoné à tous les chefs d'Etat de l'UE et tous les alliés de la France et de l'Occident avant d'aller voir D.Trump. - C.Roux: Il porte un message européen, pas un message français? - I.Lasserre: Un président français porte toujours un message français mais il pense qu'il porte aussi un message européen.
A part ça, il y a le poids de la France, qui est une puissance nucléaire. - C.Roux: La relation, ça compte? - I.Lasserre: Ca compte pour se faire des claques dans le dos et des belles images.
Pour donner une image déclaratoire, ou écrire des lettres au père Noël...
Mais même à l'époque où ça allait mieux et où D.Trump n'était pas aussi agressif, dans son 1er mandat, parce qu'il était limité par son entourage...
Il ne pouvait pas aller au bout de sa politique de disruption. Ca aussi, ça les relie, le caractère disruptif. Même à l'époque, E.Macron n'avait obtenu aucune concession de D.Trump.
Les Etats-Unis dans les accords de Paris. Il n'a pas réussi à les faire entrer dans l'accord sur le nucléaire iranien. Il y a peu de chances qu'il obtienne de véritables concessions de la part de D.Trump. - Gal J.-P.Paloméros: Honnêtement, à ce stade, je ne pense pas qu'il aille négocier.
Il va plutôt essayer d'influer. Il faut y être et tâcher de peser sur ce personnage assez imprévisible. Il faut essayer de lui montrer que, finalement, la trace qu'il laissera dans l'histoire sera plutôt celle de l'organisateur d'un grand chaos que d'un pacificateur.
Trump se présente comme un pacificateur mais la voie qu'il prend est, quelque part, celle du chaos. On ne sait pas ce qu'il y a derrière. On laisse la place à monsieur Poutine, on lui laisse une victoire, et on ne sait pas où il va s'arrêter.
C'est une image que le président Trump ne peut pas accepter. Ca va être compliqué, mais il faut bien que quelqu'un le fasse. Notre président est plutôt le mieux placé pour le faire maintenant. - M.Van Renterghem: Je pense qu'E.Macron est doublement légitime pour rencontrer D.Trump.
C'est très bien qu'il le fasse. Il est le seul dirigeant de l'UE à disposer de la force de dissuasion nucléaire. A ce titre, il est en mesure de parler avec K.Starmer, le Premier ministre britannique, autre force nucléaire, au nom de l'Otan et pas simplement de l'UE.
On n'est pas dans le cadre de l'UE seule. E.Macron vient en tant que France plus Europe, plus Royaume-Uni, plus Otan.
C'est ce qu'il essaye de faire passer. - C.Roux: Pour dire quoi?
Pour dire qu'on a notre mot à dire sur ce qui se passe en Ukraine? - M.Van Renterghem: Non.
La seule chose que Trump peut entendre éventuellement, c'est être convaincu que ça peut être dans son intérêt. Et ça l'est. E.Macron a fait une vidéo à l'avance pour montrer comment il va parler à D.Trump... - C.Roux: Sur X, d'ailleurs, le réseau d'E.Musk. - M.Van Renterghem: C'est vrai que c'est dans l'intérêt de D.Trump, s'il veut réussir le plan qu'il a promis, c'est-à-dire de faire régner la paix en Ukraine...
Bonne chance, mais il l'a promis. Dans la mesure où il dit que ce sera sans la garantie de sécurité apportée par les Américains, par les forces de l'Otan, il a besoin des Européens. C'est ce qu'E.Macron peut lui dire: "Pour que ton plan réussisse, tu as besoin de nous.
Au moins, ne t'oppose pas à nous, fais le minimum." Parce que les Européens, sans Starlink, sans les infrastructures de l'Otan, ne peuvent pas faire grand-chose. Ce qui est en train de se décider, et je parle sous le contrôle du général, ce n'est pas d'envoyer des troupes au sol, mais d'envoyer quelques milliers de soldats dans des grandes villes ukrainiennes et de mettre en avant les points forts britanniques et français que sont l'aviation et la marine, pour protéger le ciel ukrainien.
Pour ça, on a besoin des infrastructures de l'Otan.
Emmanuel Macron