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interviewRenaissance· 4 octobre 2024 32 min

Discours de GABRIEL ATTAL en réponse à la déclaration de politique générale du Premier ministre

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Gabriel Attal

La parole est à présent à M. le Président Gabriel Attal pour le groupe Ensemble pour la République. Madame la Présidente, M. le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues. La France est à la croisée des chemins. Nous sommes dans une configuration inédite. Les Français n'ont donné à aucun bloc, aucun groupe, aucune formation politique, une majorité suffisante pour agir seuls. Pour agir, nous allons donc devoir changer nos habitudes, sortir définitivement des débats stériles, des oppositions factices, du sectarisme et des postures politiciennes qui ne font avancer personne et certainement pas le pays.

Guérir la politique française, devenue trop malade de ses divisions et de ses affrontements. Avec les députés Ensemble pour la République, nous sommes convaincus que c'est non seulement souhaitable, mais que c'est possible. Et nous y sommes prêts. Il suffit de regarder nos voisins européens, qui ont pour beaucoup une culture de coalition. Il suffit de regarder la France, qui ne se résumera jamais à trois blocs, qui s'affonterait matin, midi et soir, cherchant la disparition ou l'écrasement des deux autres. Non, la France, ce n'est pas le conflit sans fin, l'affrontement sans but, l'opposition sans raison. Non, la France, ce n'est surtout pas cela.

L'idéal français, c'est la quête de l'unité, la recherche de la stabilité, l'aspiration à la fraternité. Alors nous, députés, représentants du peuple dans cette Assemblée nationale, nous le disons avec beaucoup de force et en même temps beaucoup d'espoir, « Soyons à la hauteur de la France ». Oui, soyons à la hauteur de la France, de ses forces, de ses attentes, de ses doutes, de ses espoirs, de son histoire et de son avenir. Bien sûr, tout cela ne sera pas facile. Nous devrons sortir de nos logiques habituelles, car nous sommes dans une Assemblée quelque part sans majorité. Le clivage majorité-opposition doit être dépassé au profit d'un nouveau clivage.

Ceux qui veulent agir concrètement et ceux qui ne le veulent pas. Ceux qui sont capables de mettre le pays au-dessus des partis et ceux qui ne le sont pas. Nous sommes plusieurs groupes à avoir fait ce choix-là, sans jamais rien renier de nos divergences et de nos différences, parfois profondes. J'y reviendrai. Nous savons que les extrêmes ne se placeront jamais dans cette logique. C'est d'ailleurs leur raison d'être que de se placer à ce point en marge de tout ce qui peut faire réussir le pays. Et je le dis aussi ici, je ne me résous pas à ce que le parti socialiste, parti de gouvernement, puisse manquer à cet appel de l'unité.

S'il faut des preuves que nous sommes prêts au compromis, à nous remettre en question pour le permettre, alors nous chercherons toujours avec notre groupe à emprunter cette voie pour vous convaincre. Je vous ai entendu tout à l'heure réagir lorsque le Premier ministre a dit que son gouvernement était pluriel, représentatif, en indiquant que vous considériez que ce n'était pas le cas. Mais alors pourquoi ne pas avoir accepté de venir avec vos idées et vos propositions dans le gouvernement pour les appliquer ? Il faut être lucide. Les Français ne nous demandent pas de penser la même chose, de dire la même chose, de vouloir la même chose.

Les Français ne nous demandent pas d'effacer nos différences. Ils nous demandent de les surmonter pour agir. Agir pour eux, agir avec eux. La lucidité, c'est d'ailleurs la base commune qui doit être la nôtre. Nous habitons tous le même pays. Nous rencontrons tous les mêmes Français. Évidemment qu'il y a des Français qui souffrent. Évidemment qu'il y a des Français qui doutent. Évidemment qu'il y a des Français en colère. Plus grave encore, des Français perdent foi dans la France. Ils perdent foi dans la promesse républicaine. Ils perdent foi dans ce rêve français mélange de grandeur et d'universel, d'une puissance à nul autre pareil avec un message apporté au monde.

Évidemment que c'est une réalité. Si tel n'était pas le cas, le groupe que j'ai l'honneur de présider aurait été doté d'une majorité absolue dans cet hémicycle. J'ai la lucidité et l'humilité de le reconnaître devant vous. Alors oui, nous sommes lucides. Lucides sur les doutes quant à la capacité de l'État à protéger, quant à la capacité du travail à rémunérer, quant à la capacité de l'école à éduquer, quant à la capacité de la santé à tous nous soigner.

Ce même exercice de lucidité devrait, me semble-t-il, conduire ceux qui s'opposaient à nous hier de reconnaître que peut-être tout n'est pas à jeter, qu'il y a des raisons d'espérer, qu'il y a des succès, qui ne sont d'ailleurs pas le succès d'une étiquette politique ou d'un camp, mais le succès de la France et de tous les Français. Nous avons enfin vaincu le fléau du chômage de masse et le taux de chômage est au plus bas depuis 25 ans. Le taux de chômage des jeunes au plus bas depuis 40 ans. L'industrie revient pour la première fois depuis des décennies. Il y a plus d'usines qui ouvrent que d'usines qui ferment dans notre pays.

Plus d'emplois industriels qui sont créés que d'emplois industriels qui sont détruits. Les émissions de gaz à effet de serre baissent de 6% l'an dernier, six fois plus qu'avant 2017 dans notre pays. Nous avons considérablement agi pour augmenter les moyens de notre armée, de notre sécurité, de notre justice après des décennies de paupérisation et de sous-investissement. Nous avons mis des moyens sans précédent pour notre santé et débloqué la formation des médecins. Nous avons entamé, je le crois profondément, l'inversion de la tendance du déclin à l'école en affirmant notre volonté de rehausser le niveau avec le choc des savoirs.

Nous avons apporté de nouveaux droits à nos compatriotes, en particulier les femmes, avec la PMA pour toutes et l'inscription de la liberté à recourir à l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. Tout n'est pas à jeter. Il y a des succès et je veux voir, Monsieur le Premier ministre, dans votre intervention, une forme de reconnaissance aussi d'une partie du travail qui a été engagé. Lorsque vous avez évoqué la question de l'insertion, vous avez renvoyé vers la réforme du RSA dont nous avons engagé la généralisation.

Lorsque vous avez évoqué l'accès au logement, vous avez renvoyé vers le projet de loi logement et la primo-attribution des logements sociaux donnés au maire que nous avions fait adopter en commission au Sénat. Lorsque vous avez évoqué l'agriculture, vous avez renvoyé vers le projet de loi d'orientation agricole adopté par l'Assemblée nationale et aujourd'hui en avète. Lorsque vous avez évoqué la famille, vous avez renvoyé vers le service public de la petite enfance que nous avons inscrit dans la loi et que nous cherchons depuis à décliner.

Lorsque vous avez évoqué la jeunesse, vous avez renvoyé à la réforme du lycée professionnel dont nous sommes fiers et qu'il faut effectivement concrétiser. Lorsque vous avez évoqué la lutte contre la fraude, vous avez parlé du chantier de la sécurisation de la carte vitale que nous avions engagé avec Gérald Darmanin, un chantier difficile mais pour lequel nous vous accompagnerons évidemment. Lorsque vous avez évoqué le pouvoir d'achat, vous avez renvoyé vers le travail que nous avons mené sur la désmicardisation qui est essentiel aujourd'hui, j'y reviendrai.

Vous avez évoqué le plan sur les soins palliatifs qui a été engagé, la loi fin de vie, le travail sur les familles monoparentales, la lutte contre la délinquance des mineurs et les mesures que nous avions rédigées pour réformer l'excuse de minorité. Quand je vois tout cela et après avoir entendu votre discours, évidemment qu'il y a une satisfaction. Pas pour nous mais pour le pays. Parce que sur tous ces sujets qui sont des sujets profondément ancrés dans le quotidien des Français sur lesquels les Français nous attendent, on ne peut pas accepter les zigzags. Et ce qui compte sur toutes ces questions, c'est la concrétisation.

Ce n'est pas l'attribution à une étiquette ou à une personnalité en particulier. Et donc nous nous réjouissons que vous ayez repris l'ensemble de ces chantiers dans la feuille de route de votre gouvernement. Oui, Ensemble pour la République, c'est un groupe qui l'assume, veillera sur l'acquis des sept dernières années. C'est un groupe issu d'une famille politique qui ne s'est jamais défilé, qui a toujours eu à cœur de penser l'avenir de notre pays et d'agir pour qu'il soit meilleur. C'est un groupe de députés issus de familles politiques différentes mais qui se sont reconnus dans un projet politique, celui du mouvement et du dépassement.

Mouvement pour faire entrer notre pays dans le XXIe siècle avec plus de force et plus d'atouts. Dépassement pour réunir enfin autour de la table des femmes et des hommes qui ne pensent pas toujours la même chose mais qui se rejoignent sur une conviction. La France ne peut avancer que si elle est unie. Alors en cet instant où il n'y a plus de véritable majorité parlementaire, en cet instant où l'unité doit prévaloir sur le reste, nous trahirions nos valeurs, la raison même de notre existence, si nous décidions d'être une force de division.

Monsieur le Premier ministre, je connais la difficulté de la tâche qui est désormais la vôtre et donc je ne serai jamais celui qui cherchera à la compliquer encore davantage. C'est aussi l'état d'esprit de mon groupe. Notre état d'esprit est clair. Tout ce qui permettra de rendre le pays plus fort, plus prospère, plus juste et plus sûr, nous le soutiendrons. Nous le soutiendrons et je le dis plus que jamais, comme députés, comme groupes parlementaires, nous agirons. Nous agirons depuis ces bancs. La situation politique fait que plus que jamais auparavant, l'Assemblée nationale peut être puissante. Des majorités peuvent se faire depuis ces bancs. Des textes peuvent naître depuis ces bancs.

La vie des Français peut changer depuis ces bancs. Notre groupe a compris une chose, c'est le moment ou jamais pour agir vraiment depuis le Parlement. Alors nous le ferons avec un objectif, un seul. Agir vite, agir fort, agir vraiment, en respectant les Français et en respectant nos valeurs. Au sommet de nos valeurs, et je le dis ici très solennellement, il y a l'état de droit. Et je vous remercie, monsieur le Premier ministre, pour la clarification que vous venez d'apporter. Parce que l'état de droit, c'est le rempart contre la folie des hommes. Et donc, je le dis, évidemment, on peut avoir une parole forte, mais sans hystériser tout le temps.

On peut être plus ferme, beaucoup plus ferme probablement, sur l'insécurité, pour faire respecter nos frontières, pour protéger nos concitoyens. Oui, on peut changer le droit, c'est la raison d'être même de cette Assemblée. Mais pour ça, il faut agir. Agir plutôt que parler, pour reprendre vos propos. Agir plutôt qu'hystériser, agir plutôt que semer la division. Oui, l'attente des Français est forte, mais cette attente mérite plutôt des actes, des engagements, du changement, que des paroles pour faire parler dans les médias. Parmi nos valeurs, il y a la recherche de la prospérité pour tous. Ce fut le cœur de notre combat.

Pour redistribuer des richesses, pour que les Français vivent mieux, il faut créer de la valeur, de l'activité et de la croissance, tout en rééquilibrant nos comptes. C'est ce que nous sommes parvenus à faire entre 2017 et 2019, avant la crise du Covid. Et ce, sans céder à la facilité des hausses d'impôts, puisque nous avons même allégé le poids des impôts sur notre économie, sur les Français et sur les entreprises, de plus de 50 milliards d'euros. Et je le dis ici, nous n'avons pas baissé les impôts par dogme ou par fétichisme anti-impôt. Si nous avons baissé ces impôts, c'est par volonté d'efficacité économique. Résultat, la croissance française est supérieure à ses voisins européens.

Nous avons recréé des millions d'emplois et notre taux de chômage est au plus bas depuis des dizaines d'années. Aujourd'hui, après le quoi qu'il en coûte, qui a protégé des millions de Français au prix de dizaines de milliards d'euros, notre pays, oui, nous le savons tous, la situation budgétaire nécessite que l'on continue à agir sans délai. Un pays surendetté ne peut pas être un pays libre. Cet effort, nous avons commencé à le faire en février dernier. Quelques jours seulement après notre nomination avec mon gouvernement, nous avons fait 10 milliards d'euros d'économies par décret d'annulation. Cela ne s'était jamais fait.

Nous avons gelé plus de 16 milliards d'euros de crédit dont une partie importante devait être annulée en fin d'année, ce que vous avez la possibilité de faire. Cet été encore, dans les lettres plafond que nous avons transmises au ministère, il y avait aussi une quinzaine de milliards d'euros d'économies par rapport à l'inflation qui était prévue. Je le dis, beaucoup de ceux qui aujourd'hui donnent des leçons de responsabilité budgétaire ont été aux premières loges pour critiquer les économies lorsqu'elles avaient été actées dans le décret d'annulation en février dernier. ou dans les lettres au plafond.

Beaucoup de ceux qui sont aux premières loges aujourd'hui pour expliquer que sur ce sujet tout aurait été catastrophique depuis des années n'ont pas été tout à fait au rendez-vous pour nous accompagner sur la réforme des retraites. Courageuse réforme nécessaire pour l'équilibre de nos comptes. Et en général, cela même proposait des dizaines de milliards d'euros de dépenses supplémentaires à chaque discussion budgétaire. Mesdames et Messieurs, sur le chemin de la réduction des déficits, nous devons agir avec méthode, sans idéologie, et certainement pas au prix de notre croissance, de nos emplois et de notre prospérité. C'est pourquoi la bonne méthode selon nous est la suivante.

Moins de dépenses et certainement pas plus d'impôts. J'entends le terme de justice fiscale dans le débat public. Qui pourrait être contre ? Personne, évidemment, ici, je crois, ne soutient l'injustice fiscale. Mais qui peut soutenir ici que la France, aujourd'hui, serait un paradis fiscal ? Quand 10% des contribuables payent 70% de l'impôt sur le revenu. Quand nous sommes le dernier pays d'Europe à avoir un impôt national sur la fortune. Quand nous sommes quasiment champions des prélèvements obligatoires. Quand nous avons le taux marginal d'impôt sur le revenu le plus élevé dans la zone euro. Quand nous avons une CSG avec des taux supérieurs parmi les plus élevés.

Personne ne peut dire que nous serions un paradis fiscal malgré les baisses d'impôts qui ont été engagées. Notre groupe est évidemment prêt à regarder certaines mesures, notamment pour corriger certains comportements. Je pense à la taxation des rachats d'actions sur lesquelles nous avions travaillé avec Jean-René Cazeneuve et les commissaires aux finances. Mais je le dis, nous ne ferons rien, nous ne soutiendrons rien qui puisse se faire au prix de la croissance de notre pays ou du pouvoir d'achat des Français. Prenons garde à ce que derrière une prétendue justice fiscale ne surgisse une véritable injustice sociale.

Car augmenter les impôts de nos entreprises, cela peut en affaiblir beaucoup. Et in fine, créer du chômage ou priver beaucoup de salariés de l'intéressement et de la participation auxquelles ils ont droit. Et même en affirmant ne cibler que les très grandes entreprises, on peut menacer des millions d'emplois et des milliers de sous-traitants.

Quand on prévoit une augmentation d'impôts pour les entreprises qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires, derrière l'exemple facile de Total, il y a la compagnie des Alpes, Renault, Atos, Kiabi, ST Micro Electronics, les chantiers de l'Atlantique, la société bretonne de volaille, électricité de Strasbourg, gaz de Bordeaux, Picard, il y a tant et tant d'autres entreprises fleurons français ancrées dans chacune de nos circonscriptions qui créent de l'emploi qui ne s'en mettent pas plein les poches et qui, aujourd'hui, seraient déjà moins taxées si elles partaient ailleurs dans d'autres pays de l'Union européenne. N'attaquons pas l'économie réelle de notre pays.

Je le dis par ailleurs, nous avons une conviction que notre pays ne se remettrait pas d'un choc fiscal similaire à celui qui a été imposé au pays il y a dix ans. Ce choc fiscal, ce serait la certitude quelque part d'un retour en arrière sur ce qui a fait notre force, même si j'ai entendu, Monsieur le Premier ministre, vos propos à ce sujet. Vous avez rappelé que la situation économique, la baisse du chômage que nous connaissons aujourd'hui, nous la devons à l'action qui a été menée depuis 2017 en matière de baisse de fiscalité et de soutien à notre économie. Je le dis ici, notre position est claire, nous ferons le choix des économies plutôt que le choix des impôts.

Oui, Mesdames et Messieurs, nous ne garderons la maîtrise de nos comptes qu'en réduisant nos dépenses. Car nous avons une conviction, avant de demander des efforts aux Français, l'État doit toujours balayer devant sa porte et se serrer davantage la ceinture. Des économies sont possibles, au sein de la puissance publique qui doit revoir ses priorités, nous ferons des propositions autour de trois grandes priorités. La première, c'est notre modèle social, la majorité de nos dépenses. Des économies sont possibles en régulant mieux les indemnités journalières face à une dépense devenue hors de contrôle.

Sur les transports sanitaires également, sur les dépenses de chômage, en accompagnant et en incitant mieux à la reprise d'emploi. La deuxième priorité, ce sont les économies au sein de la sphère de l'État. Je pense notamment à tout ce que nous dépensons en matière de travail. Le chômage est au plus bas. Il paraît naturel de diminuer les financements que nous octroyons aux politiques liées au travail ou à l'apprentissage. Je pense aussi aux opérateurs de l'État. Enfin, troisième priorité, continuer à réformer pour simplifier, débureaucratiser et faire ainsi des économies substantielles sur nos modes de fonctionnement.

Je pense au très bon rapport remis par Eric Wörth sur la décentralisation et au très bon rapport remis par M. Boris Ravignon sur le coût du millefeuille administratif. Au fond, nous semble-t-il, la stratégie doit être la suivante. Créer de la richesse par le travail, réduire nos dépenses, lutter contre la fraude, ajuster notre fiscalité et dans cet ordre-là. Mesdames et messieurs, parmi nos valeurs, il y a justement le travail. Le travail qui doit toujours être valorisé, encouragé, récompensé. Le travail est la condition de notre prospérité. Pour redistribuer des richesses, il faut d'abord les produire.

Pour nous, l'objectif de la politique économique de notre pays, ça doit être tout pour le travail, tout pour ceux qui travaillent. Notre modèle social a beaucoup de qualités et d'atouts, mais il a un défaut principal, il n'encourage pas suffisamment au travail. Nous avions préparé une réforme de l'assurance chômage. Elle n'est sans doute pas parfaite, mais elle existe. Et elle envoyait un signal clair, quand on peut travailler, on doit travailler. dans la situation dans la situation dans laquelle nous sommes, je ne crois pas que nous puissions nous payer le luxe d'hésiter, de tergiverser ou de reculer en matière de réforme de l'assurance chômage. Il est urgent de réformer.

Tout faire pour ceux qui travaillent, c'est aussi faire en sorte que le travail paye mieux. Le constat est connu, trop de Français sont bloqués autour du SMIC. Pour certains, le SMIC est devenu un plafond de verre. Il faut avancer dans le chantier de la désmicardisation et je me réjouis que vous l'ayez annoncé, Monsieur le Premier ministre. Oui, le travail est une urgence française et le pays risque le grand déclassement si nous ne répondions pas à cette urgence. Mais penser le travail, c'est aussi inventer la société de demain. Il faut travailler plus, mais il faut que le travail donne plus envie. Notre pays n'a pas vraiment pensé son rapport au travail depuis des décennies.

Il est plus que temps de le faire en s'attaquant à la question des accidents et de la mortalité. au travail. Il faut le faire en innovant, en pensant en dehors des chemins habituels, en sachant inventer les solutions de demain, la semaine en quatre jours, les semaines alternées pour les parents divorcés, les horaires adaptés pour les travailleurs de première ligne. Tous ces chantiers sont eux aussi essentiels pour que la France redevienne une grande nation de travail et de prospérité. Le travail, c'est évidemment aussi ce qui travaille notre terre.

Notre pays n'aurait pas la même histoire, pas les mêmes paysages, pas la même puissance, pas la même grandeur si nous n'avions pas nos agriculteurs et nos pêcheurs. L'hiver dernier, la colère qui grondait depuis des années s'est réveillée. Avec Marc Fénaud, avec Agnès Pannier-Runaché, avec des élus de l'opposition, je pense notamment à Julien Dive, nous avons agi aussi vite que nous le pouvions. Tout ce qui pouvait être fait par voie réglementaire a été fait. en quelques semaines d'un point de vue réglementaire, les lignes ont bougé comme rarement auparavant mais le travail n'est évidemment pas terminé.

Je vous remercie monsieur le Premier ministre d'avoir annoncé que la loi d'orientation agricole serait remise à l'ordre du jour sans délai. Parmi nos valeurs, il y a le respect des droits de toutes et surtout de tous et surtout de toutes. J'ai dit il y a huit mois à cette même tribune combien je crois profondément que la France a changé en la matière et qu'il faut y voir le signe que notre pays bouge que la France avance que les Français sont un peuple de progrès et d'égalité.

Alors continuons à faire progresser l'égalité entre les femmes et les hommes car s'il est un sujet qui peut nous réunir toutes et tous ici c'est bien celui-là et alors qu'à Avignon un procès choque tout le pays et un courage celui de Gisèle Pellicot force notre admiration nous devons nous saisir de cette nouvelle forme de domination des femmes nous y tenons monsieur le Premier ministre relancer la mission gouvernementale sur la soumission chimique que mon gouvernement avait confié à la députée Sandrine Jossot et la sénatrice Véronique Guillotin un sujet ô combien essentiel parmi nos valeurs il y a la justice la justice c'est prendre soin de ceux qui souffrent oui mesdames et messieurs ceux qui ont besoin de l'Etat c'est avant tout ceux qui souffrent ceux qui posent un genou à terre ceux qui ont des vies plus difficiles que les autres je pense notamment aux maires célibataires mais vous l'avez évoqué également c'est un sujet là aussi de consensus possible entre nous je pense au travail qui a été mené sous la précédente législature par la députée Fanta Bereté par le député Philippe Brun qui siège au groupe socialiste qui avait beaucoup travaillé sur cette question avançons ensemble par-delà l'équivage sur ce sujet ô combien essentiel je pense à la question du handicap nous célébrerons l'an prochain les 20 ans de la loi de 2005 tous ensemble soyons à la hauteur des valeurs de notre pays de l'engagement de Jacques Chirac et construisons l'acte 2 de la loi de 2005 parmi nos valeurs il y a l'ordre l'ordre c'est d'abord le respect des règles et de ceux qui les incarnent il y a chez les français une aspiration claire que tout le monde respecte les règles communes cela vaut pour les délinquants les fraudeurs les jeunes cela vaut pour l'école les entreprises cela vaut aussi évidemment pour les responsables politiques cela vaut partout et pour tous et je le dis et c'est toujours important de le rappeler puisque manifestement ça ne va plus de soi sur l'échiquier politique nos forces de l'ordre sont des héros nos militaires sont des héros nos pompiers sont des héros tous rassemblés ici nous n'aurons de cesse de le rappeler l'ordre c'est évidemment les femmes et les hommes qui le font vivre mais ce sont aussi des moyens et des moyens qui ont été prévus dans les lois de programmation militaire et lois de programmation du ministère de l'intérieur nous serons monsieur le Premier ministre très attentifs à ce que les lois de programmation soient respectées évidemment à l'heure auprès telle que cela avait été prévu l'ordre c'est agir sur la délinquance des mineurs mais je ne rappelle pas les différentes mesures que nous avions prévues puisque vous l'avez évoqué notamment la comparution immédiate et la réforme de l'excuse de minorité nous vous accompagnerons dans la reprise de ce chantier l'ordre c'est notre capacité à faire respecter nos frontières et à maîtriser notre immigration je le dis ici je ne connais aucun gouvernement qui n'a pas dit vouloir faire de cette thématique une priorité mais je connais peu de gouvernements qui ont vraiment réussi il faut faire très attention car en la matière qui sème l'hystérie récolte le conflit rien ne serait pire qu'attiser la colère des français à coups de grandes phrases si ensuite les français ne voient rien qui bouge ces mêmes français qui sont tout à la fois en attente d'efficacité et d'intransigeance sur le sujet sur ce sujet j'assume de dire que nous devons aussi faire une part d'autocritique nous n'avons pas toujours réussi à convaincre les français et pourtant nous avons agi pour plus de fermeté avec de premiers résultats notre position est claire accueillir moins pour accueillir mieux c'est cet équilibre qui a motivé ce que nous avons fait je pense à la loi de Gérard Collomb en 2018 à la loi portée par Gérald Darmanin et Elisabeth Borne en 2023 certains annoncent vouloir des places supplémentaires en centre de rétention administrative ça tombe bien cette loi le prévoit certains veulent plus de mesures d'éloignement cela tombe bien cette loi le prévoit certains veulent plus de fermeté cette loi le prévoit certains veulent permettre à ceux qui travaillent durs de s'intégrer cette loi le prévoit aussi l'immigration est un sujet sérieux cette loi a été votée il y a moins d'un an commençons je crois par l'appliquer pleinement évaluons ces résultats décidons ensuite s'il faut aller plus loin et d'ici là rien n'interdit à ceux qui ont des idées sur le sujet d'y travailler et de faire des propositions je pense à l'exécution des OQTF cela reste un défi majeur que nous n'arrivons pas à relever et quand je dis nous je parle pour toute l'Europe puisque ceux qui font des critiques sur ce sujet oublient souvent de rappeler que nos voisins européens ont les mêmes difficultés que nous à exécuter leurs OQTF et que nous avons plutôt progressé ces dernières années en dépassant récemment l'Allemagne sur ce sujet oui nous versons à ces pays de l'aide au développement oui nous leur accordons des visas diplomatiques et migratoires nous délivrons parfois beaucoup de visas ces aides ces accords ces visas ne sont en aucun cas gravés dans le marbre nous avons des moyens de pression pour faire exécuter les OQTF nous avons d'ailleurs déjà mobilisé ces moyens notamment sur les visas la France n'est pas n'importe quel pays et si nous rejoignons sur un point c'est que quand elle s'exprime elle doit être respectée et de ce point de vue là évidemment nous chercherons à faire respecter nos frontières et nos règles parmi nos valeurs il y a l'Europe qui ne supporte pas l'ambiguïté car tant se joue en Europe l'avenir de notre planète la maîtrise de notre immigration la prospérité de notre continent il y a le combat sans relâche que nous menons pour notre planète le réchauffement de notre planète nous devons à la fois le freiner de toutes nos forces et nous y adapter le freiner cela passe par la poursuite de l'action engagée et je vous remercie monsieur le Premier ministre d'avoir rappelé qu'au premier semestre de cette année près de 4% de baisse des émissions de CO2 il faut se souvenir qu'avant 2017 les émissions de CO2 baissaient en moyenne de 1% par an dans notre pays ça a été 2% dans le quinquennat 2017-2022 en moyenne l'an dernier ça a été 6% nous devons poursuivre nous vous accompagnerons et nous sommes aussi satisfaits des propos que vous avez tenus sur le développement des énergies renouvelables évidemment essentielles en plus du nucléaire mesdames et messieurs les députés voilà le combat que nous devons partager et s'il est un combat vous le savez qui nous tient peut-être plus à coeur encore que les autres en tout cas c'est mon cas c'est évidemment l'école de la République cette promesse doit tous nous réunir ne supporte ni conflit nécessite au contraire de l'unité et de la détermination nous préférerons toujours l'autorité au laxisme l'élévation du niveau au nivellement par le bas les savoirs fondamentaux à la dilution des savoirs et donc nous continuerons à déployer le choc des savoirs à renforcer les moyens de notre école Monsieur le Premier Ministre chers collègues nous avons le destin de notre nation en partage nous sommes co-responsables de l'avenir de notre pays alors avec vous-même avec votre gouvernement nous aurons à coeur de bâtir une relation de confiance solide le genre de confiance qui ne se décrète pas mais se construit mutuellement aucun soutien ne peut se tenir pour acquis car chaque majorité se forge pas à pas en rassemblant largement avec une méthode qui associe et qui n'exclut pas les partenaires de bonne volonté nous ne voulons pas fonctionner avec la méthode d'avant sinon nous ne serions pas réunis ici aujourd'hui dans cette configuration jamais je le crois être député n'aura conféré autant de responsabilités à nous d'en être à la hauteur le pays doit toujours toujours passer au-dessus des parties à nous d'en être les garants les garants vigilants et libres vigilants sur nos valeurs vigilants sur l'esprit d'unité et de concorde qui doit à nouveau souffler sur notre vie politique vigilants sur la direction que prendra votre action libre libre de proposer d'amender de nous exprimer libre de voter monsieur le premier ministre notre responsabilité c'est de rester fidèle à la France à sa vocation de puissance et à son impératif d'unité la puissance d'abord parce que notre pays la France n'a jamais renoncé et ne renoncera jamais à la puissance que la puissance est son âme sa vocation qu'elle doit être sa réalité et c'est cette ambition de puissance qui a animé le groupe que je préside dans chaque choix chaque vote depuis 7 ans c'est cette ambition qui nous guide car nous nous croyons à notre pays nous refusons la fatalité et la résignation chaque jour partout en France nous parlons à des français qui se battent pour leur famille qui font vivre leur pays qui créent de l'emploi qui investissent dans nos territoires tous ces français que vous refusez de voir c'est pour eux que nous devons agir c'est pour eux que nous devons assumer notre rôle et notre volonté de puissance c'est pour eux que le groupe Ensemble pour la République se mobilisera chaque jour et chaque instant l'unité est la seule solution la responsabilité est la seule méthode la France est notre seule boussole je vous remercie merci beaucoup monsieur le président Sous-titrage ST' 501