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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 17 mai 2021 23 min

Jordan Bardella : "Les sondages qui nous donnent gagnants dans un certain nombre de régions dérangent"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le vice-président du Rassemblement National, député européen, tête de liste RN au Régional en Ile-de-France. Questions et réactions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Bonjour. Merci d'être à notre micro ce matin. On va commencer par le rapport de police que révélait hier le JDD.

Après cinq années d'enquête, les policiers de l'Office Central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales ont conclu que le Rassemblement National a, je cite, par l'intermédiaire de ses cadres et dirigeants, mis en place un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens à son profit par le biais d'emplois fictifs d'assistants parlementaires. Fin de citation. En clair, il est reproché à Marine Le Pen et au Front National d'avoir salarié comme assistant parlementaire des personnes qui n'effectuaient pas de travail pour le Parlement européen mais qui l'a servi, elle ou le parti, pardon, au niveau national.

Le rapport parle de près de 7 millions d'euros qui auraient abusivement profité au FN. Marine Le Pen est nommément désignée comme l'instigatrice et la bénéficiaire de ce système. Sur les conclusions de ce rapport, Jordan Bardella, que répondez-vous sur le fond ce matin ?

1:20
Jordan Bardella

Que ça fait maintenant 5 ans, 5 ans que ce dossier est à l'instruction, 5 ans qu'on nous ressort cette affaire à chaque fois à un mois des élections. On nous a fait le même coup aux élections européennes, on nous a fait le même coup aux élections municipales, on nous a fait le même coup lors de la dernière élection présidentielle. Donc les plus éclairés, ils verront un lien systématiquement avec le calendrier électoral qui vise à remettre cette affaire sur la table. S'agissant du JDD, il n'y a rien de nouveau. Nous avons un différent, une genre d'appréciation.

1:52
Présentateur

Il y a quelque chose de nouveau, il y a, pardon, excusez-moi, je vous coupe, vous allez vous défendre, mais je vous coupe, ce qu'il y a de nouveau, c'est le rapport de l'OCLIF, de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières. Ils ont enquêté pendant 5 ans, ils sortent le rapport là.

2:05
Jordan Bardella

Mais ça fait 5 ans, on a eu à peu près, on pourra prendre les bandes à témoins, mais on a eu à peu près les mêmes échanges lors des dernières élections européennes, on a eu les mêmes échanges lors de la dernière élection présidentielle. Mais là c'est leur conclusion, la conclusion sont accablantes. Oui, mais quand vous dites par exemple que le Parlement européen nous réclame 7 millions d'euros, c'est le Parlement européen qui les réclame, ce n'est pas la justice française. Le Parlement européen estime que les assistants parlementaires doivent être des fonctionnaires européens.

Eh bien nous, nous considérons que les assistants parlementaires européens doivent être également des militants politiques. Et c'est vrai, nos assistants parlementaires, ils font aussi de la politique. Ils sont aussi responsables départementaux, ils sont aussi impliqués dans les fédérations, ils sont aussi au service du mouvement en étant candidats aux élections et parfois en étant même élus.

2:49
Présentateur

Vous trouvez ça normal que le Parlement européen paye en tant qu'assistant parlementaire le garde du corps de Marine Le Pen ?

2:55
Jordan Bardella

Vous trouvez ça normal ? Mais il y a eu aussi des fonctions. Lorsque TF1 hier... L'assistant parlementaire ? Oui, mais voyez bien que lorsque TF1 hier indique que le garde du corps de Marine Le Pen était payé 9000 euros, c'est un mensonge. Ce n'est pas vrai, ce sont des techniques de manipulation. Ces 9000 euros en question, ils ont été versés aux tiers payants que le garde du corps de Marine Le Pen n'a jamais touché. Donc vous voyez bien qu'il y a l'effet...

3:17
Présentateur

Mais est-ce qu'il était assistant parlementaire ? Est-ce qu'il était assistant parlementaire ?

3:20
Jordan Bardella

Mais il l'a été.

3:22
Présentateur

Le garde du corps de Marine Le Pen a travaillé, a fait des fonctions de rapport, a fait des rapports d'assistant parlementaire.

3:26
Jordan Bardella

Oui, oui, il l'a été. Nous avons des gens qui travaillent avec nous dans la sécurité du mouvement, qui ont aussi eu, par le passé, des fonctions militantes, qui ont aussi donné de leur temps pour le Rassemblement National. Donc oui, maintenant je m'étonne... Pour le Rassemblement National, mais pas pour le Parlement Européen, Jordan Barbella. Je m'étonne qu'à 4 semaines des élections, alors que le Modem est également concerné par ce type de reproche, non pas de la part de la justice, mais du Parlement Européen, personne n'en parle. Alors que le Modem est dans la majorité. La France Insoumise de M. Mélenchon est également concernée.

Donc le Parlement Européen, pour qui nous sommes des ennemis politiques, considère que nos assistants parlementaires ne doivent faire que du travail de fonctionnariat européen, ce qui n'est pas notre appréciation.

4:06
Présentateur

Vous passez votre temps à taper sur l'Union Européenne, sur le Parlement Européen, à critiquer l'Union Européenne, finalement vous en avez bien profité de l'argent de l'Union Européenne.

4:13
Jordan Bardella

Mais Madame Salamé, ça ne vous étonne pas qu'à chaque fois, à chaque élection, nous ressorte cette affaire ? Il n'y a jamais de condamnation judiciaire. Mais là on va voir, on va voir si la justice s'en saisit ou pas. Je vais même aller plus loin. Lorsque nous avons un garde des Sceaux, un ministre de la Justice, M. Dupond-Moretti, qui matin, midi et soir, passe son temps à expliquer, alors qu'il est le représentant de l'institution judiciaire, qu'il va peu ou prou utiliser tous les moyens qui sont à sa disposition, c'est ce qu'il explique en clair, pour battre le Rassemblement National.

Eh bien moi, je m'interroge sur la probité et sur l'étonnante concordance du calendrier entre les déclarations de M. Dupond-Moretti, du ministre de la Justice, et la proximité avec les élections régionales, où nous sommes donnés gagnants dans un certain nombre de régions.

4:55
Présentateur

Mais si un de vos collègues députés européens, Jordan Bardella, élu de la majorité, s'il est proche d'Emmanuel Macron, qu'il utilisait l'argent du Parlement européen pour préparer la campagne d'Emmanuel Macron, et non pour travailler pour l'Union européenne, ça ne vous choquerait pas ? Mais ça, ce sont vos appréciations, monsieur. Non, je vous pose une question, je vous pose une question.

5:15
Jordan Bardella

Encore une fois, ce sont les accusations non pas de la justice française, du Parlement européen. mais du Parlement européen. Donc, nous répondrons sur ce dossier à la justice française, et non pas au Parlement européen, qui est une administration, mais qui n'est pas une entité judiciaire. Alors, la justice française... Et s'agissant des proches d'Emmanuel Macron, je vous rappelle que le modem est également concerné par ce type d'analyse, de critique qui est faite par le Parlement européen, et que le modem est membre de la majorité d'Emmanuel Macron.

5:38
Présentateur

On parle, dans votre cas, de 17 élus ou dirigeants du Front National, dont Marine Le Pen, qui pourrait être poursuivie pour détournement de fonds publics, voire escroquerie en bande organisée. Qu'une candidate à l'élection présidentielle soit soupçonnée d'avoir détourné près de 7 millions d'euros, est-ce que ça n'entache pas sa crédibilité ? Est-ce que ce n'est pas un problème, quand on veut être présidente de la République, d'être soupçonnée de fraude ?

5:56
Jordan Bardella

Madame, il existe en France ce qu'on appelle la présomption d'innocence. J'ai dit soupçonnée. Voilà, donc il existe en France ce qu'on appelle la présomption d'innocence. On nous a fait le même coup pendant 5 ans, avec des accusations d'escroquerie sur les procès des kits de campagne, dont nous avons été totalement lavés et blanchis par la justice française.

6:12
Présentateur

Sur vos finances, cette fois, le Rassemblement National accuse un déficit de 23 millions d'euros. Vous n'avez pas pu rembourser le prêt russe de 9 millions d'euros. L'échéance de remboursement est repoussée.

6:23
Jordan Bardella

Le remboursement est en cours, monsieur.

6:24
Présentateur

Oui, et il est repoussé. Je vous remercie de vous en souci. Et il est repoussé. Toujours la même question, comment prétendre gérer un pays quand on ne sait pas gérer son parti ?

6:32
Jordan Bardella

Monsieur, je comprends bien qu'un certain nombre de sondages, aujourd'hui, qui nous donnent gagnants dans des élections régionales, un certain nombre de régions, qui nous donnent très très haut lors du second tour, l'élection présidentielle dérange. Voilà, et je comprends bien qu'à un an de l'élection présidentielle, comme on ne peut plus avoir débat sur le fond et qu'on ne vient plus nous opposer à la critique sur le fond, qu'on va essayer d'aller chercher sous les placards d'éventuels dossiers ou d'éventuels reproches qui pourraient nous être faits. C'est des critiques sur le fond, je vais vous répondre sur le fond. Comment on gère un parti,

6:59
Présentateur

comment on gère un pays,

7:00
Jordan Bardella

comment on gère les finances publiques ? Je vais vous répondre sur le fond. Ce n'est pas des bisbilles. Je vais vous répondre sur le fond. Nous avons une dette qui est peut-être plus importante que les autres mouvements politiques parce que Marine Le Pen, lors de la dernière élection présidentielle, a été la seule candidate, la seule candidate à la présidence de la République française, et pas la moins importante, à qui les banques françaises ont refusé de faire un prêt.

Nous sommes, à chaque élection intermédiaire, à chaque scrutin local, le seul mouvement politique pour lequel les banques, nous avons publié l'intégralité des lettres de refus, à la fois françaises et européennes, refusent de nous faire un prêt. Alors c'est vrai que lorsque nous devons nous passer des banques, nous devons faire des emprunts, nous devons contracter des prêts, auprès des Français, auprès de nos électeurs, auprès de sympathisants qui nous prêtent, avec à chaque fois un échelonnement et un remboursement de prêts. Là vous allez faire campagne pour la présidentielle, vous allez faire avec quel argent ? Eh bien, nous allons probablement recourir à des prêts.

Voilà, comme nous l'avons fait lors des élections européennes, mais vous savez, ce n'est pas très grave parce qu'on arrive à s'en sortir. Voilà, on arrive à s'en sortir, et nous arrivons, malgré ces contraintes techniques, je vous rappelle que le président de la République s'était engagé sur une banque de la démocratie à l'issue de sa campagne présidentielle, pour pouvoir permettre le financement des partis politiques. Cette promesse n'a pas été tenue. En politique, l'argent pour financer les campagnes, c'est le nerf de la guerre. Or, nous sommes contraints, c'est vrai, de nous passer du système bancaire, mais ça pose un problème de démocratie.

8:18
Présentateur

Et donc, des prêts, vous allez les faire auprès de banques russes à nouveau, de l'étranger, si les banques refusent de vous pointer ?

8:24
Jordan Bardella

Non, nous n'allons pas le faire auprès de banques russes, d'abord parce que la législation l'interdit, premièrement, pour une élection présidentielle. Et encore une fois, en 2015, ce prêt russe dont on parle beaucoup, je vais expliquer en quelques mots, pour ne pas qu'il y ait de mauvaises idées qui soient diffusées, mais en 2015, pour le financement des élections régionales, encore une fois, les banques avaient refusé de nous prêter. Nous avons demandé aux banques françaises, les banques françaises ont refusé, nous avions diffusé les lettres de refus. Nous avons été chercher des banques européennes, les banques européennes ont refusé.

Alors, c'est vrai qu'il y a une banque tchécorus qui nous a fait un prêt, pour un taux qui n'est pas un prix d'ami, vous l'admettrez, pour un taux de 6%. Donc, ce prêt va être remboursé, il n'y aura aucune difficulté là-dessus, mais voyez bien que l'impossibilité pour le Rassemblement National de trouver des prêts auprès d'un certain nombre d'établissements bancaires pose un problème de démocratie. Et nous sommes contraints, c'est vrai, de recourir à des emprunts

9:11
Présentateur

qui seront dans l'intégralité remboursés. Avant d'en venir aux élections régionales, quelques mots sur l'actualité. Ce week-end, samedi en France, il y avait 22 000 manifestants en soutien à la cause palestinienne. À Paris, la manifestation était interdite par Gérald Darmanin, qui craignait des troubles. Finalement, quelques affrontements ont eu lieu, mais l'ordre a été maintenu. Est-ce que, Jordan Bardella, vous félicitez le ministre de l'Intérieur ce matin pour sa gestion du maintien de l'ordre ?

9:37
Jordan Bardella

Je dis que lorsque vous avez des manifestations dans Paris où on hurle Allah Akbar en soutien à un mouvement terroriste, je crois qu'il est effectivement raisonnable de procéder, enfin de demander en tout cas à ce qu'elle soit interdite. Donc je crois que le ministre de l'Intérieur a eu raison. Maintenant, au-delà de cette manifestation, moi je vois deux problèmes. Le premier problème, c'est le nombre de gens dans notre pays qui soutiennent les thèses islamistes, qui soutiennent les thèses d'un mouvement terroriste comme le Hamas, et qui participent aussi de cette logique séparatise dans notre pays. Et puis derrière, il y a tous ceux qui soufflent sur les braises.

Moi, je vois toute une partie de la gauche aujourd'hui qui a sombré dans l'islamo-gauchisme et qui se complaît par électoralisme, peut-être pour soulever les musulmans de France et peut-être espérer racoler quelques voix aux élections. Et qui était Charlie, il y a encore quelques années, qui se retrouve aujourd'hui à courir derrière un mouvement terroriste qui est un compagnon de route d'être un musulman.

10:30
Présentateur

Défendre le droit des Palestiniens, c'est défendre un mouvement terroriste ?

10:35
Jordan Bardella

En l'occurrence, la cause palestinienne est un prétexte pour beaucoup pour affirmer à la fois son antisémitisme, sa haine et son rejet qu'on peut avoir de la France et de la République française. C'est votre interprétation.

10:48
Présentateur

Ce n'est pas mon interprétation.

10:49
Jordan Bardella

Lorsqu'on crie Allah Akbar dans les rues de Paris,

10:51
Présentateur

on est plus proche des thèses islamistes. Défendre la cause palestinienne, est-ce que c'est forcément défendre le terrorisme ?

10:57
Jordan Bardella

Je fais une différence entre la défense de la cause palestinienne et la défense du Hamas. En l'occurrence, samedi dernier, il s'agissait d'une manifestation de soutien au Hamas. Donc effectivement que cela pose problème. Et c'est vrai que toute une partie de la gauche aujourd'hui dans notre pays souffle sur les braises.

11:17
Présentateur

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes d'Europe. On soutient à la cause palestinienne, villes d'Europe et du monde, Londres, Rome, Berlin, Madrid, Varsovie, New York, Boston, Washington, Montréal, Toronto. Est-ce normal que le seul pays démocratique ait interdit une manifestation à Paris, soit la France ? Monsieur, ce n'était pas une manifestation

11:35
Jordan Bardella

de soutien à l'autorité palestinienne. J'ai dit à la cause. À la cause palestinienne. D'accord. Ça fait une différence parce que, vous voyez, lorsqu'on voit des images de nos forces de l'ordre qui sont attaquées, lorsqu'on voit des images de nos forces de l'ordre qui sont caillassées, lorsque l'on entend des slogans d'Ala Akbar dans les rues de Paris, eh bien oui, je crois que la décision raisonnable a été prise de l'annuler et je crois que c'est d'interdire ces manifestations en prévention d'un éventuel trouble à l'ordre public et je crois que c'était une bonne décision. Maintenant, sur le fond, ça fait 60 ans. 60 ans que tout le monde essaie de trouver une solution à ce conflit.

Rien ne justifie que des pluies de roquettes soient versées sur des femmes et des enfants dans une nation qui a droit à sa sécurité. Donc, on ne réglera pas ce conflit sur un coin de table. Mais encore une fois, il est difficile d'entamer des discussions, je vous l'accorde, avec les fanatiques du Hamas.

12:24
Présentateur

Les élections régionales, venons-en aux élections régionales puisque vous êtes tête de liste RN en Ile-de-France. Vous avez vu que Gabriel Attal est encore un ministre qui fera partie de la liste La République En Marche.

12:36
Jordan Bardella

Décidément, ils n'ont pas grand-chose à faire en ce moment, manifestement.

12:38
Présentateur

Vous avez compris pourquoi Emmanuel Macron envoie ainsi ses ministres, politise ainsi cette élection régionale. Vous avez une explication ?

12:48
Jordan Bardella

Probablement que M. Macron veut la peau d'un certain nombre de personnes, dont Xavier Bertrand, probablement. Vous voyez, on ne peut pas reprocher...

12:56
Présentateur

C'est-à-dire qu'ils envoient, pour vous, Éric Dupond-Moretti dans les Hauts-de-France, contre Xavier Bertrand ou contre vous ? Ah, certainement.

13:02
Jordan Bardella

Ah, probablement, probablement contre Xavier Bertrand. Maintenant, je pense que La République En Marche est à la ramasse dans ces élections régionales, que probablement ils ne passeront pas ou sont à la limite des 10%, c'est-à-dire le seuil nécessaire pour accéder au second tour dans un certain nombre de régions, et c'est un peu sauf qui peut aujourd'hui pour la majorité. Parce que la vérité, c'est que le parti de La République En Marche n'existe pas, et qu'ils sont contraints d'envoyer les ministres aux flambeaux.

Donc, nous pouvons remporter, en tout cas nous, un certain nombre de régions, et je dis aux Français, donnez-nous la possibilité de vous montrer ce que nous sommes capables de faire. Dans un certain nombre de villes, les électeurs l'ont fait, ils n'ont pas eu à le regretter, puisque nous avons été plébiscites dès le premier tour.

13:38
Présentateur

Valérie Pécresse est en tête dans les sondages avec plus de 30% d'intention de vote en Ile-de-France, vous êtes deuxième, avec un peu moins de 20% selon les sondages. Sur la sécurité, vous accusez Valérie Pécresse d'avoir la main molle. Elle vous répond que les élus ERN de la région n'ont pas voté son bouclier de sécurité, une convention avec le ministère de l'Intérieur pour co-financer des commissariats ou la vidéoprotection. Vous l'avez voté ?

13:58
Jordan Bardella

Nous avons voté un certain nombre d'articles au cas par cas et nous avions marqué une abstention symbolique sur la délibération dans son ensemble pour dénoncer le fait qu'aujourd'hui les collectivités sont en train d'absorber des missions régaliennes, que l'État n'assure plus en se défaussant sur les collectivités, à la fois sur les mairies et notamment les régions. Mais vous voyez, Mme Pécresse a eu la main molle en matière de sécurité et il n'y a pas un francilien qui peut affirmer aujourd'hui qu'on vit mieux en matière de sécurité qu'il y a cinq ans dans notre pays. Je vois que Mme Pécresse s'agit de beaucoup. Manifestement, tous les chemins idéologiques mènent au Rassemblement National.

Moi, je lui ai demandé de me rendre mes fiches puisqu'on voit bien qu'à quelques semaines des élections, les Républicains viennent toujours chasser sur les terres idéologiques du Rassemblement National pour faire le contraire lorsqu'ils sont aux responsabilités. Mme Pécresse le fait probablement pour faire oublier que lorsqu'elle a été la ministre du budget de Nicolas Sarkozy, elle a procédé à la suppression de 12 500 postes de policiers et de gendarmes sur le quinquennat Nicolas Sarkozy. Donc c'est bien beau aujourd'hui, si vous voulez, de venir pleurer sur le lair enversé.

La vérité, c'est que nous sommes les seuls aujourd'hui à pouvoir rétablir la sécurité dans notre pays et que si nous sommes élus, nous procéderons notamment...

14:58
Présentateur

Pourquoi elle est en tête ? Vous écoutez, pourquoi elle est en tête ? Pourquoi elle est si populaire aussi dans les sondages d'opinion si elle est si mauvaise ?

15:04
Jordan Bardella

Nous sommes, je ne vais pas vous l'apprendre, dans une région qui, électoralement et sociologiquement, vote peut-être moins pour le Rassemblement National que dans d'autres régions. Mais j'entends bien dans cette campagne électorale, continue à démontrer que nos propositions sont les bonnes et de nature à répondre aujourd'hui aux attentes en matière de sécurité. Si nous sommes élus, nous procéderons notamment à l'installation de deux agents de sécurité armée dans les gares et les stations de métro de la région.

15:25
Présentateur

Juste avant, au standard d'Inter, Régis, bonjour et bienvenue ! Bonjour, François Inter. Vous êtes gardien de la paix, je crois.

15:33
Invité

Oui.

15:33
Présentateur

Alors, on vous écoute.

15:35
Invité

C'est une question pour M. Bardella. M. Bardella, ma question est simple. Seriez-vous présent au Rassemblement Organisé par les syndicats de police le mercredi 19 mai à Paris ?

15:48
Présentateur

Merci, Régis, pour cette question.

15:50
Jordan Bardella

Jordan Bardella vous répond. Bonjour, monsieur. Oui, j'y serai, comme beaucoup d'élus du Rassemblement National et au-delà des partis politiques, comme de nombreux élus qui voient aujourd'hui que les policiers sont usés, qu'ils sont en colère, qu'ils sont devenus une cible aujourd'hui à abattre pour un certain nombre de personnes qui n'ont plus peur de la justice, qui n'ont plus peur de l'autorité de l'État. Nos forces de l'ordre vivent aujourd'hui. J'étais, moi, ce week-end dans le commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, pour rencontrer nos forces de l'ordre où un policier a encore été blessé, attaqué récemment, donc pris à partie.

Et les policiers, aujourd'hui, ils vivent avec de multiples traumatismes. Ils vivent avec le traumatisme de Magnanville, ils vivent avec le traumatisme d'Avignon, où l'un des leurs a été abattu par probablement quelqu'un qui est un récidiviste, avec Viry Chatillon, avec Charlie, avec tous ses fonctionnaires. Au mois de janvier, il y a eu un fonctionnaire de police qui a été la victime d'une violence toutes les 15 minutes. Donc, si nous arrivons aux responsabilités, nous rétablirons l'autorité de l'État et nous protégerons matériellement, juridiquement, administrativement et par le droit nos forces de l'ordre.

16:52
Présentateur

Une de vos mesures de votre programme, Jordan Bardella, pour l'Île-de-France, c'est de mettre deux agents de sécurité par gare dans toute la région, métro et RER compris. Vous étiez trompé sur BFM sur le nombre de gares dans l'Île-de-France. Je lui ai donné

17:04
Jordan Bardella

le nombre de stations de métro. Non, ce n'est pas un crime.

17:08
Présentateur

Il y en a 800, donc, maintenant, vous le savez. Donc, deux agents sur 800 gares, ça fait 1 600 agents. Vous allez financer ça comment ?

17:16
Jordan Bardella

Alors, dans un premier temps, nous allons procéder la première année à l'embauche de 1 000 agents de sécurité armée supplémentaires. Nous en avons aujourd'hui 3 000 sur les agents de la SUGE et de la police de la RATP. Ces 1 000 agents de sécurité permettront dès la première année de couvrir la raison de 4 agents par gare, puisque deux équipes de les 250 gares RER de la région dès la première année. Et nous ferons, c'est un coût d'à peu près 80 millions d'euros, et nous ferons des efforts budgétaires supplémentaires sur les années qui suivent.

17:42
Présentateur

On repart au standard. Bonjour, Marc. Ah oui, bonjour. Vous êtes juriste, me dit-on. Marc, vous êtes juriste, me dit-on.

17:49
Auditeur

Oui, à l'occasion. Oui, oui. Mais pas que.

17:52
Présentateur

Ok, alors on vous écoute.

17:54
Auditeur

Ce 17 mai, c'est la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. Alors, vous déclariez, M. Bardella, en juin 2019, le mariage pour tous est désormais un acquis. Oui. Ton tact, qu'en est-il deux ans après en ce qui concerne la PMA ? Et question complémentaire, M. Clément Beaune, ministre, voulait en mars dernier se rendre, à titre privé, dans une ville polonaise anti-LGBT. Le soutenez-vous ?

18:22
Présentateur

Merci. Merci à vous pour cette double question. La position, votre position.

18:26
Jordan Bardella

Il s'est pris manifestement les pieds dans le buzz, M. Beaune, parce qu'il n'y avait pas de zone anti-LGBT en Pologne. Moi, je considère effectivement que le mariage pour tous, comme une majorité de Français, d'ailleurs, est aujourd'hui évidemment un droit acquis. J'ai toujours été beaucoup plus réservé sur la PMA et notamment la GPA. En droit, la PMA instaurerait une discrimination entre les couples homosexuels hommes et les couples homosexuels femmes. Et évidemment, que d'ouvrir la porte à la PMA, c'est ouvrir la porte derrière à la GPA, à la gestation pour autrui, c'est-à-dire à la marchandisation du corps. Donc c'est une logique qui moi me gêne.

Je pense que la loi n'est pas faite non plus et que le droit n'est pas fait non plus pour s'adapter aux désirs illimités des uns et des autres.

19:07
Présentateur

Il y a des zones anti-LGBT en Pologne.

19:09
Jordan Bardella

D'accord. Alors je ne suis pas spécialiste, si vous voulez, des zones LGBT en Pologne. Il y en a. Il y a des zones où les maires

19:14
Présentateur

de certaines villes ont décidé

19:15
Jordan Bardella

de faire des zones

19:17
Présentateur

anti-LGBT où on n'a pas le droit de...

19:19
Jordan Bardella

De zones dans notre pays où les homosexuels ne sont pas les bienvenus et notamment un certain nombre de quartiers où il ne fait ni bon d'être homosexuel, juif ou parfois simplement d'être une femme.

19:28
Présentateur

Donc contre la PMA, c'est ce que vous nous dites aujourd'hui, et contre la GPA, c'est ça ?

19:31
Jordan Bardella

Ah, j'ai toujours été très réservé sur la PMA et la GPA, ce qui est peut-être moins le cas du mariage homosexuel.

19:36
Présentateur

Quel est votre avis sur ce qui se passe à l'Assemblée nationale ? Des députés de tous bords réclament au Premier ministre d'inscrire le droit à mourir dans la dignité à l'ordre du jour. Quel est votre avis sur l'euthanasie ? Est-ce que le Rassemblement national, s'il vient au pouvoir, légalisera l'euthanasie ?

19:54
Jordan Bardella

La France a toujours porté sous, il faut bien lui rendre d'ailleurs, sous l'influence de Léonetti, c'était l'esprit de sa loi, cet équilibre entre à la fois l'euthanasie et la prise en charge médicale. Donc nous, nous sommes favorables à ce qu'on puisse améliorer l'offre de soins palliatifs en France, dans notre pays. Moi, je trouve ça extrêmement réducteur de traiter ce débat en quelques jours, en quelques semaines à l'Assemblée nationale. Je pense que c'est un débat qui appelle aussi à la société, qui prend des mois parce que c'est un débat qui structure aussi notre civilisation et le rapport qu'on a à la mort.

Donc je pense que c'est un débat qui mérite beaucoup plus que quelques heures de débat à l'Assemblée nationale. Et surtout, nous sommes, moi à titre personnel, je suis attaché à l'esprit de la loi Léonetti. Et je pense qu'il y a de très très gros efforts à faire aujourd'hui dans le développement des soins palliatifs en France. Et on pourrait notamment par exemple autoriser la reconnaissance du cannabis à usage thérapeutique.

20:50
Présentateur

Ah, vous êtes favorable ?

20:51
Jordan Bardella

À usage thérapeutique, j'y suis favorable.

20:53
Présentateur

Jordan Bardet, la question sur l'appli Inter. Jean, peut-il préciser les régions où il pense remporter les élections régionales ?

20:58
Jordan Bardella

Partout.

20:59
Présentateur

D'accord. Partout. Sauf en Ile-de-France. Vous nous avez essayé, vous êtes compliqués.

21:03
Jordan Bardella

Je compte bien remporter la présidence de la région Ile-de-France dans quelques semaines. La vérité, c'est que nous pouvons remporter aujourd'hui plusieurs régions. Alors un certain nombre ailleurs. Je crois que nous allons remporter des régions. Je dis juste aux Français, on est un an de l'élection présidentielle. Nombreux sont ceux à ne pas souhaiter la réélection d'Emmanuel Macron parce qu'ils savent que la réélection d'Emmanuel Macron serait un nouveau quinquennat de chaos, de désordre et de violence dans notre pays et qu'il menacerait en tout cas la paix civile. Donc je dis que ce travail, il commence dès les élections régionales.

Partout où nous avons été dans les mairies en capacité de faire nos preuves, nous avons été réélus dès le premier tour. Alors je dis aux Français, vous avez essayé la droite, vous avez essayé la gauche. Nos idées sont celles d'une grande majorité de Français. Alors essayez-nous et faites-nous confiance.

21:45
Présentateur

Baïja sur l'application d'Inter pose la question suivante. Si Marine Le Pen est élue en 2022, quel ministre du gouvernement actuel serait RN compatible ? Aucun malheureusement

21:57
Jordan Bardella

pour répondre, enfin en tout cas malheureusement pour répondre à votre auditrice. Mais en tout cas nous aurons et nous travaillons dès maintenant avec beaucoup de gens qui viennent de la droite, qui viennent de la gauche. Nous avons investi pour rebondir sur la question des régionales, notamment en Occitanie. Jean-Paul Garraud qui est magistrat, qui vient des Républicains, qui a été le père du parquet national antiterroriste. En PACA, Thierry Mariani qui est un ministre de Nicolas Sarkozy.

22:22
Présentateur

Marie-Caroline Le Pen numéro 2 de votre liste.

22:25
Jordan Bardella

Qui est numéro 2 également sur ma liste.

22:26
Présentateur

A la fin des fins, ça reste quand même une PM familiale. Pourquoi ça reste ?

22:31
Jordan Bardella

Mais ça c'est votre avis madame. Marie-Caroline Le Pen elle a été conseillère régionale pendant 3 mandats. C'est-à-dire pendant plus de 18 ans en Ile-de-France. Elle a une connaissance des dossiers, une connaissance technique de la région qui dépasse probablement celle que nous avons nous autres, tous les autres candidats. Moi qui n'ai qu'une modeste expérience de 5 ans à la région Ile-de-France. Eh bien merci Jordan Bardella d'avoir été à notre micro ce matin.

Nous avons aussi d'ailleurs certains de vos confrères comme Philippe Ballard qui a été journaliste pendant plus de 26 ans sur une grande chaîne d'info et qui a fait le choix d'être candidat parmi nous et de conduire notre liste à Paris. Merci Jordan Bardella.

23:01
Présentateur

Merci à notre micro et d'avoir dialogué avec les auditeurs d'Inter. France Inter Sous-titrage Société Radio-Canada