Interview sur LCI : "Il faut que les travailleurs soient maîtres de leurs luttes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:52OuverteRéponse partielle
Est-ce que la gauche française dans son ensemble ne devrait pas mettre de l'eau dans son vin ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Est-ce que vous n'êtes pas dépité de voir la situation de la gauche en France ?
- 5:37FerméeRéponse directe
Vous êtes de droite alors Jean-Pierre Mercier ?
- 8:54OuverteRéponse directe
Ça vous étonne pas que 84% des Français refusent de travailler des jours fériés supplémentaires ?
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Je suis en compagnie de Jean-Pierre Mercier. Bonjour Jean-Pierre Mercier. Bonjour. Qu'est-ce que vous diriez sans filtre là de de l'avenir politique de François Baou ? Euh qu'il est qu'il est très incertain, qu'il est sûrement bouché. En tout cas, il aura ce qui mérite si il devait être contesté dans la rue et dans les dans les entreprises par la grève. Qu'est-ce qu'il mérite ? Il mérite euh euh de déclencher une grande reposte générale euh dans le pays, rassemblant tous les travailleurs, les actifs, mais aussi les retraités, les chômeurs, tous ceux qui n'ont que leur salaire, leur allocation ou leur pension de retraite pour vivre parce qu'il leur a déclaré la guerre et que quand on nous déclare la guerre et bien il faut réfléchir,
militer, s'organiser pour y répondre. Euh vous vous parlez de François Baou comme si c'était Margarette Toucher ou Ronald Rean. Il il a pas été un premier ministre qui a altéré la condition ouvrière en France quand même. Si il participe, il est il est la suite d'une longue liste de premier ministres, de présidents de la République, de gauche comme de droite qui ont qui ont participé et qui participent aujourd'hui à l'appauvrissement euh d'une manière scandaleuse de l'ensemble du monde du travail, de ceux qui cherchent à travailler, de ceux qui se tuent au travail ou de ceux qui se sont tués au travail. J'entends les j'entends les retraiter et il fait partie aussi de de cette caste politique de politiciens qui
protège euh les grands capitalistes de ce pays, les familles Peugeot, Boloré, Bernard Arnaud et compagnie qui eux voient leur fortune exploser en France. Et c'est cette fracture aujourd'hui qui est plus possible à vivre. Et la dernière attaque, c'est le plan Bérou. Ce qu'on appelle le plan Bérou pour essayer de trouver 44 milliards dans les poches du monde du travail, elle doit passer. Hm. Euh et la la politique, ça se fait autour de la de la h d'une espèce de de consensus. Euh là, le consensus quand je vous écoute, il est difficile à envisager. Comment vous pouvez être consensuel quand on vous dit que vous allez mettre 2 jours fériers, travailler, que vous allez mettre 3 jours de carence pour
tout le monde et pour le privé, c'est 3 jours de carence supplémentaire. Euh comment vous pouvez être consensuel quand vous vous attaquez aux retraités euh au aux gens euh qui sont qui n'ont pas les moyens de se soigner et qui euh heureusement qu'il y a la sécu. Euh comment comment vous pouvez être consensuel quand vous déclarez la guerre à tous ceux qui font la richesse de ce pays ? Euh bien sûr qu'on peut pas être consensuel. Alors oui, François Berou est très consensuel avec le grand patronat, ça c'est certain. il comprend ses intérêts, il comprend il a une feuille de route, j'appelle ça un peu la liste de Noël sur sa table et bien sûr c'est c'est toutes ces revendications du patronat qui est aujourd'hui qui sont aujourd'hui mises en œuvre et le pire
est à venir je crois vous savez une des grandes revendications du patronat c'est de complètement casser de finir de casser le code du travail et je crois que François Berérou a ça aussi dans la tête par ordonnance ce qu'on appelle les détails. les détails qu'il a discuté cet été avec le grand patronat, c'est de réduire à néant tout ce qui fait encore un tout petit peu les droits collectifs de l'ensemble du monde du travail. Donc là, on va on en a pas fini d'en d' dans baver, il faut qu'on arrête d'en baver. Jean-Pierre Mercier, vous êtes, je le rappelle, délégué syndical sud Stellanti à Poissie, porte-parole de lutte ouvrière. Je vous poser une question qui va un peu vous agacer mais je vous la pose. Est-ce que la gauche française dans son ensemble là, je parle pas du
combat syndical devrait pas mettre de l'eau dans son vin ? Parce que quand on regarde les statistiques, on se rend compte que la France, les Français euh constituent le peuple le plus redistributif du monde. On est ceux qui redistribuons le mieux. Alors c'est sans doute pas parfait, mais enfin les contribuables français font le boulot. On se rend compte que la durée euh annuelle du temps de travail, bah elle est peut-être plus faible chez nous qu'ailleurs. On se rend compte que finalement sur le plan social, on n'est pas si mal. Et est-ce que c'est le moment là en cette rentrée 2025 de demander plus de social alors que l'économie française a du mal à sortir la tête de l'eau ? C'est d'autant plus le moment que la situation du monde du travail est de pire en pire. H
oui, c'est le moment de demander des comptes aux riches, c'est le moment de demander des comptes aux milliardaires, à ces gros capitalistes qui se gavent, qui pillent, qui vident les caisses publiques. 211 milliards d'a annuelles sont déversé principalement dans les caisses des grandes entreprises qui font bénéfice sur bénéfice, qui n'ont jamais été aussi riches, ça dégouine de tous les côtés et derrière qui continuent à supprimer des emplois, fermer des usines et à licencier. Mais non, c'est pas possible d'accepter ça. Non, il faut absolument renverser la tendance. Il faut renverser le rapport de force et ça ça ne peut passer ça ça ne peut pas passer par l'Assemblée nationale. Ça ne passera obligatoirement que sur le terrain où les travailleurs sont les plus forts, c'est-à-dire
principalement les entreprises et la rue. H est-ce que vous êtes pas dépité vous syndicaliste homme de gauche de voir la situation de la gauche en France que ce soit la gauche syndicale ? Ce mouvement du 10 septembre qui est sorti de ne sais où d'ailleurs bloquer la France le 10 septembre. Il y a même des organisations vaguement d'extrême droite qui le soutiennent. D'où ça vient ? Sophie Binet de la CGT dit "Bon dieu, je oui, on va le regarder de près mais on sait pas trop d'où il vient ce mouvement du 10 septembre." Bref, on sait pas tel on a on a le sentiment que la gauche française est désunie, désorganisée, qu'elle ne s'entend pas. Euh et alors pour pour trouver le nom d'un éventuel Premier ministre, alors là, j'ose même pas évoquer le sujet tellement c'est le sou comme on dit
trivialement. Donc j'imagine que pour l'homme de gauche, le combattant révolutionnaire que vous êtes, le syndicaliste que vous êtes, c'est assez démoralisant. Non, surtout pas. Mais d'abord une précision, je suis pas de gauche. Oui, je suis révolutionnaire mais je suis pas de gauche. Cette famille de la France insoumise, des écolo, des vers, des du Parti socialiste, c'est pas ma famille pour Ah, vous êtes de droite alors Jean-Pierre Mercier ? Non non, je suis ni de gauche ni de droite. Vous êtes centrist comme Baou, surtout pas communiste révolutionnaire. C'està-dire que je suis convaincu que c'est ce que je vous disais à l'instant, c'est par le rapport de force que les travailleurs peuvent changer leur vie. C'est pas par le bulletin de vote, c'est pas à travers l'Assemblée nationale. Et
que la gauche soit divisée, qu'elle se tire dans les pattes, qu'elle se débrouille. Qu'elle se débrouille. Quand elle était au pouvoir, elle nous a mis un couteau dans le dos, elle nous a cassé les pattes. Elle a fait mesure antisociale sur mesure antisociale. Alors elle a eu ce qu'elle mérite au niveau électoral. Maintenant qu'elle en paye le prix, c'est pas mon affaire et c'est pas l'affaire des travailleurs. Notre affaire de travailleur justement par rapport à ce 10 septembre. Oui, on sait pas d'où ça vient. sans doute qu'il y a des réseaux d'extrême droite qui sont derrière ça, mais pas que. Pas que parce que en France dans les entreprises, bien sûr que ça discute énormément. Je vais vous dire, je vais mettre les pieds dans le plat, ça discute avec un peu un un mot d'ordre,
pas de syndicat, pas de parti politique. On veut pas se faire récupérer. Oui, il faut pas qu'on se fasse récupérer. Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que il faut que les travailleurs soient maîtr leur lutte, soient maître de leur mobilisation. Il faut qu'il s'organise en s'affranchissant des cadres syndicaux et des partis euh politiques des politiciens qui sont à l'assemblé comité salut public comité de lutte moi je dirais plutôt comité de lutte parce qu'on est aujourd'hui en France en 2025 mais oui il y avait cette il y a cet esprit de de ce que je défends de comité de salut publique. Oui. salutaire qu'il faut que les travailleurs s'organisent indépendamment, pas contre les syndicats, pas contre les les partis politiques, mais indépendamment de de
des grands chefs syndicaux et puis de ces politiciens qui palabrent à l'Assemblée nationale. On ne veut rouler ni pour Mélenchon, ni pour la CGT, ni pour l'extrême droite. Il faut que les travailleurs roulent pour eux-mêmes. C'est rare la enfin la tradition révolutionnaire française, elle est elle s'est amenuisée au fil de l'histoire. Il y a peu de dirigeants politiques, il y a peu de dirigeants syndicaux qui répondent à une question comme celle que je vous ai posé tout à l'heure en disant "Je ne suis ni de gauche ni de droite, je suis un révolutionnaire. Vous voulez la révolution en France ?" Oui. Et ça passe. Et c'est et c'est c'est normal parce que c'est la seule solution. On est nous sommes des travailleurs. Sans nous, il y a pas de richesse. Aucune activité économique ne
peut ne peut ne peut se développer. On est à la base de tout. On se fait commander à l'entreprise par des chefs, des directeurs, des PDG et dans les mouvements sociaux, dans les combats, on se ferait euh commander par des chefs syndicaux, par des par des chefs de partis politiques qui n'aspirent qu'à une seule chose, c'est qu'on aille retourner dans l'urne et puis que les uns et les autres soient premier ministre ou ministre tout simplement. Non, ça ça doit s'arrêter et ça doit s'arrêter bah le 10 septembre, je sais pas ce qui va se passer. En tout cas, moi j'en serai je serai véritablement, je pense, on va en discuter dans dans l'usine, mais oui, moi je pense qu'il faut qu'on soit tous en grève le 10 septembre pour que ça soit le début d'une mobilisation bien plus générale,
bien plus massive, mais surtout il faut qu'on s'organise indépendamment pour qu'on reste maître de notre affaire, pour qu'on reste maître de la défense de nos intérêts. Merci Jean-Pierre. remercier. Dans un instant quand même, nous allons parler sur LCI de ce rapport des Français au travail à travers ce sondage qui dit que 84 % des Français ont dit "Non, nous ne voulons pas travailler de jours fériers supplémentaires pour faire économiser quelques milliards au budget de la nation." Bon, ça vous étonne pas ? Non. Et c'est pas une surprise bien sûr. Et ils ont bien raison, c'est 84 %. Écoutez dans à l'usine de poisson, on a travaillé le 8 mai cette année. Bah, on avait une majoration. Là, ça voudrait dire qu'on vient travailler le 8 mai sans sans sans sans majoration.
Bah, c'est le patron qui est gagnant et c'est nous qui sommes pardons. Pas question d'accepter ça. Merci d'être venu euh Jean-Pierre. Merci à sans filtre.