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speechyoutube.com· 8 mai 2026 13 min

Jordan Bardella - Allocution du 8 mai

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jordan Bardella

Mesdames et messieurs, mes chers compatriotes, mes chers amis, il est des dates qui ne s'effacent jamais de notre histoire. Des dates inscrites dans notre conscience collective mais aussi dans celle de l'Europe et du monde. Des dates qui continuent des décennies plus tard à parler à nos consciences parce qu'elles rappellent ce que l'homme peut accomplir lorsqu'il refuse la servitude, l'abaissement et la barbarie. Des dates qui nous obligent à un devoir de mémoire parce qu'elles portent en elles les valeurs qui nous sont les plus précieuses. Le respect de la dignité humaine, la liberté des peuples et l'aspiration à la démocratie. Le 8 mai 1945 est de celle-là.

Ce 8 mai 1945, il y a 81 ans jour pour jour, vit la défaite et la capitulation de l'Allemagne nazie après six années d'une guerre dont la cruauté et la barbarie demeurent sans égale dans l'histoire de l'humanité. Ce jour-là, les nations libres vinrent une fois encore briser les ambitions de domination qui menaçaient d'asservir notre continent. Ce jour-là, après des années de combats, de sacrifices et de souffrances indicibles, le 3ème Reich capitulait face aux alliés. Les armes qui avaient semé la terreur, la destruction et la mort finirent par se taire.

Derrière le silence retrouvé demeurait un continent meurtri, des villes détruites, des peuples endeuillés, des millions de vies brisées par la guerre, le fanatisme et l'entreprise totalitaire du régime nazi. L'Europe sortait alors exsangue de l'épreuve et pourtant, malgré les ruines, malgré les cicatrices encore béantes, elle demeurait debout. Debout parce que les hommes et les femmes avaient refusé de céder face à l'ennemi. Debout parce que la liberté, l'humanisme et le respect de l'homme avaient finalement triomphé de la tyrannie et du sang. La victoire de 1945 n'est pas seulement une victoire militaire.

Elle est d'abord celle de la civilisation sur la barbarie, de la lumière et de la fraternité sur les ténèbres, des peuples libres contre le projet fou d'un empire éternel. Ce prétendu empire appelé à vivre mille ans, bâti sur la violence, la terreur et la négation, fut finalement vaincu par le courage de ceux qui refusèrent de plier. Et c'est là, sans doute, la plus grande leçon que nous livre le 8 mai 1945. Aucune puissance, si brutale soit-elle, ne peut durablement triompher d'hommes et de peuples déterminés à demeurer libres. 1939-1945 sont des années noires pour la patrie.

Elles sont celles de l'épouvantable humiliation de 1940, celles du long martyr de l'occupation allemande, mais aussi, en parallèle, celles des lâchetés d'un régime indigne et sans légitimité aucune. Le régime de Vichy ne fut pas seulement le triste visage de la résignation et de la soumission à l'ennemi. Il fut aussi, et c'est impardonnable, celui de la collaboration avec l'occupant et de l'acceptation du pire. Celui de la participation directe de l'État français à l'effroyable entreprise de mort qui se répandit sur l'Europe, aux exécutions, aux destructions, à la déportation depuis le seul Français, puis à l'extermination de millions de Juifs partout en Europe.

Des maisons rasées, des familles décimées, des trains sans retour, des vies anéanties. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants furent emportés dans ce qui restera comme l'une des plus sombres et des plus cruelles tragédies de l'histoire humaine. Cette tragédie, mesdames et messieurs, nous oblige encore aujourd'hui. Elle nous interdit d'effacer de nos mémoires l'abîme moral et humain dont nous sommes revenus. Elle nous interdit de ne pas témoigner des désastres auxquels peut conduire la folie des hommes mélangés au mépris de la vie humaine. De 1940 à 1945, notre terre française fut le lieu à la fois de ce que l'homme peut produire de plus terrible et de plus admirable.

A l'horreur des persécutions, des massacres et de la barbarie répondirent ainsi le courage des résistants, l'abnégation des combattants et la grandeur silencieuse de ceux qui choisirent, au prix de leur vie, de rester fidèles à l'honneur de la patrie et à sa liberté. Dans les heures les plus sombres de l'histoire, surgit aussi ce que l'âme humaine a de plus noble. La fraternité face à la peur, l'héroïsme face à la violence, le sacrifice de soi face à la servitude. Aux heures de souffrance et de lâcheté ont répandu de prodigieux épisodes de vertu et de gloire, à commencer par la magnifique et décisive action de ceux qui ont dit non, celle de la France libre et de son armée des ombres.

Ces 128 marins de l'île de Saint, qui furent les premiers à rejoindre le général de Gaulle à Londres, comme tous ces résistants anonymes. Les légionnaires de Birakeim, comme les étudiants qui manifestèrent à l'Arc de Triomphe ce 11 novembre 1940. Les soldats de la 2e DB, comme ceux des Maki. Les bérets verts du commando Kiefer, comme les clandestins du Conseil National de la Résistance. Les as de l'escadrille normandine-Yémen, comme les organisateurs des filières d'évasion ou de renseignement. Ceux qui se bâtirent pour la libération de la patrie, comme ceux qui refusèrent de parler sous la torture, ne défendaient pas seulement une frontière.

Ils défendaient une certaine idée de l'homme, de la civilisation et de la France elle-même. Une France libre de son destin. Une France fidèle à sa parole. Une France qui refuse l'abaissement lorsque d'autres choisissent la soumission. Comment oublier tous ces héros de la France, Français de métropole, d'outre-mer, des colonies ou de l'étranger qui furent en ces moments tragiques de notre histoire, non seulement des artisans du sursaut, mais par-dessus tout les gardiens de l'honneur. Les sables du désert aux plages du débarquement, des montagnes d'Italie jusqu'aux plaines et aux neiges d'Allemagne, des maquis cachés dans nos forêts aux réseaux clandestins des grandes villes.

Ils furent des milliers à maintenir vivante la flamme de la nation française. Dans leur cœur comme dans leurs actes, ils portent cette fidélité française qui, à travers les siècles, pousse notre peuple à refuser la défaite. Une force intérieure qui permet aux nations de survivre, même lorsque tout semble perdu, qui nous rappelle de ne jamais céder aux événements ou aux découragements passagers, de ne jamais consentir au renoncement. Le leg de ces héros français d'hier est immense. Et plus encore que la paix elle-même, ils nous transmettent l'obligation profonde de la préserver et de la faire vivre 81 ans plus tard. Une paix fondée sur le respect entre les peuples.

Une paix fondée sur la coopération libre et respectueuse des nations d'Europe. Une paix fondée sur une certaine idée de l'homme. La reconnaissance de la dignité de chaque citoyen et de chaque citoyenne. L'égale considération due à chaque peuple. Et le droit pour chaque nation de demeurer souveraine de son destin. La paix véritable, mesdames, messieurs, nous le savons, ne peut durablement exister dans l'humiliation des peuples ou dans leur effacement. Elle exige de la lucidité et de l'indépendance.

Elle commande à une nation de demeurer maîtresse de ses choix, fidèle à ses intérêts fondamentaux et attentifs, à ne jamais se laisser entraîner dans des affrontements, des guerres ou des conflits qui ne seraient pas les siens. Dans un monde redevenu instable, traversé par de nombreuses tensions, les dirigeants politiques portent une responsabilité particulière, celle d'agir avec sang-froid, discernement et fermeté afin de préserver la paix et la sécurité des Français et l'indépendance de la nation. Car la voie de la France n'a jamais été celle de l'effacement ou de l'alignement, mais bien celle d'une puissance libre, consciente de ses devoirs et autonome dans ses décisions.

Alors oui, nous qui n'avons pas connu la guerre sur notre sol, nous qui n'avons pas connu deux guerres, nous savons ce que nous devons à nos héros d'hier. Ce matin, j'ai assisté à la cérémonie patriotique aux côtés de notre maire de la Flèche, Romain Lemoyne. Nous nous sommes retrouvés avec les Fléchois dans le recueillement pieux et déférent devant les martyrs de la liberté. Ces noms glorieux, gravés pour l'éternité dans la pierre de nos monuments aux morts, partout sur le sol français. Exemples d'engagement et de sacrifice, de combat et de victoire, ils sont pour nous une source d'aspiration dans le présent.

Ils viennent nous rappeler que pour la France, pour nos enfants, il n'est pas de petits combats que tous méritent d'être conduits, quand bien même rien ne porterait à croire la victoire imminente. A l'évidence, il n'y a que les combats que l'on ne mène pas, que l'on est sûr de perdre. Même si aujourd'hui, la France n'a pas connu de défaite militaire formelle à l'image de la débâcle de 40, nous avons tous le sentiment que le pays connaît un lent naufrage qui l'attire progressivement vers l'abîme. Ce naufrage est matériel quand la France est déclassée. Il est économique quand la France est surclassée. Il est territorial lorsque la France est submergée.

Il est moral quand la France est déconsidérée. Pour autant, mesdames et messieurs, je vous appelle à ne jamais rien céder, ni au fatalisme, ni au renoncement. L'avenir de la France n'est jamais écrit d'avance et les grandes renaissances nationales commencent souvent au moment même où beaucoup croient qu'elles ne sont plus possibles. À l'heure des doutes et des inquiétudes, inquiétudes que beaucoup de Français ressentent aujourd'hui avec sincérité et surtout avec gravité, notre génération porte à son tour une responsabilité historique. Cette responsabilité dépasse les parties, les intérêts personnels et les querelles secondaires.

Elle concerne tous les Français, jeunes ou moins jeunes, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent. L'histoire, nous le savons, nous place tôt ou tard devant un choix décisif. Celui du sursaut et du redressement ou alors celui de la faillite et de l'abandon. C'est pourquoi, pour conclure, mes amis, je vous exhorte à mener avec nous et sans attendre les combats politiques patriotes qui sont les nôtres. Ces combats de pensée et d'idées, de terrain et de scrutin qui décideront dans quelle direction ira la France ces prochaines années. Tout de suite, les élections sénatoriales avec l'objectif d'avoir à l'automne un groupe patriote dans la Haute Assemblée.

Demain, la mer des batailles, la présidentielle en avril 2027 et son corollaire, les élections législatives en juin. Dites-vous que chaque bataille, chaque victoire, même minime, nous rapproche du but ultime, celui du grand dessin national qui dicte chacune de nos actions le redressement de la France. Bien sûr, il y a toujours une bonne raison de ne pas faire, de ne pas s'engager, de ne pas participer au combat militant. Le travail, les obligations, la famille, le temps libre auquel on ne veut pas renoncer, tout cela est compréhensible et même louable.

Mais en ces heures où le sursaut ne repose que sur les épaules des plus lucides, des plus vaillants et des plus entreprenants, il n'est pas temps de reporter à plus tard la tâche que nous, patriotes, avons à assumer aujourd'hui. Pour les enfants de France, il n'y a pas d'autre option que l'engagement patriote. Et dans le combat pour la France, il n'y a pas d'autre option que la victoire. C'est la voie que nous proposons au pays. Pour chacun et chacune, elle sera celle de l'honneur. Pour Notre-Dame la France, elle sera celle de la grandeur. Honneur à nos héros. Vive la République et vive la France. Merci.

12:39
Locuteur

Merci. Merci. Merci.