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interviewC à vous (sur YouTube)· 5 mai 2026 9 min

Antoine Reinartz, sa bataille des castings

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

avec beaucoup d'attention. Le bonus de Louis. Ce soir, un acteur qui porte chance. - L.Amar: C'est vous, Antoine.

Presque à chaque fois qu'un de vos films est en compétition officielle au Festival de Cannes, il repart avec un prix. Ca a commencé il y a bientôt 10 ans avec "120 battements par minute", qui raconte le combat contre le sida des militants d'Act Up au début des années 90. On va vous voir monter les marches du Festival de Cannes pour la 1re fois.

A l'arrivée, "120 battements par minute" repart avec le Grand prix. Puisque vous êtes un talisman, ça recommence en 2023 avec "Anatomie d'une chute", qui remporte la Palme d'or. Vous y interprétez l'avocat général qui essaie de démontrer la culpabilité du personnage principal.

Elle est accusée d'avoir tué son mari. Après le Festival de Cannes, "Anatomie d'une chute" remporte beaucoup d'autres grands prix internationaux, 2 Golden Globes, meilleur scénario et meilleur film étranger, et l'Oscar du meilleur scénario. Vous étiez aux Etats-Unis avec l'équipe pour cette grande tournée.

Vous n'aviez pas exactement la même apparence que lors du tournage. Certaines personnes ne vous reconnaissaient pas, comme J.Moore. - A.Reinartz: Je suis dégoûté.

Je me rendais compte d'à quel point tous les Américains étaient curieux. Ils avaient tous vu le film. Ils nous sautaient dessus.

On me parlait pas. J'avais le crâne rasé, dans le film. Personne ne m'adressait la parole.

Je pouvais pas dire: "J'ai joué dans le film!" - A.-E.Lemoine: "C'est moi, le procureur!" - L.Amar: Vous avez souvent changé votre apparence.

On voit aussi dans la série "Tapie", où la coiffure n'est pas du tout la même. Vous portez une choucroute. - A.Reinartz: Ca a été tourné en même temps. - A.-E.Lemoine: Donc perruque. - A.Reinartz: On ne dévoilera rien.

Non, tout est réel, toujours. - L.Amar: Il y a aussi le dîner des Golden Globes.

Vous vous retrouvez à la table de T.Hanks et d'E.Stone.

Comment on se sent? On arrive à parler normalement? On est intimidé? - A.Reinartz: Franchement...

Il y a juste B.Pitt. J'ai jamais réussi à lui parler normalement.

J'étais à un buffet et j'étais en mode... "C'était hyper émouvant, hier." Il m'a dit: "Merci.

Good luck to you." Fin de l'histoire. Il y a une grosse différence entre les Américains et les Anglais.

Les Américains, il y a une façon d'être très rapide, très jovial, mais ça reste très vite. Les Anglais... - A.-E.Lemoine: C'est professionnel et moins authentique. - A.Reinartz: Les Anglais vont très loin dans "tu fais quoi?" Moi, j'ai utilisé tout mon stock d'anglais avec les Ricains.

Avec les Anglais, il faut nourrir. - A.-E.Lemoine: 2 films primés à Cannes et 2 rôles que vous avez obtenus après avoir bataillé.

C'était le cas pour "120 battements par minute". 9 mois de casting. Vous avez dû convaincre R.Campillo que ce rôle était fait pour vous.

Idem pour "Anatomie d'une chute". Le rôle de l'avocat général était à l'origine écrit pour une femme. Vous avez convaincu J.Triet que c'était vous qui deviez l'incarner.

Elle a changé le genre du rôle pour vous. - A.Reinartz: En plus, c'était des rôles où j'étais convaincu que c'était pour moi.

Je ne sais pas quoi dire là-dessus. C'était des combats. - L.Amar: On revient à Cannes.

Vos films ont été primés. Vous, vous n'avez pas encore reçu de distinction individuelle. Pour le jour où ça arrivera, V.Lindon a un conseil à vous donner. - V.Lindon: J'ai fait au plus lent possible.

M.Platini m'avait dit: "Si un jour tu gagnes quelque chose, on a tous fait la même erreur. Je t'en supplie, marche doucement.

Fais les choses doucement. Après, on rentre chez soi et on se demande pourquoi on n'a pas savouré." Mais c'est impossible.

J'ai eu l'impression qu'il y avait 2 seringues avec 700 g... 700 kg de poppers dans mes 2 pieds.

C'est une montée...

C'est comme les cristaux dans "Breaking Bad". On prend feu. - L.Amar: Il faut savourer.

Un prix, ça change une carrière, mais ça ne fait pas tout. Encore faut-il durer. C'est ce qu'expliquait B.Magimel, prix d'interprétation masculine pour "La Pianiste". - B.Magimel: Je pensais: "Calme-toi.

Il y a des mecs qui l'ont eu et on les a pas revus après. C'est pas sûr que ça va marcher." Il faut prendre ça comme un encouragement. - L.Amar: Vous êtes d'accord avec lui? - A.Reinartz: C'est un bel encouragement.

J'ai l'impression qu'il faut pas se dire "il faut que je savoure ce moment". C'est une grosse responsabilité. On est devant pas mal de téléspectateurs.

On savourera après. On a le temps. Rien n'est acquis.

B.Magimel, il a bien fait. Il est resté humble.

Il est toujours là. Il est sur des très beaux projets. - A.-E.Lemoine: Vous aimez les poireaux-vinaigrette? - A.Reinartz: J'adore! - A.-E.Lemoine: Ca tombe bien, c'est le menu du dîner préparé par L.Winandy, cheffe belge qui a l'honneur de cuisiner pour vous ce soir.

Je vous en prie, soyez les bienvenus à la table. Julia, vous êtes à côté de Leslie. C'est écrit "Julien"? - J.de Funès: J'ai pas encore transitionné. - A.-E.Lemoine: Des poireaux-vinaigrette belges. - L.Winandy: Je les ai achetés en France, mais avec une touche de gourmandise belge. - A.-E.Lemoine: Un mot, chère Hoshi, sur la maladie qui vous a été diagnostiquée en 2018, qui provoque des vertiges, des acouphènes et une perte d'audition.

Vous en avez parlé dans votre chanson "Fais-moi signe", sortie en 2020. Vous l'avez interprétée sur scène avec Ninon, une candidate malentendante de "The Voice Kids", qui signe vos paroles. - Hoshi: Si j'ai les images et plus de son, fais-moi signe. - Sois le sous-titre de ma prison. - Hoshi: Offre-moi mes derniers frissons.

Fais-moi signe. - Fais-moi signe. Deviens ma dernière chanson. - Hoshi: Fais-moi signe.

Fais-moi signe. - A.-E.Lemoine: Un moment magnifique et forcément particulier. - Hoshi: Ca m'émeut de revoir ça.

C'est des handicaps invisibles. J'en souffre toujours, évidemment. Ca se guérit pas, la maladie de Ménière.

J'ai appris à la gérer différemment. Le stress simplifie énormément le manque de sommeil. J'étais dans une période de ma vie où j'allais pas bien.

Je pense que ça empirait les crises. Aujourd'hui, j'arrive à vivre avec à peu près correctement. Par contre, quand je vois ce genre de moment, je me dis que ça parle à des gens.

Cette maladie reste avec moi, mais j'essaye d'en faire une force. - A.-E.Lemoine: Antoine souffre aussi de graves problèmes d'audition.

Vous en avez souffert, notamment d'acouphènes et d'une hyperacousie, depuis une expérience sur scène où vous avez été soumis à une très forte intensité sonore? - A.Reinartz: Oui.

J'ai l'impression qu'on n'en parle pas forcément en bien, de ces troubles. On se dit: "Si je perds l'audition, je mets des appareils." C'est beaucoup plus difficile que ça.

Ca agit sur le psy. On ne supporte plus les sons forts. On ne supporte plus le silence.

On n'a plus de silence, donc on se questionne sur notre capacité à réfléchir. On a l'habitude de réfléchir dans un silence total. D'un coup, ce silence n'existe plus.

On peut vite monter dans les tours. - A.-E.Lemoine: Vous avez su très vite ce dont vous souffriez? - A.Reinartz: Non.

On se dit que c'est possiblement passager. Au bout de 3 mois, on se dit que c'est le tout début. Ca fait 3 mois qu'on bosse plus, qu'on a tout arrêté... - A.-E.Lemoine: Ca vous a obligé d'arrêter de travailler? - A.Reinartz: Pendant plusieurs mois.

Après, on s'habitue. On reformate toute sa vie autour de ça. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir accepté notre invitation à dîner. "Bonjour docteur" est disponible, en attendant l'album de Hoshi. "Pensées distinguées" sera disponible demain dans toutes les bonnes librairies.