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interviewBFM TV (sur YouTube)· 20 décembre 2025 13 min

Épidémie de grippe: Stéphanie Rist, ministre de la Santé, fait le point sur la situation en France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On va passer à la grippe, la grippe qui s'invite à Noël. Toute la France est en alerte rouge, plus de 30 000 hospitalisations et c'est François Bayrou lui-même qui a été hospitalisé la semaine dernière. Vous voyez cette carte toute rouge, François Bayrou lui-même qui a été hospitalisé pour une grippe sévère.

Sommes-nous face à l'une des pires épidémies depuis des années ? Ce soir nous sommes avec Benjamin Davido. Bonsoir monsieur infectiologue à l'hôpital Raymond Poincaré des Garches avec Mathias Wargon, médecin-chef des services des urgences du centre hospitalier de La Fontaine.

Dans un instant vous allez pouvoir poser des questions, dialoguer avec la ministre de la santé qui sera notre invité, mais tout d'abord une question sur effectivement cette grippe qui se monte assez précoce cette année et qui déborde complètement les hôpitaux. Est-ce que votre hôpital est en tension ce soir Mathias Wargon ? Alors mon hôpital est en tension depuis deux semaines, c'est pas que la grippe mais il est en tension mais comme tous les ans à cette époque de l'année un peu plus cette année je suis pas sûr que ce soit la grippe et quant à cet épisode de grippe on regardait les stats avant de rentrer sur le plateau, on a pas l'impression que ça soit la plus grande épidémie du siècle ou ce genre de choses, on est à peu près dans les chiffres habituels sauf que comme l'hôpital va mal ça se voit.

Ouais l'hôpital va mal et peut-être que le gouvernement n'a pas peut-être assez communiquer là-dessus, notamment sur la vaccination des soignants ? Ah mais ça, ça fait longtemps que je le dis qu'on ne communique pas du tout sur la vaccination des soignants. Les soignantes se vaccinent pas contre la grippe.

Il y avait Yannick Nöder, c'est-à-dire le ministre de la santé d'avant il faut suivre parce que ça change très très vite mais qui avait déjà parlé de ça il y a 20 % des soignants qui se vaccinent contre la grippe, moi dans mon service les médecins se vaccinent un peu contre la grippe les autres soignants pas du tout. Une petite question, monsieur, sur le variant K, effectivement, qui est très important aujourd'hui et qui peut-être complique l'épidémie. Oui, alors comme Mathias Avergon l'a dit, en réalité, on l'a oublié, mais avant la pandémie de Covid-19, malheureusement, on était face à des épidémies de ce type-là.

Ce sous-variant K, en réalité, ça reste la grippe A H3N2. Ça n'a rien de spectaculaire, mais vous avez raison, ce variant est plus transmissible et donc on a une dynamique particulièrement accéléré. Madame Rist, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées de France est avec nous grâce au duplex organisé par Nils Olsen.

Bonsoir madame la ministre, merci d'être avec nous vous appelez les français à remettre le masque mais est ce que ce n'est pas trop tard on a l'impression que l'épidémie explose depuis décembre pourquoi cet appel seulement maintenant c'est oui il faut reprendre le rythme des gestes barrières c'est à dire le masque quand on est enhumé quand on a des symptômes aérer les pièces et se laver les mains mais c'est aussi continuer à se vacciner pour les gens qui sont fragiles, qui ont plus de 65 ans, qui ont des comorbidités ou les femmes enceintes il faut se faire vacciner il est encore temps de se faire vacciner on a une belle campagne de vaccination puisqu'il y a une augmentation de 17 % à peu près d'augmentation de vaccination mais il est encore temps pour ceux qui ne l'ont pas encore fait puisque vous savez qu'avec les fêtes il va y avoir encore plus de brassage de la population qui va entraîner aussi plus de partage du virus donc oui les gestes barrières il faut bien entendu à chaque fois que la grippe est là la saison dernière madame la ministre il y a eu 17 mille morts en partie à cause d'un taux de vaccination insuffisant et cette année rebelote finalement les français ne se vaccinent pas qu'est ce qui pêche dans votre stratégie alors il y a une augmentation à ce jour on verra à la fin de la campagne il est encore tôt pour tirer des conclusions évidemment mais à ce jour on est à une augmentation de vaccination de 17 ,4 % ce qui est une belle dynamique il faut quand même poursuivre il y a encore du vaccin il y a des stocks de vaccins il n'y a aucun problème il faut que les gens qui ont plus de 65 ans qu'ils soient fragiles aillent encore se faire vacciner il est bien sûr encore temps maintenant chez les soignants c'est vrai que l'année dernière il y avait un taux de 21-23 % de soignants vaccinés qui est clairement insuffisant mais c'est pourquoi nous avons mis dans le budget de la sécurité sociale une mesure qui obligera les soignants à la condition que la haute autorité de santé l'année prochaine nous confirme qu'il y a un intérêt pour ces soignants de protection des patients de se faire vacciner donc on a avancé, on n'a pas fait que communiquer envers les soignants mais on a aussi mis un article de loi qui a été voté par le Parlement dans le budget de la sécurité sociale. Une Une question de Mathias Wargon qui est chef des urgences du centre hospitalier de La Fontaine qui va nous dire s 'il va y avoir justement un effet domino aussi avec cette épidémie de grippe, Mathias ? Alors un effet domino, je ne sais pas, Madame la Ministre, mais cette histoire de vaccination, c'est un peu un serpent de mer.

L'HAS avait déjà dit que la vaccination et certaines vaccinations pour les soignants n'étaient pas utiles. Donc là, on va repartir là-dedans. Est-ce que vous ne pensez pas qu'il va falloir obliger les patients ?

Parce que c'est toujours les soignants. Et moi, je suis pour que les soignants se vaccinent, mais on sait très bien qu'ils ne se vaccinent pas. Pourquoi on n'oblige pas les plus de 65 ans à se vacciner ?

Moi, je peux dire que ce qui marche, parce que je l'ai vécu dans l'hôpital où je travaillais jusqu'à il y a encore deux mois. Quand il y avait une campagne de fête où les médecins avec les infirmières, les aides-soignantes échangeaient sur le vaccin et allaient en équipe se faire vacciner, on avait des taux de vaccination bien supérieurs. Donc je crois qu'on a une responsabilité en tant que professionnel à se faire vacciner.

Je crois que tout ne passe pas par l'obligation et nous allons le faire si la haute autorité confirme l'intérêt pour les patients avec les études qui sont plus récentes. Mais je crois que c'est aussi un engagement de tous les professionnels à avancer et on peut faire beaucoup mieux, ça c'est sûr. Madame la ministre, restez avec nous une petite question à Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond Poincaré.

On a l'impression finalement que les Français ont ont oublié toutes les leçons du Covid, les gestes barrières, le masque. En quelques années, comme ça, tout cet apprentissage pédagogique s'est oublié ? Oui, il y a eu un ras-le-bol.

Et comme la ministre l'a rappelé, en réalité, cette année, la couverture vaccinale remonte parce qu'on a une couverture particulièrement faible dans l'issue de la pandémie. Et ce que j'observe et qui est un problème puisqu'on parle de vaccination, c'est qu'en fait, il y a un grand écart entre la couverture vaccinale de la grippe et la couverture vaccinale de la la Covid-19 et on sait qu'il y a une campagne de co-vaccination. Et ce qui probablement va nous aider, c'est lorsqu'on arrivera à avoir des vaccins conjugués qui permettent de ne pas décider de faire ce choix entre la piqûre.

Comme l'a rappelé Mathias Wargon, ça touche principalement les personnes de plus de 65 5 ans, mais pas que. Il peut y avoir des gens qui n'ont pas le critère d'âge et qui ont des comorbidités. Et donc, en fait, on joue chaque année à ce jeu du chat et de la souris qui est intenable pour les équipes soignantes qui voient arriver des formes graves et face à une carte météorologique, en quelque sorte, d'une maladie sans dire qu'elle est prévisible, mais qui persiste et ses infections respiratoires virales après 50 pandémies de Covid-19.

Parce qu'effectivement ça peut mal tourner. Au Royaume-Uni par exemple il y a une super grippe et on a vu les hospitalisations bondir de 55 % en une semaine. Est -ce que vous pensez que la France serait prête, justement, les hôpitaux français à une super grippe ?

Mais alors, une super grippe, je ne sais pas ce que c'est. C'est la grippe. Ce n'est pas une super grippe.

Il faut arrêter avec ces trucs-là, le variant en Frankenstein aussi, pour le Covid. Enfin tout ça c'est pour faire peur. C'est la grippe.

La grippe c'est grave. C'est pas une super grippe. C'est la grippe.

Et non, on n'est pas prêts là. C'est les vacances de Noël. Les gens, les soignants ils partent en vacances aussi à Noël.

Il y a des fermetures de lits dans beaucoup d établissements, de toute façon les établissements sont exsangues, il n'y a plus d'argent et donc la problématique elle n'est pas qu'on a une super grippe ou un super covid ou je ne sais pas quoi la problématique c'est qu'on ne peut plus hospitaliser nos patients et que c on ne peut pas être en plan blanc c'est-à-dire en plan exceptionnel pour la grippe qui est une épidémie saisonnière qui est attendue, c'est juste plus possible on est tellement au ras de ce qu'on peut faire on est tellement à l'os que que oui, à chaque fois qu'on a un petit sursaut épidémique ou de pathologie, d'un seul coup c'est un drame national. Oui, c'est un drame national parce qu'on n'est pas préparé à quelque chose qui arrive tous les ans à la même époque à une semaine près. Madame la ministre, vous êtes toujours avec nous, ministre de la Santé.

Effectivement, le pic de cette épidémie est attendu fin décembre, donc pile pendant les fêtes. Qu'est-ce que vous conseillez ce soir aux Français qui nous regardent, notamment les plus de 65 ans, d'éviter les regroupements familiaux ? Non, alors je crois que nous devons aussi rassurer les Français.

Comme l'a dit Mathias Wargon, on a avec un nouveau variant qui ferait peur. On n'a pas d'alerte particulière, le vaccin marche, c'est les données qui ont été publiées il y a trois jours au Centre Européen de Prévention qui disent que le vaccin fonctionne sur ce variant. Donc je le redis, les personnes qui ont 65 ans et plus ou qui sont fragiles, allez vous faire vacciner, il est encore temps.

Évidemment proposer aux gens qui viennent vous voir si c'est des petits-enfants qui sont malades, de bien se laver les mains, de se mettre peut-être à distance. Mais les gestes barrières dont on avait l'habitude, mais nous devons faire ces fêtes et c'est vrai que les services sont en attention, nous suivons de très près au ministère avec les professionnels et les ARS que je tiens à remercier pour cette mobilisation qui a commencé début novembre avec des réunions d'anticipation de la situation et le fait que les professionnels de ville travaillent beaucoup mieux avec les professionnels hospitaliers autour d'organisations de territoires qui permettent d'avoir un peu plus de réponses en amont et en aval, permettent aussi de soulager un peu malgré tout les services qui sont en tension, je ne le nie pas par ailleurs et je voudrais d'avance remercier les professionnels qui pendant les fêtes seront là bien présents pour s'occuper de tous nos concitoyens malades. Merci Stéphanie Riste, merci pour le ministre de la Santé, merci donc appel à la vaccination nous entendons ce soir et remerciement au personnel hospitalier Mathias Enfin c'est toujours la même chose, remerciement au personnel hospitalier.

Le personnel hospitalier il travaille comme les autres, il a le droit à ses vacances, à ses RTT, on peut pas lui dire ah ouais il faut être là à chaque fois que tout le monde part en vacances vous vous allez être sur le pont puis vous allez en chier. C'est pas possible. Donc, à un moment, il va falloir qu'on se mette d'accord.

Un, on vaccine les gens pour éviter qu'ils viennent aux urgences alors Oui, mais vaccination obligatoire, vous comprenez bien qu'effectivement, on pourrait dire que c'est la tyrannie, c'est la dictature, on ne va pas vacciner tous Ou les Français depuis 65 ans sans leur demander leur avis ? Mais alors dans ces cas-là, on ne les reçoit pas à l'hôpital non plus. Enfin, chacun est responsable de sa santé.

Ou alors, on est dans un système à l'américaine où vous payez votre sécu, vous payez votre sécu ou votre rassurance, vous décidez de ne pas vous faire vacciner, c parfaitement votre droit, et après vous payez votre hospitalisation. On est dans un système de solidarité. Ça on l'oublie un petit peu.

La solidarité c'est la République française, liberté, égalité, fraternité, mais là-dedans il y a la fraternité. La La fraternité, c'est faire attention de ne pas infecter les autres. C'est faire attention à son propre système de santé.

Parce que notre système de santé, il ne va pas bien. Notre sécurité sociale, elle ne va pas bien. Et demain, si on continue comme ça à tirer sur la corde, à « j'y ai droit sans faire d'effort », il n'y aura plus de sécurité sociale.

Alors des CSP +, comme vous, comme le professeur Davidot ou comme moi, ce n'est pas un problème. Mais la masse des gens qui actuellement se retrouvent à l'hôpital, eux, ils seront vraiment problématiques. Et à un moment, il va falloir un peu de courage politique.

Soit on met beaucoup d'argent dans les hôpitaux au moment de Noël en payant les gens mieux pour qu'ils ne prennent pas leurs vacances mais ce n'est pas possible, on le sait très bien. Soit on dit aux gens qu'il va falloir se faire vacciner parce que sinon le système ne tiendra pas. Benjamin Davido, vous rejoignez cet appel ?

Oui, bien sûr que c'est extrêmement important, la vaccination, mais pour être un peu plus nuancé, la problématique, c'est que tout ne peut pas reposer sur la vaccination. D'abord, madame la ministre ne l'a pas dit, mais ce vaccin reste malheureusement faiblement efficace, ce n'est pas nouveau. Il n'est pas impacté par le variant K, mais les Anglais ont estimé une réduction de 35 à 40 % des hospitalisations.

Donc les gestes barrières, le masque, effectivement, pour ne pas encombrer les urbains. Mais le vaccin, le Le vaccin réduit les hospitalisations. Bien évidemment, entre 0 et 35 à 40 % et chez des gens fragiles, ce qu'on oublie d'ailleurs, c 'est que ce vaccin, il réduit également la transmission chez des gens en bonne santé.

Et que se vacciner, même si on l'a eu au début de la saison, on n'est pas protégé contre toutes les grippes. Donc il y a à la fois le vaccin, il y a les traitements pour les personnes les plus vulnérables, mais il y a aussi le port du masque pour les gens symptomatiques. Et j'ai envie de dire chiche si malheureusement l'épidémie n'est à exploser, se reposer la question des interactions qu'on a dans les espaces publics avec les individus et la question du masque dans les endroits, dans les espaces clos à défaut de l'aération.

Et donc il faut passer la deuxième parce que chaque année ce jeu est insupportable pour les soignants.

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