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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 4 décembre 2022 8 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & international

Un troisième mandat pour Macron ? Pourquoi la rumeur n’est pas si folle

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Et la campagne n'est pas lancée, donc ?

  • 0:05OuverteRéponse partielle

    Avec l'assurance que ce ne sera pas le président sortant qui sera renouvelé.

  • 2:37OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est réaliste juridiquement ?

  • 4:48OuverteRéponse partielle

    François Bayrou s'est dit prêt à se présenter en 2027. La campagne est déjà lancée.

  • 5:11OuverteRéponse partielle

    Et la campagne n'est pas lancée, donc ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron pourrait peut-être faire un troisième mandat en 2027 après un premier quinquennat avec la suppression de l'ISF, la répression des Gilets jaunes, avec un deuxième quinquennat qui s'annonce tout aussi merveilleux avec la réforme des retraites et de l'assurance chômage. »
  • 1:13PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron avait voulu faire une réforme constitutionnelle pour repasser du quinquennat au septennat. »
  • 1:43PrésentateurFait
    « Édouard Fritsch veut se représenter pour un troisième mandat. Sauf que la loi qui régit le fonctionnement de la Polynésie française et l'élection du président dispose que le président de la Polynésie française ne peut pas faire deux mandats successifs de cinq ans. »
  • 2:08PrésentateurFait
    « Elisabeth Borne a interrogé le Conseil d'État, qui a répondu et qui a dit qu'effectivement, c'était possible qu'Édouard Fritsch fasse un troisième mandat. »
  • 3:23PrésentateurFait
    « Il y a une différence entre la Polynésie française et la France. C'est qu'en Polynésie française, il est bien marqué que c'est deux mandats successifs de cinq ans, alors que la Constitution française parle de deux mandats. »
  • 3:35PrésentateurFait
    « Ça veut dire que vous vous faites élire une première fois, vous vous faites réélire, et hop, un an avant la fin de votre deuxième mandat, vous démissionnez, et puis vous pourrez vous présenter indéfiniment à des élections. »
  • 4:00PrésentateurFait
    « Quand on parle d'habitude de ces présidents qui ont envie de changer ou de tripatouiller la Constitution pour faire un troisième mandat, on pense à des régimes pas très démocratiques, notamment en Afrique, qui sont en général les grands compas d'Emmanuel Macron. »
  • 4:13PrésentateurFait
    « Un éventuel troisième mandat de Macron risquerait de contrecarrer les plans de ses successeurs, même s'il ne concourt pas une nouvelle fois en 2027. »
  • 4:20PrésentateurFait
    « La Constitution l'autorisera à se présenter en 2032. »
  • 6:19PrésentateurFait
    « On a bien sûr Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, qui avait hésité à y aller en 2022, qui, à mon avis, voudrait y aller en 2027. »

Temps de parole

  • Présentateur81 %
  • Invité8 %
  • Invité 27 %
  • Locuteur non identifié4 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

Et la campagne n'est pas lancée, donc ?

0:01
Invité

Ah non, vous savez, on est au tout début du quinquennat. Non, non, bien sûr.

0:05
Locuteur non identifié

Avec l'assurance que ce ne sera pas le président sortant qui sera renouvelé.

0:08
Invité

Donc, forcément, ça crée des... Mais écoutez, la Constitution étant ce qu'elle est, a priori, non, mais on n'est jamais... Voilà.

0:15
Locuteur non identifié

D'accord.

0:22
Invité

Salut Thomas. Salut Nadia. Tu viens avec une bonne nouvelle. Très bonne. Tu viens nous parler d'une possibilité qui risque de mettre en rôle des millions de Françaises et Français.

0:30
Présentateur

Alors, tu connais le dicton, jamais 203. Et là, il se trouve que quand même, c'est une sacrée mauvaise nouvelle puisque Emmanuel Macron, en tout cas, c'est une hypothèse qui est relayée dans la presse ces derniers jours, alors sous forme de rumeurs, de bruits de couloirs. Mais Emmanuel Macron pourrait peut-être faire un troisième mandat en 2027 après un premier quinquennat avec la suppression de l'ISF, la répression des Gilets jaunes, avec un deuxième quinquennat qui s'annonce tout aussi merveilleux avec la réforme des retraites et de l'assurance chômage. On en reprendrait encore pour un tour.

Alors, ça part de quelque chose qui est vrai et qui a été déjà dit en off par Emmanuel Macron, qui est qu'Emmanuel Macron avait voulu faire une réforme constitutionnelle pour repasser du quinquennat au septennat. Donc finalement, il se serait un peu rallongé la durée de ces deux mandats. Ça n'a pas pu se faire, faute de majorité à l'Assemblée et au Sénat, puisqu'il faut les trois cinquièmes au Congrès pour modifier la Constitution. Et je pense que s'il avait fait un référendum, ça ne serait, à mon avis, pas passé. Mais là, il y a eu une occasion, en fait, qui est arrivée par la Polynésie française.

Vous savez, la Polynésie française, c'est un territoire d'outre-mer qui a un président de la Polynésie française et donc qui s'appelle Édouard Fritsch, qui a succédé en 2014 au fameux Gaston Floss qui avait été condamné dans une affaire d'emploi fictif. Et donc, Édouard Fritsch veut se représenter pour un troisième mandat. Sauf que la loi qui régit le fonctionnement de la Polynésie française et l'élection du président dispose que le président de la Polynésie française ne peut pas faire deux mandats successifs de cinq ans. Et ce qu'avance Édouard Fritsch, c'est qu'il a pris le premier mandat en cours de route. Donc il n'a pas fait ces deux mandats de cinq ans.

Donc Elisabeth Borne a interrogé le Conseil d'État, qui a répondu et qui a dit qu'effectivement, c'était possible qu'Édouard Fritsch fasse un troisième mandat. Donc tout d'un coup, la rumeur est montée. Est-ce que finalement, la Polynésie n'inspirerait pas la France ? Puisqu'il faut savoir que l'article 6 de la Constitution, réforme constitutionnelle de 2008 initiée par Nicolas Sarkozy, qui quand même entre deux coups de Karcher a fait de temps en temps quelque chose de bien, avait dit qu'on ne peut pas faire plus de deux mandats successifs. Et ça paraît clair.

2:37
Invité

Est-ce que c'est réaliste juridiquement ?

2:39
Présentateur

Alors ça a été un peu le débat ces derniers jours. On a l'impression qu'il y a quand même une forme de ballon d'essai qui est lancé. On lance une rumeur dans la presse pour savoir si ça fait une levée de bouclier. C'est venu par Jean-Jacques Urvoise. Alors on l'a un peu oublié, mais c'était un garde des Sceaux de l'époque de François Hollande, qui d'ailleurs est un homme tellement honnête et tellement admirable qu'il a fini par être condamné par la Cour de justice de la République pour avoir transmis des informations sur un dossier judiciaire à un député, les Républicains, qui s'appelle Thierry Solaire. Et Jean-Jacques Urvoise aurait dit « Ah ben oui, c'est peut-être réalisable.

Peut-être qu'on viendrait à considérer que si Emmanuel Macron démissionne avant la fin de ce second mandat, il n'aurait pas fait deux mandats successifs entiers. » Sauf qu'il y a quand même un petit problème. Il y a une différence entre la Polynésie française et la France. C'est qu'en Polynésie française, il est bien marqué que c'est deux mandats successifs de cinq ans, alors que la Constitution française parle de deux mandats. Et puis sinon, ça sera très facile. Ça veut dire que vous vous faites élire une première fois, vous vous faites réélire, et hop, un an avant la fin de votre deuxième mandat, vous démissionnez, et puis vous pourrez vous présenter indéfiniment à des élections.

C'est peut-être le rêve d'Emmanuel Macron qui veut devenir comme le Paul Biya du Touquet. Mais à mon avis, ça sera quand même un peu compliqué. Et c'est vrai que ça fera face quand même à une levée de bouclier. C'est vrai que quand on parle d'habitude de ces présidents qui ont envie de changer ou de tripatouiller la Constitution pour faire un troisième mandat, on pense à des régimes pas très démocratiques, notamment en Afrique, qui sont en général les grands compas d'Emmanuel Macron.

Et peut-être qu'Emmanuel Macron, si jamais, avec son égo surdimensionné, il pensait à faire un troisième mandat, il devrait se souvenir de l'exemple de présidents dont la volonté de faire un troisième mandat a précipité leur chute, comme Alpha Condé en Guinée, qui a fini par être renversé par l'armée, où il y a une dizaine d'années, Abdoulahouad au Sénégal. Il faudrait bien de s'en souvenir.

4:31
Invité

Tu nous as préparé, je crois, un petit magnéto, Thomas.

4:34
Présentateur

Oui, ce qui est marrant, c'est que quand même son entourage, ses fidèles le poussent un peu. Et même quand on interroge publiquement ses fidèles, notamment Marine Chappard, elle devrait normalement répondre que non, la Constitution est très claire à ce sujet, mais on voit que c'est un peu plus compliqué.

4:47
Invité

Je l'écoute.

4:48
Locuteur non identifié

Oui, en même temps, j'ai un peu du mal à vous poser une question politique, mais quand même. François Bayrou s'est dit prêt à se présenter en 2027. La campagne est déjà lancée.

4:57
Invité

Alors, j'ai vu qu'il avait rectifié ensuite ses propos. Il a dit que ce n'était pas du tout ce qu'il avait dit. Qu'il faut être zozo, qu'il faut être zozo pour parler 2027, il dit. Il faut en parler, bien connu. Il a démenti, en tout cas. Il a dit qu'il n'avait pas dit.

5:11
Locuteur non identifié

Et la campagne n'est pas lancée, donc ?

5:13
Invité

Ah non, vous savez, on est au tout début du quinquennat. Non, non, bien sûr.

5:16
Locuteur non identifié

Avec l'assurance que ce ne sera pas le président sortant qui sera renouvelé, donc forcément ça crée des...

5:21
Invité

Mais a priori, la Constitution étant ce qu'elle est, a priori, non, mais on n'est jamais... Voilà.

5:26
Locuteur

D'accord.

5:27
Invité

Merci, Marie-Philippe. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.

5:32
Présentateur

Un grand respect pour la Constitution.

5:33
Invité

Oui, c'est ça. En tout cas, nous, on ne la remercie pas. Un éventuel troisième mandat de Macron risquerait de contrecarrer les plans de ses successeurs, même s'il ne concourt pas une nouvelle fois en 2027. La Constitution l'autorisera à se présenter en 2032.

5:48
Présentateur

Alors, en 2027, Emmanuel Macron a déjà prévenu en offre que ce sera du cannibalisme, en disant que sa succession serait la porte ouverte à toutes les luttes internes et tous les déchirements. Et on voit déjà qu'on se positionne. On a notamment François Bayrou, qui, rappelle-toi, est au commissaire au plan et secrétaire général du fameux Conseil national de la refondation qui avait été annoncé en grande pompe il y a deux ou trois mois et puis qui, depuis, a complètement disparu. Donc c'est vrai qu'en exerçant ses emplois fictifs et tout ça, il a le temps de faire des plans sur la comète et il voudrait bien se présenter en 2027.

On a bien sûr Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, qui avait hésité à y aller en 2022, qui, à mon avis, voudrait y aller en 2027. Et puis on a notre grand ami, l'inénarrable Gérald Darmanin, qui fait du Sarkozy au petit pied, multipliant les sorties provocatrices, draguant ouvertement l'extrême droite. Il reprend un peu la stratégie qui avait permis à Nicolas Sarkozy de gagner en 2007. Alors on espère que ce ne sera pas le cas. Mais c'est vrai que la lutte sera sanglante. Alors c'est vrai qu'il y a un scénario qui, peut-être, se dessine, puisque dans la Constitution, il est marqué qu'on ne peut pas faire plus de deux mandats successifs.

Mais si jamais Emmanuel Macron ne se présentait pas, ce serait la norme, en 2027, il pourrait se représenter en 2032. Et on aurait un scénario à la Medvedev-Poutine, où finalement, à un moment, Vladimir Poutine, parce qu'il était empêché de se représenter par la Constitution russe, avait mis son Premier ministre comme homme de paille à la place. Mais au-delà de ça, il serait qu'il y a quelque chose qui devrait nous interroger et nous inquiéter presque. Ça veut dire que, finalement, les lois de notre Constitution sont garanties par le Conseil constitutionnel. Et le Conseil constitutionnel, le mode de nomination est assez politique.

Ça veut dire qu'il y a neuf membres qui sont nommés par un tiers par le président, par le président de l'Assemblée nationale et par le président du Sénat. Et en 2025, tous les membres du Conseil constitutionnel auront été nommés sous les mandats d'Emmanuel Macron. Donc Emmanuel Macron aura des gens plutôt favorables. Et si jamais, peut-être faisant valoir des circonstances exceptionnelles comme une guerre ou une pandémie, lui venait à l'idée de briguer tout de suite un troisième mandat en 2027, peut-être que le Conseil constitutionnel ne serait pas le garant de la Constitution que les Français seraient en droit d'espérer. Merci beaucoup, Thomas, pour cette carte manche.

En tout cas, la France est bien partie.

8:03
Invité

Oui, voilà. Mais en tout cas, on espère que ce cauchemar ne deviendra pas réalité.

Un troisième mandat pour Macron ? Pourquoi la rumeur n’est pas si folle · Pourquijevote