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AutreFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 28 novembre 2025 38 minAutoproduitMixte

Rebecca Zlotowski et Anne Berest sur le divan

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Présentateur

France Culture. Les matins de France Culture. Guillaume Herner.

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Invité

Rebecca Zlotowski, bonjour. Vous êtes réalisatrice et votre dernier film est sorti en salle le 26 novembre. Vie privée, un très beau film. Il s'agit d'une psy, une psy dont une patiente se suicide. En tout cas, on essaie de comprendre pourquoi celle-ci a disparu. C'est Jodie Foster qui est psychiatre et psychanalyste américaine. Mais elle est tout à fait adaptée parisienne. Ce rêve parisienne. Elle a un très beau cabinet sur le parc Monceau avec une sorte de cloison amovible, une sorte de bibliothèque. Et celle-ci, finalement, croit de moins en moins au suicide de cette patiente. Oui, elle n'a pas pu laisser passer ça. Elle n'a pas pu, effectivement, être à ce point une mauvaise psy.

Et cette patiente, on va essayer de comprendre pourquoi Paula, jouée par Virginie Ephira, a disparu, comme vous dites, puisque ceci permet de maintenir le suspense. Et cette enquête, car elle va commencer une enquête, lui permet de se rapprocher de cet homme qui est ophtalmologue, qui est son ancien mari et qui est joué par Daniel Auteuil. Et c'est un film à plusieurs strates. C'est-à-dire qu'il y a, donc, effectivement, une dimension policière, une dimension légère. Et puis, il y a un certain nombre de choses que l'on découvre. Je crois que le thème de la transmission, le thème de l'héritage, le thème de ce qui se passe presque à notre insu entre les êtres et quelque chose d'essentiel.

Mais tout d'abord, il faut qu'on parle de Jodie Foster, qui est quand même à la fois centrale et très impressionnante dans votre film, Rebecca Zolotowski. Oui, c'était un plaisir. D'abord, ce qui fait, j'allais dire, ce qui fait crise, quoi. Là, ce que vous évoquez, c'était, bah oui, c'est l'histoire de cette psy. On lui dit, de ses patientes, elle a disparu, elle s'est suicidée. Elle n'y croit pas, ce qui, évidemment, alors que c'est une très, très, très mauvaise psy. Et puis, elle se trouve avec une manifestation étrange. Elle se retrouve à pleurer. Mais bon, ce n'est pas elle, c'est ses yeux.

Évidemment, je pense qu'on pourrait parler d'hystérie, mais c'est toujours les coordonnées les plus mal chaussées. Puis, elle va avoir un ophtalmo. Il se trouve que c'est son ex-mari. Donc, voilà, tout le film est un petit peu à l'avenir, c'est-à-dire dans une couleur qui est une couleur de comédie, de plaisir, avec une fausse enquêtrice, un petit côté Miss Marple qui trottine. Mais, évidemment, quand on touche, quand on se confronte à l'enquête, quand on enquête sur d'autres choses, on enquête toujours un tout petit peu sur soi-même. Et c'est vrai que Jodie Foster, elle s'est imposée pour moi. Bon, d'abord, j'allais dire, ça fait 15 ans qu'elle s'impose pour moi.

Ça fait 15 ans que j'ai très envie de la distribuer. C'est votre deuxième tentative, d'après ce que j'ai compris. La première réussie, puis la deuxième dans l'absolu. Mais en vérité, chaque film... Vous savez, il y a ces petites figurines d'enfants où on fait défiler comme ça sous un corps des vêtements différents. Moi, chaque personnage que j'écris, je me dis toujours est-ce que ce serait possible pour Jodie Foster ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle... Je pense qu'elle... D'abord, je pense qu'elle a suscité chez moi une espèce de plaisir de cinéphile, tout simplement.

C'est-à-dire, quand on l'a vue, quand je la vois dans les années 90, en tant que jeune cinéphile, au cinéma, dans Le silence des agneaux, quand je la vois dans... Y compris des films qu'elle estime mineurs pour elle, mais Somersby, qui est un film qui est le remake du scénario de Martin Guerre, un scénario de Carrère qui me bouleversait. Donc, en tant que cinéphile, elle me construisait. En tant que cinéaste, elle m'a donné envie, elle m'a donné envie de la regarder. Et puis, j'allais dire en tant que femme. Parce que je pense qu'on voit très rapidement, on se sent très vite, quand on la regarde, qu'elle ne se construit pas uniquement dans le regard d'un homme.

Qu'elle ne se construit pas, y compris des cinéastes pour lesquels elle travaille. Elle devient cinéaste après elle-même. Et il n'y a pas de minauderie en elle. Il y a un trajet d'intelligence qui se lit sur son visage. Et ça, quand on se construit, c'est précieux. On se dit que c'est un modèle à suivre. On va écouter, justement, Jodie Foster parler de son film « Au week-end en famille » avec un casting. J'imagine que vous faites des castings. Rebecca Zlotowski, on écoute la voix de Jodie Foster. J'ai envie d'essayer d'expérimenter un peu plus avec la liberté. De dire, je vais faire un film où je ne vais pas avoir les réponses déjà dans ma chambre d'hôtel.

Je vais faire un film qui travaille vraiment sur la passion, sur ce qui est spontané, sur l'émotion. Où il y a une sorte de jonglage de gens. Et je ne vais pas les gérer comme un flic. J'ai fait, comment dire, aux Etats-Unis, le casting Woody Allen. C'est-à-dire que j'ai pensé, j'ai fait une petite liste en disant « Voilà les acteurs que je voudrais. Voilà les acteurs que je trouve formidables. » On va les appeler. On va leur demander s'ils veulent le faire. Et exactement ce qu'on a fait. Sans parler de quoi que ce soit d'autre. Que ça soit fait comme si on faisait du théâtre en disant « Voilà, vous allez tous venir. On va faire des répétitions. » et ça va être comme une famille.

On a véritablement... On est très impressionné par votre casting puisque vous avez eu à peu près... Oui, moi aussi. J'ai eu des matins un peu vraiment impressionnés où je devais me tempérer les battements de mon cœur. Donc vous avez Daniel Auteuil, Jodie Foster évidemment, Mathieu Amalric, Virginie Effira, Louana Bajrami, mais aussi Fred Weisman dans une apparition. C'est devenu un cinéaste que j'adore filmer. Il y a quelque part dans un moment où les Etats-Unis sont en train de disparaître. Enfin, où leurs institutions sont en train d'être tellement attaquées, menacées. Je pense que filmer Weisman, c'est un acte militant, amoureux pour moi. Et puis Aurore Clément qui fait une apparition.

Irene Jacob pour une scène aussi. Très beau casting. Vincent Lacoste, bien sûr. Et Vincent Lacoste, effectivement vous appréciez beaucoup, Rebecca Zlotowski. Ah oui. Comment compose-t-on un casting aussi impressionnant ? Pourquoi ? Alors, celui-ci impressionne parce qu'ils sont tous extrêmement... D'abord c'est des acteurs qui sont formidables acteurs, mais aussi très célèbres. Donc je pense que la notoriété de chacun, elle ajoute un effet de... J'allais dire, de cohérence quoi. Je pense qu'un casting, il fonctionne comme un échafaudage, comme un édifice. Il ne s'agit pas d'accrocher à son blouson les médailles des acteurs les plus célèbres, y compris...

Je pense que les acteurs, d'ailleurs, le sentent quand on va les trouver. Ils sentent des démarches qui peuvent être des démarches parfois plus commerciales, c'est-à-dire demander à des acteurs en fonction de leur notoriété de venir pour amener un réservoir de spectateurs, j'en sais rien. C'est jamais ma démarche. Mais quand au centre de l'édifice, c'est Jodie Foster, il faut réfléchir autour de ça. Il faut réfléchir avec le passé des acteurs, il faut réfléchir avec leurs autres rôles, comme des couches comme ça, qu'on pèle les unes derrière les autres. Cette phrase allée française ou pas, Guillaume ? Oui, absolument. Il est très tôt quand même. C'est tout à fait.

Maintenant, je suis angoissé parce que je sais que mon père, qui peut écouter... A tout de suite de Michel. On va en parler. Je me suis dit à quel moment il va dire... On va en parler dans quelques minutes. Quand tu m'as défini, elle est cinéaste et la fille de Michel. Je ne dis rien. Je ne dis rien. Vous êtes la fille de Michel, autrement dit, la fille de Michel Zlotowski qui est cette voix merveilleuse et ce polyglotte incroyable. Écoutez, ce que je vous propose, c'est qu'on lance cet extrait puisque Michel Zlotowski a un rôle dans votre film. Comme dans tous mes films, d'ailleurs. Il est rabbin et c'est lui qui fait l'homédie lorsqu'il enterre Paula.

Paula laisse derrière elle un vide immense. Elle rejoint ici, à quelques mois d'écart, sa tante adorée, Perle. Perle qui lui a légué son amour des livres, son amour de la culture, son amour de la langue allemande. Paula. Merci, Serge. Bon, alors, ça, il faut que vous nous expliquiez aussi cette scène. Donc, on a votre père, Rebecca Zlotowski, autrement dit, maître Zlotowski, qui se fait rabbin, parle dans plusieurs langues. Je me suis demandé quel était le rapport aux langues, puisque donc, votre père... Quel était votre rapport à la psychanalyse, Rebecca Zlotowski ? Alors, ça va être ma deuxième question, mais ma première question, non, je voulais y aller plus pas à pas, vous voyez.

C'est-à-dire, d'abord, vous interrogez sur votre rapport aux langues, puisque vous avez une interprète qui est polyglotte, en tout cas, qui est aussi à l'aise en français qu'en anglais, et tellement à l'aise en français, d'ailleurs, qu'elle n'a quasiment pas d'accent américain. Et puis, vous avez un père qui est l'un des personnages les plus étonnants que je connaisse, qui a le don des langues, qui en possède une quantité, ce qui est aussi un personnage assez traditionnel chez ces gens de la Mitelle Europa, qui parlait une quantité impressionnante de langues. Oui, parce que c'est un... Et puis, ma mère était prof d'espagnol. Elle était aussi traductrice de l'espagnol et du portugais.

Donc, j'allais dire, je suis vraiment l'héritière de gens pour qui la langue est un trésor. Et par ailleurs, moi, je suis agrégée de lettres modernes. Donc, je vois bien qu'il y a quelque chose de... Je ne voulais pas revenir sur mon diplôme. D'un coup, je me dis, ça, avec défaut de syntaxe au début, c'est vraiment grillé. Mais voilà, donc la langue est un trésor. Pour moi, en tous les cas, je pense que pour Jodie Foster aussi, ce qui...

Quand je vous disais tout à l'heure que quelqu'un qui maîtrise parfaitement une langue étrangère, ce qui n'est absolument pas mon cas, mais celui de Michel Zlotowski et celui de Jodie Foster, on se dit, quel est le refuge dans lequel on se met dans une langue étrangère ? Chez Jodie Foster, c'est différent de chez mon père. Chez quelqu'un comme... Pourquoi ? Pourquoi Jodie Foster parle-t-elle aussi bien ? Ça, il faudrait, je pense, entrer dans une zone d'intimité. Elle en parle, donc je peux le dire parce qu'elle en a parlé un petit peu. Je l'ai beaucoup entendu en parler en faisant la promotion de ce film. Je vois bien qu'il y a un rapport. Sa mère était folle du français.

Il y a eu une frustration chez sa mère à l'idée de ne pas maîtriser cette langue, de ne pas quitter le territoire américain. Elle a projeté chez ses enfants, sur ses enfants, non seulement le fait d'être acteur, actrice, puisque Jodie Foster, elle a commencé à trois ans. Donc il y a eu une forme de destin qu'elle n'a pas choisi. Elle le formule comme ça. Et je crois que la maîtrise de la langue, alors que c'était le fantasme de sa mère, c'était en même temps poursuivre ce fantasme et en même temps en être victorieuse. Et puis un lieu dans lequel personne ne peut la comprendre aux Etats-Unis.

Un territoire pour cette femme qui a été célèbre si jeune, qui a été dépossédée quelque part de sa vie privée si jeune, où il a fallu lutter, je crois que le français, c'est sa zone privée. Voilà. Et je pense que maintenant, et d'ailleurs je ne sais plus qui m'a dit « Ah, tu as appelé ton film vie privée ? » Parce que comme ça, quand tu tapes « Jodie Foster, vie privée », on tombe sur ton film. Et je me suis dit « Tiens, quelle belle idée qu'un film puisse être la zone d'intimité de ses acteurs. » Et alors le rapport à la langue, le rapport à la parole, il est aussi incarné par ce cabinet de psychanalystes, très beau cabinet, qui donne sur le parc Monceau, avec une bibliothèque coulissante.

Donc on voit les pléiades notamment. Oui, et puis pas que, si vous regardez pour les fétichistes dont je fais partie, avec Katia Vichkov, ma chef d'écho, on s'est amusé à remplir la bibliothèque de plein de clins d'œil. Je voulais, il existe une bibliothèque... Qu'est-ce qu'il y a comme livre ? Je ne peux pas vous dire, il faut regarder le film et faire des arrêts. Il faut faire des arrêts sur l'image après quand vous le reverrez. Mais il y a évidemment une pléiade de livres sur la sexualité féminine, sur la libido, avec des clins d'œil, un peu de comédie, un peu d'humour. Parce qu'il en faut, c'est l'idée.

L'idée, c'est de jouer avec le code de cet inconscient, de cet intime et de l'extime, cette bibliothèque, elle sert à ça. Il y a un point de départ à cette bibliothèque qui est une sorte de cloison entre la chambre de Jodie Foster, de Lilian Steiner et son cabinet. Ce qui est curieux d'ailleurs parce qu'il y a quelque chose de très sensuel dans un certain nombre de mises en scène psychanalytiques, le divan, allongez-vous, le fait d'y donner une parole qui est évidemment une parole très privée, Rebecca Zlotowski. Oui, et puis le hors-champ, l'idée de fantasmer, l'idée de se demander ce qui se passe derrière le mur, c'était ça.

On entend, il y a toujours ce moment, quelque chose qui est tue, qui est silencieux, fabrique du désir. Voilà. Donc, celui ou celle qui ne parle pas dans la séance, on se demande ce qu'il en pense. On parle de votre psychanalyse ? Pas du tout intéressant. Déjà, vous l'avez débuté... Hyper tard. Mais je pense que... D'ailleurs, je pense que je l'ai arrêté. Mais en même temps, je suis... Vous pensez que vous l'avez arrêté ? C'est difficile parce que... Vous l'avez arrêté ou vous ne l'avez pas arrêté ? Je ne peux pas le dire à la radio parce que ça ne se décide pas toute seule. Donc, je ne peux pas... C'est ça aussi que j'ai découvert dans cette...

Je pense que le plaisir quand Anne Berrest m'a tendu le scénario, Lilian Steiner, il existait déjà en fait cette arène-là. Il existait ce monde-là qui était le territoire qui est tellement plaisant pour une cinéaste et tellement joueur, j'allais dire. Plein de possibilités fictionnelles. Et référencées aussi. Oui, référencées... Parce qu'on pense évidemment à Woody Allen.

Évidemment, je pensais à ce film de Woody Allen que j'adore dans lequel Gina Rowland, pourtant l'actrice la plus utérine, j'allais dire, du cinéma américain, est choisie par Woody Allen pour jouer cette spinosiste solide, un peu chiante, on peut le dire, qui s'isole dans le puricide pour aller écrire un bout de thèse et elle entend par la bouche d'aération de son immeuble, le psy, le cabinet de psychanalystes à côté, évidemment, c'est le point de départ de plein d'intrigues. Ce qui est intéressant, c'est que dans ces deux films, on rentre dans la psyché d'une psychanalyste et on se rend compte que les choses ne sont pas simples et que finalement, les cordonniers sont mal chaussés.

Oui, c'est un motif d'humour, c'est un motif de comédie. En général, les personnages de psy sont des bons personnages soit de psychopathes, j'allais dire, soit de personnages de comédie. Parfois les deux. Mais quelqu'un d'aussi rigide ou certain ou qui est censé posséder les clés, voilà, il possède les clés le psy ou la psy. Et si lui ou elle trébuche, alors là, c'est vraiment drôle. Oui, Jeudy Foster est très rigide sur Del. Elle a une sorte à la fois de tristesse qui l'étreint contre son gré, mais elle est aussi, elle n'interroge pas sa pratique. C'est bien formulé, j'adore. Une tristesse contre mon gré. Il y a des tristesses, on est OK, et puis il y a des tristesses contre notre gré.

On peut se laisser submerger par le chakra. Oui, en tous les cas, elle a zéro complaisance dans cette mélancolie-là et d'ailleurs, elle veut la réparer. Elle est dans l'efficace et elle ne veut pas rester dans cet état-là. J'avais oublié votre question. Ma question, c'est qu'en fait, écoutez, je ne sais pas, une psychanalyste qui voit l'une de ses patientes, elle est psychiatre par rapport à elle, mais l'une de ses patientes mourir peut-être d'un suicide, normalement, il y aurait un trouble. Elle, elle se dit qu'il y a autre chose. Je pense que c'est sa manière, sa façon de manifester son trouble. Elle est psychiatre et psychanalyste.

Il fallait, et ça, bon, les spectateurs, j'espère, ça, il faut le garder pour les spectateurs, mais elle devait pouvoir prescrire. Comme vous le savez, les psychanalystes ne prescrivent pas nécessairement. Une psychiatre, oui. Donc, sa manière à elle de manifester son trouble, c'est ça. C'est de refuser, de mettre à distance. Évidemment, c'est presque un élément de comédie. n'importe qui regardant voit bien qu'elle est ébranlée. Je pense que d'ailleurs, pour une psychanalyste ou une psychiatre, il n'y a rien de pire que de perdre l'une de ses patientes. Ça remet en question profondément, durablement. Vie privée, c'est aussi une histoire de famille, peut-être de secret de famille.

On va en parler avec Anne Berest dans quelques instants, puisqu'Anne Berest est la co-scénariste de votre film Vie privée, Rebecca Zlotowski, un très beau film de Noël jubilatoire pour oublier, par exemple, les informations qui vont suivre. Je ne dis pas ça pour vous, Mathilde Cariot, vous voyez ce que je veux dire. 8h sur France Culture.

16:11
Présentateur

6h30, 9h, les matins de France Culture. Guillaume Erner.

16:15
Invité

Nous sommes en compagnie de la cinéaste Rebecca Zlotowski. Votre dernier film Vie privée est sorti en salle le 26 novembre. On y croise donc jeudi Foster qui est une psy parfaitement intégrée à la France avec un tout petit petit petit accent américain et celle-ci a une patiente qui disparaît où on peut penser qu'elle se suicide ou on peut penser qu'elle ne se suicide pas. Et justement, elle, elle ne le pense pas et elle va mener l'enquête en compagnie de son ancien mari qui est ophtalmologiste et qui est Daniel Auteuil. C'est un film qui est susceptible d'une multitude de lecture.

On y a à la fois une comédie de Noël réjouissante, jubilatoire et puis aussi quelque chose de plus profond et puis c'est un film que vous avez co-écrit avec votre camarade Anne Bérest qui est là. Bonjour Anne Bérest. Vous êtes romancière, vous êtes donc la co-scénariste de Vie privée. On vous doit Finistère aux éditions Albain Michel et puis la carte postale. Autrement dit, deux enquêtes familiales sur votre famille et la carte postale c'était chez Grasset. Comment vous faites pour travailler tous les deux ? J'ai cru comprendre que vous connaissiez depuis très longtemps.

Attendez, j'allais dire, les auditeurs vont se dire que c'est vraiment soit mon anniversaire parce qu'on me parle de mon père qui a travaillé ici et on invite ma meilleure amie. Alors je dois quand même aller un peu plus loin. Ce n'est pas seulement qu'elle a été co-scénariste de ce film, c'est que ce personnage est né de son cerveau malade, je dirais. Le film est sorti du cerveau d'Anne Bérest. Donc c'est elle qui est responsa pénalement j'allais dire de cette histoire et donc ça a été beaucoup plus, non seulement très agréable mais plus facile de travailler à partir de la matière de quelqu'un d'autre.

J'allais dire, j'ai comme adapté une pensée d'Anne Bérest et ensuite on l'a retravaillé ensemble. Bon mais j'imagine que ce sont aussi vos obsessions, vos convictions. Je ne sais pas, j'imagine qu'on crée d'abord avec ces obsessions. Je pense que quand on reçoit c'est un peu comme quand un couturier vous fait ou un architecte construit un plateau qui vous séduit et à ce moment-là après vous allez y entrer et vous allez y faire votre vie. Mais ce n'est pas moi qui l'ai construit. Bon l'architecte... Non mais c'est vrai que Rebecca y a apporté tout de suite la notion de genre qui l'intéresse au cinéma.

Rebecca a emmené le scénario vers le thriller, a creusé ce sillon ce qui était très intéressant d'aller là ensemble parce que c'est vraiment des choses qui sur une matière cinématographique qu'elle possède très bien du point de vue cinématographique. Moi j'étais très heureuse qu'elle garde des touches de comédie qui étaient très présents dans la première version parce que dans la vraie vie Rebecca est la personne la plus drôle du monde. Elle s'est beaucoup sentie ce matin je crois surtout entre 7h et 9h du matin.

Et comme je la connais depuis si longtemps j'avais envie de l'accompagner aussi dans cette couleur-là qui est comment le rire émerge aussi parfois à l'intérieur du drame et qu'il faut mettre de la distance dans les choses c'est quelque chose qui représente Rebecca et faire ce travail-là alors qu'on se connaît vous savez on s'est connus sur les bancs de l'école Rebecca et moi donc se retrouver aujourd'hui sur les bancs de France Culture c'est quelque chose de très émouvant pour présenter nos oeuvres on a vraiment traversé la vie ensemble et faire travailler sur ce scénario toutes les deux enfin même toutes les trois parce qu'il faut nommer aussi Gaëlle Massé bien sûr avec Gaëlle Massé qui est ma collaboratrice mais vous savez travailler avec une amie c'est un peu rajouter de la joie au plaisir de la fabrication c'était bon de faire ça ensemble justement parce que moi je connais vos romans Anne Bérest je connais Carte Postale et Finistère deux romans que j'ai beaucoup appréciés mais justement comment on passe de l'un à l'autre un scénario et un roman alors c'est comme si c'était deux endroits du cerveau différents qui allaient travailler dans un scénario si vous voulez vous êtes au service de quelqu'un vous donnez un squelette le scénario est vraiment de l'ordre du squelette alors qu'ensuite le réalisateur va y mettre la chair la peau le sang etc un roman vous êtes directement il n'y a pas d'intermédiaire entre vous et le lecteur donc c'est merveilleux parce que quand j'écris des scénarios j'ai pas d'ego parce que comme j'ai la liberté totale de dire ce que j'ai envie de dire dans mes livres c'est comme une offrande que je fais à un réalisateur et ensuite il y met sa propre patte justement moi je veux parler de votre patte Rebecca Zlotowski parlons de ma patte puisque Anne vient de dire qu'elle n'a pas d'ego lorsqu'elle écrit c'est faux c'est une blague bien sûr mais alors vous votre ego vous le placez où lorsque vous imaginez un film lorsque vous le créez l'ego vous voulez dire vraiment où je me situe dans le film plus que de la vanité enfin la vanité ça vient après c'est pas une question de vanité c'est une question de l'identité l'identité elle se niche à des endroits inattendus l'identité on la fuit elle revient le style c'est l'homme ou la femme il y a quelque chose de nous qui malgré tout insiste qui obsède là par exemple la chose la plus facile à en dire ce serait Anne Berrest qui est graphoman vous avez compris elle m'a proposé ce scénario ça s'appelait Lilian Steiner le nom le personnage éponyme et puis moi j'avais très envie que ça s'appelle vie privée alors pourquoi pourquoi le dernier plan de mon dernier film c'était Virginie Fira qui traverse la rue et j'avais fait refaire une image derrière vous savez on doit acheter un peu tout le mobilier urbain il faut pas cette histoire d'Apple on peut pas raconter quelque part Apple c'est une histoire de plagiat oui voilà et puis ce qu'il faut c'est posséder les droits de ce qu'on filme voilà donc on refabrique très souvent des posters des images et là en l'occurrence c'était une affiche de film dans la ville et j'avais demandé quand même à ma chef déco de dire cette affiche de film il faut que ça s'appelle vie privée un film de Rebecca Zlotowski donc c'était un clin d'oeil mais c'était quand même la dernière image de mon dernier film donc là je vois quelque chose insister en moi et puis ensuite on se retrouve autour de personnages on descend on oriente vers des scènes Jodie Foster par exemple elle dit le film c'était sur la séparation entre Daniel Auteuil et elle et moi je suis dans une autre scène du film si je parlais d'ego aussi c'est parce qu'il y a ce qui échappe à l'ego dans les carnets de Valérie il y a toute une partie qui s'appelle Ego Scriptor et lorsqu'on va vers la psychanalyse ou vers l'hypnose puisque ce sont deux thèmes qui sont présents dans votre film justement on va vers ce qui conditionne gouverne l'ego sans même que l'on s'en aperçoive un extrait de votre film vie privée où on rencontre cette psychanalyste psychiatre également on rencontre une hypnotiseuse c'est pas tout simplement un problème oculaire non et peut-être consulter quelqu'un je suis psy alors si j'étais en dépression je le saurais oui madame moi j'ai pas tout de suite vous faire arrêter de pleurer ah non mais pourquoi parce que vous avez encore besoin de pleurer ce serait comme vous mettre un pansement sur une plaie pas nettoyée vous vivez un deuil un deuil très profond je le vois vous n'êtes pas venu seul il y a quelqu'un avec nous je vois pas grand monde moi je me suis dit que vous aviez voulu alors je ne sais pas si c'est Anne Bérest ou Rebecca Zlotowski mais vous vengez de votre psy parce que ça les désacralise quand même on voit que cette dame est aussi empêchée que nous pour comprendre ce qui la traverse ça peut naître d'un petit désir agressif de voir ces psys pleurer oui mais ça je pense que tout le monde l'a un peu secrètement on a envie d'émouvoir son psy je ne suis pas d'accord je crois que pour fréquenter beaucoup de gens qui sont des thérapeutes quels qu'ils soient il y a aujourd'hui un mouvement qui fait que les thérapeutes s'enrichissent ne sont plus sur une seule ligne d'une seule idéologie médicale une seule pratique une seule pratique il y a quelque chose aujourd'hui qui fait que on va aller chercher dans d'autres formes de thérapie c'est l'histoire d'une psy qui devient une psy meilleure à la fin et c'est une psy mais ça pourrait être une médecin ça pourrait être une masseuse c'est ça que ça raconte c'est comment quel que soit son âge on continue à être des étudiants on continue à vouloir apprendre on se remet en cause on réfléchit sur notre pratique il y a aussi qu'est-ce qui vous échappe dans vous-même et dans vos livres Anne Bérez donc ce qui vous échappe c'est ou ce qui vous rappelle que quelque chose vous échappe c'est parfois une carte postale parfois quatre cahiers oui Rebecca a ajouté ce clin d'oeil d'ailleurs dans le film des privés avec le mot carte postale qui apparaît j'en dis pas plus mais moi en effet donc tout mon travail il est autour de cette question de la transgénéalogie c'est-à-dire comment on s'inscrit dans un arbre généalogique comment on entend dans l'extrait l'extrait du film l'hypnotiseuse dit vous n'êtes pas venu seul mais parce qu'on n'est pas seul on est entouré de nos ancêtres qui sont là toujours je lis un extrait de votre dernier livre Finistère la plongée dans la lecture des cahiers de gênes m'apprenait beaucoup de choses j'ignorais tout de cette création d'un syndicat paysan par mon arrière grand-père contrairement à l'histoire maternelle volontairement ensevelie dans le silence cette histoire bretonne s'était simplement évanouie dans les méandres de la mémoire vous commentez Anne Bérest oui c'est à ce moment-là je fais le lien entre deux livres que sont la carte postale qui était mon précédent livre sur toute la généalogie de ma mère l'histoire de la famille Rabinovitch venue de Russie en France et là je fais le voyage dans une histoire très différente qui sont celles des bretons de la famille paternelle et à chaque fois j'interroge la question de la mémoire mais de la mémoire à l'intérieur d'un arbre généalogique pourquoi est-ce la question que je pose au fond et que je pose à tous les auditeurs aujourd'hui pourquoi par exemple on ne connaît pas les prénoms de nos arrières-grands-parents comment se fait-il qu'il y a quelque chose qui s'efface du côté de ma mère c'était évident si vous voulez la question de la choix avait été une volonté par le troisième Reich d'effacer la mémoire des juifs d'Europe mais du côté de mon père pourquoi est-ce que cette mémoire-là disparaît pourquoi est-ce que je ne connais pas mes ancêtres et ça cette question-là c'est tout le champ d'investigation de mon travail depuis Gabriel le livre que j'ai créé avec ma soeur sur notre arrière-grand-mère et c'est ce que l'on retrouve dans ce film Rebecca Zlotowski et là il y a de manière métaphorique mais pas que un héritage et un héritage c'est une manière de se rappeler que les vivants sont là et que nos fantômes et que les morts sont là oui mais c'est beau ce lèvus on y va Guillaume disons que le film Vie privée il le traite sur un mode j'allais dire comme le revers de cette broderie il le traite comme un motif léger comme un motif comique c'est-à-dire à un moment de sa vie cette femme Liane Steiner qui est une américaine expatriée à Paris déjudéisée quelque part comme beaucoup d'américains juifs qui ont pensé échapper à ce fardeau de l'extermination des juifs d'Europe elle se retrouve à la soixantaine elle est confrontée à la disparition de cette patiente et là d'un coup bam elle replonge dans des traumas dont elle pensait qu'il ne faisait pas partie de son ADN mais c'est fait pour les spectateurs qui l'ont déjà vu ou ceux qui le verront de manière plutôt inattendue j'allais dire parce que c'est vraiment sous forme de représentation de son ADN et je voudrais ajouter il y a ce lien avec son fils qui est joué par Vincent Lacoste qui est merveilleux dans le film et c'est aussi un moment au début du film de crise où Liliane devient grand-mère et c'est quelque chose qui la bouleverse parce qu'en fait elle s'inscrit elle aussi dans son arbre généalogique et la disparition de la patiente la renvoie à la disparition peut-être de sa mère c'est quelque chose comme un sujet secret du film et c'est aussi ce film comment elle va accepter ça comment elle va accepter de devenir une grand-mère et comment comment elle prend le D-book de Paula un D-book c'est comme les djinns c'est-à-dire ces esprits fantomatiques qui peuvent être malfaisants mais bienveillants aussi et qui viennent vous posséder parce qu'ils ont disparu trop tôt ils n'en ont pas fini avec la vie et ils prennent possession du corps d'un vivant et vous justement comment ça résonne puisqu'on voit votre père Rebecca Zlotowski je crois que vous avez en D-book non dans ce film en rabbin en rabbin comme dans chacun et je crois que vous avez eu aussi à faire le deuil de votre mère ah oui ça fait partie de ma culture je sens et aussi de notre culture commune je crois avec Anne Bérest et puis ça fait partie de nos pratiques je crois que le cinéma est l'endroit où on est entouré de nos voilà on peut fabriquer de l'invisible je pense que si on se dirige soit vers la littérature soit vers le cinéma c'est parce qu'on a quelque chose à porter ou un discours à porter ou tout simplement pour pallier cette solitude-là ou pour essayer de renouer de la manière la plus divertissante avec ça et oui parce que votre cinéma comme votre littérature Anne Bérest c'est pour les morts aimés et c'est une manière justement de les revoir de les convoquer et puis peut-être aussi de vivre un peu avec eux Amos Oz l'écrivain israélien disait ça exactement c'est aussi une façon de recréer ce qu'on appelle des constellations familiales c'est-à-dire comment et c'est l'histoire de Lilian Steiner dans le film comment est-ce qu'on fait famille comment est-ce qu'on réussit avec les vivants grâce grâce aux morts qui viennent nous aider comment est-ce qu'on réussit à vivre tous ensemble mais alors c'est étonnant parce que vous vous avez une famille très compliquée Anne Bérest toutes les familles sont compliquées vous connaissez une famille simple je connais des familles qui sont monotones ou homogènes vous avez une famille bretonne une famille juive vous avez une famille il y a la branche épicabia bien sûr et d'autres qui ne le sont pas ce n'est pas une famille commune et je me suis dit justement dans cette quête familiale vous avez fait une analyse oui mais vous savez mon premier métier ça a été d'être biographe et j'étais biographe pour des gens qui avaient comme ça comme vous dites l'air d'avoir des vies communes mais quand vous plongez dans la vie de qui que ce soit vous allez découvrir que chaque vie est romanesque que chaque famille est inouïe vraiment bien sûr mais alors la mienne est particulière en effet merci je suis d'accord Guillaume je vous demanderai donc de commenter cette phrase cette question avec laquelle vous êtes d'accord et je le raconte dans Finistère je raconte cette séance de psychogénéalogie que j'ai faite où j'ai dit pourquoi pourquoi est-ce que je n'arrive pas à aller au bout de ce désir que j'ai d'être écrivaine cette séance m'a permis de dénouer les fils face à mon arbre généalogique et depuis au fond je leur dois quelque chose à ses ancêtres et c'est pourquoi justement je pensais à cette séance sur l'hypnose qui à mon avis renvoie exactement à cette chose là c'est à dire que l'hypnose d'abord je pense que c'est toute votre agressivité contre votre psy depuis tout à l'heure je me dis c'est clairement l'émission qu'elle est le plus susceptible d'entendre et donc c'est intéressant cette idée qu'on n'est pas seul et qu'on est deux dans un cabinet de l'analyse dans votre film il y a au début un patient qui vient voir cette psy jeudi Foster et qui lui dit ben voilà je suis allé voir un psy et donc j'ai tout de suite arrêté de fumer alors que vous vous m'avez coûté 38 000 euros et j'ai pas du tout arrêté de fumer il est très très en colère bien sûr vraiment c'est la première fois qu'on la découvre qu'est-ce que vous lui en voulez votre psy alors non pas du tout peut-être je lui en veux d'avoir besoin d'elle ça c'est différent mais je pense que je vous rappelle comme on avait dit tout à l'heure que vous aviez arrêté votre voilà c'est tout l'enjeu vous voulez vraiment me faire avoir vous savez c'est un petit peu comme de dire vous voulez que j'apprenne là c'est un peu je me suis dit tiens c'est comme si je quittais l'homme avec qui je vis on me demande de le dire à la radio mais il n'est pas au courant alors attendez laissez-moi quand même le temps de le formuler mais ce qui est intéressant c'est que là ce que disait Anne Beres tout à l'heure je suis troublée ce que disait Anne Beres tout à l'heure c'est je pense que c'est l'endroit de la stimulation de notre conversation Anne elle y croit beaucoup à tout ça moi je suis beaucoup plus rationnelle moi je fais le trajet beaucoup plus lentement je suis comme ça très lente sur les questions d'inconscient, d'hypnose moi je ne crois qu'au terrain de jeu pour une cinéaste donc ce qui était drôle c'est que là par exemple dans l'extrait que vous avez proposé c'est moi qui ai rajouté la musique de Spa donc oui il y a peut-être quelque chose d'un peu agressif là-dedans mais au fond je veux croire dans les sortilèges de la fiction vous savez qu'il y a d'ailleurs une chanson dans la bande originale de votre film qui s'appelle Psycho Killer je suis au courant et je l'adore je pense qu'on ne fera pas de surinterprétation du choix de cette chanson Anne Beres un commentaire par rapport à ce que vient de dire Rebecca Zlotowski oui sur la question de l'hypnose c'est vrai que ce qui moi me plaît dans cette pratique là c'est qu'elle est d'abord elle a été une pratique aujourd'hui elle nous semble commune mais il ne faut pas oublier que pendant très longtemps l'hypnose a été bannie de la psychanalyse et de la psychiatrie c'est Freud qui le premier y a vu un danger parce que l'hypnose était à la frontière de quelque chose qui était scientifique et de quelque chose qui était de l'ordre de l'invisible du magique de l'étrange donc Freud l'a mis de côté pour asseoir l'aspect rationnel de la psychanalyse et Rebecca parlait des échanges qu'on avait c'est justement sur cette frontière et le spectateur au final que lorsqu'il sort du film peut se faire sa propre idée est-ce que les vies antérieures existent ou non est-ce qu'il faut croire à l'hypnose ou non donc cette enquête elle est celle que chacun fait avec lui-même et puis alors je ne veux pas parler de l'homme avec qui vous vivez mais celui avec qui vous viviez puisqu'il y a aussi une affaire donc de remariage dans cette comédie et le philosophe Stanley Cavill parlait de comédie du remariage mais donc on a un couple qui fut un couple qui se retrouve à nouveau dans une situation amoureuse sentimentale même j'allais dire elle a besoin de lui ce qui est déjà une espèce de recherche de libido sans doute pour lui j'ai adoré ce couple j'ai adoré les filmés Daniel Auteuil et Jodie Foster je sens que d'abord il y a une espèce de plaisir pour moi à défendre la survie de l'amitié après l'amour qui est peut-être ma partie c'est une amitié une amitié érotique bah oui on reste en France je veux dire ils peuvent mais je ne suis pas sûre qu'ils se remettent ensemble enfin ça chacun se fera son idée mais il s'est passé quelque chose quand j'ai filmé Daniel Auteuil et Jodie Foster c'est quelque chose qui est très agréable pour une cinéaste c'est d'être le témoin d'une rencontre instantanée d'une alchimie classique et là j'ai senti que ce couple oui fonctionnait ça fonctionnait ?

ouais très fort et je crois que c'est aussi deux monstres du cinéma qui se rencontraient c'était deux continents deux continents qui se le continent américain le silence des agneaux avec Jodie Foster le continent français c'est quand même il y a auprès de Daniel enfin chez Daniel Auteuil c'est qui Daniel Auteuil pour vous ?

pour moi il a amené entre les sous-doués passent leur bac et caché d'une queue un coeur en hiver de sauté je ne connais pas un acteur qui ait cette cette amplitude j'allais dire de jeu cette technique et de comédie et d'intensité émotionnelle et puis aussi c'est son aspect latin pour moi Daniel Auteuil arrive avec la Méditerranée elle arrive avec une méridionalité assouplissante de tous les personnages et je crois que Jodie Foster elle l'a ressentie très fort bon on est loin de la Bretagne non mais ce que je voudrais ajouter par rapport à ce couple c'est que il y a quelque chose de très beau de voir au cinéma des gens qui ne sont plus des jeunes gens mais qui offrent à l'écran des scènes d'une sensualité et un baiser fougueux ça c'est Rebecca Zlotowski appelle ça de l'amitié c'est un message pour l'homme avec qui je vis et non mais pour revenir à Finistère où il y a aussi de l'érotisme j'ai été obligée de couper la première scène d'amour Rebecca parlait de mon cerveau malade je raconte dans le livre la rencontre amoureuse de mes parents telle qu'elle s'est vraiment passée c'est à dire deux intellectuels un peu ce qu'on appellerait nerd aujourd'hui se rencontrent et j'avais raconté leur première nuit d'amour et là ma mère m'a dit ma fille non là tu vas trop loin tu dois tu te couperas ces passages je te demande de tout oui bon mais alors on attend les passages inédits que vous allez nous livrer Finistère donc Anne Bérest et ce film vie privée Rebecca Zlotowski on y retrouve donc jeudi Foster et Daniel Oteuil notamment et c'est un très beau film de Noël c'est un très beau livre également de Noël merci à toutes les deux de nous avoir accompagné dans quelques instants notre camarade Gilles Gressani du Grand Continent Lucille Comeau et le 8h45 le journal d'Anne Lorchouin et le 8h45

38:09
Locuteur

le journal et le 8h45 le journal de Noël