Faut-il craindre la loi sur la fin de vie ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Midih 14h, Sud Radio, la France dans tous ces états, le fait du jour. Dernière étape à l'Assemblée nationale avant un probable vote définitif le 15 juillet, l'Assemblée nationale a une nouvelle fois adopté mardi à une large majorité la création d'un droit à l'aide à mourir. On fait le point avec le député modem d'UR et Loir, Philippe Vigier, également rapporteur général de la proposition de loi sur la fin de vie.
Bonjour monsieur le député. Bonjour. Bonjour Philippe Vigier.
Merci d'être en direct aujourd'hui sur Sud Radio pour parler de ce de ce douloureux et épineux politique. Euh je disais en titre que la loi sur la fin de vie vir à la fracture à la fracture nationale. Il y a des divergences d'interprétation.
Doit-on avoir peur de l'euthanasie ? C'est le terme qui est interdit. Euh pour autant vous êtes rapporteur général de la proposition de loi.
Je vois bien que vous avez pris en compte tous les enjeux éthiques, moraux, de bioéthique qui concernent cette cette situation par rapport à la loi Léonetti. Philippe Vigier, c'est une évolution nécessaire, c'est une évolution raisonnable. Le la proposition de loi par rapport [raclement de gorge] à la loi ça n'est pas du tout la même loi.
La loi néonetti c'est quoi ? C'est sont les soins paladiatifs qui permettent à des patients qui ont des situations particulières de bénéficier d'une saisation profonde et continue jusqu'à la mort. Très bien.
Là dans la cou sur la fin de vie, c'est le malade qui peut demander l'aide à mourir mais dans des conditions très particulières. Avoir un pronostic engagé, avoir un phénomène irréversible, c'est qu'en fait tous les traitements ne fonctionnent pas. Il y a des critères cumulatifs d'accès, c'est qu'en fait il y a pas d'enfant, il y a pas d'hicapés, il y a pas de personnes qui ne soient pas françaises et on a surtout des critère médicaux, une procédure de collégialité qui a été mise en place, la demande du patient jusqu'à la dernière injection, jusqu'à la dernière demande et l'injection ensuite.
À la différence de la loi clésonétique, le patient ne peut ne pas être conscient et avoir donné des directives anticipées comme dans la loi là, il n'y en a pas sur le texte de la fin. On a voulu que la demande du patient soit au cœur du dispositif. et quelques centaines de personnes qui seront concernées qui sont dans une impasse thérapeutique totale pour lesquels la vie n'est plus rien.
Est-ce que cette loi euh ni les valeurs fondamentales, j'allais dire des droits de l'homme euh est-ce qu'elle n'est pas conforme à l'humanisme de la France ? Vous qui êtes plutôt d'obédience démocrate chrétienne, est-ce qu'elle peut choquer des chrétiens ou au contraire vous pouvez nous assurer que ces éléments essentiels ont été respectés dans dans la proposition de loi ? D'abord, c'est une loi euh évidemment pour laquelle certains sont opposés frontalement euh mais les mêmes, je tiens à le dire dans le débat parlementaire, Perry Collegas, regardez les députés républicains qui étaient les premiers très opposés à ce texte-là donc on dit sur la fin de vie, son ce sont les mêmes qui n'avaient pas voté la loi Clé Leonetti et cela si vous voulez considère que quelque part il y a pas d'humanité, de fraternité, bien le contraire, c'est un droit en plus ça n'est pas un droit obligatoire, c'est le patient qui décide la clause de conscience des médecins est respectée.
Ce sont encore des cas dans lesquels on sait qu'on est au bout du chemin et que malheureusement la vie n'est plus pour eux il y a plus de souffle de vie. L'image qui renvoie de même leurs proches que vous avez vu d'eux-mêmes est tellement dégradé. On a vu aussi que l'autoadministration soit la base, c'est qu'en fait c'est le patient public qui est décideur qui s'autoadministre le produit sauf lorsque il est dans la capacité physique.
On a voulu aussi protéger ses patients qu'il n'y ait pas d'influence extérieure c'est que les proches, une personne de confiance peut être là lorsque la décision est annoncée mais ne peuvent pas participer la décision. Voyez, on a mis un certain nombre de garanties et le fait que le médecin et l'infirmier cause de construction, ça veut dire que ceux qui voudront pas ne feront pas. Donc je crois qu'on a mis le maximum de guerre de fous.
Ça n'est pas une loi belge, ça n'est pas une loi suisse, ça n'est pas une loi hollandaise ou ou canadienne, c'est une loi française, une loi d'exception. Mais il y avait, si je peux me permettre, quelque part un trou dans la requête, c'est qu'il y a des patients qui ne rentraient plus dans la possibilité d'avoir des soins palliatifs et qui les amenaient jusqu'au décès parce que malheureusement ça ne répondait pas à toutes les situations et pire encore, mais encore pardon, on a même fait en sorte que dans le texte, on propose aux patients le son palisatif. C'est eux une fois de plus qu'ils décident s'ils en veulent ou s'ils n'en veulent pas.
Donc on a essayé de s'entourer du maximum des précautions. Et puis vous avez prononcé le le mot euthanasie et vous qui êtes fux d'histoire chacun le sait. Collectif Annie Genevard, ministre de l'agriculture quand même figure des DLR, même si elle est un petit peu en retrait a dit je suis contre l'euthanasie mais est-ce que il s'agit bien d'euthanasie dans cette proposition de loi ?
Mais il s'agit pas d'euthanasie. D'abord le mot naasie, vous savez, vous connaissez les racines grecqu euh ça veut dire une mort douce, une mort lente et douceit. Donc ça n'est ça n'est pas du tout dans ce contexte là et on sait que ce mot a été souillé par l'histoire notamment Hitler avec les T4 qui ont fait en sè qu'on a exterminé notamment ces handicapés dans les conditions absolument folles.
Les mots vous savez le titre a été choisi de façon très claire, très transparente. Aide à mourir, on aide quelqu'un à mourir. On prononce le mot mort comme d'ailleurs dans la sédation profonde du continu.
C'est dans la sédation profonde du continu que se passe-t-il ? On ne nourrit plus le patient, on ne lui apporte plus d'apport hydrique donc d'eau et donc les organes s'arrêtent. Donc aussi ça conduit à la mort.
Et il faut bien comprendre que les personnes auquelles on s'adresse là sont les personnes qui sont dans une impace thérapeutique totale ou une maladie dégénérative comme la charco que de votre confrère journaliste des sports que vous connaissez tous. Bref, je crois que c'est une loi d'humanité. Donc ce mot-là est égal vaudé l'euthanasie.
On ne peut plus l'utiliser et en plus ça n'est pas un suicide. un suicide la personne est seule et malheureusement décide de de se supprimer alors que là il y a un environnement médical. Non, ça n'est pas un soin mais c'est un accompagnement médical pour faire en sorte que ceux qui n'ont plus euh d'espoir de pouvoir un jour retrouver quelques lieurs de de vie de bonheur parce qu'on est dans un processus irréversif.
Et puis je vais ajouter une chose, les Français sont très majoritairement favorables à cela. Ou alors qu'est-ce qui se passe ? Les riches qui vont en Belgique, ils vont en Suisse ou ils vont ailleurs ?
Ils sont favorables à ça. Il y a eu une convention citoyenne qui a été voulue par le président de la République avec plus de 180 personnes qui a eu des recommandations. La haute autorité de santé a fait des recommandations.
Le comité consultatif national d'éthique a fait des recommandations. Le Conseil d'État a été saisi. Bref, on s'est entouré du maximum de garantie.
Donc les valeurs de la République sont préservées, les valeurs de la France sont préservées pour vous pour vous en tranquill du peuple et vous avez une expérience politique ancienne, c'était nécessaire d'en arriver là maintenant parce que euh jusqu'à présent, quel était le problème ? Vous avez dit, on allait à l'étranger. Est-ce que c'est un progrès social et c'est un progrès politique pour vous Philippe Bigier ?
C'est un progrès social, politique et même pour les soignants parce qu'il y a des choses qui se passaient sous le manteau. Il y a des médecins, des soignants qui pratiquaient quelque part les amourir sans que tout cela soit couvert par les procédures juridiques. On a tout encadré.
Oui, c'est un progrès social. C'est une loi en plus. C'est une grande loi sociétale.
Et vous savez dans ce pays Pico Legas lorsque l'avortement grâce à Simon Veille a été porté dans les années 75 à l'époque la droite spécialisée n'en voulait pas. et le mariage pour tous également lorsque lorsque la progression médicalement assistée il y a quelques années a été mise en place c'est la même [raclement de gorge] chose lorsque le mariage pour sous ça a été mis en place c'est la même chose. Vous avez regardé monsieur Raillou, il dit on va faire un référendum.
Alors attendez qu'il fasse un référendum et il verra le jugement des Français. Je dis voyez à quelques mois de la président, je suis prêt à votre antenne à dire que pas un seul homme politique ou femme politique qui demain sera président de la République reviendra en arrière sur cette loi. Vous dites dans vous dites que ça va dans le sens de l'histoire.
Pour autant vous êtes rapporteur général de cette proposition là. Vous êtes donc dans le dans le sein au sein de l'Assemblée nationale. Il va y avoir une cohésion assez large des députés au-delà des clivages partisans ou où elle va passer difficilement dans la mesure où le Sénat le Sénat l'a refusé hein.
Le Sénat refusé. Le tech est revenu au Sénat hier. On sait très bien que de toute façon que malheureusement c'est une impasse au Sénat parce qu'ils veulent entendre parler de rien du tout.
Malheureusement je regrette cette position sénatoriale très fermée. Écoutez c'est ainsi. Elle va revenir donc ce texte va revenir comme c'était dit tout à l'heure dans l'annonce de l'émission à le 15 juillet prochain pour une lecture définite de l'Assemblée nationale mais sur le texte que l'on connaît parce que sur le texte que nous avons voté maintenant mardi dernier donc avanthier et donc vous dire que euh je suis persuadé que que ça passera de façon transpartisane.
La gauche vote très très largement et quasi unanimement. Le parti centriste auquel j'appartiens vote majoritairement mais c'est pas une majorité très large. Les partis d'Edouard Philippe est pas très mobilisé pour cette sont à peu près la moitié du groupe à voter en les républicains votent pas mais il y a des députés ren une quinzaine de députés qui qui devraient voter donc vous voyez que ça traverse les clivages et ça traverse les sensibilités politiques.
Ça ne sera pas une majorité écrasante mais elle peut-être nette malgré tout. Vous dites bien Édouard Philippe enfin les horizon réticent. Est-ce que c'est un sujet que certains candidats potentiels à l'élection présidentielle peuvent essayer de contourner ou d'éviter pour éviter le pour éviter le malaise ?
Est-ce qu'il y aurait une petite pente de désertion ou de ou de dérobade ? En tout cas, je vois pas comment ils pourront éviter ce débat. Euh comme je l'ai rappelé tout à l'heure, il y a eu une convention citoyenne, il y a eu depuis 5 ans parce qu'il faut bien dire, j'ai lu chez vos confrè Figaro que ce débat était baclé mais c'est pas vrai.
Ça fait 5 ans qu'on est sur ce texte. Trois propositions de loi. La première en 2021, j'étais président de groupe à l'assemblée.
On avait fait ça avec Olivier Fallandi qui a fait un boulot absolument formidable et sans qui nous ne serions pas là. 5 ans d'audition, 5 ans de consultation, d'écoute, de visite de de tous les services. Très la fin de vie, euh personne ne sait évidemment comment il terminera sa vie.
Mais moi ce qui me conduit dans ce texte, c'est quoi ? Évidemment mon expérience de soignant, mais c'est surtout l'humanisme, l'humanité d'apporter un peu de bienveillance pour ceux qui demandent à partir parce qu'ils n'en peuvent plus, parce qu'ils sont au bout du chemin, il ont tellement souffert avec des douleurs éfractaires où la médecine ne peut pas tout, elle ne peut pas tout pour tout. Et ça faut le comprendre, c'est les limites de la médecine comme on l'avait connu au départ du sidon arriverait pas en rier cette on est arrivé en rireux comme on a vu pour la COVID où on a eu des savez des centaines de milliers de morts en Europe et dans le monde et même plus plus de millions après et bien ça veut dire que quelque part la médecine et bien ça n'est pas automatique la réponse et donc c'est une vraie question sociétale et je vois pas comment on pourra l'écarter dans le débat présidentiel.
Philippe Vigier, une fois que cette loi soit votée, elle le sera probablement. On peut considérer que cette étape franchit, le débat est clos à franchir pour améliorer ou déjà là quelque chose d'énorme, quelque chose de considérable aura été aura été acquis ? C'est quelque chose de considérable.
Mais voyez, moi j'oppose pas les soins palliatifs. Euh et donc l' clé parce qu'on sait qu'il y a des départements, c'est ce que disent les opposants de cette loi. Euh le le mourir, il dit "C'est vrai que tout le territoire français n'est pas couvert." Je rappelle qu'il y a 2 ans, il y a eu une décision gouvernementale très importante, c'est de mettre 1 milliard d'euros sur la table en disant pour couvrir tout le territoire.
Mais il y a quand même des équipes mobiles de soins palliatifs qui partout vont sur le territoire accompagné de cela. la montée en puissance des soins palidatifs et on devrait être à 450000 français qui peuvent qui pourront bénéficier en 2032. Donc vous voyez que c'est quand même un effort absolument considérable.
Pour autant, cette loi est une réponse différente pour certains cas pour lesquels et bien euh manifestement c'est l'impasse total. Et ces gens-là, on a besoin, ces malades-là, parce que moi mes mots et et toute ma réflection s'est organisée autour du malade. Euh vous savez, c'est un vieux combat, c'est le sénateur Henri Kayav qui était radical qui dans les années 75 parlait déjà des droits des malades.
Ça c'est Bernard Kouchner qui a vraiment euh fait beaucoup avec sa loi Kouchner de 99 et c'est avancé que nous connaissons. Un dernier mot très rapide, vous êtes député de Réloire, député de la bosse. Euh nos paysans souffrent de la canicule, de la de la sécheresse.
Il souffrent énormément. C'est très difficile dans cette grande culture qui est la bosse. Toutes les difficultés euh d'approvisionnement en eau.
Il y a pas que cela, c'est l'explosion du coupt des introns, donc de tous les engrais, l'explosion du coût de l'énergie, du gaz et pour sécher du maïs ou d'autres plantes. Et donc c'est très très difficile et il faut être à l'écoute. Vous savez le le sujet de l'eau également est un sujet absolument majeur pour eux.
Rappelez-vous tous ce débat limite l'assemblée sur les bassines et donc j'ai une pensée pour eux. Je vis au milieu d'eux c'est moissotion qui ont démarré. Les grains sont pas très chargés d'après ce que je peux savoir ça veut dire que si les prix ne tiennent pas ça sera une année très compliquée.
Merci monsieur le député Philippe Vigier, rapporteur général de la loi sur la fin de vie de votre témoignage et des convictions que vous avez émises à cette antenne. Je vous dis à très bientôt. Nous savons désormais quand nous voterons [raclement de gorge] au premier et au second tour de la présidentielle en 2027.
Des dates qui ne mettent pas tout le monde d'accord. Dites-nous ce que vous en pensez à l'antenne de Sud Radio 0826 300. à tout de suite.
Philippe Vigier