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Conférence de presseyoutube.com· 4 juillet 2026 51 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleJustice

Salaire, prix et profit, livre de Karl Marx | Exposé et débat à la Fête de Lutte ouvrière 2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Chiffre
    « un ouvrier du textile à Haïti aujourd'hui, il gagne l'équivalent d'à peine 5 dollars par jour. »
  • 2:10Fait
    « aux États-Unis, il y a eu une grande grève dans les principaux groupes de l'automobile pour les salaires. Et c'était une grève qui a duré longtemps, qui était du jamais vu depuis plusieurs années. »
  • 3:40Fait
    « certains militants révolutionnaires commençaient même à faire des théories au sujet des augmentations de salaires. Ils disaient qu'il était inutile d'essayer d'imposer une augmentation des salaires, de se battre pour ça, parce que c'étaient les augmentations de salaires qui provoquaient la hausse des prix. »
  • 6:13Fait
    « quand un travailleur signe un contrat de travail où est prévu un salaire d'un certain montant, et quand le patron lui paye toutes les heures qu'il a vraiment travaillées, on a l'impression que l'ouvrier est payé. »
  • 7:39Fait
    « les capitalistes, avec leurs usines modernes, l'industrie, leurs techniques scientifiques, ont exproprié tous ces travailleurs artisans des temps anciens. »
  • 9:07Fait
    « les produits, dans notre marché capitaliste, ils ont une certaine valeur d'échange, une valeur moyenne. Et c'est autour de cette valeur que les prix des marchandises gravitent. »
  • 12:47Fait
    « c'est parce qu'une voiture, ça nécessite de nombreuses heures de travail pour la construire, de la part de très nombreux ouvriers dans différentes usines qui doivent créer les pièces, assembler les composants, etc. »
  • 15:35Fait
    « quand vous travaillez, le capitaliste garde la majeure partie. et il ne nous donne qu'une petite partie en salaire. »
  • 17:44Fait
    « pour renouveler la force de travail d'un ouvrier, elle est très inférieure aux richesses que produit l'ouvrier dans sa journée. »
  • 18:29Fait
    « en deux heures, il a produit son salaire. Ça veut dire concrètement que six heures de travail, ça bénéficie uniquement au patron. »
  • 19:10Fait
    « cette plus-value, elle est énorme. C'est la source unique de tous les profits que fait aujourd'hui la classe capitaliste. »

Temps de parole

  • ?100 %

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Le titre du débat ce soir, c'est"Salaire, prix, profit". Comment les capitalistes volent la plus-value. Je voulais commencer par une remarque. Jamais l'humanité elle a eu les moyens de produire aussi facilement qu'aujourd'hui la nourriture, les vêtements, les habitations, les outils et en fait tous les produits utiles aux hommes. Mais les travailleurs qui produisent tout dans la société, eux-mêmes, ils ont à peine de quoi survivre. À un pôle de notre très riche société, les capitalistes amassent des fortunes, mais de l'autre côté, le salaire d'un ouvrier ne permet pas à sa famille de se loger, de s'habiller, de se chauffer, de se déplacer ou de se nourrir correctement. Concrètement,

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un ouvrier du textile à Haïti aujourd'hui, il gagne l'équivalent d'à peine 5 dollars par jour. et ça permet de payer l'essence à peine, pour aller travailler. ça permet pas de manger un vrai repas dans la journée.

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Dans les pays riches, au sommet de la hiérarchie de la planète, le salaire moyen d'un travailleur est plus élevé que ça, il permet de vivre un peu mieux. Mais sous la pression de la guerre qui se fait sentir partout, les travailleurs subissent actuellement des privations supplémentaires jusque dans les pays les plus riches du monde. Et on n'est qu'au début de ça. Aujourd'hui, il n'y a pas de luttes massives sur les salaires. Mais partout, les travailleurs salariés, ils sentent peser le poids des bas salaires. et ils en parlent. Il y a même des réactions au niveau local. Je vous parlais d'Haïti il y a un instant. C'est un pays qui est ravagé par les affrontements des bandes armées, un des plus pauvres de la planète. Et tout récemment, il y a eu des travailleurs du textile qui sont

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en grève depuis plusieurs semaines et qui réclamaient un salaire minimum. Donc le salaire minimum qu'ils réclamaient, c'était 3 000 gourdes haïtiennes, donc c'est l'équivalent de 23 dollars, contre les 5,3 dollars qui sont actuellement le salaire moyen. Mais aux États-Unis également, dans les pays les plus riches de la planète, il y a eu des réactions ouvrières, notamment fin 2023, suite à l'inflation au début du conflit en Ukraine. Aux États-Unis, il y a eu une grande grève dans les principaux groupes de l'automobile pour les salaires. Et c'était une grève qui a duré longtemps, qui était du jamais vu depuis plusieurs années. Ces réactions ouvrières, elles sont dictées par la volonté de survivre, la volonté d'améliorer les conditions

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de son existence. et les travailleurs qui les mènent, bien sûr, ils ont raison de se battre. Mais c'est une lutte qui est toujours recommencée avec les patrons sur la question des salaires. Ne serait-ce que parce qu'avec les augmentations de salaires qu'on connaît, les travailleurs, ce qu'ils pourraient arracher aujourd'hui en augmentation de salaires, ce serait vite rattrapé par la hausse des prix. Voilà. Alors, pour s'en sortir, c'est crucial pour les travailleurs de comprendre comment se passe l'exploitation derrière le salaire. Et le titre de cette conférence-débat, "Salaire, prix, profit" c'est un titre qui vient d'une brochure qui a été écrite par Marx il y a plus de 150 ans maintenant.

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A cette époque, au début des années 1860, la société venait tout juste d'être complètement bouleversée par la révolution industrielle. C'était le temps où se construisaient partout en Europe les premières usines, Tous les paysans commençaient à arriver massivement des campagnes pour devenir salariés dans les grandes villes. Et donc les temps à cette époque, les temps étaient très durs pour les ouvriers en Europe qui pour beaucoup mangeaient pas du tout à leur faim. Le mouvement ouvrier, qui lui aussi en était à ses débuts, était très combatif. Les travailleurs menaient des grandes grèves, notamment pour l'augmentation des salaires. Et parmi eux, certains travailleurs commençaient à constater que la lutte pour les salaires, elle n'avait pas de fin, qu'il fallait toujours recommencer

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parce que les prix augmentaient après les augmentations de salaires mais aussi parce qu'il y avait toujours une nouvelle invention du patron pour rabaisser la paie. Pour ça, les patrons, ils ont de l'inventivité, rallonger le temps de travail, moins payer les ouvriers, ils trouvaient toujours des nouveaux moyens. Certains militants révolutionnaires commençaient même à faire des théories au sujet des augmentations de salaires. Ils disaient qu'il était inutile d'essayer d'imposer une augmentation des salaires, de se battre pour ça, parce que c'étaient les augmentations de salaires qui provoquaient la hausse des prix, et qu'il fallait même pas essayer de faire grève pour les salaires. La majorité des militants ouvriers de l'époque n'étaient pas d'accord avec ça parce que c'était une question

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de survie. Ils ne voulaient pas renoncer à faire grève pour les salaires. Mais les débats étaient houleux. Il y avait beaucoup de débats. Tout le monde savait, parmi les militants ouvriers de l'époque de Marx, que le salaire cachait un vol. Les ouvriers vivaient dans leur chair qui se faisait exploiter. Mais en fait, il y avait du débat parce que personne ne savait expliquer exactement les mécanismes de ce vol, comment les capitalistes volaient les ouvriers. Et donc, le texte de Marx,"Salaire, prix et profit", C'était le texte de deux conférences que Marx a donné pour s'adresser à tous ses ouvriers et ses militants. qui se battaient et qui cherchaient à améliorer leur sort en se battant sur les salaires, mais qui ne savaient pas forcément à quel

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système ils avaient affaire, qui ne comprenaient pas bien les mécanismes.

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Donc, dans cette brochure, Marx montre que le système du salaire, c'est une arme qui sert aux patrons à cacher l'exploitation qu'ils imposent aux ouvriers. Et plus profondément, surtout, il révèle dans ce texte le secret de cette exploitation. Il montre comment les patrons volent les travailleurs en récupérant, en fait, la majorité des richesses nouvelles créées par le travail des ouvriers. Et c'est ce que Marx appelle la plus-value, et c'est ce dont je vais vous parler maintenant. Il n'est pas si facile de mettre le doigt sur comment les capitalistes s'emparent des richesses que produisent les travailleurs. En partie parce qu'aujourd'hui, quand un travailleur signe un contrat de travail où est prévu un salaire d'un certain montant, Et quand le patron lui paye toutes les heures

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qu'il a vraiment travaillées, On a l'impression que l'ouvrier est payé. Il n'est pas exploité. On lui a payé toutes les heures qu'on lui devait. On a l'impression que c'est réglo. En fait, ça semble être le contraire d'un esclave. Un esclave, il appartient à son maître, il ne touche aucun salaire pour le travail qu'il effectue, et il est donc clair que toutes les richesses produites par l'esclave vont directement profiter au maître. En fait, l'ouvrier, il est exploité aussi d'une façon très proche de celle de l'esclave, mais cette exploitation est plus dissimulée, que dans le cas de l'esclavage. Dans notre société bourgeoise, quand les travailleurs signent un contrat, on les considère comme libres contrairement à des esclaves. Ils sont libres de signer ou pas le contrat, ils sont libres

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de refuser un salaire trop bas, voire même on dit qu'ils sont libres d'essayer de négocier un salaire plus élevé. Mais en réalité, ça, c'est déjà un mensonge. Les travailleurs, ils n'ont pas le choix. Jadis, dans les temps anciens, les artisans travaillaient comme indépendants, ils vendaient eux-mêmes leur propre production. parce qu'ils avaient des outils qu'ils possédaient eux-mêmes. Ils travaillaient en achetant leur propre matière première, ils avaient leurs propres outils, donc ils vendaient leurs propres marchandises. Ils pouvaient travailler indépendants. Mais au cours de leur histoire, les capitalistes, avec leurs usines modernes, l'industrie, leurs techniques scientifiques, ont exproprié tous ces travailleurs artisans des temps anciens.

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Ce sont eux, les capitalistes, qui ont récupéré tous les moyens de produire, donc toutes les machines, tous les matériaux. Il n'y a qu'eux qui ont les moyens de les acheter actuellement et de monter une usine de toutes pièces, par exemple. Et c'est pour ça que les travailleurs ils ont pas le choix. Eux, ils n'ont rien qu'ils possèdent comme capital, ils n'ont pas de machines, ils n'ont pas des tonnes d'acier pour monter leur propre usine. Et donc, pour vivre, pour gagner leur vie et travailler, ils doivent vendre leur force de travail à un capitaliste qui possède, lui, les outils et les machines. Donc, ils ne sont pas les esclaves d'un seul maître, ils ne sont pas possédés par une seule personne, mais ce sont les esclaves de toute la classe capitaliste, de toute la classe bourgeoise.

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Ils sont obligés de vendre leur travail à un patron ou à un autre pour pouvoir survivre. et le prix auquel ils vendent leur travail, c'est-à-dire le salaire, C'est un prix qu'ils ne choisissent pas, sur lequel ils ont très peu d'influence. pour ne pas dire aucune. Pour comprendre ce que c'est le prix de ce travail, le salaire d'un ouvrier, pour comprendre pourquoi il est aussi bas dans notre société et comment il est déterminé, comment la valeur du salaire est déterminée, Marx décide de repartir d'une question plus générale que juste le salaire. Il repart de la question:"Qu'est-ce que c'est que le prix ou la valeur d'une marchandise ?"

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Comme les ouvriers vendent leur travail, mais ils choisissent pas le salaire, les vendeurs d'autres marchandises, les vendeurs de voitures, ceux qui vendent des fruits, ils ne vendent pas leurs produits à n'importe quel prix. Les produits, dans notre marché capitaliste, ils ont une certaine valeur d'échange, une valeur moyenne. Et c'est autour de cette valeur que les prix des marchandises gravitent. Ça, c'est assez simple à comprendre. Dans la vie de tous les jours, on sait que les outils, les objets autour de nous, ils ont un prix moyen. On sait que ce prix, cette valeur, Elle est pas liée à la volonté des vendeurs. On sait qu'un capitaliste n'arrivera pas à nous vendre un gobelet en plastique à 2 000 euros. Il peut essayer, mais c'est pas lui qui va choisir du prix.

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Il va trouver autre personne pour acheter s'il propose ce prix-là. D'autre part, on sait que certaines marchandises ont plus de valeur que d'autres. Par exemple, un kilo de farine, on sait que ça a moins de valeur qu'une voiture. C'est assez évident. Et personne ne voudra faire l'échange entre les deux, si on le propose. Pour que l'échange puisse se faire, il faudrait qu'il y ait une immense quantité de farine qui équivaudrait en valeur à la voiture. Donc, on sait que les produits comme ça, dans notre société, ont des valeurs d'échange qui sont différentes selon le produit. Ces valeurs sont assez faibles. Certes, le prix des produits qu'on achète peut varier. Et ça, on le sait. On sait qu'ils peuvent s'éloigner de leur valeur d'échange normale.

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On l'a tous vécu avec l'augmentation des prix de l'essence récemment qui ont explosé du fait de la guerre en Iran. Puisque avec le blocage du détroit d'Ormuz, il y a eu une réduction de l'offre de pétrole et de gaz disponibles dans le monde et les prix ont explosé. Ça, c'est l'effet de la loi de l'offre et la demande, dont vous avez probablement entendu parler, on en parle beaucoup: l'idée que plus un produit est rare, plus il peut être vendu cher. Cette loi, ce n'est pas une loi de la nature, c'est une loi du commerce, du marché capitaliste. Comme les capitalistes ont droit de propriété sur les marchandises qu'ils vendent, l'essence, le pétrole, le gaz entre autres, ils sont libres de faire monter les enchères

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pour profiter de la situation quand il y a une forte demande d'un produit ou bien quand il y a une réduction de l'offre qui à ce produit devient rare. Mais, malgré ces variations, qui ne durent pas éternellement, ces variations qui sont épisodiques, malgré tout ça, les prix des marchandises se stabilisent autour d'une valeur moyenne. C'est-à-dire que même avec les variations de l'offre et de la demande, il y a toujours une différence entre un kilo de farine et une voiture, et une différence relative. Et on paiera toujours en moyenne beaucoup plus cher pour la voiture que pour le kilo de farine. Et donc, la question en fait c'est un peu mais d'où vient cette différence de valeur entre les marchandises? Qu'est ce qui fait qu'on paye plus cher certaines que d'autres? C'est quoi le critère?

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Pour comprendre, Il faut d'abord qu'on puisse comparer entre elles la valeur des marchandises. Il faut qu'on trouve leur point commun. C'est ça que Marx cherche. C'est le point commun entre toutes ces marchandises qui va permettre de pouvoir les comparer en termes de valeur. Dans notre société capitaliste industrielle, ces marchandises ont toutes en commun une chose: c'est qu'elles sont toutes le produit du travail de la société. Et donc, en fait, lorsqu'un vendeur essaye de vendre une marchandise sur le marché, ce qui détermine son prix ou sa valeur, la valeur de cette marchandise, c'est la quantité de travail que contient cette marchandise. C'est le travail que la société y a mis. Donc, autrement dit, c'est

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parce qu'une voiture, ça nécessite de nombreuses heures de travail pour la construire, de la part de très nombreux ouvriers dans différentes usines qui doivent créer les pièces, assembler les composants, etc. Et c'est parce qu'il y a énormément de gens qui ont travaillé longtemps dessus que la voiture, elle a une valeur plus élevée que celle d'un kilo de farine. Parce que pour produire un kilo de farine, c'est beaucoup plus rapide. Il a besoin de moins de travail pour transformer le blé, récolter, etc. Donc Marx dit qu'il y a plus de travail social contenu dans la voiture que dans le kilo de farine. Et peut-être, on va dire, il y a 20 000 heures de travail social dans une voiture, il y a 20 heures de travail dans un kilo de farine. Et c'est pour ça qu'il y a une différence

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dans la valeur et dans les prix.

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Alors, bien sûr, cette idée, si on la prend à l'échelle d'un ouvrier individuel, elle peut paraître un peu surprenante parce qu'on a l'impression que plus on passe de temps à produire un objet, plus il vaut cher. Est-ce qu'un travailleur lent et paresseux produirait des objets de plus grande valeur ? Demande Marx. Non, bien sûr, il répond, parce qu'en fait, il parle pas à l'échelle d'un individu, il parle à l'échelle de toute la société. Il dit qu'une marchandise a une valeur d'échange parce que dans la société, il faut en moyenne tant d'heures de travail pour la produire.

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Donc, on ne va pas juger sur le temps qu'on a vraiment mis à produire de la farine. Par exemple, si vous faites chez vous de la farine et que vous savez pas bien vous y prendre, ça prend beaucoup de temps, vous pourrez pas la vendre plus cher sur le marché. Ce qui va déterminer le prix de la farine c'est le prix moyen et donc le prix de la production industrielle de la farine donc vous pourrez pas la vendre très chère. Donc, les prix des marchandises, ils sont bien déterminés par le temps de travail social qui est nécessaire pour les produire. Donc, c'est une question de temps de travail qui fait qu'on paye plus cher certaines choses que d'autres. Donc revenons maintenant, comme Marx nous y invite, à la question du prix du travail, c'est-à-dire à la question des salaires.

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Est-ce qu'il peut y avoir un prix juste pour le travail ? Est-ce qu'il peut y avoir un salaire juste ? Un salaire qui serait suffisant pour que le travailleur ne soit pas exploité mais qu'il soit payé à la juste valeur de son travail? Marx dit ça, c'est impossible. Si un ouvrier travaille 8 heures, et qu'il est payé à la valeur de 8 heures de travail, son patron ne pourrait pas faire le moindre bénéfice. Il serait obligé de lui donner l'entièreté de ce qu'il a produit. Or, si les patrons embauchent les ouvriers, c'est parce que ça leur rapporte du profit. S'ils ne gagnaient rien, ils n'embaucheraient personne. Donc, ce n'est pas possible. Ça signifie que même si les capitalistes y prétendent, dans leur contrat de travail, payer toutes les heures

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de travail aux ouvriers, en réalité, notre salaire y correspond seulement à une partie de la valeur produite en travaillant. Quand vous travaillez, le capitaliste garde la majeure partie. et il ne nous donne qu'une petite partie en salaire. Mais comment font-ils ? Et à quoi ça correspond, la valeur qu'ils nous payent ? Est-ce que c'est eux qui décident ? Ça marche pas comme ça, donc il y a quelque chose derrière. Et en fait, c'est le secret du salaire sur lequel Marx met le doigt, c'est celui-là. C'est que, contrairement à ce que prétendent les capitalistes, ils ne nous payent pas les heures de travail, qu'un ouvrier travaille. Ce qu'ils payent, c'est la location de la force de travail de l'ouvrier.

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Donc, ils payent pour pouvoir profiter du travail de l'ouvrier, pendant une journée par exemple. Et ça signifie que l'ouvrier, dans une journée de travail de huit heures par exemple, il va par exemple produire une voiture, il y aura huit heures de travail dans les voitures qu'il a produites. Mais le capitaliste, il ne va pas lui payer les huit heures de travail, il va juste payer ce qu'il faut pour que l'ouvrier puisse continuer à travailler demain. pour qu'il puisse renouveler sa force de travail. Autrement dit, il ne paye pas le temps passé à travailler, seulement ce qu'il faut pour que l'ouvrier puisse continuer. Et cette force de travail, c'est une marchandise dont on peut déterminer la valeur, comme toutes les autres marchandises, en se demandant combien de temps il faut de travail

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pour produire tout ce que l'ouvrier a besoin jusqu'au lendemain. Donc concrètement, de quoi un ouvrier a besoin pour travailler le lendemain ? De la nourriture, un toit, des vêtements, une formation selon les métiers. Pour pouvoir travailler, il faut qu'il soit formé sur certaines choses. Il faut aussi qu'il puisse faire des enfants pour qu'eux aussi puissent renouveler sa force de travail sur le long terme, qu'il puisse nourrir ses enfants. Et si on fait le calcul de tout ça, on arrive à une certaine somme de travail, de produits, dont la valeur correspond à un temps de travail.

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Et ça, c'est ce que paye le capitaliste quand il paye un salaire. Il ne paye pas les heures passées à travailler, il paye juste ce qu'il faut pour renouveler la force de travail de l'ouvrier. Et cette valeur, pour renouveler la force de travail d'un ouvrier, elle est très inférieure aux richesses que produit l'ouvrier dans sa journée. Disons par exemple qu'il faut deux heures de travail social par jour pour couvrir les besoins de l'ouvrier, produire sa nourriture, lui donner un logement, etc. Ça veut dire que pour produire le salaire d'un ouvrier, Il suffit que l'ouvrier travaille deux heures dans sa journée. Mais l'ouvrier, Il n'a pas été embauché pour deux heures, il a été embauché pour toute la journée. Donc en travaillant toute la journée, il va produire une valeur

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bien supérieure à celle qu'il lui faut pour produire son propre salaire. Donc, en fait, ce qui se passe, c'est que l'ouvrier, c'est qu'il travaille gratuitement toute une partie de la journée et souvent sans le savoir. Pendant un temps, il produit ce qu'il faut pour son salaire, et le reste du temps, il travaille gratuitement pour son patron. Par exemple, sur la journée de huit heures, en deux heures, il a produit son salaire. Ça veut dire concrètement que six heures de travail, ça bénéficie uniquement au patron. Mais c'est pas ce qui est marqué dans le contrat, c'est pas présenté comme ça. ce travail gratuit, masqué par le contrat salarial, c'est ça que les capitalistes récupèrent et ils récupèrent seuls tous ces fruits-là. C'est ça que Marx appelle la plus-value. C'est la valeur produite

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par le travail des salariés en plus de la valeur de leur salaire réel. Cette plus-value, elle est énorme. C'est la source unique de tous les profits que fait aujourd'hui la classe capitaliste. Ça veut dire que sans ce travail gratuit que les ouvriers font tous les jours, ils ne gagneraient pas un centime. cette plus-value, non seulement le patron,

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direct d'un salarié en profite, c'est-à-dire celui qui vous a embauché, il profite de la plus-value, mais tous les autres capitalistes, indirectement, ils vivent aussi de ces richesses produites. Les banquiers, les fournisseurs de l'entreprise, les propriétaires de terres, etc., ils sont tous payés par la plus-value des ouvriers. Tous y vivent en parasites sur le dos de toute la classe ouvrière. et ils se battent entre eux pour obtenir la majeure partie des richesses créées par l'exploitation des ouvriers.

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Donc, dans"Salaire, prix et profit", Marx y montre comment un travailleur salarié est exploité. Comment il travaille gratuitement pour son patron toute une partie de la journée de travail. Le salaire, c'est donc le résultat d'un rapport de force entre les travailleurs, et le patron. Le patron, il essaye toujours d'obtenir plus de travail gratuit. Donc de faire travailler plus longtemps l'ouvrier, de le payer moins. et les travailleurs en face, eux, ils essayent de survivre et d'avoir le minimum qu'il faut pour survivre. Les patrons vont essayer de lui donner moins que ce qu'il faut et le travailleur réagit en essayant d'obtenir au moins le minimum. Donc, c'est une lutte permanente entre les classes, un rapport de force qui change tous les jours, qui n'est pas le même selon les pays,

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ce qui explique qu'il y a des différences de salaire. Mais il y a toujours ce bras de fer qui est aujourd'hui surtout à l'initiative des patrons. Et ça se traduit dans un bras de fer sur la durée des journées de travail. Par exemple, les patrons qui poussent pour faire des heures sup', pour supprimer les pauses, interdire d'aller aux toilettes dans la journée du temps de travail, c'est autant de temps de gagné où l'ouvrier travaille gratuitement pour le patron. Il y a aussi l'intensification des cadences. Si, dans le même temps, il vous fait travailler plus, pour lui, c'est un bénéfice. Tout ça permet aux capitalistes d'augmenter la quantité de travail gratuit de plus-value qu'il va pouvoir avoir tous les jours. Et donc Marx conclut qu'il peut pas y avoir de bon salaire,

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il peut pas y avoir de salaire juste en fait. Cette lutte entre salarié et patron sur le montant du salaire, déjà elle ne s'arrêtera pas. et surtout elle ne met pas fin à l'exploitation. Le seul moyen de mettre fin à l'exploitation pour que les travailleurs récupèrent la plus-value que leur volent les capitalistes, c'est de mettre fin au salariat. C'est de renverser le système capitaliste et de mettre fin définitivement à l'exploitation. Les capitalistes, à la recherche de profits, ils ont développé l'industrie, des moyens de production énormes, et ils ont vraiment tiré, c'est eux qui ont tiré la société des moyens de production du Moyen Âge. En une heure de travail aujourd'hui, on produit beaucoup plus de richesses qu'il y a 200 ans.

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Et ça, c'est merveilleux quelque part. Aujourd'hui, les bourgeois volent la plus-value aux travailleurs, mais si les ouvriers s'en emparaient, c'est des richesses énormes qui pourraient être utilisées pour le bien de tous et qui sont en quantité faramineuse. Et donc, l'idée de Marx dans"Salaire, prix et profit", en fait, c'est l'idée qu'il faut qu'on soit plus conscients, nous les ouvriers, de ce qui se passe, de comment on est exploité. Une idée importante pour Marx, c'est qu'on est plus libre d'agir sur le monde quand on comprend son fonctionnement, quand on comprend les lois qui dirigent le monde et qui dirigent l'économie. Et donc, pour Marx, prendre conscience de comment on est exploité, de l'exploitation qu'il y a cachée derrière le salariat, c'est ça qui permet le premier pas

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pour qu'on s'émancipe de la tutelle des capitalistes et puis qu'on renverse le salariat et l'exploitation définitivement. Voilà, je vous remercie. Quelqu'un qui dirait mettons: "une action je l'ai achetée 100 euros puis le lendemain elle vaut 110. Comment tu peux justifier...

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que le mec il ait gagné 10 euros en faisant rien. Comment tu expliques le prix de l'action ? Alors, sur tout ce qui concerne la bourse, On s'éloigne un peu de la réalité, en fait, de la réalité de l'exploitation, quand on parle de ça, et de la réalité de la production. C'est là où on voit que le système capitaliste, il est vraiment... il dégénère, il est vraiment pourrissant, c'est le stade suprême, l'impérialisme, parce qu'on s'éloigne. Moi, je vous avoue, je ne serais pas capable de parler des mécanismes de la bourse dans les détails, mais on s'éloigne et on voit que ça devient hors sol. Et en effet,

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ça n'a pas de rapport entre les... c'est pas les mêmes lois économiques quand on part sur des spéculations de spéculations et ça finit en crise. Je crois qu'il n'y a pas beaucoup d'économistes qui s'y retrouvent, d'ailleurs. Pour moi, le prix de l'action, c'est beaucoup de la spéculation. Je parlais de la loi de l'offre et de la demande. C'est des variations sur les prix. Il y en a tout le temps. Je veux dire, le beurre, il n'est pas toujours au même prix. Et ça, c'est lié... C'est ce qu'on peut constater, nous. Mais ça marche aussi pour les actions. Même quand on parle de la bourse, moi, ce que j'en vois, c'est que c'est même des anticipations d'anticipation. Il y a de la spéculation sur la spéculation. On apprend qu'il s'est passé quelque chose dans le monde.

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Il y a une annonce, un tweet de Trump. Et tout d'un coup, les prix des actions changent dans un domaine de l'économie. C'est des variations en surface. Mais ça ne correspond pas à un changement dans la valeur réelle des choses. Et je pense que c'est important de... Ça ne veut pas dire que des capitalistes ne font pas beaucoup d'argent comme ça. Ils spéculent à longueur de journée. Mais en termes de ce qui est réel dans les échanges de marchandises, c'est un peu à un niveau stratosphérique. Je voudrais compléter ce que tu viens de dire justement parce que dans la théorie économique, la loi de l'offre et la demande, assignent à la fonction de demande une relation avec le prix.

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Quand le prix augmente, la demande est censée diminuer. En fait, dans les marchés boursiers, il se passe exactement l'inverse. C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle ces marchés ne sont pas en équilibre. C'est-à-dire que quand le prix augmente, La demande augmente aussi parce qu'on attend une augmentation ultérieure du prix et donc on a envie d'acheter parce qu'on imagine que le cours de l'action devant monter dans les jours qui suivent, une revente pourra générer effectivement une plus-value boursière, pas une plus-value au sens marxien. Donc il y a ce phénomène très intéressant des marchés boursiers qui va exactement à l'encontre de cette fameuse loi de l'offre et de la demande et qui provoque effectivement

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les crises financières. Bon ça met en difficulté les théoriciens orthodoxes, c'est un exemple assez classique et je pense qu'il faut l'utiliser. C'est aussi pour compléter ce qui vient d'être dit dans la théorie néoclassique, le fonctionnement de l'offre et de la demande repose sur tout un tas d'hypothèses

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qui sont assez étonnantes mais qui sont pas forcément explicitées notamment le fait que les préférences sont exogènes ce qui veut dire qu'en fait les individus désirent des choses non pas par rapport aux autres mais par rapport à eux-mêmes, ils savent d'eux mêmes en fait ce qu'ils désirent et on se rend bien compte que pour le marché boursier ça correspond pas du tout. Moi j'avais une question du coup pour l'intervenante comment expliquer dans un cadre marxiste la valeur de la monnaie d'où provient en fait la valeur de la monnaie est-ce que la théorie de la valeur travail elle s'applique aussi à la monnaie surtout dans un monde actuellement où la monnaie ne repose sur plus rien de concrètement matériel. La valeur de la monnaie, c'est un peu pareil.

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Il y a eu un moment où la monnaie, quand c'était l'or, c'était la même chose que les autres marchandises. C'était une marchandise qui servait de repère, mais sa valeur était calculée sur le travail nécessaire pour extraire de l'or, et c'était une marchandise rare, donc elle valait chère. Il y a eu plein de marchandises qui ont été utilisées comme monnaie, les coquillages, l'argent. Aujourd'hui, c'est vrai que ça, ça a changé. Le système monétaire, il a complètement... En fait, le capitalisme, il est devenu trop grand. Les forces productives sont trop importantes par rapport aux lois du marché. Ça crée des problèmes, c'est ça qui crée les crises. Donc oui, aujourd'hui, c'est vrai que la valeur de la monnaie,

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on l'explique, c'est plutôt un accord et un rapport de force même entre États. Le dollar, aujourd'hui, c'est très lié à la quantité d'armes disponibles aux États-Unis, la valeur du dollar. Donc c'est des rapports de force. J'avais une question sur s'il y avait des gens qui s'amusaient à... Enfin, s'amusaient, s'intéressaient à mesurer le degré d'exploitation précis ? Et si on observait les différences entre pays du Nord et pays du Sud, s'il y a une exploitation différente selon la place dans le système mondial. Moi, j'ai des amis qui ont mesuré dans leur entreprise, avec les informations qu'ils avaient, mais j'ai un ami, un camarade à Dijon, dans l'automobile, qui, je crois,

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disait, lui, il estimait que c'était deux jours qu'il travaillait par mois, ou il travaillait pour son salaire et que le reste du temps, donc tous les autres jours, c'était du travail gratuit. Après, est-ce que selon les pays ou les endroits, il y a des différences d'exploitation ? Je pense que c'est évident que oui. C'est pas parce que je me suis amusée à mesurer, mais c'est parce que... Tu vois, à Haïti, ça m'a marquée. Les 5 litres d'essence, le galon d'essence, c'est... un prix plus élevé que le salaire des ouvriers du textile. En France, il n'y a pas besoin de comparer plus que ça. Et évidemment que dans les pays riches, il y a eu une histoire,

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de payer plus cher, d'acheter, on parle d'acheter la paix sociale, mais de payer des salaires plus élevés, notamment en réponse au mouvement ouvrier qui s'est développé. Et grâce aux empires coloniaux et à la domination du monde par les pays riches, par l'exploitation d'autres pays. Oui, moi, j'ai une question par rapport aux différences de salaires. Si on estime qu'un ouvrier, on calcule le salaire d'un ouvrier en fonction de ses besoins pour se loger, pour se nourrir, bref, pour tous les... tous les besoins de la vie. Un cadre, par exemple, il a les mêmes besoins. Donc pourquoi un cadre va toucher, mettons, 10 000 euros

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et qu'un ouvrier va toucher que 1 500 ? Moi, je pense que là, du coup, on est sur une autre question parce que... Bon, il y a des différences de salaire qui peuvent se justifier par des formations plus importantes. Mais quand on parle d'encadrement, à un moment, on achète aussi, le patron, il achète aussi la fidélité de courroie de transmission au sein de l'entreprise. Et donc ça, c'est une autre logique que la logique de production d'un ouvrier. C'est... Si vous... mettez des gens dans un cadre qui ressemble à celui d'une prison comme c'est une usine et que vous avez des gardes qui sont censés les garder et les faire travailler,

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vous les payez plus cher pour vous assurer leur fidélité. C'est voilà. - Si, on payait tout le monde plus cher est-ce qu'on aurait pas la fidélité de tout le monde ? Sauf que si vous faites ça, comment vous gagnez de l'argent ? C'est tout le problème. C'est que l'exploitation, elle repose sur le travail gratuit, donc le salaire poussé au minimum pour les ouvriers. On peut considérer qu'une personne qui n'a pas un patron, par exemple un plombier, dans ce cas-là, il n'est pas exploité. C'est-à-dire que le salaire, qu'il va faire de son travail, il n'est pas exploité par un patron parce qu'il n'en a pas. Tu parles de qui ? Un pompier? Un plombier. Non, un plombier. Un plombier, d'accord. Ou bien un indépendant. Oui, oui, un indépendant.

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Je ne sais pas, qu'est-ce que vous en pensez ?

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- Vous pensez qu'ils ne sont pas exploités les indépendants ? - Eux-même ils font les prix je pense... C'est une concurrence quand même. Je pense que ça dépend. De toute façon, moi, par exemple, j'ai un grand-père qui était garagiste. À la fois, t'es indépendant, à la fois, en fait, quand c'est Esso qui est propriétaire de ton garage et qui te fait une franchise, t'es indépendant qu'à moitié. Standard Oil Company, voilà, t'as des trusts. Cependant, t'es... En fait, les... il y a des formes d'indépendance tu vois, l'auto-entrepreneuriat très clairement c'est une forme de salariat déguisé et quelque part les ouvriers qui se vendent à la journée sur les ports au début du 19ème siècle c'est une forme de salaire qui aujourd'hui on masque

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avec d'autres mots donc oui tu as des petits patrons qui sont dans une situation peut-être mais bon il y a des ouvriers qui sont soi-disant indépendants qui sont en réalité des travailleurs exploités de la même façon. - Effectivement vous avez raison dans le sens qu'aujourd'hui l'indépendant qui est un livraire qui livre par exemple quelque chose c'est effectivement une exploitation ça c'est sûr... Mais j'avais parlé des indépendants au sens comme les gens avec lesquels on fait un contrat, pour construire une maison, des choses comme ça, avec des petites sociétés. - Justement, par rapport aux indépendants, ce qui pose majeure partie problème, c'est qu'il y a

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quand même des grands groupes qui proposent ce genre de service et qui rabaissent les prix, qui font que même les indépendants, pour être concurrentiels, sont obligés de s'aligner. C'est pour ça que, effectivement, c'est aussi une forme, finalement, d'esclavagisme moderne, quoi. - Juste un conseil de film, un film qui passe à la fête, c'est"Les Braises", et justement, dans ce film, on voit, ben c'est sur les gilets jaunes, mais il y a, c'est un couple d'une ouvrière gilet jaune et puis d'un petit patron, justement, un petit patron dans le transport, dans la logistique, un camionneur. et à un moment on voit comment Il a une relation très dominée. Il est très dominé par des patrons plus gros que lui. Il y a un moment où on

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a vraiment l'impression qu'il est pris à la gorge. Donc effectivement, il n'est pas exploité peut-être au sens marxiste du terme. mais il est clairement pris à la gorge. C'est vrai qu'on se met à douter. D'ailleurs, dans le film, je ne vous dévoile pas la fin, mais bon, voilà. Il prend conscience de quelque chose. Ce que je pense des indépendants, si tu parles des petits patrons, c'est qu'eux, ils s'exploitent eux-mêmes, peut-être, mais c'est quand même pas la même chose que des ouvriers et être sous la pression des autres grandes boîtes, c'est pas la même chose que d'être exploité pour son travail. C'est vraiment pas la même situation sociale. Voilà. On parle souvent des entreprises classiques et des salariés classiques et moi je me pose toujours la question par rapport

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à tout ce qui est les employés porteurs d'handicap. Parce qu'ils sont par heure, me semble-t-il, payés moins encore qu'un ouvrier classique. Il me semble aussi qu'ils n'ont pas le droit à faire grève. ont-ils des syndicats ? Je me pose souvent la question. et on voit émerger depuis quelques années le capitalisme qui est jamais à court d'imagination et il peut toujours aller plus loin Mais sa dernière trouvaille c'est de dire que des personnes au RSA devraient travailler 15 ou 20 heures. Mais il faut savoir

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que il y a beaucoup de... des travailleurs, des gens de la population qui disent: "Oui, mais c'est bien parce qu'ils touchent le RSA, ils fichent rien et tout ça, donc ils devraient au moins un minimum travailler et tout ça". Il faut savoir que c'est de l'exploitation encore parce que j'ai appris que ces personnes-là, on les fait travailler pour 3 euros de l'heure. Je ne savais pas exactement ce qu'il en est. - Écoute, je peux te répondre parce que j'ai un camarade qui travaille dans un CAT. un endroit pour personnes handicapées, qui est reconnue handicapée. Et il travaillait pour Valeo. Donc il faisait les phares des bagnoles. Et non seulement il était payé 650 euros par mois, donc l'AH complétait

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mais ce que le patron payait, c'était 650 balles. Mais en plus, au lieu de faire 150 phares par jour, il en faisait 200. 250. C'est-à-dire qu'il travaillait plus dur au CAT qu'un gars à l'usine. Les gars, quand ils voyaient l'intensité du travail des travailleurs handicapés, ils trouvaient ça dingue qu'on les fasse bosser comme ça. Et non, non, ils n'avaient pas de syndicat, ils n'avaient pas le droit, enfin, ils étaient pas... Ils avaient des encadrants, soi-disant... Ça, moi, à mon avis, c'est parce que ces travailleurs, ils ont peu de moyens de se défendre. Et du coup, ils profitent parce qu'ils peuvent profiter. Donc c'est une exploitation accrue. Il n'y a pas de... Je n'ai pas de doute là-dessus. - En fait, dans ton explication, au début, tu as pris un exemple d'une journée

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de huit heures de travail, et tu as dit, prenons l'exemple où deux heures sont nécessaires pour renouveler la force de travail, donc il faut le payer au moins deux heures. Et en fait tu dis, dans ton exemple tu as dit, mais en fait il va donc juste le payer deux heures. Je voulais dire, en fait, on... Si on enrichit un petit peu cet exemple, on pourrait dire: "Oui, mais d'un autre côté, le capitaliste, il arrive avec sa machine, et sa machine, elle va s'user. et donc il lui faudrait au moins une heure, qu'il soit rémunéré au moins une heure pour l'usage de la machine. Parce que sinon il y perd en fait c'est à dire la machine elle va juste être utilisée et le lendemain il aura juste perdu donc il aurait mieux pas dû l'engager là-dedans.

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Donc, en fonction de... Voilà, "l'amortissement", c'est ça. Donc, ça veut dire qu'il faut payer au moins une heure le capitaliste. Donc, tu ne peux pas payer plus de sept heures, en fait, l'ouvrier. Donc, il y a un intervalle entre deux heures et sept heures, et c'est ce qui pourrait être négociable. - Excuse-moi, j'ai pas compris tout le raisonnement sur... - La machine s'use aussi. - Oui, la machine s'use. - Elle s'use, ok. Donc si le capitaliste, on lui demandait de donner sa machine gratuitement, bah la machine s'userait, au bout d'un moment il n'aurait plus rien. Donc, si tu veux, il y a quand même une rémunération qui correspond à l'usure de la machine. Sinon, il ne viendrait pas avec sa machine, il en ferait autre chose. Pourquoi tu parles d'une rémunération pour l'ouvrier ?

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Non, pour le capitaliste. Donc ça veut dire que l'ouvrier, tu peux le payer entre deux heures ou sept heures. Deux heures, c'est le minimum pour qu'il survive. Et sept heures, c'est le maximum pour que le capitaliste soit prêt à mettre sa machine dans le truc. Et donc, entre les deux heures et les sept heures, là, c'est ce qui est négociable. et c'est apparu en fait dans l'explication dans les diverses intentions puisque ce qui a été dit c'est que dans certains pays on accepte de payer un peu plus etc on voit bien que cette négociation elle a lieu en fait et que dans ces cinq heures qui sont négociables dans certains pays dans certaines situations dans certaines professions, il y en a une partie en fait que l'ouvrier arrive à gagner. Après ma question c'est

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que tu as dit un moment que Marx dit qu'il n'y a pas de salaire juste. Mais pourquoi en fait ? Si on rémunérait par exemple sept heures l'ouvrier et une heure le capitaliste, moi j'ai l'impression peut-être que ça m'irait en fait. Je trouverais, ok, ça me paraît juste. Donc ça, d'une part. Ma question c'est pourquoi est-ce qu'on dit qu'il n'y a pas de salaire juste ? Et même sur le vocabulaire en fait c'est-à-dire souvent on dit que le marxisme c'est pas une théorie morale. C'est pas comme le christianisme qui dit qu'il faut partager avec ses voisins, il faut être gentil... Donc c'est pas une théorie morale, c'est pas une théorie de la justice. Et donc, pourquoi est-ce qu'on a un vocabulaire tel que "exploitation" qui implique une injustice ?

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Et le mot "vol" aussi, tu as parlé... "l'ouvrier est volé", etc. Donc c'est un peu bizarre parce que d'un côté on dit, en fait on décrit la réalité, c'est une théorie descriptive, mais d'un autre côté en fait il y a tout un vocabulaire moral derrière. Et voilà, j'aimerais des opinions en fait là-dessus parce que moi-même je sais pas comment l'expliquer en fait. Pour ce que tu dis, moi ce qui me marque c'est que tu parles de rémunération du capitaliste. Et ça, il y a quelque chose du coup où on n'est pas sur la même discussion parce que si tu regardes la réalité du système capitaliste aujourd'hui, on parle de rémunération de salariat pour le travailleur. Le capitaliste, il fait un profit. Et donc, pour faire son profit, il a besoin d'investir

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dans des machines, dans des moyens de production divers, dans de la matière première. et il investit là-dedans, il investit dans: embaucher des ouvriers, donc la force salarielle, et ce qu'il en retire, c'est un profit. Parce qu'il va revendre et il augmente son capital. Et du coup, il y a là-dedans, celui qui fait le travail, ceux qui font le travail, même ceux qui produisent les machines que le capitaliste utilise, ce sont les ouvriers. Les seuls qui travaillent, ce sont les ouvriers. Et donc, en fait, c'est pour ça qu'ils sont volés. Parce que les seuls qui travaillent aujourd'hui, qui produisent toutes les richesses, c'est les ouvriers. Et les capitalistes, là-dedans, ils n'ont aucune intervention, à part d'avoir, il y a très longtemps,

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accumulé suffisamment de capital pour créer un empire industriel, peut-être. Mais actuellement, ils n'interviennent pas dans la production, à part comme propriétaires. Et du coup, la question d'une rémunération du capitaliste, elle ne se pose pas. Ils sont là pour faire du profit. Et du coup, si tu avais, par exemple, ça peut arriver, dans un moment de lutte ouvrière particulièrement intense, peut-être les capitalistes seraient prêts à donner des augmentations de salaire faramineuses, parce que, mais même à ce moment-là, si le capitaliste, il garde que une heure de plus-value sur les huit travaillées, eh bien, c'est quand même une exploitation. C'est exactement comme l'esclave.

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En fait, l'esclave, j'ai pas été au bout, mais un esclave, il est pas, tout ce qu'il produit n'est pas entièrement récupéré par son maître, parce qu'il est quand même nourri. Ça veut dire que le maître, sur toutes les richesses produites par ses esclaves, il prend une partie, et il utilise une partie des richesses pour payer la nourriture de ses esclaves. Les esclaves, il faut quand même qu'ils puissent travailler le lendemain, sinon le maître, il a moins d'esclaves, ça ne lui va pas. Et c'est la même chose pour les capitalistes. Il peut y avoir des maîtres qui donnent plus à manger à leurs esclaves que d'autres, mais c'est toujours des esclaves. Et même si un capitaliste, il fait un salaire de 10 000 euros à un ouvrier d'usine, eh bien, en fait, c'est Robert Owen, qui est un grand patron

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devenu communiste, qui le disait, c'est, mais en fait, tant que c'est du salariat, ces gens restent mes esclaves, parce que moi, je ne travaille pas dans l'usine et que je récupère un profit sur leur travail. Et ce que Robert Owen a fini par faire, c'est par dire que l'usine est à tout le monde, c'est le communisme. La seule chose qui peut être, si on parle d'une juste rémunération du travail, ça ne peut être que les travailleurs profitent eux-mêmes des fruits de leur travail. - Tu disais profit ou rémunération, oui effectivement, mais on joue un peu sur les mots. C'est-à-dire, tu peux redire tout ce que j'ai dit en disant, il faut lui donner au moins une heure de profit. Et le reste est négociable. - Par rapport à la rémunération qui serait nécessaire du capitaliste

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pour rembourser l'amortissement, peut-être qu'effectivement dans la production, il y a besoin de prendre en compte le coût de la dégradation du capital. Mais il n'y a aucune raison que ce soit effectué par un individu spécial qui ne s'occuperait que de ça, qui serait le capitaliste. Et si son profit, entre guillemets, comme tu dis, sert juste à rembourser son capital, ce n'est pas du profit. Et par rapport à la notion de salaire juste, moi ce que je comprends de la lecture du livre, c'est qu'un salaire ne peut pas être juste parce qu'il n'y a pas de salaire sans exploitation. Et ce n'est pas moral, c'est juste un fait, il n'y a pas de salaire sans travail arraché. Sur ce sur quoi je voulais revenir, c'est, dans ta réponse, tu as redit, donc c'est injuste, etc. Donc ça veut dire

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que tu le vois comme ça, comme une théorie morale finalement. C'est-à-dire, les capitalistes sont des immoraux qui volent, c'est une... C'est ça que j'aimerais vraiment comprendre. Est-ce que c'est une question dont on dit Voilà, c'est des voleurs, c'est immoral, c'est une question de justice. - Moi, je voudrais revenir sur l'histoire de la théorie morale, le marxisme, la théorie morale, parce que... Tu dis que c'est une théorie descriptive. Ah non. Le marxisme, c'est une théorie de combat. C'est une théorie de combat, c'est des idées de combat, c'est des armes pour combattre ce système. Parce que, moi je ne sais pas comment dire, pourquoi est-ce qu'on parle d'exploitation ? Ben, regardons le monde, voilà.

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Et pourquoi est-ce qu'on parle de vol ? Ben, regardons le monde. Parce que le monde capitaliste, tu comprends, ce n'est pas l'histoire entre deux personnes. Là, tu le présentes une heure, sept heures, etc. Comme si c'était deux personnes qui se répartissaient un peu à égalité, ou à moitié à égalité, le revenu de leur travail. Mais enfin, on parle de Total, de Bernard Arnault, de... vous voyez ? qui ne sont pas en train de négocier la dernière heure de travail des ouvriers. Donc, quand même, on parle de ça. Et en effet, le marxisme ne nous donnera pas une explication sur l'ensemble des salaires. Moi, le salaire d'un footballeur, je pourrais pas l'expliquer. Parce que c'est un truc, je sais pas. Je sais pas. Je sais qu'ils sont moins dangereux que les capitalistes parce qu'au moins, ils font

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que marquer des buts, dans le meilleur des cas. Au moins, ils licencient pas. Mais je peux pas expliquer pourquoi ils gagnent autant de fric. Mais je m'en fiche. Parce que ce qu'elle nous a raconté la camarade quand même c'est qu'on est esclave de toute une classe de tout un système et ton histoire de machine elle tient pas du tout la route parce que la machine il l'a achetée. Il l'a achetée à un capitaliste qui a fait travailler des ouvriers pour faire fabriquer cette machine; qui a volé sur le salaire des ouvriers; qui a vendu la machine à la valeur mais en payant autrement ses ouvriers et que lui le capitaliste son prix son amortissement il est dans le coût de sa marchandise. Alors j'ai plus le chiffre exact mais aujourd'hui une bagnole je crois que le coût du salaire

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dans le prix d'une voiture, ...du salaire vu par les patrons, je parle même pas vu par nous... c'est 18% de la bagnole ! Et, je suis pas très sûre, mais... au maximum c'est ça. Tout le reste, les matières premières bah ça tu m'étonnes que... la machine ton patron il n'a pas besoin que... il se rembourse dessus ! Il fait payer en vendant les marchandises, il fait payer le fait qu'il l'a achetée Pourquoi on dit que c'est du vol ? Mais parce que c'est du vol ! Parce que c'est la seule marchandise... le travailleur c'est la seule marchandise qui est vendue et achetée pas selon les règles des autres marchandises. Déjà, on pourrait discuter ce monde où on vend et où on achète des marchandises. C'est un truc.

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Mais parce que le patron, il achète de la force de travail et il paye la reproduction... Il achète du temps de travail et il paye la reproduction de la force de travail. Il vole, il ment. Voilà, c'est le système capitaliste dans son ensemble. Et pourquoi ça nous sert ? Mais pour savoir qu'est-ce qu'il faut combattre. Pas pour dire à combien il faudrait payer un cadre, un ouvrier, etc. C'est pas ça notre problème, nous. C'est comment on fait un monde où en effet tous les humains, tous les travailleurs, ils peuvent récupérer le fruit de leur travail. Je vais schématiser, mais il y a deux solutions. Soit on revient en arrière et tout le monde redevient artisan. Et tu vends, bon, et ok, mais enfin, on voit tout

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de suite le hic, il y a un petit problème, quoi. Soit il faut qu'on s'approprie collectivement notre travail. Il n'y aura pas de salaire juste, juste au sens qui rétribue notre travail. Si, il y a une façon, il n'y a qu'une façon de rétribuer notre travail, c'est le communisme.

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Je suis d'accord avec ce que la copine disait. Je pense que quand tu parles de justice, c'est une prise de position. Je pense qu'on prend position du côté des ouvrier. Voilà. Et ça on peut ne pas être d'accord mais, voilà. - Pourquoi est-ce qu'il faut malgré tout en fait quand même se battre pour des hausses de salaire même s'il n'y a pas de salaire juste Je trouve que c'est vraiment une question intéressante parce que oui le salariat c'est de l'exploitation et on veut mettre fin au salariat et c'est ce que Marx dit. Mais d'un autre côté Marx il écrit pour qu'on prenne conscience de ça et il s'appuie il s'adresse à des gens qui sont des militants et qui veulent de toutes façons améliorer leur vie qui se disent mais

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en fait on a une fierté de ce qu'on fait. On produit tout et c'est pas normal qu'on crève comme des chiens avec le salaire qu'on a. C'est les travailleurs de Haïti... si vous lisez ce que les copains disent, Ils peuvent à peine vivre, ils peuvent à peine manger, et c'est déjà une énorme victoire morale dans une situation comme ça de se dire en fait je vaux plus que ça et je vais me battre pour mon salaire. Alors que il y a des gangs enfin Haïti c'est une situation politique enfin ils prennent des risques énormes de faire quatre semaines de grève pour les salaires actuellement et en fait se battre pour les salaires même si les travailleurs qui se battent ils n'ont pas conscience que quelque part ça ne réglera pas le problème du salariat mais ce qu'ils veulent c'est améliorer leur

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sort et c'est en fait c'est les luttes des travailleurs même sans la conscience politique que Marx il dit dans son texte en fait ils vont dans ce sens là. Leurs intérêts ils vont dans contester la domination des capitalistes, contester l'exploitation que les capitalistes ils nous imposent et du coup Marx il s'appuie là dessus il dit bah oui bien sûr il faut se battre pour les salaires mais pas que il faut il faut aller plus loin il faut savoir que ces luttes-là elles n'iront pas jusqu'au bout, elles ne peuvent pas, il n'y a pas de fin et que la lutte à mener c'est une lutte contre la classe capitaliste dans son ensemble pour l'abolition du salariat pour le renversement des capitalistes et pour le communisme en fait voilà. Et donc c'est pas du tout... c'est pas contradictoire

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mais il faut le savoir c'est une question de conscience.