« J’ai des solutions à vos problèmes » : quand Macron joue au troll pour exister
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:05OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron, on l'a déjà dit à plusieurs reprises dans cette émission, il n'a plus vraiment de copains. Et il a de nouveaux dada, tu vas nous expliquer, pour retrouver un lien, sinon le lien avec les Français.
- 7:32OuverteRéponse partielle
Alors, c'est surtout que ça tranche avec sa stratégie habituelle, non ?
- 7:47OuverteRéponse directe
François Bayrou, notre bien-aimé Premier ministre, qui manifestement a conclu un pacte de l'agression avec Marine Le Pen. Et t'as cherché pour nous quels peuvent être les secrets de ce pacte ?
- 12:19OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon et son rapport à la plateforme sociale d'Elon Musk X. Faut-il partir ou rester ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56InvitéChiffre
« il est à autour de 20% de popularité. »
- 2:22InvitéFait
« À l'Assemblée il n'a plus de majorité. »
- 2:28InvitéFait
« François Bayrou n'est pas son premier choix. »
- 4:06InvitéChiffre
« Vous avez raison. Depuis 2017, j'ai veillé à ce que le budget du sport augmente chaque année. »
- 4:12InvitéFait
« Nous avons organisé des Jeux olympiques et paralympiques magnifiques. »
- 5:16InvitéFait
« Emmanuel Macron répondre à l'influenceur Sainte sur TikTok et pour un souci de téléphone, il s'est fait verbaliser »
- 5:46AuditeurFait
« Et toi, tu penses qu'il y a un nain qui est marié avec sa prof de français, qui dirige un pays, qui fait la taille d'une chips, qui va venir modifier l'islam ? »
- 8:29InvitéFait
« Marine Le Pen n'a pas donné de consigne de vote pour la motion de censure des insoumis, des écolos et des communistes la semaine dernière »
- 8:37InvitéFait
« Marine Le Pen avait été reçue d'ailleurs à Matignon, et puis elle avait tressé des louanges à François Bayrou en sortant de l'entrevue. »
- 8:54InvitéFait
« Marine Le Pen n'oublie pas que François Bayrou l'a parrainé à la dernière présidentielle, au nom du pluralisme officiellement. »
- 12:31InvitéFait
« Mélenchon a eu des mots très durs contre le mouvement Elo Kitix qui tente d'organiser et d'amplifier le départ des élus et des internautes de la plateforme rachetée par Elon Musk. »
Temps de parole
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Salut à toutes et à tous, vous regardez Les Indiscrets, l'émission hebdomadaire portée par Nils Vilqueux sur le Média. Nils Vilqueux suit au quotidien les dédats de la politique française et nous en rapporte les coulisses en nous expliquant comment la petite histoire est claire. La grande, cette émission n'existe que parce que vous, notre public, vous la financez. Si vous voulez et pouvez nous soutenir de manière un peu plus pérenne, souscrivez à un abonnement de soutien ou à un nom mensualisé en allant sur le media.tv.fr slash soutien.
Au sommaire, en perte de vitesse, y compris auprès de sa base sociale et de ses partisans, Emmanuel Macron se démène pour tenter de reconquérir les cœurs des Français. En pure perte, Nils nous racontera comment il s'y prend et avec qui. Et si François Bayrou, pour rester à Matignon, avait conclu une sorte de pacte secret de non-agression avec Marine Le Pen, Nils a enquêté à ce sujet. « Hello critics, ou nous pas bouger, pourquoi Jean-Luc Mélenchon ne veut absolument pas quitter le réseau social d'Elon Musk ? » Et en le faisant, joue-t-il le jeu de l'extrême droite ? Comme on peut l'en accuser, on en discutera. Salut Nils ! Salut Théo, salut à tous !
Alors Emmanuel Macron, on l'a déjà dit à plusieurs reprises dans cette émission, il n'a plus vraiment de copains. Et il a de nouveaux dada, tu vas nous expliquer, pour retrouver un lien, sinon le lien avec les Français.
Oui, c'est un peu comme dans la chanson de France Gall, « Résiste, prouve que tu existes ». C'est un peu le mantra d'Emmanuel Macron en ce moment. Alors on l'a expliqué dans les précédentes émissions, puis de manière générale sur le média, qu'effectivement le président était en perte de vitesse depuis la fameuse dissolution. Cette grenade dégoupillée qui lui est revenue à lui entre les jambes, puisque pour le moment il fait face à un record d'impopularité, il est à autour de 20% de popularité. Alors sans que l'on sache vraiment dans les sondages qui sont ces 20% de Français qui sont encore enchantés par Emmanuel Macron après 7 ans de pouvoir. Mais enfin c'est une autre question.
Et donc effectivement Emmanuel Macron se retrouve à un dilemme, comment essayer d'exister médiatiquement, puisqu'en plus il n'a plus de marge de manœuvre. À l'Assemblée il n'a plus de majorité. Son premier ministre a été nommé, il l'a nommé un petit peu, même beaucoup contre son gré. Je l'avais expliqué dans une précédente émission, puisque François Bayrou n'est pas son premier choix. Et donc effectivement il faut bien qu'il se trouve des occupations, puisque ce n'est plus lui qui gouverne. Le président préside, le gouvernement gouverne. C'est ce que répète l'Elysée en termes d'éléments de langage journalistes. Alors il s'est trouvé un dernier dada, c'est le Louvre.
On l'avait déjà vu avec un casque de chantier sur Notre-Dame, qu'il a réussi à reconstruire en 5 ans, comme il le dit lui-même, comme s'il avait lui-même posé les pierres de la reconstruction. Cette fois il se verrait bien architecte en chef de la rénovation du musée, qui accuse un sacré coup de vieux. Alors c'est un rapport au vitriol qui a été envoyé à Rachida Dati, qui est toujours ministre de la Culture, par la directrice du musée Laurence Descartes cette semaine. C'est ce qu'a révélé le Parisien. Et donc en gros, le plus beau et le plus visité musée du monde va mal au niveau des infrastructures.
Et donc effectivement un conseiller ministériel m'a confirmé que l'Elysée s'était saisi du dossier. Donc ça c'est pour la phase travaux. Alors il y a un autre dossier, Théo, qui est porté par le président. C'est le budget du sport qui a été revu à la baisse par le gouvernement Bayrou. Disette budgétaire oblige. Et donc Macron s'est évidemment mêlé du dossier. Il a mis son grain de sel parce que des sportifs influents ont réagi à cette baisse de budget. Il y a eu Teddy Riner, donc le judoka, ou encore le nageur Léon Marchand, qui s'en sont publiquement inquiétés. Et donc le président a répondu dans l'équipe. Vous avez raison.
Depuis 2017, j'ai veillé à ce que le budget du sport augmente chaque année. Nous avons organisé des Jeux olympiques et paralympiques magnifiques. Donc ça, c'est pour évidemment se remettre un peu de baume au cœur. Et il ajoute, il faut tenir nos engagements et mettre les moyens pour nos sportifs et pour que l'héritage des Jeux bénéficie à tous.
Alors ça, c'est François Bayrou qui a dû être content parce que le gouvernement a fait savoir par le biais de sa porte-parole, Sophie Primas, mercredi, que le rabotage dans le projet de budget 2025 était légitime puisque de toute façon, on avait mis le paquet en 2024 pour les JO et donc qu'il n'y avait aucune raison de continuer à arroser le monde du sport et les fédérations comme on l'avait fait.
Alors Emmanuel Macron joue aux influenceurs politiques. Il essaie d'influencer son propre gouvernement. Mais il est aussi en contact avec d'autres influenceurs, notamment sur TikTok.
Oui, voilà. Alors c'est un peu la méthode Schiappa. C'est ce que me disait ce matin l'un de ses anciens conseillers qui rigolait un petit peu quand même de la séquence. On l'a vu, en fait, Emmanuel Macron répondre à l'influenceur Sainte sur TikTok et pour un souci de téléphone, il s'est fait verbaliser, en fait, quand il a essayé de payer un payage autoroutier avec son téléphone et donc, du coup, les policiers lui ont mis une prune.
Bon, alors le problème avec les influenceurs et les réseaux sociaux, c'est qu'ils sont difficilement maîtrisables et les internautes n'ont pas été longs à dénicher une vidéo où l'influenceur en question auquel Emmanuel Macron a répondu se moquer de lui et de son mariage avec Brigitte Macron. Regardez.
Et toi, tu penses qu'il y a un nain qui est marié avec sa prof de français, qui dirige un pays, qui fait la taille d'une chips, qui va venir modifier l'islam ? Bonjour, je viens de vous voir.
Quoi ? Vous avez raison. Voilà. Mais c'est surtout le prétexte qui a été saisi par Emmanuel Macron pour intervenir publiquement sur les réseaux sociaux qui suscitent une certaine incrédulité, voire les critiques au sein de son camp. C'est quoi la suite ? Il va faire sauter les PV des automobilistes. C'est ce que me dit un député macroniste qu'il connaît bien en rigolant. Un ancien conseiller que j'ai sollicité pour cette émission me dit que ça ressemble quand même à une tentative désespérée pour se raccrocher aux branches et tenter de gratter un peu de popularité. Et d'ailleurs, cet ancien conseiller le compare un peu à Julien Courbet, le redresseur de torts télévisuels.
Alors, c'est surtout que ça tranche avec sa stratégie habituelle, non ?
Alors, il a déjà communiqué directement avec les influenceurs. En 2022, il avait annoncé déjà sur TikTok la gratuité des préservatifs pour les jeunes. Il avait aussi reçu les YouTubers McFly et Carlito. Mais c'était avant la dissolution. Macron était encore le maître du jeu. Désormais, il est plus dans le rôle d'un transmetteur des préoccupations des Français. C'est ce qu'explique l'Élysée à la presse. Et c'est quand même un retournement parce qu'on se souvient que Macron, à son arrivée au pouvoir, il n'avait pas de mots assez durs contre François Hollande, qu'il accusait d'avoir rabaissé la fonction présidentielle en parlant trop aux journalistes.
On se souvient de ses confidences mortelles. D'ailleurs, aux journalistes du monde, un président ne devrait pas dire ça. Mais aussi, le fameux coup décroissant en scooter à Jules Gaillet. Bref, Macron et le Nouveau Monde promettaient de redonner du lustre à la fonction de président. Sept ans après, ce Nouveau Monde y ressemble quand même furieusement à l'ancien.
On passe à François Bayrou, notre bien-aimé Premier ministre, qui manifestement a conclu un pacte de l'agression avec Marine Le Pen. Et t'as cherché pour nous quels peuvent être les secrets de ce pacte ?
Oui, parce que c'est quand même un sujet qui agite pas mal le petit monde politique en ce moment. C'est que l'extrême droite et notamment le Rassemblement national est quand même très, très light par rapport à François Bayrou, avec un silence quand même assez inhabituel du RN sur le gouvernement en place. Alors, contrairement à celui de Barnier, on se souvient que Marine Le Pen et ses lieutenants, où on avait parlé lors de précédentes émissions, intervenaient tous les jours pour critiquer le Premier ministre. Alors là, c'est vraiment le calme plat.
Et d'ailleurs, Marine Le Pen n'a pas donné de consigne de vote pour la motion de censure des insoumis, des écolos et des communistes la semaine dernière, ce qui a offert, avec la non-censure du PS, un sursis à François Bayrou. Alors, avant les fêtes, Marine Le Pen avait été reçue d'ailleurs à Matignon, et puis elle avait tressé des louanges à François Bayrou en sortant de l'entrevue. On regarde. En tout cas, j'ai été écoutée. Il est peut-être un peu tôt pour dire si nous avons été entendus, mais nous avons été écoutés, oui.
Alors, ce qu'on me dit un petit peu en coulisses, c'est que Marine Le Pen n'oublie pas que François Bayrou l'a parrainé à la dernière présidentielle, au nom du pluralisme officiellement. Et puis, un élu modem que j'ai contacté m'explique qu'ils ont toujours entretenu des relations empreintes de respect et que François Bayrou l'avait toujours traité, qu'il avait toujours répondu au téléphone comme Marine Le Pen l'appelait, sans partager ses idées. En tout cas, voilà, il a toujours pris la peine de lui répondre.
Et donc, ça, c'est une marque, disons, de respect auquel le Rassemblement national et notamment Marine Le Pen sont sensibles, parce qu'ils ont été longtemps ostracisés et à raison, d'ailleurs, du monde politique. D'ailleurs, quand Macron avait viré Bayrou du gouvernement en 2017 à cause de l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen, Marine Le Pen avait eu un mot de compassion pour le béarné. Peut-être pensait-elle, d'ailleurs, à sa future situation. Regardez. Je pense que M. Macron s'est servi de M. Bayrou pendant la campagne présidentielle. Maintenant qu'il a une majorité sans le modem, eh bien, il le jette comme un vieux torchon.
C'est très révélateur de l'état d'esprit du président de la République. Qu'est-ce que c'est, Mimi ? Eh oui, voilà, c'est mignon quand même. Ils se sont trouvés, en tout cas, une cause commune. On rappelle d'ailleurs que François Bayrou va devoir à nouveau affronter un procès après sa relaxe, parce que le parquet a fait appel. Et vice-versa, quand le ministre François Rebsamen, donc un ancien socialiste, a critiqué à raison les idées haineuses du RN, regardez, c'était sur BFM, je respecte toutes les forces politiques, sauf le RN. Je le dis ici, mais c'est ma position. Et donc, ce n'est pas du tout ma position. Vous ne respectez pas le RN ?
Non, moi, je ne respecte pas ceux qui portent, pas tous, heureusement, j'en connais dans mon département, mais ceux qui portent les discours de haine et l'exclusion de l'autre, ce n'est pas ma tasse de thé. Eh bien, Bayrou a fait savoir, quelques heures plus tard, que la position du ministre n'était pas celle du gouvernement. Donc, c'est une manière, évidemment, de légitimer le Rassemblement national en expliquant qu'il ne faut pas toucher au parti, malgré, évidemment, ces idées nausées abondées. Évidemment, officiellement, les élus RN font semblant de critiquer François Bayrou, comme l'innarable Jean-François Tanguy, après le discours de politique générale du Premier ministre. On l'écoute.
En 2017, vous affirmiez, je cite, que vous étiez absolument sceptique sur l'hologramme qu'était Emmanuel Macron. Vous disiez encore, monsieur le Premier ministre, derrière Emmanuel Macron, il y a les grands intérêts financiers incompatibles avec la partialité exigée par la fonction politique. Vous étiez prophète, mais vous avez alors choisi le pire, Emmanuel Macron. Mais on sent que c'est davantage du théâtre. Et d'ailleurs, à Matignon, on ne se montre pas très inquiet par le Rassemblement national. Et donc, j'ai posé la question à ma source, au Modem. On me dit que Bayrou leur a donné des carottes.
Par exemple, il y a la proportionnelle aux législatives, puisque François Bayrou va absolument réformer le mode de scrutin. Il y a aussi la fameuse Banque de la démocratie. Il s'agit de permettre aux partis politiques qui ne trouvent pas de banquiers complaisants de pouvoir quand même bénéficier de fonds pour financer leur campagne. C'est le cas du Rassemblement national, on se souvient, qui avait été soi-disant obligé d'emprunter à la Russie puisque toutes les banques leur fermaient les portes en France. Voilà, donc effectivement, François Bayrou joue un peu ce numéro d'équilibriste avec Marine Le Pen. Peut-être un jeu dangereux d'ailleurs à suivre.
On évoque désormais Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon et son rapport à la plateforme sociale d'Elon Musk X. Faut-il partir ou rester ? C'est le dilemme de nombreuses organisations de gauche et de nombreuses personnalités. Et Jean-Luc Mélenchon, Nils, en fait, il reste.
Oui, alors dimanche dernier, Mélenchon a eu des mots très durs contre le mouvement Elo Kitix qui tente d'organiser et d'amplifier le départ des élus et des internautes de la plateforme rachetée par Elon Musk. Plateforme qui, désormais, assume totalement de privilégier les idées d'extrême droite. Et c'est le cas d'ailleurs des autres GAFAM, comme Meta ou TikTok, qui annoncent qu'ils vont effectivement changer leurs règles, qu'ils ont changé leurs règles de modération et qu'on pourra dorénavant dire des horreurs, par exemple, sur les LGBTI ou encore sur les étrangers. Alors, on écoute Jean-Luc Mélenchon sur RTL. Lui n'est pas d'accord pour quitter les réseaux.
Il ne faut pas le faire comme des décisions individuelles. Je préfère le dire. C'est une sottise. Ou bien nous avons une décision collective, ou bien ça ne vaut rien de quitter un par un. Parce que si vous regardez le bilan depuis que déjà annonce qu'ils s'en vont, c'est que X continue à progresser. Alors évidemment, je n'ai pas l'intention de vous dire que X est bien. Mais la réalité, c'est ça. Alors, ce n'est pas un secret. Jean-Luc Mélenchon, il cartonne sur les réseaux sociaux. Il a par exemple 2,8 millions d'abonnés sur X, 465 000 abonnés sur Instagram, 2,6 millions d'abonnés sur TikTok. Effectivement, ce sont des chiffres qui sont impressionnants.
Le patron de la France Insoumise, il fait presque jeu égal avec les chefs d'État sur les réseaux. Et c'est vrai que c'est un réel motif de fierté pour lui, son équipe et ses supporters. Il y a quelques mois, il en a parlé lors d'une convention. Et il avait des mots assez fiers pour qualifier sa relation et son travail sur les réseaux sociaux. Là où autrefois, il fanait péniblement aller avec nos petits tracts et nos affiches, des millions d'impressions se font sur les écrans.
Tant et si bien que je peux me permettre un certain détachement à l'égard de la sphère médiatique qui n'atteint pas, et de très loin, une quelconque des performances de ma communication par vidéo, puisque chaque semaine, elle se compte par millions, tandis que les articles qui disent du mal de moi sont à peine lus par quelques dizaines de milliers de personnes et encore quand ils ont du temps à perdre. Alors, il y a une autre raison qui est évidemment moins avouable, moins glorieuse. C'est peut-être que la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, sa figure politique, la manière dont il fait de la politique, colle parfaitement en fait à ses réseaux sociaux.
On rappelle que le patron des Insoumis a théorisé le clivage avec le bruit et la fureur. Et donc, j'ai posé la question à Philippe Monroche-Brelé, qui est communiquant, qui est aussi enseignant à Sciences Po et aux communications politiques, qui est expert dans les stratégies politiques et qui m'explique qu'il y a une prime à la colère, à la radicalisation et à l'indignation sur Twitter. C'est vrai qu'on fait plus de vues et plus de retweets en étant indignés qu'en étant calmes et dans un esprit de débat. Et c'est vrai que Jean-Luc Mélenchon, il n'a aucun intérêt à quitter X pour le moment. Et puis, il y a toute une équipe qui est au travail derrière cette force de frappe numérique.
Il y a notamment Sofia Chikirou, sa conseillère, sa compagne. C'est elle qui a contribué à déringardiser Jean-Luc Mélenchon en 2017. L'hologramme, c'est moi, dit-elle toujours aux Insoumis, tout comme la fameuse séquence quinoa avec Jean-Luc Mélenchon ou encore Karine Lemarchand dans Ambition Intime. Il y a aussi Bastien Parizeau qui est son directeur de la communication et qui lui a permis de ne pas s'émettre dans ses vidéos chocs et percutantes. Et d'ailleurs, un des proches de Jean-Luc Mélenchon m'explique toujours que chacun de ses tweets fait plus de vues que certaines émissions politiques. Tu vois, Théo, petit clin d'œil aux médias.
Mais c'est une position de principe qui fait débat au sein du mouvement. Et d'ailleurs, certains députés de la France Insoumise ont fait le choix de quitter la plateforme. Notamment, le député Maxime Lenné, l'élu de Seine-et-Marne, a quitté la plateforme après les fêtes. Et il nous en explique les raisons à mon micro. Je me suis dit d'une part qu'il y avait un intérêt à affaiblir ce monsieur, alors si possible financièrement, mais au moins symboliquement, dont l'intérêt de quitter la plateforme. Et deuxièmement, qu'à titre personnel, je ne me sentais plus d'utiliser un machin qui lui appartient, un outil qui lui appartient. On a eu la discussion dans le groupe LFI à l'Assemblée.
Et effectivement, il y avait débat parce qu'il y en avait quelques-uns qui étaient sur ma position. Il y avait une majorité qui avait des arguments que j'entends complètement d'ailleurs. On a besoin de mener la padaille idéologique. Donc le fait d'abandonner ce réseau social, ça veut dire qu'on ne la met plus sur ce réseau social. Donc on ne s'adresse plus à un certain nombre de personnes. Alors c'est vrai que Maxime Lenné, le député, avait moins de followers que Jean-Luc Mélenchon. C'est le cas de le dire. À peine 7000 abonnés, comme il le reconnaît lui-même.
Mais enfin, tu vois, c'est quand même la preuve qu'il y a des discussions en interne chez les Insoumis qui est souvent décrite peut-être parfois un peu de manière caricaturale comme un parti non démocratique. Alors le souci quand même pour la France Insoumise, dans les prochains temps, ça va être de justifier sa présence. Parce qu'il y a quand même des grandes institutions qui ont quitté la plateforme. Je pense à la Cour de cassation. Il y a aussi de nombreuses collectivités, des médias Le Monde Libre et Mediapart.
86 associations dont Emmaüs France et la Ligue des droits de l'homme qui dénoncent dans une tribune publiée cette semaine par Le Monde le grave danger que représente désormais la plateforme X pour la liberté d'expression. Il est vrai que LFI est souvent comparé par ses adversaires à l'extrême droite. Est-ce qu'à un moment donné, le parti ne risque pas de s'isoler sur l'échec politique et médiatique ?
En tout cas, le média, pour notre part, nous n'avons pas quitté X. Et si nous n'avons pas quitté X, c'est parce que nous voulons parler à tout le monde, y compris à celles et ceux qui demeurent sur X. Pour nous, les médias doivent être les derniers à quitter une plateforme de grosse ampleur parce que si nous n'y sommes pas, on va conforter même ceux qui doutaient et qui y demeurent parce qu'il n'y a pas que des nazis sur X, n'est-ce pas ? On va les laisser à la merci de celles et ceux qui ne partagent pas du tout nos idéaux en termes d'information. Merci Nils. Merci Théo. Et merci à vous d'avoir regardé cette émission. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire.
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