Nicolas DUPONT-AIGNAN sur SQOOL TV le 13/02/23
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 53 %Attaque 35 %Défensif 11 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:11OuverteRéponse directe
En quelques chiffres, ça représente quoi l'éducation dans le département de l'Essonne ?
- 1:41OuverteRéponse directe
Comment cela se passe dans les cantines ? Est-ce que les producteurs locaux sont mis à l'honneur ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Tu nous parles aussi de Haute 91, qui tend à valoriser le département de l'Essonne aux yeux des élèves.
- 3:15OuverteRéponse directe
Si vous deviez choisir une mention pour qualifier la situation de l'école aujourd'hui, ce serait bien, assez bien, un peu mieux faire, passable ou très mauvais ?
- 4:16RelanceRéponse directe
Ils vous demandent quoi, concrètement ?
- 8:21OuverteRéponse directe
Mais comment, justement, vous modifiez cette hiérarchie qui est installée depuis des années ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:46Invité politiqueFait
« il y a un budget considérable. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Regardez tous les classements internationaux. Les derniers en maths au niveau européen, on a les catastrophiques, l'apprentissage de la lecture, les inégalités qui s'accroient. »
- 5:35Invité politiqueChiffre
« en 65, dans les grandes écoles, il y avait 20% de milieux modestes. Aujourd'hui, on a un neuf. »
- 6:44Invité politiquePromesse
« deux mesures très concrètes. Une première augmentation de 20% des salaires, mais pas en prime, en salaire, parce qu'on a les enseignants les moins bien payés d'Europe. »
- 6:58Invité politiqueChiffre
« Ça prendra 5 ans, parce que ça représente plus de 10 milliards d'euros. »
- 7:10Invité politiqueFait
« le nombre de profs qu'arrêtent, qui sont en dépression, parce qu'ils ne peuvent pas faire un cours dans le calme. »
- 11:00Invité politiqueFait
« J'ai assisté en 20 ans à la division par deux du nombre d'heures d'apprentissage du français. »
- 12:03Invité politiqueChiffre
« Il y avait 15 heures d'heures de français dans les années 60. On est passé à 9 heures. On est 8 heures, 7 heures. »
- 17:30Invité politiqueFait
« comment nos enfants, année par année, progressent, ont une exigence. »
- 18:55Invité politiqueFait
« on est en train de faire des analphabètes. C'est ça la réalité. Une génération d'ignorants. »
- 20:19Invité politiqueFait
« Qu'il s'occupe d'instruire plutôt que tous ces discours foirus que j'entends toute la journée. »
- 22:02Invité politiqueFait
« il est dans une stratégie de destruction de l'école publique. »
- 25:31Invité politiqueFait
« Je pense que les ministres de l'éducation nationale, ils n'écoutaient pas leurs gamins ou ils n'élevaient pas leurs gamins. »
- 26:01Invité politiqueFait
« L'éducation nationale crève. »
- 26:17Invité politiqueFait
« Et à force, ça a détruit l'école. »
- 26:39Invité politiqueFait
« pour apprendre à lire, on est obligé d'envoyer son gamin dans une école privée qui recrute des enseignants le soir pour leur donner un complément de salaire. »
- 26:47Invité politiqueFait
« J'ai une dame que je connais qui est militante dans mon parti et qui, pour aider ses fans de mois, est en pré-retraite, ne trouve pas de travail. »
- 27:09Invité politiqueFait
« J'ai des gamins en troisième que je reprends, je reprends la base du français. »
- 27:35Invité politiqueFait
« On part de très loin. »
- 27:44Invité politiqueFait
« Les profs, j'ai confiance en eux. Les profs, ils n'attendent qu'une chose, c'est d'être aidés. »
- 28:22Invité politiqueFait
« on en parle très peu dans le débat public. »
- 28:25Invité politiqueFait
« c'est peut-être la chose la plus importante pour l'avenir de la France. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan76 %
- Présentateur10 %
- Invité9 %
- ?4 %
≈ 25,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
à tous, merci encore de votre fidélité. Je suis très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro de School TV Le Mag. 30 minutes sur la scolarité de vos enfants. Et voici, sans plus tarder, le sommet.
On
s'intéresse aujourd'hui au département de l'Essonne. Quelle politique éducative ? Quels investissements ? Quel plan d'action ? Mathilde Wessel se posit tout dans un instant. L'école publique dans une situation pour le moins inquiétante. La France en délicatesse avec les classements internationaux. Les mots sont-ils profonds ? Comment redresser notre école en France ? Quel rôle peut ou doit jouer le numérique ? On verra ça dans un instant, enfin, pour l'école comme pour d'autres secteurs.
Emmanuel Macron fait de Marseille son laboratoire, des investissements pour rénover des établissements parfois délabrés, avec en toile de fond une autonomisation prélude, pourquoi pas une privatisation qui ne dit pas son nom. Le sentiment
de
notre invité dans un instant. Et notre invité, je vous le présente, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour. Bonjour à vous. Merci d'avoir accepté notre invitation.
Vous
êtes députée de l'Essonne, présidente de Boulas-France, ancien, bien sûr, candidat à la présidentielle. Tout va bien ? Tout va bien. Jusqu'ici, tout va bien. C'est magnifique. C'est parti pour la loupe. La loupe de Mathilde Wessel. Bonjour Mathilde. Bonjour. En quelques chiffres, ça représente quoi l'éducation dans le département de l'Essonne ?
Alors, pour vous donner une petite idée, en septembre dernier, ce sont tout de même 65 000 élèves qui ont fait leur entrée dans les collèges de l'Essonne. Le département consacre plus de 100 millions d'euros par an à sa politique éducative. 60 millions d'euros ont été consacrés aux travaux cette année, notamment dans la rénovation énergétique. On est en plein dans le sujet. Tous les collégiens bénéficient d'une aide au transport. Le département de l'Essonne prend en charge 50% de la carte imaginaire. Ça coûte plus de 7 millions d'euros.
Mathilde, que représente le numérique
?
Afin de pallier les inégalités sociales depuis 2020, tous les enseignants et les élèves de 6e reçoivent, lorsqu'ils rentrent au collège, un ordinateur. Alors, ça représente 33 000 appareils distribués. 25 000 nouveaux PC seront de nouveau déployés. Évidemment, ça a un coût. 8 millions d'euros de nombreux matériels informatiques ont également été installés dans les établissements, comme des vidéoprojecteurs, mais aussi des bornes Wi-Fi. Les élèves ont également accès à une bibliothèque numérique, dont le but est d'améliorer l'accès à la lecture pour
tous. Comment cela se passe dans les cantines ? Est-ce que les producteurs locaux sont mis à l'honneur ?
Oui, justement. 95% des places servies dans les cuisines sont élaborées par les agents départementaux. Il y
a
un partenariat avec les producteurs locaux. Ça permet évidemment aux enfants de manger local et de meilleure qualité. Ça représente tout de même 75% des achats.
Tu
nous parles aussi de Haute 91, qui tend à valoriser le département de l'Essonne aux yeux des élèves.
Oui, tout
à fait. ODE, offre de découverte éducative, qui a été mise en place depuis 2016. Le Conseil départemental propose aux enseignants un catalogue d'actions conforme à la nouvelle réforme des collèges afin de les accompagner dans la mise en œuvre de leurs projets pédagogiques. Le but, tu l'as dit, Patrice, est de découvrir l'Essonne autrement pour ces élèves.
Et concrètement, ça consiste en quoi
? Le catalogue est à retrouver sous forme de plateforme en ligne. Vous trouverez une centaine d'offres éducatives proposées sur tout le territoire. Il peut s'agir de sites à visiter, d'ateliers pédagogiques, des expositions, etc.
Merci
Mathilde.
C
'est parti pour l'expression orale avec notre invité.
Notre
invité, c'est Nicolas Dupont-Aignan, qui est bien sûr député de l'Essonne et président de Boula France. Merci encore d'être avec nous. Si vous deviez choisir une mention pour qualifier la situation de
l
'école aujourd'hui, ce serait bien, assez bien, un
peu
mieux faire, passable
? Non,
passable ou très mauvais.
J
'ai fait rajouter sans espoir. Pourquoi ?
Pas sans espoir, au contraire. Il y a une marge de progression incroyable. Parce que, en fait,
le
problème de fond, c'est qu'on est en train de détruire l'école publique.
Voilà,
elle est en destruction massive. Alors qu'il y a des enseignants capables, qu'il y
a
des élèves qui ne demandent qu'à apprendre, qu'il
y a
un budget considérable. Donc le vrai problème, c'est comment on a laissé faire ça ? Et pourquoi on continue
?
Vous savez, moi, ma première, peut-être ma deuxième source de permanence,
les
permanences, on reçoit les gens quand on est député. La deuxième aujourd'hui, c'est des parents, souvent modestes, qui viennent me voir en me suppliant d'intervenir pour que leur enfant quitte le public
et
aille dans un établissement privé. Vous trouvez que c'est normal ? C
'est-à-dire
qu
'ils
vous demandent quoi, concrètement ? Ils
disent intervenez, on veut sortir notre enfant du collège, on veut aller à Saint-Pierre. J'ai un gros établissement à Brunois, Saint-Pierre, je crois qu
'on
a des élèves, milliers d'élèves. C'est leur seul objectif.
Et
ce n
'est
pas normal, parce que ce sont les mêmes enseignants, les mêmes programmes. Donc pourquoi
?
Pourquoi ? Parce qu'en fait, l'instruction publique telle qu'on... En tout cas, moi, je l'aime, qui est une école du mérite et de l'exigence, est devenue,
au
fur et à mesure du temps, une école du laxisme, où on n'apprend plus,
pas
assez. Malgré la bonne volonté des enseignants, moi, je ne critique pas les enseignants, ils vivent un enfer. Donc comment on remet ça droit ? C'est possible, rapidement, très rapidement. Mais pour ça, il faut prendre des vraies mesures et arrêter cette politique de l'éducation nationale, du parapluie, du... Et pour vous,
l
'école, c'est quand de remplir
ses missions,
Nicolas
? Non, mais ça a été progressif. Vous reprenez, c'est très intéressant. D'ailleurs, les chiffres le prouvent, parce que ce n
'est
pas moi qui invente ça. Regardez tous les classements internationaux. Les derniers en maths au niveau européen, on a les catastrophiques, l'apprentissage de la lecture, les inégalités qui s'accroient. Je voyais qu'en 65, dans les grandes écoles,
il
y avait 20% de milieux modestes. Aujourd'hui, on a un neuf. Donc, en fait, si vous voulez, ce qui est paradoxal, parce qu'il faut comprendre, l'idée, c'est, ce n
'est
pas besoin d'apprendre, on va faire une meilleure... Tout ça, on va faire vivre tout le monde ensemble. La pédagogie des années 68, qui a pris son ampleur. La réalité, c'est que, et je le sais, parce que je suis élu de banlieue difficile, moyenne et difficile, ça dépend des villes, de ma circonscription. Les premières victimes, ce sont les enfants des classes défavorisées, qui n'ont pas à la maison que les autres ont. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut d'abord conforter les enseignants. Dans mon projet, vous pouvez le retrouver sur deboutlafrance.fr, mon projet éducatif, c'est très simple, donc je ne
veux
pas... Pour moi, il faut d'abord conforter les enseignants, parce que c'est ces enseignants qui peuvent sauver l'école publique. Mais pour ça, il
faut... De l'argent, mais pas
seulement
? Une rémunération supplémentaire, mais pas seulement ? Bien sûr qu'il faut mieux
les payer. On voit les résultats du CAPES aujourd'hui. Si vous voulez,
à
partir du moment, et c'est ça qui m'inquiète le plus, parce qu'à partir du moment où on recrute des enseignants qui ne
sont
pas au niveau, on fout en l'air 40 futurs années. Donc là, il y
a
urgence. Donc je propose, moi, par exemple, deux mesures très concrètes. Une première augmentation de 20% des salaires, mais pas en prime, en salaire, parce qu'on a les enseignants les moins bien payés d'Europe. Et puis après, 20% supplémentaires en fonction des tâches supplémentaires qu'ils pourraient faire. Donc, donnant, donnant. Une partie fixe, une partie... Ça prendra 5 ans, parce que ça représente plus de 10 milliards d'euros. Ça,
c
'est le premier point. Mais ce n
'est
pas seulement une question d'argent. Je vais vous dire, le nombre de profs qu'arrêtent,
qui
sont en dépression, parce qu'ils ne peuvent pas faire
un
cours dans le calme. Vous allez dans n'importe quel pays du monde, les cours sont dans le calme. Moi, j
'ai
un prof qui me racontait récemment, il me dit, en fait, sur une heure, j'ai un quart d'heure utile.
Un
quart d'heure utile. Je fais pendant trois quarts d'heure de la discipline. Enfin, de la pseudo-discipline. Il ne
faut
aucune discipline. Ce n
'est
pas possible. Donc, ça veut dire que la classe n'est plus le lieu du calme et de l'enseignement.
Ça, c'est un sentiment général
? Mais ce n'est
pas partout, bien sûr, heureusement. Mais c'est quand même un grand sentiment. Et surtout dans les zones défavorisées. Donc, le premier objectif, c'est de conforter les profs sur le plan des salaires, mais pas seulement sur le plan de la considération, du respect. Mais pour ça, il faut arrêter avec la politique qui veut que quand il y
a
un élève provocateur, un élève indiscipliné, un élève menaçant, un élève ignat, le seul boulot aujourd'hui de la structure éducation nationale, proviseur, principaux adjoints, ce n
'est
pas de vague, vous le laissez. Le prof est désavoué en permanence. Comment voulez-vous qu'un système fonctionne si le cœur du système n'est plus conforté par le système
? Mais comment, justement, Nicolas, vous modifiez cette
hiérarchie
qui est installée depuis des années, dès des années ?
Mais parce que ça fait des années qu'on a laissé tomber les
profs.
C'est tout. Il faut qu'à un moment, le prof ait autorité sur sa classe. S'il veut exclure un élève, c'est son droit. S'il est menacé par un élève, l'élève est exclu de l'établissement, ce qui n
'est
pas le cas. Je peux vous donner un exemple tout à fait récent. Un élève de 6e, dans un collège de ma circonscription, va brûler les copies sur la table du prof.
Le
prof est désavoué, l'élève est maintenu dans la classe.
Mais
comment voulez-vous que ça marche
?
Donc, je veux dire, ça vous paraît. Donc, on peut faire tous les discours. Le prof doit être conforté. Bien sûr qu'il y
a
des profs
injustes. Et dans ces cas-là, on vous donne
quel type
d
'explication pourquoi il n'a pas
été
envoyé,
puni ? Pas de vague. Et puis, parce qu'on ne peut plus exclure les enfants des écoles. Parce qu'on ne sait pas où les mettre. Alors, c'est pour ça que Nicolas Sarkozy a fait un truc pas mal, qui étaient les internats, j'allais dire disciplinaires, mais enfin, des internats, pour que les familles qui ont des difficultés avec leurs enfants puissent aussi trouver une espérance. Il ne s'agit pas de dire, souvent, il y
a
un mal-être. Deuxième point fondamental, c'est le redoublement. À partir du moment où vous faites passer des enfants de classe en classe qui n'ont pas le niveau, vous créez chez eux une frustration. Ils sont au fond de la classe. Ils ne comprennent rien à ce qui est donné.
Il
ne s'agit pas, dans mon esprit, de punir. Il s'agit de comprendre. On a tous eu des ados difficiles. Ça existe dans toutes les familles. Ce n'est pas en leur tapant dessus. C'est en essayant de comprendre le mal-être, en essayant de lui donner une autre voie. Mais ce n
'est
pas en le mettant au fond de la classe pendant des années alors qu'il n'a pas les bases. Cette idée folle qu'on peut passer dans la classe supérieure sans avoir les bases de la classe qu'on quitte a détruit l'éducation nationale. Donc, il faut revenir à ça. Ça veut dire trouver des voies. Troisième point, parce que j'essaye d'apporter des solutions, des soutiens scolaires. C'est Darko, ce qui avait fait ça. C'était pas mal. C'était l'heure de soutien. Il y
a
une tentation en France de croire qu'on évolue toujours au même niveau. Vous avez des enfants qui ont besoin de plus de temps. Et il faut trouver des voies et moyens d'avoir une heure de soutien en parallèle pour l'enfant qui apprend plus lentement. Mais on ne peut pas continuer à faire passer des enfants. Et puis, augmenter le nombre d'heures de français.
La dicter, c'est une
bonne idée ou pas ? Oui, bien sûr. Mais j'ai recroisé une prof, tiens, dans la rue, dans ma ville. Oui, c'est utile d'être élu local parce qu'on se balade. J'allais acheter mon sandwich. Je crois que c
'est
une prof. Elle vient me voir et
me
dit « Monsieur, je ne
suis
pas de votre bord, mais vous avez raison. » Je lui dis « Ah ! » Elle me dit « Je suis prof de français. J'ai assisté en 20 ans à la division par deux du nombre d'heures d'apprentissage du français. »
Il
ne
faut
pas en vouloir à des enfants de ne pas y arriver à partir du moment où je n'ai pas le temps de leur apprendre. Alors,
on
a multiplié plein de trucs à la noix qui ne servent à rien. Ce n
'est
pas le boulot de l'école. Et on a oublié l'essentiel, la lecture, le texte. Le texte, c'est l'apprentissage de la vie en commun, de l'expression de ses sentiments.
S
'ils ne le maîtrisent pas, ils sont foutus. Donc, voilà. Et elle me le disait. Elle me disait « Je n'ai pas les heures suffisantes. » Alors, on peut rétablir la dictée. Très bien. Mais il y
avait
un très bon article dans Le Monde d'un prof, d'un très bon article sur la dictée qui disait « La dictée n'est que la conséquence
d
'une réhabilitation du français comme apprentissage. »
Parce
que si vous faites une dictée avec très peu d'heures d'enseignement, les pauvres gamins, ils ne comprennent rien. Donc, la dictée, oui, bien sûr, l'apprentissage, mais il faut qu'on remette des heures de français. Voilà, il y avait 15 heures d'heures de français dans les années 60. On est passé à 9 heures. On est 8 heures, 7 heures. Comment voulez-vous que les pauvres gamins y arrivent ? C'est tout. En plus, ils ont des sollicitations autres. Donc, métier très dur. Donc, moi, je pense qu'il faut conforter l'enseignant, revenir à des fondamentaux, vouloir moins de choses et mieux. Voilà. Mathilde.
Dans l'article du Figaro, il parlait d'ailleurs d'une dictée chaque jour.
Il
faudrait faire.
Oui, bien sûr.
Est
-ce
que vous pensez aussi que ça passe par l'apprentissage des règles républicaines, de la laïcité, qui aujourd'hui n'est plus assez respectée ? Certains thèmes ne peuvent pas être abordés dans certains collèges et lycées. Je pense à la Shoah, notamment. Est-ce que vous pensez qu'il faut aussi remettre ça au centre ?
Oui, mais
il faut l'éducation civique. Mais ça fait 30 ans qu'on en parle. Et quelle éducation civique ? Si
c'est du baratint... Quelle éducation, la
citoyenneté ? La grande difficulté, c'est que l'éducation civique, il faut qu'elle soit très normée parce que ça part dans tous les sens. Regardez les manuels scolaires. Et ça dépend des professeurs aussi. Voilà. Et puis regardez les manuels scolaires et là, vous allez tomber par terre. Allez voir les manuels scolaires. Le problème de fond, alors j'ai parlé de ce que j'appelle pour moi qui est la base, c'est la lecture, qui est l'ouverture au monde. Voilà.
C'est terrible d'ailleurs, si vous réfléchissez sur les 40 dernières années, comment des gens s'insèrent, parce qu'ils étaient sincères, tout est bonheur, on doit tous être ensemble, l'enfant n'apprend pas, il nous apprend, sans arriver finalement à une société très injuste. Parce que, encore une fois, ce sont les milieux favorisés qui s'en sortent, qui ont des bouquins chez eux, mais pas les autres. Donc, la lecture. Le deuxième point, c'est comment on rétablit la chronologie dans l'histoire. Ça, c'est mon dada. Regardez un bouquin d'histoire. On ne comprend rien. Ce sont des
zooms.
Non, mais ce sont des zooms. Vous êtes dur. Mais je suis dur parce que vous, vous avez la compréhension, ce qui est incroyable. C'est que les gens qui font ça ont la compréhension.
Mais
comment le gamin va avoir la compréhension ? Alors, vous avez un zoom, les tirailleurs sénégalais qui ont été formidables pendant la guerre. Formidable ! Mais pourquoi ça tombe là ? Après, vous avez la révolution de Mao. Après, vous avez le truc. Alors, en plus, tout est par tranches. Les révolutions, les machins. C'est très bien pour un type qui est bas de plus 15.
C
'est-à-dire que quand on a appréhendé déjà une culture historique, c'est très intéressant de faire les traverses. Bien sûr. Je ne
suis
pas borné.
Mais
il faut... C'est une pyramide, l'éducation. S'il n
'y
a pas les bases, comment voulez-vous que les gamins s'en sortent ? Et moi, je vois des gamins complètement paumés. Ce n
'est
pas qu'ils ne
sont
plus... Ils ne
sont
pas du tout plus bêtes que les autres. Et souvent, ils sont plus éveillés parce qu'ils ont les réseaux sociaux, parce qu'ils ont plein de choses. Ils sont submergés d'infos. Donc moi, je pense qu'à partir du moment où nos gamins, et j'ai eu deux enfants, sont submergés d'infos, le rôle de l'instruction publique, c'est au contraire de leur redonner des repères
et
pas de les submerger eux-mêmes d'infos, dans le désordre, dans la confusion. Et en plus, avec du militantisme pseudo-socioculturel fatigant qui est insupportable. Enfin, tu me vois, qui me fatigue, moi. Alors, ça ne fatigue pas, c'est de la propagande. Ce n
'est
plus de l'éducation. Et moi, ce qui m'inquiète, et je vais vous dire ce qui m'inquiète le plus, c'est que, pour moi, ce serait la réforme la plus importante. Parce que, regardez ce qui se passe en Asie. La chronologie
?
Non, mais, la refondation de l'école sur des bases. Parce que, regardez ce qui se passe en Asie. On nous parle toute la journée de la mondialisation. Moi, on me prend pour un vieux réactionnaire parce que je suis patriote, parce que tatati, tatata. Regardez ce qui se passe. Regardez les élèves chinois. Regardez les élèves. L'Asie va submerger le monde occidental
par
l'éducation.
Et
le système occidental est complètement explosé.
C
'est très intéressant. Donc, moi, je demande un minimum de... Et en plus, l'école publique à la française a tout pour y arriver. Puisqu'on avait la chance, et on a encore la chance d'avoir une éducation nationale,
des
concours nationaux, des profs nationaux. Donc, il ne
faut
surtout pas bazarder tout ça. Il faut le remettre sous tension.
Il faut
remettre la prise.
Est-ce qu'on peut actionner certaines choses à l'échelle du département ? Comment ça se passe en Lesson
?
Foutaise. C'est vrai ? Oui, moi, je vais vous dire ce que je pense. Ça ne
va
pas plaire.
Très
bien. Vous avez carte blanche.
Très bien. Les départements peuvent jouer à... Mais ce n
'est
pas le rôle des départements. Les départements peuvent aider. C'est très bien ce que fait Lesson. Offrir un ordinateur, mettre des tableaux numériques dans les classes, tout ce qu'on veut. Le numérique, c'est un instrument. Ce n
'est
pas une fin en soi. Donc, chaque département, parce qu'ils veulent... Chaque conseiller général va distribuer l'ordinateur. Il croit qu'il va avoir des voix parce qu'il va distribuer l'ordinateur et que le gamin va le voir et donc va le remercier. Bon, c'est ça l'histoire.
Vous ne croyez pas en l'outil numérique ? Si,
mais l'outil numérique...
Que l'outil numérique... Mais l'outil numérique, c'est un outil.
Ce
n
'est
pas un apprentissage. Après, qu'est-ce que vous en faites de l'outil ? Si c'est pour le mettre dans un coin, comme les bouquins qu'on offrait, les dictionnaires, chaque année. Moi aussi, j'offrais un dictionnaire à la mairie, chaque année. Bon, c'est un outil. Donc, très bien, les outils. Mais qu'est-ce qu'on en fait ? Donc, que les départements offrent des outils, ça soulage le budget de l'éducation nationale. Très bien. Ça fait plaisir aux conseillers départementaux qui vont voir les gamins une fois par an. Bon, c'est très bien. Il y a des initiatives très bien partout dans la France. Mais l'enjeu, ce n
'est
pas ça. Excusez-moi. L'enjeu, c'est comment on a des bons profs, bien formés, qui apprennent bien et comment nos enfants, année par année, progressent, ont une exigence. Et comment on corrige les inégalités sociales par une politique nationale qui fait qu'on met des bons profs là où il
y
a des enfants en difficulté et qu'on est... Et que demain, on retrouve des enfants qui viennent de milieux très défavorisés au sommet de l'État. Mais le numérique permet ça, justement, permet de
glisser les
inégalités.
Et je vous parle aussi du numérique. C'est la production
qui est un bon prof pour lui apprendre. Du numérique, parce que vous m'avez parlé effectivement de tous ces pays asiatiques qui sont très agressifs mais qui misent beaucoup sur le numérique. Ils misent
sur le numérique mais ils misent avant sur l'effort, le mérite de savoir. C'est même un
juste milieu à
trouver parce que c'est vrai que chaque
semaine, Japon, Chine... Je ne veux pas d
'arriver au Japon où
tu
as des gamins qui se suicident, on n'en est pas là. Japon, Chine,
on a fait les émissions, c'est vrai
que... Mais attendez, entre l'excès français... Corée aussi ? Non mais attendez, il y a de la marge. Oui, il y a beaucoup de marge. Non, non, mais on parle d'extrême, je pense. Le numérique, c'est comme le livre, c'est un outil supplémentaire qui ne doit pas d'ailleurs enlever le livre, attention. Mais le problème de fond, ce n
'est
pas ça. Le problème de fond, c'est qu'un prof doit être motivé, avoir envie d'apprendre, être considéré dans la société, payer, avoir une belle carrière, voilà. Et que deuxièmement, l'enfant doit apprendre chaque année quelque chose et ne pas arriver à faire 50 fautes d'orthographe dans un texte en université, au point d'ailleurs qu'il
y a
des cours de rattrapage à l'université.
Voilà
la réalité. Donc, on est en train de faire des analphabètes. C'est ça la réalité. Une génération d'ignorants. Alors, je sais que ça plaît à certaines industries qui veulent des consommateurs, mais pas des citoyens. Voilà. Donc, c'est une immense destruction. Voilà. Je vous le dis franchement. Alors, vous pouvez offrir tout ce que vous voulez si vous ne rétablissez pas un enseignement d'effort, d'exigence, de mérite, et que vous n'apprenez pas l'excellence aux enfants. Eh bien, ils seront des esclaves. Ils seront au XXIe siècle les esclaves des Chinois. Voilà ce qui se passera.
Et vous me dites aujourd
'hui
qu'à l'échelle du
département... Je
vais carrément parce que je veux
dire les choses.
C'est pour ça qu'on
se limite.
Sinon,
vous
ne m'invitez pas. C'est à l'échelle du département, à
l
'échelle de la région. Vous me dites aujourd'hui qu'on ne peut
rien
impulser, qu'on ne peut rien faire.
En tout cas, que l'impact n'est pas suffisant. C'est pas leur
boulot. Arrêtons ce démagogie.
C
'est pas leur boulot. C'est pas leur boulot. C'est pas parce que vous allez offrir un ordinateur que ça va changer les choses. Bien sûr que
c
'est bien. Mais le problème n'est pas là. Le problème, c'est comment on apprend. Comment on évalue. Alors après, il peut y avoir des outils, mais ça doit être fait par... Pour moi, je suis pour une éducation nationale. Vous
attendez quoi, justement, de l'éducation nationale ? Qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui ?
Je
suis totalement filé à
la départementalisation parce que ce sera l'inégalité. Voilà. Les régions riches auront de l'argent, les départements pauvres n'en auront pas. Je suis hostile totalement à ça. Je suis pour une éducation nationale. Qu'attendez-vous aujourd'hui de l'éducation nationale ? De remettre l'école républicaine, de la rebrancher. Que dites-vous à Papandiaï
?
Qu'il s'occupe d'instruire plutôt que tous ces discours foirus que j'entends toute la journée.
Vous avez le sentiment qu
'il
n
'a
pas des positions fortes sur des sujets importants
?
Non. Il est complètement évanescent. Voilà. Il devrait partir le plus vite possible et on devrait le remplacer le plus vite possible. Pourquoi ? Qui est le... Vous
avez le sentiment que
c'est
Emmanuel
Macron, Brigitte Macron qui dicte la politique
de l'éducation nationale ? Brigitte
Macron. Et encore, je trouve qu'elle a plutôt de bonnes idées là-dessus. D'après ce que j'entends. Mais elle n'est pas ministre. Elle a l'air de comprendre qu'il faut peut-être apprendre à lire à nos enfants. Voilà. Sur ça ? Sur l'uniforme aussi, vous allez me dire ? L'uniforme, c'est pas ma tasse de thé. Je vais vous dire, je pense que c'est un faux débat. Oui. Vous avez idée ? L'uniforme,
je vais vous dire pourquoi.
Et encore, il n
'y a
jamais eu vraiment d'uniforme. Donc, en fait, c'est la flamme de l'apprentissage qu'il faut restaurer.
C
'est la flamme.
C
'est donner envie d'apprendre.
Et
c'est pas parce que vous allez mettre un uniforme aux enfants que vous allez leur donner envie d'apprendre. Alors, peut-être, pourquoi pas ? Moi, je suis pour que chaque établissement décide et que si les établissements ont envie de mettre un t-shirt...
Concrètement, il n'y a pas besoin d'une loi.
Pour moi, c'est pas la priorité. La priorité, c'est même une diversion. On amuse les gens avec l'uniforme, mais on oublie qu'il faut augmenter le nombre d'heures d'apprentissage du français, qu'il faut conforter nos enseignants, qu'il faut les payer. Déjà, et qu'il
y ait
le calme dans les créasses. Vous faites ça déjà. Voilà. Et que vous ne recrutez pas des enseignants qu'on cate au CAPES. Et vous ne recrutez pas les enseignants sur petites annonces.
Voilà. Est-ce que le président de
la
République, d'après vous, Nicolas Dupont, a
l
'envie de privatiser l'école ?
Oui,
il est dans une stratégie de destruction de l'école publique. C'est quoi de ce laboratoire qu'il est en train de faire justement
? Du pipeau
intégral. Pourquoi ? Parce qu'il ne va pas à l'essentiel. Il amuse la galerie.
Il
amuse la galerie. On ne traite pas la cause. Voilà. Et à terme, si on ne traite pas la cause, ça fera comme l'hôpital. C'est-à-dire que, bien évidemment, les gens... Je vous le disais ! Comment se fait-il que des gens des quartiers populaires, chez moi, d'origine étrangère, une mère de famille, me supplient, et me dit, monsieur, obtenez-moi une place dans cette école privée.
Pourquoi ? C
'est le même programme. C'est les mêmes enseignants.
Je
vais vous dire pourquoi. Parce qu'à chaque étage de niveau, il y
a
un surveillant général
qui
fait que les élèves arrivent à l'heure, qui surveille leur carrière de correspondance, qui... Le
suivi
n'est pas
le même.
Qui fait le suivi et qui, en plus, et qui est dans la mentalité. Ce n
'est
pas une question seulement d'argent. Il y a, par exemple, c'est très intéressant, il y a les sixièmes, les cinquièmes, les quatrièmes, les troisièmes. Il y a quoi, en gros, comme moyen supplémentaire ? Allez. Je dirais qu'il y a quatre agents. Donc, ce n
'est
pas tant un problème d'argent. Tiens, le département, c'est là-dessus où vous pourrez aider. C'est-à-dire mettre des surveillants général, des surveillants, des psychologues, tout ce qui est hors enseignants. Moi, je vais vous raconter une anecdote. J'ai été chef de cabinet de François Bayrou à l'Éducation nationale avant d'être élu. J'étais tout jeune. Un jour, et je m'occupais de la politique de la ville, déjà, des banlieues. J'étais tout jeune et je fais une note à Bayrou et je lui dis urgence. La médecine scolaire est en train d'être détruite. Les psychologues, etc. Les surveillants, il
y
a des cours. Urgence d'obtenir des arbitrages. Il part négocier avec le ministre du Budget. Il revient dans mon bureau et me dit Nicolas, c'est super, j'ai obtenu satisfaction. J'ai dit Ah bon ? Vous avez eu quoi ? Il me dit J'ai eu 200 profs de philo supplémentaires. c'est génial et mes infirmières et mes surveillants Ah, je vais lâcher là-dessus parce que c'est quand même pas l'essentiel.
Et
tous les ministres sont lâchés. Pourquoi l'école privée pâtir les enseignants ?
C
'est le même enseignement. Il y a beaucoup à redire et tout. Ce n
'est
pas le problème. C'est parce qu'il y a un encadrement qui permet d'aider les élèves. Un enfant a besoin d'être épaulé, aidé, accompagné. Et le nombre d'élèves par classe,
j
'imagine aussi qui est sensiblement inférieurement. Oui et non. Inférieurement
?
Plus
maintenant
?
Non.
Oui et non. Parce que, oui, bien sûr que la mesure d'Arcos est là qu'a été faite par le gouvernement. C'est la seule bonne chose que je trouve qu
'ils
ont faite. C'est dire qu'en CP, de dédoubler les CP. Ça,
c
'est une très bonne mesure parce que dédoubler un CP en petite classe pour apprendre à lire, etc., c'est très bien. C'est l'art de fonction. Mais vous ne pourrez pas dédoubler toutes les classes. Donc, le problème de fond, c'est qu'à un moment, il faut qu
'il y ait
une autorité. Par exemple, il y
a
un truc très symbolique. J'ai été visiter des classes.
C
'est marrant. Alors, on va vous faire le grand cinéma, les classes. Ah oui, il est carré. Vous voyez, vous avez les tables en carré où ils sont face à face. Alors, je dis à une prof, tiens, pourquoi vous avez mis les tables comme ça ? Ah ben, c'est bien, ils discutent entre eux. Moi, je ne suis qu'animateur. Bon, je ne suis qu'animateur. J'avais envie de lui dire basta, quoi. Alors, tu es animatrice. Alors, je voyais les tables, les gamins discutaient entre eux, rigolaient, faisaient des dessins et allaient le passer de table en table. Alors, est-ce que tu vas y arriver ? Bon, excusez-moi, je suis désolé. Non, moi, je veux la classe. Tac, tac, tac. Et un prof qui apprend.
Et des élèves qui écoutent. Après, ils ont tout le temps à la cour de récréation. Ils ont plein d'activités. Ils passent leur vie à faire des activités périscolaires.
Ils
sont très éveillés, nos gamins. Ils n'ont pas de problème d'éveil. Ils sont éveillés. Je peux vous dire qu'ils sont éveillés, nos gamins. En fait, c'est marrant d'ailleurs. Je pense que les ministres de l'éducation nationale, ils n'écoutaient pas leurs gamins ou ils n'élevaient pas leurs gamins.
Je
ne
sais
pas. Mais nos gamins sont éveillés. Il n
'y a
aucun problème. Ils ont besoin de structure.
Vous parliez d'idéologie tout à l'heure. Est-ce que vous ne pensez pas, si j'ose cette expression, que les associations sclérose aussi l'école ? Moi, j'ai ma belle-fille qui est à Condorcet, par exemple. Et là, elle manque des heures de cours pour des heures de SOS.
C
'est très bien, SOS, racisme, etc. Mais les associations, est-ce que vous pensez aussi que c'est un problème dans l'éducation nationale qui vienne
le faire
?
Oui, mais
oui. L'éducation nationale crève. Vous savez,
il
n'y
a
qu'un litre.
Et
puis même le gamin, il a une capacité d'absorption limitée. Donc on le surcharge de plein de trucs parce qu'en fait, les adultes projettent leur fantasme sur l'école. Et à force, ça a détruit l'école. C'est tout. D'ailleurs, pourquoi il y a tant de trucs privés ?
D
'ailleurs, le grand paradoxe, je vais être très provocateur. Je suis très content sans que les enseignants aillent chez X ou Y pour compléter leur salaire. Enfin,
c
'est quand même extravagant que pour apprendre à lire, on est obligé d'envoyer son gamin dans une école privée qui recrute des enseignants le soir pour leur donner un complément de salaire. Moi, j'ai des parents qui se saignent pour ça. J'ai une dame que je connais qui est militante dans mon parti et qui, pour aider ses fans de mois, est en pré-retraite, ne trouve pas de travail. Elle aimerait travailler jusqu'à 70 ans même, mais elle ne trouve rien. Et alors, elle suit des gamins. Elle me disait, je l
'ai
eu samedi, parce que je savais que je venais chez vous, alors je l'ai appelé. Elle me dit, tu n'imagines pas ? J'ai des gamins en troisième que je reprends, je reprends la base du français.
Je
reprends en troisième et je les aide comme je peux. Ils arrivent, les parents perdus, les gamins sont perdus. Donc,
du
B à bas. Je voyais qu'une école d'ingénieurs reprenait l'apprentissage du français,
d
'écrire une phrase, prénom, complément, etc. Donc, je veux dire, voilà. Donc, on part de très loin. On part de très loin. Et ça, personne n'ose le dire. Parce qu'en fait, si vous voulez, si vous dites ça, vous dites quoi ? D'abord, personne n'ose le dire en disant les profs vont mal le prendre. Mais moi, les profs, j'ai confiance en eux. Les profs, ils n'attendent qu'une chose, c'est d'être aidés. Donc, il y
a
la très grande majorité des profs qui sont très bien. Donc, tout simplement, il faut les conforter,
il
faut les pousser et il faut les protéger. Donc, les profs, ce n'est pas leur faire injure que de dire qu'il
y a
des problèmes. Bien sûr qu'il
y a
des profs très bien, il y a des élèves très bien, heureusement. Et puis ensuite, personne n'ose le dire parce que ça veut dire qu'on inquiète les parents.
Mais
les parents, ils ne
sont
pas idiots. Ils voient bien qu'il y
a
un problème. Donc, ils ont des stratégies d'évitement.
Nicolas Dupont-Lunion, si vous vous représentez en 2027, l'école sera au centre de votre projet.
Bon,
ça a toujours été au centre. Alors, je ne
sais
pas si je me représenterais. Un peu plus. J'aimerais tant qu'on en parle plus. Parce que paradoxalement, on en parle très peu dans le débat public. Très peu. Alors que c'est peut-être la chose la plus importante pour l'avenir de la France. pour notre industrie, pour notre équilibre, pour notre épanouissement, pour aussi la concorde nationale. Et encore une fois, attention, nos enfants ont plein d'atouts. Il y a des enfants de classes défavorisées qui réussissent. Tout n'est pas noir, attention. Mais ceux qui réussissent aujourd'hui, c'est ceux qui sont soit aidés, soit vraiment qui sont très courageux.
Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Lunion,
d
'être venu aujourd'hui dans Sculte V. C'est passé très, très vite, effectivement, cette petite dehors très, très informative. Merci encore.
On
espère vous revoir très bientôt pour faire un
point. Et bon courage
pour votre action. Merci beaucoup, notamment, pour ce qui se fait dans le département
de... Et si
vous appeliez Sculte TV, École TV, ce serait très bien.
Je
savais que vous nous diriez ça.
Voilà.
Je dirais ça. À nos patrons,
c'est Scool avec un
cul. Mais bon, il
y
a toute une histoire. Ils vont vous le raconter, justement. En coulisses.
C
'est une excellente journée entre compagnie. Et à demain.
Nicolas Dupont-Aignan