Lyon, capitale de la violence politique ?
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France Culture. France Culture, question du soir. Quentin l'a fait. Linché dans les rues de Lyon le jeudi 12 février dernier, le militant identitaire Quentin de Ranck est mort de ses blessures le 14 février. A Lyon, les affrontements entre groupes fascistes et antifascistes sont courants. Depuis plusieurs décennies, d'abord la capitale des Gaules est marquée par une forte implantation de groupuscules d'extrême droite. Ces groupes, connus sous divers noms, ont souvent muté, ont été dissous, ont ressurgi sous des formes variées.
En face, en réaction, des groupes antifascistes ont émergé plus récemment, cristallisant un espace d'opposition et de confrontation, de combats physiques et politiques. Alors, Lyon est-elle la capitale de la violence politique ? Pourquoi ces groupes se sont-ils enracinés, développés, à Lyon en particulier ? Qu'est-ce qui se joue spécifiquement dans cette ville ? Les responsables politiques ont-ils été trop longtemps fermés, ont-ils trop longtemps fermés les yeux, pardon, sur la réalité des groupuscules d'extrême droite ? Deux invités ce soir pour nous éclairer, Sébastien Bourdon, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes journaliste, vous avez enquêté sur les groupes antifascistes et sur l'extrême droite radicale. Vous êtes l'auteur de deux ouvrages. Le premier intitulé « Drapeau noir, jeunesse blanche, enquête sur le renouveau de l'extrême droite radicale » et l'autre intitulé « Une vie de lutte plutôt qu'une minute de silence, enquête sur les antifas », deux ouvrages comparus aux éditions du Seuil. Avec nous et à distance, depuis Lyon également, Marie Allenou, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste à rue 89 Lyon, spécialiste de la question de l'extrême droite lyonnaise. Et je remercie Chantal Nouvelleau qui nous permet d'être avec vous à distance à Lyon, justement.
Génération Identitaire a été fondée en 2012, à l'origine des militants niçois qui vont implanter le groupe à Lyon. GI se rend visible par des coups médiatiques. Le plus spectaculaire se déroule dans les Hautes-Alpes, une bande-rôles anti-migrants héliportées en pleine montagne. En 2017, le groupe affrète un navire en Méditerranée pour stopper les bateaux recueillant les migrants. Et c'est à la traboule que les militants tiennent leur conférence de presse. L'implantation de GI à Lyon est assumée et visible. En 2015, l'association y organise un congrès des nationalistes. L'année suivante, ces militants perturbent bruyamment le conseil métropolitain.
Dans le Vieux-Lyon, la tension monte avec les riverains et les associations de gauche. Au fil des ans, la ville apparaît comme un bastion des identitaires. Le 8 décembre, il parade sur les pentes de Fourvière. En toute légalité, le groupe extrémiste s'expose et s'impose, allant même jusqu'à peser sur les choix de la municipalité.
C'est à Dessin que nous avons choisi de commencer par une archive pour prendre un peu de distance avec l'actualité de ces derniers jours. C'est une archive de 2021. Depuis cette date, le groupe Génération Identitaire a été dissous. Mais tout de même, cette histoire raconte un lien fort entre l'extrême droite et Lyon. Sébastien Bourdon, quel est ce lien qui unit cette partie du spectre politique et la capitale des Gaules ?
Une des particularités de l'extrême droite radicale à Lyon, c'est son implantation depuis plusieurs décennies, environ presque 20 ans maintenant, à travers l'ouverture de tout un tas de locaux dans la ville de Lyon. Des locaux qui ont eu pignon sur rue, qui ont pris différentes formes. Des locaux associatifs, des bars, des salles de sport. Des locaux qui ont été plus particulièrement concentrés dans le Vieux-Lyon. Et ça, c'est une des spécificités de la ville. C'est cette concentration de locaux. On en a eu cinq qui ont été ouverts, enfin qui ont existé, qui ont coexisté en simultané au cours des années 2010.
Et des locaux qui appartenaient à différentes tendances de l'extrême droite radicale. Donc on a vraiment un panorama de l'extrême droite qui était représenté dans la ville et qui a pu s'implanter durablement et à travers ces locaux, exister, recruter et être actif dans la ville.
À quoi ça sert très concrètement Sébastien Bourdon, ces locaux ? Qu'est-ce que cela permet ? C'est d'abord un lieu de socialisation, un lieu de rencontre, un lieu de ralliement aussi entre jeunes personnes militantes d'extrême droite ?
C'est tout à fait ça. Un local en tant qu'organisation politique, pour n'importe quelle organisation politique, c'est notamment un vecteur de recrutement. C'est beaucoup plus simple quand vous disposez d'un bar associatif, de dire à des potentiels sympathisants, ben venez boire une bière avec nous vendredi soir et on va discuter. Et à travers ça, intégrer des nouvelles recrues dans son organisation politique.
Le coût d'entrée dans la vie militante à travers ces locaux est beaucoup plus faible qu'une organisation qui n'a pas de locaux et qui va devoir inviter ses sympathisants à venir coller des affiches ou autres, ou tracter, ce qui évidemment est plus difficile à premier abord comme porte d'entrée dans le militantisme.
Quelle est l'importance, Maria Lenou, justement, de ces locaux, en particulier de ces salles de sport, de ces bars également, que l'on voit naître, surgir dans le quartier du Vieux-Lon, qui recoupe trois sous-quartiers, Saint-Georges, Saint-Jean et Saint-Paul, trois quartiers qui sont au bord de la Saône à Lyon ?
Ce qu'on peut dire, c'est que les principaux locaux qui ont perduré de 2010 à 2024 sont les locaux des identitaires, qui s'appelaient la Traboule pour le bar et la Gogé pour la salle de sport. Ils étaient adjacents les uns à côté des autres. Et on voit que c'était vraiment le lieu où à la fois ils s'entraînaient, ils se retrouvaient, ils organisaient des conférences publiques, ils organisaient des soirées le vendredi soir, et puis aussi des formations de leurs militants plus confidentielles, plus fermées. Mais ils avaient un lieu pour le faire.
Et ce qu'on a vu, c'est que quand des premiers locaux ont été fermés plutôt du côté du mouvement nationaliste, finalement les militants nationalistes ont fini par se retrouver à la Traboule, à la Gogé, et tout ce milieu se mélangeait dans la Traboule.
Bon, Marie-Alenou, des salles de sport, des bars, ça existe à peu près partout, même pas à peu près dans toutes les villes petites, moyennes, grandes de France. Qu'est-ce qu'il y a là encore de spécifique à Lyon ? Déjà, pourquoi ces espaces portés, structurés par l'extrême droite, ne sont-ils pas fermés par les pouvoirs publics ?
Pour pouvoir fermer ces locaux, il faut prouver soit qu'il y a des atteintes à la sécurité, aux normes d'hygiène à l'intérieur. C'est ce qu'a essayé de faire la mairie de Lyon pendant près d'une vingtaine d'années, de fermer ces locaux pour des raisons de sécurité et d'hygiène, mais ce n'est pas aisé. Ou sinon, on peut les fermer pour troubles à l'ordre public, mais cette raison est peu souvent utilisée, parce qu'il faut montrer qu'il y a eu des troubles à l'ordre public autour des locaux, ou venant des locaux, et les militants étant quand même précautionneux, faisaient en sorte qu'on ne puisse pas directement relier les locaux à des attaques, des agressions qu'ils pouvaient perpétrer.
Ce que vos enquêtes décrivent tout de même, Maria Lenoux, c'est une forme aussi de laisser-faire, ou une forme de laxisme des autorités au sens large. Comment vous l'expliquez ?
Oui, tout à fait. Nous, on a recensé entre 2010 et 2025 102 actes, soit haineux, soit violents, de la part de l'extrême droite à Lyon, et 70% de ces actes n'ont pas reçu de réponse, soit policière pour mettre fin à l'acte en question, soit judiciaire pour venir condamner les auteurs de ces actes. Pourquoi, nous, on a identifié plusieurs raisons ? D'abord, un manque de volonté politique, peut-être une forme d'aveuglement pendant un certain temps de se dire que c'est marginal, que c'était des violences qui n'étaient pas aussi importantes que d'autres et que donc ce n'était pas la priorité. Et donc ça, plutôt du côté politique, on va dire, et puis du côté plutôt justice-enquête.
Nous, ce que notre enquête a montré, c'est qu'il n'y a pas d'unification de la stratégie d'enquête sur ces violences d'extrême droite spécifiquement. Et à ça se rajoute aussi chez les enquêteurs des centaines de dossiers à traiter pour un seul enquêteur, ce qui fait qu'on ne peut pas aussi bien se concentrer sur les enquêtes qu'on voudrait. Et puis, du côté des renseignements territoriaux, même s'il y avait une attention particulière sur les mouvements d'extrême droite, ils ont quand même été très mobilisés sur la question de l'islamisme, à raison, puisque c'est la première menace terroriste aujourd'hui en France. Mais donc un manque d'effectifs aussi de ce côté-là. Sébastien Bourdon ?
Ce qu'on peut dire peut-être en complément, c'est que du point de vue des autorités, un des avantages, entre guillemets, de laisser ces lieux ouverts, c'est que ça permet de fixer, entre guillemets, la mouvance, les groupes et de savoir en fait où les surveiller. Ça permet de façon assez concrète de savoir que tous les vendredis soirs ou presque, les militants de tel ou tel groupe, ils seront là. Et donc si on veut les trouver, si on veut les surveiller, et bien on a un lieu fixe, alors qu'évidemment une fois que ces lieux sont fermés, ils sont, je dirais, dans la nature, entre guillemets, dans la ville.
Une autre archive et une autre voie, celle de Philippe Carrey, il est horlogé dans le Vieux-Lyon. C'est un reportage d'Antoine Marrette, diffusé sur France Culture le 1er juin 2018.
Depuis que les groupuscules tels que les identitaires sont arrivés dans le quartier, on a commencé à ressentir vraiment une pression insidieuse au départ. Ils ont commencé à vouloir séduire les personnes, en essayant de rentrer dans les associations, ça n'a pas marché. Ensuite, ils ont essayé de s'infiltrer chez des commerçants. C'est-à-dire, par exemple, rentrer dans des bars, et puis petit à petit, amener de plus en plus de personnes à consommer, certes, mais surtout à occuper le bar et faire fuir la clientèle qu'il y avait auparavant. Ils s'infiltrent chez certains commerçants, et ils les étouffent par leur présence. Et les commerçants ne peuvent plus rien faire pour s'en débarrasser.
Ça s'est souvent terminé par des bagarres générales dans des cafés, des restaurants, des différents lieux de réunion. Et puis, il fallait vraiment qu'il y ait une intervention policière très très forte pour que ça s'arrête. Sinon, le commerce périclite complètement.
Comment s'incarne-t-elle, Marie-Alenou, cette présence de l'extrême droite, dans le Vieux-Lyon en particulier, pour rester circonscrit à cette ère géographique ?
Dans le Vieux-Lyon en particulier, on entendait Philippe Carie à l'antenne. Lui-même a été ciblé par ces mouvements-là. Il a été intimidé dans son commerce. Il a eu la vitrine de son commerce fracassée. On a des kebabs qui ont été saccagés aussi dans le quartier. Des stickers régulièrement collés dans les rues, plus particulièrement la rue Juiverie, qui est située vraiment juste à côté des locaux des identitaires. Donc, en fait, quand on parle de violence de l'extrême droite à Lyon, il faut comprendre que vraiment, elle se matérialise en fait par des actes très violents.
On a, dès 2010, dans les rues du quartier Saint-Jean, des syndicalistes qui sont frappés par des militants d'extrême droite. On a, à la suite d'une manifestation en 2011, des sympathisants du collectif de Vigilance 69 contre l'extrême droite qui rentrent de la manifestation et qui sont fracassés à coups de barre de fer. Il y en a un qui finit la mâchoire cassée. Et ça, ça se retrouve tout au long des années, jusque peut-être la plus récente attaque et la plus connue, c'est l'attaque de la Maison des Passages en novembre 2023, où on a une quarantaine de nervis d'extrême droite qui viennent attaquer la Maison des Passages, où se déroule une conférence sur la Palestine.
Alors, leur cible, ce n'est pas vraiment la conférence, mais plutôt le service d'ordre ou des militants qui assuraient la sécurité de l'événement. Et on se retrouve avec trois personnes tabassées à l'extérieur, 45 jours d'ITT, des personnes terrifiées à l'intérieur de la salle parce qu'attaquées aux mortiers et des militants qui tambourinent contre la porte à coups de bâtons, de barres. Donc, c'est ça la violence d'extrême droite à Lyon, en fait.
Qu'est-ce que cherche Sébastien Brodon ? Là aussi, j'allais dire d'une manière très concrète, ces groupes d'extrême droite. Dans le fond, l'enjeu, il est local, il est strictement local, ou il porte des visées politiques plus larges ?
Alors, dans le cas des actions violentes qui viennent d'être évoquées, il y a quand même un enjeu de confrontation avant tout qui est recherché et de confrontation avec un ennemi politique qui est identifié sur leur territoire ou des ennemis politiques supposés et notamment une velléité de confrontation régulière avec des groupes antifascistes.
Quand ils attaquent des événements comme cette conférence, je relisais il y a quelques heures encore des éléments du dossier judiciaire de cette affaire même, le message qui circule sur la messagerie Telegram et qui appelle ces différents militants d'extrême droite à se mobiliser pour cette soirée-là, c'est vraiment de dire on va monter un groupe pour aller se battre avec des antifascistes. Et en fait, à post-théorie, ils se rendent compte qu'ils ne savent même pas vraiment quelle est la conférence qu'ils attaquent. Il se trouve que c'est une conférence en lien avec, en soutien à la Palestine.
Par certains aspects, les militants d'extrême droite après essayent de se dédouaner en disant qu'ils font partie du courant nationaliste révolutionnaire qui, historiquement, est plutôt pro-palestinien. Donc, ils sont en l'occurrence venus là pour chercher de l'affrontement. Il y a un slogan qu'on entend parfois. Ils parlent d'anti-antifa. C'est assez explicite. Marie Alenou, vous souhaitez y réagir ? Oui, dans l'enquête qu'on a menée sur les 102 actes qu'on a recensés, plus de la moitié... Sur Lyon, hein ? Oui, sur Lyon, c'est ça, pardon. Visaient, justement, des opposants politiques. Donc, des syndicalistes, des militants antifascistes, des militants associatifs.
Et l'autre partie des victimes, ce sont plutôt des personnes non-blanches ou des personnes LGBT et pour une toute petite partie, par exemple, des journalistes ou des médias.
Je reviens aussi, Sébastien Bourdon, sur un terme que vous avez mobilisé, celui de territoire. On a le sentiment que cette notion est régulièrement utilisée par les groupes d'extrême droite, par les antifas aussi, certainement, on y reviendra, mais que la capacité à tenir un lieu, à tenir un territoire, c'est une chose extrêmement importante et même centrale dans la pensée de ces groupuscules.
Bien sûr, c'est quelque chose qu'on entend très souvent. Ils parlent de tenir la rue, tenir le pavé. Il y a cette idée vraiment d'un territoire à défendre et une sorte de géographie militante qui va se déployer de ville en ville. Là, en l'occurrence, à Lyon, on a parlé plus particulièrement du quartier du Vieux Lyon qui est considéré par les militants eux-mêmes comme étant leur bastion. Et donc, ils ne veulent pas que des potentiels adversaires politiques ou des personnes perçues comme telles puissent venir dans le quartier. Et à contrario, quand ils cherchent parfois la confrontation, ils vont aller dans des quartiers plus spécifiques, enfin, d'autres quartiers de Lyon.
On peut parler de la Croix-Rousse, on peut parler de la Guillotière, entre autres, parce qu'ils supposent qu'ils vont trouver leurs adversaires politiques dans ces quartiers-là et pouvoir les attaquer.
La Guillotière, qui est un quartier plus populaire, de l'autre côté du Rhône et qui se situe à cheval entre le 7e et le 3e arrondissement de Lyon. Maria Lenoux, peut-être qu'aussi l'une des singularités lyonnaises, c'est qu'elle est à la confluence de plusieurs traditions de l'extrême droite.
Oui, alors à Lyon, on a eu à peu près toutes les mouvances de l'extrême droite qui s'y sont retrouvées. On a, comme je disais, les identitaires qui avaient ouvert leurs locaux. On a plutôt du côté nationaliste, nationaliste révolutionnaire, le GUD qui s'est implanté, le groupe Union Défense, dès les années 2000, qui est ensuite devenu le bastion social. Puis Lyon Populaire au fil des dissolutions et des années. On a eu aussi Yvan Benedetti et son parti de l'œuvre française déclinée en jeunesse nationaliste pour sa fraction jeunesse. On a eu aussi des hooligans. On a eu le groupe Blood and Donner qui était un mélange entre plutôt un côté de baston et aussi de concerts.
On a eu beaucoup aussi de concerts néo-nazis, du mouvement rock anticommuniste et métal néo-nazis qui se sont organisés dans la région lyonnaise. Donc vraiment, Lyon a été, en fait, en 2019 considéré comme le berceau de l'extrême droite radicale par les renseignements territoriaux et par la commission d'enquête parlementaire aussi qui s'est déroulée à ce moment-là, du fait de cette convergence des mouvements d'extrême droite à Lyon.
Et ce qu'il faut dire aussi, c'est que du coup, sur cette période-là, enfin fin des années 2010, entre 2017 et 2020, on a deux mouvements principaux, l'eubation sociale côté nationaliste révolutionnaire et génération identitaire côté donc identitaire, qui sont implantés à Lyon, qui sont des organisations nationales, mais dont le QG se situe à Lyon, d'où ils diffusent leurs idées, leurs méthodes et d'où ils s'organisent.
Ces grandes traditions, Sébastien Bourdon, elles coexistent à Lyon ? Elles coexistent, j'allais dire, d'une manière presque séparée ? Ou bien on observe depuis plusieurs années une forme de convergence qui se retrouve également dans la façon dont les organisations d'extrême droite, de jeunesse sont structurées ?
Elles coexistent à Lyon comme elles coexistent ailleurs. Historiquement, avant la séquence des tout dernières années et justement ces très nombreuses dissolutions qu'on a connues, on a donc en gros trois principales chapelles de l'extrême droite implantées en France, avec du coup des formes de concurrence entre ces différentes chapelles.
Ce qui se passe à Lyon et ailleurs ces dernières années, mais plus particulièrement à Lyon avec les dissolutions successives du bastion social de générations identitaires, c'est qu'on a une porosité, ces dissolutions ont favorisé une porosité entre les structures et comme le disait tout à l'heure ma consoeur Marie Alenoux, une fois que les nationalistes révolutionnaires se sont retrouvés sans local, parce qu'en l'occurrence, le bastion social a été dissous, bon, plutôt qu'aller boire des bières dans n'importe quel bar ou qu'aller faire du sport dans n'importe quelle salle de sport, ils sont allés deux rues plus loin faire ça chez les identitaires et donc ils se sont regroupés avec une autre tendance dont ils ne partagent pas forcément toutes les idées, mais avec laquelle ils se regroupent et ils se mobilisent volontiers, notamment dans une perspective de confrontation violente.
Quel lien, Marie Alenoux, à Lyon toujours entre ces groupes d'extrême droite et l'église catholique, dont on sait qu'elle est extrêmement présente et puissante à Lyon ?
Nous, ce qu'on a pu identifier, c'est qu'il y a une église en particulier, l'église Saint-Georges, qui est située dans le quartier de Saint-Georges, dans le Vieux-Lyon, qui concentre aujourd'hui la présence de militants d'extrême droite en son sein. On l'a vu notamment au moment des arrestations liées à l'attaque de la Maison des Passages de novembre 2023 dont je parlais. La plupart des personnes qui sont interpellées et mises en examen disent qu'elles fréquentent cette paroisse. Et cette paroisse, ce n'est pas une paroisse, c'est une église qui est rattachée à une paroisse.
Et ce qu'on a montré, nous, dans une enquête publiée aussi en fin d'année dernière, c'est que les prêtres, les abbés qui sont dans cette église, dans cette paroisse, eux-mêmes sont de la frange la plus traditionnaliste de l'église catholique.
Quels liens, dans le même temps, Sébastien Fourbourdon, avec le football, avec l'Olympique lyonnais ? Est-ce que là aussi, on est capable de tisser des liens entre ces groupuscules d'extrême droite et la façon dont le football lyonnais est organisé ?
Tout à fait. Il y a, c'est de notoriété publique que depuis des décennies, les tribunes de l'Olympique lyonnais abritent des groupes qui comportent des militants d'extrême droite, des groupes d'ultra, des groupes de hooligans, dont certains sont littéralement des groupes de néo-nazis. Il y a très régulièrement, au cours de matchs, et notamment de déplacements de l'Olympique lyonnais, des affaires avec des cris de singe, des saluts nazis. Il y en a eu encore assez récemment, notamment lors d'un match à Marseille. Et ce milieu du stade, comme ils l'appellent fréquemment, en fait, va souvent venir prêter main forte, notamment dans les perspectives de confrontation.
C'est des gros bras qui ne sont pas forcément là au quotidien en train de militer avec les militants d'extrême droite, mais que les militants d'extrême droite vont pouvoir appeler en renfort dans des périodes de tension.
Le lien maintenant, Marie Allenou, avec l'université, avec le monde intellectuel en général. Je voudrais vous citer un extrait du rapport de la Commission sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean Moulin-Lyon III, qui a été lancé en 2001. Ce rapport pointe, je cite, est un enracinement d'un petit noyau d'universitaires proche du groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, un des mouvements de la nouvelle droite qui a suscité de vives oppositions à cause de ces thèses inspirées du racisme scientifique du XIXe siècle.
Est-ce que là encore, l'université, alors non pas l'université en général, mais une université en particulier, je veux parler de cette université Jean Moulin-Lyon III, joue un rôle particulier dans la structuration de ces groupes, de ces organisations ?
Alors, elle a joué un rôle, mais plutôt dans les années 80-90, justement au moment où le grec, donc le groupe de recherche dont vous parliez, a été fondé et regroupait en fait de nombreux intellectuels négationnistes, révisionnistes, penseurs de cette extrême droite radicale, dont un des représentants était d'ailleurs Bruno Gollnisch, qui était au Front National à ce moment-là. Cette extrême droite intellectuelle a attiré à elle une jeunesse des étudiants qui ont donc fondé le groupe Union Défense, comme je le disais plus tôt. Aujourd'hui, l'université Lyon III n'est plus tant que ça un bastion de l'extrême droite radicale.
Elle a quand même grandement perdu en force au sein des murs de l'université depuis ces dernières années, mais on pouvait encore, au début des années 2020, donc 2021, 2022, voir que la cocarde étudiante, donc un syndicat étudiant d'extrême droite, était encore assez présent et menait des actions, notamment via son porte-parole Sinisha Milinov, qui était une figure de l'extrême droite lyonnaise, qui a aussi été porte-parole des remparts, le groupuscule identitaire qui a suivi Génération Identitaire à Lyon, et lui-même qui a été condamné pour des violences racistes à six mois de prison en février 2024.
Alors face à cela, Sébastien Bourdon, ou en miroir, vous nous direz, comment se structure, comment surgit même des groupes antifascistes à Lyon ? Pour quelles raisons ? Et surtout, est-ce qu'on arrive à pointer une date précise de l'éclosion de ces groupes ?
Alors, il y a deux groupes antifascistes principaux qui ont existé, disons, ces dix à quinzaines années à Lyon. Le premier, c'est un groupe qui s'appelle la GAL, groupe antifasciste Lyon et Environ, qui a été dissous il y a maintenant quelques années.
C'est un groupe de la tendance antifasciste autonome qui apparaît à peu près au début des années 2010 et plus récemment, en 2018, on a un nouveau groupe qui a été créé d'abord à Lyon et qui ensuite s'est étendu à d'autres villes en France, la Jeune Garde, qui, par un certain nombre d'aspects, on en parlera probablement, prend un peu le contre-pied du courant principal de l'antifascisme de la période, qui essaie de renouveler l'antifascisme, de populariser l'antifascisme, c'est des mots d'ordre qu'ils utilisent et, en l'occurrence, la Jeune Garde se crée vraiment dans ce contexte, dans ce terreau qu'on vient de mentionner et est issu de la volonté d'une nouvelle génération militante de s'organiser notamment pour répondre et se prémunir face à ces attaques d'extrême droite, ces actions violentes de l'extrême droite radicale qui sont violentes comme on vient de, qui sont nombreuses comme on vient de l'expliquer.
Donc ce que vous observez, ce que vous constatez, c'est que ces deux groupes, et d'ailleurs indépendamment de leurs traditions respectives, se construisent toujours, se forment toujours en réaction à l'extrême droite. Il n'y a pas d'organisation dite antifasciste qui se structure d'une manière ad hoc, sans penser justement à un travail contre l'extrême droite.
Alors, il y a des organisations antifascistes qui assument plus ou moins une forme de spécialisation dans la lutte contre l'extrême droite stricto sensu, qu'elle soit groupusculaire ou institutionnelle. C'est le cas de la Jeune Garde et c'est la conception de l'antifascisme qu'a développée la Jeune Garde. Ils assumaient cette spécialisation entre guillemets dans leurs discours et dans leurs actions. Le courant qui précède la Jeune Garde et qui est l'autre grand courant du milieu antifasciste disons depuis à peu près la fin des années 2000, c'est ce courant antifasciste autonome que j'évoquais, représenté à Lyon par un groupe qui s'appelait La Galle.
Et en l'occurrence, ce courant-là théorisait pour le coup un antifascisme beaucoup plus large avec une volonté de dépasser cette idée que l'antifascisme devait dépasser la lutte contre l'extrême droite stricto sensu et s'élargir et s'ouvrir à tout un tas de questions. En fait, ils parlaient, eux, de lutter contre ce qu'ils appellent un spectre de fascisation et donc prendre en compte des thématiques comme la question des violences policières, la question de l'islamophobie, la question de l'accueil des personnes exilées, etc. Avec cette idée qu'il existerait un sort de continuum entre toutes ces thématiques-là et la question de l'extrême droite en tant que telle.
Je cite Marie-Alenou un extrait d'une dépêche AFP qui revenait sur l'histoire de la jeune garde. À sa création, la jeune garde se présente comme une réaction d'autodéfense face à des mouvances d'extrême droite particulièrement violentes et prospère à Lyon dont le bastion social. C'est bel et bien ce que l'on observait, ce que vous aviez observé en 2018. On était à un point presque d'apex de la violence d'extrême droite qui a engendré la création de la jeune garde.
Oui, ce qu'il faut comprendre c'est qu'à Lyon en fait, comme je disais tout à l'heure, les principales cibles de l'extrême droite radicale ont été les mouvements de gauche mais de manière large. Je cite par exemple le parti communiste français qui a vu ses locaux à de multiples reprises être attaqués.
Des manifestations étaient attaquées, des militants étaient attaqués et donc s'est posée en fait dans les milieux de gauche la question de comment on fait pour continuer à militer, à tenir des événements, des lieux et en même temps ne pas subir cette violence et c'est dans ce contexte-là que s'est créée la jeune garde qui a assumé tout de suite d'ailleurs d'avoir ses deux jambes à la fois une jambe d'antifascisme politique, d'interpellation politique, de présence médiatique, de réunion aussi via le collectif Fermons les locaux fascistes des partis politiques de gauche, des syndicats, des associations, des collectifs.
Donc ça, c'était vraiment la jambe plutôt publique de la jeune garde et une jambe plus physique, confrontationnelle avec l'extrême droite qui était ce qu'eux appelaient l'autodéfense populaire. Donc de dire on va défendre notre camp social, on va défendre nos événements, nos lieux et aussi entrer dans des affrontements avec l'extrême droite radicale.
Une archive de 2022 qui retrace la dissolution du GAL, le groupe antifasciste Lyon et Environ. On reviendra évidemment sur l'analyse des propos qui ont été tenus à l'époque par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. La manifestation de soutien samedi dernier dans les rues de Lyon n'a rien changé. La dissolution du mouvement d'ultra-gauche a été confirmée hier après le Conseil des ministres.
Nous avons adopté la dissolution du groupement de fêtes dit groupe antifasciste Lyon et Environ connu pour ses actions violentes, ses appels à la haine et son incitation virulente et incessante à s'en prendre à nos forces de l'ordre.
Le GAL est un mouvement né en 2013 après la mort de Clément Méric. Assimilé par les spécialistes au Black Blocks, ses militants sont autonomes, pas de chef, pas de structure administrative et un discours politique de lutte contre les idées d'extrême droite. Comment ont coexisté Sébastien Bourdon à Lyon le GAL et la jeune garde ? On a bien compris que c'était deux traditions différentes des courants antifascistes. Être dans une même ville, tenir une forme de terrain, tenir la rue, comment cela se passait justement dans l'interaction entre ces deux groupes ?
Alors, ça ne s'est pas toujours très bien passé entre ces deux groupes. Au tout début, il y a eu des tentatives de travail unitaire. La jeune garde avait vraiment cette volonté dans ses modes d'action de travailler le plus possible avec un large panel d'organisations disons de la gauche, qu'elles soient politiques, syndicales, associatives. Donc, au tout début, on a vu notamment un certain nombre de tracts ou de communiqués qui ont pu être signés conjointement.
Mais assez rapidement, les relations se sont envenimées entre les groupes, notamment parce qu'en fait, ils défendaient des conceptions assez différentes de l'antifascisme et de la façon de lutter contre l'extrême droite et contre l'implantation de l'extrême droite radical dans la ville. La question des dissolutions, notamment, et d'appeler ou non à la dissolution des groupes d'extrême droite radical est quelque chose qui a beaucoup divisé le camp antifasciste.
Marie-Alenou, là aussi, j'allais dire très concrètement comment décrire le travail, la mobilisation, le répertoire d'action de la jeune garde ou même du GAL, au fond, comment agissaient-ils au quotidien pour lutter contre les fascistes lyonnais, pour prendre l'expression ?
Comme je l'expliquais, la stratégie de Raphaël Arnaud plus particulièrement, qui a été le cofondateur de la jeune garde et qui aujourd'hui est député, ça a été d'agir sur tous les terrains, c'est-à-dire qu'il s'est présenté plusieurs fois à la députation, d'abord à Lyon et ensuite dans le Vaucluse. Et c'est un peu l'aboutissement de leur stratégie que d'avoir eu un de leurs membres élus à l'Assemblée nationale. Et à côté de ça, oui, il y avait une présence en défense des événements de la gauche, mais aussi une présence sur le terrain de défense de territoires comme la Croix-Rousse, mais aussi d'autres territoires à Lyon.
Et donc, c'est là où se pose la question de l'utilisation de la violence antifasciste et ce que devra répondre l'enquête qui est menée aujourd'hui.
Qu'est-ce qui a suscité, Marie-Alenou, la mort de Clément Méric en 2013, là aussi, dans la structuration de ces groupes antifascistes ? Est-ce que ça a été un vecteur de dynamisation ? Est-ce que ça a été un vecteur de structuration également, la mort de ce militant tué par des groupes d'extrême droite en 2013 ?
Oui, tout à fait, puisque le GAL, le groupe antifasciste lui-même et environ, se crée suite à la mort de Clément Méric à Lyon.
Quel est le rapport Sébastien Bourdon de ces groupes antifascistes à la violence ? Est-ce que c'est le dernier recours ou bien non ? Bien en amont, elle est théorisée, c'est un mode d'action comme les autres parmi d'autres mais un mode d'action qu'il faut aussi intégrer ?
Alors, ce qu'il faut bien dire, c'est que la violence est un mode d'action, le recours à la violence politique est un mode d'action qui fait partie de façon assumée du répertoire militant des différents groupes antifascistes mais ça n'est absolument pas le seul mode d'action qui mobilise 90% du travail des militants et militantes antifascistes est en fait un travail militant très classique qui consiste à aller coller des affiches, distribuer des tracts, organiser des conférences, aller en manifestation, etc. La spécificité qui fait le militantisme antifasciste c'est qu'en plus de ce militantisme classique, il y a le fait d'accepter la possibilité du recours à la violence.
Cette violence elle est avant tout pensée par ces groupes comme étant un outil ça ne fait pas partie de leur projet de société et c'est entre autres ce qui différencie quand même ces groupes des groupes d'extrême droite dans leur rapport à la violence mais en tout cas quand on interroge les acteurs eux-mêmes parlent systématiquement de la violence comme devant relever d'un cadre enfin devant relever d'une autodéfense ils parlent beaucoup du mot d'ordre autodéfense populaire et donc c'est avant tout comme ça qu'ils perçoivent leur recours à la violence.
Alors le fait est que évidemment on l'a vu notamment ces derniers jours le fait de frapper à de très nombreuses reprises une personne à terre jusqu'à entraîner sa mort évidemment dépasse ce cadre de l'autodéfense mais en tout cas c'est comme ça que ces acteurs-là théorisent et perçoivent leur recours à cet outil politique.
Marie-Alenou vous êtes d'accord avec ce que vient d'écrire Sébastien Bourdon ?
Oui oui je suis d'accord nous on n'a jamais eu à Lyon le cas de militants antifascistes qui vont s'en prendre attaquer des personnes attaquer des lieux qui ne sont pas eux-mêmes des membres ou des militants de groupuscules d'extrême droite et même les cas d'attaque sur des militants d'extrême droite sont assez rares on est très majoritairement dans le cadre de l'autodéfense quand on assiste enfin quand on voit qu'il y a des affrontements entre des antifagistes et des militants d'extrême droite.
L'autodéfense quand on observe ou quand on tente d'observer tout de même ce qui s'est passé la semaine dernière on est d'accord que c'est un principe qui a été dévoyé en l'occurrence ?
Les images qu'on a pu voir en effet montrent comme le disait Sébastien Bourdon le dépassement de ce cadre d'autodéfense alors on sait aussi qu'il y a eu une RICS précédant les images où l'on voit Quentin Deranc être frappé à terre l'enquête devra déterminer les responsabilités de chacun et j'imagine que cela posera aussi la question dans les milieux antifascistes de comment encadrer leur propre recours à la violence. Sébastien Bourdon vous souhaitez réagir ?
Simplement pour parler des cas de figure de dépassement entre guillemets de l'autodéfense un autre cas qui a beaucoup fait parler récemment c'est le cas du député Raphaël Arnaud on l'a dit cofondateur de la jeune garde et porte-parole de la jeune garde à Lyon pendant très longtemps avant d'être aujourd'hui député de la France insoumise Raphaël Arnaud a été condamné en 2022 pour des faits qui ont eu lieu en 2021 donc il n'était pas encore député à l'époque mais il était déjà un des leaders de la jeune garde des faits où en l'occurrence en marge d'une manifestation d'extrême droite à Lyon du courant identitaire lui-même et cinq autres militants s'en sont pris à un jeune homme de 18 ans qui soupçonnait d'aller participer à cet événement ils lui ont demandé d'enlever sa veste pour vérifier s'il n'avait pas je cite des tatouages nazis et ensuite de déverrouiller son téléphone pour le fouiller ce jeune homme a refusé de déverrouiller son téléphone il a été projeté violemment au sol il a eu une journée d'ITT mais en l'occurrence Raphaël Arnaud a été condamné pour violence en réunion pour ces faits-là en 2022 avait fait appel et s'est désisté de son appel en 2025 donc il a été condamné tout de même définitivement pour cet acte
dans votre travail dans vos observations Sébastien Bourdon quel lien s'il y en a justement au-delà de ce lien entre Raphaël Arnaud et la France Insoumise et la Jeune Garde quel lien vous avez observé plus structurel entre des partis peut-être la France Insoumise et la Jeune Garde et le mouvement antifasciste
alors le fait est que pour continuer à parler de la Jeune Garde les liens il y a des liens évidents entre la France Insoumise et la Jeune Garde je ne parle absolument pas de l'événement de jeudi dernier en l'état il n'y a strictement aucun élément matériel qui permet de pointer une responsabilité de la France Insoumise dans les événements de jeudi dernier encore une fois à la date d'aujourd'hui mais de façon plus générale les liens sont évidents évidemment il y a la question de la personnalité de Raphaël Arnaud qui a donc été investi candidat de la France Insoumise dans le cadre du nouveau Front Populaire en 2024 mais les liens précèdent cette investiture à l'été 2023 pour prendre un exemple on a tout de même Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Bompard qui s'étaient affichés qui avaient communiqué sur leur présence un camp d'été de la jeune garde et de la même façon la jeune garde a depuis plusieurs années un stand aux universités d'été de la France Insoumise
Est-ce qu'il y a une coexistence c'est aussi ce qu'on a pu lire dire ou entendre dans la façon d'organiser les services d'ordre le service d'ordre officiel de la France Insoumise et le travail de la jeune garde ?
En l'état pour le cas de jeudi dernier la France Insoumise assure qu'ils avaient leur propre service d'ordre qui était déployé sur place et qu'ils n'ont pas eu de lien avec ce groupe de militants et militantes antifascistes qui était sur place a priori lié à la jeune garde si on en croit les profils des personnes qui ont été interpellées ces dernières 24 heures donc dans ce cas-là pour l'instant on n'a pas d'élément matériel
Marie Alenou quel impact justement de ce décès du décès de Quentin à Lyon qu'est-ce que vous observez aujourd'hui justement dans le discours des personnes que vous rencontrez dans vos reportages ?
On voit que déjà il y a un gros choc de la ville entière moi j'ai eu plusieurs sources antifascistes qui me disaient en fait ça fait des années qu'on alerte sur le fait qu'il y aura peut-être un mort mais ils ne se doutaient pas que le mort il serait dans l'autre dans l'autre camp disaient plutôt que ce serait du côté des militants de gauche ou des personnes non blanches par exemple qui auraient un mort donc il y a vraiment une forme de sidération nous on essaye de faire parler tout ce milieu de gauche justement qui était en lien avec la jeune garde et on voit qu'il y a un grand malaise dans la façon de qualifier les faits parce qu'il y a à la fois un refus total de la violence qu'on a pu voir sur les images sur un homme au sol mais en même temps une volonté de ne pas jeter sous le bus l'antifasciste et tant l'antifascisme et tout le travail qui a été fait pour lutter contre l'implantation de l'extrême droite à Lyon pour alerter sur la violence d'extrême droite et essayer de ne pas faire oublier ce contexte lyonnais très particulier et c'est une position qui est difficile à faire entendre quand il y a eu littéralement mort d'homme
merci beaucoup à tous les deux Sébastien Bourdon et Marie Allenou merci également à celles et ceux qui ont préparé cette émission Antoine Héral Stéphanie Villeneuve Diane Devancet Mathias Megy à suivre après le journal on va parler des écoles musulmanes sont-elles à part dans le paysage éducatif français merci d'être venu au micro de France Culture