DIRECT - L'intégrale de l'interview politique de Jordan Bardella sur RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Dans l'après-midi, est-ce que vous soutenez l'initiative du siège de Paris ?
Moi je soutiens les revendications qui sont celles de nos agriculteurs et en tant que responsable politique, mon rôle n'est pas tant de soutenir telle ou telle forme de contestation ou de rébellion ou de mouvement social tout simplement mais d'apporter des réponses à ce qui apparaît comme la plus grande crise sociale de l'histoire de la Vème République, celle de la disparition de notre agriculture et nous entrons je crois dans une période trouble où probablement va se rencontrer le désespoir d'agriculteurs qui luttent pour leur survie qui luttent pour un dernier combat puisque nous entrons dans une décennie critique et le cynisme d'un gouvernement qui depuis 7 ans a accompagné, soutenu, voté l'ensemble des textes au niveau français comme européen qui mettent aujourd'hui notre agriculture aux portes de la Vème.
Il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit, je voudrais quand même qu'on s'arrête sur certains points vous avez évoqué à l'instant sur ce blocage l'idée que vous n'êtes pas là vous pour dire quelle ou quelle forme moi je veux bien mais est-ce que vous condamnez dans ce cas-là l'idée d'un siège de Paris ?
Moi je suis très clair, je condamne toute forme de violence les manifestations pacifiques doivent pouvoir s'exprimer
Est-ce que c'est pacifique d'assiéger Paris ? Jusqu'où vous allez avec le pacifique ? Est-ce que par exemple l'idée d'assiéger Rungis comme c'est évoqué par certains des coordinateurs ?
Non, je pense qu'il y a des revendications aujourd'hui, il faut les régler si on ne règle pas ces revendications alors il y aura des blocages de Rungis, de Paris et nos agriculteurs continueront de se faire entendre
Ça veut dire que dans ces cas-là vous comprendrez qu'ils aillent jusqu'à bloquer Rungis ? J'essaye de comprendre la logique de votre formule
Non, écoutez moi je suis parfaitement clair, mon rôle, je ne suis pas syndicaliste je ne suis pas agriculteur, je suis touché comme des millions de français par ce qui est en train de se passer aujourd'hui dans le monde agricole français et ce qui est en train de se passer aujourd'hui n'est pas seulement une révolte pour l'agriculture, pour une profession ou pour une corporation c'est une révolte pour la France qui ne veut pas mourir
Mais vous inquiétez pas, on a le temps et on va parler justement du fond C'est ce qui m'intéresse parce que mon rôle comprenait bien Mais là il y a quand même une urgence, il est 8h32, il y a un détracteur qui converge vers Paris Marine Le Pen hier avait cette formule, elle disait je suis pour que le gouvernement agisse et si le gouvernement agissait alors il n'y aurait pas de blocage mais avec des si on peut mettre Paris en bouteille
Oui, avec des si on peut mettre Paris en bouteille sauf qu'avec le si on avait écouté le Rassemblement National depuis 10 ans sur la question agricole comme sont en train de le dire aujourd'hui un certain nombre de responsables syndicaux notamment de la coordination rurale notre agriculture n'en serait pas là parce que quand j'entends Gabriel Attal aujourd'hui faire des constats sur l'agriculture qui sont mot pour mot les constats que nous faisons depuis 10 ans et précisément après avoir fait l'inverse s'agissant de M. Attal et de M.
Macron depuis 7 ans je me dis qu'il y a là une rencontre entre le désespoir de gens qui luttent non plus pour vivre mais pour survivre et de l'autre le cynisme moi j'ai écouté Gabriel Attal, j'ai trouvé ça particulièrement malsain vendredi Malsain, pourquoi ? Parce qu'il vient dire l'exact inverse de ce qu'ils ont fait depuis 7 ans
Vous dites, d'ailleurs vous avez publié ce matin une lettre que vous adressez aux agriculteurs vous avez cette formule, je la reprends les annonces de Gabriel Attal sont insuffisantes sa communication relève de la schizophrénie tant elle est l'inverse de ce que le gouvernement a défendu depuis 7 ans
Madame, mercredi dernier, je suis député européen, en commission au Parlement européen les députés européens de M. Attal et de M. Macron ont voté, là en ce moment même en faveur d'un nouvel accord de libre-échange avec le Chili il y a quelques semaines, pas il y a 10 ans, il y a quelques semaines dans l'hémicycle du Parlement européen les députés européens de M. Macron et de M.
Attal ont voté en faveur d'un accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande dont la Fédération française de l'industrie laitière s'est alarmée à juste titre, non pas seulement des dégâts environnementaux que pourrait faire cet accord de libre-échange mais de la concurrence déloyale directe que cela pourrait engendrer entre les exportations néo-zélandaises de lait en poudre et les importations sur le sol européen donc on ne peut pas soutenir la concurrence internationale déloyale on ne peut pas voter en faveur de toutes les réglementations européennes d'écologie punitive qui crée une concurrence déloyale
vous les accusez d'être schizo, vous êtes schizo aussi vous êtes schizo aussi quand on regarde sur la PAC vous dites aujourd'hui que vous êtes contre la PAC vous dites aujourd'hui qu'il faut sortir de la PAC que la PAC tue les agriculteurs français
à qui ai-je dit cela madame ?
or le 23 octobre 2020 à Strasbourg vous avez voté pour la PAC
oui, mais alors où est-ce que vous m'avez entendu dire qu'il fallait sortir de la PAC ?
vous avez dit que la PAC aujourd'hui telle qu'elle était tuait les agriculteurs français sauf que la PAC telle qu'elle est aujourd'hui vous l'avez votée avez-vous voté pour la PAC oui ou non ?
mais bien sûr que j'ai voté pour la politique agricole commune parce que précisément cette politique agricole commune qui est en vigueur depuis le 1er janvier dernier voilà, merci donc la politique agricole commune d'il y a 5 ans n'est pas la politique agricole qui a été votée il y a quelques mois sous l'influence et qui prévaut jusqu'en 2027
et qui est en action depuis le 1er janvier
merci et qui prévoit précisément qui légalise le principe d'aide directe de la part des Etats je ne suis pas contre la politique agricole commune je dis aujourd'hui que nous donnons beaucoup trop d'argent à l'Union Européenne la PAC c'est un tiers du budget de l'Union Européenne je souhaite qu'on puisse baisser cette contribution au budget de l'Union Européenne pour flécher directement ses aides vers l'économie réelle et vers l'économie française
mais votre vote était le même que celui des députés macronistes vous avez voté ensemble
le sujet n'est pas la politique agricole commune le sujet c'est les accords de libre-échange le sujet c'est le Green Deal le sujet c'est le pacte vert je pense, et ça sera l'un de mes deux grands sujets aux élections européennes qu'il y a deux grandes menaces qui planent aujourd'hui sur la France et qui sont décidées à Bruxelles le pacte pour les migrations qui prévoit d'accélérer la submersion migratoire en Europe et le pacte vert qui précisément entraîne les conditions d'une décroissance de l'Europe cette stratégie de la ferme à la fourchette qui a été défendue par la commission européenne et vous avez voté contre là-dessus merci
il y a eu également un vote ce vote-là vous avez voté contre
merci soutenue par Emmanuel Macron et Gabriel Attal elle prévoit précisément la baisse de 10% des surfaces cultivables en Europe la baisse de 15% de la production de viande avec évidemment le contre-coût d'une augmentation du coût de l'alimentation d'une augmentation de nos importations une baisse de nos exportations et à l'évidence la mort et la fragilisation de l'agriculture française donc l'écologie oui l'écologie punitive non or aujourd'hui à chaque fois qu'on ouvre nos marchés dans le cadre du libre-échange on est incapable d'imposer des clauses miroirs moi je souhaite le patriotisme économique je souhaite l'exception agriculturelle et je souhaite précisément des clauses miroirs c'est-à-dire qu'on ne peut pas c'est-à-dire concrètement qu'on ne peut pas importer sur le sol français et au sein du marché commun des produits qui ne respectent aucune des normes qui sont imposées aux agriculteurs français je veux dire on impose aujourd'hui aux agriculteurs français des normes économiques, sociales, environnementales toujours plus lourdes, toujours plus difficiles et en même temps les produits qu'on fait venir sur le sol européen ne respectent aucune de ces normes et n'ont aucune obligation de respecter ces normes comment voulez-vous que les gens en France qui produisent, qui vivent avec passion du métier d'agriculteur puissent être compétitifs, c'est une folie et je dis que quand le gouvernement quand messieurs Macron et Attal viennent faire ces constats que nous faisons depuis 10 ans mais ont précisément accompagné l'ensemble de ces mesures de décroissance agricole au niveau français et au niveau européen je me dis qu'il y a là non seulement une schizophrénie un cynisme mais que c'est extrêmement malsain moi je ne me résous pas à voir disparaître notre agriculture je pense que l'agriculture a forgé notre pays, a façonné nos territoires et que de notre capacité aujourd'hui à protéger notre agriculture et à être autonome sur le plan alimentaire dépendra dans les prochaines années notre capacité à demeurer un pays libre et un pays puissant
mais vous-même vous avez aussi et quand je dis vous-même c'est le RN quand on regarde précisément ce qu'il y avait vous extrais une citation que je n'ai pas dite ce qu'il y avait précisément dans le programme de Marine Le Pen aujourd'hui vous dites et on l'entend bien qu'il faut une agriculture libérée des normes excessives ou avec au minimum moins d'entraves environnementales dans le programme de Marine Le Pen elle avait promis aux agriculteurs et agricultrices je cite une aide au maintien de la biodiversité sur les exploitations qui permettent le maintien ou la restauration des haies des surfaces humides des bois et des bocages c'est exactement ce qu'il y a dans les textes qui sont aujourd'hui imposés et que vous voudriez lever
mais madame non
avez-vous évolué ?
avez-vous évolué ? madame il y a vous savez combien il y a de réglementations aujourd'hui sur une haie ?
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14 comment voulez-vous qu'on soit compétitif ? comment voulez-vous que nos agriculteurs qui sont aujourd'hui tiraillés entre une économie nationale surrégulée et un marché international dérégulé puissent être compétitifs ?
les agriculteurs français ils ne veulent pas vivre d'aide permanente ils veulent pouvoir vivre de leur travail ils veulent un prix de rémunération et un prix de production qui leur permettent précisément de vivre de leur travail un prix plancher ce prix plancher il viendra précisément d'abord des contrôles qui sont faits dans le cadre de la loi Egalim et lorsque le premier ministre Gabriel Attal qui était avant au budget vient nous dire aujourd'hui qu'il s'aperçoit qu'il y a précisément des entreprises de la grande distribution des grands industriels qui ne respectent pas la marge et la rétribution qui est nécessaire aujourd'hui aux agriculteurs dans le cadre de la répartition des coûts de production et bien pardon mais c'est hypocrite parce que ça fait des mois que nous savons que les gros industriels se gavent et qu'il fallait mettre en place ces contrôles bien plus tôt premièrement et deuxièmement nos agriculteurs seront compétitifs si on les protège de la concurrence internationale déloyale et je formule une autre proposition c'est le patriotisme économique je pense que dans la commande publique les boîtes françaises les agriculteurs français doivent avoir une priorité un exemple aujourd'hui dans la restauration collective c'est à dire dans les cantines des collèges des écoles des lycées deux tiers du bœuf qui est servi dans les cantines qui est consommé et d'origine importée et pendant ce temps-là notre filière bovine est en train de mourir moi je souhaite qu'on inverse cette tendance et qu'on puisse prioriser les productions françaises parce que c'est gage de qualité dans la commande publique toutes les grandes puissances
qui marchent dans la mondialisation qui marchent dans la mondialisation à rien à se protéger vous dites je veux qu'on priorise l'agriculture et la production française sauf que vous l'avez bien entendu il y a un certain nombre de parents qui n'ont même plus les moyens de payer la cantine des enfants vous avez dans le même temps le problème de l'inflation si vous voulez absolument avoir de la viande française est-ce que vous ne redoutez pas que ça fasse monter les prix de la cantine des enfants ?
Comment vous arbitrez ?
Non madame on réussira le pari du patriotisme économique Vous allez faire un rentré un rond dans un caractère On réussira le pari du patriotisme économique on réussira à faire en sorte que la viande française que les productions françaises soient à des coûts raisonnables et ils sont bien souvent à des coûts raisonnables notamment quand ils sont servis du producteur au consommateur il faut encourager les circuits courts dans l'économie française si on arrive à se protéger de la concurrence internationale des loyales parce que croyez-moi si dans la décennie qui vient l'agriculture française meurt et disparaît alors nous ne serons plus un pays libre et nous serons totalement dépendants du marché mondial des coûts mondiaux de l'hyperinflation mondiale et de produits qui précisément sont faits dans des conditions sanitaires et environnementales qui sont beaucoup plus faibles et dans des standards beaucoup plus faibles que ceux de l'agriculture française Si on en reste à la question
notamment de l'élevage je reviens au programme de Marine Le Pen il faut toujours en revenir à l'original il y avait un chapitre entier qui était lié à la protection des animaux c'était d'ailleurs beaucoup plus qu'aucun autre parti aucun autre candidat ne l'avait fait hormis que les écolos justement aucune violence je cite aucune violence aucun acte de cruauté aucune angoisse ne doit être infligé aux animaux de manière gratuite comment vous vérifieriez et est-ce que franchement vous pensez qu'aujourd'hui les agriculteurs vous suivraient là-dessus ?
Mais les agriculteurs sont parfaitement prêts à faire l'ensemble de ces efforts et ils sont précisément prêts à faire l'ensemble de ces efforts s'ils ont en phase des responsables politiques qui viennent leur dire qu'à partir de maintenant on n'ira pas jusqu'en Nouvelle-Zélande à 18 000 kilomètres pour faire venir de la viande ou pour faire venir de la poudre de lait qu'on peut trouver à côté de chez soi c'est ce paradoxe qu'ils ne comprennent pas et ils ne comprennent pas d'être surcontrôlés on envoie l'office français de la biodiversité on envoie les français doivent le savoir des gens armés aujourd'hui sur les exploitations agricoles pour contrôler les agriculteurs comme si les agriculteurs étaient des voyous ou des délinquants
J'imagine qu'ils sont armés pas pour mettre en joue l'agriculteur mais parce qu'on le sait bien et on s'en souvient il y a des terribles faits divers où parfois des agriculteurs à cran s'en étaient pris aux contrôleurs
Oui, d'accord Laissons-les vivre Il ne faut pas non plus laisser entendre
qu'ils arrivent avec la fide-off
Non mais d'accord Mais dans le même temps il y a un agriculteur sur deux qui se suicide tous les deux jours et c'est un drame Tout à fait Mais vous ne pouvez pas non plus Laissons-les vivre Laissons-les respirer Simplifions au maximum de ce que nous pouvons simplifier les normes Qu'il y ait des contrôles il doit y en avoir Moi je souhaite que les contrôles soient faits par des agences sanitaires françaises et non pas par des agences sanitaires européennes dans laquelle je n'ai pas grande confiance et beaucoup de nos agriculteurs n'ont plus Donc on peut respecter la condition animale on peut respecter le bien-être animal mais tout ça peut se faire sereinement, calmement dans le cadre du marché commun et en développant les circuits courts et non pas en allant chercher des bêtes à 18 000 km d'ici dans des conditions qui ne respectent aucune des normes
Vous êtes toujours pour l'interdiction d'ailleurs de l'abattage rituel quel que soit le rythme
Je suis Oui, enfin moi je suis favorable à l'étourdissement préalable Je pense qu'on doit mettre en place aujourd'hui Ça veut dire qu'il faudrait
l'interdiction du halal, du cachère en France
Non, il faut rendre l'étourdissement obligatoire l'étourdissement préalable obligatoire pour la viande qui est abattue sur le feu français Évidemment on pourra importer on pourra importer des produits Mais il n'y aura plus aucun produit
viande française pour le halal ou pour le cachère
On demandera par respect pour la dignité animale et pour la condition animale un étourdissement préalable ça se fera dans une discussion Est-ce que là aussi
il n'y a pas une petite forme d'hypocrisie C'est-à-dire que là
vous êtes pour l'importation Ça sera dans une discussion
Vous savez que la question des cultes c'est une question très particulière Ça se fait dans beaucoup de pays européens Ça se fait notamment en Belgique Mais je pense qu'il ne faut pas opposer respect
Donc les Belges peuvent le faire Et nous on peut la manger en France Mais on ne peut que l'importer Non mais il y a une forme quand même d'hypocrisie
Vous m'interrogez Je vous réponds Je suis très soucieux de la dignité animale
En France mais pas en Belgique On peut la consommer quoi
Mais en Belgique la Belgique précisément demande l'étourdissement préalable C'est précisément ce que nous proposons
C'est simplement une distinction de normes Exactement ce que vous disiez tout à l'heure c'est-à-dire le refus habituellement d'importer une viande qui ne respecterait pas les mêmes normes que celles qu'on impose en France Là en l'occurrence vous feriez une exception pour la viande rituelle
Il y a un attachement chez certains qui pratiquent une religion à consommer de la nourriture halale ou cachère Moi je souhaite l'étourdissement préalable pour la viande qui sera abattue sur le sol français Là encore ça fera l'objet d'une discussion avec les cultes mais je crois que Pardon on ne va pas réduire le problème de l'agriculture aujourd'hui Non pas du tout Mais c'est intéressant quand même puisque c'est la question d'importation par importation et la question des agriculteurs et des producteurs Bien sûr et je vous réponds Il ne reste pas moi aujourd'hui que notre agriculture est en danger de vie ou de mort et que tout ce que pourra faire le gouvernement français résoudra 10% du problème Alors revenons quand même aux annonces justement Parce que 90% du problème se situe à Bruxelles Bruxelles décide et ce sont les français qui subissent et précisément moi j'appelle l'ensemble des français à utiliser les élections européennes ça tombe bien c'est dans 5 mois pour se faire entendre et envoyer à Bruxelles et à Strasbourg un maximum de députés européens patriotes qui défendront l'intérêt de la nation et de notre souveraineté
Gabriel Attal a donc été devant les agriculteurs il a dit depuis qu'il reconnaissait ne pas avoir répondu à toutes les revendications mais il y a quelques points qui ont été accordés l'annulation de la hausse sur la taxe GNR d'accord ? Pas d'accord ?
D'accord nous le réclamons depuis plusieurs mois et nous avons été le seul groupe à l'Assemblée nationale d'ailleurs je vous rappelle que sur le vote sur la motion de censure à la suite du 49 fois sur le budget nous avons été le seul groupe à mettre précisément cette mesure dans la balance donc évidemment que ça va dans le bon sens
sanctions plus lourdes à l'égard des entreprises qui ne respectent pas la loi EGalim d'accord ? Pas d'accord ?
Bien sûr
Une aide d'urgence 50 millions pour la filière
Je vous arrête les mesures qui ont été annoncées sont des mesures qui vont dans le bon sens
Vous auriez dit d'accord pour toutes quoi ? Mais c'est des mesures
que nous proposons donc c'est pas parce que c'est Gabriel Attal que je vais vous dire que je suis en désaccord avec lui mais qu'il aille devant les institutions européennes et qu'il aille dire à la présidente
Le ministre de l'Agriculture a rendez-vous à Bruxelles demain pour tenter d'assouplir l'arrêt sur les achères
Je ne suis pas certain que le ministre de l'Agriculture ait énormément de poids probablement le président de la République et de sa responsabilité aujourd'hui que d'aller devant les institutions européennes d'aller devant Madame van der Leyen et de lui dire qu'à partir de maintenant il entend faire respecter les intérêts français et que tant que l'Allemagne dans l'ensemble des accords de libre-échange qui sont négociés fera peser de tout son poids pour qu'elle puisse continuer à exporter des voitures allemandes au détriment de l'agriculture française et bien Emmanuel Macron fera la chaise vide Voilà c'est ça défendre les intérêts français
Il a abandonné pour vous les agriculteurs Emmanuel Macron il fait la chaise vide il n'est pas
Mais comme monsieur Attal puisqu'il signe précisément depuis 7 ans toutes les mesures qui conduisent aujourd'hui nos agriculteurs à descendre dans les rues enfin on ne peut pas les défausser de leurs responsabilités ils sont responsables de cette situation là et moi je viens dire qu'en changeant la politique on peut faire différemment et je n'entends pas laisser sacrifier l'agriculture française au détriment des intérêts allemands
Jordan Bardella la grande distribution tente semble-t-il de contourner la loi et notamment la loi Egalim en déplaçant les négociations commerciales hors de France avec des centrales d'achat à l'étranger parfaitement en Pologne au Portugal en Belgique est-ce qu'il faut interdire à nos entreprises de grandes distributions françaises de vendre des produits qu'elles auraient négociés autour de la France ?
Je crois qu'il faut mieux contrôler dans un premier temps parce que le problème aujourd'hui n'est pas qu'il manque une loi c'est que la loi n'est pas appliquée et quand on vient dire on a détecté trois industriels qui ne respectent pas la loi Egalim c'est qu'il y en a en réalité plusieurs et que le gouvernement est parfaitement au fait de cela donc le principe de la loi Egalim qui visait une meilleure redistribution de la marge notamment pour les agricultures allait incontestablement dans le bon sens mais force est de constater que cette loi n'a pas été respectée qu'elle n'a pas été appliquée et qu'on laisse en réalité au marché la capacité de fixer le prix de production qui généralement va très peu dans la poche des agriculteurs donc l'État doit être arbitre l'État doit contrôler et une fois qu'on aura fait ces contrôles on pourra se poser et discuter sereinement de l'efficacité de cette loi
Gabriel Attal prononcera donc demain sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale qu'est-ce que vous en attendez ?
J'attends qu'il renonce au pacte vert qu'il annonce que la France fera d'abord primer ses intérêts
le Green Deal comme on dit qui a donc été décidé par l'Union Européenne bien sûr qui est le bras armé
de l'écologie punitive à la stratégie de la ferme à la fourchette qui prévoit précisément la mort de notre agriculture dans les dix prochaines années il y a un agriculteur
il n'existe pas la mort de l'agriculture il faut quand même traduire ils disent effectivement une forme de décroissance pour l'agriculture
exactement et bien moi je suis en désaccord avec cela et je pense précisément que M. Attal et M.
Macron seront jugés dans les prochains mois sur leur capacité à défendre notre souveraineté et si on s'en tient et si on s'en tient c'est en tout cas l'urgence du moment on pourrait aussi parler des droits de succession il y a un agriculteur sur deux qui arrive en retraite dans les dix prochaines années la fiscalité aujourd'hui assommante est devenue un mur je pense qu'il faut libérer les agriculteurs des droits de succession tous quelque soit grosse exploitation petite exploitation oui à la condition qu'ils s'engagent précisément à conserver l'exploitation agricole durant dix ans notre modèle est aujourd'hui en danger on peut le sauver mais il faut en avoir la volonté politique et je dis aux français qu'on ne réglera pas je dis aux français qu'on ne réglera pas les problèmes du pays avec ceux qui les ont créés
vous avez beaucoup critiqué et pointé du doigt la FNSEA ces derniers jours est-ce que c'est encore un interlocuteur crédible
je n'ai absolument rien dit s'agissant de la de la FNSEA c'était le cas de Marie Le Pen
elle a critiqué la position de la FNSEA lors de ses voeux
moi je en tout cas la FNSEA sans doute pour des raisons législables la FNSEA en tout cas ce matin appelle à poursuivre la mobilisation tous seront des interlocuteurs la coordination rurale la FNSEA les jeunes agriculteurs tous seront parce qu'on est tous dans le même bateau on se bat tous pour la même cause la survie de l'agriculture française et la défense de notre souveraineté alimentaire
Jusqu'à quand ? Jusqu'à quand les soutiendrez-vous ? Le leader des jeunes agriculteurs ce matin disait qu'il nous envisageait un siège jusqu'à au minimum la fin de la semaine mais lui-même reconnaissait ne pas maîtriser tout à fait ces choses
Je défendrai toujours nos agriculteurs et notre agriculture J'ai une ligne rouge ce sont les violences Or aujourd'hui les agriculteurs ne sont pas dans cette logique contrairement à d'autres mobilisations qu'on a pu connaître par le passé je ne crois pas qu'ils aient l'intention contrairement à ce qu'on a pu lire à droite ou à gauche de s'en prendre aux bâtiments publics ou aux forces de l'ordre et en tout cas ils se battent pour leur survie et ils se battent dans un dernier combat pour ces 10 ans qui vont déterminer probablement ce que deviendra la puissance française dans le XXIe siècle
Vous pourriez déposer une motion de censure après le discours de politique générale de Gabriel Attal ? Oui bien sûr
mais d'abord je ne vais pas censurer a priori je suis un démocrate par conséquent j'écouterai Gabriel Attal et le Rassemblement National se décidera à l'issue en tout cas il y a des urgences aujourd'hui le pouvoir d'achat la défense de notre souveraineté agricole la sécurité et l'immigration ces sujets-là sont hors de contrôle aujourd'hui
Jordan Bardella
je vous en prie
la décision du Conseil constitutionnel qui a donc censuré une grande partie de la loi immigration que vous aviez votée dont vous aviez estimé que c'était une victoire idéologique est-ce que vous reconnaissez la décision du Conseil constitutionnel ?
Je la reconnais parce que je suis républicain mais je considère que les juges ne font plus du droit mais de la politique et que lorsque on considère par exemple que le durcissement des prestations sociales des conditions de versement des prestations sociales versées aux étrangers ne relève pas on appelle ça un cavalier législatif en gros ne relève pas de la loi immigration on ne fait plus du droit on fait de la politique et lorsque j'entends le président du Conseil constitutionnel sortir de sa réserve donner une interview à vos confrères de France Inter et en somme faire de la politique il sort de l'esprit des institutions et il viole précisément la mission qui est la sienne et être celle du garant des institutions
quand on est le président
de l'autorité suprême en France et qu'on fait de la politique on sort de son rôle on sort de sa réserve c'est extrêmement grave et moi je souhaiterais effectivement que le Conseil constitutionnel se charge comme c'est précisément son rôle et comme c'était créé dans la Constitution de s'assurer du bon fonctionnement de l'État et de ne pas faire de politique
ça veut dire dans ces cas-là qu'il faudrait sortir Laurent Fabius du Conseil constitutionnel
en tout cas je trouve que il a commis une faute lourde en sortant de sa réserve et cette décision vient confirmer que le seul moyen pour permettre aux Français de reprendre le contrôle de l'immigration c'est encore une fois le référendum et la révision constitutionnelle que nous prenons et je note que sur ce sujet comme sur le sujet de l'agriculture les analyses qu'ont fait le Rassemblement national depuis de longues années se sont avérées justes
Jordan Bardella président du Rassemblement national tête de liste RN pour les élections européennes et de l'agriculture
Jordan Bardella