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interviewRMC — Face à Face· 24 mars 2021 25 min

L'invité de Bourdin Direct : Gérald Darmanin - 24/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Gérald Darmanin

Jean-Jacques Bourdin. Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Conseil de défense sanitaire tout à l'heure. Combien de départements vont-ils être ajoutés à la liste des 16 départements déjà soumis à des restrictions sanitaires ? Je ne sais pas. De nouveaux départements ? Je ne sais pas.

0:28
Présentateur

Vous ne savez pas ? On a un conseil de défense. Dans ce conseil de défense, on en discute. Oui. Éclairé par les avis de chacun.

0:34
Gérald Darmanin

Parce que les chiffres sont inquiétants dans de nouveaux départements.

0:39
Présentateur

On s'aperçoit et chacun le voit. Chacun le voit par ses amis, par ses proches. Le lit dans la presse locale, évidemment, le voit à la télévision. Chacun voit que le Covid prend de nouveau une sorte d'expansion. Et c'est très inquiétant. Moi, je vois à Tourcoing, par exemple, tous les jours, les médecins relaient le fait qu'il n'y a plus de lit de réanimation de libre. Et donc ça, ça nous inquiète tous collectivement, en effet.

1:02
Gérald Darmanin

Freiner sans un fermé, c'était le slogan de la semaine dernière. Le nouveau, c'est « dedans, avec les miens et dehors en citoyen ». Week-end de Pâques. Est-ce qu'il y aura un allégement des mesures de restriction pendant le week-end de Pâques ?

1:17
Présentateur

Non, en tout cas, pas dans les départements concernés. Les offices religieux pourront se tenir. Dans les horaires qui sont prévus avant le couvre-feu, donc avant 19h, le Premier ministre a eu l'occasion de préciser ce matin que dans les églises, notamment, on devait avoir évidemment deux chaises entre deux entités familiales, entre deux personnes pour éviter les contaminations. Mais ces offices religieux peuvent se tenir, c'est une bonne chose. Et on encourage les citoyens, nos compatriotes, à ne pas se regrouper pour ces week-ends, malheureusement, pendant quelques jours qui viennent. Parce que cette lutte contre le Covid, chacun en a une petite victoire au bout de son comportement.

Les repas familiaux, comment devront-ils se dérouler ? Il faut les limiter, il faut que ça reste dans la stricte intimité familiale de la maison, de l'appartement, et ne pas recevoir ses amis, ne pas recevoir sa famille, ne pas se déplacer. Je sais que c'est particulièrement frustrant, particulièrement fatigant, particulièrement triste, pour une grande partie des familles françaises, notamment des grands-parents.

2:16
Gérald Darmanin

Donc impossible de partir en week-end, impossible de partir en week-end, si je suis dans l'un des 16 départements concernés par les restrictions actuelles.

2:23
Présentateur

Ce n'est pas un motif impérior ou professionnel. On a encore devant nous plusieurs semaines de difficiles, chacun le sait. Par ailleurs, la vaccination prend de l'essor. Et ça, c'est un point très important. La lumière, elle est au bout du tunnel. Mais on sait tous, et on a vécu la même chose l'année dernière, et tous les pays vivent la même chose, tous les pays européens vivent la même chose, tous nos voisins vivent la même chose. On a plusieurs semaines encore difficiles. Et nous devons absolument, par nos comportements, éviter la propagation du virus, parce que ce virus, il tue. Et il tue tous les jours.

2:56
Gérald Darmanin

Le comportement, vous en parlez, le carnaval clandestin organisé à Marseille, des responsables poursuivis ? Oui. Quels responsables ? Les responsables ? Les organisateurs de cette manifestation ?

3:07
Présentateur

Oui. Sous l'autorité du procureur de la République, en ce moment même, il y a eu une enquête. Évidemment, les services policiers sont à ses ordres pour identifier ces responsables. Et j'espère pouvoir les faire poursuivre par l'action publique du procureur de la République, parce que cette responsabilité, elle est immense. Et puis par ailleurs, il y a eu, dans ce carnaval, je mets des guillemets, assez funeste, dont nous espérons tous qu'il n'aura pas été un lieu de contamination accéléré. On n'en sait rien pour l'instant. Il y a eu des interpellations, non, on n'en sait rien. Il y a eu de nombreuses interpellations.

Il y a des gens qui, aujourd'hui, sont en privation de liberté, en attendant des comparutions immédiates qui vont arriver aujourd'hui. Et puis des verbalisations. Et moi, je voudrais dire à quel point j'ai été choqué, comme tous les Français, par ces images. Et je voudrais remercier les policiers. Parce que vous savez, les policiers, les gendarmes, tous les jours, ils sont sur le terrain. Ils essayent de faire des contrôles pédagogiques, de protéger nos concitoyens. Et ils sont eux-mêmes touchés par le Covid. Je vais revenir aussi. Il y a un gardien de la paix, j'ai appris ça hier, par exemple, qui est décédé du Covid. Je pense à sa famille.

Et je pense que tous ces comportements, comme ce carnaval, sont irresponsables. Et chacun doit, alors qu'on a tous envie de revivre comme avant, être responsable.

4:15
Gérald Darmanin

Est-il vrai que vous êtes opposé à la mise en place d'attestations obligatoires de sortie dans le périmètre de 10 kilomètres ? C'est vrai ou pas ?

4:23
Présentateur

Non, ce n'est pas vrai. J'ai lu cela. Ils sont là. C'est faux. On dit beaucoup de choses. Moi, j'accompagne toutes les décisions prises par le Premier ministre et par le gouvernement. L'attestation a été simplifiée. C'est une bonne chose. Ce week-end a surtout été un week-end de pédagogie par les forces de l'ordre. Je les en remercie. J'ai demandé aux préfets, notamment dans les 16 départements concernés, pédagogie dans la journée, fermeté après 19h pour le couvre-feu. Ce qu'ils arrivent à faire et je les en remercie. Et désormais, il y a eu 50 000 contrôles ce week-end. Il y a eu quand même 50 000 contrôles ce week-end. Il y a eu 6 500 verbalisations par les forces de police.

Mais dans la journée, il faut évidemment beaucoup de pédagogie. Et il a fallu, effectivement, s'adapter à cette nouvelle attestation qui est très simplifiée. À plus de 10 km, on a une attestation. À moins de 10 km, on a une injustificative de domicile. Quand on va chercher son pain, quand on va au marché, quand on va chercher ses enfants à l'école, quand on va se promener, parce que vous avez vu qu'il n'y a plus d'horaire désormais qui est limité, on a besoin juste de sa carte d'identité ou d'un justificatif de domicile. Ça aide tout le monde à comprendre ses règles.

5:26
Gérald Darmanin

Oui, si je travaille à plus de 10 km, j'ai besoin d'un justificatif de mon employeur. Si je n'ai pas d'employeur, je remplis moi-même une attestation. C'est cela. C'est comme ça que ça fonctionne. Trajet entre domicile-école, même chose. Si je suis étudiant, je demande à mon université une attestation. C'est bien cela ? C'est ça.

5:45
Présentateur

On doit avoir au maximum la justificative de ses déplacements. De ses déplacements.

5:50
Gérald Darmanin

Le problème, c'est que je peux aller à Madrid, mais je ne peux pas sortir de ma région.

5:56
Présentateur

Oui, on en discute aujourd'hui avec le cabinet du Premier ministre, avec le ministère de l'Intérieur et le ministère des Transports. On doit garder des motifs impérieux pour un certain nombre de personnes, notamment professionnelles. Et on ne doit pas pouvoir, en tout cas moi je le pense, faire des déplacements internationaux. En effet. Est-ce qu'on va limiter les déplacements internationaux ? Nous l'étudierons notamment ce matin dans ce conseil de défense. Il faut à la fois prendre en compte les motifs professionnels, les motifs étudiantins, les motifs impérieux de famille.

Parfois on se rend dans un pays étranger, notamment pour des raisons de défunt, notamment pour des raisons d'accompagnement d'une famille. Et donc il faut qu'on puisse, là encore, pouvoir réglementer les choses pour éviter ces déplacements. Moi je dis aux Français que sur les quelques jours, les quelques semaines qui viennent, nous avons encore un effort, un petit effort à faire. Et je sais qu'il est difficile.

Vous savez, les gens qui vivent dans des petits appartements, dans des petites maisons avec de nombreux enfants, qui n'ont pas vu leurs parents ou leurs grands-parents depuis très longtemps, qui se posent la question de savoir quand est-ce qu'ils vont retrouver cette chaleur familiale qui est indispensable pour chacun d'entre nous. Je comprends leurs difficultés, je comprends l'énervement, je comprends les étudiants qui ne connaissent pas la vie étudiante que nous avons connue, qui ne connaissent pas la faculté telle que nous l'avons connue, qui ne peuvent pas travailler, trouver de stage.

Mais c'est une question de vie ou de mort pour la plupart de nos concitoyens, de ne pas propager ce virus. Et donc quelques semaines d'efforts, et nous l'espérons, et nous le savons, la vie redeviendra comme avant.

7:19
Gérald Darmanin

Oui, mais Gérald Darmanin, est-ce qu'il n'y a pas un peu d'infantilisation, quand même, de notre société, franchement, des citoyens français ? Avec ces histoires d'attestations, avec ces... Franchement, franchement, on ne peut pas faire confiance ? On ne peut pas faire confiance aux Français ?

7:35
Présentateur

Mais moi, je comprends ce que vous dites, et on peut toujours faire confiance, évidemment, à nos concitoyens. Vous ne faites pas confiance aux Français ? Mais si nous faisons confiance aux Français, mais en même temps, M. Bourdin, regardez ce qui s'est passé à Marseille. Est-ce que vous trouvez...

7:46
Gérald Darmanin

Ce n'est pas une attestation qui empêchera 6 000 personnes, ou moins, ou 4 000 ?

7:50
Présentateur

En l'occurrence, on est d'accord qu'à Marseille, il n'y avait pas les mesures prises pour leur restriction avec cette attestation. Mais regardez, quand même, plus de 6 000 personnes, spontanément, qui se regroupent, et qui se contaminent les uns des autres, avec des familles. Voilà, franchement, on peut considérer tous que ça ruine le travail. Des soignants, dont je ne rappelle qu'une partie d'entre eux, quand même, sont morts à l'hôpital. Des policiers, des gendarmes, des agents du service public, qui sont contaminés lorsqu'ils font ces contrôles.

Et vous savez, quand on est à la chance d'être bien portant et jeune, même si le Covid touche évidemment les plus jeunes d'entre nous, il touche d'abord les plus fragiles, d'abord les personnes âgées, les personnes qui ont des comorbidités, des personnes qui ont déjà des difficultés d'espérance de vie. C'est un geste égoïste que de vivre en se foutant des autres. Voilà, donc je pense qu'il faut à la fois un bon équilibre entre la nécessaire gravité, et donc l'attestation, et donc les mesures, et en même temps la liberté d'échelle à nos concitoyens. Ce que nous avons fait, nous ne limitons plus dans le temps la sortie du dehors.

C'est quand même une avancée considérable de dire désormais on a le droit à autant de temps que l'on veut, dans la mesure de 19 heures, dehors.

8:58
Gérald Darmanin

Heureusement, heureusement que vous avez changé cette attestation calamiteuse de samedi dernier.

9:02
Présentateur

Mais que font nos voisins autour de nous ? Nos voisins autour de nous, si je regarde, ils vaccinent un peu moins que nous. Ils ont fermé les écoles ? Enfin, tout dépend des voisins. Si je prends par exemple l'Italie, si je prends l'Espagne, si je prends l'Allemagne. Si je regarde, M. Bourdin, les écoles, ça fait des semaines, parfois des mois, que l'école est fermée chez quasiment tous nos voisins. La France est le pays qui a laissé ces écoles ouvertes. Je crois qu'à la fois pour les parents, bien évidemment, pour le monde du travail, mais pour les enfants, c'est une victoire éducative extraordinaire. Et je remercie les enseignants. Regardons, M.

Bourdin, le soutien économique que nous apportons au commerce et aux entreprises de France. Je sais qu'elle souffre. Mais le chômage partiel est payé. Les commerçants ont des aides tous les jours. Il n'y a pas eu aujourd'hui les grandes faillites que nous connaissons dans d'autres pays à l'étranger. Alors oui, nous ne faisons pas tout bien. Bien sûr qu'on peut améliorer la communication, éviter plus l'infantilisation, ne pas trouver des mots blessants. On peut toujours faire mieux, et moi le premier. Mais regardez ce que fait la France. Soutien économique dont beaucoup, quasiment tout le monde, nous envie l'action économique.

Soutien, je voudrais le dire, à un point extrêmement important, éducatif. Les écoles sont restées ouvertes quand tous nos voisins les fermés. Et une vaccination qui pourrait toujours aller plus vite, évidemment, mais qui est supérieure à celle de nos voisins. 12% de la population majeure a été vaccinée, première dose, en France.

10:24
Gérald Darmanin

Un mot quand même sur ce qui s'est passé samedi, parce que je tiens, et nous tenons à la transparence, Gérald Darmanin, colère d'Emmanuel Macron lorsqu'il a découvert ce fameux formulaire d'attestation. Qui est à l'origine de l'attestation d'ailleurs ? Qui l'a rédigé ?

10:39
Présentateur

C'est l'ensemble du gouvernement. Moi je prends ma part également de responsabilité. Vous saviez ? Vous l'avez découverte samedi ? Jeudi, le Premier ministre a annoncé des mesures d'urgence. Vendredi, le décret a été publié. Et il fallait bien que des gens dans la nuit, de vendredi à samedi, écrivent une attestation. Donc nous aurions dû tous regarder les choses sans doute bien en amont. Dès 9h du matin, les modifications sont en cours d'être apportées. Et les contrôles qui ont été faits, moi je le dis à tous les Français, j'ai moi-même appelé les 16 préfets qui étaient concernés, étaient des contrôles pédagogiques. Et dans l'après-midi... Vous n'avez pas sanctionné ? Et dans l'après-midi...

11:13
Gérald Darmanin

Compte tenu du texte, vous n'avez pas sanctionné samedi ?

11:16
Présentateur

De manière générale, dans le week-end, nous n'avons pas sanctionné, sauf quand manifestement, les gens étaient de mauvaise foi. Donc moi je donne des consignes de pédagogie. Et après, je le redis, dans des conditions d'extrême urgence, notre travail à tous, c'est d'expliquer à nos concitoyens, faire confiance à nos concitoyens que chacun des comportements peut empêcher la propagation de la maladie.

11:36
Gérald Darmanin

Gérald Darmanin, parlons de la vaccination. Quand vont ouvrir les 35 vaccinodromes annoncés ?

11:43
Présentateur

Alors dans les jours qui viennent, en ce qui concerne les pompiers qui sont sous l'autorité du ministre de l'Intérieur et des présidents de départements, je voudrais remercier. Nous allons ouvrir 38 vaccinodromes qui pourront... 38 ! 38 dans le mois d'avril qui arrive, dans les tout prochaines heures, tout prochains jours.

Chacun pourra, avec 25 000 sapeurs-pompiers et les associations qui font de la sécurité civile, vacciner jusqu'à 2 000 personnes par semaine dans ces vaccinodromes, ce qui fait plus de 500 000 vaccinations par semaine, rien que dans ces vaccinodromes dits pompiers, sécurité civile, et une centaine de lieux de vaccination mobiles, pour aller notamment dans les territoires les plus ruraux. Donc nous avons une grande mobilisation à la demande du président de la République qui correspond à l'arrivée des vaccins, et nous formons, je l'ai dit, plus de 25 000 pompiers pour qu'ils puissent le faire.

12:31
Gérald Darmanin

Alors, vous formez des pompiers, les pompiers vont donc pouvoir vacciner, et certains pompiers iront à la rencontre des personnes de plus de 75 ans qui sont isolées, qui n'ont pas de médecin référent, ou qui ne peuvent pas se rendre dans un centre de vaccination. C'est bien cela. Alors, ils le font déjà ? Ils le font déjà, mais là, ce sera généralisé. Ce sera généralisé. Bien. Mi-avril, fin avril, pourront être vaccinées les personnes ayant un métier exposé. C'est ce qu'a dit le président de la République. Alors, les enseignants, et les forces de l'ordre, et les policiers, et les gendarmes. J'ai lu les demandes des syndicats de policiers qui demandent à être vaccinés prioritairement.

Seront-ils vaccinés ?

13:11
Présentateur

Il faut être juste. Jusqu'à présent, nous avons réservé les vaccins aux personnes les plus sensibles, notamment les personnes très âgées, les personnes qui ont comorbidité. J'avais dit à l'époque, comme Jean-Michel Blanquer l'avait dit aux enseignants, il n'y a pas de filière métier, il n'y a que parage et pas de comorbidité. Un policier qui avait une comorbidité pouvait se faire vacciner à ce moment-là.

Le président de la République hier à Valenciennes a ouvert la voie qu'à la fin du mois d'avril, lorsque nous aurons les vaccins en nombre, on pourra faire des filières métiers particulièrement exposées, les enseignants, et il y aura, bien évidemment, les forces de l'ordre, les policiers et les gendarmes.

13:41
Gérald Darmanin

À la fin du mois d'avril, les policiers et les gendarmes seront vaccinés.

13:45
Présentateur

Ils pourront faire partie des métiers qui seront concernés. Parce qu'ils sont particulièrement exposés, je l'ai déjà dit. Quel que soit leur âge, Gérald Darmanin. Mais le ministère de l'Intérieur ne va pas porter particulièrement une mesure. Ce sera la même que pour tout le monde. Que pour les enseignants et que pour tous les métiers dits exposés. Donc le président de la République hier a effectivement évoqué les métiers exposés. Il y a les enseignants et il y a les forces de l'ordre.

14:09
Gérald Darmanin

Il y a les enseignants, il y a les forces de l'ordre, policiers et gendarmes. Parce que je regardais, rien que dans les Alpes-Maritimes, 30 policiers nationaux qui sont touchés par le vire. Il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup. Combien en France ? Est-ce que c'est le pourcentage ? Non. C'est un chiffre que je ne saurais pas vous donner.

14:27
Présentateur

Mais ce qui est certain, c'est qu'ils sont nombreux. Et je voudrais remercier d'ailleurs tous ceux qui travaillent, si je veux dire, avec des difficultés de pouvoir se dire qu'ils peuvent ramener le Covid chez eux. Moi, je voudrais vraiment remercier les policiers et les gendarmes pour leur abnégation, leur sens du service public et puis les collègues qui travaillent pour remplacer ceux qui sont aujourd'hui Covidés. Il y a des commissariats, je pense par exemple à Annières en ce moment même, où il y a des difficultés très fortes. On doit obliger, la préfecture de police réorganise le service. Et c'est le cas de tous les services du ministère de l'Intérieur.

J'ai leur donné des consignes encore hier de télétravail pour toutes les administrations qui peuvent le faire et aussi de dédoublement des services de commandement pour que si jamais il y a quelqu'un en responsabilité qui est Covidé, on connaisse le chef ou la chef qui peut le remplacer.

15:08
Gérald Darmanin

Jean Darmanin, est-ce que les élections régionales et départementales auront lieu les 13 et 20 juin ?

15:16
Présentateur

Alors aujourd'hui, le décret de convocation des électeurs est pris et la loi de la République prévoit qu'elles se tiennent les 13 et 20 juin. Le comité scientifique rend, et c'est la loi, elle a été votée cette disposition au 1er avril un rapport, c'est dans quelques jours, qui expliquera si nous pouvons, chacun se rappelle des élections municipales, M. Bourdin, nous pourrons tenir ou pas ces élections dans des conditions sanitaires. et le Premier ministre ce matin dans le Parisien a eu l'occasion de dire qu'une fois qu'on aura ce rapport, nous ferons une consultation des forces politiques et le Parlement, M. Bourdin, le Parlement prendra la décision. Qui décide ?

Les scientifiques ou les politiques ? C'est le Parlement qui décidera ? Non mais nous sommes éclairés par les scientifiques et c'est une disposition législative, ce sont les parlementaires qui pourront, s'ils le souhaitent, modifier les dates des élections régionales et départementales. Par un vote ? Par définition, les parlementaires votent ? Oui, par un vote, et pour changer les dates. Après une consultation de la vie médicale, on l'aura le 1er avril.

16:12
Gérald Darmanin

Vous l'aurez, vous l'aurez. Je ne peux pas vous dire que le Conseil scientifique va émettre des réserves. C'est ce que disait hier Arnaud Fontanet qui était à votre place. Vous êtes membre du Conseil scientifique.

16:21
Présentateur

Vous n'êtes plus renseigné avec le ministre de l'Intérieur, ce qui ne m'étonne pas de vous. Mais on verra bien. En tout cas, moi, je pense qu'il faut le faire calmement, il faut le faire évidemment en respectant les forces... Est-ce que vous êtes favorable au maintien des élections ? Les forces démocratiques, moi, je n'ai pas d'avis à donner... Mais pas d'avis ? Parce que je suis le ministre en charge de l'organisation des élections. Qu'est-ce qu'on dirait si, à votre plateau, je vous donnerais mon avis personnel sur ce point ? Ce qui est certain, c'est qu'ils veulent faire dans des conditions à la fois démocratiques. Ce qui est important, ce n'est pas tellement le vote que la campagne.

On sait, toutes les villes de France, tous les maires de France, et je les en remercie, savent organiser un vote dans des conditions sanitaires, me semble-t-il, acceptable. Même s'il y a un double vote, vous le savez, aujourd'hui. Départemental et régional. Oui, ce n'est pas plus dangereux que d'aller acheter son pain. Mais c'est la campagne électorale, M. Bourdin. C'est la campagne électorale. Mais indépendamment de ça, moi, je me rappelle des élections municipales. J'étais candidat à l'époque. Beaucoup de gens m'ont dit, mais pourquoi vous n'avez pas eu d'avis scientifique ? Pourquoi vous n'avez pas empêché de reporter des élections ?

Donc, il y a toujours une volonté dans ce pays, sans doute, de dire l'inverse de ce que souhaite faire, sans doute, un gouvernement. C'est normal, c'est l'avis démocratique. Le président de la République et le Premier ministre ont dit une chose claire. Rapport scientifique le 1er avril, prévu par la loi. Discussion avec les forces politiques dans les heures, dans les jours qui suivront. Et s'il y a modification des dates des élections, elle ne peut avoir lieu que par le Parlement, par un vote.

17:33
Gérald Darmanin

Le Parlement, d'autres pays ont réussi à organiser des élections. Je pense au Portugal, je pense aux Pays-Bas. Mais d'autres les ont reportées. L'Italie, l'Italie les a reportées. Si elles sont reportées à l'automne, ce qui est possible, Gérald Darmanin, est-ce qu'elles seront couplées à un éventuel référendum sur le climat ?

17:50
Présentateur

Non, mais là, vous partez assez loin, M. Bourdin. Je n'en sais rien. Aujourd'hui, l'état actuel du droit, c'est que le 13 et 20 juin, les Français seront appelés aux urnes pour voter pour les départementales et les régionales. J'ai pris un texte de loi avec Marlène Schiappa, qui a été adopté par le Parlement, avec ses dates, et j'ai convoqué, à la demande du président de la République, les électeurs, comme font tous les mises à l'intérieur, quelques semaines avant, pour le 13 et 20 juin. Et s'il y a modification, ce n'est pas la mise à l'intérieur qui décidera tout seul, ce n'est pas le gouvernement qui décidera tout seul, c'est le Parlement.

18:20
Gérald Darmanin

Gérald Darmanin, j'ai lu les déclarations d'Emmanuel Macron faites hier à la télévision. Il y aura des tentatives d'ingérence de la Turquie dans l'élection présidentielle française. C'est ce qu'a dit le président de la République. Pourquoi est-il si affirmatif ?

18:37
Présentateur

Parce que nous avons des informations, nous savons que des gouvernements, singulièrement le gouvernement turc, peuvent avoir des tentatives fortes d'ingérence politique. Comment ? Quelles ingérences ? Et au profit de qui ? Si religieuses. Je crois que l'alerte du président de la République pour dire que nous ne sommes pas naïfs est une alerte évidemment bienvenue. Évidemment bienvenue.

18:59
Gérald Darmanin

Vous avez aujourd'hui, je ne sais pas, des indices, des preuves montrant que le gouvernement turc veut influer sur la présidentielle française.

19:06
Présentateur

Nous avons en tout cas un certain nombre d'indices, très clairs, qui montrent que le gouvernement turc, ou ce qu'on pourrait appeler le nationalisme turc, pas toujours le fait que... Monsieur Erdogan ! pas toujours le fait que du gouvernement, souhaitent notamment s'ingérer dans les histoires françaises, et notamment, je voudrais dire, les histoires religieuses. Ah oui, je vais y revenir.

19:25
Gérald Darmanin

Mais sur le terrain politique, les deux sont souvent liés. Les deux sont souvent liés. Bon, sur le terrain politique, au profit de qui ? Influer comment sur la présidentielle ? Parce que là, le président de la République, il y aura des tentatives d'ingérence de la Turquie. C'est quand même clair et affirmatif.

19:39
Présentateur

Ben oui, il faut que la France soit souveraine, et que le peuple français choisisse librement ses représentants. Et on profite de qui ? On profite d'adversaires d'Emmanuel Macron ? Manifestement, vu les propos peu amènes que le président Erdogan a sur le gouvernement français, sur le président de la République lui-même, on se souvient du discours des Mureaux, et la façon dont le président de la République a été insulté, parfois menacé, parfois les intérêts français menacés, les inquiétudes, effectivement, sont fortes, et c'est pas en faveur d'Emmanuel Macron, c'est sûr.

20:06
Gérald Darmanin

Bien, la mairie de Strasbourg, la mairie de Strasbourg, majorité municipale Europe Écologie Les Verts, a voté une subvention de plus de 2,5 millions d'euros pour la construction d'une mosquée, la plus grande mosquée d'Europe. Dans le quartier de la Meno, quartier populaire de Strasbourg, 2,5 millions d'euros, c'est à peu près 10% du montant des travaux. Mosquée gérée par une fédération, justement, proche de la Turquie. Tiens, on retrouve la Turquie dans cette affaire. Vous avez demandé à la préfète de la région Grand Est de saisir la justice administrative. Pourquoi ?

20:40
Présentateur

D'abord, il faut que les Français comprennent. En France, on ne peut pas subventionner les cultes. Sauf en Alsace-Moselle, et dans quelques territoires ultramarins, du fait du Concordat. Sinon, les gens ne comprennent pas pourquoi. Ce qui est possible à Strasbourg n'est pas possible à Nantes ou à Lille. Mais, effectivement, nous avons vu cette délibération votée par le conseil municipal de Strasbourg. Et j'ai eu l'occasion de dire à la maire de Strasbourg, la préfète l'avait dit avant moi, et je me suis exprimé publiquement, que nous ne trouvions pas ça, pour le moins, amical avec les intérêts français. Pour ne pas dire plus. Pourquoi ?

Parce que cette fédération que vous évoquez, pro-turc, n'a pas voulu signer la charte des valeurs de la République, celle que nous avons évoquée avec le président de la République, n'a pas voulu condamner les condamnations contre l'apostat, contre l'homosexualité, contre l'égalité entre les femmes et les hommes, reconnaître que la République était laïque, que la loi de la République s'imposait évidemment sur la loi des églises ou la loi de Dieu. Et nous considérons, nous, que cette association, cette fédération, n'est plus capable d'être dans le monde représentatif de l'islam de France.

Et il y a particulièrement à Strasbourg, depuis longtemps, moi je suis allé à Strasbourg il y a quelques mois, j'en ai à la fois averti les élus locaux, ils pourraient en témoigner, et les services de la préfecture, des tentatives d'ingérence extrêmement fortes dans notre pays, de la part notamment de la Turquie. Et nous considérons qu'elle n'aurait pas dû, cette collectivité financée, d'ailleurs je crois que la région Grand Est ne le fera pas, je crois que la collectivité d'Alsace ne le fera pas, et j'en remercie de nous avoir écoutés, d'avoir écouté le ministère de l'Intérieur, financer une ingérence étrangère sur notre site.

Et la maire de Strasbourg explique que le préfet ne lui a rien dit. C'est ce qu'elle disait ce matin sur RMC. Écoutez, moi je sais que le président de la préfète lui a dit, et je sais que je l'ai eu hier au téléphone, M. Bourdin, Mme la maire de Strasbourg, et je lui dis très clairement que les services de renseignement, que nos informations, que les preuves que nous pouvons mettre à disposition montrent que cette association, dont M.

Bourdin, je voudrais rappeler ici, rappelons-nous, elle a été chercher de l'argent ailleurs, notamment au Qatar, par exemple, mais pas simplement, cette association a refusé, elle fait partie de ces fédérations qui ont refusé de signer avec les autres fédérations musulmanes le fait qu'en République, la République était laïque, que les femmes étaient l'égale des hommes. Cette fédération défend un islam politique. C'est clair. C'est du séparatisme identitaire. En tout cas, c'est une ingérence nationaliste, et nous considérons, nous, que nous ne pouvons plus traiter avec ces associations qui sont contre les valeurs de ce que nous pouvons... Donc, pas de subvention.

En tout cas, la collectivité locale est libre de le faire. Oui. Donc, qu'est-ce que nous avons fait, M. Bourdin ? Nous avons fait trois choses. La première, c'est que j'ai prévenu Mme la maire, en la rappelant, pour voir s'il n'y avait pas de quiproquos. Donc, je l'ai très clairement désormais informé de ce que le ministère de l'Intérieur pense de cette relation avec cette association. Deuxièmement, j'ai demandé à Mme la préfète de déférer l'acte devant le juge administratif. Le juge administratif jugera pour savoir si ces deux millions d'euros, M. Bourdin, deux millions d'euros, ces deux millions d'euros pouvaient continuer à être financés.

Et troisièmement, heureusement que la loi dite séparatisme arrive, parce que ça, ce ne sera plus possible demain grâce à la loi proposée par le président de la République. Demain, nous pourrons connaître bien en amont les financements étrangers sur notre sol, nous y opposer. C'est très important. Et puis, nous pourrons surtout, et ça, c'est un point très important, nous opposer à la vente de lieux cultuels à l'étranger, et notamment à des pays comme la Turquie.

24:04
Gérald Darmanin

Un dernier mot, c'est un auditeur qui m'a envoyé ce petit mail. Vous étiez au Portugal il y a quelques jours. Je crois savoir. Au Portugal, ils ont dépénalisé la consommation de toutes les drogues il y a 20 ans. On n'est toujours pas en France. On n'est toujours pas favorable à une dépénalisation du cannabis.

24:23
Présentateur

Ah non, parce que la drogue, c'est la mort. Ou une légalisation. Non, parce que moi, je pense à la dame qui a trois enfants, qui élève seule ses trois enfants, peut-être dans une barrage HLM de Tourcoing, et qui essaie de leur expliquer qu'à 14 ans, on ne fume pas du chichon parce qu'on est déscolarisés, parce qu'il y a des accidents de voiture, parce qu'on doit malheureusement payer sa dose, et qu'on a une dépendance extrêmement forte aux drogues dites douces. Mais aujourd'hui, M. Bourdin, ce serait totalement, de ma part, irresponsable, et j'allais dire un peu criminel, de décourager cette mère de famille très courageuse qui lutte pour mettre des interdits dans sa famille.

Et moi, je crois que profondément, c'est un débat de société très important, mais que la dépénalisation, c'est surtout faire baisser ses bras devant les trafics. Et il ne faut jamais baisser les bras devant les trafics.

25:05
Gérald Darmanin

Merci Gérald Darmanin d'être venu nous voir ce matin à 8h54, RMC BFM TV.