Le RN se prépare à une nouvelle dissolution - reportage #cdanslair 28.08.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le RN n'attend pas le 8 septembre pour se projeter dans l'après-Bayrou. M.Le Pen et J.Bardella ont convoqué une réunion et tentent d'imposer le scénario d'une dissolution. - C'est une question à laquelle aucun responsable du RN n'échappe. - Vous êtes prêts, s'il y a une dissolution? - Oui. - Bien sûr qu'on est prêts. - Evidemment qu'on est prêts.
Ca fait des années qu'on s'y prépare. - Depuis lundi et la chute annoncée du gouvernement de F.Bayrou, le RN n'a plus qu'une obsession.
C'est J.Bardella qui l'assume au journal de 20h. - J.Bardella: Je viens dire ce soir devant vous et nos compatriotes qu'il n'y a qu'une seule possibilité pour sortir de cette impasse politique dans laquelle nous sommes: revenir aux urnes, se rendre devant le peuple français.
Il faut qu'E.Macron entende ce blocage institutionnel qu'il a lui-même suscité et qu'il prononce soit la dissolution de l'Assemblée nationale, soit qu'il remette sa démission. - J.Bardella se verrait bien Premier ministre de cohabitation en cas de victoire après une nouvelle dissolution.
Il a su se rappeler au bon souvenir de ses électeurs pendant l'été. Montages vidéo sur les réseaux sociaux, une communication bien rodée dans une stratégie plus large de campagne permanente. En mai, nous l'avions suivi lors d'un de ses déplacements. - J.Bardella: Comment vas-tu depuis hier?
Monsieur le député... - Déjà, il détaillait Sa stratégie électorale: séduire les électeurs de droite en discréditant les dirigeants LR. - J.Bardella: La question, c'est celle de la sincérité de ces gens, qui ont appelé à voter E.Macron au 2d tour de la présidentielle.
Aujourd'hui, ils font des déclarations d'amour à Reconquête!, aux électeurs du RN pour se faire bien voir de ses militants. Quand ils sont en campagne interne ou en campagne électorale, ils parlent comme le RN, mais ils gouvernent comme les socialistes quand ils sont au pouvoir.
Mon ambition, c'est de convaincre les déçus des Républicains et de leur dire qu'une partie de leurs idées et de leurs convictions se trouvent aussi dans le projet de redressement du pays qu'on porte. - Mais quelle place pour M.Le Pen.
Inéligible depuis son procès, elle voit son poulain grandir. - M.Le Pen: Je ne suis pas sûre que Jordan, pour le coup, connaisse très bien les problématiques de la Nouvelle-Calédonie.
On partage nos talents, dirons-nous. - Le jour même, mise au point de la patronne sur les rôles de chacun. - M.Le Pen: Je considère qu'il a la stature pour être Premier ministre parce que c'est précisément la responsabilité que je compte lui confier.
Pour l'instant, je suis candidate à la présidentielle. Je crois savoir que Jordan a également indiqué qu'il soutiendrait bien entendu ce duo. - M.Le Pen continue à fixer le cap.
Lundi soir, une heure après l'annonce de F.Bayrou, c'est elle qui appelle clairement à une dissolution en se posant comme la seule opposante. ...
En juin dernier, un sondage avait placé le RN en tête des intentions de vote avec 32,5 % en cas de nouvelle dissolution. - C.Roux: Si on votait aujourd'hui, ils auraient la majorité? - C.Barbier: Tout dépend du fonctionnement du front républicain entre les 2 tours, après un 1er tour sans doute réussi du RN.
Ce qui s'est passé en juillet 2024, "tout sauf le RN", est-ce que ça se reproduirait? Je suis sceptique. Je pense que ça ferait un gros plus de députés pour le RN.
Passer de 138 à 289, ce n'est pas évident. Ils n'auront aucun autre allié. Ils doivent avoir 289. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Oui.
Ce n'est pas un poste électif. C'est un poste nominatif. S'il y a dissolution, je pense que ça change tout.
Elle va se représenter à Hénin-Beaumont. Elle va être déclarée inéligible. Elle ira au Conseil d'Etat, au Conseil constitutionnel...
Si l'inéligibilité est définitivement prononcée, elle ne peut plus être candidate à la présidentielle, donc J.Bardella devient candidat à la présidentielle. Pour ne pas s'user, il ne peut pas aller à Matignon. - C.Roux: M.Lazar, vous faisiez la liste de tous ceux qui n'avaient pas intérêt à la dissolution.
M.Le Pen et J.Bardella ont-ils intérêt à la dissolution? - M.Lazar: Manifestement, c'est leur stratégie, actuellement.
Ils jouent de la situation. Sinon, ils n'arrêteraient pas de le répéter sur tous les tons. Je crois qu'il y a vraiment une intention très forte parce qu'il y a ce climat social, ce niveau de défiance considérable à l'écart du Premier ministre et du président de la République.
Ils ont le vent en poupe. Il y a une dynamique politique très forte. J'ai un point de divergence avec vous, C.Barbier.
Je pense que le front républicain aura du mal à se reconstituer. Les rapports entre la gauche et LFI sont extraordinairement tendus. Etant donné tout ce qu'a fait LFI depuis quelque temps, même des électeurs centristes...
G.Attal avait quasiment appelé à voter pour LFI. Je pense que ça ne peut pas se reproduire.
Une partie de l'électorat de gauche ayant voté pour des candidats du centre et de la droite, ayant vu le choix d'E.Macron sur son Premier ministre, vous ne les reprendrez pas à jouer à ça une 2e fois. Il y a, semble-t-il, de la sensibilité au sein du RN.
La position traditionnelle de M.Le Pen, le peuple contre les élites, donc on ne parle pas droite-gauche...
La tentative Bardella est très inspirée par ce qui se passe en Italie, non pas de faire une alliance avec un parti, mais essayer de prendre des électeurs de droite qui se radicalisent aujourd'hui. Ils ont un point de faiblesse pour une éventuelle élection anticipée: l'abstention. Leur électorat aux dernières élections, en 2024, s'est diffusé dans quasiment toutes les catégories sociales.
L'ossature, c'est l'électorat populaire. Est-ce qu'il va se remobiliser? Ce n'est pas certain.
Ce sera leur grand problème. Je suis persuadé que s'il y a des élections, ils feront tout pour essayer de mobiliser leurs électeurs car ils savent que c'est leur talon d'Achille. - C.Roux: Visiblement, ils ont déjà commencé.
Il est l'heure de retrouver vos questions. Question. - N.Saint-Cricq: C'est une maladresse.
Ca a été un peu corrigé par le Medef. Effectivement, ce n'était peut-être pas très malin ou astucieux. - C.Roux: Ca a beaucoup heurté nos téléspectateurs, visiblement, comme Marcel. - N.Saint-Cricq: Tout vient de la responsabilité.
Il a laissé entendre que c'était une faute, avec un jugement moral...
C'est complètement idiot. Il se trouve que vous avez été à une période heureuse, même s'il y avait des choses pas heureuses...
Si vous voulez assurer la retraite de vos petits-enfants, il faut y aller. Ce n'est pas "vous êtes des grands méchants". - C.Roux: Question.
Sur ces sujets, on a systématiquement ces questions. F.Bayrou l'avait un peu anticipé dans ses vidéos sur YouTube.
Il avait lancé une mission pour passer au tamis les dépenses de l'Etat et les privilèges des politiques. On a toujours cette question. - F.Guinochet: Ca revient de plus en plus, et de plus en plus fortement.
C'est vrai que les Français sont peut-être prêts à faire des efforts dans une certaine mesure, mais il n'est pas question que ce ne soit pas égalitaire. Il n'est pas question, chez nous, qu'on ne fasse pas des efforts à due proportion de ce que l'on a et de ce qu'on a hérité. Ce mouvement s'oppose à un vrai sujet qui n'a pas été abordé: le travail ne paye plus comme avant.
Ca pose un sujet par rapport aux héritiers, aux boomers, quelque part, qui vont transmettre à ceux qui auront la chance d'avoir un héritage. Ceux qui vont travailler, qui vont s'épuiser au travail, ne pourront pas se constituer un capital de la même façon. On a des systèmes de génération où la génération suivante peut être déclassée.
C'est très fort. Ca se sent au niveau économique. C'est le sentiment du déclassement, sur lequel M.Le Pen et le RN
Jordan Bardella