Instant Porcher | "Macron n'est plus crédible" sur les retraites
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 3:17OuverteRéponse directe
Est-ce que le gouvernement craint les manifestations ?
- 5:11OuverteRéponse directe
Qu'espère le gouvernement quant à la mobilisation ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Est-ce que Macron, aujourd'hui, il est crédible sur la question des retraites ?
- 7:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que tu penses de cette nouvelle communication, ce nouvel argument ?
- 11:09OuverteRéponse directe
Est-ce que tu peux nous décrypter un peu cette proposition sur les salaires ?
- 13:30OuverteRéponse directe
Le programme économique du RN est-il un programme de justice sociale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09Locuteur 3Fait
« Tous les ministres nous ont dit qu'on a besoin de faire des économies sur les retraites parce qu'on doit financer l'éducation, la recherche et le développement de la transition énergétique, les éoliennes. »
- 0:14Locuteur 3Fait
« Rendez-vous compte de ce qu'on nous a dit, que c'était très injuste d'allonger l'âge de départ à la retraite, puis après il a rajouté l'âge pivot, puis après finalement il abandonne la retraite à point qu'il devait être plus juste que la retraite par répartition. »
- 0:20Locuteur 3Fait
« Maintenant il nous dit qu'il faut sauver le système de répartition en allongeant l'âge de départ à la retraite. »
- 0:24Locuteur 3Fait
« Et comme ça n'a pas fonctionné, que ça a fait un flop, maintenant on nous dit qu'on est obligé de faire la réforme pour sauver le système de répartition et pour plus de justice. »
- 1:23Locuteur 2Chiffre
« Un minimum contributif à hauteur de 85% du SMIC, soit à peu près 1200 euros bruts, valable pour les retraités actuels également pour une carrière complète. »
- 1:33Locuteur 2Fait
« Un dispositif carrière longue où ceux qui ont commencé à travailler à 14 ans pourront partir à 58, ceux à 16 ans pourront partir à 60 ans et ceux qui ont commencé à travailler à 18-19 ans partiront à taux plein à 62 ans. »
- 1:50Locuteur 2Fait
« Pour les personnes en invalidité, inaptitude, le départ est prévu à 62 ans et pour celles en situation de handicap, c'est 55 ans. »
- 1:56Locuteur 2Fait
« C'est également la fin des régimes spéciaux pour les nouveaux arrivants en ce qui concerne la RATP, l'énergie, mais pas pour les marins, l'Opéra de Paris, la Comédie française ou encore les professions libérales comme les avocats. »
- 3:22Locuteur 3Fait
« Le gouvernement craint fortement les manifestations. Et surtout, je pense que déjà, il y a pour la première fois tous les syndicats qui sont sur la même ligne. »
- 4:06Locuteur 3Fait
« Mais que derrière ça, il y a une colère anti-Macron et qu'on vient à peu près à ce qui s'est passé avec les gilets jaunes. »
- 6:27Locuteur 3Fait
« Il n'est pas crédible sur la question des retraites parce qu'il a toujours changé. »
- 6:31Locuteur 3Fait
« Il voulait une retraite à point. Où il nous a dit, et là, il l'a dit devant tout le monde en conférence de presse, que c'était très injuste d'allonger l'âge de départ à la retraite. »
- 6:53Locuteur 3Fait
« Et l'urgence de la réforme n'est pas justifiée puisque nous sommes en excédent. »
- 7:42Locuteur 3Fait
« Donc, on est loin d'une situation catastrophique ou de faillite, comme a dit Gabriel Attal. »
- 11:03Locuteur 2Chiffre
« Augmenter les salaires de 10% via les baisses de cotisations patronales. »
Temps de parole
- Locuteur 365 %
- Locuteur 233 %
- Locuteur 12 %
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Tous les ministres nous ont dit qu'on a besoin de faire des économies sur les retraites parce qu'on doit financer l'éducation, la recherche et le développement de la transition énergétique, les éoliennes. Rendez-vous compte de ce qu'on nous a dit, que c'était très injuste d'allonger l'âge de départ à la retraite, puis après il a rajouté l'âge pivot, puis après finalement il abandonne la retraite à point qu'il devait être plus juste que la retraite par répartition. Maintenant il nous dit qu'il faut sauver le système de répartition en allongeant l'âge de départ à la retraite.
Et comme ça n'a pas fonctionné, que ça a fait un flop, maintenant on nous dit qu'on est obligé de faire la réforme pour sauver le système de répartition et pour plus de justice.
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porcher c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas Porcher chaque semaine pour décrypter l'actualité car on le sait, les discours sont politiques et les comprendre est une véritable arme démocratique. Je vous le rappelle, le média ne dépend que de votre soutien, vos amendements et vos dons. Rendez-vous sur onarrive.lemédiatv.fr pour nous soutenir. Ce projet de télé libre et indépendante ne peut se faire sans vous.
Au programme aujourd'hui, ça y est, la réforme des retraites s'est enclenchée et le RN propose d'augmenter les salaires mais en diminuant les cotisations patronales. On décrypte tout ça, c'est l'Instant Porcher. Au menu, report de l'âge légal de départ à la retraite de 3 mois par an pour atteindre 64 ans en 2030. Il faudra cotiser 43 années comme le prévoit la réforme touraine mais dès 2027 au lieu de 2035 comme prévu. Un minimum contributif à hauteur de 85% du SMIC, soit à peu près 1200 euros bruts, valable pour les retraités actuels également pour une carrière complète.
Un dispositif carrière longue où ceux qui ont commencé à travailler à 14 ans pourront partir à 58, ceux à 16 ans pourront partir à 60 ans et ceux qui ont commencé à travailler à 18-19 ans partiront à taux plein à 62 ans. Pour les personnes en invalidité, inaptitude, le départ est prévu à 62 ans et pour celles en situation de handicap, c'est 55 ans. C'est également la fin des régimes spéciaux pour les nouveaux arrivants en ce qui concerne la RATP, l'énergie, mais pas pour les marins, l'Opéra de Paris, la Comédie française ou encore les professions libérales comme les avocats. Serions-nous irresponsables de ne pas faire cette réforme ?
Est-elle d'une urgence absolue, d'une incroyable nécessité ? Non, non, on vous explique tout sur les arguments économiques dans l'instant porché de la semaine passée. Je vous conseille aussi le replay de Toujours debout de mardi dernier, jour de l'annonce, où l'on décrypte en plateau tout cela quelques minutes après le discours d'Elizabeth Borne. Parlons stratégie, c'est une réforme qui va passer en projet de loi de finances de la sécurité sociale rectificative, donc avec un temps de débat réduit, car au bout de 20 jours, d'accord ou pas, cela sera envoyé au Sénat et au bout de 50 jours, cela sera adopté et au pire, il y a possibilité d'un 49-3.
Cela sera présenté en Conseil des ministres le 23 janvier et débattu en février pour une application en septembre. Vote ou pas vote, la majorité a su séduire les Républicains qui n'étaient pas sûrs de soutenir Macron sur ce coup-là. Le dispositif carrière longue ou le minimum qui s'applique au retraité actuel sont des mesures que demandait LR. Édouard Philippe, le fondateur d'Horizon, qui était aux manettes lors du premier essai de la réforme, soutiendra tout ce qui va dans le sens de plus de travail pour garantir plus de prospérité et plus de solidarité. La réforme est nécessaire et mieux vaut la faire vite que lentement, raconte l'ancien Premier ministre dans Le Point.
Dans la rue, un premier rendez-vous est donné le 19 janvier où toutes les organisations syndicales, une première depuis 12 ans, appellent à manifestations et grèves et promettent un mouvement qui s'inscrira dans la durée. Thomas, on va commencer par ça. Est-ce que le gouvernement craint les manifestations ?
Le gouvernement craint fortement les manifestations. Et surtout, je pense que déjà, il y a pour la première fois tous les syndicats qui sont sur la même ligne. Et ça, c'est une bonne chose. Même si les dernières grosses victoires des syndicats remontent à 95, on peut prendre aussi quand même le fait qu'ils aient gagné sur la retraite à points du premier quinquennat à Macron, même s'il y a eu quand même le Covid qui a joué aussi là-dessus. Mais qu'est-ce qu'ils craint vraiment ? C'est l'agrégation des colères. En fait, vous allez avoir les artisans qui vont manifester, alors plutôt plus pour leur facteur d'électricité.
Vous avez la plupart des Français qui sont pris à la gorge par le pouvoir d'achat. Donc il y a un ras-le-bol. Et en fait, c'est qu'il y a une colère qui s'oriente contre la réforme des retraites où la majorité des Français, on le voit dans les sondages, sont plutôt opposés à cette réforme. Mais que derrière ça, il y a une colère anti-Macron et qu'on vient à peu près à ce qui s'est passé avec les gilets jaunes. C'est-à-dire un mouvement qui est très difficilement contrôlable, où il n'y a pas d'interlocuteur et où Macron a reculé. Et il s'en souvient. Il a reculé. Il a mis en suspens ces réformes à ce moment-là et il a quand même infléchi un petit peu la contrainte budgétaire.
Donc c'est ça dont le gouvernement a peur. Et c'est pour ça que Macron, là, demande à ses ministres de se concentrer sur la réforme des retraites, d'éviter les effets de manche. On se souvient de M. Griveaux, à l'époque, qui était porte-parole du gouvernement, qui avait dit grosso modo que les gilets jaunes, c'était la France des fumeurs et de ceux qui roulaient en diesel. Ce qui avait été très mal accepté par les manifestants et par l'opposition politique. Et là, il demande aussi à ses ministres d'éviter les débats un petit peu trop compliqués. Moi, je devais, prévu depuis longtemps, avoir sur une chaîne un débat, moi et d'autres, face aux ministres du Travail.
Et finalement, au dernier moment, ils ont refusé de faire le débat. Donc je pense que là, il faut vraiment qu'il n'y ait pas de vagues. Parce que s'il y a des manifestations qui commencent à s'agrandir, s'agrandir et s'agrègent dans une colère contre Macron, il sait qu'il a perdu.
Qu'espère le gouvernement quant à la mobilisation ? Enfin, c'est quoi un peu la stratégie-là ?
Sa stratégie, en fait, c'est très simple. C'est qu'il sait que les gens sont pris à la gorge. Et donc, il sait que les gens qui vont manifester ou qui vont faire des jours de grève ne vont pas être payés. Et donc, il est quasiment persuadé qu'on ne pourrait pas retourner sur le scénario de 95. Le scénario de 95, c'est quand même un mois entier où il n'y a pas eu de transport. C'est ça, en fait, ce qui s'est passé. Le passage, ça a été ça. Et là, il sait que c'est difficilement tenable dans le contexte actuel. Parce que les gens ont un pouvoir d'achat qui ont chuté. Parce qu'on n'est pas dans le même 95, ça remonte à longtemps. On n'est pas dans les mêmes rapports au travail.
Aujourd'hui, il y a beaucoup moins de gens qui ont les mêmes statuts que les précédents à la SNCF, etc. Et donc, qui, eux, se sentent un peu moins concernés parce qu'ils sont déjà dans l'ubérisation. Donc, il parie là-dessus, en fait. Il parie sur la résignation des gens. Parce que, justement, ils sont pris à la gorge. Et sur le fait que ça ne pourrait pas durer dans la longueur. Mais il ne sait pas. Il ne sait pas.
Mais il fait ce pari là. Quand aujourd'hui, on est peu qualifié. Quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle. Quand on est soi-même en difficulté, qu'on a eu une carrière fracturée. Bon courage déjà pour arriver à 62 ans. Dans les 5 ans à venir, moi, je ne propose pas de décaler l'âge de départ à la retraite. Alors, on va dire, non, non, il faut maintenant aller à 64 ans. Vous ne savez déjà plus comment faire après 55 ans. Ce serait hypocrite.
Est-ce que Macron, aujourd'hui, il est crédible sur la question des retraites ?
Il n'est pas crédible sur la question des retraites parce qu'il a toujours changé. Il voulait une retraite à point. Où il nous a dit, et là, il l'a dit devant tout le monde en conférence de presse, que c'était très injuste d'allonger l'âge de départ à la retraite. Tout le monde a vu cette vidéo circuler où il dit ça. Puis après, il a rajouté l'âge pivot. Puis après, finalement, il abandonne la retraite à point qui devait être plus juste que la retraite par répartition. C'est ce qu'il nous disait, plus juste. Puis maintenant, il nous dit qu'il faut sauver le système de répartition en allongeant l'âge de départ à la retraite. Donc, il n'est pas crédible.
Et l'urgence de la réforme n'est pas justifiée puisque nous sommes en excédent. Alors que le corps prévoyait il y a 10 ans qu'on allait être en déficit. Ça, il faut le dire parce que le corps, ce n'est pas le Saint-Esprit non plus. Et que quand on regarde, en fait, finalement, la plupart des scénarios, vous regardez toutes les conventions confondues, etc., vous avez dans la moitié des cas des courbes qui se redressent naturellement. Vous savez, il y a beaucoup de gens qui disent oui, à partir du moment où il y a un déficit, ce n'est pas bien. On me reproche, moi, d'avoir dit que tout était OK quand il y avait un déficit. Mais si vous avez un déficit qui est déjà très faible, c'est OK.
Les critères de Maastricht, ils permettent un déficit à 3 %. Si vous avez un déficit à 1,5 %, il n'y a pas de souci. Et puis, les courbes se redressent. À partir du moment où vous avez un déficit qui se résorbe à un horizon, la situation va bien. D'accord ? Dans des conventions, vous regardez que vous avez 3 scénarios sur 4 où ça se redresse naturellement au bout de 10 ans. Et puis, vous avez sur l'ensemble des scénarios quasiment la moitié. Donc, on est loin d'une situation catastrophique ou de faillite, comme a dit Gabriel Attal. Donc, c'est très difficile pour le gouvernement de paraître crédible sur cette réforme.
Tant les scénarios ne sont pas horribles et tant il a changé de réforme concernant les retraites.
Mais c'est pour ça que le gouvernement change aussi de communication. Je crois qu'ils ont entendu un peu nos décryptages et remarques. parce que la communication, c'est l'argent des retraites servira qu'aux retraites. Parce qu'on n'arrêtait pas de dire, vous baissez les impôts des grandes entreprises, mais vous demandez aux Français de faire des économies sur les retraites. Là, ils disent, le nouveau truc, c'est que ça servira qu'aux retraites. Qu'est-ce que tu penses de cette nouvelle communication, ce nouvel argument ?
Ça aussi, c'est pour moi une des choses qui décrédibilise la réforme des retraites et qui devrait, aux yeux de tout le monde, même ceux qui ne sont pas des spécialistes, parce que c'est très dur de comprendre quand même le système de retraite français, et c'est quand même quelque chose d'assez compliqué. Pour ceux qui ne comprennent pas ça et qui ne veulent pas s'y pencher, parce que c'est un peu compliqué, ils devraient juste regarder la communication. Au départ, Macron et tous les ministres nous ont dit, on a besoin de faire des économies sur les retraites parce qu'on doit financer l'éducation, la recherche et le développement de la transition énergétique, les éoliennes.
Donc, rendez-vous compte de ce qu'on nous a dit, qu'il fallait qu'on ait un système de retraite qui soit excédentaire, qui dégage des profits, et c'est pour ça qu'il faut le réformer, pour financer des éoliennes. Ou de la recherche, c'est ce qu'on nous a dit au départ. Comme la communication n'était pas entendable, parce que finalement, on faisait des économies entre dépenses, plutôt qu'aller rechercher des recettes, on faisait des baisses d'impôts, d'impôts de production, enfin, il y a eu plus de 50 milliards de baisses d'impôts, avec des effets qu'on nous faisait hallucinants, que personne ne voit trop aujourd'hui. C'était ça au début.
Et comme ça n'a pas fonctionné, que ça a fait un flop, bon, ben maintenant, on nous dit, on est obligé de faire la réforme pour sauver le système de répartition, et pour plus de justice. Alors là, il faudra m'expliquer où est-ce qu'il y a de la justice. Moi, je ne la vois pas, puisqu'à un moment où vous décalez l'âge de départ à la retraite, tout le monde est impacté. Dans le système actuel, si j'allais au-delà de l'âge pivot, j'avais des surcotes, que je n'aurais plus maintenant. Et si je pars à l'âge d'aujourd'hui, j'aurais trois ans de décote. Donc, toutes les retraites vont diminuer. Et déjà, avec les anciennes réformes, elles diminuaient.
Donc, je veux dire, le vrai problème des retraites, c'est quoi aujourd'hui ? Le vrai problème des retraites, c'est quoi ? C'est qu'en fait, vous avez une génération, qui est ma génération et la tienne, qui va être une génération, soit qui a fait beaucoup d'études, dans ces trimestres. Et donc, il va déjà voir, on va dire, son taux de remplacement diminuer. Et en fait, on dit, c'est ça le problème, tout le monde est d'accord, et la réforme que l'on fait, c'est une réforme où on va décaler l'âge de départ à la retraite, ce qui va rendre la situation de ces gens-là, la nôtre, encore plus difficile, avec des taux de remplacement plus faibles, etc.
Macron n'est absolument pas crédible là-dessus, tant dans la communication que dans le fond, en réalité. Et c'est pour ça, et les Français le savent, c'est pour ça qu'ils sont majoritairement opposés à cette réforme.
Jeudi dernier a eu lieu la niche parlementaire du Rassemblement National à l'Assemblée. L'Ordre du jour à l'hémicycle. Et sur les cinq propositions de loi examinées, toutes ont été rejetées. Elles portaient sur l'uniforme à l'école, la proportionnelle, etc. La stratégie du Rassemblement National, c'est de ne pas parler d'immigration et copier-coller les propositions des autres groupes pour les faire voter avec eux et dire, regardez, ce parti vote une de nos propositions. Échec ! Alors maintenant, la stratégie, c'est de dire, regardez, tout le monde nous exclut, vous voyez, les Français nous vous représentent, et on s'est discuté, pas eux, la stratégie du vilain petit canard, quoi.
Parmi ces propositions, une nous a tapé dans l'œil, tant elle symbolise la stratégie et les compétences ou non du RN. Augmenter les salaires de 10% via les baisses de cotisations patronales. On rappelle que le parti des Le Pen avait voté contre l'augmentation du SMIC il y a quelques mois. Thomas, est-ce que tu peux nous décrypter un peu cette proposition
sur les salaires ? Alors ce qui est assez marrant, et là que tu l'as très bien dit, c'est que la seule constante qu'a finalement le Rassemblement National, c'est sur l'immigration. Et ils ne veulent pas en parler beaucoup, mais c'est là où ils sont le plus constant. Sur l'économie, ils ont du mal, finalement, à savoir où se positionner. Ils doivent être critiques de Macron, ils doivent être critiques de Macron, parce que sinon ce n'est pas une opposition, ou à part l'immigration, mais l'immigration ne paye pas. Ils arrivent à agréger aujourd'hui du vote ouvrier, etc., par des propositions aussi économiques, anti-mondialisation, etc. Mais ce qu'ils mettent dedans n'est jamais constant.
Donc, ils picorent à droite et à gauche, puis ils peuvent changer. Sorti de l'euro, pas sorti de l'euro, retraite à 60 ans, 61, on ne sait pas trop, enfin, voilà, remboursement de dette, par remboursement de dette, enfin, ça change constamment. Et là, ils nous sortent l'arme des cotisations patronales à baisser pour diminuer l'écart entre le brut et le net et pour satisfaire ce que vont penser les petits patrons. Alors, la première des choses, c'est que ça a déjà été fait. Il y a une grosse partie du CICE, du pacte de responsabilité, c'était ça. C'était sur les bas salaires, de baisser les charges pour nous rendre plus compétitifs. C'était ça. Donc, ça a déjà été fait.
Ça devait créer des millions d'emplois, ça n'a pas créé autant. On le sait aujourd'hui. La deuxième chose, c'est que ça a été fait aussi par Macron. Donc, ça a été fait par Hollande, Valls, Macron, ministre de l'économie, puis après par Macron, président, où il a supprimé deux lignes de cotisations salariales, notamment sur le chômage, qui a fait que les représentants des salariés ne pouvaient plus négocier à l'UNEDIC les prestations chômage et ce qui a fait qu'on a pu passer très facilement après la réforme de l'assurance chômage parce que les cotisations, quand on les retire, on retire aussi du salaire différé. Et là, ça a augmenté effectivement en partie le net par rapport au brut.
Ça n'a pas créé d'emploi. Les gens ont déjà oublié. Donc, eux, comme ils ne veulent pas augmenter le SMIC, ils font comme si on avait supprimé ces cotisations patronales et que ça allait faire augmenter le SMIC, alors qu'elles sont déjà sur les bas salaires. Il y a déjà des mesures qui font en sorte qu'elles sont minorées. Et en même temps, ils ne veulent pas augmenter le SMIC parce qu'augmenter le SMIC, c'est dire comme Mélenchon. Et puis, c'est empêcher le petit patron d'exploiter son salarié en lui donnant des bas salaires. Donc, il faut vraiment comprendre que sur l'économie, le Front National, enfin le Rassemblement National, c'est un dérivé de Macron.
Il n'y a pas de mesures très révolutionnaires. Et ces mesures ne sont pas du tout stables. Donc, on ne peut pas leur faire confiance, même si parfois, ils ont des mesures que certains peuvent juger convenables. On n'est pas sûr que dans trois ans, ce soit encore le cas parce qu'ils n'ont aucune structure là-dessus et ils changent constamment d'avis.
C'est un peu provocateur, mais c'est pour que tu nous dises. Le programme économique du RN est-il un programme de justice sociale comme l'avancée Marine Le Pen lors des présidentielles, voire de gauche, qu'on peut l'entendre dire parfois ? Parce qu'aujourd'hui, la majorité des ouvriers soit s'abstiennent,
soit votent Le Pen. À part les discours où on se veut anti-mondialisation, pour la sortie de la zone euro, des discours qui pourraient paraître proches, on va dire, de la souveraineté économique et de tout ce qui va avec, en dehors de ça, ce que l'on met dedans est très creux. Très, très creux. Et c'est souvent des mesures qui profiteraient aux gens les plus riches. Quand vous dites que vous baissez les impôts sur les sociétés de ceux qui ont des patrons de moins de 30 ans, là, on voit très bien qui sont les grands gagnants de ça. Ce sont ceux qui font la Startup Nation et qui vont faire des plus-values financières en millions.
Ce n'est pas le petit mec qui crée sa boîte et qui, lui, a déjà des exonérations et qui paiera de toute façon pas énormément d'impôts. Donc, on voit que les mesures qui sont prises sont souvent des mesures, en fait, qui sont très libérales. Et parce que c'est très difficile de s'attaquer à l'Europe. Et toute l'extrême droite qui voulait s'attaquer à l'Europe, souvent à la fin, devient pro-européenne. C'est le cas de Mélanie en Italie. Salvini, il voulait taper l'Europe. Il a vu que c'est très difficile. Donc, finalement, à la fin, il tapait plutôt sur l'immigration. Et puis après, sur le verset économique, ils n'ont pas énormément d'idées.
Donc, comme il doit avoir une posture un peu anti- Macron, ils essayent de faire des choses un petit peu comme ça. Mais ça reste quand même toujours dans une lignée très libérale. Et on le voit bien sur l'histoire des cotisations patronales. C'est-à-dire que c'est la prolongation de ce qui a été fait sous Macron ministre et Macron président. Donc, ce n'est pas un programme, en fait, qui permettra de réduire les inégalités. Ça, c'est sûr. Et ce n'est pas un programme qui permettra aussi de réindustrialiser le pays. On voit bien que pareil, sur l'État stratège, etc., il n'y a pas vraiment de vision, en fait, du Front National.
C'est plus des baisses d'impôts, des baisses de cotisations, des baisses de charges qui vont faire en sorte que les entreprises vont revenir. C'est un peu simpliste comme vision.
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