Laure Lavalette : "La crise diplomatique avec l'Algérie mérite un bras de fer !" (TF1)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse partielle
Est-ce vraiment le bon moment au vu de la crise diplomatique qui sévit avec l'Algérie ?
- 1:15OuverteRéponse partielle
Boalem Sansal est toujours retenu par Alger. Est-ce de nature à améliorer leur sort aujourd'hui ?
- 2:04OuverteRéponse partielle
Vous reprochez un manque de cohérence à Gabriel Attal ce matin ?
- 2:29RelanceRéponse directe
Vous n'allez pas voter la taxe Zuckman, sauf surprise. Pourquoi cette incohérence ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Dans un contexte économique difficile, est-ce le moment de laisser tomber des conventions fiscales ?
- 4:38OuverteRéponse directe
75% de vos sympathisants plébiscitent la taxe Zuckman. Vous leur dites quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06Invité politiqueFait
« Hier, une résolution visant à dénoncer les accords de 1968 qui nous lie à l'Algérie a été votée par l'Assemblée nationale »
- 0:19Invité politiqueFait
« Sébastien Lecornu dit hier lui-même qu'il veut, qu'il souhaite le renégocier »
- 1:01Locuteur non identifiéFait
« On n'accepte pas d'avoir des imams algériens qui viennent, par exemple, pendant le ramadan »
- 1:04Locuteur non identifiéFait
« Et surtout, on fait en sorte de faire libérer les deux otages franco-algériens que nous avons, dont Boalem Sansal »
- 3:29Locuteur non identifiéChiffre
« On nous parle vaguement de 5 milliards au maximum »
- 5:14Locuteur non identifiéChiffre
« Les prélèvements obligatoires en France, c'est 1 300 milliards d'euros, c'est 43% de notre PIB »
- 5:56Locuteur non identifiéChiffre
« Ça va concerner moins d'un pour cent des Français qui ont 1,3 million de patrimoine »
- 6:18Invité politiquePromesse
« Vous promettez carrément 36 milliards d'euros d'économie »
- 6:51Locuteur non identifiéChiffre
« Un électeur sur deux pense qu'il faut réserver le logement social aux Français »
- 7:50Locuteur non identifiéChiffre
« Il y a 6 Français sur 10 qui sont à 10 euros près quand ils font leurs courses »
Temps de parole
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Bonjour Laure Lavalette. Bonjour, c'est la Bougriou. Pour commencer, parlons de cette victoire symbolique, certes, mais victoire politique tout de même. Hier, une résolution visant à dénoncer les accords de 1968 qui nous lie à l'Algérie a été votée par l'Assemblée nationale, grâce notamment aux voix de la droite et une partie du Bloc central. Sébastien Lecornu dit hier lui-même qu'il veut, qu'il souhaite le renégocier. Est-ce vraiment le bon moment au vu de la crise diplomatique qui sévit depuis plusieurs mois maintenant avec l'Algérie ?
Ça fait très longtemps que, évidemment, la renégociation de ces accords sont à l'ordre du jour. Les LR l'avaient déjà mis dans une niche il y a un an ou deux. Nous savions qu'il y avait une large majorité à l'Assemblée nationale pour le voter. Et effectivement, c'est ce qui s'est passé hier. Vous savez, la crise diplomatique que nous avons avec l'Algérie mérite une nouvelle façon de faire. Enfin, un bras de fer avec ce régime autoritaire. Le Rotaillot avait déjà tenté ? Non, non, non, il n'a pas tenté. Il a dit qu'il voulait le faire, mais il n'a pas tenté. Non, vous savez, c'est la bourguerie où si on veut vraiment tenter un bras de fer, à ce moment-là, on donne zéro visa.
On n'accepte pas d'avoir des imams algériens qui viennent, par exemple, pendant le ramadan. Et surtout, on fait en sorte de faire libérer les deux otages franco-algériens que nous avons, dont Boalem Sansal.
Et justement, Boalem Sansal, vous en parliez à l'instant, Christophe Glez, journaliste, qui sont toujours retenus par Algiers. Est-ce de nature à améliorer leur sort aujourd'hui ?
Vous savez, ce qui n'est pas de nature à améliorer leur sort, c'est qu'on a le pire ministre au Quai d'Orsay que la France ait jamais porté, je pense, avec M. Barraud. Ils n'ont pas été capables, effectivement, de dialoguer. Ils ont même abîmé la relation que nous avions avec l'Algérie. Donc, ce qui met en danger Boalem Sansal à l'heure actuelle, c'est plutôt ça. Par contre, je pense qu'effectivement, cette renégociation des traités, elle était très attendue des Français. Je peux vous dire qu'on a eu énormément de marques de contentement sur cette victoire. Ça reste, rappelons-le à nos téléspectateurs, une prérogative du président de la République.
Mais elle est symbolique, quand même, comme vous le disiez au début. Elle est importante et puis c'est la première fois qu'un texte du Rassemblement national est voté à l'Assemblée lors de cette niche.
Absolument. Ça passe aussi parce qu'Horizon, en plus de la droite, vote ce texte, mais pas Gabriel Attal, qui lui-même était pour revenir ses accords au début de l'année, il y a quelques mois seulement. Vous lui reprochez un manque de cohérence ce matin à l'ex-premier ministre ?
Je ne sais pas si vous comprenez quelque chose à ce que fait Gabriel Attal et à ce bloc central qui est complètement fracturé. Vous m'appellerez et puis on pourra en parler. Mais non, je pense que même les Français sont un peu perdus. On sent bien qu'il y a une défiance totale, à la fois envers le président de la République et à la fois avec ses collègues députés. Ça fait longtemps que Gabriel Attal vote des amendements contre les amendements du gouvernement, par exemple.
Et justement, en parlant d'incohérence, je voudrais vous interroger sur vos votes à vous au sein du Rassemblement national. Vous n'allez pas voter la taxe Zuckmann, sauf surprise, ce matin. Après, vous êtes abstenue il y a six mois permettant son adoption symbolique. Et pendant ce temps-là, vous permettez aussi l'adoption de cette taxe sur les multinationales qui a été déposée par la France insoumise. Ils promettent 26 milliards d'euros d'économie. Le ministre de l'économie dit que c'est impossible, inapplicable. Et surtout, il y a des conventions fiscales qui nous lient avec plus de 120 pays. Ce n'est pas un peu démagogique, franchement ?
Non, en fait, c'est très différent. Il faut expliquer aux Français la taxe sur les multinationales. En fait, ce sont par exemple les GAFAM qui font leur chiffre d'affaires en France, en Italie, en Allemagne et qui payent leurs impôts en Irlande, à Chypre ou au Luxembourg. Ce qui, du coup, met en péril la justice fiscale par rapport aux entreprises françaises qui, elles, font leur chiffre d'affaires en France, mais payent leurs impôts en France. Il fallait évidemment revenir sur cette injustice. C'est une protection, j'allais dire, évidemment, de nos entreprises à nous. Tant qu'à cette taxe Zuckman, on sait qu'elle est inopérante. On nous parle vaguement de 5 milliards au maximum.
Et la taxe sur les multinationales aussi, on l'a malade. Mais vous verrez que non. Ceux qui le disent sont ceux qui veulent que rien ne change. Mais pour le coup, la taxe Zuckman s'attaquait directement aux entreprises françaises. Et nous, nous voulons les garder sur notre territoire.
Dans un contexte déjà si difficile sur le plan économique, avec une méfiance des acteurs économiques vis-à-vis de la France, vous dites que c'est le moment de laisser tomber une centaine de conventions fiscales.
C'est le moment de remettre de la justice fiscale. Et effectivement, moi, excusez-moi, mais que les multinationales étrangères payent de la même façon que les entreprises françaises, ça me paraît évidemment être une nécessité. Évidemment.
Et restons sur vos votes, justement, je voudrais vous faire écouter François Ruffin, député de gauche, qui a été interrogé hier à ce propos. Écoutez-le.
Le Rassemblement National 1, d'une part, reprend des taxes, ils sont des taxes de gauche, mais surtout, ils les mettent à la fin de leur niche. Je ne suis pas RNologue. J'ai du mal, beaucoup de mal, à comprendre la cohérence des votes du Rassemblement National dans cet hémicycle.
Laure Lavalette, pour revenir, et vous allez lui répondre dans un instant, sur cette taxe Zuckman, on note tout de même que 75% de nos sympathisants, selon un sondage de l'IFOP, plébiscitent cette taxe. Vous leur dites quoi ? Vous vous trompez ?
Non, mais moi, je leur explique. Je leur explique comment ça se passe, cette taxe Zuckman. On nous a menti sur le mécanisme et sur l'argent qu'elle allait rapporter. On dit qu'elle va rapporter 5 milliards la première année. Et après, je peux leur dire que la plupart des entreprises ne se feront pas avoir deux fois et qu'elles vont quitter le territoire. Donc, évidemment qu'il faut faire rentrer de l'argent, et vous avez raison. On est dans une situation budgétaire absolument chaotique, de la faute d'Emmanuel Macron, qui, je le rappelle, a fait 1 200 milliards de dettes en 7 ans, 8 ans, c'est-à-dire autant de dettes qu'entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000.
C'est absolument colossal. Mais nous, ce que nous voulons faire, c'est remettre un consentement aussi à l'impôt, faire en sorte que les impôts des classes moyennes baissent, parce qu'il est temps de faire baisser cette pression fiscale. Vous savez, les prélèvements obligatoires en France, c'est 1 300 milliards d'euros, c'est 43% de notre PIB, bien plus que la moyenne européenne, qui est à 40%. Donc, il est temps, évidemment, de remettre l'église au milieu du village. Au niveau de la justice fiscale, par contre, nous ne sommes pas compte, c'est la bouc-riou, à ce que ceux qui gagnent beaucoup, beaucoup d'argent participent au redressement du pays.
Mais il faut expliquer pourquoi on n'est pas là pour taxer, pour punir. On est là, par exemple, vous savez, nous, on a un impôt sur la fortune financière, que nous défendons depuis les élections présidentielles, qui sort exonère de l'assiette la résidence principale, parce qu'on ne veut pas taxer les Français sur la résidence unique ou principale, exonère les biens professionnels, et 75% des parts que les Français pourraient avoir dans des PME ou des TPE ou des entreprises de taille intermédiaire. Donc, en fait, ça va concerner moins d'un pour cent des Français qui ont 1,3 million de patrimoine, mais en action dans des entreprises du 4,40. Avançons, justement, sur votre contre-budget.
Mais, excusez-moi de dire que ça, c'est 3 milliards, et ces 3 milliards-là vont permettre de faire baisser les impôts sur les classes moyennes, parce que l'intérêt, il est là, le deuxième enfant sera une part fiscale pleine.
Jeudi dernier, Laure Lavalette, vous avez proposé un contre-budget, et alors vous, vous promettez carrément 36 milliards d'euros d'économie. Et parmi les pistes pour y arriver, il y a notamment le renvoi des étrangers sans emploi depuis un an, le conditionnement des prestations sociales, qu'on appelle non-contributives aux étrangers, qui travaillent depuis 5 ans sur le sol français. Le Conseil constitutionnel a déjà jugé ce type de mesures, que ce type de mesures a été contraires à la Constitution. Là encore, est-ce que ce n'est pas trompeur pour les Français ?
Moi, je pense que déjà, c'est attendu par les Français, et c'est même attendu par les Français qui votent à gauche, vous voyez, sur l'immigration notamment, puisque vous en parlez, un électeur sur deux pense qu'il faut réserver le logement social aux Français. Oui, d'accord, mais tout à l'heure, vous parliez des 75% de sympathisants favorables à la République Zuckmann. Ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas faire comme si l'immigration n'était pas un problème, il n'est pas un tabou, ne serait-ce que parce qu'elle pèse sur notre budget.
Et continuer à faire la poche des Français, alors qu'on ne s'attaque ni aux mauvaises dépenses de l'immigration, ni à notre contribution nette à l'Union Européenne. Mais non, mais, enfin, excusez-moi de vous dire qu'à ce moment-là, on ne fait plus rien, et on attend, on regarde gentiment, on ferme la porte de la maison, et on ne fait plus de politique, on ne s'en va plus. Encore une fois, je peux vous dire, nous, on va faire des mesures sur des économies, sur l'immigration, sur notre contribution nette à l'Union Européenne, sur la fraude, et il faut tailler dans le train de vie de l'État. Mais sur la fraude, il ne suffit pas de dire qu'il y a de la fraude.
Maintenant, il faut continuer à faire rentrer un jour dans les caisses qui n'ont pas...
Mais vous promettez des milliards supplémentaires de ce que prévoit Sébastien Lecornu, avec des instituts qui vous disent que ça n'est pas le droit.
On promet d'avoir la volonté politique d'aller chercher l'argent où il est et d'arrêter de faire la poche des Français. Les Français n'en peuvent plus. Vous savez, c'est la bougio, il y a 6 Français sur 10 qui sont à 10 euros près quand ils font leurs courses. Et en même temps, à l'Assemblée nationale, par exemple, hier, on n'a pas été capable de se mettre d'accord sur la gratuité des parkings, des hôpitaux. Moi, je peux vous dire qu'il y a un hôpital Saint-Mus à Toulon et que je suis saisie par des administrés qui n'en peuvent plus de payer 7, 8 euros quand ils vont passer 2, 3 heures auprès de leurs filles, de leurs sœurs ou qu'eux-mêmes vont en consultation.
Donc voyez-vous, j'ai quand même du mal à faire confiance à mes collègues de l'Assemblée nationale pour sortir la France du chaos budgétaire, sécuritaire et migratoire quand on n'a même pas été capable de se mettre d'accord sur la gratuité des parkings, des hôpitaux. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Laure Lavalette