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AutreFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 24 décembre 2025 23 minContradictoireMixte

Daniel Fiévet publie un recueil d'histoires de survie : "Les personnalités se révèlent pour le meilleur et pour le pire"

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0:01
Présentateur

France Inter, Simon le Baron, le 6-9. On le sait, j'en parlais tout à l'heure en 80 secondes, Noël est un moment de réunion, cela peut aussi parfois être un moment de solitude, et bien voilà un livre qui vous fera relativiser n'importe lequel des moments de solitude. Cette histoire de survie, cette histoire d'hommes et de femmes perdus dans le désert, dans la jungle, au milieu des océans, pris au piège des sommets enneigés, ou même dans l'immensité de l'espace, et qui s'en sont sortis. Avec tout de même plus ou moins de dégâts, il faut le préciser.

In Extremis, c'est un podcast à succès sur France Inter, tiré de la grande série des Naufragés, plus de 3 millions d'écoutes, c'est désormais un livre aux éditions Julliard, et c'est vous, Daniel Fievet, que nos auditeurs connaissent aussi, entre autres pour le temps d'un bivouac, qui nous racontait ses histoires de survie. Bonjour Daniel.

0:51
Invité

Bonjour Simon, bonjour tout le monde.

0:52
Présentateur

Et moi, qu'est-ce que je ferais si j'étais perdu sur une île déserte ? On s'est tous posé la question, venez en parler avec nous, vous qui nous écoutez en nous appelant au 01 45 24 7000, et en nous écrivant sur l'application de Radio France. Alors disons-le tout de suite, Daniel Fievet, dans ces histoires, il y a de l'héroïsme, le plus admirable, et aussi la bassesse la plus crasse, on plonge au plus profond de l'âme humaine, forcément il y a du beau et il y a du moche.

1:15
Invité

Mais c'est ce qui est fascinant dans ces histoires, c'est la dimension psychologique, évidemment, et la question qu'on se pose tous en les écoutant ou en les lisant ces histoires, c'est qu'est-ce que moi j'aurais fait si je m'étais retrouvé dans une situation aussi incroyable, aussi extrême ? Et vous avez tout à fait raison Simon, les personnalités se révèlent, et pour le meilleur et pour le pire, c'est-à-dire que vraiment certaines personnes, comme le dit Jean-Louis Etienne, on ne dépasse pas ses limites, on les découvre, et dans ces situations-là, les gens se découvrent, soit effectivement un tempérament héroïque, soit effectivement ils laissent parler leur plus bas instinct.

1:51
Présentateur

Vous dites en introduction du livre qu'on vous a beaucoup dit justement, ah bah maintenant tu dois savoir quoi faire si ça t'arrivait, mais vous répondez pas du tout.

1:58
Invité

Ah moi pas du tout, s'il y a bien un truc que j'ai retenu, c'est qu'on ne sait absolument pas, tant qu'on n'a pas rencontré ces situations extrêmes, comment nous on aurait pu se comporter. Ce que j'ai noté, mais je ne sais même pas si moi je serais capable de ça, ce que j'ai noté, c'est que ceux qui s'en sortent le mieux collectivement, c'est ceux qui font preuve de solidarité. C'est-à-dire que vraiment, dans ces moments terribles, si on prend soin de l'autre, on préserve ses chances de s'en sortir soi-même.

2:23
Présentateur

Vous résumez la question, alors il y a des histoires où les survivants dont vous nous racontez les aventures sont seuls, et puis il y a des petites communautés aussi. La particularité, c'est que toutes les règles qui régissent nos vies en société sont abolies dans ces cas-là, et vous dites, vous résumez la question, en fait, face à la mort, est-ce qu'on s'entraide ou est-ce qu'on s'entretue ?

2:44
Invité

C'est ça, c'est vraiment la question qui se pose, même si on ne se la pose pas aussi clairement, mais on voit bien les choix. Si on va sur les révoltés du Bounty, sur le radeau de la Méduse, ou dans les oubliés de l'île Clipperton, on est sur une île, les gens sont abandonnés, parfois ils sont solidaires, parfois ils ne le sont pas. Quand ils sont solidaires, ça se passe beaucoup mieux.

3:06
Présentateur

Vous dites qu'on ne peut pas savoir comment on réagirait avant d'y avoir été confronté, qu'en fait, la seule façon de s'en sortir, c'est de s'adapter, c'est la capacité d'adaptation qui fait tout. En fait, c'est comme si on avait déjà tout ça en nous, sans le savoir, il y en a qui sont programmés pour survivre, et d'autres pas.

3:26
Invité

Je ne pense pas, il y a quand même une part aussi. On peut s'y préparer, certainement un petit peu, mais même quand on est préparé, par exemple, pour les astronautes d'Apollo 13, qui se retrouvent en perdition à 300 000 km de la Terre, aux abords de la Lune, ils étaient archi-préparés, ces astronautes, et pourtant, ce qui leur est arrivé, cette explosion qui les a contraints à retourner dans une petite poche de vie du vaisseau, et d'essayer d'improviser avec Houston une solution pour s'en sortir, ça n'avait pas été prévu. Ce scénario-là n'avait pas été envisagé, et ils ont fait preuve, parce qu'ils étaient préparés d'un sang-froid incroyable, ils s'en sont sortis.

C'est une des plus belles opérations de sauvetage du XXe siècle.

4:07
Présentateur

Vous citez un manuel de survie, quelques règles de base qui avaient été distribuées aux soldats alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, et vous montrez, en fait, après dans le livre, que bien souvent, les survivants dont vous parlez n'ont pas suivi ces règles.

4:23
Invité

Oui, exactement. Déjà, parmi les conseils, il y a « faites comme les autochtones, mais encore faut-il qu'il y ait des autochtones. »

4:31
Présentateur

Et qu'on ne les considère pas comme des sauvages, comme c'était bien souvent le cas à l'époque de ces aventures.

4:37
Invité

Et oui, parce que dans ces aventures, il y en a beaucoup qui remontent à plusieurs siècles, et effectivement, quand on se retrouvait perdu dans une contrée lointaine, parfois on n'avait que mépris pour les rares personnes qu'on pouvait croiser dans ces contrées-là, et mal leur en a pris, parce que souvent, la clé, c'était justement de s'appuyer sur les autochtones.

4:56
Présentateur

On va parler de ces histoires incroyables. C'est vrai qu'on est vraiment plongé au plus profond, je le disais, de l'âme humaine. Vous avez évoqué Apollo 13, c'est vrai qu'elle est extraordinaire. Votre préférée, est-ce que vous en avez une qui vous parle plus que les autres ?

5:11
Invité

Je les aime vraiment toutes beaucoup, mais peut-être un petit faible pour celles de Saint-Exupéry, qui, on est dans les années 1930, entreprend un concours où il faut rallier Paris-Saigon le plus rapidement possible avec son avion. Il est avec son mécanicien dans le petit appareil, il raconte ça très bien, et puis son avion se crache en plein désert. En Libye. En Libye, voilà. Ils s'en sortent miraculeusement, mais ils ne savent pas où ils sont et personne ne sait où ils se trouvent. Et cette histoire, moi je la trouve déjà très belle parce qu'elle est très bien racontée.

Elle a fait les plus belles pages du livre de Saint-Exupéry Terre des Hommes, puisqu'il l'a racontée dans l'un de ses chapitres. Et puis, il le raconte magnifiquement bien. Et puis, il y a cette scène dans le désert, alors qu'il cherche où il pourrait trouver une oasis ou quelque chose pour s'en sortir. Et il voit dans le désert des petites empreintes de fennec, de renard des sables.

6:12
Présentateur

Ça nous rappelle quelque chose.

6:13
Invité

Et voilà. Et il ne le voit pas, ce renard, mais il se met à lui parler. Il imagine son parcours. Il voit quand est-ce qu'il en a rencontré un autre. Puis il trouve son terrier. Et quand il se retrouve devant son terrier, il se met à lui parler en lui disant « Mon petit renard, je suis foutu. Mais le fait de t'avoir parlé, ça m'a fait du bien. Je me suis intéressé à ton humeur. » Et évidemment, on ne peut pas s'empêcher de se dire que la rencontre du petit prince qui naîtra sous sa plume avec un renard quelques années plus tard, elle est directement inspirée de cet accident.

6:40
Présentateur

Histoire incroyable, c'est vrai, de Saint-Exupéry et de son mécanicien André Prévost qui sont passés à deux doigts de la mort. C'est celle qui vous touche le plus, sans doute. J'y vais de la mienne. Je crois que c'est celle des révoltés du Bounty. Elle est assez connue. Elle a été adaptée au cinéma, notamment avec Marlon Brando. Mais je ne sais pas pourquoi, peut-être, en tout cas, j'ai trouvé que c'était peut-être la plus complexe, celle qui faisait ressortir le très bon et le très mauvais. Et on ne sait pas qui sont les bons et les méchants

7:10
Invité

dans cette histoire. Oui, ce n'est pas manichéen du tout ce qui s'est passé. Même si plus tard, ça a été raconté par Jules Verne ou porté au cinéma et on a un petit peu caricaturé les tempéraments des différents protagonistes dans cette histoire. Mais en réalité, c'est vraiment deux hommes, le capitaine William Bly et son second Fletcher Christian qui ont noué une relation à la fois d'admiration et de subordination et de domination. Et à un moment, leur relation éclate en pleine mer. C'est ce qui aboutit à cette révolte, à cette mutinerie, chose impensable sur un navire à cette époque ou en tout cas très dur.

7:47
Présentateur

On est en 1789.

7:48
Invité

Eh oui, c'est ça. La date d'autres révolutions en France. Mais là, ça se passe dans le Pacifique et donc le capitaine est abandonné avec 18 de ses hommes qui lui sont restés loyaux en pleine mer dans une petite chaloupe et les révoltés du Bounty vont se retrouver maîtres du navire, maîtres de leur destin. Mais ils vont devoir se cacher pour le restant de leur jour, puisque si jamais la justice britannique les retrouve, c'est la peine de mort assurée pour un crime d'avoir osé se mutiner sur ce bateau. Donc, ils décident de partir, de trouver une cachette où on ne les retrouvera jamais. Ils trouvent une petite île qui est mal indiquée sur les cartes, l'île de Pitcairn.

Et ils vont s'y installer. Ils sont une dizaine de révoltés du Bounty avec quelques Polynésiens et quelques Polynésiennes. Et eux, qui s'étaient rebellés contre l'autorité du capitaine à bord de leur bateau vont se comporter sur cette île. Pas bien du tout avec, justement, les Polynésiens et les Polynésiennes et remettre de l'injustice dans la petite civilisation qu'ils font naître sur cette île.

8:49
Présentateur

Et ce qui est totalement fascinant, c'est qu'aujourd'hui encore, sur ce caillou de Pitcairn, ce qui n'est pas une île paradisiaque. C'est un caillou assez hostile, perdu au milieu de rien. Il y a quelques dizaines d'habitants qui sont, pour la plupart, les descendants de ces révoltés du Bounty.

9:02
Invité

C'est-à-dire que, voilà, de décennies en décennies, de génération en génération, une communauté s'est installée sur cette île. Et avec, là aussi, pour le pire, parfois, parce que cette communauté coupée du monde, il s'est passé entre les habitants des choses assez abjectes qui ont été condamnées par la fuite.

9:21
Présentateur

Il y a eu des condamnations pour agressions sexuelles, notamment, d'un descendant direct du meneur de la mutinerie.

9:28
Invité

Oui, exactement. Mais, en fait, sur cette île, c'était quasiment que des descendants. Ils avaient tous, dans leur arbre généalogique, des descendants de la mutinerie. Mais, effectivement, ça a mal tourné. Mais il y a encore des gens qui vivent sur cette île, aujourd'hui.

9:40
Présentateur

Autre histoire que vous avez évoquée, elle aussi adaptée avec succès au cinéma, Apollo 13. Là, alors, peut-être que c'est parce que ça a duré moins longtemps, ils n'ont pas eu le temps de s'entretuer. Ils étaient très préparés, vous l'avez dit, mais là, c'est le meilleur de la coopération entre êtres humains.

9:56
Invité

Oui, c'est ça. C'est vraiment à la fois du génie humain, de la coopération, parce qu'ils sont en lien avec Houston. Même s'ils sont coupés du monde, ils ont quand même les instructions de Houston. ils y allaient, ils devaient marcher sur la Lune. On est dans les années 70. Le grand public, c'est presque lassé de ces Américains qui régulièrement vont faire un petit tour sur la Lune. Et cette fois-ci, ça ne se passe pas comme les précédentes missions. Il va y avoir une explosion à bord du vaisseau. Ils se retrouvent en perdition dans le vide spatial. Et Houston va improviser, les guider pour les ramener à bon port. C'est vraiment extraordinaire ce qui s'est passé.

10:34
Présentateur

Il y a une fenêtre pour réussir à rentrer sur Terre qui est au millième de seconde.

10:39
Invité

Oui, exactement. Et en plus, ils n'ont plus beaucoup d'instruments qui fonctionnent à bord. Donc, ils naviguent un peu à l'ancienne en essayant de cadrer. Ils ont un instrument pour viser le soleil et calculer des angles. Mais ils font ça de façon presque manuelle à une époque où, évidemment, c'était normalement beaucoup plus moderne. Et en plus, comme l'angle a été calculé un peu juste, il y a un suspense incroyable parce que quand ils rentrent dans l'atmosphère, alors qu'on s'attend à les entendre, il y a un silence radio qui dure, qui se prolonge. Tout le monde pense que c'est perdu. Et un peu, c'est cette fin hollywoodienne où, finalement, on entend le signal et ils sont sauvés.

11:16
Présentateur

Je passe rapidement sur les survivants du vol 511 dans les Andes. On est à l'heure du petit déjeuner. Bon.

11:24
Invité

Mais il y a de l'entraide dans celle-là. Du cannibalisme. Il y a du cannibalisme mais il y a aussi de l'entraide. Et ils se sont vraiment rassemblés dans la carlingue de l'appareil. Donc cet avion qui s'écrase dans les Andes. On est à 5000 mètres d'altitude. Et ils vont discuter qu'est-ce qu'on fait pour survivre ? Ils ont entendu à la radio parce qu'ils ont une petite radio qui leur permet de capter les secours. Et ils savent qu'on ne les cherche plus, que personne ne viendra les retrouver. Et donc, ils prennent cette décision mais ça n'est pas de gaieté de cœur et c'est en concertation les uns avec les autres.

11:53
Présentateur

Et puis, bien sûr, il y a des femmes. Vous regrettiez dans les Naufragés puisque là, c'était des histoires purement de navigation où les femmes avaient peu de place ou une place secondaire bien souvent à l'époque. Là, il y a des femmes, des figures très fortes. Celle de Donia Isabelle notamment. On est à la fin du XVIIIe siècle dans les Andes toujours. 4800 kilomètres à travers les Andes et la forêt amazonienne. Personne ne l'a refait depuis.

12:17
Invité

Oui, alors ça, c'est sûr. En tout cas, à l'époque, personne ne l'avait fait dans ces conditions-là parce que Donia Isabelle, c'est une riche héritière qui entreprend de rejoindre son mari qu'elle n'a pas vu depuis 20 ans. Elle habite l'actuel Équateur dans une petite ville, Rio Bamba, et elle doit se rendre, elle doit traverser toute la forêt amazonienne pour retrouver son mari qui se trouve en Guyane. Et donc, elle part, elle est accompagnée d'une quarantaine de personnes en chaise à porteur, ce qui n'est pas vraiment le mieux adapté pour traverser la forêt amazonienne.

12:47
Présentateur

Avec une robe. Avec une robe,

12:49
Invité

parce que c'est inconvenant de mettre un pantalon pour une femme. dans sa chaise à porteur, elle est balottée, elle se cogne contre les parois de sa chaise à porteur. Mais le long du parcours, au bout de 2000 kilomètres, eh bien, parce que ça se passe avec beaucoup de péripéties et de coups du sort, elle se retrouve seule en pleine forêt amazonienne. Plus de chaise à porteur, plus rien. Là, elle a enfilé un pantalon et elle va, pendant des semaines, traverser cette forêt jusqu'à retrouver deux autochtones

13:20
Présentateur

qui vont arriver une mort vivante.

13:22
Invité

Oui, voilà, parce qu'en plus, dans la forêt amazonienne, ce qui est le plus dangereux, ce ne sont pas les jaguars, ce ne sont pas les jaguars, c'est toutes les petites bêtes qui vous dévorent de l'intérieur. Donc, elle a été à moitié défigurée, piquée par ces petites mouches qui pondent leurs oeufs sous la peau. Donc, effectivement, quand on la retrouve, elle est dans un état assez lamentable.

13:40
Présentateur

Une autre figure extraordinaire de femme, Ada Blackjack, surnommée la Robinson de l'Arctique, jeune inuite recrutée par des explorateurs et qui va réussir à survivre sur une île toute seule entre l'Alaska et la Sibérie, alors qu'elle a une peur panique des ours polaires.

13:55
Invité

Oui, parce que c'est une inuite, mais c'est une inuite citadine, donc elle n'a pas appris à pêcher, à chasser. Elle a très, très peur des ours polaires. Elle se retrouve embarquée dans cette exploration, dans cette expédition qui est faite pour des mauvaises raisons avec quatre explorateurs qui ne sont pas vraiment à la hauteur du périple qui les attend.

Ils se retrouvent sur cette petite île glacée, vous l'avez dit, entre l'Alaska et la Sibérie et là aussi, les choses vont très mal tourner si bien qu'elle va se retrouver seule sur cette île pendant, ça va durer plus de deux ans sa solitude sur cette île et elle va s'en sortir, prendre sur elle, trouver les moyens de chasser les renards, c'est assez admirable et elle est très méconnue, c'est-à-dire qu'une fois qu'elle va réussir cet exploit de s'en sortir, elle va retomber dans l'oubli à la Blackjack et c'est vraiment...

14:44
Présentateur

Elle mériterait, d'ailleurs Isabelle Otissier, grande navigatrice, dit qu'elle mériterait une étoile à son nom.

14:50
Invité

Qu'une étoile porte le nom d'Adda Blackjack, que des avenues portent le nom d'Adda Blackjack.

14:54
Présentateur

Il y a les femmes de Clipperton aussi, dernière survivante d'une petite colonie mexicaine échouée sur Clipperton et qui vont se liguer pour venir à bout du dernier survivant qui est devenu un horrible tortionnaire.

15:07
Invité

Oui, on parlait du meilleur ou du pire sur cette île. Au bout d'un moment, il ne reste plus qu'un homme et qui s'autoproclame roi de l'île. Il accapare toutes les armes et il fait régner la terreur. Il en agresse certaines, il en tue même certaines. Et ces femmes, vaille que vaille, vont réussir à... Je raconte beaucoup, beaucoup l'histoire, mais vont réussir à s'en sortir. Pardon,

15:32
Présentateur

on divulgache un peu. Oui,

15:33
Invité

on divulgache un peu.

15:34
Présentateur

Mais on parle de la place des femmes, mais elles sont tellement extraordinaires cette histoire que moi, je ne m'en lasse pas. De toute façon, c'est vrai que ce n'est pas pour la fin qu'on les écoute. C'est vrai, c'est vrai. C'est l'aventure qui est extraordinaire. On sait que de toute façon, les héros survivent à la fin. C'est une histoire de survie. Il y avait aussi, puisqu'on parle de la place des femmes dans la série des naufragés qui est liée à cette série in extremis, un couple de plaisanciers anglais perdus sur leur petit voilier au milieu du Pacifique qui voulait faire un tour du monde, mais pas très bien préparé.

Ils ne se seraient pas sortis sans la pugnacité et le courage de la femme.

16:11
Invité

Oui, mais oui, celle-là, elle est vraiment belle cette histoire parce que c'est un couple. Ils sont très amoureux. Leur bateau est percuté par un cachalot et il coule en 40 minutes et ils se retrouvent sur... Alors, ils ont le petit radeau gonflable, vous savez, et puis le petit canot, la petite annexe qui permet de faire les allers-retours.

Donc, ils ont ces deux embarcations gonflables au milieu de l'Antarctique, de l'Antarctique, du Pacifique et ils vont survivre pendant quatre mois et comme vous le dites, déjà l'un et l'autre, ils prennent vraiment énormément soin de l'autre, c'est-à-dire que des fois dans leur carnet de bord, ils écrivent, là je pense qu'on va mourir, on va jamais s'en sortir, mais à l'autre, ils disent toujours, je crois que ça va aller, ils prennent soin de l'autre et c'est le fait de prendre soin de l'autre qui fait qu'ils ont tenu si longtemps sur leur petit radeau.

16:57
Présentateur

On a des auditeurs sur l'application de Radio France, auditeurs d'Inter, notamment Vanessa qui vous dit ce qu'ils vous adorent, qu'ils adorent vos histoires, Daniel Fievet, mais Vanessa qui a beaucoup aimé notamment l'histoire dans les naufragés des Auckland, vous dit que vous lui avez pourri son plaisir de partir en vacances parce que maintenant, plus question de prendre l'avion.

17:14
Invité

Sur les Auckland, il n'y a pas d'avion sur les Auckland, c'est cinq naufragés qui se retrouvent et qui sont extrêmement solidaires, c'est une très belle histoire de solidarité. Pour l'avion, oui, il y a quelques histoires de... Ah non,

17:27
Présentateur

elle fait référence sans doute à une histoire au Pérou, il me semble. Ah, c'est Julian Kwebke,

17:32
Invité

une Allemande dont l'avion se crache en pleine forêt amazonienne et qui va retrouver son chemin pendant 12 jours, elle marche dans la forêt amazonienne seule et c'est la seule survivante de ce vol.

17:43
Présentateur

En tout cas, ce qui est passionnant, on l'a dit, notamment dans les histoires de communautés mais même dans les histoires où les survivants sont seuls, c'est ce que ça va faire ressortir de nous et ce sont des sociétés en fait, puissance 10 ou puissance 1000, il y a tout le bon et il y a tout le meilleur, il y a le courage, le désir de liberté et puis il y a aussi le racisme, les discriminations contre les minorités, on a dit, ceux qu'on appelait les sauvages, les femmes.

18:14
Invité

Mais toute la question, c'est qu'est-ce qui reste de nous quand il n'y a plus la police, la justice pour faire appliquer les lois, quand toutes les normes de la société ne sont plus là, qu'est-ce qui reste de l'être civilisé que l'on est et qu'est-ce qui reste de notre morale vraiment intime ?

18:31
Présentateur

Ce qui est intéressant ce qui est intéressant aussi c'est l'importance du chef dans le bon comme dans le mauvais sens, une mauvaise décision, un entêtement peuvent conduire à la catastrophe.

18:38
Invité

Ça, ça s'est vu dans le radeau de la Méduse, effectivement, le chef qui n'est absolument pas compétent, qui est là pour les mauvaises raisons, qui ne veut pas écouter les personnes qui savent à bord, qui savent mieux que lui ce qu'il faudrait faire et le résultat, on le sait, la Méduse était une frégate qui s'est échouée sur le banc d'Arguin et 150 naufragés se sont retrouvés

19:01
Présentateur

chef exemplaire, c'est le cas de le dire, Shackleton. Ah oui,

19:04
Invité

ça c'est le héros absolu, on est en Antarctique pour le coup, en Antarctique, son bateau est broyé par les glaces, il se retrouve avec ses 30 hommes au milieu de nulle part et il leur promet à tous de les ramener vivants en Angleterre, ce qu'il va faire. Il n'y aura pas un seul mort dans cette histoire, ils vont vivre, mais vraiment, c'est un film cette histoire, c'est-à-dire ce qu'ils vont vivre, ils vont devoir à un moment gravir des montagnes sur une petite île, il y a vraiment tout et à chaque fois, ils s'en sortent.

19:35
Présentateur

Ça c'était un naufragé aussi. On parlait de Saint-Exupéry, pas étonnant effectivement que ces histoires pour certaines aient été adaptées dans la littérature ou au cinéma parce qu'elles sont plus fortes que la fiction en fait.

19:48
Invité

Et il y a même, moi je suis surpris que bon nombre de ces histoires n'aient pas encore fait l'objet de films parce que je pense que là il y a un vivier pour faire des films incroyables et je suis sûr que certaines d'entre elles le seront à l'avenir et vous avez raison pour la littérature, on citait Antoine de Saint-Exupéry mais Les révoltés du Bounty ça a été aussi écrit et raconté par Jules Verne. Toutes ces histoires ont évidemment inspiré énormément de grands auteurs.

20:14
Présentateur

Est-ce qu'elle serait encore possible aujourd'hui dans notre monde hyper connecté ?

20:18
Invité

Je pense parce qu'on est hyper connecté mais on peut aussi imaginer qu'on soit dans une situation où on n'est plus de batterie sur son portable où on n'a plus de GPS où son avion s'est écrasé au milieu de nulle part et malheureusement des histoires de naufragés aujourd'hui l'actualité en connaît avec ces migrants qui traversent la Méditerranée peut-être loin de tout dont on ne connaît pas toute la noirceur du récit mais qui aurait des choses à raconter aussi.

20:44
Présentateur

Est-ce qu'il y a encore des îles à l'écart du monde des territoires vierges totalement inexplorés ?

20:50
Invité

Je pense c'était aussi l'intérêt de faire ces livres c'est de montrer les photos de ces endroits qui pour certains ont très peu changé certaines îles qui ne sont toujours pas habitées aujourd'hui je pense aujourd'hui Simon si on vous parachute au milieu du désert que voilà vous n'aurez pas grand chose au grand monde pour vous aider en tout cas à certains endroits.

21:11
Présentateur

Qu'est-ce que vous pensez de ceux qui se mettent volontairement dans ces situations le courant survivaliste aujourd'hui à la lumière de ces histoires que vous racontez ?

21:21
Invité

En fait oui moi c'est pas tant le côté survivaliste de comment je m'en sors tout seul avec mon couteau dans une nature sauvage c'est plutôt les ressorts psychologiques la résilience ce qui fait qu'on tient je note aussi que beaucoup de ceux qui s'en sortent sont ceux qui arrivent à se projeter dans l'avenir se projeter dans l'après l'espoir fait survivre

21:43
Présentateur

Jean voudrait savoir Jean qui nous écoute si vous avez déjà Daniel Fievet survécu vous-même à quelque chose ?

21:51
Invité

J'ai rien vécu de tel heureusement pour moi et certainement certainement eu quelques désaventures mais jamais jamais à ce point et encore une fois je suis pas sûr qu'à leur place je m'en serais mieux sorti

22:03
Présentateur

En tout cas ce sont des leçons de vie qui peuvent nous parler à toutes et à tous on le disait encore une fois on s'est tous posé ces questions là qu'est-ce qu'on ferait dans des situations extrêmes ?

22:10
Invité

Je pense qu'après avoir refermé le livre vous vous poserez encore plus de façon encore plus aiguë cette question

22:15
Présentateur

Le livre In Extremis donc aux éditions Julliard coédité avec France Inter il y a le livre des Naufragés aussi le podcast Naufragés et In Extremis à retrouver quand vous voulez gratuitement sur franceinter.fr et sur l'application de Radio France je précise que pour ce livre In Extremis il y a des documents d'époque il y a des photos d'archives et puis il y a des très belles illustrations d'Alexis Cavaillé et Lily Wood Merci Simon Est-ce qu'il y aura de nouvelles ça c'est Pauline pour terminer est-ce qu'il y aura de nouvelles histoires ?

22:46
Invité

Oui il y en a déjà deux d'enregistré des nouveaux épisodes d'In Extremis et je vais en faire deux autres et ils devraient sortir peut-être en début mars quelque chose comme ça

22:54
Présentateur

Et bien voilà Pauline c'est pour bientôt Merci beaucoup Daniel Fievet

22:57
Invité

Merci Simon

22:58
Présentateur

et joyeuses fêtes à vous

23:00
Invité

Mais à vous aussi