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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 3 février 2026 39 minContradictoireMixte

Emploi des jeunes : l’angle mort français ?

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0:00
Présentateur

La proposition semblait nous replonger 20 ans en arrière à l'époque du CPE. Le MEDEF a imaginé brièvement un contrat avec période d'essai de 3 ans, donc résiliable à tout moment par l'employeur sans motif, avec de la formation à l'intérieur, mais un contrat de travail à part pour les jeunes. A peine imaginé, déjà retoqué, mais ce qui est intéressant quand même, quand on songe à la proximité avec le CPE, c'est que décidément, sur l'emploi des jeunes, on ne trouve pas la clé.

Nous sommes en France de très mauvais élèves, comparés à nos collègues européens, qui ont tous d'ailleurs mis en place une forme de flexibilité qui ne fait pas forcément l'unanimité, mais oui, il y a des contrats à part pour les jeunes dans de nombreux pays, nous y reviendrons. La question qu'on pose aujourd'hui, c'est pourquoi sommes-nous incapables de résorber le chômage des jeunes ? 18,8% pour les 15-24 ans, c'est ce que disent les statistiques, et pour ceux qui sont intégralement sans diplôme, là, c'est un vertige 42%. Depuis les années 80, le fossé se creuse entre les jeunes et le reste de la population.

Quand on parle d'emploi, le fossé se creuse grandement aussi entre les diplômés et les non-diplômés. Et puis, il y a le facteur supplémentaire, nous en parlerons et qu'on ne peut plus négliger, l'IA qui mange les emplois, qui autrefois étaient de parfaits premiers jobs. Et on parle là, pour le coup, des diplômés. Les jeunes diplômés sont les Canaries du XXIe siècle, c'est ce que j'ai lu en préparant cette émission, un peu comme les Canaries qu'on envoyait dans la mine sacrifiée au coup de Grisou. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On entend bien sûr que c'est la formation, l'enjeu de l'employabilité, nous y viendrons.

Est-ce que, qu'est-ce qu'on ne sait pas faire en France que d'autres font mieux que nous ? Comment 75 000 jeunes peuvent-ils être sur le marché du travail avec rien ? Zéro diplôme, décrochage total, même pas le BEP. C'est pourquoi les dispositifs qui marchent, un jeune, une solution par exemple, ne trouvent aucune déclinaison efficace à grande échelle. Emploie des jeunes, décidément le trou d'air, c'est le téléphone sonne. Et soyez les bienvenus.

2:03
Auditeur

Éric, vous êtes dans le Vercors, bonsoir.

2:11
Présentateur

Oui, bonsoir. Soyez le bienvenu, Éric.

2:13
Invité

Voilà, merci. Du coup, je suis bien content d'être avec vous, puisque c'est toujours sympa d'écouter vos émissions. Moi, ce que je voulais dire, vous avez fait un peu balayer plein de problèmes dans votre intro. Ma fille, elle a un master. Et quand elle postule à un emploi qui correspond à son master, la réponse, elle est invariable. C'est, mademoiselle, vous n'avez pas 5 ans d'expérience. Donc, comment elle fait à partir de ça ? Et bon, elle cherche du travail par ailleurs, pas forcément lié à son master. Elle a fait plein de choses, de la menuiserie, du jardinage, du service, etc.

Moi, je rigole en disant à ces gens qui lui posent et qui lui disent ça, elle a une expérience infiniment plus variée que vous, ma fille, mais elle ne trouve pas du travail dans ce qu'elle sait faire. Et c'est quoi son master, d'ailleurs, Éric ? Elle a un master de sciences politiques. D'accord, ok. Et là, bon, donc, du coup, elle fait des formations, parce que les gens qui sortent de sciences politiques, c'est un peu des couteaux suisses, mais elle essaye de se spécialiser un peu. Et en fait, son idée, c'est de monter sa propre entreprise. C'est le marché du travail, à vis-à-vis des jeunes, c'est bon, elle a renoncé, je crois. Elle comprend qu'elle est dans une impasse.

3:31
Présentateur

Merci beaucoup, Éric, pour cette entrée en matière. Merci de votre participation au Téléphone Sonne pour discuter ensemble et jusqu'à 20h autour de la Tabilia. Adrien Ledoux, bonsoir.

3:41
Invité

Bonsoir.

3:42
Présentateur

Vous êtes cofondateur et directeur général de Job Teaser. Il y a Jean-François Giray qui est là également. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes économiste et directeur du Centre d'études et de recherche sur les qualifications. J'ai commencé avec vous, Adrien Ledoux. Cette phrase que notre auditeur entend, enfin, en tout cas, sa fille, il vous manque les cinq ans d'expérience. Moi, j'ai l'impression qu'on dit ça depuis toujours. Enfin, on me disait ça, moi aussi, quand j'avais l'âge de chercher du travail. C'est fou, quand même. On en est donc encore là.

4:09
Invité

Alors, c'est sûr qu'on voit que c'est difficile en ce moment, surtout en ce moment. C'est assez défavorable pour les jeunes parce qu'il y a surtout un contexte économique et une incertitude en ce moment qui fait que la tension devient plus forte qu'il y a encore quelques mois. Il y a aussi le sujet de l'apprentissage qui n'a pas aidé puisqu'il y a eu une baisse des aides ce qui fait qu'on a vu, notamment sur JobTeaser, une baisse du nombre d'offres sur l'apprentissage. Et effectivement, il y a l'arrivée de l'intelligence artificielle qui ne fascine pas les choses et qui met encore plus d'incertitudes. Donc, effectivement, les jeunes, en ce moment, c'est particulièrement compliqué pour eux.

4:46
Présentateur

Vous, JobTeaser, vous mettez en relation ? Vous faites quoi, en fait, exactement ?

4:50
Invité

Alors, nous, notre métier, c'est effectivement d'aider les jeunes à trouver un stage, un apprentissage ou un premier emploi et on aide les entreprises à les recruter, à identifier les bons talents pour leur organisation.

5:02
Présentateur

Et on verra qui est de bonne ou de mauvaise volonté avec vous. Et on reviendra aussi sur ce que vous nous dites sur l'IA. Effectivement, je l'évoquais tout à l'heure en introduction, mais peut-être que c'est justement, d'ailleurs, allons-y tout de suite, Jean-François Giray. Est-ce que c'est l'IA ? Est-ce que c'est typiquement ça, en fait ? C'est le premier job que l'IA, potentiellement, est en train de piquer, si j'ose dire, à certains jeunes gens ?

5:22
Invité

Non, c'est difficile de généraliser. Pour l'instant, je ne le pense pas. On ne peut pas dire que l'IA, pour l'instant, pique ce premier job. Donc, je pense qu'effectivement, il faut que les étudiants se professionnalisent et arrivent à trouver, à décocher ce premier job. Effectivement, l'apprentissage était une aide très forte pour ces jeunes. Cela dit, l'apprentissage est aussi utile pour d'autres niveaux de diplôme et notamment pour le moins diplômé qui en ont peut-être encore plus besoin.

Les stages sont aussi très utiles et là, je pense qu'il y a quelque chose à travailler en plus sur les stages et la manière de réfléchir, avoir des stages peut-être un peu plus réflexifs et de travailler un peu mieux le lien entre l'université et l'entreprise qui forment pour après en intégrer les jeunes. Il faut savoir qu'il y a 20-25% de jeunes qui trouvent leur emploi dans l'entreprise où ils ont fait un stage. Donc, ça, c'est aussi quelque chose qui est important.

6:25
Présentateur

On a un peu l'impression que c'est le diable qui se mord la queue, en fait, parce qu'on dit aux jeunes, effectivement, oui, mais tu n'as pas l'expérience, donc ils vont chercher l'expérience, mais pour aller chercher l'expérience, il n'y a pas moyen d'aller la trouver. Donc, du coup, on est obligé d'y aller avec un stage, mais un stage ne correspond pas forcément exactement au job qui correspond aux capacités. Puis surtout, ça ne peut jamais durer de toute façon le temps nécessaire à se former. Où est-ce que ça coince, Adrien Ledoux ? Est-ce qu'à votre avis, est-ce qu'il y a une envie, une appétence des entreprises à former un jeune qui arrive en disant je vais miser sur lui ?

Ou est-ce qu'il y a un refus, justement, de le former en se disant il va s'en aller, je ne mets pas d'énergie sur cette formation-là ? C'est quoi le problème ?

7:06
Invité

Alors, ce qui est vrai, c'est qu'en ce moment, on voit depuis maintenant quelques mois que les jeunes se projettent moins sur une durée longue en entreprise puisque c'est descendu à 17 mois. Donc, c'est assez faible. Et donc, ça peut chez certaines entreprises peuvent se poser la question est-ce que ça vaut le coup d'investir en formation si ce jeune peut changer en fait d'entreprise ? Mais en réalité, en fait, ils veulent plutôt changer de métier assez vite ou changer d'activité mais pourquoi pas dans la même entreprise ? Donc, on voit bien qu'il y a moyen quand même de les fidéliser.

Non, je pense que là où ça coince pour répondre à votre question, c'est parfois la mauvaise rencontre entre les formations et les besoins des entreprises. Il y a un paradoxe et que quand on parle aux entreprises, c'est qu'il y a des offres sur lesquelles elles ont des centaines de candidats, elles sont noyées, d'autant plus que maintenant, certains candidats vont utiliser l'intelligence artificielle pour postuler et il y a des offres où elles n'ont aucun candidat. Et donc, le vrai sujet, c'est est-ce qu'on forme bien les étudiants par rapport aux besoins réels des entreprises ?

Et ce que je trouve malheureux, c'est que parfois on s'engage dans une filière où on pourrait déjà savoir qu'il va y avoir assez peu de débouchés et étonnamment, l'étudiant n'a pas toujours l'information et pourtant, il est passionné par son sujet et il arrive et il se rend compte qu'il y a assez peu de débouchés. Je pense que ça, c'est un des soucis.

8:25
Présentateur

Voici Loïc. Vous êtes à Cambridge, Loïc. Bonsoir.

8:29
Invité

Oui, bonsoir.

8:29
Présentateur

On vous écoute, Loïc.

8:31
Invité

Oui, ce que je veux dire, c'est que moi, l'impression que j'ai, c'est que les entreprises françaises sont très frileuses dans leur recrutement et qu'elles veulent l'étudiant qui a fait exactement la formation et les stages qu'elles cherchent. Et dans mon cas, bien qu'ayant fait école-prépa, école de commerce, double diplôme à l'étranger et en passant par des camarades d'école de commerce qui étaient déjà dans les boîtes de conseil, notamment à Paris, je n'ai réussi à avoir aucun entretien. Ensuite, j'ai rencontré une boîte anglaise qui m'a recruté quasiment immédiatement. Ça a pris deux mois en tout et pour tous les divers entretiens. Et donc, depuis 2010, je suis à Cambridge.

Et ce que je constate aussi, c'est que quand nous, on recrute maintenant, on est beaucoup moins stricts sur le diplôme. On a recruté des gens qui ont fait des études d'écho, d'histoire, bien sûr, il y en a qui ont fait finance, il y en a qui ont fait maths, etc. Et oui, on les forme les jeunes. On sait qu'au bout de 3-4 ans, il y en a la moitié qui vont partir et les autres qui resteront bien plus longtemps. Mais c'est comme ça.

9:27
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Loïc pour cette expérience et ce témoignage-là. Jean-François, il nous dit qu'elles sont frileuses nos entreprises et que surtout, et c'est intéressant par rapport à Cambridge, par rapport à un pays anglo-saxon, nous, on est arc-bouté sur le diplôme, d'autres le sont moins que nous. Est-ce qu'on est resté un peu beaucoup de temps en arrière là-dessus ?

9:47
Invité

Oui, et je pense qu'effectivement c'est même pire que ça puisque, en fait, l'idée, il y a un sociologue qui parlait, les étudiants français ont la vitesse du TGV, on va vite, vite, tout au long des études pour essayer d'avoir les meilleures études sans s'arrêter, sans faire de pause, sans se réorienter. Et puis après, une fois au marché du travail, vite, vite, on trouve la bonne entreprise et puis après, on s'aperçoit, effectivement, je rejoins ce qui a été dit, qu'au bout d'un moment, les jeunes se disent, ben non, il faut changer.

Nous, dans nos enquêtes, là, on a fait une enquête sur, on fait des enquêtes qu'on appelle génération sur 750 000 jeunes qui sortent chaque année sur le marché du travail et ce qu'on a vu, c'est qu'un quart de ces jeunes, trois ans après, changeaient de projet professionnel. Ils voulaient changer de projet professionnel. Ils faisaient des actions pour changer, des formations pour changer de projet. Alors qu'ils étaient depuis trois ans sur le marché du travail. Et ça, c'est intéressant. Et ce qui est également intéressant, c'est que finalement, le rapport au travail de ces jeunes n'était pas forcément mauvais. Certes, il y en avait qui avaient des difficultés d'insertion, mais d'autres non.

Ils n'étaient pas dans des situations très difficiles, mais ils voulaient changer. Et on peut se dire que c'est peut-être parce qu'ils sont allés très très vite par rapport aux Anglais qui changent quand même un peu plus, qui ont plus de diversité dans leur parcours.

11:05
Présentateur

Et c'est intéressant parce que c'est quoi ? C'est la pression qui dit dépêche-toi, fais des études, trouve un diplôme et un boulot. C'est cette pression-là qui fait qu'ils arrivent et puis finalement, ce n'est pas ce qu'ils voulaient faire dans la vie ?

11:15
Invité

Alors, je pense qu'il y a eu une course au diplôme en France. On voit que, je crois que le nombre de diplômés de l'enseignement supérieur a été doublé en 20 ans et le nombre en école de commerce, ça fait x5. Donc, il y a eu, en tout cas, et à raison, parce que le diplôme est une certaine protection, mais il y a eu une course au diplôme qui fait qu'on ne se pose pas toujours à cette question. Et c'est une fois qu'on arrive sur le marché du travail qu'on se rend compte qu'on n'est pas toujours en adéquation. Et ce que je voulais dire par rapport au diplôme, parce que c'est important, là, en ce moment, ce qu'il faut comprendre, c'est que les recruteurs sont noyés.

C'est-à-dire qu'ils ont certaines entreprises, comme une grande entreprise d'audit m'a dit, on recrute, on reçoit presque 3 à 4 fois plus de candidatures qu'il y a 2 ans. Et maintenant, le diplôme redevient encore plus important parce que c'est une façon pour elles... De faire de l'écrémage au démarrage. Exactement. Alors qu'à un moment, il y a quelques années, comme c'était plus favorable, on entendait, on va élargir, on va recruter sur ce qu'on appelle les soft skills, les compétences, le diplôme n'est pas si important. Là, maintenant, comme ils sont noyés, le diplôme redevient au centre du sujet.

12:18
Présentateur

On a Marion sur WhatsApp qui dit, je vis en Angleterre. Ici, les entreprises sont beaucoup moins à cheval sur les degrés d'expérience. Les entreprises n'ont pas peur de former. La France a besoin de changer de mentalité. Est-ce qu'il y a un problème de mentalité aussi de la part des entreprises françaises ? On a le patron d'une agence d'architecture qu'on aura au téléphone dans un instant qui va pouvoir répondre aussi. Mais vous d'abord, Jean-François Giray, est-ce qu'on est resté finalement à une mentalité du travail d'avant, si je puis dire, avec aujourd'hui des jeunes qui aspirent peut-être à autre chose qui, en effet, vont changer ? Donc, on investit. Tant pis. Ces gens-là vont partir.

Il y en aura d'autres derrière. Est-ce qu'il faut changer de logiciel quand on est chef d'entreprise ?

12:56
Invité

Je pense qu'il faut effectivement ouvrir ces recrutements. Ça, ça me paraît assez clair. On avait fait une enquête auprès de chefs d'entreprise et on leur avait montré des CV. Et en fait, ils devaient évaluer un peu la qualité du CV. Effectivement, on voyait une prime, un, au parcours linéaire et deux, aux grandes écoles. Et s'il y avait des interruptions dans les parcours, si le jeune était parti faire le tour du monde, tout ça, il y avait une pénalité. Donc, ça veut dire qu'il y a une vision du parcours qui est très sélective et très académique.

13:29
Présentateur

Et qui est d'un autre temps parce que l'année de césure, maintenant, j'ai l'impression que chaque jeune que j'ai autour de moi, à un moment ou à un autre, a fait une année de césure, soit pour le plaisir, soit aussi parce qu'effectivement, on s'est trompé d'orientation avant d'entamer autre chose. Il y a cette année-là qui peut aussi servir à quelque chose. Vraiment, quoi, pardon. Oui, oui.

13:47
Invité

Nous, on l'a évaluée justement dans une autre enquête cette année de césure et on montre que si elle est réellement associée à un séjour à l'étranger, dans le cadre d'un emploi, là, ça marche. Son effet est positif. Mais si c'est juste j'ai fait le tour du monde ou même je me suis occupé

14:01
Présentateur

d'autre chose, ça ne marche pas.

14:02
Invité

Pas du tout. Et ça peut être même négatif. Il y a quelque chose qui est important parce que c'est quelque chose qu'il faut garder en tête, c'est que les jeunes, en fait, ils ont, contrairement à certains clichés qu'on peut entendre, ils ont envie de travailler. C'est-à-dire que ce qui nous a toujours positivement surpris dans les études qu'on a pu réaliser, que ce soit Job Teaser ou avec l'EDEC, notre partenaire, c'est que plus de 96% considèrent le travail comme un facteur d'épanouissement. Donc, en fait, ils veulent travailler, ils veulent s'investir et surtout, ils veulent être formés. C'est quelque chose qui remonte énormément.

Donc, il y a une vraie opportunité parce qu'ils sont en demande contrairement à ce qu'on peut attendre. Et donc, si l'entreprise joue le jeu, justement, elle va réussir à les fidéliser.

14:40
Présentateur

Allez, voici Guillaume. Bonsoir, Guillaume.

14:42
Invité

Bonsoir.

14:43
Présentateur

On vous écoute. Allez-y, Guillaume.

14:44
Invité

Écoutez, merci beaucoup de prendre l'appel et merci pour la qualité de vos émissions. Oui, du coup, je voulais juste apporter un petit témoignage et en fait, vous parlez d'une filière qui, pour moi, en fait, quand j'ai été en plus étudiant en école d'architecture, de pouvoir trouver rapidement du travail. Moi, j'ai eu la chance de trouver du travail rapidement. Mais aujourd'hui, je gère une agence et c'est vrai que il y a un gouffre qui se creuse de manière monumentale que moi, j'ai ressenti déjà il y a 10 ans quand je suis sur l'école mais encore plus aujourd'hui. Et aujourd'hui, en fait, je suis contraint de prendre des profils plutôt très qualifiés.

Mais on a du mal à en trouver parce qu'on est une petite structure. Donc, on est vraiment dans un entre-deux qui est difficile à gérer parce qu'on veut recruter des jeunes. Mais aujourd'hui, vu la taille de notre structure artisanale, on ne peut pas prendre le temps de former aussi longtemps qu'on devrait le faire. Et du coup, on essaye, on prend des contrats d'alternance, des contrats longs. Mais ça ne suffit pas toujours à combler la lacune entre la formation et la réalité du métier.

15:39
Présentateur

Merci beaucoup, Guillaume, pour ce témoignage. C'est intéressant ce que nous dit Guillaume, Adrien Ledoux. Moi, je voudrais bien former. Mais il est comme plein d'autres. J'ai une petite boîte. On a du boulot. Comment je fais ? Quel temps je prends pour pouvoir former quelqu'un ?

15:55
Invité

C'est sûr que je pense que c'est quelque chose qui est plus facile pour des grands groupes parce qu'ils se disent que déjà, ils vont pouvoir offrir des parcours de mobilité en interne qui fait que ça vaut le coup d'investir parce que pour répondre à cette exigence qu'ont les candidats de mobilité, cette volonté de changer parfois de métier, d'activité, etc., un grand groupe va pouvoir répondre donc peut investir dans cette formation. Pour une PME, c'est évidemment moins évident.

16:18
Présentateur

Et encore là, on est donc avec les jeunes qui sont diplômés. Ceux qui ne le sont pas rencontrent des difficultés qui sont bien plus importantes et peut-être plus durables d'ailleurs. Bonsoir, Bruno. Bonsoir. On vous écoute, Bruno.

16:31
Invité

Bonsoir, oui. On oublie souvent l'apprentissage, notamment l'orientation des jeunes. Souvent, c'est vu comme des voies de garage pour des CAP, BEP, dans les métiers du bâtiment, aussi dans l'industrie, dans l'injection plastique, par exemple. Et c'est dommage parce que souvent, c'est parfois les parents qui freinent, qui ont leurs enfants à faire des études. On ne sait pas trop où ils vont, mais l'apprentissage est souvent oublié. On voit des artisans tous les jours qui forment des jeunes. Ils y arrivent, malgré la taille très très réduite des petites entreprises.

Et je trouve qu'on n'arrive pas à orienter même des jeunes qui sont plutôt dans un bon niveau vers des formations parce que je pense que c'est la clé, quand même, la formation. Et aujourd'hui, on manque de salariés très qualifiés en plomberie, en pôlerie et dans beaucoup de métiers. Donc l'apprentissage, pour moi, et l'alternance, pour moi, est une solution. Et là, je suis un peu déçu par des mesures gouvernementales qui me paraissent diminuer les aides de l'entreprise.

17:27
Présentateur

Merci Bruno pour votre intervention. Jean-François Giray, c'est vrai qu'on a baissé l'aide des entreprises à l'apprentissage. C'était un dispositif qui datait de 2018. Je parle sous votre contrôle à tous les deux. Mais c'est vrai aussi qu'il n'y a jamais eu en France de démocratisation totale de l'apprentissage comme ça peut être le cas par exemple en Allemagne où c'est vraiment très naturel. On a toujours cette espèce d'idée que l'apprentissage c'est pour les non-diplômés du tout, c'est pour les gamins en difficulté. Est-ce qu'il faut en fait ?

17:59
Invité

Oui, c'est faux. Et je trouve qu'il y a eu des efforts ces dernières années pour le développement de l'apprentissage notamment dans les mains supérieures. C'est indéniable. Après, ce qu'on regarde en matière d'insertion, c'est vraiment la valeur ajoutée de l'apprentissage. L'apprentissage, ça coûte cher. Et donc, il faut regarder où est-ce qu'il est efficace et où est-ce que c'est équitable et où est-ce qu'il permet de corriger des inégalités sociales notamment. Et ce qu'on s'aperçoit, c'est que les efforts doivent être faits surtout dans le secondaire. C'est là où on voit qu'il est plus efficace.

La valeur ajoutée d'un élève qui sort par apprentissage est beaucoup plus élevée dans les filières qu'a dit monsieur, la plomberie ou autre. C'est là où on voit la valeur ajoutée de l'apprentissage et c'est là aussi où on voit que c'est des efforts importants que ça permet d'atteindre plus d'équité aussi, de corriger des inégalités sociales. Donc ça, c'est important. Sachant que, par ailleurs, l'apprentissage, ça coûte cher. Ça coûte cher à l'État. Donc il faut faire du choix peut-être.

18:51
Présentateur

Est-ce que le jeune qui est passé par l'apprentissage a une quasi-certitude de trouver du boulot derrière ou en tout cas un pourcentage qui est très élevé par exemple ? Donc est-ce que ça veut dire que la clé, puisqu'on essaye aussi c'est d'appuyer sur ce levier-là qui en effet coûte, mais d'appuyer sur ce levier apprentissage parce que oui, ça fait une formation très précise et ça donne un emploi à la clé. Est-ce que ça suffirait presque ? J'ai envie de dire ça ou pas ? Ça ne suffit pas.

19:19
Invité

Mais si vous appuyez sur l'apprentissage au niveau CAP, vous êtes sûr de diminuer peut-être par deux le taux de chômage des jeunes. Si vous l'appuyez au niveau master, il y aura un petit effet mais qui sera très marginal. Voilà. Donc si vous voulez où sont les gros bataillons de jeunes qui ont des difficultés d'insertion, c'est plutôt les jeunes non diplômés et diplômés de l'enseignement secondaire et c'est là où il faudrait se focaliser en termes de politique publique et où les effets sont les plus élevés et notamment ça peut être par le biais de l'apprentissage. On a vu quand même que ces dernières années il y a eu un boom de l'apprentissage même sur l'enseignement supérieur.

Il y a eu beaucoup d'écoles spécialisées qui se sont montées. ça a bien fonctionné. On a vu un nombre d'apprentis en France qui a fortement augmenté aussi sur l'enseignement supérieur. Maintenant le souci qu'il y a c'est qu'il y a eu cette réforme et qu'il y a des étudiants qui sont encore en école d'alternance et nous qu'on voit arriver sur le marché de l'emploi et ça ne s'est pas corrigé finalement le nombre de formations par rapport aux besoins et donc il y a des étudiants qui sont en cours d'études et qui sont en train de se réaliser qu'ils n'ont pas d'entreprise pour faire leur apprentissage. Ça, ça va être un problème qui va être assez conséquent.

20:29
Présentateur

Après, tous les... Enfin, beaucoup de... Je le disais en introduction, beaucoup de pays européens ont choisi des systèmes d'un marché du travail qui parfois peut être bien plus flexible, les fameux job act ou mini-job ou etc. qui peuvent aussi par ailleurs être décriés. La question que je me pose c'est est-ce que c'est ça qui fait tomber le chiffre du chômage des jeunes dans ces pays-là ? Est-ce que c'est l'ouverture du marché de l'emploi avec ce type de job ou est-ce que c'est simplement, si je puis dire, parce qu'avec ces jobs vont aussi une exonération pour les entreprises. Qu'est-ce qui fait au fond qu'on embauche un jeune ?

Est-ce que c'est l'exonération ou est-ce que c'est le mini-job ? Silence dans la salle.

21:08
Invité

Non, non. Moi, on peut en reparler du cas allemand parce qu'il est intéressant. Il y a un système d'apprentissage qui s'appelle le système dual en Allemagne et qui fonctionne, qui fonctionne beaucoup mieux que de très nombreux pays européens. Il est basé sur une alternance. Alors, c'est une alternance qui est à peu près au niveau, au fin du niveau de l'enseignement secondaire. Et c'est quelque chose qui fonctionne, qui marche. Alors, ils ont des problèmes et connaissent des problèmes, notamment d'attractivité. Mais l'apprentissage en Allemagne, c'est ce qui fait que le taux de chômage des jeunes est proche du taux de chômage des adultes. Et ça marche depuis 40 ans.

21:41
Présentateur

Mais du coup, ce que ça veut dire, c'est que le levier, il n'est pas sur la... Enfin, est-il sur la flexibilité de l'accès pour les jeunes ? Donc, c'est-à-dire des baisses de charges pour les entreprises ? Est-ce que ça, c'est l'accès principal ? Il est plutôt sur un apprentissage ou des choses dans ce goût-là, Adrien Ledoux ?

22:00
Invité

En tout cas, ce que nous, on a pu constater, puisqu'on a la chance maintenant d'être leader européen, on est dans plusieurs géographies, on a vu que la culture du mini-job dont vous parlez est plus développée dans d'autres pays. C'est vrai. Je pense en Angleterre ou en Belgique où tous les étudiants font ces jobs-là qui sont une manière pour eux de développer des compétences qu'ils peuvent valoriser après dans leur parcours professionnel. Et on a été surpris de voir qu'en France, on était un peu en retard là-dessus.

22:24
Présentateur

Mais qui ne sont pas bien payés par ailleurs et qui permettent effectivement aux employeurs de prendre et de jeter les salariés, ce qui est quelque chose.

22:31
Invité

Il peut y avoir des limites, mais c'est quand même une façon de développer ses compétences et de prouver des choses dans son CV. Et on sait que quand on est jeune, c'est difficile parfois de montrer son expérience parce qu'on arrive avec un CV qui est relativement vide et l'opportunité d'avoir pu faire preuve de certaines compétences peut être valorisée après dans le parcours.

22:49
Présentateur

Et même pour les non diplômés, on est d'accord avec ça. On est en train de parler de chômage des jeunes au Téléphone Son avec Adrien Ledoux qui est cofondateur et directeur général de Job Teaser avec Jean-François Giray qui est économiste et directeur du Centre d'études et de recherche sur les qualifications. Et nous sommes aussi avec vous. Luc, bonsoir. Soyez le bienvenu.

23:13
Invité

Bonsoir France Inter. Bonsoir à tous. Je vous appelle, oui, ça a été déjà un peu évoqué, mais en fait, c'est sur l'adéquation, je dirais, entre les formations et le corpus d'étudiants qui peuvent être rentrés dans une filière et les débouchés derrière. Voilà, donc cette question, aujourd'hui, il me semble qu'elle n'est pas complètement traitée ou alors on dit qu'on forme des étudiants pour qu'ils aient des savoirs, mais bon, c'est parfois des savoirs qui n'ont pas d'utilité directe sur le marché de l'emploi derrière. Donc c'est quand même à un moment donné peut-être un peu gênant au niveau du caractère professionnalisant de la formation.

Donc voilà, est-ce qu'il y a des choses qui sont envisagées pour améliorer cette situation et ne pas envoyer des gens dans les filières où on sait qu'il n'y aura pas de débouchés.

24:10
Présentateur

Merci pour votre intervention. Luc, est-ce qu'on forme vraiment des jeunes qui n'ont que des savoirs en fait, mais pas de métiers ? C'est ça ce que nous dit Luc au fond, Jean-François Giray ?

24:24
Invité

Non, je ne pense pas. Je pense qu'on forme des jeunes qui ont des compétences générales et qui ont des compétences spécifiques propres à certaines formations et certains métiers derrière. Et je trouve que ça, c'est très bien. Après, ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'effectivement, il y a des modes de recrutement dans les différents secteurs de l'économie qui sont différents et c'est effectivement, c'est plus difficile d'avoir un emploi stable dans certains secteurs que dans d'autres, dans la communication, dans le journalisme, vous le savez. C'est plus difficile que dans la banque ou dans la finance. Alors, cela dit, est-ce qu'il faut changer les choses ?

Oui, certainement, mais là où je voudrais insister, c'est que la formation, si vous voulez, si on veut essayer de changer un peu les choses, sont essentielles. Dans les métiers, on a fait une étude sur les métiers d'intention, par exemple. Donc, sur les métiers d'intention, effectivement, souvent, on voit que les jeunes partent des métiers d'intention. Mais, il y a deux choses qui sont importantes pour essayer de les garder dans ces métiers d'intention. C'est, un, il faut les former et deux, il faut que les conditions d'emploi soient correctes.

et c'est ça, peut-être, ce qui pêche avec, notamment, la proposition du Mélève, c'est qu'on voit que moins, dans un métier d'intention, vous avez de chances d'avoir un CDI, plus vous quittez ce métier. Donc, si vous dégradez encore plus les conditions d'emploi dans les métiers d'intention, vous allez avoir les jeunes qui vont le plus partir de ces métiers, quitter ces métiers. Et nous, on est plus spécialisés, évidemment, sur la partie enseignement supérieur et même au niveau de l'enseignement supérieur, on voit une inadéquation assez forte entre, d'une part, des secteurs qui embauchent très peu, il y a beaucoup de candidats, c'est la banque, l'assurance, tout ce qui est finance.

Vous avez des métiers inversement, tout ce qui est lié au métier d'ingénieur, ingénieur qualité, R&D, vous avez très peu de candidats. En France,

26:20
Auditeur

on forme 40 000

26:21
Invité

à peu près ingénieurs par an, le besoin est plutôt de 60 000, donc on voit bien l'écart. Et puis, il y a des métiers qui n'attirent pas, des métiers, notamment les ressources humaines, c'est un métier où les gens postulent très peu. C'est une question aussi parfois de complexité du métier perçu, difficulté, parfois ça peut être un sujet de rémunération. Et puis, tous les métiers liés à la cybersécurité, à l'environnement, sont des métiers pour lesquels il y a des gros besoins, beaucoup d'offres, mais peu de postulants.

26:47
Présentateur

Sur la cybersécurité, sur l'environnement, vous manquez assez fascinant quand même.

26:54
Invité

L'environnement, effectivement, c'est un sujet dont les jeunes parlent beaucoup et qui les intéresse, mais je pense que c'est à la fois quand on voit les métiers qui sont surtout autour de la RSE et autres, il y a des sujets de rémunération puisque c'est le premier critère de choix pour un étudiant, lié notamment au contexte économique, qui fait qu'il peut être un peu dissuasif.

27:16
Présentateur

Est-ce qu'il y a dans les freins, Jean-François Giray, on lit beaucoup ici et là, un problème de logement tout simplement. Le logement, c'est quelque chose qui revient très régulièrement. Le logement, ça bloque la mobilité potentiellement, surtout quand on s'approche des grandes métropoles et qui sont donc plus chères mais c'est là que sont les bassins d'emploi. Jusqu'à quel point cette histoire de logement est aussi un levier à activer pour essayer de faire baisser ce chiffre ?

27:41
Invité

Alors, effectivement, le logement, ça joue et cela joue notamment pour les moins diplômés. C'est toujours la question, les différences. Les moins diplômés s'insèrent généralement puis accèdent au logement, ils accèdent à l'autonomie et donc, effectivement, la difficulté, c'est d'avoir les moyens d'accéder à un logement d'abord. Alors, on a vu par exemple que du coup, l'apprentissage avait une valeur ajoutée très intéressante parce que le jeune pouvait accéder dès son parcours à un logement et puis après le garder tout au long de sa carrière.

Donc, ça avait en effet une valeur ajoutée très forte sur son parcours d'insertion parce qu'il avait déjà accès à un premier logement grâce à son apprentissage.

28:29
Présentateur

Vous disiez tout à l'heure qu'il y avait effectivement dans la proposition du MEDEF un certain nombre de choses qui n'étaient pas calées si je puis dire et c'est aussi la raison pour laquelle ça a été retoqué assez vite mais est-ce que dans l'idée il faudra de toute façon à un moment est-ce que ça fait partie des clés imaginer un dispositif qui sera un dispositif qui serait un dispositif directement destiné aux jeunes si on veut pouvoir frapper un coup sur le chiffre du chômage des jeunes à votre avis ou pas ? Est-ce qu'on est obligé d'en passer par là pour dire les choses en fait l'un et l'autre ?

28:58
Invité

Nous, en fait le sentiment qu'on a c'est que les jeunes ils sont motivés ils ont envie de travailler ils ont envie d'avoir de l'impact et ils sont très engagés et ce qui est étonné aussi c'est qu'ils veulent une ascension verticale ont besoin surtout de beaucoup de confiance en fait c'est ça qu'on mesure parce que parfois on entend que les jeunes sont désengagés ils sont difficiles à motiver mais nous on voit un peu tout le contraire on voit que s'ils sont mis dans les bonnes conditions et qu'on leur donne des missions à forte responsabilité ils vont donner le meilleur d'eux-mêmes et on pense que c'est un peu l'inverse qui risque de se passer si on leur dit tu es recruté mais quelque part en sursis c'est l'inverse de les responsabiliser et on risque justement de leur faire peur et que c'est un effet contraire à l'effet souhaité

29:39
Présentateur

parce que ce genre de mesures Jean-François Giray est-ce qu'au bout du compte ça allait vraiment aller vers ceux qui en ont le plus besoin c'est-à-dire ceux qui sont non diplômés ou qu'à la fin et c'est l'effet pervers en fait c'est les entreprises qui ont besoin de diplômés mais qui au fond ne prennent pas de risques qui auraient utilisé ce genre de système-là

29:55
Invité

oui c'est un risque effectivement et donc le problème je l'ai déjà dit c'est pour les 70 000 jeunes qui sortent avec rien avec rien et ceux-là nos inquiètes montrent qu'ils voilà 3 ans ou 4 ans après ils sont à 60% toujours avec rien avec rien ils y restent ils restent dans cette situation parce que c'est pas grave quand on y passe c'est souvent le cas des étudiants alors c'est problématique effectivement mais souvent ils s'en tirent les étudiants mais les jeunes vraiment sont en diplôme eux ils y restent et donc là il y a quelque chose à faire et en fait ce qu'on voit il y a aussi on fait des tests il y a des enquêtes qui ont permis de mesurer la littératie la numératie c'est-à-dire les compétences de base et elles sont très très faibles pour ces jeunes-là et on sait que le premier objectif c'est de les remobiliser sur une formation qui permettrait d'arriver à avoir un niveau minimum de qualification parce que ça c'est important aussi avoir un niveau minimum de qualification sur le marché du travail c'est ça qui va faire leur employabilité à long terme effectivement un petit job peut créer une employabilité à court terme mais si après il s'arrête si le jeune n'a plus rien s'il n'a aucune certification derrière ça ne l'avantage pas ça ne va pas l'avantager à moyen terme

31:03
Présentateur

c'est un problème Simon est avec nous bonsoir Simon

31:05
Invité

bonsoir on vous écoute Simon je vous en prie allez-y écoutez moi je voulais simplement rebondir sur une chose et mettre en avant donc mon corps de métier je suis aujourd'hui couvreur d'un gueur je suis issu d'un bac S donc une reconversion professionnelle qui est très mal vu dans nos sociétés et on a vraiment du mal aujourd'hui nous à trouver des jeunes apprentis on a un métier qui est en tension depuis plus de 20 ans et aujourd'hui on ne cherche pas les compétences on ne va pas chercher la qualification on ne va pas chercher on ne va pas chercher ça on va vraiment chercher l'humain la personne qui sera capable et motivée donc pour vraiment suivre l'apprentissage apprendre un métier et évoluer à travers cela j'ai moi-même pu en fait du coup à travers l'apprentissage de mon métier voyager que ce soit en France en Canada en Nouvelle-Zélande exercer mon métier gagner en compétences et me développer je pense en tant qu'être humain en tant que professionnel et revenir vraiment en France en France

32:11
Présentateur

Vous le vendez bien votre métier de couvreur zingueur parce que vous avez raison il y a une espèce d'image en fait mais c'est le cas au fond de tous les métiers qui sont purement des Mathieu Emmanuel ce que ça veut dire Simon si je vous entends c'est que vous avez tellement peu de monde que même quelqu'un qui a zéro compétence vous prenez et vous lui apprenez le métier de A jusqu'à Z Oui tout à fait Et ça marche ou pas mais sérieusement

32:34
Invité

que ce soit une personne qui souhaite rester dans notre entreprise ou que ce soit une personne qui ira dans une autre entreprise oui aujourd'hui une personne motivée une personne qui veut apprendre le métier nous l'accueillons avec les bras ouverts et nous lui apprendrons ce que nous savons faire ce que nous savons faire

32:52
Présentateur

Et je suis sûre que vous le faites bien j'ai juste une dernière question après je vous promets je vous lâche ce que vous formez est-ce qu'il reste en fait parce que quand on on n'est pas parti pour être couvreur zingueur ou autre chose mais qu'à l'intérieur de l'entreprise parce qu'on y a trouvé un chez soi on y est formé on y apprend un métier est-ce qu'on reste ou pas ?

33:11
Invité

Aujourd'hui j'ai de la chance oui d'avoir mes collaborateurs qui restent ils ont des profils après qui le permettent car la plupart de nos collaborateurs sont des gens qui sont en reconversion donc des gens qui ont la trentaine ou qui ont 25 ans mais oui il reste j'ai de la chance pour ça mais je suis quand même très heureux de pouvoir d'espérer accueillir des jeunes apprentis qui continueront eux-mêmes leur voyage et d'apprendre d'entreprise en entreprise afin d'acquérir vraiment de plus amples connaissances

33:41
Présentateur

Merci beaucoup Simon merci vraiment parce qu'encore une fois vous le vendez bien votre métier et aux jeunes qui ne savent pas quoi faire peut-être qu'en vous écoutant ça leur donnera du baume au cœur je rajoute à votre à votre remarque cette remarque de Boutier sur WhatsApp qui dit pour ceux qui n'ont aucun diplôme c'est par les artisans que c'est possible il faut donc aider les artisans et je trouve que cette remarque a du bon sens Jean-François Giray Oui tout à fait

34:03
Invité

c'est ce qu'il faut faire et effectivement il faut viser des politiques publiques qui ciblent les artisans et les jeunes qui ont effectivement des bas niveaux de qualification qui peuvent se remobiliser sur des projets comme cela je voyais par exemple dans les chiffres sur l'apprentissage ce qu'on voit c'est que les jeunes de bas niveau qui vont dans l'apprentissage ils restent beaucoup plus dans la même entreprise formatrice que les jeunes qui auront un master donc ça capte ça permet de capter les jeunes dans l'entreprise et notamment

34:33
Présentateur

vos hyper décrocheurs les fameux 75 000 qui sortent avec absolument rien même pas le BEPC c'est vers un artisan qu'il faut essayer de les tirer

34:41
Invité

tout à fait

34:42
Présentateur

mais est-ce qu'il y a des systèmes qui sont globaux pour pouvoir être attirés vers des artisans on a l'impression souvent dans ces cas-là qu'on est un peu au coup par coup et au coup par coup effectivement ça peut marcher le fameux système un jeu d'une solution au coup par coup et pour certains ça peut fonctionner mais on a l'impression que ces systèmes-là s'arrêtent au fond à ce niveau-là sans amener une vraie vague qui serait un vrai système ensuite au niveau national chez nous ou pas vous pouvez me dire non

35:12
Invité

oui non mais oui en fait la question c'est la préparation est-ce qu'un jeune décrocheur qui rentre dans une période de latence de deux ans après avoir quitté l'école il faut le préparer il faut l'accompagner vers une solution c'est ça le problème et on ne peut pas penser c'est difficile de penser que ça va se faire directement un jeune un employeur sans qu'il y ait cette accompagnement cette intermédiation il y a des politiques publiques qui existent sur ce point et qui sont intéressantes et c'est vers ça qu'il faut travailler et il y a un sujet de revalorisation peut-être aussi des métiers de l'artisanat comme celui de Simon notamment oui parce qu'en fait on en revient au sujet de la massification des diplômes mais il y a dans l'imaginaire collectif on se dit il vaut mieux quand même poursuivre mes études faire un continuer sur la voie d'un master un master spécialisé et j'ai l'impression qu'en France par opposition à d'autres pays on se dit que ça c'est la voie royale alors que c'est pas forcément toujours un bon calcul par rapport aux besoins de l'économie

36:19
Présentateur

mais pas pour tous en fait c'est ça qui est intéressant c'est la voie royale pour certains en effet pas pour tous mais c'est comme si on avait un peu ri les autres Gaël il nous reste très peu de temps mais je vous en prie et je vous écoute

36:28
Invité

je vous remercie déjà de prendre ma remarque alors moi j'ai en fait j'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'ont incité à travailler jeune en job d'été donc dès 16 ans j'ai pu rentrer dans une entreprise alors je vais pas dire ça de manière péjorative mais j'ai mis des saucisses en barquette tout un été et je peux vous dire que ça m'a vraiment motivée en fait pour travailler à l'école en me disant non je veux pas mettre des saucisses en barquette toute ma vie d'accord voilà et je veux pas faire ça toute ma vie et en fait ça m'a vraiment permis d'avoir un carnet de contact et de en fait lancer pour moi lorsque j'ai voulu faire mes études et bien sûr après mon premier travail déjà j'avais un CV en me disant j'ai travaillé dès 16 ans j'ai travaillé à 17 ans en fait ça a vraiment montré une réelle motivation et je voulais juste rebondir sur l'auditeur précédent la motivation moi je suis chef d'entreprise aujourd'hui et en fait quand j'ai des jeunes qui viennent me voir même s'ils n'ont pas d'expérience dans le domaine dans lequel je travaille et bien voilà la motivation leur envie et bien on les prend en stage et si ça matche bien on les garde en fait voilà

37:27
Présentateur

merci beaucoup Gaëlle vive la motivation évidemment vive l'envie ce que dit Gaëlle aussi c'est job d'été dès 16 ans ouvrir les entreprises à ce genre d'initiatives beaucoup plus qu'aujourd'hui parce que ça forge le CV aussi ça permet de peut-être d'avancer pour le premier job Adrien Ledoux

37:43
Invité

déjà les entreprises le font assez peu on voit bien que c'est compliqué pour les étudiants de trouver ses stages courts dès qu'on est sur les stages courts l'entreprise a un peu du mal à le gérer et c'est très difficile c'est difficile

37:54
Présentateur

par ailleurs pour une entreprise

37:55
Invité

oui parce que c'est compliqué ça peut durer quelques semaines et c'est pas assez mais je voudrais aussi rebondir sur un phénomène qui est intéressant qui est en train de se passer c'est qu'avec l'intelligence artificielle tout ce qui est compétences dures art skills devient peut-être moins important et on entend parler de ces nouvelles de l'importance de la motivation de la capacité à apprendre de la capacité agile qui deviennent à nouveau clé et qui peut-être peut donner une chance à des profils qui vont montrer une motivation

38:23
Présentateur

être agile en effet pour contrer l'intelligence artificielle et l'intelligence artificielle je repense à notre ami Simon couvreur zinger là au moins on est sûr que c'est jamais une IA qui sera couvreur et zinger et tant mieux merci beaucoup au moins on est sûr

38:36
Locuteur

de l'intelligence artificielle et l'intelligence artificielle et l'intelligence artificielle