Récits d'Amérique Latine, avec Santiago H. Amigorena et Martín Caparrós
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] on l'appelle l'Amérique du Sud car c'est la partie méridionale de ce continent situé majoritairement dans l'hémisphère sud on l'appelle aussi l'Amérique latine car elle englobe ses pays qui ont en commun d'utiliser comme langue officielle des langues romanes l'espagnol bien sûr le portugais ou encore le français des langues dérivées du latin mais cela fait-il une unité pour comprendre l'histoire passée de ce continent et sont présents rien de mieux que le voyage parcourir ses 20 millions de kilomètres carrés au moins en partie découvrir ses peuples ces langues donc dresser le portrait d'un continent divisé pour cela nous avons invité deux écrivains baroudeurs né en Argentine nous avons demandé à la communauté du book club quel livre lire pour découvrir cette région du monde conseil de lecture à suivre dans quelques instants bien sûr ainsi que ceux de Pierre Croce bonjour Pierre bonjour Nicolas bonjour à tous de notre partenaire babelio.com nous voyageons jusqu'à 13h30 dans le Book Club bienvenue le quartier de Buenos Aires à la province de coriandes [Musique] qui pique comme personne et je me propose de vous dire celui du Sud nul ne le vit débarquer dans la nuit unanime [Musique] France Culture le Book Club Nicolas Herbault #book club culture [Musique] [Musique] les mots de la Rocky rappeuse actuelle d'Argentine et les voix que vous avez entendu de Grégory Marceline de la communauté du book club qui nous accompagne dans cette découverte de l'Amérique latine bonjour Santiago amigo Rena bonjour merci beaucoup d'être avec nous à distance et en direct dans le Book Club alors vous êtes romancier l'auteur aux éditions PEL d'un immense projet autobiographique que vous avez intitulé le dernier livre vous l'avez découpé en six grandes parties une jeunesse aphone c'est le titre de la deuxième partie dont vous nous présentez aujourd'hui le chapitre 1 j'espère que tout le monde a bien suivi chapitre 1 qui s'intitule le premier exil et qui est réédité au format poche en septembre prochain vous nous racontez dans ce chapitre les six années de votre enfance que vous avez passé en Uruguay quand votre famille avait dû fuir l'Argentine ou vous êtes né après le coup d'État militaire on est donc en quelque sorte Santiago Amigorena aux origines de ce projet littéraire puisque c'est à ce moment-là très jeune à l'âge de 6 ans que vous avez débuté l'écriture ça six ans que j'ai appris à écrire donc une certaine façon je vais débuter toutes les écritures possibles à ce moment-là mais bon je veux pas compliquer encore plus en détaillant le l'ensemble du projet qui est à six parties d'où ce chapitre des années et surtout beaucoup d'origine diverses donc on peut dire que ce livre là est à et l'une des origines est à l'une des origines donc l'apprentissage de l'écriture à 6 ans et en première exil d'Argentine en Uruguay dû à une dictature que tout le monde a un peu oublié mais voilà je parle souvent de l'ensemble du projet je pense que c'est plus on parle plus c'est compliqué à comprendre je vais je vais épargner quelques auditeurs raconter peut-être juste en un mot qu'est-ce que vous écrivez au moment où à l'âge de 6 ans vous apprenez à écrire est-ce que vous vous souvenez de vous vos premiers écrits poèmes récit oui en fait c'est l'ensemble de l'histoire de tout le projet raconte la vie d'un narrateur qui ne parle pas donc qui a un enfant absolument la conique et qui en découvrant l'écriture je pense qu'il voilà qu'il a une langue possible et en fait après peu à peu à l'adolescence l'âge adulte ils se rend compte que là que l'écriture est aussi une autre forme de silence donc entre 600 et 12 ans il y a un peu l'enthousiasme d'apprendre à écrire et de se dire voilà c'est possible de parler et évidemment parler dans l'écriture c'est toujours à travers des métaphores des jeux de mots voilà des jeux de langage qui sont peut-être plus complexes que ceux de la langue orale donc dans le livre il y a des poèmes écrits à cette époque là il y a aussi évidemment des poèmes apocryphes que j'ai menti avoir écrit quand j'avais 6 7 8 ans puisque voilà puisque tout ce que je raconte sur cet enfant qui s'appelle Santiago amigo Reina et vrai il faut à la fois alors on est en liaison avec notre second invité c'est martinkarose bonjour je vous ai entendu rire pendant que Santiago amigo Reina racontait son enfance vous êtes né vous aussi en Argentine ça vous parle ce que vient de raconter Santiago ça veut quoi pardon ça vous parle ah ouais ouais absolument les poèmes je riais des problèmes qu'ils disent avoir enfin forgé comme étant écrit à 6 ans 7 ans et qui en général je suppose que c'est ça quoi ça vergogne de dire qu'il les a vraiment écrit quand il avait en fait il y a une particularité dans le fait de parler à distance avec Martine caparos c'est que il est un personnage assez important de mes livres puisque puisqu'il m'a connu quand je suis né en les cousin très proche et donc voilà je me méfie de tout ce que je peux dire là parce que ce sera ce sera infirmé absolument par mon cousin donc on va on va on va vous laisser nous raconter aussi peut-être des choses plus intimes en tout cas juste pour vous compreniez bien Martine caparos est en train de nous rejoindre dans le studio de France Culture il est actuellement sur le trajet et c'est pour ça que on l'entend un tout petit peu moins bien mais il va nous retrouver évidemment dans quelques instants Martin caparovs qui est donc journaliste romancier essayiste une figure intellectuelle majeure du monde hispanophone nous dit votre éditeur Gallier marche et qui vous publiez en ce mois de juin un voyage dans le présent de l'Amérique hispanique son titre c'est niaméric puisque c'est ainsi que vous rebaptisez l'Amérique hispanique l'Amérique latine pour souligner à la fois son étrangeté et ses liens privilégié avec la langue espagnole Seigneur Martin caparos aime-t-il dit c'est une lettre que vous qualifiez de bizarre pourquoi qu'est-ce que je qualifie de bizarre le NT le mieux que vous mettez au début de ni Amérique il faudrait que je vous explique ça en détail mais c'est la lettre qui symbolise l'espagnol ou comme je préfère de l'appeler le Castillon donc c'est un peu pour ça que j'ai ajouté cette lettre au mot en Amérique et pour dire que je voulais parler justement je voulais essayer de de raconter de comprendre qu'est-ce que c'est que l'Amérique qui parle de Castillon en ce moment une région sur laquelle on a tant de tricher tant de lieux communs et si peu de connaissances et c'est tout l'objet de vous remercier parce que effectivement je suis sur le point d'arriver à la Maison de la radio et je voulais vous remercier d'avoir pris le soin de m'organiser un espèce de grand bouchon sud-américains sur Paris pour que je me sente un peu chez moi alors je crois que c'est un grand effort de production que je voulais remercier quoi on a mis les moyens effectivement merci beaucoup Martine caparose de nous rejoindre vous allez nous rejoindre dans le studio dans un instant on va évidemment parler de la langue espagnole mais on va se plonger dans la littérature avec Grégory l'un de des membres de notre communauté qui nous parle de son auteur préféré et on fait réagir nos deux invités juste après si je choisis de vous parler de Rory Louise Borge c'est pas seulement parce qu'il est un des plus grands écrivains d'Amérique du Sud mais parce qu'il y a un de mes écrivains préférés tout court le livre de sable fiction le rapport bredit le sud autant de livres formidable des histoires fantastiques une érudition qui vous laisse pas de côté mais qui vous embarque une langue une musicalité cette capacité inouï qu'il a de vous plonger dans ses histoires en quelques mots ils maîtrise cet art de Linke comme personne et je me propose de vous dire celui du Sud nul ne le vit débarquer dans la nuit unanime nul ne vit le canot de bambou s'enfoncer dans la forge sacré mais quelques jours plus tard nul n'ignorait que l'homme taciturne venait du Sud et qu'il avait pour patrie un des villages infinis qui sont en amour sur le flanc violent de la montagne ou la langue zen mais pas contaminée par le grec et où la lettre est rare on parle donc de cette langue la musicalité c'est ce que nous dit notre lecteur Grégory qui est libraire du côté de Montrouge et et qu'on me remercie Santiago Amigorena Borges votre compatriote argentin est-ce que ça reste une référence pour vous est-ce que vous vous êtes aussi plus critique sur ce qu'il écrit au début du 20e siècle moi je suis beaucoup moins critique que le libraire qui a parlé il a précisé que c'était un des plus grands auteurs sud-américains c'est tout simplement des plus grands auteurs de l'histoire de la littérature mondiale c'est pour moi c'est une référence absolue quoi dans le 20e siècle je pense pas qu'il y ait 5 écrivains qui sont aussi importants que Borges c'est ce quelqu'un qui a fait qui a fait une œuvre qui a absolument incomparable qui en même temps un seul livre immense qui est quand même le labyrinthe dont il parle souvent et où on rentre par chaque poème par chaque nouvelle par chaque essai parce qu'il n'a écrit que des textes courts donc c'est ça particularité mais sa forme un livre absolument immense que je n'ai jamais cessé de lire depuis que je suis depuis quand je dis ça vite avant que mon cousin arrive mais depuis que j'ai 11 ans voilà mon père m'avait offert un livre de bordée à ce moment-là le rapport de Brody qui venait de paraître donc c'est un écrivain qui est extrêmement important pour moi votre cousin c'est Martine Caparo ce qui est en train de nous rejoindre dans la maison de la radio dans le studio de France Culture Santiago abigorina on parlait de langue avec lui il y a quelques instants vous vous écrivez dans quelle langue moi j'ai toujours écrit en français en fait je suis arrivé en France quand j'avais 12 ans donc j'ai plus lu en français et le français d'ailleurs à cette particularité qui est assez extraordinaire c'est accueillir énormément de écrivains de langue maternelle étrangère qui est une vraie tradition depuis Casanova poteau qui bon évidemment jusqu'à Beckett sur rencontre la bande roumaine disons c'est une langue qui a beaucoup accueilli de d'écrivains ce qui n'est pas le cas de l'espagnol par exemple donc je me sens très voilà très accueilli par la langue française par la France c'est une autre une autre histoire je pense que peut-être le français accueille tellement parce que la France accueille un peu mal mais dans le premier allez-y non non j'écris vraiment en français je peux écrire des poèmes ou des petites choses en anglais ou en espagnol mais ma langue vraiment d'écriture et le français ce qui est marquant dans votre récit le premier exil c'est cet arbre branche dont vous parlez le Gomero c'est là où vous avez Parcé une partie de votre enfant perché dans cet arbre et cet arbre c'est un peu le symbole de ce que vous appelez justement ce premier exil puisque vous êtes né en Argentine et que vous avez dû quitter l'Argentine pour pour l'Uruguay quel souvenir vous avez de ce moment qu'est-ce qui explique ce chemin de de l'exil pour votre famille en fait dans le livre j'essaye de raconter ce textile comme je l'ai vu alors donc quand j'avais 6 ans le quoi les raisons ils sont assez simples c'est il y a eu un coup d'État de gagner donc il y a un coup d'État qui est un peu tombé dans le l'oubli parce que c'est pas le coup d'État le plus fameux qui est le plus sanglant aussi le plus le plus dur qui se qui a eu lieu en 76 donc moi je parle d'Alexis dans les années 60 qui nous a fait partir un an et demi après donc voilà mais de la particularité de ce de ce coup d'État avait été de fermer des universités il y a un événement qui est très connu dans l'histoire argentine récente qui s'appelle La Nuit des longs bâtons parce que c'est la police est allé frapper les étudiants et les professeurs d'une manière un peu indistinte à l'université de Buenos Aires et voilà mon père était prof à la fac mais deux parents étaient psychanalystes et on avait interdit aussi aux psychanalyste d'exercer s'il n'était pas médecin ce qui était aussi le cas de ma mère et mon père donc voilà le départ on Uruguay il se fait pour ces raisons là mais mes souvenirs précis c'est vraiment des souvenirs enfants que j'essaie de retrouver que j'essaye de raconter en restant plutôt l'enfant que j'étais ou en tout cas en écoutant cet enfant-là sans lui coller tout le fatras adulte dont on encombre notre mémoire elle l'Uruguay que vous décrivez aussi comme une énigmatique suisse de l'Amérique latine qu'est-ce que ça veut dire oui ça me paye très particulier il a cette fonction particulière de d'être entre les deux grandes puissances de l'Amérique du Sud la vraie grande puissance qui est le Brésil et la fausse grande puissance que l'Argentine et au milieu il y a ce pays tampon comme un peu comme la Suisse ou comme le Liban et qui est devenu un pays de banque un pays de finances un pays qui a connu montré longtemps une démocratie un peu plus durable que les autres pays latino-américains où il y avait pas une tradition de l'armée de prendre le pouvoir tous les tous les six mois ou tous les deux mois donc voilà il a il a un certain nombre de ressemblances avec la Suisse alors on va en parler évidemment de ce pays de saint-exil et de ce que vous racontez dans ce premier exil ce chapitre donc de la seconde partie de votre grande autobiographie mais Santiago Amigorena je dois être tout à fait honnête avec vous votre cousin et là ça y est merci beaucoup Martine c'est d'être dans le studio de France Culture d'avoir bataillé contre contre ces bouchons on parlait de la langue et tout à l'heure racontez-moi votre votre vision de cette Amérique que vous n'appelez pas à mérite latine mais plutôt Amérique hispanique et notre lecteur disait tout à l'heure il y a une musicalité une langue aussi dans dans ses récits là oui c'est que en fait il y a quelques années enfin j'ai passé beaucoup d'années à parcourir un parcourir l'Amérique latine depuis une trentaine d'années je fais du journalisme des grands protège des chroniques sur le continent mais à un moment donné il y a 5 6 ans je me suis dit que la plupart des choses qu'on croyait savoir qu'on croyait penser sur cette région était déjà dépassé correspondait à des réalités anciennes ou étaient juste des mythes enfin des lieux communs des clichés et que ça valait peut-être la peine que de réviser tout ça et voir comment c'était commencé en réalité maintenant ce continent et de dès lors j'ai commencé bon à le parcourir à nouveau cette fois-ci avec un plan qui venait du fait que j'avais quand même trouvé une première piste dans tout ça c'est que puisqu'on pense en général surtout du loin l'Amérique latine comme étant un espèce de de grands je sais plus comment on dit de grands coins de la nature enfin de les selles les montagnes les Verts c'est tout ça bon c'est justement en ce moment la région où il y a le plus le plus grandes proportion de population urbaine au monde il y a 50 ans la majorité de la population était rurale maintenant les normes majorité est urbaines donc c'est un continent qui a énormément changé dans la mesure où il y a eu tout ce déplacement alors j'ai commencé ma recherche en visitant les sept ou huit villes que j'ai trouvé de plus importantes et on essayait en deux raconter comment elles sont pour ensuite essayer travailler sur certaines problèmes sur tes questions précises du de la région et j'ai appelé ça à une Amérique ou américain hispanique parce que je me suis vu d'une certaine façon forcée à laisser dehors le Brésil le Brésil c'est une réalité tout à fait différente des proportions tout à fait différentes une histoire différente une langue différente on se rend pas compte nous on Amérique latine la l'originalité absolue du fait que il y est 20 pays qui parlent de la même langue ça n'existe nulle part ailleurs dans le monde il existe plutôt le contraire il y a des fois il y a un pays où l'on parle 20 langues mais vingt pays où l'on parle qu'une ça n'existe nulle part et ça crée quelque chose parce que avec avec des disparités aussi puisque vous vous racontez évidemment de dans cette langue espagnole qui vient évidemment du latin il y a des différences et entre certains pays le même mot n'a pas le même sens par exemple ça m'a beaucoup amusé ah ouais on s'amuse avec ça bien sûr mais on peut s'amuser parce que on a une base commune alors on cherche les différences et on se marre beaucoup beaucoup et on se marre de l'étranger qui vient je sais pas en Argentine en espagnol qui dit qui est le autoroute et là on argentin ça voudrait dire qu'il voulait en disant faire l'amour avec un bus ce qui est difficile pour le moins et donc en fait c'est un comptable qu'est-ce qui t'arrifie qu'est-ce qui définit cette culture ni américaine d'Amérique hispanique selon vous malheureusement il y a pas mal de traits qui sont pas très positifs disons il y a déjà c'est la région la plus inégale du monde et ça c'est dur et j'ai essayé aussi de penser pourquoi je veux dire ne pas me limiter à le signaler mais d'essayer de penser pourquoi j'ai une petite hypothèse là dessus je pourrais essayer de synthétiser c'est que depuis le début depuis le 17 le 16e siècle la richesse latine c'était l'extraction et l'exportation des matières premières et puis l'argent que les Espagnols prenaient au pot aussi jusqu'à la coque ou cocaïne que les Colombiens au mexicains exportent maintenant en passant par tout le reste la canne à sucre le soja le blé la viande le cuivre le pétrole etc ça a été toujours la même chose c'est extraction et exportation de matière première or quand une richesse quand une société est basée là-dessus les riches n'ont pas besoin n'ont pas trop besoin de leur pauvre pour travailler parce que cette extraction n'a pas besoin de beaucoup de main d'oeuvre alors ils ont pas besoin de leur pauvres pour travailler et comme en plus le marché est ailleurs parce que c'est une exportation alors ils sont pas non plus besoin de la pauvre pour consommer donc ils ont pas besoin de leur ordre donc ils peuvent les garder dans des situations vraiment insupportables dans une situation de pauvreté encore plus forte et de ne pas les les en sortir Santiago Amigorena vous avez cette même image d'un continent de d'une région du monde très inégalitaire très divisée oui bien sûr je pense que d'une certaine façon le fait qu'elle soit arriérées par rapport à ce qu'on pourrait appeler un progrès ou les pauvres sont moins pauvres n'empêche pas qu'elle est aussi en avant-garde d'une certaine façon parce que partout dans le monde les pauvres sont à chaque fois plus pauvres et les rives sont à chaque fois plus riches donc c'est peut-être une particularité qui va se perdre peu à peu mais je suis tout à fait d'accord avec eux Martin c'est historiquement voilà c'est un pays où le ou les gens au pouvoir politique le pouvoir politique et économique n'a jamais eu besoin de s'occuper des pauvres c'est à dire de son peuple ils ont besoin juste d'un État qui les contiennent et c'est pour ça c'est à ça qui servent les états ni américain c'est à contenir ces pauvres d'entre s'occupe pas autrement et à les contenir soit dans les cas les plus faciles par le biais de des dons des dons de bouffes des allocations etc et dans certains cas où ça ne marche plus avec avec l'usage de la violence on est en train de se demander dans le book club qui qui pour raconter cette culture sa région alors il y a évidemment vous deux nos invités mais il y a aussi des des écrivains qui qui connaissent un grand succès dans tous les coins de la planète et notamment Gabriel Garcia Marquez pierre Croce de babelio.com qui est l'un des livres peut-être les plus reconnues et commenté sur Babelio sur l'étiquette Amérique du Sud c'est le livre qui est le plus populaire c'est donc effectivement sortant de solitude magnifique saga sur un siècle contenant grandeur et décadence sur cette génération d'une famille bolivienne entre exil révolution effectivement exploitation sans presque sortir de ce village de makondo j'y vois aussi un petit côté Zola à travers la recherche de l'auteur des ressemblances dissemblances générationnelles une autre critique l'écriture de Garcia Marquez m'a étrangement rappelé celle de Zola et j'ai très souvent eu l'impression de lire les Rougon-Macquart en version condensée et abrégé est-ce que vous voyez vous les peut-être les les parallèles entre ces écrivains et surtout sur la littérature peut-être sud-américaine c'est vraiment là qu'est-ce qui le fait qu'ils sont encore pertinents aujourd'hui s'il a été s'il a jamais été pertinent ce qui est déjà une assomption sur le sur laquelle on pourrait discuter entre Zola et Garcia Marcus je vois vraiment peu de ressemblances surtout en sont faits que Zola était un réaliste acharné et Garcia Marquez c'est un irréaliste ou réaliste magique disons et là ça les sépare complètement et ça m'est Garcia marquise dans l'endroit où il fallait être parce que ça permet au lecteur du monde de continuer d'imaginer l'Amérique latine comme ce terre un peu mythique un peu magique ou se passe des choses étranges où les femmes veulent et les je sais pas c'est ce que vous dites c'est ce fameux boom des années des années 60 vous dites que de ces écrivains ont mis au point une image de Lamy américain qui a perduré verte vigoureuse la musique mystérieuse aujourd'hui on en revient c'est une démarche romantique de d'éteindre une une région avec peut-être une idée en tête de la dépeindre de façon un peu positive trop positive peut-être c'est pas que ce soit positif ou pas c'est ce qui me dérange là c'est que c'est surtout mythique je veux dire et que ça suit les mythes européens sur l'Amérique des piles depuis le moment où le premier européen que Christophe Colomb a mis le pied dans sa première île il a commencé par y projeter son sommet à lui il a dit c'est le paradis c'est le grand mythe de l'époque après il y avait le mid El Dorado et les gens d'y aller chercher de l'or partout etc un autre mythe après il y a les Jésuites qui sont venus essayer d'y appliquer toutes ces idées sur le bon sauvage disons un peu rosssonienne aussi là-bas au siècle il y a eu cette république que l'on voyait du loin de l'Europe comme étant un toucher disons par le l'est des vieilles aristocraties et qui donc pour être différente et plus modernes et 20e siècle il y a eu tout ce mythe de guerra la guérilla etc c'est toujours le territoire ou les Européens ont déposé leur rêve distant ce qui il fallait garder à la distance pour ne pas constater l'échec pour ne pas en constater l'échec et également il y a beaucoup contribué j'ai l'impression c'est pour ça que j'ai toujours pensé que Borgès était beaucoup plus révolutionnaire que également que c'est la contesté le lieu où l'Europe avait placé l'Amérique latine et il a réclamé pour nous pour nous écrivains de là-bas la possibilité d'écrire de tout non pas seulement de ces petites choses américaines es Santiago amigo Rena est-ce que vous choisissez un camp en vous de votre côté et pour aller plus loin est-ce que vous qu'est-ce que représente votre démarche d'écriture autobiographique aussi dans le portrait que vous voulez faire de cette région du monde je m'attache très peu à faire un portrait une région du monde parce que j'ai déjà tellement de mal à faire mon portrait à moi je suis déjà écrit 3000 ou 4000 pages sur moi-même je pense que le jour où je passerai au reste du monde voilà il faudrait commencer à brûler mes livres tu pourras faire quelque chose que définitif sur le monde non je pense que quoi je suis évidemment d'accord j'ai beaucoup lu Garcia Marquez quand j'étais adolescent ça ne m'étonne pas que ça allait encore du succès mais je pense que c'est vraiment un moment très particulier la littérature latine américaine effectivement c'est un mouvement qui s'appelle le réalisme magique qui a eu beaucoup de succès je ne crois pas qu'il est beaucoup de postérité je doute de sa borgesse c'est vrai qu'il a une démarche beaucoup plus beaucoup plus pertinente parce qu'il réconcilie ce qu'il y a de plus européen ce qui a voilà la culture classique européenne et aussi toute la modernité du XXe siècle européen avec des sources un peu comment dire mythique mais en restant réaliste c'est à dire qu'il s'attache énormément à des figures du folklore argentin les malets des mauvais quartiers qu'on les voyous des mauvais quartiers même la terre le paysage urbain mais en donnant cette possibilité on parlait Martine d'écrire comme si on était européen c'est à dire qu'il existe nulle part n'empereur comme si l'endroit depuis lequel on écrivait n'importe quoi et c'est aussi et ce qui me plaît aussi c'est que il a revendiqué il a pratiqué le mélange le plus absolu sans ce sont laissés de côté aucune source aucune possibilité et s'il y a quelque chose qui distingue latine Amérique c'est que c'est la terre du mélange et qui c'est la terre où il y a pas de pureté et dans un moment où le monde discute tellement sur les puretés possible qui on est qui a une terre où il y a pas de pureté enfin on peut pas revendiquer aucune sorte de pureté parce qu'on vient du mélange de trois ou quatre grandes grandes courants ça ça me plaît beaucoup ce qui me fait penser à cette question vous dites Martin Caparo ce que vous ne reconnaissez vous reconnaissez pardon que ce n'est pas très clair que ce que ce qu'est être latino-américain ou ni américain alors qu'est-ce qu'on met derrière cette identité qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui pour vous est-ce que c'est justement quelque chose de très mélangé ou est-ce que c'est très clair aujourd'hui c'est très mélangé et c'est peut-être pour ça que c'est très clair le mélange est une façon d'être et c'est la façon d'être qui me plaît sans doute mais il y a des traits il y a beaucoup de traits communs je veux dire on parlait de la langue mais on peut parler de beaucoup de fécultés du regard extérieur je vous disais plusieurs de ces traits communs ne sont pas trop revendicables je veux dire mais ils sont aussi à discuter parce que par exemple il y a un trait qu'on attribue très facilement on n'y américain c'est que on est la région la plus violente du monde et moi je me suis mis à réviser cette idée dans le livre je me suis dit mais comment ça se fait que soit la région la plus violente tandis que pendant tout ceci tout le XXème siècle en Europe il y a eu dans les 85 millions de morts par la violence des États en Asie 100 millions on a fait 15 ou 20 millions en Amérique latine il y a eu à peine enfin même pas 2 millions ce qui était énorme qui est infiniment moins que dans n'importe quel autre lieu alors c'est vrai c'est vrai que c'est nous les violences je veux dire et bon là j'ai développé un truc qui serait un peu long à raconter sur la privatisation de la violence dans le dernier des signes etc mais par exemple vous Santiago amigorina vous on parlait de mélange d'identité multiple vous vous écrivez comme tous les hommes je suis un enfant de la mer et bien que ce fut Abu Buenos Aires c'est un Montevideo que je suis né et vous raconter l'Uruguay et ce petit pays paisible qui qui dites-vous va devenir lui aussi peu à peu violent donc ça veut dire que vous vous racontez vous aussi ce sentiment là oui je pense qu'on partage aussi quelque chose avec Martin c'est le fait de ce que qu'on considère pas que l'identité définitive surtout qu'on considère pas que l'identité quelque chose qui se rattache à une terre dans le sens de se rattacher à un pays voilà un État-nation quoi c'est pas ça c'est pas ça qui nous intéresse donc moi je suis absolument que je suis né dans la réalité à Buenos Aires mais je suis né aussi à monter vidéo comme je suis né en Grèce et ensuite je dirais que ça dépend des jours ça dépend des heures de la journée c'est bien pratique un mot peut-être pour arriver vers vers la fin de l'émission mais sur sur les sur qui représente aujourd'hui le mieux qui écrit le mieux en tout cas et le plus fidèle à la réalité Marceline notre notre auditrice nous parle d'une de Mariana Enrique ce qui est membre d'un groupe d'écrivains qui est connu sous le nom de nouveaux récit argentin vous pourrez d'ailleurs écouter sa critique sur la page transculture du Book Club France culture.fr il y a une nouvelle façon aujourd'hui plus réaliste plus fiable de raconter ce qu'est l'Argentine et cette Amérique hispanique Martin capaos j'espère vraiment que l'Argentine soit pas ce que Marianne raconte parce que sinon ça serait vraiment dur à vivre c'est déjà très dur à vivre mais c'est peut-être pas aussi dur que dans les livres de malienne beaucoup mais je crois que ce qu'il y a c'est qu'il n'y a pas un axe c'est qu'il y a une espèce de floraison très disparate enfin j'ai plein de différentes possibilités différentes voies et c'est ça qui m'intéresse je veux dire je voudrais pas réduire ça à une voix plus je sais pas plus droite que les autres non je crois pas on va poursuivre cette émission avec dans un instant un autre roman un roman mexicain ce serait avec Mathias henar donc et puis on va remercier dans un instant nos invités [Musique] les premières lignes donc d'un roman mexicain en l'écoute un des plus grands romans de la littérature latine ou américaine une sorte de pierre blanche de Kern sur le chemin du roman mondial c'est Pedro par amour de l'écrivain mexicain Juan Rulfo paru en 1955 au Mexique Pedro Paramo ouvre réellement un sentier extrêmement fertile pour le roman latino-américain les auteurs incontournables comme Gabriel Garcia Marquez ou Mario vargasio ça ont insisté sur ce qu'il devait à cette lecture Georges Louise Borget lui-même affirma que Pedro apparemment était un des meilleurs romans de la littérature d'Amérique latine et peut-être un des meilleurs romans tout court le Mexicain Juan Rulfo publie Pedro apparemment à l'âge de 38 ans alors qu'il a déjà fait paraître deux ans plus tôt le recueil de nouvelles le Yano en flamme rouleau publiera un second roman bref le Coq d'Or dans les années 80 et rien de plus ces œuvres complètes tiennent dans un livre de 200 pages par l'alcool et l'impossibilité d'écrire rôle fond est mort d'un cancer du poumon en 1986 laissant derrière lui quelque part inédites mais surtout 6000 négatifs de photographie qui retracent la vie quotidienne du Mexique de son époque Pedro Paramo fut publié en France en 1950 traduit par Roger Lescaut puis retraduit par Gabriel yakouli en 2005 aux éditions Gallimard en voici la première phrase je suis venu à Komala parce qu'on m'a dit qu'ici vivait mon père un certain Pedro par amour c'est ma mère qui me l'a dit et je lui ai promis d'aller le voir quand elle serait morte le narrateur de cette histoire s'appelle Juan Preciado c'est lui qui obéissante à l'injonction maternelle se rend dans ce village pauvre silencieux et déserté pour y trouver son père le premier personnage qu'il rencontre sur le chemin de coma là alors que Preciado est sur le point de se perdre dans une campagne hospitalière est un multiple avec ses bêtes qui se dirigent précisément à Comala ce village perdu dans la solitude et une chaleur si épaisse qu'il semble que personne n'y vive plus Juan préciedo apprend que Pedro Paramo est mort il y a longtemps que le multi et lui aussi son fils commence ainsi un voyage dans le royaume des morts et de leur souvenir car c'est le coup de génie de Pedro Paramo chef-d'oeuvre de Juan roulfaut que de mélanger contre fantastiques et récit réaliste akumala se croisent des échos de la Révolution Mexicaine les luttes des paysans pour leur émancipation contre les classiques cruels tel Pedro par un mot lui-même avec un monde fantastique et souterrain magique ces rois le premier explore ce genre du réalisme magique qui donnera ses plus grands chefs à la littérature d'Amérique latine [Musique] c'est Thomas beau qui réalise l'émission et Jérémy Kaufman qui est thomannette ce midi c'est vendredi voici les pilotes partout dans le monde les pauvres sont chaque fois plus pauvres et les riches en chaque fois plus riches la richesse de l'Amérique latine c'était l'extraction et l'exportation des matières premières or quand une société est basée là-dessus les riches n'ont pas trop besoin de leur pauvre pour travailler parce que cette extraction n'a pas besoin de beaucoup de main d'oeuvre et comme le marché est ailleurs alors ils sont pas non plus besoin de la pauvre pour consommer donc ils ont pas besoin de leur prendre
Isabelle Santiago