Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 11 avril 2022 33 min

L'intégralité de l'interview d'Emmanuel Macron à BFMTV après le premier tour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Oui, invité exceptionnel de BFM TV, Emmanuel Macron. Bonsoir Emmanuel Macron. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous ici à Carvin, au café Le Bellevue, qui nous accueille. Carvin, commune du Pas-de-Calais, 17 000 habitants, circonscription de Marine Le Pen. Ce n'est pas tout à fait un hasard donc si vous êtes ici pour cette grande journée, premier grand déplacement après le premier tour. Hier, les électeurs de Carvin ont voté à 40% pour la candidate du Rassemblement national. Jean-Luc Mélenchon a fait 21%, vous, 19. Vous êtes en troisième position dans cette commune.

C'est cette France-là que vous avez du mal à convaincre, cette France périphérique, la France qui galère, qui se sent souvent abandonnée. Vous lui dites quoi à cette France-là ?

0:46
Emmanuel Macron

Bonjour, j'étais à Denain où c'est à peu près la même situation juste avant. Alors hier, les Françaises et les Français sont exprimés pour le premier tour. D'abord, je veux remercier toutes celles et ceux qui m'ont fait confiance parce que le projet que je défends a été placé en tête. C'est un fait et ce n'est pas une évidence pour un président sortant. Je crois que depuis François Mitterrand en 1988, il n'y avait pas eu un président sortant qui faisait plus de voix 5 ans après, 7 ans après à l'époque, au deuxième passage. Donc c'est un signe de confiance. Non, mais je dis les choses parce que j'entends aussi cette marque de confiance qui m'oblige.

Marie-Lebon, elle a progressé aussi, vous a remarqué. Oui, mais comme vous n'avez pas échappé, elle n'était pas en responsabilité. Non. C'est souvent plus facile, surtout quand on vit des crises comme nous, de convaincre quand on promet tout et son contraire. Donc, un, je dois remercier nos compatriotes qui m'ont fait confiance et me permettre d'être devant vous aujourd'hui pour me battre au deuxième tour. Ensuite, moi, je vois notre pays.

1:38
Présentateur

D'un mot, ça veut dire que vous êtes content de ce score. Vous êtes satisfait. Vous n'attendiez pas autant, vous attendiez plus, moins ?

1:44
Emmanuel Macron

Je ne m'attends rien. Je suis heureux d'être qualifié pour le deuxième tour. Et je suis reconnaissant à nos compatriotes d'être plus nombreux, à me faire confiance aujourd'hui qu'il y a 5 ans. Je commente les faits. On y va. Et ça me permet de pouvoir venir au contact et convaincre. Après, je regarde le pays. Et là, j'ai une responsabilité particulière de président terminant son mandat et de candidat. Et je vois les fractures. Et en effet, quand je vois les chiffres que vous évoquez et les difficultés, je suis... Ma volonté, c'est d'aller convaincre et d'aller convaincre en expliquant que le projet que je porte, l'action qu'on a commencé, permet de répondre à ces vies qui sont si difficiles.

Mais je pense qu'il faut aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Non, mais j'essaie de dire les choses. Ces terres-là, pourquoi elles votent aujourd'hui ? Pourquoi elles sont en colère aussi ? Vous l'entendez, cette colère. Mais bien sûr. Mais vous savez, les terres... Je connais bien le bassin minier parce que j'ai aussi pris des engagements. Je les ai tenues et intensifiées. Mais ce sont des terres qui se sont désindustrialisées il y a 40 ans. Et pendant des décennies, on a laissé ces terres s'enliser dans la difficulté sociale. Et on a laissé les gens rester dans leurs difficultés. Alors, on ne change pas le pays en 5 ans. Du jour au lendemain, je suis d'accord.

Et ce que j'ai beaucoup entendu, c'est aussi que ça n'allait pas assez vite. Mais je regarde ce qu'on a fait sur le bassin minier de rénovation de logements. J'étais à Denain il y a quelques instants, là. Il y a 5 ans, quand j'ai été à Denain, il n'y avait pas d'échangeurs. On ne pouvait pas faire de logistique. Je me suis engagé à le faire. Il va ouvrir dans quelques jours. Ce qui va permettre de créer 1000 emplois sur un espace logistique. Deuxième chose, on va pouvoir installer le SAFRE. On a investi 9 millions d'euros du plan de relance. On va enfin remettre de l'industrie et des médicaments pour l'arthrose qui vont pouvoir se faire là. Tout ça pour dire qu'il n'y a pas de fatalité.

3:27
Présentateur

Mais vous avez remarqué aussi, Emmanuel Macron, que si vous avez regardé les résultats, que vous avez de meilleurs résultats dans les grandes villes, chez les cadres, c'est un fait aussi. Donc pourquoi ceux-là vous arrivez à les convaincre et pas les autres ?

3:42
Emmanuel Macron

Parce que quand on vit dans la difficulté, on n'achète plus les mots. On veut des actes. Alors je sais que certains reconnaissent ce qu'ils ont vécu, le dédoublement des classes, les premières conséquences. Et puis pour les autres, ça ne va pas assez vite. Alors la réponse, qu'est-ce que vous leur dites ?

3:58
Présentateur

Parce qu'il va falloir aller les chercher ceux-là.

4:00
Emmanuel Macron

Les ouvriers, les chômeurs... Les retraités. Les retraités. Je vais les prendre un par un. Aux chômeurs et aux bénéficiaires du RSA. Je leur dis, durant les années qui viennent de s'écouler, on a pu, à un million d'entre vous, reproposer des emplois. On n'avait jamais, à un tel rythme, baissé notre chômage. On est passé de 9,6% à 7,4%. Pour la première fois depuis 40 ans, si nous continuons cet effort, on peut aller vers le plein emploi. Donc on va continuer. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire investir, ça veut dire attirer des entreprises, ça veut dire aussi former des demandeurs d'emploi.

Et ça veut dire mieux accompagner des bénéficiaires du RSA, en leur demandant justement d'aller dans des activités de réinsertion, d'insertion de formation. Mais nous, en y mettant les moyens. Ce qu'on a fait dans le département. Vous êtes dans un département ici, très en difficulté, mais qui, malgré la crise Covid, a vu ses bénéficiaires du RSA diminuer, parce qu'on a innové ensemble. Ça c'est pour les chômeurs. La bataille pour l'emploi.

4:56
Présentateur

Sur le plein emploi, vous fixez un objectif précis d'ailleurs. C'est quoi le plein emploi ? Le plein emploi c'est autour de 5%, c'est entre 5 et 5,5%.

5:02
Emmanuel Macron

Et ça vous dites, 2027, si je suis réélu ? Je dis, on a réussi collectivement à baisser de 2 points le chômage. C'est beaucoup plus dur de passer de 7,4 à 5,4 si je puis dire, de baisser encore de 2 points. Mais on peut le faire. Parce qu'on a fait les réformes qu'il fallait. Alors il faut continuer de transformer, de simplifier les choses, d'aller vers les réformes qu'on veut. Il faut continuer d'investir pour réindustrialiser. C'est parce qu'on a investi aux côtés des entreprises qu'on peut avoir des leucsafres qui se réinstallent à Donin et ainsi proposer des offres d'emploi et réduire le chômage. Vous savez, ce qui ronge nos territoires, c'est le chômage de masse.

Parce que le chômage de masse, c'est la chose la plus injuste. Les cadres dont vous me parliez, leurs enfants, ont moins de risques de tomber au chômage. Quand vous restez pendant des décennies, ce qui est le cas de la France, pendant 30 ans au chômage de masse, eh bien, qui est d'abord touché ? Nos compatriotes qui viennent des milieux les plus modestes, nos compatriotes qui sont issus de l'immigration. Donc c'est ça. Donc ça, on va continuer. Ensuite, pour les travailleurs, je leur dis que je veux poursuivre les efforts qu'on a faits pour qu'ils vivent mieux de leur travail. Durant les années qui viennent de s'écouler, on leur a supprimé un impôt. Ce n'était pas arrivé depuis longtemps.

La taxe d'habitation. On a baissé l'impôt sur le revenu. On ne l'a pas baissé pour les gens qui ont le plus d'argent. On l'a baissé pour, justement, nos compatriotes qui sont au bas de l'échelle et qui payent l'impôt sur le revenu. On a mis la prime d'activité de 100 euros par mois pour les gens qui sont au SMIC. Donc on a avancé. Malgré tout, le coût de la vie est là. Et donc ? Et donc, on a une réponse. Et ce que je veux dire par là, et je veux essayer de convaincre, d'abord sur les prix, on fait quelque chose qui est plus efficace que Mme Le Pen. Juste avant de parler du pouvoir d'achat, vous dites qu'il faut convaincre... Je veux reparler,

6:40
Présentateur

parce que vous m'avez fait catégorie par catégorie. Il faut que je parle des salaires, du coût de la vie et des retraités. Alors justement, les retraités. Avant de parler des retraités, parlons de ceux qui seront plus tard retraités. La retraite à 65 ans, c'est un épouvantail pour beaucoup d'électeurs. J'ai entendu en arrivant ici, à Carvin, non à la retraite à 65 ans, quelques minutes avant que vous arriviez. Question très simple. Est-ce que c'est gravé dans le marbre ? Est-ce que vous allez essayer d'adoucir cette mesure ?

7:09
Emmanuel Macron

Mais je vais d'abord expliquer, puis on va concerter, on va collectivement améliorer. Qu'est-ce que je dis ? On a un trésor, et je le dis dans ces terres, qui ont été longtemps marquées par la présence socialiste et communiste. Ce trésor, ce sont les gaullistes, les communistes, toutes les forces politiques qui l'ont fait à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La retraite par répartition. C'est-à-dire que c'est vous et moi qui travaillons, qui payons la retraite des retraités. Vous ne cotisez pas pour votre retraite à vous. Vous cotisez pour la retraite de celles et ceux qui aujourd'hui, après une vie de labeur, en bénéficient. Et donc, le régime aujourd'hui, non mais, il est fait.

Quand Mme Le Pen, elle dit, moi je ne ferai pas de réforme. Oui mais les gens ont compris, pardonnez-moi Emmanuel Macron, les gens ont compris 65 ans. Mais je vais vous expliquer pourquoi je veux faire les choses et je vais vous expliquer comment on va le faire collectivement. Donc, je dis aujourd'hui, le système n'est plus financé. Donc aujourd'hui, quand les gens vous disent, d'abord, moi j'entends que l'extrême droite dit, on ne changera pas le système, elle ne propose pas d'améliorer les retraites. C'est pas que l'extrême droite. Non, mais quand on dit ça, ça veut dire qu'on accepte du déficit.

Si on accepte du déficit sur nos retraites, ça veut dire, on dit, nos enfants, qui n'ont pas commencé leurs études et à travailler, c'est eux qui paieront parce qu'on n'est pas courageux et qu'on ne sait pas faire les choix. Quand vous voulez équilibrer le système de retraite, soit vous baissez les pensions des retraités. Moi, je trouve que ce serait injuste de retraiter, la vie est chère, au contraire, on doit le revaloriser. Je veux faire deux choses. Dès cet été au 1er juillet, je veux pouvoir indexer les pensions de retraite, indexer à l'inflation. Normalement, ils attendront le 1er janvier 23. C'est trop loin. Le coût de la vie est en train d'augmenter.

Donc, il faut que les 4-5% qu'on a d'inflation, dès le 1er juillet, se voient dans les retraites. Si les Français et les Français font confiance, cette indexation se fera dès le 1er juillet. La deuxième, je veux porter la retraite minimale pour quelqu'un qui a sa carrière complète à 1 100 euros par mois. Elle est aujourd'hui de 980 à 990. Donc, je pense qu'il faut plutôt faire l'inverse pour les retraités. L'autre manière d'équilibrer le système, ce serait que je vous dise, je vais vous demander de cotiser davantage puisque, demander aux travailleurs.

Tous les travailleurs qui sont là avec nous dans le bar, ils savent très bien que le coût de la vie, ils l'ont aussi, c'est dur, le pouvoir d'achat. Donc, on ne peut pas augmenter les cotisations. Donc, le seul moyen qu'on a, comme on vit plus longtemps, c'est de cotiser plus longtemps.

9:21
Présentateur

Il ne faut pas le faire n'importe comment. Vous savez que l'espérance de vie en bonne santé en France, c'est 64 ans. Donc, quand vous dites 65 ans pour la retraite...

9:30
Emmanuel Macron

Vous avez des chiffres... Là, vous êtes sur... Ça dépend des critères que vous prenez. On a une espérance de vie plus âgée et après, il y a deux critères d'espérance de vie bonne santé. En moyenne. Mais il y a des trucs qui vont quand même beaucoup plus loin parce que nos compatriotes ne vont pas au système d'autonomie. Je regarde partout. On a un bon système de santé.

9:47
Présentateur

L'espérance de vie tout court, énorme différence entre un cadre et un ouvrier. Et c'est pour ça, j'y viens. Donc, l'ouvrier qui se dit la retraite va arriver à 65 ans, il ne veut pas y aller.

9:57
Emmanuel Macron

Mais il a raison parce que ça ne peut pas se faire comme ça. Mais vous n'avez pas l'air de vouloir changer d'avis. Si, mais je vais vous expliquer parce que ça ne se réduit pas. D'abord, je regarde tous nos voisins. Ils sont entre 65 et 67 ans. On est un des systèmes qui est les plus décalés. Et quand on fait ça, il y a toujours quelqu'un qui paye. Donc, ça veut dire que c'est nos jeunes qui payent. Je ne me résous pas à cela. Donc, moi, je dis aujourd'hui, comment marche le système ? Vous avez un âge légal qui est à 62 ans. Vous avez des régimes spéciaux où vous partez avant. Ces régimes spéciaux ne correspondent plus à la réalité du pays.

Et vous avez des salariés du secteur privé qui, en moyenne, je mets à part les carrières longues, partent à 63 ans et demi. Et vous avez des millions de nos compatriotes qui, parce qu'ils ont eu des carrières HEC, en particulier beaucoup de femmes qui ont dû s'arrêter pour élever les enfants, etc., vont travailler jusqu'à 67 ans qui est ce qu'on appelle l'âge de suppression de la décote. Et donc, il n'y a pas tant de gens que ça qui s'arrêtent à 62 ans. Ce serait faux de le dire parce qu'ils n'ont pas leur retraite complète. Donc, moi, ce que je dis, c'est premièrement, on ne va pas le faire du jour au lendemain, excusez-moi, ça se discute. C'est quoi ?

C'est les concertations partenaires sociaux ? Et politiques. Il faut mettre autour de la table les gens. S'il y a de l'angoisse et du rejet, moi, je ne veux pas diviser le pays. Je dis juste, regardons ensemble. Je crois qu'on arrive de bon sens à la même conclusion. Personne ne veut sérieusement baisser les pensions. Personne ne veut réduire le pouvoir d'achat des travailleurs. Donc, on doit travailler tous ensemble sur la durée. Le 65 ans, j'ai dit, idée de référence, entrée de jeu, si je puis dire, 4 mois de plus par an. Si vous regardez les choses, ça veut dire que ce n'est pas avant 2030 qu'on sera à 65 ans. Donc, ça va prendre du temps. Donc, tout ça se discute.

Ça veut dire que les gens qui sont en train de partir à la retraite ne seront pas touchés par la réforme. Ça veut dire que les gens qui étaient à un an, on va leur demander de travailler peut-être 3-4 mois de plus. Et puis, l'année d'après, 3-4 mois de plus. Donc, ça va se faire progressivement.

11:45
Présentateur

Ensuite, si je peux me permettre, Emmanuel Macron, vous faites ce soir, et c'est très important aussi, de la pédagogie. Et sur cette mesure. Mais, je crois que les Français ont déjà bien compris de quoi il s'agissait. Ce n'est pas comme vous le voyez. Admettons. Non, j'étais tout à l'heure, vous savez, j'étais avec des ouvriers. J'étais avec des ouvriers

12:02
Emmanuel Macron

de chez Jean Lefebvre qui étaient justement sur la base logistique.

12:05
Présentateur

Entre les 65 ans que vous proposez et les 60 ans de Jean-Luc Mélenchon, par exemple.

12:09
Emmanuel Macron

Alors, les 60 ans, je vais vous dire, là-dessus, je vais être honnête. 60 ans, revenir à 60 ans alors que notre espérance de vie continue d'augmenter, il faut m'expliquer comment on le finance. Je pourrais vous dire, j'étais un démago et que je voulais me faire élire. Je vous dirais, on va faire 60 ans. Mais qui le finance ? Vous payez plus de cotisations et vous réduisez votre pouvoir d'achat ? Je demande aux retraités de baisser leur pension ? Je ne suis pas magicien. Vous n'êtes pas magicien, mais vous avez une réalité.

12:35
Présentateur

Il y a un calendrier politique de 11 jours de rencontre Emmanuel Macron. C'est vrai, et c'est pour ça que je veux convaincre. Et vous dites, et vous savez que vous avez besoin d'avoir 50% des voix. Oui, mais moi, je veux partir du réel. Donc, y compris chercher des électeurs de Jean-Luc Mélenchon

12:47
Emmanuel Macron

et d'autres. En leur disant la vérité. Et vous savez, je suis attaché à cette phrase de Jaurès, c'est partir du réel pour aller à l'idéal. On ne va jamais à l'idéal si on ne part pas du réel. Donc, regardons la situation où nous sommes, les difficultés pour aller vers un monde meilleur. Et donc, je dis, il faut que ça soit progressif. Je suis prêt, moi, à discuter du rythme et des bornes. Peut-être que s'il y a trop de tensions, il faut s'arrêter à ce qu'on fait jusqu'en 2027 et ne pas préempter la suite. Ce n'est pas forcément un drame. Ensuite, il faut le faire pour que la réforme soit juste.

Ça veut dire que les carrières longues, les gens qui ont commencé à travailler tôt, on ne peut pas les emmener jusqu'à 63, puis 64 ans. C'est trop long. Et donc, qui ont commencé à 18 ans, ils ne vont pas travailler 47 ans. Non. Et donc, on gardera le système de carrière longue. Ça veut dire qu'ils partiront substantiellement plus tôt. Ensuite, les invalides, je veux qu'ils puissent continuer à partir à 55 ans. Et notre système, je propose qu'il se fasse de la manière suivante, c'est que les régimes spéciaux qui ne correspondent plus à la réalité. Tous ? Ceux des cheminots ? Ceux des cheminots, on y a déjà mis fin. Oui, mais... Non, mais c'est la réforme de 2018.

On a réformé la SNCF et on a dit qu'on n'embauche plus de nouveaux cheminots sur le régime spécial. On l'a déjà fait. Je propose que sur les autres grands régimes spéciaux, on puisse faire la même chose. C'est-à-dire ce qu'on appelle la clause de grand-père. Il faut être honnête avec les gens. Vous avez 50 ans, vous êtes dans le système, vous allez au bout. Mais je ne vais pas... Est-ce qu'on va aujourd'hui embaucher quelqu'un, par exemple, chez EDF qui a 20 ans et lui dire on va vous embaucher dans un système ?

Ça ne correspond plus à la réalité, ce n'est pas le métier le plus dur quand vous êtes même en administratif et vous allez faire une carrière avec les régimes spéciaux qui ont été pensés il y a des décennies. Par contre, pourquoi je fais ça ? Donc les régimes spéciaux, il faut dire clause de grand-père, ceux qui sont dedans vont jusqu'au bout. Les nouveaux entrants, non. Par contre, ce qui m'importe, c'est la pénibilité. Et c'est qu'on arrive à individualiser les choses. C'est ça la justice.

C'est que si vous faites un métier qui est difficile au quotidien, Madame tout à l'heure me parlait des soignants, nos aides-soignantes, nos auxiliaires de vie qui font des métiers très durs parce qu'elles vont soulever des personnes jusqu'à pas d'âge. Bon. La médecine de travail, on doit réinvestir dessus. J'ai proposé de prendre, de faire des bilans de santé prises en charge par la sécurité sociale à 25 ans, 40 ans, 65 ans. En fonction de ça, on doit pouvoir voir les travailleurs qui sont les plus en difficulté. Les métiers où vous êtes posté, où vous travaillez de nuit, où vous levez des charges, ce sont des métiers où on doit faire deux choses.

On doit, un, vous donner un avantage pour la retraite et vous devez pouvoir partir plus tôt. Deuxièmement, on doit aussi vous permettre d'avoir une deuxième partie de carrière parce que c'est pas vrai que c'est la retraite à 62 ou 63 ans. Et le système, je vous le dis, Bruce Toussaint, il est très hypocrite. Il faut qu'on avance, on a encore beaucoup de questions. Beaucoup de femmes. Non mais, je vous le dis parce que je l'ai vécu et je l'ai vécu aussi

15:33
Présentateur

avec des gens.

15:33
Emmanuel Macron

On vient de passer un long moment sur cette question importante. Beaucoup de femmes qui sont auxiliaires de vie qui aujourd'hui vont laver des personnes âgées chez elles, vont les porter. Ce sont des femmes qui, en grande majorité, ne touchent même pas le SMIC parce qu'elles n'ont pas assez d'heures. Je propose dans ma réforme de leur donner un temps plein. Et ensuite, elles vont aujourd'hui jusqu'à 67 ans parce qu'elles n'ont pas de carrière complète. Je veux qu'elles puissent s'arrêter à 65 au maximum. Mais surtout, je veux reconnaître que dans leur carrière, elles font des métiers pénibles et que ça leur donne un bonus. Donc, je corrige les injustices

16:06
Présentateur

du système. D'un mot, est-ce que sur cette question si sensible, un référendum peut être envisagé ou ce n'est pas votre philosophie ?

16:16
Emmanuel Macron

Je n'exclus pas le référendum pour quelque réforme que ce soit. Je l'ai dit, je suis pour le retrouver. Là, notre discussion, elle me permet de clarifier des choses. Et tous les échanges que j'ai eus ces derniers jours avec nos compatriotes me montrent que ces clarifications sont nécessaires parce qu'on avait retenu qu'un chiffre magique qui n'arrive pas avant 2030, premier mois. Et ce chiffre magique, ça pourrait être 64 ou c'est forcément 65 ? Non, mais ça dépend quel horizon se donne. Si on se dit, on n'est pas prêt à faire une réforme pour 2030, on veut le faire plus tôt.

Si c'est ce qui peut bâtir un compromis, un consensus avec des femmes et des hommes pour qui c'est important, vous savez, moi, je veux rassembler. Donc, vous ouvrez la porte. J'ouvre la porte très clairement. On verra. Je veux, si vous voulez. C'est ma marque de fabrique. J'ai toujours dit la vérité aux gens et j'ai toujours assumé de faire des choses, y compris difficiles, quand il fallait les faire. Et je dis à nos compatriotes, on sort de crise, la situation est dure, on a tous fait des efforts, mais il y a eu de la solidarité nationale, on ne peut pas faire n'importe quoi. Les gens qui vous proposent de raser gratis vous mentent. C'est ça ce qui me...

Alors justement, c'est ça ce qui m'a support dans le projet de l'extrême droite. C'est une très bonne transition. C'est qu'il y a un mensonge derrière. Et donc, ils n'expliquent jamais comment ils financent. Ils vous disent on va baisser la TVA partout, mais ils ne vous expliquent pas comment ils le font. Ils vous disent on va lutter contre la fraude. Mais, et mon ami, on n'a pas fait ça pendant 5 ans. La fraude, on l'a lutté contre, on l'a réduite grâce au prélèvement à la source et à d'autres. Donc, moi je vous dis à chaque fois comment je finance les choses. C'est pour ça que je vous dis, j'ai deux leviers. Le plein emploi, continuer les réformes pour le travail et la retraite.

17:41
Présentateur

C'est le sujet numéro 1 qui a décidé du vote des Français dimanche. Toutes les études le disent. Devant la sécurité, devant la santé, même la guerre en Ukraine. Le pouvoir d'achat. Alors, Marine Le Pen a fait toute sa campagne là-dessus d'ailleurs. Peut-être là-dessus qu'elle a obtenu ce score. Alors, vous, vous dites quoi là sur ce... Est-ce que vous auriez un geste social à proposer ? Vous devez pendant cette entre-deux-tours, on le sait, parler à la gauche. Essayer de convaincre. Je veux convaincre

18:13
Emmanuel Macron

toutes les Françaises et tous les Français et je veux convaincre tous les milieux. Donc, ce n'est pas un accord d'appareil la présidentielle. C'est d'aller au cœur et à l'âme et au cerveau et de convaincre. Bon. Ensuite, je veux ici dire sur le pouvoir d'achat ce que nous avons lancé et que je souhaite confirmer si je suis élu. C'est le bouclier. Et c'est beaucoup plus efficace que la baisse de la TVA. Soyons très concrets. L'électricité, elle a pris plus de 100% chez plusieurs de nos voisins. Nous l'avons bloqué. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a demandé des efforts à l'EDEF. L'État actionnaire a pris sur soi et donc votre électricité, elle est stabilisée. Ça, c'est fait.

Non, mais ça, il faut le confirmer. Et ça, les Français l'ont entendu. Non, pas toujours. Et ce qui m'importe... Ils ont vu sur la facture. Ils ont vu que ça n'augmentait pas. Il y a quelques semaines. Mais ce que je veux dire, c'est que c'est beaucoup plus efficace que de baisser la TVA de 20 à 5,5. Parce que 15 points de TVA en moins, c'est beaucoup moins efficace que 100% d'augmentation évité. C'est beaucoup moins efficace que 100% d'augmentation évité. Donc, la mesure que j'ai prise, que le gouvernement a prise sur l'électricité, elle est massivement plus efficace que la baisse de la TVA. Je souhaite la confirmer aussi longtemps que les prix seront hauts. Deuxième chose, le gaz.

Le gaz, nous avons... Après, il y a une première augmentation qui a été entre 35 et 40%. Pareil. Ensuite, on l'a plafonné, on a mis un bouclier. Je veux confirmer ça. Le maintenir. Donc, que ce soit durable. Combien de temps ? Aussi longtemps que les prix s'envoleront. Il faut que ce bouclier permette de résister au choc de l'envolée des prix et de la guerre. C'est beaucoup plus efficace, beaucoup plus efficace que la baisse de la TVA. Et surtout, la baisse de la TVA, vous la payez après pour toute éternité. Est-ce qu'on a envie de baisser la TVA sur du gaz qu'on importe ? Non ! On a envie de faire baisser les prix, ce qu'on fait par ailleurs au niveau européen.

On a envie de protéger les gens quand les prix s'envolent. Et on a envie que les gens gagnent mieux de leur travail. Mais pas de faire de la démagogie. Parce que ça va coûter chaque année. L'essence, l'essence si importante pour nos compatriotes. Je vous invite à regarder le prix jusqu'au 1er juillet,

20:13
Présentateur

vous avez dit.

20:13
Emmanuel Macron

Regardez ce qu'on a réussi à faire. On a fait deux choses. On a d'abord fait la ristourne de 18 centimes. Pour baisser les prix. Je regardais par rapport à la fin du mois de mars. On a fait combien de baisses ? Entre 25 et 30 centimes, selon les stations. Entre 25 et 30 centimes le litre. C'est-à-dire, autant que la baisse de la TVA. Mais maintenant, pas dans une loi qui serait votée à l'automne. Parce que la baisse de la TVA, ce n'est pas avant l'automne. Vous avez dit tout à l'heure

20:40
Présentateur

qu'il fallait enrichir et compléter votre projet.

20:44
Emmanuel Macron

Je finis sur le pouvoir d'achat. Parce que c'est très important. Je vous en prie. Donc je défends, je défends le bilan social que j'ai sur ce sujet. et que je veux maintenir si les Françaises et les Français me font confiance. Mais je veux le compléter. On a parlé des retraités et du fait que je veux indexer le revenu. Je veux parler des travailleurs. Parce qu'on n'a pas parlé des travailleurs. Aujourd'hui, malgré tout ce qu'on a fait, les gens me disent qu'on ne vit pas assez bien de notre travail. Et donc moi, je veux vraiment qu'on rénove complètement, qu'on change le pacte social dans notre pays. Avec une manière simple mais radicale.

Qui est de dire le travailleur a le droit de bénéficier autant que l'actionnaire quand les choses vont mieux dans l'entreprise. Vous le savez, il y a deux ans, on a fait passer une grande loi. Ce qu'on a appelé la loi pacte qui a permis de dire une entreprise dans notre code, elle a une raison de vivre. Ce n'est pas simplement un rassemblement d'actionnaires. On a permis de généraliser très fortement l'intéressement et la participation. Et beaucoup qui n'en faisaient pas, en distribuent. Et puis, on a mis en place cette prime de pouvoir d'achat limitée à 1 000 euros. Beaucoup l'ont fait. 4 à 5 millions de nos compatriotes qui travaillent l'ont eu. Ça ne va pas assez loin.

Maintenant, ce que je dis, c'est quand un employeur va verser du dividende, eh bien, il faut qu'il puisse du côté de ses travailleurs soit abonder de l'intéressement de la participation, soit utiliser la prime pouvoir d'achat dont je veux porter le plafond à 6 000 euros. L'intérêt, c'est quoi ? C'est de dire l'année où ça ne va pas bien, je ne me sers pas de dividende. Je ne fais pas. Pareil pour les salaires. Ils ont leur salaire, les primes peut-être. Mais il n'y a pas d'intéressement de participation aux primes pouvoirs d'achat.

Mais l'année où ça va bien, parce que ce qui choque nos compatriotes, c'est qu'ils disent l'entreprise sert des dividendes à l'actionnaire, mais moi, je n'ai rien. L'année où ça va bien, il faut que le salarié puisse profiter. Et la prime pouvoir d'achat qu'on va apporter à 6 000 euros, et ça, de manière très concrète, c'est la refonte de notre pacte social. Et ça, je l'ouvre, je le simplifie, je le fais dès cet été, parce que c'est ce qui va permettre à nos compatriotes de faire beaucoup mieux face à l'augmentation du coût de la vie, mais de le faire sans que ça nuise à la compétitivité des entreprises ou à l'emploi, de manière intelligente collectivement.

22:55
Présentateur

Envisagez-vous

22:56
Emmanuel Macron

de nouvelles mesures

22:56
Présentateur

sur l'écologie ? C'est ce que vous avez semblé dire tout à l'heure lorsque vous étiez à Dona. Vous avez dit on va enrichir et compléter le projet, notamment sur l'écologie. Est-ce que vous avez une nouvelle proposition à faire ?

23:08
Emmanuel Macron

Là, je vais, pendant ces jours-ci, comme je suis en train de le faire avec vous, expliquer, ferrailler, déployer. Puis je vais discuter avec l'ensemble de celles et ceux qui ne m'ont pas forcément choisi au premier tour, mais qui me disent des choses. Et nos compatriotes, je vais parler à l'ensemble des candidats de droite, de gauche, parce que je suis tout de suite venu ce matin, donc je vais le faire tout à l'heure et demain.

23:31
Présentateur

Vous allez appeler tous les candidats ?

23:34
Emmanuel Macron

Bien sûr. Philippe Poutou, Éric Zemmour. Je vais appeler tout le monde pour d'abord féliciter, etc. Et puis avoir aussi leur retour et changer,

23:42
Présentateur

comme je le fais avec nos compatriotes. Et vous nourrissez... Excusez-moi, malgré la violence du débat politique et de cette campagne. Mais vous savez... J'ai en mémoire quelques mots, par exemple, prononcés par Éric Zemmour à votre endroit, qui étaient, comment dire, minimum dur,

23:59
Emmanuel Macron

voire insultant. Ça ne m'a pas échappé. Mais si je veux rassembler, il faut écouter. Alors, il y a des gens avec qui vous avez... Écoutez, ça ne veut pas dire que ça va être un grand n'importe quoi. Il y a des gens avec qui j'ai des positions qui ne sont pas réconciliables. Mais d'abord, le respect s'impose dans une démocratie. Ensuite, il y a des... C'est le respect. Moi, je n'ai jamais insulté personne. J'ai fait applaudir, vous savez, hier, j'ai fait applaudir par l'ensemble de celles et ceux qui ont voté pour moi au premier tour, tous les autres candidats. Ça sert à quoi ?

24:26
Présentateur

Pardonnez-moi. Non, après, il y a des... Est-ce que c'est pas un peu des magots, là ? Mais vous ne pouvez pas dire tout et son contraire. Non, je trouve étonnant. Pourquoi pas ?

24:37
Emmanuel Macron

Je trouve étonnant que vous le fassiez. C'est la première. C'est la première. Mais je suis... Mais parce que le pays vit une première. D'abord, moi, j'ai toujours considéré que j'étais le président de tous les Français. Et je veux être le candidat qui va parler à tout le monde. J'ai vu tout à l'heure des militants...

24:48
Présentateur

C'est peut-être le signe que le deuxième tour est tellement serré qu'il faut parler à...

24:52
Emmanuel Macron

Évidemment. Et au-delà du deuxième tour, le pays est fracturé. Et vous savez, je vous disais tout à l'heure, je commençais par là, je suis fier d'être là et qu'il y ait plus de Français qui m'aient fait confiance qu'il y a 5 ans. Parce que c'était pas gagné. Mais je suis très lucide. Et c'est ma responsabilité sur les fractures que nous avons. Et donc, ça veut dire qu'il y a des choses qu'on ne fait pas assez vite. Ça veut dire qu'il y a des choses que j'ai pas assez entendues. Et si je n'étais pas lucide là-dessus, je ne pourrais pas aller au deuxième tour de manière efficace. Et je ne pourrais pas surtout après faire et agir.

25:25
Présentateur

Je voulais juste vous prévenir que je n'aurais pas forcément être très bien accueilli avec ces coups de fil. L'équipe de Jean-Luc Mélenchon par exemple a dit tout à l'heure qu'elle trouvait que c'était bidon. Non mais,

25:34
Emmanuel Macron

moi je ne veux rien faire de bidon. Ce que je veux faire, c'est comprendre, entendre comme je le fais avec mon compatriote. Tendre la main, vous avez dit d'ailleurs hier. Et j'ai dit hier avec toutes celles et ceux qui sont prêtes et prêtes à agir. Parce que, vous l'avez vous-même dit, et beaucoup l'ont dit sur vos ondes. Le front républicain n'est plus une réalité. Malgré tout, j'ai vu des femmes et des hommes. Ce matin, encore là, je vais chez des élus qui sont socialistes, où il y a des communistes où les gens disent on vous soutient. Et donc, ils sont là et je veux aussi respecter leur soutien qui m'oblige. Et donc, je ne peux pas leur dire vous soutenez un projet.

Mon projet n'était pas le leur au premier tour. Donc, je veux aussi, ça revient à votre question, je veux entendre mais je veux aussi pouvoir compléter le projet qui est le mien. Avec ? Pouvoir entendre ce qui est important. Et voilà, sur l'écologie, sur la jeunesse, sur quelques mesures qui sont plus... qui correspondent à leurs aspirations de premier tour. Mais aussi sur, par exemple, cette réforme des retraites. Moi, je pense qu'elle est importante. Je suis l'un des seuls à l'avoir mis sur la table. Mais non mais... On ne va pas revenir là-dessus.

Non mais, c'est pour vous dire, dans la méthode, c'est de pouvoir les entendre et de dire qu'est-ce qui fait que vous pourriez, en tout cas, plus l'accepter. Et donc, c'est construire ensemble. Et je pense qu'il faut bâtir quelque chose de nouveau auquel notre pays n'est pas habitué, qu'il y ait quelqu'un qui soit élu, qui puisse décider. Mais il faut qu'on change le rythme des choses, qu'on change la méthode au national et au local.

26:54
Présentateur

Je ne sais pas... Mais vous appelez à quoi ? On n'a pas compris. C'est un gouvernement d'union nationale ? Les mots sont souvent utilisés.

27:00
Emmanuel Macron

Le gouvernement d'union nationale, c'est ce qu'on fait en temps de guerre. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que... Je l'ai fait un peu pendant ces cinq années. J'ai appelé beaucoup de femmes et d'hommes de sensibilités différentes. Ça veut dire que on doit là faire ensemble le bilan de ce premier tour et en tirer toutes les conséquences. C'est ce qu'on va faire dans les prochains jours. C'est pour ça que je vais sur des terres qui n'ont pas voté pour moi pour aussi écouter. Emmanuel Macron... Je n'ai pas toutes mes réponses ce soir. J'ai compris aussi. La deuxième chose...

27:24
Présentateur

Excusez-moi, j'ai une question

27:24
Emmanuel Macron

à propos du soutien. La deuxième chose, c'est qu'ensuite, il faut qu'on puisse élargir et aussi travailler dans le pays différemment. C'est-à-dire que moi, je souhaite associer les forces politiques, les associations, les syndicats différemment dans la mise en œuvre. Est-ce que Nicolas Sarkozy va vous soutenir ? Je vous invite à lui demander. Est-ce que vous le souhaitez ? Mais je ne peux pas dire le dimanche soir... Je veux que toutes celles et ceux qui se retrouvent dans mon projet et qui sont dans ce moment qui est quand même un moment critique que vit le pays, on doit tous avoir conscience de l'histoire. Et donc, si, c'est ça... Moi, j'ai du respect pour mes prédécesseurs.

J'ai eu des échanges avec François Hollande et avec Nicolas Sarkozy. Récemment avec Nicolas Sarkozy. Vous vous êtes vus récemment ? Mais je les vois et je leur parle. Je les fais d'ailleurs pendant la crise aussi parce que leur conseil m'importe. Et je pense que s'ils se retrouvent dans le projet avec des différences qu'ils peuvent exprimer. D'abord, un, je serai honoré qu'ils apportent leur soutien. Et deux, j'en tirerai aussi les conséquences de celui-ci s'ils ont des choses qu'ils veulent ajouter, apporter. Et je veux le faire en pleine transparence. L'élection présidentielle n'est pas le moment où des partis font des conciliabules.

C'est ça que je veux vous faire tout ce que je dois parce que nous ne sommes pas un système parlementaire. C'est la rencontre d'un projet, d'une personnalité avec le pays. Néanmoins, on doit pouvoir élargir et rassembler. Donc il faut entendre aussi les voix et il faut pouvoir enrichir le projet initial qu'on avait de ces voix et des gens qui vous disent « Je veux vous rejoindre pas seulement pour faire barrage mais pour redresser le pays, pour le rendre plus fort, pour que la vie de nos compatriotes soit meilleure. »

28:58
Présentateur

Alors, il y a des rituels. Le débat. Le grand débat. Télévisé. Face à Marine Le Pen. Bon, elle sera forcément meilleure qu'en 2017, non ? Vous ne croyez pas ?

29:07
Emmanuel Macron

Mais je ne fais jamais de commentaires, moi, sur mes opposants ou les responsables politiques. Je trouve que d'ailleurs les commentaires, la dernière fois, étaient bien souvent déplacés et déplaisants. Je combats les idées de Mme Le Pen avec beaucoup de force. Je respecte et je veux parler à tous ses électeurs et je respecte la dirigeante politique qui est Mme Le Pen. Donc, je trouve qu'il faut respecter les gens. On peut combattre leurs idées mais c'est quelqu'un que je respecte et avec qui je débattrai et je respecte d'autant plus qu'elle a convaincu plus de 8 millions de nos compatriotes. Elle peut gagner ? Je ne fais jamais de pronostics mais je me bats jusqu'à la dernière seconde.

Donc, je vais me battre pour convaincre. Est-ce que vous la craigne différemment ?

29:47
Présentateur

Il y a quand même une différence considérable

29:49
Emmanuel Macron

entre l'entre-deux-tours

29:52
Présentateur

2017 et cet entre-deux-tours. Vous aviez une avance considérable dans les sondages. Là, on voit que c'est beaucoup plus serré.

29:59
Emmanuel Macron

Si j'avais écouté les sondages, je n'aurais jamais commencé à être candidat à la présidence de la République. Jamais. Donc, je vous le dis, je suis là, je me bats, je veux convaincre, je veux écouter, je veux respecter, je veux rassembler.

30:12
Présentateur

c'est la seule chose qui m'apporte. Bon, votre attitude, Emmanuel Macron, a souvent blessé les Français. Pas plus tard que cet après-midi, vous êtes revenu sur une déclaration qui avait fait polémique il y a quelques semaines, vous vouliez emmerder les non-vaccinés. Et là, aujourd'hui, vous dites, non, c'était affectueux. Je trouve bizarre vos marques d'affection. Non, mais on peut revenir sans cesse.

30:35
Emmanuel Macron

Je vous invite à voir la vidéo, vos collègues du Parisien doivent la voir, eux-mêmes peuvent en témoigner. Sorti de son contexte, on peut faire dire tout et n'importe quoi. Voilà. C'est-à-dire que c'est

30:44
Présentateur

plus une question d'image qui vous concerne et qui va peut-être être une difficulté dans cet entre-deux-tours. Est-ce que ce n'est pas sur ce sujet aussi que vous devez convaincre les Français au-delà du projet ? Ce qui m'intéresse, c'est pas l'image. J'ai toujours été sincère.

30:58
Emmanuel Macron

J'ai toujours été sincère. Direct. Et donc, cette sincérité, ce caractère direct, c'est ce qui me caractérise. Je ne me travestis pas. Voyez ? Je n'essaie pas de faire croire aux gens que je suis quelqu'un d'autre. Je suis engagé à leur service, aux idées que je crois justes pour notre pays. Bien. Et je me bats. Et donc, voilà. Et ce qui m'importe, je vous regarde la situation. Si c'était complètement ce que vous êtes en train de dire, je ne serais plus devant vous pour en parler. Je n'aurais même pas pu me présenter. Ou voir, les Français auraient dit, oui, son image, on ne veut plus en voir.

31:31
Présentateur

Je dois vous poser une dernière question sur la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron. Est-ce que vous souhaitez aller à Kiev dans les prochains jours, comme l'a fait Boris Johnson ce week-end ? Mais vous savez, depuis le premier jour,

31:43
Emmanuel Macron

je suis allé à Kiev. Je suis allé à Kiev début février. Comme je suis allé à Moscou début février. quand il y avait très peu de dirigeants qui y allaient. J'y suis allé, je dirais, aux avant-postes. Puis le chancelier Scholz m'a suivi. J'y suis allé pour prévenir la guerre. Ensuite, je n'ai cessé d'appeler le président Zelensky et le président Poutine à chaque fois à la demande du président Zelensky. Je l'ai dit, je suis prêt à tout, aller à Kiev ou dans quelque autre ville ukrainienne que ce soit. Mais je ne le ferai pas simplement pour faire une visite d'ambassade. Je le ferai si cette visite permet de déclencher quelque chose, un processus nouveau. Donc je veux que ce soit utile.

Ce que nos compatriotes attendent de moi, c'est que j'ai fait tout ce que je pouvais pour arrêter, pour essayer d'arrêter la guerre. C'est que pendant cette période, je protège les Françaises et les Français d'une extension de la guerre, qu'on sanctionne la Russie, qu'on soit aux côtés des Ukrainiens et qu'on fasse tout pour éviter l'escalade. Ce que je fais. Ensuite, si nous arrivons à redéclencher le dialogue entre le président russe et le président ukrainien, alors peut-être une visite est-elle utile ? À chaque fois que ce sera utile, je ferai.

32:50
Présentateur

Merci beaucoup, Emmanuel Macron. Merci d'avoir répondu à nos questions ce soir sur BFM TV. Merci à vous. Ici, donc, à Carvin, dans ce bar Le Bellevue qui nous a accueillis très chaleureusement comme l'ensemble des habitants du Pas-de-Calais. Merci infiniment. Merci beaucoup, Yves Calvi, dans quelques instants sur BFM TV. Sous-titrage Société Radio-Canada