Xavier Bertrand, candidat à l'élection présidentielle - 31/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est Xavier Bertrand qui est notre invité ce midi dans BFM Politique. M. Bertrand, je voudrais commencer avec cette image que l'on vient de voir. Gérald Darmanin est arrivé à Savigny-le-Temple, c'est en Seine-et-Marne, après que des inscriptions proposant des primes pour tuer, pour violer des policiers et des policières ont été découvertes. Quelle est votre réaction ?
— Ça fait trop longtemps que ça dure. C'est pas seulement aujourd'hui. Des policiers à Marseille me disaient, voilà quelques semaines, que c'est eux qu'on menace, mais aussi leur famille. On met sur des réseaux sociaux la plaque d'immatriculation de leur véhicule personnel. On dit exactement où ils habitent. — Aujourd'hui, policiers, vous avez la menace de l'intervention sur le terrain. Vous avez la menace d'être mis en cause par les délinquants, les criminels, parce que vous êtes intervenus. Et vous avez la menace que vos proches soient eux aussi inquiétés, agressés. Et si on appliquait la loi déjà ?
Trois ans d'emprisonnement, 45 000 euros d'amende, quand on menace de commettre un délit ou un crime à l'égard d'un policier ou à l'égard de leur famille. C'est appliqué, ça ? Mais bien sûr que non. — Pourquoi ? — Parce qu'il y a un laxisme généralisé. Parce qu'il y a une impunité qui est en train de gangréner la société française.
— Vous pensez que Gérald Darmanin laisse les policiers se faire agresser par laxisme ? — Mais ça fait combien de temps que ça dure ? Ce n'est pas nouveau. Vous en parlez aujourd'hui. C'est odieux, ce qui s'est passé aujourd'hui.
Mais ils peuvent vous dire, les policiers nationaux, les policiers municipaux, les gendarmes, ça fait des années et des années que ça dure. Il faut que la justice soit dure avec cela. Qu'est-ce qu'ils cherchent à faire, ces délinquants, ces criminels ? À être complètement propriétaires de leur territoire ? Ils ne seront jamais propriétaires. C'est le territoire de la République. Parce que derrière cela, ce qu'ils veulent, c'est mettre en coupe réglée tout un quartier pour faire leur sale trafic. Et encore une fois, c'est au président de la République de dire aux ministres de l'Intérieur et aux gardes des Sceaux qu'il faut aujourd'hui prendre de nouvelles mesures.
Ce que je propose, ce sont des peines minimales obligatoires. Quand on agresse physiquement un policier, un gendarme, mais aussi un pompier, à l'issue d'un procès, un an de prison minimum sans sursis, sans aménagement de peine. Voilà ce qui va faire changer les comportements.
Mais Xavier Bertrand, vous avez réitéré effectivement cette proposition sur France Bleu récemment. Mais comment vous faites pour la mettre en place ? Parce que, me semble-t-il, l'automaticité des peines, ce n'est pas constitutionnel en France.
Alors on change la constitution. Je proposerai, à l'automne 2022, un référendum constitutionnel. Les parlementaires se prononceront, mais le peuple français se prononcera sur un référendum constitutionnel qui portera sur plusieurs questions, sur ces peines minimum obligatoires, sur de nouvelles peines plus dures à l'encontre des terroristes, et aussi pour une reprise en main de notre politique migratoire. Il y a le principe d'individualisation des peines, que je connais. Mais ce principe d'individualisation des peines se fera désormais entre un maximum et un minimum.
Parce que les peines planchées à l'époque, qui avaient été mises en place courageusement par Nicolas Sarkozy et Rachida Detti, les magistrats pouvaient les écarter. Là, la constitution sera modifiée de façon à ce que nous ayons un maximum et un minimum.
C'est comme ça que vous contournez le juge constitutionnel ?
Je ne contourne pas, je dis clairement qu'il est temps de protéger ceux qui nous protègent. Parce que tout ce qui est en train de se jouer en ce moment, c'est le fait d'inquiéter, de menacer ceux qui protègent la République. Si on ne les protège pas, eux, qui va nous protéger ? Vous avez envie que ce soit aussi des braves gens qui s'organisent pour faire respecter la loi ? Certainement pas. T'as la République de le faire. Et donc la République doit aussi protéger ceux qui sont en première ligne. Aujourd'hui, nos policiers et nos gendarmes, regardez bien, ils ont une cible sur leur uniforme. C'est ces actes odieux, mais c'est aussi des tirs de mortier sur les forces de l'ordre.
Rappelez-vous de ces images où des cocktails Molotov jetés sur un véhicule de police avec le risque qu'à l'intérieur, on brûle vif. Mais on n'est pas dans un film américain. On est en France en 2021. Ça n'existait pas si Nicolas Sarkozy. Et M. Macron est là depuis maintenant 4 ans et demi. Et l'échec en matière de sécurité, il est flagrant. C'est ce qu'on constate tous les jours.
Mais ça n'est pas neuf, M. Bertrand.
Ça n'est pas neuf. Ça n'a jamais été ça. Ça existait sous France Hollande, ça existait sous M. Sarkozy. Vous en parlez aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que cela vous marque. Mais la réalité, c'est que sans que les caméras de télévision ne se braquent sur des événements aussi odieux que ceux-là, c'est aujourd'hui, trop souvent, dans de nombreux quartiers.
Je voudrais maintenant revenir... Alors, vous l'avez évoqué, plusieurs de vos propositions en matière de sécurité, peine minimale d'emprisonnement, vous venez de le dire, construction de place de prison, abaissement de la majorité pénale à 15 ans. Au sujet de la construction de place de prison, soyons le plus concret possible, s'il vous plaît. Vous faites comment ?
On change les procédures. Il faut 7 à 8 ans aujourd'hui pour ouvrir une place de prison. Minimum. Non mais attendez. Minimum. Non mais on est où là ? Et la longueur des procédures, ça ne fait certainement pas le charme d'un pays comme le nôtre. Donc, il y aura de nouvelles procédures, c'est-à-dire qui répondront à un enjeu d'utilité publique, de priorité publique. Et donc, les délais administratifs, les délais de recours seront réduits. Et les maires qui accepteront de prendre sur leur terrain des centres pénitentiaires, ce ne sera pas forcément les mêmes types de prisons partout, verront une dotation globale de fonctionnement pour leur commune améliorée.
Mais vous savez, aujourd'hui, au-delà des grands effets d'annonce, il y a beaucoup de maires qui sont candidats pour avoir des prisons. Mais ça ne suit pas, on ne leur répond pas. Quand j'étais notamment maire de Saint-Quentin et ensuite président de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin, j'ai fait des propositions à l'État pour qu'on puisse avoir une prison construite sur le territoire. Jamais eu de réponse. Parce que vous avez les effets d'annonce, mais la réalité, c'est qu'il n'y a pas la volonté aujourd'hui de construire le nombre de places de prison supplémentaires. 20 000 dans un premier temps, il en faudra davantage que cela. Parce que M.
Boursier, il y a un numerus clausus qui ne dit pas son nom en France. Les peines sont en fonction des places disponibles. Et comme il n'y a pas assez de places disponibles, il n'y a pas de peines assez sévères.
Même si vous accélérez le tempo, faire sortir 20 000 places de prison en 5 ans de terre, c'est possible.
En tout cas, aujourd'hui, ça ne l'est pas. Mais parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas la volonté politique. Il y a aussi une pensée idéologique qui consiste à dire qu'il faut tout faire pour éviter la prison. Vous avez des pays qui ne sont pas des pays laxistes.
Là, je ne vous parle pas de la volonté d'éviter ou pas, juste de les construire, M. Bertrand.
On prend les Pays-Bas. Aux Pays-Bas, ils pensent qu'une peine de prison de courte durée, c'est de nature à éviter la récidive. Nous, ce type de pensée semble complètement iconoclaste. Je pense également qu'une peine de prison de courte durée a du sens. Et je vais plus loin. Si vous changez les procédures, si vous raccourcissez les délais, dans mon quinquennat, il y aura ces 20 000 places qui sortiront. Mais je suis conscient qu'il faudra changer tous ces délais et je le ferai.
Pour rebondir sur une autre de vos propositions auxquelles faisaient allusion Jean-Baptiste, l'abaissement de la majorité pénale, ça a déjà été promis par la droite. Donc, ça n'a jamais été mis en place. Comment est-ce que vous, concrètement, vous mettriez en place cet abaissement de la majorité pénale ? Comment est-ce que ça se...
La droite et la gauche, la droite et M. Macron, ça n'a rien à voir. Ça n'a rien à voir en matière pénale. Rien à voir. Et la dernière fois que la droite a été au pouvoir, c'était avec Nicolas Sarkozy. Voilà 15 années. Voilà 15 années. Aujourd'hui, qu'est-ce que l'on voit ? Je n'ai pas, vous savez, inventé un matin comme ça en réveillant. Tiens, 15 ans. Mais aussi, je constate. J'en parle avec des éducateurs, j'en parle avec des magistrats, avec des policiers. Souvenez-vous pas très loin d'ici, à Beaugrenelle. Ces bandes, avec des jeunes de 15 ans, défoncent la tête de l'un d'entre eux à coups de marteau. Regardez ce qui se passe dans d'autres pays.
C'est à 15 ans qu'il faut qu'il y ait la même majorité pénale. Le magistrat pourra très bien, au nom de l'individualisation, retenir des critères, retenir l'âge. Mais ce que je souhaite, c'est que l'on encourt les mêmes conséquences, les mêmes sanctions. Je veux tout simplement que nous puissions à nouveau, en France, vivre en paix et en sécurité. Ce qui semble être la première des libertés, ça n'est plus le cas aujourd'hui. Je reviens à ce que vous disiez tout à l'heure, M. Bertrand. Le retour de l'autorité, c'est ce qui permettra de mettre fin au désordre que l'on constate partout. Dans les quartiers, mais aussi dans nos campagnes.
Nous ne pouvons plus continuer à vivre en ayant cette inquiétude pour soi, pour ses enfants, pour sa famille. Ce n'est tout simplement plus possible.
M. Bertrand, tout à l'heure, vous disiez qu'il faut simplement appliquer le droit. Mais en France, un mineur peut être condamné à de la prison. Peu de gens le savent, mais c'est le discernement et pas l'âge qui est pris en compte. Ce qui change, c'est la peine, effectivement. La peine maximale encourue par un majeur, c'est la moitié pour un mineur. Donc là où un adulte risque 10 ans, un mineur risque 5 ans.
Mais il y a des mineurs en prison. Je veux que l'on puisse appliquer 10 ans, quand aujourd'hui, pour un mineur, c'est 5 ans. C'est le magistrat qui le déterminera. Mais je souhaite que la majorité pénale soit à 15 ans. Vous savez, il y a l'ordonnance de 1945. Mais qui peut nier qu'aujourd'hui, la situation de la société n'est plus la même qu'après la Deuxième Guerre mondiale ? De la même façon, aujourd'hui, vous voyez cette violence, cette hyperviolence qui se développe. On ne peut pas continuer à constater ça comme des spectateurs. Il faut encore une fois protéger les braves gens. Et ça passera forcément par un réarmement pénal. Et il nous faut davantage de fermeté.
Et puis, vous le savez aussi, dans les propositions que je fais, je souhaite renformer la place, les pouvoirs des procureurs. Pour qu'ils puissent, pour des peines qui peuvent aller jusqu'à 5 ans, qu'ils puissent prononcer eux-mêmes directement les sanctions. Ce qu'il faut également, c'est que les délais entre la peine encourue, la peine prononcée et l'exécution soient raccourcis. Aujourd'hui, il n'y a plus cet effet dissuasif. Et il nous faut absolument, aujourd'hui, prendre conscience que nous n'avons plus le choix. Nous devons, aujourd'hui, prendre ces mesures pour que l'on puisse vivre en paix et en sécurité.
Une augmentation de budget inédite au ministère de la Justice, que des places sont construites, que des magistrats sont nommés. Vous devez être content.
Monsieur Macron, c'est celui qui s'est permis à Angoulême de mettre devant lui un t-shirt dénonçant les violences policières. Quand on décide de protéger...
Faites allusion au t-shirt LBD 40.
Quand on décide de protéger les policiers, c'est pas seulement les jours pairs. Et le jour impair, on prend ses distances avec les policiers. Les policiers, on n'impose pas un nouvel organisme de contrôle, en plus de l'IGS. Si on leur fait confiance, on leur fait vraiment confiance. Si certains ne respectent pas la loi, ils sont sanctionnés. Mais on est clairement du côté de l'ordre et on protège nos forces de l'ordre.
On peut protéger les policiers tout en sanctionnant parfois les erreurs qu'ils peuvent commettre.
Je viens de vous le dire. On peut faire les deux.
Marine Le Pen a dit cette semaine lors d'un déplacement en soutien aussi à d'autres policiers agressés que 95% de la délinquance de rue était le fait d'immigrer ou personne issue d'immigration. Alors on a vérifié. C'est faux. En tout cas, on ne peut pas le dire comme ça. Est-ce que pour vous, quand même, le sujet d'immigration et les sujets de sécurité sont liés ?
J'aurai l'occasion de parler cette semaine de la façon dont je veux reprendre en main notre politique migratoire. Voilà. Maintenant, vous venez de le dire vous-même, Mme Le Pen, elle, elle est comme tous les dirigeants d'extrême droite. Il vaut mieux qu'il y ait des problèmes pour qu'elle puisse prospérer. Moi, mon rôle, ça a été le cas en tant que maire, c'est le cas en tant que président de région, ce sera demain en tant que président de la République, c'est d'apporter des solutions aux problèmes des Français.
Vous avez différentes villes, notamment encore des policiers dans le sud de la France, m'expliquaient que le problème qu'ils ont, notamment au cœur de ville, c'est notamment les mineurs non accompagnés qui ne se livrent pas tous à un certain nombre d'actes délictueux. Et donc, les interpeller est une chose, mais il faut aussi que l'on règle ce problème migratoire où on a le sentiment aujourd'hui que quand on rentre en France illégalement, on pourra y rester.
Qu'est-ce qu'on fait alors ? Quelles sont vos priorités ?
À l'automne, dans le même référendum, comme je vous l'expliquais tout à l'heure, je proposerai la mise en place de quotas migratoires. Mais avant l'automne, je demanderai à l'été 2022, après l'élection présidentielle, à mon ministre de l'Intérieur, d'enjoindre par circulaire à tous les préfets que toute personne qui sera rentrée illégalement en France ou qui sera restée illégalement en France ne pourra jamais avoir droit à régularisation. Ça, c'est un point très précis qui va permettre également de mettre un terme à tous les appels d'air qu'il y a eu à des moments ou à un autre en laissant penser qu'il pourrait y avoir régularisation.
Vous voyez, sur tous ces sujets, moi, je ne suis pas un énervé. Je n'ai pas besoin de savoir ce que disent les extrêmes. Je sais clairement quel est mon devoir. Je sais clairement comment on doit remettre de l'ordre dans un pays comme le nôtre. Parce que mettre un terme au désordre, c'est le préalable. À pouvoir mettre en place une république des territoires. À remettre en place une société du travail et du mérite. Mais voilà pourquoi j'y attache autant de l'importance.
Je vous repose la question de l'immigration, sécurité, c'est lié selon vous ?
Dans certains cas, évidemment. Monsieur Bertrand, il y a... Mais encore une fois, pardonnez-moi, tous les immigrés ne sont pas des délinquants. La vraie différence qu'il y a, c'est que moi, je refuse tout amalgame. Les amalgames sont faciles. Les amalgames, c'est le lit de la démagogie. Quand on veut être président de la République, on refuse la démagogie. Quand on veut être président de la République, on cherche encore une fois, pour l'élection la plus sérieuse qui soit, d'apporter des solutions aux problèmes des Français. Comme je vous le dis aussi, jamais, jamais, je ne laisserai quelqu'un juger sur sa couleur de peau, son origine ou sa religion.
Mais celui ou celle qui ne respecte pas la loi, les valeurs de la République, je serai intraitable, quelle que soit son origine, sa couleur de peau ou sa religion.
Monsieur Bertrand, s'il vous plaît, vous parliez des raisons qui peuvent conduire des gens à vouloir arriver en France. Mais vous le savez mieux que personne, certains veulent passer par la France. Pour se rendre notamment en Grande-Bretagne, il y a eu une jungle à Calais, elle a été démantelée, la situation reste extrêmement tendue là-bas. Je vais le rappeler à nos téléspectateurs, la gestion de cette frontière, elle est aujourd'hui liée au traité de Calais, négocié par Nicolas Sarkozy à l'époque, ministre de l'Intérieur, pour schématiser et pardonner le raccourci intellectuel. La frontière anglaise est en France. Voilà, et ça contre rémunération du gouvernement britannique.
Est-ce qu'il faut revoir ce traité, Xavier Bertrand ? Ou est-ce qu'il faut continuer de gérer ça comme ça ?
Aujourd'hui, il faut le revoir. Juste un point, vous avez dit la jungle de Calais a été démantelée. C'est moi-même, avec Natacha Bouchard, qui avons obtenu de Bernard Cazeneuve le démantèlement de la jungle, et je l'en remercie. Sauf que depuis maintenant 4 ans et demi, Emmanuel Macron ne veut pas nous aider à régler le problème à 100%. C'est la différence, vous voyez, je ne fais pas de politique. Bernard Cazeneuve, qui était un ministre de l'Intérieur de gauche, courageux, républicain, et depuis 4 ans et demi, on nous dit, écoutez, il y avait 9000 migrants, 9000 migrants qui étaient exploités par ces criminels que sont les passeurs. Et là, on dit, écoutez, vous en avez 10 fois moins.
C'est bon, ça suffit. Bien sûr que non, que l'on applique la loi de la République, la loi française. Si vous voulez régler le problème de Calais, il y a 3 actions, 3 dimensions à avoir. D'une part, la première des choses, on a tout intérêt à changer notre politique, notamment avec l'Afrique. Il faut que nous ayons une vraie politique de développement. La crise migratoire, M. Boursier, elle n'a pas commencé.
M. Bertrand, ma question, elle portait sur le traité, justement.
Je vous explique aussi, si vous voulez, dans ces cas-là, que je vous coge juste une case, si c'est un QCM, dites-le-moi, je vais essayer de vous répondre le plus clairement possible. Déjà, il faut que l'on permette de rester en Afrique, de vivre en Afrique, et justement de pouvoir construire des usines, des hôpitaux en Afrique. C'était le plan de Jean-Louis Borloo, et j'entends bien, avec l'Union européenne, proposer une autre politique pour qu'il puisse y avoir le développement, notamment dans tous ces pays. C'est la paix, c'est le développement. La deuxième chose en France, on applique la loi de la République.
Vous savez qu'à Calais, des migrants exploités par les passeurs mettent des barricades sur la rocade, avec tous les dangers que ça représente, c'est l'attaque de la diligence. Il fait quoi, le gouvernement ? Et le troisième sujet, ce sont les Anglais. Les Anglais, ça commence à bien faire. Cela fait maintenant cinq ans, depuis que je suis élu à la tête de la région, que je dis très clairement que s'ils ne veulent pas faire le travail qui est le leur, on leur rend leurs frontières et on dénonce les accords du Touquet. Cinq ans que je demande. Cinq ans que le président de la République, quatre ans et demi, qu'il fait la sourde oreille.
Voilà pourquoi aujourd'hui, moi ce que je demande, et c'est ce que je ferai en tant que président de la République, je dénoncerai les accords du Touquet, ce qui donnera deux ans pour que la Grande-Bretagne se remette à la table des discussions et qu'ils changent d'attitude. Vous savez pourquoi aujourd'hui ? Juste pour être concret pour le téléspectateur, M. Bartrand, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'en gros, vous laisseriez passer, les gens qui veulent passer, passeraient tous ?
Pendant deux ans, c'est le temps de la renégociation. Pendant deux ans, les conditions restent les mêmes. Mais vous savez pourquoi ils veulent aller en Angleterre ? Parce qu'en Angleterre, vous pouvez travailler en Angleterre, vous êtes payé avec un lance-pierre, et ça convient très bien aux Anglais. Il y a une hypocrisie britannique sans pareil. Vous avez aujourd'hui des moyens qui sont dérisoires pour enrayer le passage de ces migrants, exploités encore une fois par ces criminels que sont les passeurs, pour passer. Il y a régulièrement des victimes. On attend quoi ?
Donc moi, je souhaite la renégociation des accords du Touquet pour que l'on trouve une autre solution et que les Britanniques changent d'attitude.
Nous marquons une très courte pause et nous revenons dans un instant avec un autre sujet qui concerne nos voisins britanniques, la rencontre qui vient d'avoir lieu entre Boris Johnson et Emmanuel Macron. Il y a beaucoup, beaucoup de tensions avec nos voisins, notamment sur fonds de pêche liés au Brexit. A tout de suite. La suite de BFM Politique avec Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France et candidat au Congrès des Républicains, car c'est ainsi que l'on le dit désormais, ce sera le 4 décembre. Anne, revenons sur une des images du jour.
Oui, la politique internationale avec le G20 qui est en train de s'achever à Rome et cette rencontre qui était très attendue entre Emmanuel Macron et Boris Johnson. Oui, d'ailleurs, pardon, je dis images, mais en fait, on n'a pas d'images. On n'a pas d'images, absolument, parce qu'on attendait un tour d'images et finalement, il n'y a pas eu d'images d'Emmanuel Macron et Boris Johnson côte à côte. Est-ce que c'est le signe de la grande tension qu'il y a avec nos voisins ? On le verra. En tout cas, la France attend que la Grande-Bretagne respecte sa signature pour éviter l'escalade. Est-ce que c'est le bon message qu'il faut envoyer à nos voisins anglais ?
Bien sûr, mais pourquoi on l'envoie aujourd'hui ? C'est trop tard. Ça fait 11 mois. 11 mois. Le 1er janvier, deux ministres, ministres de la Pêche, ministres d'Affaires européennes, viennent à Boulogne et nous disent, en réunissant les élus et les pêcheurs, les licences, c'est une affaire de quelques jours. 11 mois plus tard, il a fallu dire aux ministres, il a fallu dire à l'Europe, quand est-ce que vous bougez vis-à-vis du Royaume-Uni ? Et c'est seulement maintenant, après d'ailleurs une réunion en visioconférence qui a eu lieu mercredi, où moi-même et d'autres élus, on a dit au gouvernement qu'il fallait être beaucoup plus dur. Pourquoi beaucoup plus dur ?
Les Britanniques sont ainsi faits, tout ce qui est à eux est à eux. Tout ce qui est à nous se négocie. Donc si vous n'engagez pas un bras de fer, qu'il fallait engager depuis des mois et des mois, il n'y a rien qui se passe. M. Johnson, il a promis beaucoup à ses pêcheurs. Donc on voit bien que s'il n'y a pas ce bras de fer, on n'obtiendra rien, et donc derrière, que nos pêcheurs vont mourir.
Au prix d'une possible escalade ?
Mais c'est moi qui réclame l'escalade depuis des mois et des mois. Il n'y a que ce langage-là qu'ils entendent. Sur la question des accords du Touquet, renégociation. Ce langage-là, ils peuvent l'entendre. Et sur le reste, on doit faire également des contrôles sur les bateaux de pêche anglais, mais aussi, pardonnez-moi, sur les importations et sur les exportations anglaises. Et puis aussi sur la question de l'électricité. À Jersey et Guernesey, je ne souhaite pas la guerre, mais je souhaite qu'ils changent d'attitude. Et il n'y a que ce langage-là qu'ils peuvent tenir.
Mais la question depuis 11 mois, quel a été le discours politique, la discussion politique entre le président de la République française et le Premier ministre britannique ? Il n'y en a pas eu. Et là, l'Union européenne, sur un sujet comme ça, où est-ce qu'elle est ? Comment elle fait pression ? Le bras de fer, le Brexit, les conséquences qui ne sont pas respectées, et donc les sanctions appliquées. Vous savez, nous sommes dans un monde où les dirigeants doivent comprendre que si on n'est pas prêt à engager un bras de fer, on ne fait pas respecter son pays et on ne fait pas respecter les intérêts de ses concitoyens.
En parlant de bras de fer diplomatique, M. Bertrand, vous avez vu, j'imagine hier, la rencontre entre Joe Biden et Emmanuel Macron à l'ambassade de France au Vatican. Là, il y avait des images. C'est la première fois qu'il se parlait. Oui, là, il y a des images. Il y a des images parce que, sans doute, la France a-t-elle choisi, voulu qu'il y ait cette image de Joe Biden et d'Emmanuel Macron ? Les mots ont également de l'importance. Joe Biden a dit, je pensais que vous étiez au courant que cet accord, ce contrat du siècle, l'expression a été dénoncée. Comment vous avez réagi en les voyant, en les entendant ?
Non, mais on va nous faire croire que l'incident est passé avec ça. Entre un coup de fil, voilà, quelques semaines et puis ensuite, cette poignée de main, on va penser, ça y est, qu'on passe l'éponge. La France, avec M. Macron, est de moins en moins une puissance. Moi, je pense qu'on a un rôle particulier à jouer. Nous ne sommes pas un pays de seconde zone. On n'est pas un pays de second plan. Il n'y aura qu'un général de Gaulle dans l'histoire de France. Mais il y a une pensée gaullienne qui fait qu'un pays comme le nôtre, il doit être respecté et il doit se faire respecter. Vous auriez dit quoi, vous, à Joe Biden ? Que je veux un sommet extraordinaire de l'OTAN. Et pas dans un an.
Un sommet extraordinaire de l'OTAN pour savoir où on va avec l'OTAN. Parce que si l'OTAN est une machine à faire la guerre, la guerre froide avec les Chinois, il faut nous le dire. Si demain, en tant que président de la République, je dois changer la nature des relations avec la Chine, je le ferai sans hésiter parce que ce sera l'intérêt de la France. Mais je ne veux pas y être contraint, obligé par les Américains. La vocation de la France, c'est de rester un pays indépendant qui noue des alliances, mais qui reste un pays indépendant. Nous avons été maltraités par les Américains. Mais là, quand même, on pensait que vous étiez au courant. Mais de qui se moque-t-on ?
On parle aujourd'hui d'un pays comme la France qui est un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. D'ailleurs, M. Boursier, si je suis élu président de la République, le siège au Conseil de sécurité de l'ONU, jamais je ne le partagerai ni avec l'Allemagne, ni avec l'Union européenne. Donc sur tous ces sujets-là, encore une fois, un pays qui a la force de dissuasion nucléaire, un siège au Conseil de sécurité, qui a une puissance maritime grâce à l'outre-mer, et entre parenthèses, j'aimerais entendre le président de la République dire clairement, comme je le dis aujourd'hui, que je souhaite que la Nouvelle-Calédonie reste française.
Dans le Pacifique, notre influence, elle passe aussi par la Nouvelle-Calédonie qui reste française. La Nouvelle-Calédonie, soit elle reste française, soit elle deviendra chinoise. Alors je préfère qu'elle reste française.
L'actualité en France, sur notre territoire,
c'est l'actualité franco-française. Un automobiliste près de Rennes qui a été blessé. La piste privilégiée est celle d'un accident de chasse. Vous avez pris fête et cause pour les chasseurs, mais quand vous voyez ce genre d'accident, est-ce que vous pensez que ça donne raison à quelqu'un comme Yannick Jadot qui veut interdire la chasse le week-end, par exemple ?
Je ne suis pas d'accord avec M. Jadot et je pense que vous pourriez citer deux choses. La déclaration du président de la Fédération des chasseurs de ce département qui a lui-même déploré ce qui s'était passé. Et puis aussi une deuxième chose. Depuis 20 ans, jamais les accidents de chasse n'ont été aussi peu nombreux. Ça baisse régulièrement. Il y a quand même des ans tous les ans. Parce que les chasseurs font effectivement très attention. Et je le dis encore une fois, il y a des traditions que moi je n'entends pas remettre en cause. Parce que derrière la question de la chasse, c'est la question de la ruralité. C'est la question des traditions.
Il y a une question presque identitaire derrière, selon vous. C'est ce que je vous avais indiqué sur la ruralité. Vous avez aujourd'hui des ruraux. Moi, vous savez, ne comptez pas sur moi pour entrer dans une guerre Paris-Province où urbains et ruraux. Mais les ruraux veulent qu'on les respecte. Les ruraux, et vous avez aussi des urbains qui sont des chasseurs, veulent que ces traditions puissent se maintenir. Et je ne veux certainement pas qu'on prenne un accident terrible, tragique, pour remettre en cause la pratique de la chasse. Puis il y a aussi un autre aspect. C'est que les chasseurs sont aussi des écologistes de bon sens. N'en déplaise à M. Jadot.
Alors justement, au sujet de l'écologie, M. Bertrand, la COP26 pour le climat débute à Glasgow. Il n'y a plus vraiment beaucoup de gens pour discuter de l'urgence écologique, climatique. Est-ce que vous serez
un président écolo si vous êtes élu ? Oui. Mais je ne ferai pas payer la transition écologique ni aux classes moyennes, aux catégories populaires, ni à l'emploi. Alors comment vous ferez pas être un président écolo ? Tout d'abord, en allant jusqu'au bout de ce qui est efficace. Vous voulez une énergie décarbonée ? Alors non seulement on conserve le nucléaire, on ne réduit pas sa part, mais on développe le nucléaire. On arrête les grands discours qui ne débouchent sur rien, sur l'isolation des bâtiments, les bâtiments des particuliers, les bâtiments publics. Ça, c'est le gouvernement et les écologistes qui proposent ça. Oui, d'accord, mais le gouvernement ne le fait pas depuis 4 ans et demi.
Alors il faut passer à la vitesse supérieure. C'est aussi l'hydrogène, l'hydrogène vert, grâce au nucléaire, qui permettra en termes d'énergie, en termes de transport, d'avoir une vraie réponse. Et puis surtout, M. Boursier, la France est moins de 1% des émissions de CO2. Moins de 1%. On doit rester exemplaire. On doit rester exemplaire. Mais en attendant, le vrai débat, pardon, le vrai combat, il est au niveau international.
Je me battrai pour que nous ayons au niveau international cette taxe carbone aux frontières de l'Europe pour que les pays qui ne respectent pas la Russie, les États-Unis et la Chine comprennent que s'ils continuent à produire de la même façon, alors leurs produits seront taxés pour venir en Europe.
Nous parlons de pouvoir d'achat dans quelques instants, mais ça, ça veut dire que ce sont les Français qui vont les payer. Je viens de vous dire que moi, je ne ferai pas payer aux classes moyennes et aux catégories populaires. Mais pardon, si vous taxez à l'entrée de l'Union Européenne des produits qui viennent de l'extérieur, qui paie à la fin ? Eh bien, pourquoi on ne les produit pas chez nous ?
Ah oui. Et pourquoi ces pays-là, s'ils veulent continuer à travailler en Europe, plutôt que d'avoir un bilan carbone désastreux, qu'ils viennent installer leurs usines et des emplois, des emplois chez nous, ici chez nous, c'est ce changement de comportement que je veux. Vous me posiez la question est-ce que je serai un président écolo ? Je vais vous dire comment je réagis. Je réagis aussi en tant que père. La vie est ainsi faite, j'ai quatre enfants, le dernier a trois ans et demi. Quand il aura mon âge, je n'ai pas envie qu'il vise dans une planète avec trois à quatre degrés de plus, parce que je vois bien ce que ça représente de tragique, pour lui comme pour tous les enfants de France.
Et donc, nous n'avons pas le choix, mais nous pouvons concilier économie et écologie sans sombrer dans la décroissance et sans provoquer également une révolte de ceux qui, pour leurs enfants, veulent aussi l'écologie, mais qui veulent tout simplement que ça ne fasse pas disparaître leur emploi. On va y revenir dans un instant.
Leur emploi, leur paysage, leur mode de vie, il faut beaucoup de concertation autour de ces questions-là, on l'a bien compris. Les Hauts-de-France, c'est 30% de la production d'électricité de France via les éoliennes. Dans votre région, il y en a beaucoup.
Il y en a marge. Il y en a trop.
Il y en a trop. Alors c'est la première question. D'abord, vous en rajoutez, vous les ôtez ?
Stop. Basta. Basta. Mais pas seulement dans ma région.
Dans votre région ou partout ?
Mais partout. Il y a un développement anarchique de l'éolien. Et d'ailleurs, tous les promoteurs de l'éolien qui nous disent que c'est génial, je n'en ai pas vu un avoir sa résidence principale ou sa maison de campagne au pied d'une éolienne.
Pourtant, c'est une énergie décarbone et vous en parliez, c'est une énergie normalement qui va dans le bon sens de la transition écologique d'un point de vue bilan carbone.
Mais il y a aussi une énergie qui a un bilan carbone remarquable. C'est le nucléaire ? Les éoliennes, monsieur. Les éoliennes. Vous pensez sincèrement qu'avec le développement des véhicules électriques, aujourd'hui, on a 40 000 bornes, dont 9 000 d'ailleurs qui ne fonctionnent pas. Le nombre des bornes va exploser. On va donc avoir besoin d'énergie, d'électricité. Ce sont ces satanées éoliennes qui vont remplacer les centrales nucléaires ? Ah non, certainement pas. Et d'ailleurs, je veux être encore plus clair avec vous. Élu président de la République, je reviendrai sur l'objectif de baisser la part du nucléaire à 50% comme c'est prévu.
Je veux non seulement conserver la part du nucléaire, mais développer cette filière nucléaire parce qu'elle sera importante pour nous à l'exportation. Aujourd'hui, on est à 70-72% de part du nucléaire. Jamais je ne descendrai à 50%.
Vous envoyez les services de l'État aller démonter les mâts et les pales des éoliennes ?
Vous, président ? Il ne s'agit pas de les démonter, mais de dire stop, basta. Donc, un espèce de moratoire, quoi. Mais il y a aussi un aspect. Vous savez que sur la facture d'électricité des Français qui a explosé, regardez exactement quelle est la part qui correspond au financement des parcs éoliens. C'est ça aussi qui a fait exploser la facture des Français. Et ce que je vois monter, c'est aussi une opposition, voire des affrontements. Et je veux éviter les affrontements entre les pros et les anti-éoliennes. Parce que derrière cette dimension énergétique, il y a aussi autre chose. La France, ce sont des paysages d'une qualité visuelle. On est en train de défigurer notre pays.
Je ne laisserai pas faire en tant que président de la République.
Mais justement, pour aller dans votre sens, dans le cadre de son plan d'investissement France 2030, Emmanuel Macron a annoncé 1 milliard d'euros pour investir dans les SMR, donc ces petits réacteurs nucléaires qui produisent des déchets, mais beaucoup moins. Il a également fait laisser entendre que plusieurs EPR verraient le jour. Que pensez-vous sur le sujet ? Que feriez-vous, Xavier Bertrand,
si vous étiez président de la République ? Mais on ne peut pas lui faire confiance à M. Macron. C'est le même qui a laissé s'arrêter un projet technologique sur le retraitement des déchets. C'est le même qui a laissé fermer Fessenheim. Vous savez pourquoi il fait ça ? Parce qu'il entend que depuis des mois, moi je suis pro-nucléaire. Alors très clairement, il a décidé de changer d'avis, encore une fois. Donc il faut effectivement des SMR, mais il faut aussi des EPR. Et pardon, pas seulement 6 EPR, parce que si vous décidez, comme je le souhaite, que l'on garde notre indépendance énergétique, que la facture d'électricité ne flambe pas dans les années qui viennent, ce sera grâce au nucléaire.
Et je me battrai également au niveau européen pour que la Commission européenne avec la taxonomie nous permette d'investir et de financer ces investissements nucléaires. Et nos amis allemands, nos amis allemands, vont aussi nous laisser faire. Parce que quand ils ont décidé de rouvrir leur centrale à charbon qui pollue l'Europe entière, là, au bout d'un moment, il faut aussi qu'il y ait un peu de bon sens et d'esprit européen.
Juste un dernier mot, s'il vous plaît, M. Bertrand, parce que l'EPR, objectivement, pour l'instant, ce n'est pas un succès. Ça coûte beaucoup, beaucoup plus que ce qui était prévu et on ne sait toujours pas si les dépenses sont terminées. Ça ne fonctionne pas. Ce que nous avons vendu à l'étranger, c'est la même chose. Il n'y a pas de garantie aujourd'hui sur les EPR.
La première fois qu'il y a eu un prototype de voiture qui a été mis en place, ça se fait comme ça, d'un claquement de doigts, tout simplement, tout facilement. Et ensuite, quand c'est en série, les problèmes sont derrière nous. Très clairement. Donc aujourd'hui, il y a d'autres EPR qui fonctionnent et nous savons pertinemment que c'est notre indépendance, M. Boursier. Et là, l'indépendance de la France, l'indépendance énergétique, surtout dans un monde où il y aura besoin de plus en plus d'électricité, à ça, j'y tiens dur comme fer.
Le pouvoir d'achat des Français, vous l'avez évoqué à plusieurs reprises, plusieurs candidats, candidates à l'élection présidentielle proposent d'augmenter les salaires, d'augmenter le SMIC. Et vous ?
Moi, j'ai une proposition, très claire, c'est la mise en place d'une prime au travail. C'est-à-dire que pour les gens qui travaillent, quelqu'un qui travaille à temps complet ne recevra pas moins de 1 500 euros par mois. Pourquoi je vous dis cela ? Parce qu'aujourd'hui, avec le SMIC à 1 259 euros, tout seul, comment vous faites pour vous en sortir ? Et avec des enfants, comment vous leur faites plaisir ? Comment vous avez ces petits extras dans la vie ? Comment vous êtes sûr de garantir leur avenir ? J'étais à l'occasion de ces déplacements à Montargis dans le Loiret. Une dame à qui j'expliquais cette prime au travail me disait qu'elle est au SMIC.
Son mari est au SMIC, un peu plus que le SMIC, et donc il ne touche pas aujourd'hui la fameuse prime d'activité, qui est beaucoup trop restrictive. Et quand je lui explique cette prime au travail, ce qu'elle peut lui apporter de plus, elle me dit, si vous êtes élu et que vous le faites vraiment, ça change ma vie parce que j'ai deux filles, elle me dit, j'en suis très fier, une à Orléans, une à Versailles, mais pour faire leurs études, ça fait 5 ans qu'on ne part pas en vacances. Est-ce que vous trouvez juste ou injuste que des gens qui travaillent n'arrivent pas à s'en sortir ? Juste, pardonnez-moi pour que je comprenne bien.
Parce que je ne vois pas trop la différence entre une augmentation du SMIC et ce que vous appelez une prime au travail. Parce que pour augmenter le SMIC, vous êtes sûr que les entreprises aujourd'hui peuvent payer salaire et charge ? Est-ce que vous êtes sûr que les entreprises, quand elles veulent augmenter de 100 leur salaire, ça leur coûte 160 ? Il y a trop de charges en France. Cette prime au travail va prendre en charge une partie des charges salariales et donc permettre à quelqu'un qui bosse, quelqu'un qui travaille de pouvoir aller vivre dignement de son travail et élever ses enfants. C'est un changement complet qui va concerner plus de la moitié des salariés français.
Cette prime au travail s'appliquera jusqu'à 2000 euros et surtout, ça sera automatique sur la fiche de paye. Ça ne coûtera rien aux employeurs, rien du tout. Je vais profiter du système de retenue, de prélèvement à la source comme pour les impôts, de façon à ce qu'il n'y aura pas de formalité, ça ne coûtera pas à nos employeurs. C'est une mesure d'urgence qui va se prolonger mais pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, quand vous parlez de discussion salariale, il faudra combien de temps pour que ça change pour la vie des Français ?
Avant la fin 2022, si les Français me font confiance, ce changement sera opérationnel et ça s'appliquera aussi aux commerçants, aux artisans, aux agriculteurs qui ont moins de 2000 euros de revenus nette. Donc avant fin 2022, il n'y aura pas de salaire en dessous de 1500 euros ? Toute personne à temps complet, à temps complet parce que quelqu'un qui est à temps partiel en bénéficiera. En temps complet en France,
personne ne gagnera
moins de 1500 euros. Exactement.
Anne ? Très gros sujet dans la thématique pouvoir d'achat, c'est bien sûr la hausse du prix du carburant. Le gouvernement a dégainé il y a quelques jours un chèque carburant. C'est un peu votre idée à l'origine, le chèque carburant. Vous l'avez mis en place il y a quelques... Ça fait quelques années maintenant que vous l'avez mis en place dans les Hauts-de-France.
Cinq ans.
Le gouvernement s'inspire de vous ? Vous considérez que c'est un vol de copyright ?
Ils y ont mis le temps mais c'est un peu panique à bord. C'est une indemnité. Élection. Nous ne racontons pas l'histoire. Au moment de la crise des gilets jaunes, au moment de la crise des gilets jaunes, je l'avais proposé sur le carburant. Ils avaient dit non, ce n'est pas possible. Et là, à six mois de l'élection présidentielle, c'est possible. Alors, les personnes qui vont recevoir ces 100 euros, ces 100 euros, pour elles, c'est important, c'est une chose. Mais où est la logique ? Où est la justice ?
C'est une dame qui me disait l'autre jour que son amie en maison de retraite qui est logée, nourrie, chauffée, à ces 100 euros, mais que par contre, une infirmière qui vient à domicile qui a plus de 2000 euros, elle, elle a droit à rien. Quelqu'un qui a une voiture, quelqu'un qui n'a pas de voiture. C'est l'effet de seuil. Pardon ? C'est l'effet de seuil, malheureusement. Non, ce n'est pas ça. C'est une voiture ou pas. Si c'est pour le carburant, alors ce sont les personnes qui ont leur voiture.
Moi, quand j'ai mis en place cette aide au transport, c'est parce que quelqu'un qui travaille et qui utilise sa voiture, parce qu'il n'y a pas de transport en commun pour cette personne, elle a moins à la fin du mois. C'est toujours cette idée que celui qui travaille doit être récompensé.
Parce que vous l'avez mis en place, vous savez que ça coûte très cher. Qu'est-ce qu'on fait ? On l'augmente ? On le reconduit ?
Dans ma région ? Bien sûr que je continue.
Non, non, non. Sur le territoire ?
Mais attendez, le vrai sujet, c'est qu'il faut mettre un terme et je mettrai un terme à ce racket fiscal. Que le gouvernement dise la vérité, joue la transparence depuis l'été. Parce que c'est depuis l'été que les carburants flambent. Et il aura fallu tout ce temps au gouvernement pour s'en rendre compte.
C'est 20 points de TVA sur le carburant.
Non, c'est 20 points de TVA sur la taxe qui s'applique sur le carburant. On est le seul pays où vous avez un impôt sur la taxe. Prenez notamment le chèque énergie sur l'augmentation de l'énergie pour se chauffer. Le gouvernement a pris 2 milliards d'euros de plus. Et il renverse généreusement 581 millions d'euros de chèques énergie mais pas pour les gens qui travaillent parce que si vous gagnez le SMIC vous n'y avez pas droit. J'en ai marre de ces injustices. Et il faut comprendre qu'aujourd'hui ce qui monte comme sentiment de colère c'est de la part de ceux qui travaillent et qui n'y arrivent pas qui sont les éternels oubliés. Les classes moyennes, les catégories populaires qui travaillent.
Oui c'est vrai, on me dit vous êtes leur candidat. Oui parce que je vois bien clairement aujourd'hui que quand on n'arrive plus à avoir cet espoir pour soi et pour ses enfants, cette colère, cette colère elle est mauvaise. Et il faut à tout prix éviter que cette colère ne se développe. Voilà pourquoi je fais ces propositions.
Juste avant de nous intéresser à ce qui se passe chez les Républicains, un mot s'il vous plaît un commentaire sur les images que l'on a vues hier aux abords du Zénith de Nantes. Éric Zemmour poursuit sa tournée en France pour la promotion de son ouvrage. Il y a eu des échauffourés, il y a eu des... je ne sais pas si il faut dire des violences mais en tout cas des situations de contention. Et les policiers attaqués dans leur voiture avec quelqu'un qui avait un caddie
jettent ce caddie sur eux.
Est-ce que vous attendez à voir ce type de scène jusqu'au mois d'avril si Éric Zemmour est candidat ?
Écoutez, à lui dire s'il est candidat, ce qui est vrai c'est que tous les comportements extrêmes, quels qu'ils soient, doivent être condamnés et doivent être réprimés. On ne peut pas voir ce type d'image et encore une fois vous ne montrez pas ces images de ce véhicule de police que vous l'avez montré hier sur votre antenne. Tout simplement la sanction. Sanction. Sanction.
Vous faites la une du journal du dimanche ce matin avec Valérie Pécresse et Michel Barnier. Je précise à nos téléspectateurs il faut 250 signatures d'élus les républicains pour le congrès. Le journal avance que vous en avez déposé 427. Est-ce que c'est vrai ? Un peu plus. Un peu plus. Donc le chiffre est correct.
Jules. Vous êtes parmi les principaux candidats au congrès celui qui est devant dans les sondages nationaux 13, 14, 15 selon les instituts. Vous en faites un argument pour convaincre les adhérents à l'air de vous élire car vous serez le mieux à même d'atteindre le second tour de la présidentielle. Mais est-ce que ce n'est pas finalement un argument d'autorité ? C'est-à-dire je suis 3-4 points devant les autres dans les sondages donc votez pour moi. Est-ce que c'est finalement démocratique de s'appuyer tant sur les sondages d'après vous ?
Qu'est-ce que ça serait si les sondages n'étaient pas bons alors ? Les sondages ce n'est pas moi qui les fais. Moi d'ailleurs de ma vie je n'ai jamais été sondé pour une élection. Ce sont les français. Oui mais vous l'invoquez beaucoup le fait que vous êtes en tête dans les sondages. Mais venez avec moi. Rencontrez les français. Vous verrez que ce que j'explique c'est que le projet que je porte rétablissement de l'autorité le travail les territoires comment on met un terme à cette asphyxie française du fait que tout est décidé dans les ministères à Paris autorité travail territoire que ce projet-là est conforme aux valeurs de la droite.
Je suis le mieux à même
d'atteindre le contour. Non mais je vous explique ce que j'explique tous les jours. C'est que c'est un projet qui est avec les valeurs de la droite parce que ce sont les solutions de la droite qui permettront de redresser notre pays d'apaiser notre pays et de réconcilier les français. Et il s'avère aussi que je suis ce candidat parce que vous me parliez aujourd'hui de M. Zemmour. M. Zemmour comme Mme Le Pen président de la République tant qu'on parle de M. Zemmour il est content. Vous avez entendu beaucoup de ministres vous qui a notamment organisé la riposte à Alençon cette semaine.
Vous avez entendu beaucoup de ministres condamner les propos parce que ça l'arrange le président de la République il avait imaginé au départ mettre en scène son opposition avec Mme Le Pen en disant dans ces conditions-là c'est sa seule chance d'être réélu. Et là aujourd'hui on peut aussi penser qu'il ne veut pas lui donner d'importance et donc il ne répond pas. Non, non, non, attendez, attendez, attendez. C'est valable aussi comme raisonnement. Mais je vais vous dire pourquoi ils sont pronds à réagir sur toutes les propositions des uns et des autres mais pas là. Parce que si c'est M.
Zemmour ou Mme Le Pen au deuxième tour de la présidentielle il y a 20 points d'avance pour le président sortant. Oui, enfin on ne va pas raconter des temps en plus pour Alençon avec moi il y a entre 0 et 4 points d'écart. Il sait pertinemment que sa seule chance de pouvoir être réélu c'est d'être opposé soit à Mme Le Pen soit à M. Zemmour. Aujourd'hui celles et ceux qui veulent mettre un terme à la présidence de M. Macron les voix pour M. Zemmour les voix pour Mme Le Pen sont des voix perdues. Je suis le seul qui suis capable au deuxième tour de mettre un terme au mandat d'Emmanuel Macron et les Français qui aujourd'hui majoritairement disent il a eu sa chance Macron et il a échoué.
Ceux qui disent c'est l'un des quinquennats les plus difficiles qu'on ait connu au-delà même de la crise sanitaire. Ceux qui veulent tourner cette page savent qu'aujourd'hui c'est le candidat de la droite républicaine qui peut réussir. Un dernier mot.
Avant quand même juste il y a l'étape du congrès DLR aujourd'hui dans le JDD Brice Hortefeux annonce son soutien à Valérie Pécresse comme Pierre Charon Frédéric Péchenard Andine Morano annonce qu'elle soutient aujourd'hui. Pourquoi c'est si important d'essayer d'agréger des soutiens ? Ils sont où les vôtres ? Ils sont chez les sarkozistes ?
Vous l'avez dit vous-même. Près d'un demi-millier de signatures des dizaines et des dizaines de parlementaires et puis je le vois à chaque fois les Français qui me disent que ce soit dans les réunions que je peux faire ou sur le terrain. Vous, vous avez l'air d'être décidé et vous surtout vous avez l'air de nous comprendre. Et un président qui comprend les Français qui les respecte qui est au milieu d'eux je pense que c'est ce que les Français attendent.
Merci beaucoup Xavier Bertrand d'avoir accepté notre invitation dans BFM Politique. Anne, Jules, merci. Merci Jean-Baptiste. Merci Jean-Baptiste.
Xavier Bertrand