Entre réchauffement climatique et climatoscepticisme, des risques accrus pour notre santé
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
au réchauffement climatique, puisque c'est des données faites sur des dizaines d'années...
C'est pas l'année dernière qui fait que le réchauffement climatique s'arrête. Ca risque de modifier la politique de santé, de données et de mise à disposition des données de façon inquiétante. - A.-E.Lemoine: Cet épisode caniculaire est le premier d'une longue série?
C'est l'alerte du gouvernement cet après-midi. - L.Romejko: Les conditions semblent réunies.
Il y a ce phénomène El Nino, un phénomène naturel, qui intervient de manière cyclique. - P.Cohen: Les scientifiques n'ont pas établi qu'il se rapprochait à cause du réchauffement climatique. - L.Romejko: Cela dit, les conséquences qu'il va développer, surtout pour l'année 2027...
Il va se mettre en place à partir de cet été. Le réchauffement des eaux est considérable. Ca pourrait laisser soupçonner des phénomènes météorologiques extrêmes.
On parle de canicules, mais également de phénomènes orageux, cycloniques aussi, lorsque sur l'hémisphère Nord, la saison arrivera, à partir de la fin de l'été. - A.-E.Lemoine: L'Europe se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale.
Ca s'explique par plusieurs facteurs: la situation géographique de la France, la fonte des glaces, mais aussi, de façon paradoxale, la baisse de la pollution? - V.Nouyrigat: L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite de tous.
Il y a beaucoup de terre, sur notre continent. Le fait est que la baisse de la pollution, dont on peut tous se réjouir, pour la santé...
Le problème, c'est que ces poussières faisaient une sorte d'effet parasol et nous protégeaient du réchauffement. Ca adoucissait le réchauffement, jusque-là. Les mesures antipollution très vertueuses pour la santé le sont moins pour le réchauffement.
On voit un petit emballement du réchauffement. Il y a de gros débats là-dessus. Est-ce que le réchauffement est en train de s'accélérer?
C'est pas très clair, statistiquement. Peut-être localement, en Europe, comme en Chine, on voit le réchauffement s'accélérer. C'est la peste ou le choléra. - A.-E.Lemoine: La chaleur, même s'il y a moins de pollution, est un danger pour la santé. - L.Sénéchal: A commencer par les seniors.
Le lundi de Pentecôte est un jour de solidarité décrété après la canicule de 2003. - On l'incite à boire beaucoup et elle obéit. - A l'Ascension, on avait les doudounes.
Je me lève plus tôt le matin, à 5h ou 6h. - L.Sénéchal: Le thermomètre pousse à vouloir se rafraîchir dans l'eau.
Les baignades sont parfois dangereuses, voire interdites. - C'est surtout les gamins, l'été, qui viennent se baigner. Moi-même, jeune, je me suis baignée un bon nombre de fois. - On leur met des équipements de sauvetage. - L.Sénéchal: Le gouvernement a compté 7 décès, dont au moins 5 noyades, liés à l'épisode de fortes chaleurs.
Même ceux qui se croient forts, comme les sportifs, sont exposés avec des courses organisées en plein cagnard. Les pompiers ont parfois sorti l'artillerie lourde. Ici, des bains glacés pour lutter contre l'hyperthermie. - Au bout de 10 km, c'était le coup de massue. - J'étais ultra fatigué.
J'ai vu un mec s'évanouir complètement au sol. Le mec répondait pas. - Je suis pas assez entraîné sous la chaleur.
Je pensais que je l'étais, mais...
Voilà. - L.Sénéchal: A Lyon, une femme est morte en pleine course.
A Paris aussi, un homme succombe à un malaise cardiaque. - Il s'est effondré d'un coup. Sa tête a cogné le sol.
On a vu qu'il était en arrêt cardiorespiratoire. La protection civile est arrivée tout de suite. Ils ont essayé de le réanimer pendant une bonne heure et demie.
On n'a jamais réussi. - L.Sénéchal: Le danger ne vient pas seulement de la chaleur, mais aussi des rayons UV.
La crème solaire sur la plage est délaissée par 29 % des Français, 12 points de plus qu'il y a 12 ans. Même la moitié des 18-24 ans. - Je sais qu'il faudrait, mais j'ai la flemme. - Quand je la mets, c'est que ma femme m'a dit de la mettre. - Je préfère prendre des coups de soleil et après, bronzer. - E.Tran Nguyen: Quand on entend ça, 29 % des Français qui déclarent ne pas se protéger avec des crèmes solaires, alors qu'ils étaient 17 % il y a 2 ans, c'est un recul? - M.Carrère d'Encausse: Quand j'entends cette jeune fille qui dit qu'elle préfère avoir des coups de soleil et bronzer après, le problème, c'est que le coup de soleil fait des cancers de la peau.
C'est extrêmement dangereux. C'est un recul qu'on a du mal à comprendre. On avait l'impression que ces campagnes de prévention et de dépistage du cancer de la peau étaient bien ancrées.
C'est les plus jeunes qui délaissent la crème solaire. - E.Tran Nguyen: Sur l'écart de températures brutal, on entend cette femme dire qu'elle était en doudoune la semaine dernière et qu'elle a chaud cette semaine.
Ca a des conséquences sur le corps? - M.Carrère d'Encausse: Non.
On n'est pas passés de -15 degrés à 50 degrés. Pour les plus fragiles, bien sûr, mais c'est surtout les températures extrêmes qui sont dangereuses. Passer de 15 à 30, on survit. - A.-E.Lemoine: Avec le risque de pollution plus élevé. - M.Carrère d'Encausse: Pollution à l'ozone.
On sait que c'est problématique pour les personnes qui ont des maladies respiratoires, comme l'asthme. Entre la chaleur, qui est perturbante pour les gens qui ont un système respiratoire fragile, plus la perturbation à l'ozone, celles qui peuvent télétravailler, c'est pas mal. - L.Romejko: C'est la caractéristique de ce dérèglement et des nouvelles conditions qu'on peut vivre ces derniers temps.
D'abord, la précocité des événements. Ce type d'événement en mai n'est jamais arrivé. C'est surtout ce que certains scientifiques, notamment C.Cassou, climatologue, appellent le flip thermique.
C'est ce qui s'est passé entre la mi-mai et aujourd'hui. C'est passé de l'automne, de l'hiver au plein été. Il n'y a pas de transition douce entre ces 2 événements.
C'est la caractéristique de ces événements qui vont se reproduire de plus en plus souvent. On parlait des problèmes de santé avec la pratique du sport. J'attire l'attention sur le problème des noyades.
On a eu des cas précoces entre juin et juillet avec des augmentations, 35 % de noyades supplémentaires. Malheureusement, ce type de période où la surveillance n'est pas encore mise en place...
C'est un risque important. - P.Cohen: On a tiré les leçons.
On n'est plus en 2003. Les victimes étaient nombreuses, par milliers. C'était dans les maisons de retraite, les Ehpad.
Aujourd'hui, on sait protéger. En revanche, on a vu 2 sportifs décéder ce week-end. Il y a d'autres alertes à donner? - M.Carrère d'Encausse: On sait mieux faire dans les Ehpad et les hôpitaux.
Il y a de plus en plus de climatisation. On a changé la politique des soignants qui savent qu'il faut proposer, notamment aux personnes âgées, à boire avant qu'elles n'aient soif. Il y a toute une façon de gérer les personnes fragiles qui fait qu'elles sont moins à risque qu'à une époque.
Il ne faut pas faire de sport dans la journée. Je veux bien qu'on aille faire son jogging. Il faut attendre que ça tombe en dessous de 25 degrés.
On peut différer. On peut différer d'une semaine. C'est pas dramatique.
Evidemment, boire de l'eau et éviter l'alcool. Je sais qu'il y a des gens qui aiment boire une bière bien fraîche quand il fait chaud. L'alcool déshydrate.
On mange des choses saines. Les personnes les plus fragiles, il faut les inciter à boire. Si vous avez des gens isolés dans votre immeuble, allez voir s'ils boivent.
C'est important d'aller voir les personnes isolées. C'est les plus à risque. Les plus âgés, les plus jeunes, les personnes avec des maladies chroniques et les personnes en obésité. - A.-E.Lemoine: Une canicule avec 38-39 degrés dans les semaines qui viennent et des infrastructures qui souffrent. - On va aller dormir, là, tout de suite, pour travailler demain. - L.Sénéchal: Ces passagers font partie des 2 trains coincés en pleine canicule près de Lyon.
Une épreuve pour ces personnes qui n'avaient pas de clim. - On a passé des heures à attendre dans une chaleur pas possible. - Tout le monde suait à plus en pouvoir. - Au bout de 45 minutes qu'on était dans le train en train de suffoquer, une dame arrivait plus à respirer.
Quelqu'un faisait une crise d'angoisse. - L.Sénéchal: Au-delà des usagers des trains, il y a des secteurs professionnels entiers qui sont touchés.
Le BTP, notamment. - On fatigue plus vite. C'est là qu'arrivent les accidents.
Il faut bien s'hydrater. - On a commencé à 7h30 au lieu de 8h pour bosser un peu plus dans les heures fraîches et finir plus tôt. - L.Sénéchal: Ce mardi était aussi le retour à l'école pour près de 12 millions du primaire et du secondaire, ou comment bûcher dans la fournaise. - Il fait chaud.
Il faut penser à aller boire à la fontaine. - Il fait 30 degrés. C'est dur.
On n'arrive pas à travailler. On est fatigués. - J'ai beaucoup la tête qui tourne.
Je peux pas dormir. Je suis pas en forme. - C'est dur de se concentrer.
On pense plus à se rafraîchir qu'à travailler. - L.Sénéchal: Les départements investissent parfois pour transformer les îlots de chaleur en oasis de fraîcheur.
Ici, c'est la cour de récré du collège Pierre-de-Ronsard, à Tremblay-en-France. - Maintenant, on peut voir qu'on a davantage d'arbres. Ca permet d'avoir des zones d'ombre pour les élèves.
On a une fontaine à laquelle ils ont accès librement. C'est une évidence, une nécessité, de multiplier ces initiatives. - A.-E.Lemoine: On voit qu'il faut repenser le modèle qu'on a construit sur un modèle climatique qui n'existe plus. - V.Nouyrigat: C'est ce que viennent de dire des experts du gouvernement britannique. "On a conçu un pays sur un climat qui n'existe plus." Il n'y a que 7 % des écoles qui sont climatisées en France.
On n'a pas la culture de la climatisation, contrairement aux Etats-Unis ou au Japon. C'est pas forcément très vertueux, la clim. Ca consomme beaucoup d'électricité.
Mieux vaut utiliser des pompes à chaleur, très chères à l'installation, 10 000 ou 15 000 euros. Mais le gouvernement essaie d'aider les ménages les plus modestes. S.Lecornu a lancé un grand plan d'électrification pour qu'il y ait 1 million de pompes à chaleur installées en France.
Tout le monde essaie d'aller vite, mais le réchauffement va plus vite que nous. C'est difficile de rattraper le train. Il y a quand même des efforts.
Il faut pas le nier. Le gouvernement a lancé un plan national d'adaptation pour une France à 4 degrés. Il y a des exercices prospectifs sur Paris à 50 degrés pour une canicule à 50 degrés.
On pousse quand même les scénarios, mais c'est difficile de rattraper le temps perdu. - P.Lescure: Marina, vous présentez ce soir un nouveau numéro de "Enquête de santé" sur les pouvoirs insoupçonnés de la nature.
Vous avez interrogé la responsable des parcs et jardins d'Angers. Elle vous explique à quel point les arbres sont des acteurs essentiels en cas de forte chaleur. - Les plantations d'arbres dans la ville offrent de l'ombrage.
Au bout de 5 ans, on diminue entre 6 et 10 degrés grâce à l'ombrage porté par l'arbre. - Les arbres aident aussi à réduire la pollution sonore. - Un arbre qui a beaucoup de feuilles a le pouvoir d'absorber le bruit.
C'est un pouvoir méconnu, très utile en ville. C'est pour ça qu'on plante ces arbres dans les rues, pour toujours constituer cet écran entre l'habitant et la rue. - P.Lescure: Végétaliser de plus en plus et, en même temps, de plus en plus de climatiseurs... - M.Carrère d'Encausse: Oui, mais végétaliser de plus en plus, c'est important.
C'est ce qu'on a appris dans ce documentaire, en dehors de l'importance de la nature pour la santé mentale et physique. On est nés de la nature et on a passé notre temps à dévégétaliser au maximum. On se rend compte aujourd'hui qu'en dehors de cet impact sur notre santé, avec l'apparition de ce changement climatique, on court à quelque chose d'assez dramatique.
On veut vraiment au maximum végétaliser. Dans les cours d'école, c'est frappant, à quel point c'est du béton partout. C'est pas la chose la plus simple à faire, revégétaliser.
Maryse Carrère