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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 7 décembre 2022 31 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileRetraitesInstitutions & élections

(Direct censuré par TF1) Macron aux Etats-Unis, la grande manipulation

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:56OuverteRéponse directe

    C'est quoi ce texte ou ces textes qui contrarient la France et l'Europe et du coup Emmanuel Macron ?

  • 4:14OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron explique avoir dit ces vérités à Joe Biden sur la concurrence déloyale des États-Unis. Doit-on le croire ?

  • 5:55OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron a dénié parler de la réforme des retraites. Ces arguments sont-ils discutables ?

  • 6:31OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des éléments économiques qui militent en faveur de la thèse d'Emmanuel Macron sur les retraites ?

  • 11:46OuverteRéponse partielle

    La réforme des retraites est-elle risquée politiquement en période d'inflation et d'insatisfaction ?

  • 15:12OuverteRéponse directe

    Quels sont les résultats du premier tour de l'élection du président de LR ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24PrésentateurFait
    « Il existe un droit de courte citation, car la parole du président de la République est normalement libre de droit d'auteur. »

Temps de parole

  • Invité39 %
  • Invité 235 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 34 %
  • Présentateur 22 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'émission que vous allez voir est extraite d'un direct qui a été effacé d'Internet. Pourquoi ? Parce que TF1 a décidé de censurer notre Toujours Debout d'hier soir. Parce que la chaîne de Martin Bouygues a décidé de bloquer notre direct, au motif que nous aurions diffusé de courts extraits de la dernière interview d'Emmanuel Macron. TF1 enfreint pourtant la loi. Il existe un droit de courte citation, car la parole du président de la République est normalement libre de droit d'auteur. Mais TF1 s'en moque. Les grandes chaînes règnent en maître sur Youtube et censurent les médias indépendants. En toute impunité.

Et si Emmanuel Macron, qui a pendant de longues semaines préféré la scène internationale aux affaires de l'Hexagone, s'intéressait de nouveau à son pays et surtout à son boulot de président de la République française. En tout cas, le premier des Français et en première ligne, du moins sur le plan médiatique ces derniers jours. Samedi dernier, il donnait une interview à TF1 depuis la Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis. Et hier, le Parisien publiait une autre interview de lui. Sur quelle thématique donc ses prises de parole ? Surtout sur les questions internationales, les rapports avec les Etats-Unis, la guerre en Ukraine, l'Iran, le climat, l'immigration et, juste un peu, la politique nationale.

On commence par la question de la relation avec les Etats-Unis au moment où l'oncle Sam semble profiter des délocalisations industrielles au détriment de l'Europe. Au moment aussi où les prix de l'énergie explosent sur le continent. Et alors que les Etats-Unis ont mis en place un énorme plan de soutien de leur industrie, on écoute Emmanuel Macron sur TF1 en espérant que cette fois-ci, TF1 ne strike pas nos contenus, s'appropriant ainsi la parole présidentielle. Voilà, on a écouté Emmanuel Macron. Lisa, c'est quoi ce texte ou ces textes qui contrarient la France et l'Europe et du coup Emmanuel Macron ?

2:02
Invité

Alors c'est le Inflation Reduction Act, pardonnez mon accent. En fait, c'est une loi qui subventionne les industries américaines et en fait défavoriserait les entreprises européennes. Donc en fait, c'est une loi, ce serait un problème pour Emmanuel Macron et pour l'industrie européenne. Il parle beaucoup d'industrie européenne, on n'entend pas industrie française.

En fait, donc cette IRA, Inflation Reduction Act, c'est 400 milliards de dollars qui vont dans des crédits d'impôt pour les ménages, donc pour les voitures électriques, panneaux solaires, rénovation thermique des logements et des crédits d'impôt pour les entreprises, production de véhicules électriques, renouvelables, batteries, l'écologie à l'américaine. Et du coup, c'est vraiment une loi qui, on va dire, met en avant, complètement favorise les entreprises américaines et sur la lutte climatique entre guillemets. Et en fait, donc le reproche que Macron adresse, c'est que c'est une aide qui favorise l'économie américaine et qui du coup délaisse l'économie européenne.

Il y a Maxime Combe, qui est un économiste que je cite beaucoup parce que j'aime beaucoup ses travaux, qui a dit que ce reproche-là d'Emmanuel Macron pouvait être déplacé dans le sens où on pourrait féliciter que les États-Unis mettent en avant plutôt des entreprises et des démarches pour la lutte climatique. Mais c'est aussi un reproche qui peut être absurde dans le sens où dans le cadre de la mondialisation, il n'y a pas de politique climatique efficace. Souvent, les politiques efficaces en termes de lutte climatique sont plutôt nationales ou régionales.

Et surtout, ce que pointe Maxime Combe, et là je le rejoins, c'est que ça peut être une remarque qui peut sembler extrêmement hypocrite dans le sens où en France, on est un pays qui subventionne énormément de entreprises. Je le rappelle à hauteur de 156 milliards d'euros par an en 2019, c'est 7% de notre PIB, deux fois le budget d'éducation nationale, deux à trois fois plus que tous les autres pays de l'OCDE. Et nous, nos aides, elles ne sont pas conditionnées en fonction du climat ni par rapport à la protection nationale.

Donc c'est pour ça que ça peut paraître un peu fort de café de reprocher aux États-Unis d'aider ces entreprises quand nous, on aide les nôtres, mais sans volonté ni climatique ni nationale.

4:09
Présentateur

Et peut-être avec une sorte d'absence de vision industrielle. Alors Paul, notre chef de l'État, explique en gros qu'il a dit ces vérités à Joe Biden sur la concurrence déloyale que les États-Unis livreraient à la France et à l'Europe. Et que du coup, les choses ont bougé parce que Joe Biden, en plus, il aime vraiment la France. Du coup, il a compris le message envoyé par Emmanuel Macron. Doit-on le croire ? Doit-on croire à ses capacités de conviction ?

4:40
Invité

Je ne sais pas. Moi, ce que je remarque, c'est qu'on est souvent, enfin, dans les relations avec les États-Unis, les avoir comme partenaires, c'est surtout les avoir prendre l'initiative et ensuite en payer les conséquences. On l'a vu sur d'autres sujets. Là, ce qu'il a dit, c'est qu'en gros, il voulait mettre en avant le « made in Europe ». C'est ce que dit le président Emmanuel Macron. Et qu'ils vont donc négocier des exemptions pour certaines entreprises françaises qui pourraient participer à ces marchés aux États-Unis. Notamment, comme l'ont fait d'autres pays partenaires des États-Unis, le Canada, par exemple. Après, est-ce que ça va se faire ou pas ?

Ce qui est vrai, c'est que les États-Unis, ils mettent souvent devant le fait accompli. Et derrière, en tout cas, on les excuse facilement. C'est ce qu'il dit. Il dit « je pense que les États-Unis ont raison de se protéger, mais qu'ils ne souhaitaient pas nous faire de mal à l'industrie européenne ». Je rappellerai quand même que dans une optique de compétition que se livrent les gros groupes. Là, on parlait, par exemple, de voitures électriques. C'est une compétition qui va définir aussi, dans une grande mesure, un certain nombre de marchés, y compris celui de l'automobile, par exemple. Et que du coup, la compétition fait qu'à la fin, il y a des perdants et des gagnants.

Donc, je vois mal une très grande coopération. Mais qu'ils puissent obtenir quelques exemptions et quelques participations des industries françaises, ça, c'est possible. Ce ne serait pas une folie.

5:55
Présentateur

Alors, Lisa, Emmanuel Macron a quand même dénié parler un peu de la France, notamment de la réforme des retraites portée par Elisabeth Borne. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ces arguments peuvent paraître discutables. On l'écoute. Alors, à écouter Emmanuel Macron, notre système de protection sociale s'effondrerait si on ne faisait pas sa fameuse réforme des retraites. Une réforme qui a changé, parce que lors du premier quinquennat, ce n'était pas exactement ce qu'il prônait. Mais en tout cas, si on ne bouge pas dans ce domaine-là, on va vers le précipice. Est-ce qu'il y a des éléments économiques ? Est-ce que les économistes sont d'accord avec lui ?

Est-ce qu'il y a des éléments économiques qui militent en faveur de cette thèse ?

6:35
Invité

Non. Enfin, en fait, il y a beaucoup de choses à dire. Donc, je vais essayer d'être rapide. Mais en fait, sur cette question des retraites, le gouvernement et Macron, qu'on vient d'entendre, utilisent tout le temps cet argument de « il faut faire des économies, on est en danger ». La dette publique, le déficit public, attention, on a l'impression qu'il y a quelque chose qui court derrière nous. On va tous prendre son calme. Les retraites, il faut savoir qu'en 2021, elles étaient excédentaires de 900 millions d'euros en France. En 2022, elles seront aussi excédentaires à peu près à 3,2 milliards d'euros. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a un déficit qui est annoncé.

Il y a un déficit qui est annoncé jusqu'à peu près 2032, voire 2037, entre 0,5 et 0,8 % du PIB. C'est environ 10 milliards d'euros par an. Ce qui, en fait, n'est pas grand-chose, parce que le budget des retraites, c'est 340 milliards d'euros par an. Donc, en gros, c'est 3 % du budget des retraites. Sachant que ce scénario est fictif, il peut changer. Donc, en fait, on s'appuie sur des choses qui ne sont pas... Enfin, ces chiffres-là, c'est le COR, donc le Conseil d'orientation des retraites qui est sous Matignon et qui dit, lui, que le système français ne devrait pas présenter de gros déséquilibres financiers majeurs d'ici jusqu'à 2030 et même un petit peu après.

Par contre, il annonce un niveau de vie des retraités qui va baisser. Donc, en fait, on le voit, le Conseil d'orientation des retraites, qui est sous Matignon, il dit qu'il n'y a pas une volonté énorme de faire des réformes. Moi, j'ai regardé l'interview sur TF1 et j'ai lu l'interview dans Le Parisien. Il y a des choses en termes d'éléments de discours et d'éléments de langage qui sont assez intéressantes à décrypter. Il dit, par exemple, en fait, il lit énormément la réforme des retraites à la relance économique. Et ça, c'est important de le décrypter et on l'a déjà fait ici, mais ça ne fait pas de mal de le redire.

Il dit, par exemple, nous dépensons de l'argent pour développer nos grands services publics intérieurs, justice, école, santé. Ça permet de ne pas baisser les impôts des ménages. Donc, on fait des économies pour éviter d'agrandir la dette sans toucher aux impôts des gens ou des entreprises. Comme je disais, en fait, il faut savoir que, je l'ai dit, c'est 156 milliards d'aides publiques aux entreprises. Donc, faire des économies pour agrandir les services publics, pour l'instant, on ne le voit pas. Ce qu'on voit, c'est que c'est pour toujours soutenir les entreprises. Comme je disais, 156 milliards d'aides publiques aux entreprises, c'est deux fois le budget de l'éducation nationale.

Quand la dépense publique en pourcentage du PIB dans les administrations publiques, elle est à la baisse. Donc, on a envie de le voir, ces investissements dans les services publics. Pour l'instant, on ne le voit pas. Il y a autre chose aussi. Il ne veut pas toucher aux impôts. Il faut faire attention à la dette. Toutes ces choses-là, la dette, la dette, la dette. Il faut savoir que la dette en France, pour la diminuer, il faut soit augmenter les recettes, soit baisser les dépenses. On voit que le gouvernement a fait son choix. C'est baisser les dépenses alors qu'on pourrait augmenter les recettes. Allez chercher là où il y a de l'argent. Allez chercher dans les entreprises bénéficiaires.

Éviter de toujours leur supprimer ou leur baisser les impôts. Quand il dit qu'il ne veut pas baisser les impôts, en fait, c'est les impôts des entreprises qu'il ne veut pas augmenter. Donc, toute la conversation, elle est là. Et on est toujours en train de dévier sur ce déficit qui, en fait, est socialement ou non acceptable. Cette question de la dette, elle est aussi surtout pour faire plaisir à Bruxelles qui, avec le pacte de croissance et de stabilité, nous sommes de toujours réduire notre dette. Et donc, c'est tous ces éléments-là qu'il faut prendre en compte. Une autre chose aussi, il dit, il faut le financer par plus de création de richesse, richesse créée par le travail.

On n'a aucune mention de partage de la richesse. Il faut savoir que la richesse, elle est là. Et c'est juste savoir comment on la répartit. Et il y a autre chose aussi, c'est il le faut. Toujours ce truc de il le faut. Il faut absolument faire cette réforme des retraites dans un souci de justice et d'équité. Dernier point sur cette justice et cette équité. Il faut savoir que les personnes de 55 à 64 ans, elles sont aujourd'hui à 56 %, le taux d'emploi est de 56 %. Donc, on peut voir que là, il n'y a pas d'équité. C'est-à-dire qu'il y a quand même plus de 40 % des 55 à 64 ans qui ne sont pas en emploi.

Donc, cette réforme des retraites, ce recul de l'âge légal va en fait continuer à entretenir les précaires dans la précarité. Il n'y aura plus de surcote. Quand on part à 64 ans, maintenant, on a deux ans de surcote par rapport aux 62 ans. Il n'y aura plus de surcote. Donc, en fait, c'est juste qu'il n'y a pas d'équité. On entraîne les plus précaires encore dans la précarité dans deux ans de chômage en plus, dans trois ans de chômage en plus. Il faut savoir qu'il y a 25 % des plus pauvres qui sont déjà morts à 62 ans, 5 % des plus pauvres, alors que pour atteindre ce chiffre dans les 5 % les plus riches, c'est 80 ans.

Et dernière chose, ce débat sur la dette, ça permet d'occulter un débat qui est augmenter les salaires. Parce que si on augmentait les salaires, on augmenterait les cotisations et donc la caisse des retraites. Mais non, on préfère donner des primes. Et des primes, ce n'est pas soumis aux cotisations et c'était exactement les mêmes arguments pour le chômage.

11:40
Présentateur

Paul, la question des retraites, c'est une question d'ordre symbolique, très forte en France. Et dans une période d'inflation et d'insatisfaction comme celle-ci, le fait de vouloir à tout prix mettre en musique cette réforme des retraites, en plus de se prévaloir du suffrage populaire, alors que tous les sondages montrent que la majorité des Français sont opposés, c'est risqué quand même.

12:03
Invité

C'est un risque parce qu'effectivement, c'est un peu la merde des batailles, les retraites. C'est le moment où on a les plus grosses mobilisations sociales, je veux dire, en tout cas autour du mouvement social et syndical des 15-20 dernières années. Je dirais, je me rappelle encore depuis qu'il y a 3 millions de personnes sous Nicolas Sarkozy, des mobilisations massives. Après, encore une fois, il lui reste l'utilisation d'un 49-3. Donc, si on regarde le calendrier qu'il a annoncé, ils ont dit, on va en discuter en conseil ministre, puis en janvier, ça devrait arriver. Et le but, c'est d'appliquer dès l'été. Donc, ils veulent aller vite.

Il faut voir qui va à l'Assemblée pour faire passer ça. Et puis, voilà, je pense qu'ils ont préparé leurs argumentaires pour pouvoir mettre en scène une fausse négociation. Je remarque que, par exemple, je ne peux pas rajouter grand-chose, parce que tu es allé très en détail, Lisa, mais je remarque, par exemple, que la question de la pénibilité des longues carrières revient généralement comme une espèce de variable d'ajustement dans les négociations. En disant, quand même, c'est vrai que c'est juste.

Alors que, quand on regarde l'historique du système et l'esprit de base, à l'époque, on fixait par métier des âges de départ différenciés, en expliquant que c'était le métier qui était la base, parce que le métier prenait en compte, par essence, la pénibilité. On a dit, les cheminots, tels travailleurs, les miniers, les gaziers, etc., en raison de leurs conditions, font qu'ils partent tôt. Et qu'on n'était plus sur une variable d'ajustement en fonction des carrières individuelles, mais en fonction des carrières. Alors, on peut réfléchir au fait que les gens peuvent changer plus facilement de carrière aujourd'hui, etc.

Mais, bon, voilà, on voit bien que, déjà, ils envoient des ballons d'essai et qu'ils risquent, effectivement, d'affronter un fonds syndical uni. On l'a vu avec Laurent Berger. Mais bon, je pense qu'il sait que c'est son mandat, quoi. Lisa ? Sur ça, justement, Elisabeth Borne, elle a annoncé la fin des régimes spéciaux, surtout pour RATP, les agents de la Banque de France, ou dans l'énergie. Mais, par contre, sur la police, il n'y a pas un régime... Enfin, je ne sais pas si c'est un régime spécial, mais la police, ils partent plutôt hors retraite aussi. Et là, elle a dit qu'elle verrait. Mais on n'a pas vraiment de...

14:10
Présentateur

La main est moins lourde. De détails, voilà.

14:12
Invité

On n'a pas vraiment de détails. Elle a dit... Je n'ai pas envie de dire des bêtises, mais elle a dit de mémoire... Tout le monde, si on doit travailler deux ans de plus, tout le monde sera concerné. Mais on va, évidemment, faire attention à ceux qui, déjà, partent plus tôt à partir de maintenant. Donc, c'était la question sur la police dans le Parisien. Encore. Mais, par contre, elle a bien annoncé pour les nouveaux recrutés, pas les anciens, mais la fameuse clause du grand-père, que pour RATP, Banque de France, etc., c'était la fin des régimes spéciaux, pour tout répondre.

14:38
Présentateur

En fait, en ce moment, on n'arrive pas à avoir, justement, des chauffeurs de bus et des chauffeurs, des conducteurs à la RATP, parce que les métiers ne sont pas attractifs. Enfin, alors, bon, les régimes spéciaux qui vont voler en éclat, c'est encore moins d'attractivité. Paul, pendant le week-end, on va passer un peu à de la politique, parce que pendant le week-end, tu t'es intéressé aux dynamiques en cours au sein de plusieurs de nos partis politiques qui ont organisé ou vont organiser leur congrès ou bien leur grande Zagap. On pense notamment à LR, à ELV et au PCF. On commence par LR, où les résultats du premier tour de l'élection du président du mouvement sont tombés hier.

On réécoute les résultats en question.

15:21
Invité

Donc, du samedi 3 décembre au dimanche 4 décembre, 91 109 adhérents Les Républicains étaient appelés à voter pour désigner le nouveau président du mouvement à l'occasion d'un scrutin électronique. Je vais vous donner les résultats par ordre alphabétique. Alors, inscrit 91 109, exprimé 66 216, soit une participation de 72,67%, nombre de bulletins blancs 339, soit 0,51%, une très belle participation. Ont obtenu dans l'ordre alphabétique Éric Ciotti 28 297 voix, soit 42,73%. Aurélien Pradié, 14 765 voix, soit 22,29%. Bruno Retailleau, 22 815 voix, soit 34,45%. En conséquence, les candidats Éric Ciotti et Bruno Retailleau sont qualifiés pour le deuxième tour.

Le second tour se déroulera du samedi 10 décembre à 18h au dimanche 11 décembre à 18h. Je vous remercie.

16:35
Présentateur

Alors, Paul, le constat que je peux faire, c'est que les deux finalistes sont à droite toutes. Bruno Retailleau est un ancien du Mouvement pour la France, de Philippe de Villiers. C'est aussi un ancien fidèle de François Fillon, tout comme son rival Éric Ciotti, qui se revendique de l'héritage politique de l'ancien Premier ministre et fait régulièrement les yeux doux à l'extrême droite. Il y a quelque chose qui s'est passé, ou alors qui est accompli, on va dire.

17:00
Invité

Oui, la radicalisation de la droite, si on peut utiliser radicalisation dans ce contexte, est clôturée, terminée. Déjà parce que le candidat qui se présentait comme le moins radical, à savoir Aurélien Pradié, est sorti de la course. Mais en plus, il était sur un certain nombre de sujets. Il s'est fait remarquer dans la campagne interne sur des prises d'opposition qui ne nous apparaisseraient pas comme parfaitement libérales ou morirées. Je pense, je ne sais pas, à ses propos sur l'immigration incontrôlée et massive, sur le port de l'uniforme jusqu'à l'université. Enfin, des propos qu'il a même retirés derrière suite au fait que ça paraissait comme extrême. Donc, la droite, c'est difficile.

En fait, on a vraiment 50 nuances de réac dans ce parti. Et c'est difficile de voir la différence parce que même dans leur campagne interne, ils n'ont pas vraiment discuté des questions qui vont se poser pour le parti, à savoir quelle est la relation avec Macron, quel est le programme de la droite, c'est quoi son identité particulière. Il y avait une volonté de répondre à des questions identitaires, mais de façon extrêmement floue. Donc, on jouait la pureté, on jouait à « je suis plus à droite que toi ». C'est Ciotti qui a dit « osez la droite, je suis de droite et je l'assume », comme si on avait un doute au sein des Républicains sur le fait qu'Éric Ciotti était de droite.

Enfin, on avait très peu de possibilités de se départager. Et donc, du coup, les sujets, c'était l'islam. Je vous cite Eric Ciotti, je ne le ferai pas souvent. Rétablir l'ordre, stopper l'islamisme, faire des expulsions automatiques. Je veux être le candidat d'un parti de la double peine. Vous savez, c'était cette proposition de condamner ici et puis ensuite d'expulser des gens dans leur pays. Enfin, en gros, il y avait un accent très RPR, moi, je trouve, à cette campagne interne à droite. Et voilà, et sur enchère. Et puis, on attaquait les uns et les autres sur leur capacité à être illégitime, à être plus ou moins de droite, mais pas assez.

Mais bon, en fait, comme c'est un congrès interne, la question, ça se joue au nombre de cartes, au nombre de gens qui sont implantés. C'est pour ça qu'Éric Ciotti était annoncé en tête. Je rappelle qu'il a quand même été en finale du vote qu'ils ont fait pour désigner les candidats à la présidentielle. Et puis, il a des soutiens de certaines fédérations très puissantes. Je pense aux Alpes-Maritimes dont il vient. Donc, voilà. Après, je pense que c'est aujourd'hui, là, vu qu'il y a une finale, et que ce n'était peut-être pas forcément prévu, que ça va s'ouvrir sur les questions.

Et je pense à ça parce qu'il y avait un article que j'ai lu tout à l'heure dans Le Parisien qui montrait que Bruno Rotaillot commençait à prendre position sur le fait qu'il organiserait peut-être un référendum ou non sur l'alliance ou pas avec Macron. qu'Éric Ciotti a accusé Bruno Rotaillot de ne pas être un bon candidat de la droite parce qu'il a reçu le soutien de Xavier Bertrand. Et Rotaillot a attaqué Ciotti sur le fait qu'il a été un grand sarkoziste. On le sait. Or, Nicolas Sarkozy essaye de faire un rapprochement entre LR et les Républicains. Donc on voit que c'est confus, c'est aussi des signaux très internes, mais à droite toute, sans aucun doute.

19:57
Présentateur

Parce que justement, pendant ce week-end, Nicolas Sarkozy est sorti du bois pour expliquer qu'il n'avait pas pris part au vote et pour plaider en réalité pour une alliance formelle avec Emmanuel Macron.

20:08
Invité

Oui, Nicolas Sarkozy, on l'a vu, il a fréquenté Macron plusieurs fois depuis le début de son même premier quinquennat. Il a été reçu, ils ont des échanges, ils le mettent en scène régulièrement. Je pense que ça sert à Emmanuel Macron d'un côté qui occupe le terrain de la droite et qui a siphonné la base électorale de la droite aux dernières élections. Et ça, on le sait, c'est ça qui met les Républicains en crise. Je rappelle une soixantaine de députés derrière le Rassemblement National, deux candidatures à la présidentielle qui sont incapables d'aller jusqu'au second tour. Enfin, c'est la crise totale à droite. Donc Nicolas Sarkozy, il assume et lui, il voit d'un bon oeil cette alliance.

Parce que la politique que mène Emmanuel Macron, c'est une politique qu'il pourrait signer. Il n'y a absolument rien qu'il pourrait renier.

20:50
Présentateur

Quelque part, directement, il est un peu déjà au pouvoir avec tous les petits Sarkozy boys qui sont au gouvernement.

20:56
Invité

Ah ben, effectivement, le recyclage du personnel politique à droite a été, comment dire, un acte majeur du macronisme. En pensant au fait que, voilà, Darmanin, je me rappelle que Darmanin, il avait soutenu Nicolas Sarkozy lorsqu'on avait appris une de ses condamnations. Alors, je ne sais même plus pour quelle affaire. Et il avait dit, c'est mon mentor, je le soutiendrai quoi qu'il advienne. Donc, on en est là, sur le lien entre les nouveaux macronistes et la droite sarkozyste.

21:22
Présentateur

À ELVO également, il y a un renouvellement, disons, du parti. Et la question du positionnement par rapport à l'UPS occupe une place centrale.

21:32
Invité

Oui, alors, c'est très compliqué de comprendre Repécologie des Verts parce que c'est un parti qui, en fait, est déjà une match hétérogène. Il faut penser, ils revendiquent 12 648 adhérents. Il y a eu une participation dans leur vote interne qui est quand même relativement faible, même pas 50% pour le vote de ce week-end sur le changement de nom du parti. Mais surtout, pour un parti à 10 000, on va dire, adhérents, en gros, il y a eu pour la direction et pour les votes des motions qui vont déterminer l'avenir du parti, six candidatures.

Donc, ça veut dire qu'en gros, j'ai jamais vu un cas de division et de proposition aussi différenciée dans un parti si petit depuis le NPA, pour le dire autrement. Mais, effectivement, Marine Tondelier, qui est arrivée en tête comme candidate du parti, soutenue par des gens aussi qui ont un poids important dans le parti, comme Piole, le maire de Grenoble, arrive en tête et elle est, à mon avis, la candidate du parti, donc la candidate du compromis. Le but d'Europe Écologie des Verts, c'était de sortir de l'affrontement qui avait eu lieu lors des primaires entre Sandrine Rousseau et Yannick Jadot.

D'ailleurs, les deux candidates qui représentaient Yannick Jadot et Sandrine Rousseau ont obtenu des scores très modestes, 13% et quelques pour la candidate Mélissa Camara qui était une élue municipale de Lise et qui représentait Sandrine Rousseau et 18% pour Sofri Bussière qui est représentée Jadot. Et c'est donc un vote le 26 novembre, pas ce week-end dernier, il me semble. Et donc, du coup, on voit bien que ce n'est pas là que ça s'est joué. Ce qui s'est joué, c'est Marine Tondelier qui a comme volonté de rassembler le parti. Elle le fait en sorte de conquérir des soutiens. Donc, elle a dit objectif 1 million de sympathisants. Donc, voilà, essayer de reconstruire ce parti.

Et pareil, dans cette stratégie-là, il y a l'idée d'être, par exemple, sur une liste autonome aux européennes. Donc, en termes de NUPES, ça envoie un signal quand même, on ira tout seul. Et c'est entre guillemets logique parce que quand on veut construire un parti, quand on veut essayer de se conforter et de faire grossir son organisation et sa visibilité, on fait le choix d'une voie solitaire. C'était d'ailleurs ce qu'avaient choisi les communistes la dernière fois en disant on a besoin d'un candidat pour exister en tant que tel, effectivement. Là, c'est pour les européennes. Mais bon, on verra, on engagera de la suite.

23:49
Présentateur

Justement, au PCF, lors du congrès qui aura lieu en avril 2023, la place de la NUPES, enfin la place dans la NUPES, occupera aussi une place centrale. Et la question agite déjà les coulisses. Elle t'agite également, toi ?

24:01
Invité

Oui, alors moi, je connais bien le Parti communiste français. Je l'ai beaucoup suivi. Et donc, du coup, ce week-end, il y avait un Conseil national. Alors, ça peut paraître adaudin, mais c'est dans le Conseil national que sont discutées l'actualité et la préparation du congrès. Et là, ils préparaient la base commune, ce qu'ils appellent la base commune. C'est-à-dire un texte qui peut servir de base de discussion pour le congrès, à condition d'être ensuite votée par les adhérents et ensuite qui connaît un processus d'amendement. Les processus démocratiques au PC sont très longs et complexes, mais ils sont intéressants à observer. Et là, alors qu'on pourrait...

La direction ne s'est pas attendue de tous les retours que j'ai eus à une telle opposition. Ils ont réussi à faire adopter leur base à 58% des suffrages qui ont été exprimés, alors qu'en plus, le vote était permis en visio. Mais c'est un nombre assez faible.

Et au final, à l'intérieur, les oppositions et les gens qui rechignent à soutenir Fabien Roussel comme un seul homme sont nombreuses, notamment du fait que le bilan et le texte qui est proposé, le bilan de la séquence qui est proposée dans ce texte, laisse dubitatif un certain nombre de cadres parce qu'ils expliquent que la NUPES est un risque de devenir un carcan, que c'est une alliance de circonstances qui n'a pas réussi à faire grand-chose pour la gauche, alors que ce sont quand même grâce à ces accords-là que le Parti communiste a conservé un groupe au Parlement. Donc voilà, ce qui est intéressant, c'était plus de dire que voilà, la direction voit de nouvelles contestations.

Alors ce n'est pas un front uni à l'intérieur du Parti communiste contre Fabien Roussel, loin de là. Mais à l'intérieur, il y a des nouvelles personnes qui commencent à bouder. Parce qu'à l'intérieur, on a un texte qui clive et qui fait un bilan critique, notamment de ses partenaires et de la France insoumise, assez au vitriol, sans derrière être capable de montrer un bilan assez brillant, à mon avis, pour pouvoir se proposer comme ça, comme alternative.

25:56
Présentateur

Merci beaucoup Paul. Alors Lisa, elle voulait clôturer ce fond de l'info avec une séquence qu'elle appelait la séquence riche. Donc on va commencer peut-être à parler des ministres millionnaires au gouvernement.

26:08
Invité

Oui, voilà. La première chose, c'était, on parlait beaucoup des coupures d'électricité en ce moment. D'ailleurs, Emmanuel Macron, on a reparlé dans son interview qu'on a parlé tout à l'heure sur TF1 et dans Le Parisien. Il dit pas de panique si on s'en tient en plan de sobriété, etc. Donc moi, c'est le plan de sobriété qui m'interroge un peu, dans le sens où on va devoir fermer des écoles. Après, moi, je me posais la question, par exemple, des stations de ski, parce que ça a été promis qu'elles ne seront pas touchées. Donc on peut voir à peu près les priorités.

Puis on peut se demander quelle est la variable d'ajustement pour ce plan de sobriété, dans le sens où on peut regarder un petit peu une carte des quartiers parisiens. C'est les quartiers les plus riches qui consomment le plus. Donc peut-être que la variable d'ajustement serait chez les riches. Variable d'ajustement qui est compliquée à toucher, puisque comme tu l'as dit, nous avons découvert dans les déclarations d'intérêt et du patrimoine du gouvernement jeudi 1er décembre, par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, que 19 membres de notre gouvernement sur 41 étaient millionnaires. Quelle incroyable nouvelle pour se rendre compte.

27:10
Présentateur

Qu'est-ce qu'on est surpris.

27:12
Invité

Peut-être une petite surprise de voir que l'intérêt général est représenté par des gens qui sont vraiment l'exception dans la vie des Français. On n'a pas tous un millionnaire à côté de nous, surtout pas aux médias. Il faut savoir que pour aller dans les chiffres, le gouvernement de Borne, le patrimoine moyen c'est 1,9 million d'euros. Il y a une grande majorité qui sont dans les 10% les plus riches dans ce gouvernement.

27:41
Présentateur

Les 10% des Français les plus riches.

27:43
Invité

Oui, c'est le gouvernement le plus fortuné depuis ces quelques années. Là, on vient de le voir. Le plus fortuné, la médaille. Est-ce que vous savez à qui elle revient ?

27:53
Présentateur

Oui. Elizabeth Borne ?

27:54
Invité

Non. Franck Riester, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement qui détient 11 millions d'euros de patrimoine. Voilà. Il faut savoir que le revenu moyen sur ces 5 dernières années de ses membres du gouvernement est d'à peu près 11 000 euros par mois. Voilà. Ce n'est pas commun. Ce n'est pas commun. On va faire un petit rappel de chiffres parce que j'adore ça. Il faut savoir que 1% des Français vivent avec plus de 7 100 euros par mois en termes de revenus et que le patrimoine, c'est 4,5 millions de personnes qui ont 450 000 euros. C'est le triple du patrimoine médian. On peut voir vraiment la concentration.

On peut voir dans un tableau qui va passer qu'il y a la partie basse qui représente le patrimoine, la partie gauche qui représente les revenus. Et en fait, il y a 50% à gauche, 50% à droite, 50% en haut, 50% en bas. Et on peut voir qu'en fait, tous nos petits membres de gouvernement, hop, hop, hop, se glissent en haut à droite. Donc, ils sont dans les 50% qui ont le plus de revenus et le plus de patrimoine et voire même dans les 10%. Voilà. On peut se poser la question, je pense, assez bien placée de se dire comment peut-on être représenté ? Comment les Français peuvent être représentés ? 50% des Français gagnent moins de 2 000 euros par mois.

Comment peuvent-ils être représentés par des millionnaires ?

29:11
Présentateur

Peut-être que justement, leur fortune personnelle crée des biais dans leur évaluation des politiques publiques. Peut-être. On va faire que supposer. Sur la manière de gérer d'éventuels délestages parce que globalement, ils ne vont pas délester. Eux-mêmes. Ils ne vont pas s'auto-délester. Enfin, ils peuvent le faire, mais il faudrait avoir l'intérêt public chevillé au corps, Paul.

29:30
Invité

Oui. Et puis, je rappelle qu'ils ont régulièrement des problèmes de comptabilité puisqu'il y a des ministres régulièrement qui ont du mal à compter leur patrimoine. Alors, je comprends peut-être que quand on est à 10 ou 11 millions, déclarer 200, 300 000 euros de moins ou de plus, ça ne compte pas. Mais pour des gens normaux, c'est-à-dire pour les Français et les Françaises, c'est ça qui fait que c'est choquant et que régulièrement, quand il y a des affaires comme ça, ça a un effet pareil de crise de confiance. Ça remplit la crise de confiance. Et en plus, du coup, les gens savent qu'ils ne représentent pas leur intérêt. Donc, voilà, ce n'est pas un bon signal. Oui, c'est ça.

Ça agrandit, comme tu le disais exactement, ça agrandit cette déconnexion qu'ont les Français pour leurs élus, en fait. Et ça n'aide en rien à reconnecter les gens et la politique. Pas du tout.

30:20
Présentateur

Merci beaucoup à vous deux. Je vous laisse tranquille pour ce soir. Quant à vous qui nous regardez derrière vos écrans, ne bougez pas dans quelques secondes, dans quelques moins de deux minutes. Mon collègue et camarade RKP recevra Olivier Petitjean, coordinateur de l'Observatoire des multinationales et auteur d'une enquête sur les entreprises françaises les plus engagées au Qatar, le Qatar qui organise la Coupe du Monde que certains veulent boycotter. Pas beaucoup, nos dirigeants. En tout cas, ça va être passionnant. Mais avant ça, je voulais remercier les 1718 donateurs grâce auxquels nous avons déjà récolté et récolté 90 000 euros dans le cadre de notre campagne de fin d'année.

Merci beaucoup. C'est énorme. C'est énorme, mais c'est une goutte d'eau face au budget des milliardaires que nous voulons aller concurrencer sur leur terrain de jeu, c'est-à-dire la télé, les box, la TNT. Bref, donnez, partagez cette cagnotte. Rendez-vous sur le media tv.fr slash soutien.