Propos liminaires de M. François-Xavier BELLAMY, professeur de philosophie .
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:36Invité politiqueChiffre
« on ne me soupçonnera pam de faux témoignage puisque je les empreintes pour leur totalité e statistiques publiées par le gouvernement ou par des organes de l'état ou des institutions internationales la dernière enquête pisa publié en 2013 constater que 22 % des collégiens en classe de 5e doivent être considérées comme en situation d'échec »
- 4:21Invité politiqueChiffre
« une enquête publiée par la direction de la prospective et de la performance de l'éducation nationale constaté que des élèves de troisième un élève sur cinq soit 20 % sont incapables de donner un sens à une information et de décrypter un texte même simple »
- 5:04Invité politiqueChiffre
« chaque année bon an mal an entre 18 et 20% des jeunes français en additionnant les classes de statistiques doivent être considérées comme dans une situation de grande difficulté pour réussir un exercice qui consiste à déchiffrer un programme de cinéma »
- 6:32Invité politiqueChiffre
« notre système scolaire français était devenu le plus inégalitaire des pays de l ocde celui où le poids de l'origine sociale joue le plus »
- 9:51Invité politiqueFait
« nous avions appris des connaissances nous avions suivi des formations pour pouvoir partager ce savoir qui nous est commun et on nous présente l acte de la transmission du savoir comme une violence comme une brutalité exercée sur nos élèves »
- 11:15Invité politiqueFait
« nous n'avons pas affaire à une violence qui nous serait infligé de l'extérieur de nos frontières ce à quoi nous avons affaire c'est à la situation de ces jeunes français qui ont quitté volontairement la république »
- 12:00Invité politiqueFait
« nous avons expliqué aux enseignants et les enseignants ont été expliqués à leurs élèves que l'histoire française était colonial que la langue française était sexiste qu'il fallait déconstruire la culture comme étant porteuse de stéréotypes »
- 13:21Invité politiquePromesse
« la réforme de l'éducation nationale n'est pas une chose très compliqué je crois que la réforme de notre système scolaire n'est pas une chose très compliqué »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
alors mes chers collègues nous poursuivant notre séance d'auditions en recevant monsieur françois xavier bellamy professeur de philosophie auteur d'un ouvrage consacré aux questions éducatives ancien élève de l'école normale supérieure vous êtes professeur agrégé de philosophie depuis mars 2008 vous exercez aussi des fonctions électives en tant qu'adjoint au maire de versailles délégué à la jeunesse et à l'enseignement supérieur parallèlement vous êtes l'auteur de tribune dans différentes publications dans le figaro valeurs actuelles et libération dans lesquels vous vous intéresserez plus particulièrement aux questions politiques et de société en 2014 vous publiez les déshérités aux l'urgence de transmettre vous y faites part de votre étonnement face à la formation que vous avez reçus et où la transmission des savoirs est présenté comme une violence faite aux élèves la commission denquête a souhaité vous entendre pour que vous puissiez à la lumière de votre expérience d'enseignant et de spécialistes des questions éducatives présenter votre analyse les difficultés de l'école et les manière d'articuler ses différentes missions de l'école qui consiste en même temps à éduquer à la citoyenneté et instruire pour vous quelles mesures urgentes devraient être mises en place pour redonner à l'école sa fonction intégratrice comme le bureau de la commission denquête l'a décidé cette audition sera capté et diffusé en direct sur le site internet du sénat elle fera également l'objet d'un compte rendu publié dans le recueil des travaux de commission accessible en version papier et sur le site internet du sénat avant de vous passer la parole le formalisme des commission denquête me conduit à vous demander de prêter serment je suis également tenus de vous indiquer que tout faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 434 13 à 434 15 du code pénal en conséquence je vous invite à prêter serment de dire toute la vérité rien que la vérité levé la main droite et dit je le jure je le jure je vous remercie selon l' usage habituel je vous propose de nous faire part de vos observations durant une dizaine de minutes après quoi notre rapporteur jacques grosperrin les membres de la commission qui le souhaitent pourront vous poser leurs questions je vous laisse la parole la présidente monsieur le rapporteur mesdames et messieurs les sénateurs d'abord je vous remercie infiniment de votre invitation qui me touche beaucoup vous avez mentionné mon expérience d'enseignant elle est à la vérité bien modeste car je suis un tout jeune enseignant mais je voudrais auprès de vous ce matin me faire si c'est possible le porte-parole est peut-être le relais de l'expérience de nombre de mes collègues vous en recevrez certainement bien d'autres pour témoigner de ces difficultés que nous rencontrons peut-être quotidiennement en tous les cas de manière régulière dans l'exercice de notre métier et qui font partie de l'intitulé même de votre commission ses difficultés en fait ne sont pas étonnantes et c'est de là que je commencerai il est même étonnant que nous nous en et oignons car nous les avons peut-être découverte il y a peut être eu une prise de conscience à l'occasion des événements dramatiques qui ont marqué notre pays au début de ce mois de janvier dernier une prise de conscience de l'étendue de la distance qui s'est créée entre la france et une partie de sa jeunesse entre nos institutions et une partie de la population française une prise de conscience que beaucoup d'enseignants beaucoup de mes collègues ont vécu dans la douleur en voyant leurs élèves incapables d'un dialogue avec eux incapables de conserver un dialogue avec la république incapables de partager ses repères et ses principes qui font la vie en société qui la structurent et qui la protègent mais à la vérité il est étonnant que nous nous étonnions car le diagnostic nous le connaissons déjà parfaitement et nous le connaissions déjà parfaitement permettez moi de rappeler simplement quelques éléments chiffrés on ne me soupçonnera pam de faux témoignage puisque je les empreintes pour leur totalité e statistiques publiées par le gouvernement ou par des organes de l'état ou des institutions internationales la dernière enquête pisa publié en 2013 constater que 22 % des collégiens en classe de 5e doivent être considérées comme en situation d'échec et comme je cite la formule de l' enquête pisa incapable de participer de manière active et efficace à la vie de la société en classe de cinquième un collégien sur cinq était donc considérée comme en situation d'échec grave une enquête publiée par la direction de la prospective et de la performance de l'éducation nationale constaté que des élèves de troisième un élève sur cinq soit 20 % sont incapables de donner un sens à une information et de décrypter un texte même simple comment s'étonner ensuite quand nous voyons que parmi nos élèves un grand nombre sont incapables de prendre de la distance par rapport aux images publiées sur internet comment s'étonner que cette distance critique deviennent difficiles lorsque nous savons pertinemment d'après nos propres statistiques que nos élèves de troisième sont marqués par cette difficulté à décrypter un texte même simple et à donner un sens à une information enfin une dernière statistique dernières statistiques c'est celle que peut-être nous connaissons le mieux et dont nous parlons le moins celles qui me paraît sans doute la plus dramatique celle qui chaque année à l'occasion des journées de défense et de citoyenneté mesure l'illettrisme dans notre pays comme vous le savez chaque année bon an mal an entre 18 et 20% des jeunes français en additionnant les classes de statistiques doivent être considérées comme dans une situation de grande difficulté pour réussir un exercice qui consiste à déchiffrer un programme de cinéma entre 18 et 20% des jeunes français à leur majorité ont du mal à dire à partir d'un programme de cinéma quel acteur joue dans quel film à quelle heure et l productions et comment on se rend dans la salle qui permet de visionner telle ou telle représentation comment s'étonner encore ensuite comment s'étonner que nous soyons devant une telle difficulté une telle distance comment s'étonner que nous ayons abandonner ces collégiens ces lycéens qui sortent de nos établissements scolaires à la rapidité à la superficialité à la facilité des discours simpliste auquel ils peuvent être exposés sur internet et notamment à cette puissance de l'image devant laquelle aucune distance n'est plus possible quand nous n'avons plus l'expérience du texte de la lecture et du déchiffrage qu'il permet une dernière mention qui est celle peut-être qui me blesse le plus comme enseignant qui je pense fait le plus souffrir les enseignants dans l'exercice de leur métier c'est celle qui là encore nous a été infligée par la dernière enquête pisa en 2013 et qui nous a révélé que notre système scolaire français était devenu le plus inégalitaire des pays de l ocde celui où le poids de l'origine sociale joue le plus par conséquent bien souvent je crois nous pouvons nous rassurer lorsque nos enfants ou les enfants que nous connaissons sont dans des établissements qui fonctionne encore car oui l'école n'est pas en situation de faillite unilatérale oui le système éducatif français n'est pas en situation d'échec partout et nous connaissons est par exemple dans la ville dans laquelle je suis élu nous connaissons évidemment des établissements scolaires qui fonctionne remarquablement bien nous savons que les enseignants sont dévoués à leur métier qu'ils se donnent à leur métier nous savons que beaucoup d'écoles réussissent ce miracle qui consiste à transmettre le savoir et la connaissance mais dans bien des lieux dans bien des endroits et notamment dans tous les endroits où les familles ne veille pas où les familles d'une certaine façon même n'exerce pas une attention vigilante une exigence sur le système scolaire auxquels ils confient leurs enfants dans bien dit et dans bien des lieux c'est vrai nous avons abandonné nos enfants nous avons abandonné nos élèves à la facilité de ses discours à la superficialité à la superficialité de ses discours et à la tentation de la violence et il est étonnant que nous nous en et oignons aujourd'hui car tout cela nous le savions bien avant charlie hebdo tout cela nous le savions bien avant de constater la difficulté que nous avons à parler à nos élèves la difficulté que nous avons à récupérer eu la confiance de nos élèves quand ils sont soumis à la pression du numérique quand dans le numérique il trouve non pas seulement une technologie d'information mais aussi bien souvent une technologie de désinformation devant laquelle ils sont démunis est privé de toute capacité d'esprit critique de tout cela je le crois profondément et pardonnez moi si mon propos est peut-être un peu un peu dur ce matin mais de tout cela je crois que nous sommes absolument responsable nous en sommes responsables et nous l'avons d'une certaine façon organisée vous avez mentionné madame la présidente ce petit essai que j'ai publié à la rentrée dernière et qui s'appelle les déshérités ce petit et c'est tout simple et très humble il est né d'un étonnement c'est vrai de l'étonnement que j'ai ressenti comme jeunes enseignants lorsque arrivant dans notre année de formation à l'iufm avec tous les collègues qui partager avec moi cette expérience nous avons vu notre formation tout au long de cette année d'iufm structurés un principe fondamental vous ne devez pas transmettre un savoir c'était la norme qui nous était proposé c'était le principe que nous devions suivre d'ailleurs principe qu'il nous fallait suivre et qui nous était non pas simplement recommandés vous proposer mais imposée avec avec toute la lame l'autorité que que que cette institution pouvait avoir sur nous naturellement autorités d'ailleurs parfaitement légitime mais je crois le principe pour le coup vous poser un problème décisif nous avions appris des connaissances nous avions suivi des formations pour pouvoir partager ce savoir qui nous est commun et on nous présente l acte de la transmission du savoir comme une violence comme une brutalité exercée sur nos élèves comme un acte qui ferait peser sur eux la condescendance d'une culture qui s'imposerait à eux et qui les empêcheraient d'être même qui les empêcheraient d'être libre peut-être ce discours il est il a animé des meilleures intentions et je ne condamne pas ce qu'ils ont tenu et je trouverais regrettable et tragique d'ailleurs que le débat éducatif soit réduit à une espèce de suspicion mutuelle portée d'un camp contre un autre je crois qu'au fond nous partageons tous comme adultes une même générosité le même désir de voir nos élèves et nos enfants à grandir dans une authentique liberté et dans une authentique humanité ce discours était donc d'une véritable générosité il consistait à penser que l'autorité de l'adulte et est une privation exercée contre la liberté de l'enfant il consistait à penser que tout ce qui est donné à la transmission est enlevé à la liberté ce discours est animé par une vraie générosité au départ mais au fond la faute morale car il y à une faute morale vient lorsque constatant l'échec de ce principe nous avons été incapables de le remettre en cause comment se fait-il par exemple que nous sachions si bien mesuré l'illettrisme dans notre pays et que nous soyons incapables de nous poser la question d'une véritable amélioration des méthodes d'enseignement de la lecture l'écart entre ce que nous savons être le réel et notre capacité de réagir aux problèmes que nous rencontrons l'écart entre ce que nous savons tous devoir faire et ce que nous faisons effectivement voilà ce qui constitue je crois le véritable scandale éducatifs auxquels nous sommes arrivés et dont les événements tragiques de charlie hebdo ont été un révélateur talent pour nous car ces événements sont la conséquence de notre échec ce qui a je crois le plus traumatisé les français dans l'épisode que nous avons vécu c'est que nous n'avons pas affaire comme dans une guerre on a beaucoup parlé de guerre nous n'avons pas affaire comme dans une guerre à une agression qui viendrait de l'extérieur nous n'avons pas affaire à une violence qui nous serait infligé de l'extérieur de nos frontières ce à quoi nous avons affaire c'est à la situation de ces jeunes français qui ont quitté volontairement la république qui ont quitté volontairement la communauté nationale jusqu'à exercer contre leurs propres concitoyens une violence inexplicable une violence injustifiable une violence absolument barbare voilà ce qui peut être nous tétanise le plus voilà ce qui nous terrorise le plus c'est de voir que ces jeunes français avaient tous en commun d'avoir suivi la totalité du système scolaire en france d'avoir fait la totalité de leurs études en france d'avoir suivi la totalité de ce parcours républicain que nous voudrions d'intégration et qui est en fait de désintégration nous n'avons pas de raison de nous en étonner et je terminerai par là nous avons expliqué aux enseignants et les enseignants ont été expliqués à leurs élèves que l'histoire française était colonial que la langue française était sexiste qu'il fallait déconstruire la culture comme étant porteuse de stéréotypes nous avons expliqué à nos élèves que le savoir était un poids qu'on leur inflige et nous avons expliqué à nos élèves que la culture les empêcher de rester naturel et c'est ainsi que les enseignants eux mêmes ont été amenés à concevoir leur propre métier comme une forme de malédiction peut-être de malédiction nécessaire mais de malédiction quand même nous avons expliqué que la notation par exemple était une brutalité et c'est la raison pour laquelle nous cherchons une évaluation bienveillante qui serait l'évaluation sans note ce qui implique nécessairement que la notation soit violence que la notation soit coercition et nous nous retrouvons aujourd'hui nécessairement démunis devant cette désintégration que nous avons je le crois personnellement que nous avons nous mêmes organisés peut-être encore une fois avec les meilleures intentions du monde mon propos ici n'est pas de porter un jugement ou d'organiser un tribunal mais d'appeler à une prise de conscience collective qui commence peut être c'est vrai par un examen de conscience nous avons je crois à reconsidérer la nécessité de reconstruire une école qui soit centré sur sa mission propre la transmission du savoir la transmission de la culture et peut-être vous me demandiez si j'aurai une piste de réflexion pour refonder cette école que nous appelons de nos voeux je crois qu'au fond la réforme de l'éducation nationale n'est pas une chose très compliqué je crois que la réforme de notre système scolaire n'est pas une chose très compliqué nous avons d'ailleurs dans l'histoire dans notre histoire la trace d'un système scolaire qui a fonctionné qui a réussi ce miracle de constituer l'unité de notre pays au moment où la france était divisée explosé éclaté en groupes divers éclaté en traditions religieuses parfois violemment opposé au moment où la france était divisé en patois et en langues qui ne se comprenaient pas qui ne se comprenaient plus notre école a réussi à faire l'unité de la france nous en sommes donc capables et les enseignants qui aujourd'hui dans nos établissements scolaires se dévoue à la tâche éducative m'attendre n'attendent peut-être que cela qu'on leur dise que le savoir qu'ils ont reçu et qu'ils ont envie de partager autour d'eux que ce savoir la et condition de toute éducation le grand paradoxe qui préside à la mobilisation de l'école en faveur des valeurs de la république c'est que cette mobilisation se fait pour n'avoir pas su transmettre avec une forme de coercition veut doubler les cours de morale laïque ne fonctionneront jamais imposer des valeurs ne fonctionnera jamais et nous n'arriverons jamais à construire une école qui pour n'avoir pas su former voudrait désormais formaté cela ne fonctionnera pas cela ne peut susciter que réticences que résistance et que dissolution plus forte encore et plus vivent encore de la communauté nationale en revanche si nous savons à nouveau structuré l'école autour de sa mission fondamentale transmettre le savoir transmettre la culture alors oui nous pouvons car la culture et principe de toute humanité et de toute liberté nous pouvons à nouveau construire une école qui éduquera parce qu'elle sera à nouveau instruire je ne crois pas aux conflits entre instruction et éducation je ne crois pas qu'il faille opposé ces deux tâches l'école peut éduquer mais elle peut éduquer si elle sait instruire et l'instruction est le moyen est même le seul moyen par lequel nous pouvons reconstruire une école qui à la fois reconstruisent notre société et qui en même temps ouvrent chacun de ses citoyens à une authentique liberté je vous remercie merci à vous pour ce propos dynamique carré
François-Xavier Bellamy