Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 20 septembre 2019 46 minAutoproduitFond programmatiqueNumériqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

Lancement du France Digitale Day

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Comment fluidifier les contrôles administratifs pour les start-up en hypercroissance ?

  • 21:00OuverteRéponse directe

    Comment garantir que les financements profitent à tous et pas seulement à une élite ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures pour répondre au goulot d'étranglement du recrutement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 19:00E. MacronPromesse
    « On va mettre en place de nouvelles formations en matière de numérique pour permettre à tous les niveaux de continuer à former, d'ouvrir plus de places et de recruter davantage. »
  • 22:00E. MacronPromesse
    « On va lancer un CAPES informatique d'ici 2020. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

(Applaudissements) (Applaudissements) (Applaudissements) (Applaudissements) -E. Macron : Bonjour. Je vous en prie.

Asseyez-vous. Je suis ravi de vous retrouver. Pardon du retard.

Il m'est imputable. J'ai couru après les différentes sessions. Mais je suis très content de vous retrouver, de vous retrouver dans cette maison.

La dernière fois qu'on s'est croisés, c'était à Station F pour une bonne partie d'entre vous. Et content de suivre aussi de proche en proche les histoires qui se poursuivent, grandissent et qui sont à l'image de cet écosystème français qui est en train de se transformer. Alors dans cette salle sont réunis toutes celles et ceux qui au fond sont en train de construire ce paysage français pour cette nouvelle édition des France Digitale Day.

Et vous continuerez les travaux demain - c'est ça ? -, messieurs les ministres, ensemble. Et donc il y a là des ministres, des parlementaires que je salue pour leur engagement, des administrations et services publics qui poussent aussi, de leur côté, aux côtés des ministres, justement, tout ce travail, des administrations, organisations publiques qui participent aux financements, des associations telles que France Digitale, et puis des start-up, des acteurs financiers, des investisseurs, des grandes entreprises qui aident ces start-up.

J'y reviendrai dans un instant, des entreprises qui croient en elles et investissent, que ces investisseurs soient d'ailleurs français ou étrangers, j'y reviendrai là aussi. Et donc cette communauté continue de grandir et je crois pouvoir dire qu'elle est au rendez-vous de l'ambition qui est la vôtre. Parce que je connais beaucoup des histoires qui sont dans cette salle et je reconnais beaucoup de visages amis.

Certains ont déjà formidablement réussi, d'autres sont en train de passer ces étapes, mais à chaque fois, c'est beaucoup d'ambition et c'est la volonté de lutter à un moment donné contre ce qu'on considérait comme des fatalités françaises, puis ensuite d'aller le plus vite possible. Moi, je crois très profondément qu'il y a aujourd'hui, tout, dans notre pays pour que ce qui a commencé à être réussi aille encore plus vite, plus fort et plus haut. Nous sommes un pays d'inventeurs, d'innovateurs, de créateurs.

Vous l'êtes chacune et chacun dans vos domaines et vous avez conjuré pour une bonne partie les représentations qu'on se faisait de la France. Il se trouve qu'ici même, il y a quelques heures, il y avait tous les grands chefs français. Il y a quelque chose à voir entre ces deux univers que peu rassemble, c'est la capacité à inventer quelque chose à partir d'une idée folle, à construire une expérience de vie et à porter du génie français.

Et donc il y a dans les start-up qui sont les nôtres sur le territoire, quels que soient les secteurs que vous avez choisis, cette volonté, au fond, de poursuivre le fil que nous avons depuis toujours, celle d'un pays d'entrepreneurs, d'inventeurs, de créateurs, qui a été au coeur de la révolution agricole, de la révolution industrielle et qui doit être au coeur de cette nouvelle révolution technologique, digitale, celle aussi à la fois des réseaux, de l'intelligence artificielle et de toutes les transformations que nos économies, plus largement, nos sociétés sont en train de vivre. Et donc pour moi, il y a dans ce rassemblement d'aujourd'hui de femmes et d'hommes qui viennent d'horizons très différents, parfois de générations très différentes, quelque chose aussi de cette volonté de promouvoir un esprit très français, celui de la créativité et de l'innovation, celui d'une capacité que nous avons à faire. Et puis nous nous retrouvons dans un moment très particulier.

Le monde est plein de bouleversements, ça n'a échappé à personne, il y a plein d'incertitudes, encore ces dernières heures, des guerres qui menacent dans beaucoup d'endroits, mais je crois très profondément qu'il y a aujourd'hui une Europe qui se tient et qui est forte, une zone euro qui a un potentiel de développement, de croissance formidable, si elle sait prendre les bons virages dans les mois qui viennent et une France qui est en train de faire les réformes, qui, au coeur de cette zone euro, porte un message d'avenir, d'investissement, de transformation qui fait que si vous voulez changer le monde, à mon avis, ce n'est pas la pire place pour le faire. Donc ça pourrait être beaucoup plus dur. Certains ont parlé de paradis pour la France, je suis trop "conflicté" pour ici le dire, mais je crois que ce n'est pas totalement faux.

Mais le paradis, il est à faire. Et donc c'est parce qu'aussi, toutes et tous, on a décidé de travailler, d'oeuvrer dans ce moment que vit le monde et en particulier l'Europe que je pense, on peut réussir. Alors une fois dit ça, les chiffres montrent qu'on est en train d'y arriver, et je veux quand même partir de là : l'ambition qu'on a pour les technologies, c'est d'être parmi les nations qui comptent, et je regardais les chiffres avant de vous retrouver, vous les connaissez pour certains d'entre vous, mais je veux les rappeler.

Les montants levés par les start-up françaises battent des nouveaux records. J'étais il y a quelques mois à VivaTech avec vous, me félicitant des chiffres en cours. On était à 2,8 milliards en 2017, 3,6 milliards en 2018, plus de 5 milliards sans doute cette année.

C'est une accélération inédite. Et tant mieux, parce que ce sont ces records qu'il faut continuer à battre. Onze levées de plus de 50 millions d'euros en 2018.

Je me rappelle quand j'étais moi-même ministre, je pensais que c'était un seuil qu'on aurait beaucoup de mal à franchir, le ticket de 50. Treize levées depuis le début de l'année 2019. Premier semestre 19, 4 nouvelles licornes dans l'écosystème français, donc les chiffres sont là qui montrent qu'il y a une dynamique qui est en cours et que ce que je suis en train de décrire n'est pas une fiction, c'est en train de se passer car il y a eu une mobilisation.

Et quand je parle de ces levées de fonds, je ne parle pas simplement de chiffres, d'argent, de quelque chose d'immatériel, je parle de la capacité à lever de l'argent pour... inventer encore davantage, pousser les technologies encore plus loin, réussir à battre, vous le savez bien, les concurrents qui sont parfois à l'autre bout de l'Asie ou des Etats-Unis qui peuvent lever très vite et très fort, et embaucher plus vite et plus fort celles et ceux qui vous permettent de réaliser, évidemment, ces défis.

Et donc je considère que, et on vient d'en parler avec quelques investisseurs français, je vais y revenir, que cette bataille qui est en cours est absolument essentielle. La technologie, elle fait l'objet de plein de projets, de plein de procès, pardon, en destruction de valeur, mais elle est aussi au coeur de beaucoup de création de valeur et d'emplois. Et quand je regarde les chiffres de l'autre côté de l'Atlantique, aujourd'hui, on a de grandes entreprises technologiques qui sont à l'origine de la création d'un tiers ou de la moitié des nouveaux emplois dans certains Etats américains.

Et pour la France, les 40 start-up les plus prometteuses qui seront dévoilées demain par le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O, vont créer au moins 7 000 emplois directs dans les prochains mois, 25 000 pour l'ensemble de nos start-up, et on voit que, sur ce volet-là, on a encore énormément de réserves et on peut faire beaucoup plus, et que ceux qui ont été en avance sur nous ont réussi à montrer que la part créatrice du processus d'innovation pouvait être encore plus forte. Et donc au fond quand on parle de levée de fonds, quand je parle de tous ces chiffres financiers, je parle simplement de la capacité à continuer à faire réussir ces start-up, à aller plus vite, à en faire des leaders sur un marché pour éviter d'être acheté par d'autres ou de disparaître, mais je parle surtout des emplois de demain. Et demain peut arriver très vite.

Et donc je le dis aussi pour beaucoup de nos concitoyens qui pourraient imaginer que ce sont que des chiffres financiers. La capacité à lever des fonds aujourd'hui pour l'écosystème français, à réussir plus vite, à avoir des start-up qui grandissent plus vite et plus fort, c'est la capacité à garder nos champions, à les faire croître et à embaucher dans tous ces secteurs. Parce que ce qui paraissait sympathique et anecdotique il y a quelques années encore à beaucoup est en train de devenir une réalité dont je viens de rappeler les chiffres, mais c'est aussi le vecteur de création d'emplois sur tous nos territoires dans les prochaines années et qui va irriguer tous les autres segments de notre économie.

Alors au-delà de ces chiffres et de ces premiers résultats, pour moi, la bataille qu'on est en train de mener et que, au quotidien, vous conduisez, c'est celle que vous m'avez peut-être entendu rappeler à plusieurs reprises quand je parle de souveraineté. Je crois très profondément à cette notion. Elle est très politique, mais elle est aussi au coeur de votre démarche.

La souveraineté, c'est la capacité à décider pour soi-même. Moi, je crois à la souveraineté technologique et économique. On l'a parfois oublié dans notre pays ou on pensait que c'était un terme à laisser aux nationalistes, ceux qui étaient pour mettre des frontières.

Il y en a, des frontières, dans notre monde. Mais la souveraineté, c'est la capacité à pouvoir justement exercer nos propres choix. On peut être souverain en étant ouvert.

Ce que je sais, c'est que si on ne construit pas les champions dans tous les nouveaux segments, dans le digital, dans l'IA et dans tout ce que ça irrigue tous secteurs confondus, nous ne serons plus souverains, ni en termes d'emplois, ni en termes technologiques, parce que nos choix technologiques seront dictés par d'autres, parce que ceux qui auront les solutions pour la médecine personnalisée de demain, pour l'intelligence artificielle d'après-demain, pour les nouvelles formes de mobilités, ils seront ou Chinois ou Américains. Je n'ai pas envie de ce monde. Je suis très ouvert aux investisseurs, aux entreprises chinoises ou américaines, je souhaite qu'elles créent le maximum d'emplois dans notre pays, qu'elles apportent le maximum de services à nos consommateurs, mais je ne veux pas dépendre d'autres acteurs pour les grands choix technologiques qui seront les nôtres.

Et je pense qu'aucun citoyen européen n'a envie de cela. Et donc l'ouverture suppose de la souveraineté, elle suppose que sur des éléments clés de ce qui fait notre présent et notre avenir que nous soyons en situation de décider. Et l'écosystème de start-up, d'ETI, de grands groupes qui sont engagés dans tous les secteurs qui sont les vôtres, est décisif pour cette souveraineté.

Décisif pour créer des emplois aujourd'hui et demain, comme je le disais, mais pour développer les technologies qui nous permettront d'être des grands acteurs mondiaux, en tout cas, d'avoir des composants, que ce soit d'ailleurs du hard ou du service, que ce soit de la technologie extrême, ou que ce soit de la capacité, justement, à mettre le maximum de consommateurs en relation, je pense que nous avons besoin nous-mêmes de créer nos champions. Et donc pour le faire, il faut vous aider à croître et il faut créer l'environnement qui va avec. Ca passe par plusieurs éléments.

D'abord, parce que vous avez les idées, et je pense que c'est un acquis, ce n'est pas au gouvernement d'avoir les idées pour vous, c'est aux chercheurs des laboratoires, aux entrepreneurs, aux étudiants, aux cadres d'entreprises qui veulent se lancer, à chacune et chacun qui prend son risque. C'est de pouvoir vous apporter les capitaux qui vous permettent de réussir. Je l'ai évoqué en parlant des levées de fonds, la bataille des capitaux est essentielle et vous le savez bien.

On a un environnement européen et français qui est fort, qui est très "intermédié", quand on le compare à l'environnement anglo-saxon, mais c'est vrai qui était extrêmement fort sur la partie dette et financement. Et la faiblesse que l'Europe continentale a historiquement, c'est plutôt une faiblesse de financement en fonds propres, en capitaux. Or, c'est ce qui, dans cette révolution technologique, est vital, si on veut aller vite et fort.

Vous avez su, je dois le dire, parce que c'est beaucoup aussi l'écosystème qui s'est organisé, c'est la première génération d'entrepreneurs français...

Vous avez conjuré le sort en réussissant à capitaliser et à réinvestir dans l'écosystème français. Et ça, c'est la première génération qui a permis à la seconde de grandir. Il y a eu ensuite un gros travail qui a été fait, avec BPI et plusieurs fonds qui sont sur la place de Paris et que je salue ici, qui ont toujours cru justement à l'innovation.

Il y a eu ensuite un très gros travail qui a été fait pour aider la génération des start-up des 5, 6 dernières années à vraiment croître et à être présentes et à faire de la France le premier pays de création de start-up d'Europe continentale. Mais si on veut gagner la bataille, je l'ai évoqué en parlant des tickets qui doivent augmenter en même temps que le montant des levées, on doit réussir à lever plus vite, plus fort, plus de capitaux. Et donc là, on a besoin de faire des efforts et d'avoir une place financière qui est plus forte.

Et je veux vraiment saluer ce qu'on vient de consacrer et qui a été annoncé aujourd'hui, cette levée inédite et cette mobilisation des investisseurs institutionnels français au premier rang desquels les assureurs. Il y a quelques mois, un rapport a été remis par Philippe Tibi à Bruno Le Maire, c'était au mois de juillet, sur le sujet que je viens d'évoquer, et il en ressortait qu'on devait renforcer l'offre sur les derniers stades de financement, les levées de fonds entre 50 et 100 millions d'euros. Et qu'au-delà de tout ce qu'on avait fait, il fallait passer encore un cap.

Ce cap, il vient d'être passé par l'engagement qu'ont pris ces investisseurs institutionnels que je veux vraiment remercier pour leur mobilisation et les risques pris, d'engager dans les trois prochaines années 5 milliards d'euros dans les fonds français spécialisés sur la technologie. Je crois qu'on peut vous applaudir. (Applaudissements) (Applaudissements) -E.

Macron : Alors on a une chance, c'est que, comme très peu de choses sont rentables dans l'environnement actuel, on a une mobilisation très forte. Mais c'est une opportunité pour la place de Paris et j'ai pris des engagements il y a plusieurs mois et qui sont au coeur de l'agenda de la nouvelle Commission, c'est aussi de changer la réglementation pour qu'elle incite davantage les grands acteurs financiers et institutionnels à aller plus vers le risque et les fonds propres. Ca, on va le faire.

Mais je veux saluer cet engagement, parce que grâce à leur mobilisation, on va avoir 2 milliards vers les fonds de capital-risque, dit "late stage", et 3 milliards vers les fonds gérés par des gestionnaires d'actifs spécialisés dans l'investissement coté. Ca va nous permettre à coup sûr, en tout cas, à court terme, de doubler ça avec des investisseurs étrangers, et je pense de pouvoir accélérer cet effort et le démultiplier dans les prochains mois. Ce qui doit nous permettre, justement, en faisant levier...

Et ma conviction, c'est que, vous allez voir à quel point c'est plus attractif que... les fonds en euros surtout dans l'environnement actuel.

Je suis convaincu que la dynamique ne fait que commencer. Mais il fallait qu'elle commence et il fallait qu'il y ait, les acteurs, justement, que vous êtes, les investisseurs institutionnels qui prennent cette part. Dans quelques instants, juste après vous avoir vus, je serai avec une quarantaine d'investisseurs étrangers de premier plan pour qu'ils viennent rejoindre cet effort et qu'ils puissent s'engager et qu'ils s'engagent dans les fonds d'innovation, dans les fonds de fonds, dans le capital parfois directement, de start-up françaises qui lèvent des gros tickets.

Et donc je crois que c'est la fertilisation de cet écosystème dont on a besoin. Je crois que cette mobilisation est essentielle. Ce que je veux ici partager, c'est de dire au fond qu'il y a dans l'écosystème français aujourd'hui une dynamique, une vision, des règles qui ont été simplifiées et maintenant, je crois, une étape qui est franchie puisqu'on va passer à des tickets plus importants et donc à des croissances plus fortes.

Ensuite, le deuxième élément qu'on vous doit pour accélérer cette croissance, vous le savez parfaitement, c'est de vous aider à recruter les talents. Alors, on l'avait évoqué il y a quelques mois, vous savez combien j'y suis attaché, on l'a fait sur, justement, la facilitation des visas pour les talents internationaux pour recruter ou garder des cadres plus facilement. La bataille des cerveaux des ressources humaines est absolument clé.

Et donc pour garder, former les talents digitaux, là aussi, plusieurs annonces seront faites, mais on va mettre en place de nouvelles formations en matière de numérique pour permettre à tous les niveaux de continuer à former, d'ouvrir plus de places et de recruter davantage. On va consolider évidemment le French Tech Visa. On va mettre en place aussi, pour qu'il y ait une capacité de l'écosystème à attirer des talents de tout le territoire, un programme French Tech Tremplin.

Et il a été lancé à l'été dernier, en juillet, mais les 15 millions d'euros permettent justement d'aller puiser partout dans les territoires les talents et d'accompagner les entreprises pour qu'elles aillent les chercher, donc on va accroître cette dynamique. Et j'ai demandé aux ministres, en particulier au ministre du Numérique, mais avec lui la ministre du Travail, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et de l'Innovation de faire des propositions aussi très concrètes pour qu'on continue cette dynamique de recrutement, d'attraction des talents, qu'ils soient internationaux ou nationaux. On a besoin de ça.

Et puis on a aussi enfin besoin de vous donner des règles claires. Alors, il y a le combat toujours pour simplifier les règles. Je me souviens que j'avais été interpellé, c'était je crois à Station F, sur l'Urssaf.

On pourrait y revenir si vous le souhaitez dans les échanges, mais on continue le travail de simplification, et je sais combien, quand on doit aller vite, qu'on est dans un environnement compétitif, concurrentiel, les règles qui parfois paraissent excessives, les lenteurs que les concurrents n'ont pas, peuvent être terribles. Et donc là aussi, on va continuer ce travail qui a été commencé. Beaucoup de freins réglementaires ont été levés pour les différents stades de développement, dans les lois récentes, en particulier, la loi Pacte portée par le ministre de l'Economie et des Finances.

Elle a été coconstruite avec l'écosystème, promulguée, il y a plusieurs mois maintenant, et donc là aussi, on a quand même simplifié les franchissements de seuils sociaux, favorisé la collaboration entre recherche publique et start-up, encouragé la protection de la propriété industrielle, simplifié les choses. Et ce combat de simplification, on va évidemment le poursuivre, donc je suis toujours preneur, moi, d'idées. On le poursuit aussi de manière beaucoup plus contractuelle, j'y reviendrai peut-être tout à l'heure et ça fera partie des annonces de ces Digitale Day, avec l'idée aussi pour les entreprises qu'on veut aider, accompagner dans leur croissance, d'avoir en quelque sorte des référents dans l'administration et d'avoir une espèce de réponse, de guichet spécifique.

Et puis on va continuer de le faire au niveau européen. Et ça, c'est un combat qu'on mène avec les ministres, mais vous avez besoin d'avoir un environnement européen qui soit, au fond, plus protecteur de l'innovation et qui continue à l'être. Et moi, j'attire votre attention, Et je le dis aussi pour les investisseurs étrangers...

J'en retrouverai certains juste après. Je veux qu'on arrive à faire de l'Europe l'endroit le plus favorable à l'innovation et la création. Et j'attire votre attention, parce que je pense qu'aujourd'hui, les très grands champions, en effet, de la Tech ne sont pas européens, c'est vrai, ils sont Américains et Chinois, pour une écrasante majorité.

Il faut être lucides sur nous-mêmes. Mais ils opèrent dans des environnements qui sont de moins en moins concurrentiels, qui sont redevenus des environnements monopolistiques ou oligopolistiques. Parce qu'ils sont dans des secteurs qui ont été faits par ces acteurs du privé qui ne sont plus régulés.

Plein de ces acteurs n'ont pas de règles de gestion de données dans leur pays, ne sont pas vraiment taxés de manière juste et ne sont pas régulés comme il se doit. Et on voit d'ailleurs, y compris dans notre continent, ces acteurs faire beaucoup d'acquisitions nouvelles qui n'est pas du M&A de croissance, qui est du M&A de destruction de capacité à créer. Ils viennent acheter des entreprises françaises.

Ca fait parfois des entrepreneurs heureux, j'en ai conscience, mais ça fait des entrepreneurs qui n'innovent plus, qui ne viennent pas les concurrencer. Et c'est pour ça qu'ils le font. Et ils le font grâce au cash accumulé parce qu'ils n'ont pas payé d'impôts.

Et donc une économie, au fond, qui n'est plus une économie de la rente d'innovation, mais de la rente de situation, est en train de se recréer dans l'environnement mondial. L'Europe, parce qu'elle a pris du retard, si elle veut, non pas survivre, mais construire le siècle qui vient, doit être le continent de l'innovation : lutter contre les rentes indues qui sont des rentes de situation qui font que certains ne payent pas d'impôts, que certains ne respectent pas les règles, pour retrouver les bonnes rentes qui sont les rentes d'innovation. Elles ne durent qu'un temps, le temps que vous ayez un concurrent qui arrive et qui vous les détruise parce qu'il est plus innovant que vous.

Et ça, c'est un combat qu'on va devoir mener. Parce que ceux qui ont des rentes ont parfois beaucoup de charme auprès de gouvernements. Moi, je suis pour qu'ils créent des emplois en France, je ne suis pas pour qu'ils détruisent des entreprises qui m'en créeront plus demain.

Je suis pour qu'ils payent des impôts en France, comme toutes celles et ceux qui innovent en France ou en Europe et qui en payent. Et donc ce combat, on va continuer à le mener. C'est en Europe qu'on le mènera, nulle part ailleurs.

Et je pense que c'est aussi un élément essentiel sur le cadre réglementaire que nous vous devons pour réussir. Voilà les quelques mots avant d'échanger avec vous que je voulais partager. Avec un cap : il faut qu'en 2025, on ait au moins 25 licornes.

Je pense que c'est réaliste. C'est tout à fait raisonnable. Si on pouvait même largement dépasser, que je passe pour quelqu'un qui manquait d'ambition ou de vision, dans deux ans, s'il vous plaît, faites-moi mentir.

Mais n'allez pas au même rythme, allez plus vite, plus fort, continuez à créer, à innover, dites-nous à chaque fois qu'on peut faciliter, qu'on peut encourager, qu'on peut démultiplier. Et n'oubliez jamais qu'à chaque fois que vous créez, vous pouvez aussi créer sur les territoires, beaucoup d'entre vous le font, j'espère qu'on y reviendra. Créez des emplois dans les territoires qui sont les plus en difficulté, montrez aussi que vous apportez, ce qui est le cas, des solutions à des contraintes de nos concitoyens au quotidien.

Quand on parle du défi des mobilités, quand on parle du défi climatique qui touche tant notre pays, qui nécessite des transformations, c'est par l'innovation qu'on peut le réussir. Donc je compte sur vous. Allez plus vite et plus fort, j'en ai besoin.

Merci beaucoup. Je vais répondre à vos questions. (Applaudissements) (Applaudissements) (Applaudissements) (Applaudissements) La présentatrice : -Merci, monsieur le Président, pour ces messages très forts pour l'écosystème.

Pour cette partie, nous avons travaillé avec des entrepreneurs et ces travaux nous ont permis de faire émerger trois questions. Donc on ne va pas pouvoir faire une grande questions/réponses cette fois-ci. Trois questions qui sont très représentatives du genre de réaction qu'on peut avoir dans la salle.

Pour ça, j'aimerais bien appeler Thibaud Hug de Larauze, qui est CEO et fondateur de Back Market, Laura Medji qui est CTO et cofondatrice de Tracktor. (Applaudissements) (Applaudissements) -Bonjour, monsieur le Président. Merci de nous recevoir, et pour ces annonces, parce que c'est sûr que ça va faire du bien, beaucoup de bien à l'écosystème et j'espère à Back Market.

Je pense que vous avez assez bien résumé. Enfin, c'est une course. En se bat contre des Américains, des Chinois.

Même n'importe quel pays dans le monde peut, en fait, quand on est dans la Tech, faire la même chose, essayer d'innover, de le "disrupter", donc c'est toujours une question de vitesse et d'exécution. Donc les capitaux, c'est super important pour aller plus vite, mais il y a un moment où moi, je me suis retourné il y a un peu près 4 mois. Je pense qu'on est arrivé dans certains radars, et donc j'ai pris 4 contrôles de suite.

Alors je dis bonjour aux douanes, à la DGFiP, à la DGCCRF, à l'Urssaf. Et du coup, quand on veut innover, qu'on est obsédé par la croissance, par la victoire pour gagner, c'est un peu du "défocus", surtout quand il reste une semaine pour chercher les stocks et qu'on est une "marketplace", donc on n'a pas de stock. Ca nous permet d'aller plus vite, donc c'est bien, mais ça a pris du temps de partager le même langage avec certaines institutions.

C'est un mois, donc ce n'est pas énorme dans une vie, mais dans une vie d'une start-up, c'est beaucoup. Comment on peut faire pour fluidifier ça et être du même côté dès le début, en fait ? -E.

Macron : J'avais eu des questions...

J'ai évoqué une question qui était proche sur l'Urssaf, il y a un an, en disant...

Je crois que j'avais répondu : "L'Urssaf est votre amie." Parce que, en effet, c'est ce qui vous apporte une protection. Ca lève l'argent pour apporter une protection.

Et le but, c'est que toutes les administrations soient "votre amie" quand vous êtes dans cette phase-là, en général. Et simplement...

Sauf si vous fraudez, évidemment. Il y a plusieurs... je dirais trois niveaux de réponse.

Le premier : on a mis en place il y a maintenant un peu plus d'un an ce qu'on a appelé le droit à l'erreur. Il y a eu un très gros travail fait par les administrations, les ministres et les parlementaires, qui sont ici présents, et qui est de regarder toutes les procédures et de voir comment on pouvait changer les choses pour que quand on arrive, ce ne soit pas à charge, mais justement qu'on explique, on accompagne beaucoup plus simplement et qu'il n'y ait aussi pas de sanctions quand il y a quelque chose qui n'est pas fait selon la règle. Ca vaut pour vous et ça vaut pour tous nos concitoyens, toutes nos entreprises.

Ca, c'est le premier niveau. C'est très compliqué de changer parfois les mentalités, les réflexes. On a une culture du contrôle a priori, etc.

Mais nos administrations sont dans cette phase de transformation et vraiment, c'est en cours. Donc on continue à être vigilant. Il faut parfois bousculer, changer des habitudes, on le fait.

Deuxième chose : après, secteur par secteur, il y a des réponses. Ce n'est pas tout à fait votre cas, puisque vous êtes une marketplace mais je sais qu'il y en a dans cette salle, par exemple qui sont dans le secteur médical, pour prendre cet exemple, qui est un secteur très régulé où parfois, ils ont beaucoup de contraintes, je le sais. On est en train de les lever une à une.

Moi, chaque année, au moins une fois par an, je réunis les administrations et les acteurs des dispositifs médicaux et du médicament pour lever les contraintes, accélérer les délais. Donc ça, on a un travail. On l'a fait aussi par exemple sur la mobilité.

Dans la loi, on a fait passer un texte pour que tous ceux qui sont dans le véhicule autonome puissent avoir des délais plus rapides de déploiement et qu'on puisse avoir de l'expérimentation. Donc à chaque fois qu'un secteur a des contraintes spécifiques, il faut nous les faire remonter et on sait y répondre par une approche. Et puis après, il y a, et c'est la troisième strate, ce que vous avez dit : une entreprise qui réussit tellement vite, pour reprendre votre terme, qu'elle se "défocusse".

Et là, c'est vrai qu'on était jusqu'à présent pas parfaitement équipés pour apporter des réponses. Et donc c'est pour ça qu'on a décidé de mettre en place un dispositif qui va dans les faits commencer dès demain avec les annonces que fera le secrétaire d'Etat et le Next40, c'est comme ça que vous l'appelez, ou le "Next Forty". Je ne sais pas si vous l'avez francisé ou anglicisé, mais les quarante entreprises définies.

L'objectif, ce sera d'avoir les 120 start-up qui sont en hypercroissance et qui sont identifiées, et après progressivement, on va ouvrir et en identifier d'autres. Mais que les 120 start-up qui ont été identifiées comme étant le plus en hypercroissance, elles aient un dispositif, si je puis dire, un peu à part et qu'elles soient tout particulièrement accompagnées et qu'elles aient un réseau à disposition pour les aider dans tout cela. Et donc ce qu'on a mis en place, et d'ailleurs, certains sont présents dans la salle qui y participent, c'est un réseau de 45 correspondants French Tech dans les ministères qui sont tous concernés, je vous vois, vous me faites signe.

Donc c'est DGFiP, DGCCRF, Urssaf que j'ai citée tout à l'heure, Education nationale, Banque de France, INPI, toutes les administrations, j'en ai oublié, j'en suis sûr, évidemment, mais toutes les administrations qui ont été identifiées par, justement, la mission French Tech comme étant importantes pour une entreprise en forte croissance. Donc il y en a 45, elles sont regroupées dans une même équipe. Et les 120 entreprises qui sont en hypercroissance, elles ont accès à cette équipe pour qu'il y ait une réponse immédiate qui soit donnée.

Donc ça, c'est un premier début de réponse très pragmatique. Et après, il faudra que l'équipe, que la mission, avec le secrétaire d'Etat, les ministres puisse avoir un dispositif où on ouvre, on généralise progressivement. Mais il est clair que quand on doit aller très vite, soit parce qu'on est en hypercroissance, soit parce qu'on est dans un secteur hyperconcurrentiel, il faut qu'on puisse avoir cette réponse.

Donc voilà. Troisième strate, c'est ce qu'on lance à partir de demain avec le réseau de 45 correspondants French Tech et puis le programme French Tech 120 qui permettra d'identifier ces 120 French Tech en supercroissance. Est-ce que je manque quelque chose, monsieur le secrétaire d'Etat ?

Donc demain, vous annoncez les 40 premières ? C'est pour m'assurer qu'ils suivent. Non.

Je n'ai rien oublié d'important pour...?

Corrigez-moi. Ou complétez-moi. Parfait.

Donc j'espère que ça...

Là, on le lance demain. Ca veut dire que la prochaine fois que je vous vois, vous pouvez faire le retour d'expérience. Si ce n'est pas satisfaisant, on vérifiera ensemble. (Rires) Et je remercie toutes celles et ceux qui vont participer à cette équipe.

Vraiment. (Applaudissements) (Applaudissements) -Lara, vous avez une question pour le Président ? -Tout à fait.

Bonsoir, monsieur le Président. Tout d'abord, merci pour votre engagement, vos annonces et initiatives portées notamment par la French Tech. Ma question est la suivante : comment comptez-vous vous assurer que les milliards d'euros de financements vont profiter à tous et non pas uniquement à une élite unifiée, bien installée et disposant de nombreuses ressources et réseaux ? -E.

Macron : Alors vous avez parfaitement raison. (Applaudissements) -La vérité, c'est que quand je regarde l'écosystème French Tech au sens large, il a moins ces caractéristiques que l'univers CAC40, si je suis honnête avec nous-mêmes, dans le top management. C'est vrai.

Et donc c'est déjà une indication. Pourquoi ? Parce que c'est un écosystème d'entrepreneurs et quand je regarde les entrepreneurs, les départements où ça crée le plus, ce ne sont pas forcément les secteurs, les formations qui ont recruté jusqu'alors les cadres et les managers.

Et donc, je le dis, parce qu'en soi, pourquoi je trouve que la French Tech et l'écosystème de création numérique sont important ? C'est que je pense aussi que c'est un vecteur de mobilité sociale, économique, éducative qui est très puissant et très complémentaire de ce que nous avons en France. La France, elle a une force, elle a un réseau de grandes entreprises établies.

La moyenne d'âge de ces grandes entreprises, notre CAC40, je crois qu'il est autour de 100 ans. Ca veut dire que, sauf quelques exceptions, les dirigeants du CAC40 sont des managers. Et donc ils ont plutôt été sélectionnés par un système de grandes écoles françaises, je plaide coupable, qui, c'est vrai, a plutôt surreprésenté ce que vous décrivez.

Quand je nous compare avec d'autres pays ou plus jeunes ou dans lesquels il y a eu plus de disruptions économiques, ils ont plus d'entreprises qui sont dirigées par des créateurs d'entreprises et pas simplement des managers, et là, il y a plus de mobilité. C'est une réalité. Et donc pour moi, il y a structurellement dans la French Tech déjà quelque chose qui n'est pas totalement ce que vous avez dénoncé, à juste titre.

Et donc si on arrive à faire grandir et à accélérer ce qu'on fait avec la French Tech, c'est en soi déjà un levier de mobilité économique et de diversification de notre économie. Deuzio, quand je regarde les chiffres de création de start-up, deux tiers se créent hors de Paris. Donc il y a de l'innovation.

C'est vrai que l'un des sujets, c'est la métropolisation, mais il y a de l'innovation dans toutes les régions françaises, il n'y en a pas qu'à Paris. Et donc ça, il faut continuer à l'irriguer. Et donc ça, on y veille beaucoup.

BPI joue un rôle très important à cet égard. On s'assure aussi que les grands fonds qui sont présents, et ils le font parce qu'ils vont chercher de l'innovation là où elle est, et l'innovation, il se trouve qu'elle est là où il y a des idées, de l'énergie, de la force. Et c'est vrai que souvent il faut qu'il y ait un site universitaire qui soit assez fort, il faut qu'il y ait un début de petit écosystème, et donc c'est très dur de réussir à bâtir un écosystème de start-up là où il n'y a pas d'université et déjà un tissu au moins d'ETI un ou deux "business angels", mais il n'y a pas qu'à Paris.

Trois, on a mis en place des leviers. Je parlais du programme Tremplin qui a été lancé en juillet dernier. On va continuer à l'accompagner, à le développer.

Et moi, je continue à avoir, justement, cette vigilance qui est qu'on aille chercher dans tous les quartiers les talents, qu'on les aide à accéder. Ensuite, on a ouvert aussi à tous les acteurs de la French Tech que vous êtes, le programme des emplois francs qu'on sous-utilise et qui sont sous-utilisés par tous les acteurs de la Tech, c'est-à-dire la possibilité d'aller chercher des jeunes ou moins jeunes des quartiers pour zéro charge. Il suffit d'être dans un quartier "Politique de la ville".

Ce dispositif, il est sous-utilisé, mais quand on est en forte croissance, quand on est, justement, une entreprise du numérique, qu'on veut aller vite, là, il y a des dispositifs beaucoup plus simples qui vous sont ouverts. On va continuer aussi les formations, beaucoup l'ont fait. Il y a des formations privées et publiques dans la Tech qui permettent d'aller chercher, justement, les jeunes de tous milieux, de tous horizons.

On va lancer un CAPES informatique d'ici 2020 qui va permettre aussi de développer les formations et d'aller encore plus vite. Puis comme je vous le disais, on va aussi accompagner des acteurs qui créent un peu partout. Je sais que vous créez sur plusieurs endroits du territoire.

Il y en a dans la salle que j'avais croisés il y a quelques mois qui créent dans ma ville natale, Amiens, qui souffre plutôt et où on parle la plupart du temps de catastrophes industrielles. L'Inseec va créer une entreprise. Et donc c'est aussi de s'assurer que cet écosystème crée de l'emploi un peu partout.

Voilà. Donc plus on va vite, plus on arrive à diversifier, parce que l'écosystème French Tech, il est structurellement moins endogamique que le reste de l'économie. Deuzio, c'est de continuer à veiller, justement, à ce qu'il y ait cet équilibre géographique partout sur le territoire dans nos stratégies d'investissement.

Tertio, c'est de vous inciter à le faire. Et quarto, c'est de vous aider à recruter des jeunes qui viennent des milieux les plus pauvres, des quartiers les plus difficiles par les programmes qu'on met en place. (Applaudissements) (Applaudissements) -Monsieur le Président, je profite de ma présence sur scène pour vous poser la dernière question.

Vous en avez déjà un petit peu parlé. Aujourd'hui, le vrai goulot d'étranglement, en dehors des financements, ça reste le recrutement. Et pas juste le recrutement des développeurs, mais également des product managers, des cadres expérimentés, des sales, et ce n'est pas quelque chose qui est sur le long terme, mais plutôt sur le très court terme, au moment où nos entreprises sont dans une phase d'hypercroissance.

Donc la question, c'est : qu'est-ce que vous, nous, nous allons faire pour pouvoir répondre à cette situation ? -E. Macron : Vous avez raison, j'en parlais tout à l'heure en évoquant les talents.

Et je sais que pour vous, c'est un des éléments clés. Vous n'êtes pas le seul secteur où il y a ce problème. Et le paradoxe, c'est qu'on continue à avoir...

On dit des chiffres du chômage qu'ils commencent à baisser, que ça s'améliore, mais on continue à être... une des économies de la zone euro où il y a le plus de chômage.

Donc on a besoin, pour régler votre problème, et en même temps vous aider à régler le mien, si je puis dire, le nôtre, un, on a besoin que vous restiez compétitifs pour attirer les talents, garder les talents étrangers. Donc ça, c'est, je crois, avec les réformes qui ont été faites sur le plan de la fiscalité, les simplifications qui ont été faites...

Il faut me dire si ce n'est pas le cas, s'il y en qui continuent à avoir des problèmes pour attirer ou garder des cadres étrangers, il faut me le dire. Mais avec le Visa French Tech, les dispositifs fiscaux qui ont été mis en place, normalement, maintenant, on est compétitif. Et je vous le dis sincèrement, si ça n'est pas le cas, faites-moi le retour d'expérience par la mission pour qu'on continue à améliorer le dispositif.

Deuzio, il y a ensuite la capacité à attirer les talents de tous horizons et donc d'être sûrs que vous allez recruter, y compris dans les quartiers les plus difficiles. C'est le programme Tremplin que j'ai déjà évoqué, 15 millions d'euros, c'est l'utilisation de dispositifs type emplois francs qui vous permettent d'aller recruter des jeunes qui ne demandent qu'à être... qu'à participer à vos aventures entrepreneuriales.

En plus, un niveau de charge record, puisque c'est zéro charge sur les premières années. Après, ce qu'on doit réussir ensemble à faire, c'est à programmer la capacité à former et vos besoins. Parce que la grande difficulté, c'est que souvent, vous avez besoin de recruter, mais vous ne trouvez pas les gens, parce que dans vos secteurs, il y a plutôt la motivation.

Il y a des secteurs où les gens ne sont pas motivés, ils n'ont pas envie de les rejoindre, parce qu'il y a une pénibilité ou ils ne sont pas forcément attractifs et on doit travailler là-dessus. Vous, la grande difficulté, c'est que vous ne trouvez pas forcément les compétences ou les qualifications que vous recherchez. Et donc ce qu'il faut qu'on arrive à faire ensemble, et ça, c'est pour moi un des points sur lesquels, justement, les ministres doivent travailler, c'est d'avoir en quelque sorte, pardon du gros mot, mais c'est ce qu'on fait avec les grands groupes, une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

C'est de se dire : "L'écosystème de start-up, "il a besoin, sur les 12, 24, 36 mois à venir, "France entière, si on fait des projections, "de tant de développeurs, de tant de logisticiens, "de tant de cela, et il est plutôt dans ces bassins d'emplois." Parce que nous, ça nous permet derrière de faire quoi ? D'orienter les formations.

Nous avons mis 15 milliards d'euros dans un programme d'investissement dans les compétences. 15 milliards d'euros. Pourquoi ?

Parce que quand on est un pays comme le nôtre qui vit avec le chômage depuis beaucoup d'années, même si vous avez la croissance, même si vous simplifiez les règles du marché du travail, vous ne faites pas revenir les gens rapidement sur le marché du travail, parce qu'il y a une perte de compétence. Mais cette perte de compétence, c'est une opportunité pour votre secteur, parce que ça veut dire qu'on peut faire venir des gens, quelque soit d'ailleurs le niveau de qualification initiale, vers les emplois dont vous avez besoin, mais il faut qu'on puisse les former et ce sont parfois des formations qui prennent 4 mois, 6 mois, certaines un an. Ces formations qualifiantes, jusqu'à récemment, on ne les dispensait pas aux demandeurs d'emploi.

Notre système collectif était un peu fou : on formait bien les gens qui étaient déjà dans les entreprises, mais on formait très peu les gens qui étaient à Pôle emploi, surtout depuis longtemps. Donc ça, on le change. Mais pour réussir, pour faire que ça marche, moi, j'ai besoin de savoir, dans chaque région, quels sont les besoins.

Et donc ça, plus vite, avec vous, mais plus vite vous arrivez à faire savoir vos besoins et moins vous le gérez, si je puis dire, au cas par cas...

Ce n'est pas un engagement que je vous demande de prendre, je ne suis pas en train de dire : "Il faut vous engager "à m'embaucher 600 développeurs." Souvent, ça ne marche pas, parce que les gens ont peur que ça soit des engagements qu'on demande...

C'est que vous nous aidiez à réfléchir et à dire : "On a besoin de tant de logisticiens, "de développeurs, de codeurs sur tel horizon de temps". Si on a cette information au niveau d'une région, on sait réorienter beaucoup de jeunes par exemple en apprentissage, beaucoup de formations. Parce que chaque année, on change les formation qu'on rouvre dans des IUT, dans des universités.

Parcoursup, nous permet de faire ça et d'orienter les jeunes vers des filières où il y aura des perspectives d'emplois à 18, 24, 36 mois. Et plus on peut orienter les formations qu'on finance pour les chômeurs. Donc ça, vraiment, si on veut réussir à vous aider et nous à régler le problème du chômage de long terme et en même temps à optimiser, justement, l'apprentissage, il faut qu'on arrive à échanger mieux l'information et les prévisionnels, si je puis dire.

J'espère que j'ai été clair. Je ne vous demande pas de prendre des engagements, je vous demande de nous aider à réfléchir et de pouvoir partager au niveau d'une région les objectifs qui sont les vôtres et vos ambitions. Si on fait ça, compte tenu des capacités d'organisation du système français, on peut très vite mettre ensuite, si je puis dire, en production, les choses, et territoire par territoire, envoyer les gens vers les bonnes formations.

Ca ne règle pas que votre problème, et c'est là où vous participez à la réussite du pays : c'est que ça règle aussi les problèmes de tas de géographies où les gens désespèrent, parfois. Il n'y a rien de pire que d'envoyer quelqu'un vers une formation qui n'a pas de débouchés. Et pendant très longtemps, c'est ce qu'on a fait.

Donc allez voir un chômeur de longue durée, il vous dira : "La formation, c'est un truc pour me sortir des chiffres. "Ca ne marche pas." Il faut réconcilier tout ça.

Voilà quelques pistes, mais ne vous refrénez pas : plus vous en embauchez, plus vous aidez le pays. (Applaudissements) -E. Macron : Est-ce qu'il y a d'autres questions ? (Applaudissements) (Applaudissements) Merci beaucoup.

Je vais continuer après le travail avec une quarantaine d'investisseurs qui ne demandent qu'à être convaincus pour rejoindre cet écosystème français. Merci beaucoup, en tout cas d'être là, ce soir. Merci d'investir pour ceux qui ont pris la décision d'investir.

Merci à nos grands groupes aussi de continuer à aider les start-up françaises. Et merci à vous toutes et tous qui portez cette ambition, que vous soyez dans l'administration, sur les bancs de l'Assemblée ou du Sénat, dans des start-up à Paris et en province, parce qu'on a besoin de cette capacité à croître et à croire. Et donc, ne lâchez rien.

En tout cas, moi, je serai toujours là. Merci à vous. (Applaudissements) (Applaudissements) (Applaudissements) (Applaudissements) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles) (Propos inaudibles)