Mathilde Panot, présidente du groupe LFI | LCP, Lundi C'est Politique - 24/11/2025
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 53 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Le budget ayant été rejeté, quelle est la situation politique et la solution politique ? La suspension de la retraite à 64 ans va-t-elle pouvoir passer ?
- 2:22RelanceRéponse directe
Vous êtes clairement visée, Mathilde Panot. Qu'est-ce que vous répondez au Premier ministre ?
- 3:21ComplaisanteÉludée
Vous ne voulez pas entrer dans la polémique avec le Premier ministre, en clair ?
- 4:58FerméeÉludée
Est-ce que vous êtes d'accord sur cette méthode ? Vous dites banco, on prend la méthode.
- 5:37RelanceRéponse directe
Vous voulez dire que ça ne rentre pas dans le calendrier ?
- 6:26FerméeRéponse directe
Donc il essaie de gagner du temps, Sébastien Lecornu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:15PrésentateurFait
« Le budget d'État rejeté à l'unanimité, on peut le dire à l'Assemblée nationale, il n'y en a qu'un qui a voté pour, on ne sait pas si c'est par erreur ou pas, il ne s'est pas expliqué depuis ou si c'est par conviction. »
- 2:38InvitéChiffre
« Sachant que, vous l'avez dit, c'est un échec historique de la partie 1 du budget de l'État puisqu'il y a eu 444 voix contre, donc une quasi-unanimité contre ce budget. »
- 3:06InvitéFait
« Le problème de fond, c'est que nous avons un gouvernement minoritaire et que tout le monde comprend que nous ne pourrons pas rester dans cette situation pendant 18 mois. »
- 3:45InvitéFait
« qui est celui fait historique dans notre République, qui refuse de reconnaître le résultat des urnes et qui, puisque c'est une phrase qui a été très commentée de notre part, est celui qui applique le programme, tout le programme, rien que le programme des macronistes, pourtant battu trois fois dans les urnes. »
- 4:34InvitéChiffre
« Vous savez que pour l'instant, nous sommes d'ici à la fin du siècle à plus 2,6 ou jusqu'à plus 3,1 degrés de réchauffement. »
- 6:57InvitéFait
« Mais nous avons fait l'année dernière tomber pour la première fois depuis 62 ans et seulement pour la deuxième fois dans la Ve République tombait le gouvernement Barnier sur justement une motion de censure après un 49.3. »
- 7:10InvitéFait
« Nous avons fait tomber pour la première fois de toute l'histoire de la Ve République le gouvernement Bayrou cette fois-ci sur un vote de confiance et c'est la première fois que ça arrive. »
- 7:19InvitéFait
« Nous avons eu ensuite le gouvernement le plus court de la Ve République, Lecornuant, avec seulement 14 heures d'existence. »
- 8:34InvitéChiffre
« le centième 49.3 de la Ve République qui a été utilisé à ce moment-là pour passer en force. »
- 11:57InvitéFait
« avec, par exemple, une augmentation démentielle des freins de timbre qu'on ferait payer aux personnes qui demanderaient soit un renouvellement de titre, soit un prolongement d'un titre de séjour qui pourrait passer à 200 euros. »
- 12:13InvitéFait
« Dans le débat parlementaire, c'est même passé à un moment à 400 euros. »
- 22:39InvitéChiffre
« ArcelorMittal, c'est 15 000 emplois en jeu et si on croit les emplois indirects, ce serait 100 000 emplois qui seraient en jeu et c'est juste l'avenir industriel de la France et la souveraineté industrielle de la France qui sont en jeu dans cette histoire. »
- 25:16InvitéFait
« cette fois-ci, fiscalisée la pension alimentaire pour le parent payeur puisque c'était une injustice. »
- 25:22InvitéFait
« Je rappelle que ça concerne pour le parent gardien, comme on dit souvent, que ça concerne à plus de 75% des femmes et que c'est une longue revendication des collectifs de mères isolées que nous portons ainsi dans l'hémicycle. »
- 29:25InvitéFait
« qui fait peser un risque de mort sur l'agriculture française, je reprends les termes de l'ensemble des syndicats agricoles de ce pays qui disent qu'ils ne pourront jamais concurrencer des méga-fermes-usines comme il y a, par exemple, au Brésil et à d'autres endroits avec des normes sanitaires et environnementales qui sont différentes des nôtres. »
- 29:45InvitéFait
« est en train de céder et de capituler devant la Commission européenne et pourrait signer dès décembre ce traité de libre-échange »
- 30:38InvitéFait
« cette résolution, elle affirme juste que la France doit respecter et faire respecter le droit international »
- 30:47InvitéChiffre
« plus de 80 violations du cessez-le-feu à Gaza »
- 30:50InvitéChiffre
« 350 Palestiniens qui ont été tués depuis la déclaration de ce cessez-le-feu »
- 35:01InvitéFait
« il y avait quelque chose qui s'appelait le SNU, le service national qui devait être généralisé en janvier 2026 »
- 35:16InvitéChiffre
« un prix qui est estimé entre 3,5 et 5 milliards »
- 35:33InvitéChiffre
« ce service militaire volontaire serait rémunéré à hauteur de 900 euros ou 1000 euros par mois »
- 36:44InvitéFait
« un chef d'état-major des armées se permette d'outrepasser à ce point-là ses fonctions pour expliquer non seulement que nous devrions être prêts à perdre des enfants, à souffrir économiquement »
- 36:57InvitéFait
« l'autorité militaire ne serait plus subordonnée à l'autorité politique »
- 38:38InvitéFait
« savez-vous en quelle année est née la France insoumise ? 2016 »
- 40:40InvitéChiffre
« nous avons donné 100 circonscriptions aux socialistes pour faire en sorte que le nouveau Front populaire puisse se faire »
- 42:52InvitéChiffre
« nous, qui après avoir fait 22% aux élections présidentielles, quand tous les autres faisaient 5% et moins, le score du PS, je le rappelle, était de 1,7% »
- 47:23InvitéChiffre
« il y a 912 personnes qui sont mortes de la rue l'année dernière, dont les plus jeunes avaient quelques jours »
- 53:58InvitéChiffre
« sur une ville comme Ivry-sur-Seine, on va leur prendre 3 millions dans les recettes de la mairie »
- 54:58InvitéChiffre
« 85% des budgets des collectivités locales dépendent de l'État »
- 55:00InvitéChiffre
« 85% des budgets des collectivités locales dépendent de l'État, soit sous forme de ruissellement de l'impôt, soit sous forme de dotation. »
- 57:25InvitéChiffre
« 85% des Français sont dans un désert médical. »
- 57:54InvitéChiffre
« 70% des actions doivent être faites au niveau local. »
- 1:01:13InvitéChiffre
« Pour les maires des communes rurales, c'est 40% qui sont des retraités. »
- 57:12InvitéFait
« Les centres municipaux de santé sont des exemples très intéressants de ce qui peut se faire dans des villes. »
- 58:04InvitéPromesse
« Territoire zéro chômeur, nous, on aimerait qu'on puisse l'expérimenter, enfin, le mettre à l'ensemble des villes. »
- 59:20InvitéFait
« Le CEREMA n'a pratiquement plus de moyens. On lui enlève des moyens année après année. »
- 1:00:53InvitéFait
« La retraite à 64 ans va impacter aussi les mairies. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Présentateur17 %
- Invité 27 %
- Invité 32 %
- Invité 42 %
≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les députés vont pouvoir sortir la tête des chiffres pendant quelques jours puisque ce sont les sénateurs qui ont le budget en main pour le moment. Au cours des dernières semaines, les députés LFI emmenés par Mathilde Panot ont été aux avant-postes lors des débats avec un axe central, taxer les plus riches. Le budget ayant été rejeté, quelle est la situation politique et la solution politique ? La suspension de la retraite à 64 ans va-t-elle pouvoir passer ? Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, députée du Val-de-Marne et l'invité de LCP, l'Indicé politique.
Bonsoir Mathilde Panot, merci d'être sur le plateau de l'Indicé politique et face à vous, il y a mes consoeurs et confrères pour vous interroger. Clément Méric de LCP, bonsoir Clément, Lauriane Tout-le-Mont pour Radio Classique, bonsoir Lauriane, bonsoir Thierry, Thierry Fab pour Salange et bonsoir Hugo, Hugo Couturier, Hugo Auperchoir sur sa chaîne LCP Twitch, Assemblée nationale sur laquelle vous pouvez interagir en posant vos questions, en réagissant et évidemment Hugo nous fera une sélection à votre destination, vous, Mathilde Panot.
C'est du jamais vu, le budget d'État rejeté à l'unanimité, on peut le dire à l'Assemblée nationale, il n'y en a qu'un qui a voté pour, on ne sait pas si c'est par erreur ou pas, il ne s'est pas expliqué depuis ou si c'est par conviction.
Il a expliqué qu'il voulait voter pour.
Ah, il l'a expliqué. Sébastien Lecornu, en tout cas, a répliqué ce matin avec sa propre méthode. Il a déclaré qu'il voulait maintenant des débats et des votes sur des thèmes centraux, chapitre par chapitre, dossier par dossier. On va y revenir tout à l'heure. Et lors de son intervention à Matignon ce matin, il s'en est pris à vous, la France insoumise et au Rassemblement national.
La première des choses, c'est que certains partis politiques, certains candidats à l'élection présidentielle, estiment au fond que le compromis n'est pas compatible avec leur propre stratégie électorale. Et qu'au fond, derrière, il y a une forme de cynisme qui est en train de se dégager et qui peut mener à ce que certains errements idéologiques de certains partis politiques bloquent la situation. Et ça, pour moi, c'est un point de vigilance important. On l'a vu notamment dans les comportements de la France insoumise et même parfois du Rassemblement national.
Vous êtes clairement visée, Mathilde Panot. Qu'est-ce que vous répondez au Premier ministre ?
C'est quand même assez fort de café d'expliquer à longueur de journée, comme le faisait notamment la ministre de Montchalin, d'expliquer à longueur de journée que c'était l'Assemblée nationale qui avait le dernier mot et ensuite de mettre en cause les oppositions. Sachant que, vous l'avez dit, c'est un échec historique de la partie 1 du budget de l'État puisqu'il y a eu 444 voix contre, donc une quasi-unanimité contre ce budget. Et cela veut dire que M. Lecornu, ce Premier ministre, n'a même plus de socle sur lequel s'appuyer.
Ça, c'est la situation. Mais sur ce qu'il a dit, errements idéologiques, volonté de bloquer tout, ça, c'est quand même des attaques frontales.
Oui, mais c'est une manière d'occulter le problème de fond. Le problème de fond, c'est que nous avons un gouvernement minoritaire et que tout le monde comprend que nous ne pourrons pas rester dans cette situation pendant 18 mois, pendant 18 mois où les macronistes veulent imposer coûte que coûte une politique dont plus personne ne veut dans le pays et d'ailleurs à l'Assemblée nationale non plus. C'est ce qui a été démontré avec ce budget.
Vous ne voulez pas entrer dans la poémique avec le Premier ministre, en clair ? Je dis ça parce que les propos sont quand même très sévères.
Si, moi je le dis. Nous, nous disons que M. Lecornu doit partir. Nous n'attendons qu'une chose, c'est que nous puissions censurer la politique de M. Lecornu. Mais celui qui est responsable du blocage de la situation politique du pays aujourd'hui s'appelle M. Macron. Et nous continuons de dire qu'il faut le départ du président de la République, qui est celui fait historique dans notre République, qui refuse de reconnaître le résultat des urnes et qui, puisque c'est une phrase qui a été très commentée de notre part, est celui qui applique le programme, tout le programme, rien que le programme des macronistes, pourtant battu trois fois dans les urnes.
Donc, en clair, les propos de Sébastien Lecornu vous glissent dessus, j'ai l'impression.
Mais écoutez, nous avons un Premier ministre qui est minoritaire. Même son propre camp ne le soutient plus.
Même s'il dit des choses, ça ne compte pas pour vous ?
Mais c'est l'agonie de la Macronie. Nous n'attendons qu'une chose, c'est qu'elle se termine et qu'on puisse passer à autre chose. M. Lecornu nous fait perdre du temps et fait perdre du temps au pays. Nous venons par exemple, dans l'indifférence quasi généralisée des médias, de terminer la COP30 avec un texte qui est catastrophique par le bas niveau d'ambition qu'il porte pour le seul écosystème qui est compatible avec la vie humaine. Nous allons avoir dimanche les 10 ans de la COP21 qui disaient qu'il ne fallait pas dépasser 1,5 degré de réchauffement. Vous savez que pour l'instant, nous sommes d'ici à la fin du siècle à plus 2,6 ou jusqu'à plus 3,1 degrés de réchauffement.
Ça veut dire des États insulaires qui vont juste disparaître. C'est de ça dont nous sommes en train de parler. Et on voudrait nous expliquer qu'il faut continuer avec une politique et un président de la République qui a été condamné deux fois pour une action climatique.
Avant de revenir sur le budget, le Premier ministre a proposé qu'il y ait quatre thèmes qui soient discutés à l'Assemblée. La défense, l'agriculture, l'énergie, les déficits. Est-ce que vous êtes d'accord sur cette méthode ? Vous dites banco, on prend la méthode.
Non, je ne comprends même pas comment c'est possible. Alors sur la partie défense, ils annonceraient peut-être un débat 50-1, c'est-à-dire un débat qui peut être suivi ou non d'un vote qui serait un vote d'intention de l'Assemblée nationale. Mais sur les autres thèmes, il se trouve que puisque la partie 1 a été rejetée et que même si elle n'avait pas été rejetée, dans tous les cas, nous n'aurions pas eu le temps de discuter la partie 2 du fait des délais constitutionnels, alors de ce fait, les débats dont il est en train de parler, je ne vois pas par quel mécanisme il va faire en sorte que l'Assemblée nationale puisse décider.
Vous voulez dire que ça ne rentre pas dans le calendrier ?
Non, je veux dire que c'est eux qui sont en train de nous imposer ce qu'ils ont fait sur le projet de la loi de la sécurité sociale, pour que tout le monde comprenne. Sur le budget de la sécurité sociale, ils ont utilisé l'article 47 ou l'article 47-1 de la Constitution qui permet d'avoir par des délais constitutionnels un texte qui passe directement au Sénat sans vote, ce qui est incroyable. Je veux dire, quand on avait un 49-3, vous aviez au moins la possibilité de censurer le gouvernement derrière et de faire tomber le texte derrière.
Non, je regrette l'usage de plus en plus autoritaire avec l'ensemble des gens de ce pays qui vont devenir spécialistes de la Constitution et qui vont connaître tous les articles qui peuvent être utilisés pour juste brider l'expression souveraine de ce pays, c'est-à-dire l'expression souveraine du peuple de France et en l'occurrence pour cette fois-ci des représentants, notamment avec l'Assemblée nationale.
Donc il essaie de gagner du temps, Sébastien Lecornu ?
Oui, et il fait perdre du temps au pays et donc il doit partir le plus vite possible et notamment pour faire aussi échouer un budget qui est d'une cruauté absolument inouïe.
Le Premier ministre a aussi dit ce matin qu'il croyait qu'une majorité était encore possible sur ce budget à l'Assemblée et vous, est-ce que vous y croyez ?
Non, on vient de voir sous nos yeux un 444.1, enfin je ne sais pas si vous réalisez à quel point ce moment est historique. Parfois on banalise un peu ce qui est en train de se passer dans ce pays. Mais nous avons fait l'année dernière tomber pour la première fois depuis 62 ans et seulement pour la deuxième fois dans la Ve République tombait le gouvernement Barnier sur justement une motion de censure après un 49.3. Nous avons fait tomber pour la première fois de toute l'histoire de la Ve République le gouvernement Bayrou cette fois-ci sur un vote de confiance et c'est la première fois que ça arrive.
Nous avons eu ensuite le gouvernement le plus court de la Ve République, Lecornuant, avec seulement 14 heures d'existence. Donc maintenant ça suffit, ça suffit de banaliser une situation exceptionnelle où un homme, le président Macron, se maintient au pouvoir coûte que coûte.
Il y a des consultations qui sont lancées à nouveau à Matignon avec toutes les forces qui sont représentées au Parlement. Est-ce que vous vous y rendrez ?
Non, nous n'irons pas, y compris parce que lorsque ces thèmes doivent être discutés, ils doivent être discutés au Parlement, ça c'est la première chose. Et la deuxième chose c'est que si j'ai bien compris ce dont le Premier ministre voulait parler, il veut rester dans un cadre contraint, d'un déficit, je ne sais quoi. Bref, faire en sorte de discuter avec nous de mesures de coupe budgétaire alors qu'ils vont déjà imposer les pires coupes budgétaires de ce pays et nous n'y participerons pas.
Il veut aussi consulter syndicats et patronats, est-ce que c'est légitime à vos yeux ou est-ce que vous le voyez comme un moyen de faire pression sur le Parlement ?
Non, je pense que le Premier ministre a le droit de consulter et les syndicats et le patronat. C'est juste un peu hypocrite quand vous voyez que par exemple, il y a deux ans de cela, lorsque nous nous étions battus contre la retraite à 64 ans. Je rappelle que tous les syndicats, sans aucune exception de travailleurs, y étaient opposés et qu'ils ne les ont pas écoutés, ni les 3 millions de personnes qui manifestaient et qui faisaient grève, ni même l'Assemblée nationale puisqu'ils sont passés en force avec, petit point quand même savoureux, le centième 49.3 de la Ve République qui a été utilisé à ce moment-là pour passer en force. Donc ça c'est la première des choses.
Mais on peut prendre un exemple plus récent, par exemple sur les réformes de l'assurance chômage. À chaque fois, le gouvernement fait semblant de faire justement des consultations et passe en force contre l'ensemble des syndicats. Donc je crois que maintenant, ça suffit encore une fois et que tout le monde comprend qu'on ne peut pas rester dans cette situation et que lorsqu'on est dans une impasse aussi forte, il faut revenir devant les urnes. Et je ne crois pas que la dissolution serait la meilleure des choses, mais je crois au contraire qu'il nous faut de nouvelles élections présidentielles.
Un mot sur la façon dont s'est déroulé ce débat budgétaire. Je crois que vous y avez passé 127 heures. Vous avez examiné plusieurs milliers d'amendements et tout ça pour rien parce que finalement, c'est la copie initiale de ce budget qui est partie au Sénat. Est-ce que vous êtes d'accord avec Yaël Braun-Pivet quand elle dit qu'il faut revoir un peu la façon dont on débat du budget ?
Ça dépend de ce qui sera proposé derrière. Vous savez, on a l'habitude...
Elle propose clairement ce qu'on appelle le temps législatif programmé, appliqué par thème précis. C'est-à-dire qu'on donne, je ne sais pas moi, tant d'heures pour débattre du logement, partie dépense, partie recette.
Eh bien moi, je ne suis pas d'accord avec tout ce qui limite le pouvoir des parlementaires et du Parlement. Je ne suis pas d'accord avec cela. Et je vais vous dire, ce n'est pas exactement pour rien, notamment si on n'avait pas un gouvernement qui utilisait tous les outils autoritaires de la Ve République. C'est pourquoi nous nous voulons passer à la VIe République. Ça ne vous a pas échappé. Mais ce n'est pas exactement pour rien parce que je crois que c'est une fois, en tout cas, dans la discussion du budget, peut-être la première fois qu'on voit ça autant, où ces discussions ont largement dépassé le cadre parlementaire. Et par exemple, on voit...
Ça n'a pas été un débat pour rien.
Ah non, je pense que les Français et les Françaises, en regardant ces débats, ont très bien compris qu'il était, par exemple, possible de taxer les plus riches dans ce pays, de taxer les multinationales, d'arrêter avec des cadeaux qui ont été faits aux plus riches et aux multinationales et justement d'arrêter cette politique qui vise à rembourser ces cadeaux en prenant dans les poches des apprentis, des retraités, des malades, bref, de tout le monde avec un budget qui est extrêmement brutal. Le budget de l'État a été massivement rejeté. À défaut de partir, comme vous le réclamez, quelle leçon doit en tirer le gouvernement ?
Je crois que la première leçon qu'il doit en tirer, c'est que même le socle gouvernemental, comme il l'appelle, puisqu'ils ne peuvent plus parler de majorité gouvernementale, puisqu'il n'y a plus de majorité, que même ce socle gouvernemental n'existe plus. Donc on se retrouve dans une situation où vous n'avez plus aucun... Enfin, c'est comme s'il n'y avait plus qu'un seul soutien au gouvernement qui était symbolisé par ce député qui a voté pour, qui est d'ailleurs un soutien à la fois de François Hollande, de Bernard Cazeneuve et de beaucoup d'autres. Mais c'est une situation inédite.
Il faut comprendre quand même le choc que ça devrait représenter dans le pays de se rendre compte qu'on a un Premier ministre qui peut se maintenir et continuer de maintenir une politique dont, objectivement, plus personne ne veut et qui est invotable pour tout le monde. Et dans ce contexte, jeudi, le texte arrive au Sénat. Est-ce que vous souhaitez qu'il soit aussi rejeté par les sénateurs ? Alors on verra comment ça se passe au Sénat. Vous savez qu'au Sénat, il y a une majorité de droite et que du coup, évidemment, ça sera M. Rotaillot qui aura toute la faculté de pouvoir transformer le budget comme il le souhaite.
Une des choses, par exemple, qui est très inquiétante dans ce budget et qui, je crois, aurait été quasiment impossible il y a de cela cinq ans ou peut-être même dix ans, c'est par exemple des mesures xénophobes qui viennent directement du programme du Rassemblement national avec, par exemple, une augmentation démentielle des freins de timbre qu'on ferait payer aux personnes qui demanderaient soit un renouvellement de titre, soit un prolongement d'un titre de séjour qui pourrait passer à 200 euros. Dans le débat parlementaire, c'est même passé à un moment à 400 euros.
Ce qui voudrait dire que lorsque des personnes font des démarches administratives, ce serait sur elles qu'on ferait payer, notamment, des cadeaux qui ont été faits depuis des années et des années aux plus riches et aux multinationales. Je vais vous dire, moi, ce que je souhaite, c'est qu'à la fin, ce budget soit battu. Qu'il soit battu parce qu'il est dangereux pour le pays. Et même avec l'aide de la droite au Sénat ? Avec n'importe quelle aide. Mais juste, je veux qu'il soit battu parce qu'il est dangereux pour le pays et notamment qu'il va, en termes de consommation populaire, gréver la consommation populaire et donc, il fait peser sur le pays un risque de récession.
Et donc, dans ce cas-là, le gouvernement passerait par une loi spéciale. Est-ce que vous pourriez la voter ? L'année dernière, vous vous étiez abstenue. Je pense qu'on serait aussi sur une abstention. Évidemment, on peut... Enfin, ça, c'est quand même une des choses... Parce que voter pour, c'est se compromettre ? Vous savez, le vote du budget dans une démocratie, le vote du budget constitue qui est dans l'opposition et qui est dans la majorité.
Là, c'est le vote d'un budget provisoire en attendant le vrai vote du budget. Oui, qui est quand même le budget de l'année dernière
contre lequel nous aurions aimé voter contre, mais qui a été passé par 49 fois. Mais c'est ce qui permet aussi de faire vivre, de payer les fonctionnaires. Depuis trois ans, il n'y a pas eu de vote sur le budget, ce qui est évidemment extrêmement grave. Nous déciderons de la position de vote avec le groupe. Mais ce que je veux dire, c'est que tous ceux qui agitent les peurs... Rappelez-vous d'Elisabeth Borne qui disait si vous votez la motion de censure de M. Barnier, alors les cartes vitales ne fonctionneront plus au 1er janvier. Tous ceux qui expliquent que si nous n'avons pas de budget, ça sera la catastrophe, le shutdown comme nous avons aux Etats-Unis. Et c'est absolument faux.
Et la loi spéciale permet en effet de reconduire le budget de l'année dernière qui n'est pas merveilleux, nous l'avions combattu, mais qui est moins horrible que celui qui nous est proposé aujourd'hui.
Tout de même, les cartes vitales fonctionneront encore, mais est-ce que ce n'est pas la pire des solutions ? Parce que la loi spéciale permet le fonctionnement de l'Etat, le paiement des fonctionnaires, sauf que les investissements sont gelés. Par exemple, dans la Défense, on cite un investissement de 7 milliards importants qui serait gelé à cause de cela. Le barème de l'impôt sur le revenu ne serait pas réévalué, ce qui fait qu'un certain nombre de contribuables rentreraient dans l'impôt sur le revenu. Comment vous réagissez par rapport à ça ? Il y aura un impact négatif pour nos concitoyens et pour le fonctionnement de l'Etat.
Vous noterez que c'est ce qu'ils voulaient faire dans le budget aussi cette année. Ce qu'on appelle l'année blanche, c'était aussi le fait de faire rentrer des dizaines de milliers de Français dans l'impôt et c'était aussi le fait que des millions de Français franchissent des tranches et donc doivent payer plus d'impôts. De même qu'en même temps, ils voulaient geler l'ensemble des allocations familiales de ce pays, des prestations sociales. C'est ce qu'ils voulaient faire. Madame Pannot, ils sont revenus en partie. Ils sont revenus là-dessus parce qu'il y a eu des mobilisations et qu'il y a unanimité de l'hémicycle pour aller contre.
Donc je vais vous dire, sur la question par exemple des impôts, qui est une vraie question, vous avez raison s'il y a une loi spéciale, il y a unanimité dans l'hémicycle pour par exemple rajouter un amendement qui dit qu'il y aurait une indexation sur le barème de l'inflation, de l'impôt sur le revenu, qui ne ferait pas rentrer par exemple 40 000 Français dans le barème de l'impôt. Donc il y a des solutions dessus. Mais je vais vous dire, là où vous avez raison, c'est qu'une loi spéciale ne réglera rien si on se remet de nouveau, parce que du coup, loi spéciale, les dépenses peuvent continuer, les fonctionnaires sont payés, les cartes vitales fonctionnent, etc.
Mais du coup, on va se retrouver en janvier ou en février à rediscuter d'un budget dans la même situation et donc du coup, à aller de nouveau probablement vers l'échec. Donc ce que nous ne cessons de dire, c'est que quand nous sommes dans une telle impasse, alors il faut revenir devant le peuple de France qui doit trancher entre les grandes options du pays. Et donc la loi spéciale pourrait être un moment où justement, puisque nous avons une loi spéciale, eh bien nous pouvons prendre le temps d'organiser les élections présidentielles qui doivent trancher un certain nombre de sujets et ensuite recommencer avec les grands choix qu'auront fait les Français et les Françaises.
Dans la discussion budgétaire, j'aimerais avoir votre avis sur ce que vos camarades socialistes appellent les acquis. où ils ont listé un certain nombre d'acquis. Il y a la suspension de la réforme des retraites, mais il y a aussi les indemnités de maladies qui ne sont pas taxées. Vous avez justement l'impôt sur le revenu, un acquis de ce point de vue-là. Ils n'ont pas voté,
ils ont voté contre cet amendement-là, je le dis. Ils nous ont même reproché d'avoir voté pour. Donc c'est quand même très drôle qu'ils le mettent dans la liste des acquis qu'ils ont obtenus. Dans la liste des acquis, il y a aussi... Mais ils ont voté contre, voilà, je le dis.
Le milliard pour l'hôpital, ils se disent que grâce à eux, des acquis ont été obtenus. Est-ce que sur la méthode, vous ne dites pas quand même que ça peut être intéressant, dans ce budget, de négocier et d'obtenir des choses par rapport à vous, qui votez systématiquement ou en grande partie contre ? Je vais vous dire.
La première des choses, ce que nous, nous avons obtenu, nous l'avons fait avec des mobilisations populaires. Par exemple, je rappelle qu'il voulait supprimer deux jours fériés avec le gouvernement Bayrou. Et c'est les mobilisations populaires, ce que nous avons appelé le mouvement septembriste, qui a fait reculer le gouvernement sur cette question et qui a d'ailleurs fait tomber le gouvernement Bayrou qui s'est auto-sabordé avec un vote de confiance.
Pendant ce temps-là, le Parti Socialiste ne cesse de crier aux grandes victoires sur un budget, si par exemple, on prend la partie recettes, qui est toujours moins dix ans par rapport au budget de l'année dernière qui était déjà catastrophique sur cette question. Donc, je ne crois pas en leurs grandes victoires. Ensuite, quand vous prenez la liste, il y a des amendements dans lesquels ils ont voté contre, donc c'est quand même assez fort de café.
Il y a des amendements qui ont été votés à l'unanimité de l'Assemblée, donc je veux bien qu'on m'explique que ce soit la victoire des socialistes et parfois même ce sont des amendements insoumis qui ont été adoptés et quant à la suspension de la réforme des retraites, ce qui a été voté dans l'article 45 bis n'est pas une suspension de la réforme des retraites mais un décalage du calendrier d'application de la réforme des retraites pour que tout le monde comprenne. C'est la même réforme qui a été passée en force en 2023 par Elisabeth Borne qui dit la retraite a 64 ans mais dont le calendrier d'application est décalé d'un an. Ce que dit d'ailleurs Emmanuel Macron.
Ce que dit Emmanuel Macron, il parle de décalage. Nous, comme nous savons lire, nous n'avons pas besoin du président de la République. Mais du coup, ce que nous disons, c'est que ceux qui ont voté pour ce fameux décalage dans le temps ont avalisé en même temps et ont donné une légitimité démocratique à la retraite à 64 ans qui n'en avait jamais eu auparavant. Et je n'appelle pas ça une victoire. Pour nous, la réforme de la retraite ne s'amende pas, ne se suspend pas, elle s'abroge.
Et nous, nous resterons fidèles à la promesse que nous avions faite avec la NUPES à l'époque qui est celle d'utiliser tous les moyens pour abroger la retraite à 64 ans mais aussi pour revenir à la retraite à 60 ans. Oui, Mathilde Panot, il y a beaucoup de questions dans le chat aujourd'hui donc difficile de choisir. J'ai pris celle de Tinkou qui vous demande en quoi le départ de Macron changerait le fait que tant que les députés que le gouvernement sont allergiques aux compromis, les députés peuvent-ils s'inspirer du CESE qui semble plus prompt au résultat ? Conseil économique et social et environnemental. Tout à fait.
Alors, c'est une question intéressante qui me permet de faire un point parce que c'est quelque chose qui revient assez fréquemment sur le fait que nous devrions nous entendre entre nous, mettre de l'eau dans notre vin, etc. Le fonctionnement de la démocratie et c'est un fonctionnement qu'on pourrait discuter, c'est que 51% des gens ont raison contre 49% des gens. C'est un des modes de démocratie qu'on a décidé. Donc, l'Assemblée nationale, elle vote, mais il est sain dans une démocratie que des désaccords s'expriment, qu'il y ait des majorités, des oppositions, des idées différentes et donc des propositions différentes qui soient faites au pays.
Qu'est-ce que ça réglerait le départ d'Emmanuel Macron et surtout une élection présidentielle ? On voit bien, et d'ailleurs, quand M. Lecornu est arrivé comme Premier ministre, il l'a dit immédiatement, il a dit, il y a des débats qui seront réglés par l'élection présidentielle. Et on voit bien qu'on ne peut pas attendre 18 mois dans une situation de blocage qui est notamment celle, par exemple, si on laissait voter l'Assemblée nationale, je dis juste ça, si on laissait voter l'Assemblée nationale sur l'abrogation de la retraite à 64 ans, qu'est-ce que ça donnerait ? Ce serait supprimé. Ce serait supprimé, c'est une évidence et c'est pourquoi ils nous ont empêchés de voter la dernière fois.
Donc la question n'est pas est-ce que nous sommes capables de faire des compromis puisqu'il y a des votes et ensuite les votes déterminent qui a gagné, qui a perdu, avec des grosses guillemets. Et ça, c'est la démocratie et il n'y a pas de problème avec ça. La question, c'est pourquoi est-ce qu'on nous empêche de voter sur un certain nombre de choses ? Pourquoi est-ce qu'on utilise autant le 49-3 mais aussi le 47-1 mais aussi le 44 qui permet d'avoir des votes bloqués sur un certain nombre de choses ? Donc la question, c'est à un moment, nous ne pouvons pas rester avec un blocage aussi fort et celui qui est responsable de ce blocage, c'est le locataire de l'Église.
Cette semaine, en tout cas, les députés laissent le privilège par les budgets au Sénat. Je le disais tout à l'heure, ce qui laisse ce terrain libre à votre niche parlementaire jeudi. C'est-à-dire que c'est vous qui faites l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Lauriane ?
Et il y avait une occasion de voter à nouveau sur l'abrogation de la réforme des retraites. C'est dans votre niche parlementaire mais c'était en dernier donc il pourrait ne pas y avoir le temps de l'examiner. Pourquoi ce choix ? Alors, une niche parlementaire, c'est nous qui choisissons l'ordre du jour. Nous avons seulement de 9h à minuit et comme Cendrillon, à minuit, c'est fini. Bon, ce qui s'est passé l'année dernière, c'est qu'avec une obstruction très forte à la fois des macronistes et de la droite, ils nous ont empêché de voter sur l'abrogation de la retraite à 64 ans. Et là, vous le mettez
en dernier, justement. Eh bien, ce soir,
nous avons une réunion avec le groupe où nous déterminerons dans quel ordre nous mettons les textes. Mais il reste des centaines d'amendements que à la fois les macronistes et la droite ont refusé d'enlever sur la retraite à 64 ans. Nous avions déjà dédié toute notre niche l'année dernière sur la question de l'abrogation de la retraite à 64 ans. Et donc, je crois qu'aujourd'hui, ce qu'il nous reste comme solution, c'est justement de tourner la page de la macronie.
Donc, de remettre la réforme au-dessus de la pile ?
Ça, ça sera la décision du groupe qu'on aura tout à l'heure. A priori, on parle vers ça. Mais ce que je suis en train de dire, c'est que je pense que la meilleure solution pour l'abrogation de la retraite à 64 ans, c'est de faire partir Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et son gouvernement qui nous empêche de voter. Mais je vais vous dire, c'est un point très important de ce qui s'est passé l'année dernière. Il y a aussi des questions à vous poser. Oui, mais j'ai des informations à vous donner sur notre propre niche que vous vous intéressez.
Il se trouve que l'année dernière, nous avions alerté sur la gravité d'avoir ainsi les macronistes, la droite et même y compris le gouvernement qui faisait de l'obstruction dans notre niche parlementaire en disant à partir de là, toutes les niches parlementaires seront pourries. Eh bien, c'est ce qui est en train de se passer puisque nous avons, nous, des textes, y compris avec 5 victoires que nous avons obtenues en commission, des textes très importants, notamment la nationalisation d'HarcelorMittal.
Je rappelle que HarcelorMittal, c'est 15 000 emplois en jeu et si on croit les emplois indirects, ce serait 100 000 emplois qui seraient en jeu et c'est juste l'avenir industriel de la France et la souveraineté industrielle de la France qui sont en jeu dans cette histoire. Qu'est-ce que vous voulez nous dire ? Eh bien, il y a 314 amendements qui ont été déposés dont 200 amendements viennent du Rassemblement national et je suis sûre que par exemple ceux et celles qui ont élus Laurent Jacobelli qui a deux sites harcelor notamment Florange sur sa circonscription seront ravis de savoir que le groupe de M.
Jacobelli mais il y en a beaucoup d'autres ont empêché que nous puissions voter sur cette question.
Voter la nationalisation, c'est ça ?
Exactement. Parce qu'ils l'ont fait sur ce texte-là, ils l'ont fait sur l'égalité devant les services publics pour les outre-mères.
Mais pourquoi ?
Eh bien, vous leur posez la question.
Parce que la nationalisation, le RN le dit. Ils n'excluent pas cette piste quand ils parlent.
Mais vous leur poserez la question de savoir pourquoi il va nous empêcher d'aller au vote le seul jour où nous pourrons choisir Vous allez vous pourrir votre niche après la niche parlementaire RN précédente. Oui, alors cette niche où nous avons de mémoire déposé 13 sous-amendements. Vous avez vu une obstruction incroyable de déposer 13 sous-amendements. C'est incroyable.
Mais vous avez une idée quand vous dites ça. Pourquoi ils font ça ?
Mais parce qu'ils veulent probablement nous pourrir notre niche. Mais nous pourrir notre niche derrière, il y a des gens derrière à chaque fois quand on parle de propositions de loi. Quand on parle de nos concitoyens ultramarins qui payent plus cher l'accès aux services publics postaux. Ce que vous voulez dire,
c'est de la stratégie politique.
Mais bien sûr. Mais c'est de la stratégie même politicienne qui est absolument insupportable à entendre pour les gens qui, je l'espère, leur feront retirer ces amendements. Toucher au droit d'amendement, au droit sacré des parlementaires, c'est à double tranchant aussi. Ah non, mais moi, je ne demande pas à toucher au droit d'amendement. Attention, le droit d'amendement, il est garanti par le droit constitutionnel. Mais juste, il se trouve que, par exemple, ArcelorMittal, les salariés d'ArcelorMittal seront devant l'Assemblée nationale ce jeudi pour soutenir la proposition de nationalisation d'ArcelorMittal et soutenir le fait qu'il y ait une décarbonation de l'acier en France.
Et du coup, je pense que rien que le fait que ces salariés soient présents permettra peut-être que certains se disent qu'ils doivent enlever des amendements. Dans votre niche, il y a aussi la question de la défiscalisation des pensions alimentaires. Ça avait déjà été voté dans le budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée. En quoi votre texte est différent, là ? Alors, il est différent. Alors, pas tellement sur ce point-là. il est semblable et d'ailleurs, nous avons aussi gagné en commission mais nous avons rajouté d'autres choses dans ce texte.
Notamment, nous avons augmenté l'allocation de soutien familial de 56 euros par enfant donc qui a augmenté de 56 euros par enfant et donc fait en sorte aussi que soit, cette fois-ci, fiscalisée la pension alimentaire pour le parent payeur puisque c'était une injustice. Je rappelle que ça concerne pour le parent gardien, comme on dit souvent, que ça concerne à plus de 75% des femmes et que c'est une longue revendication des collectifs de mères isolées que nous portons ainsi dans l'hémicycle. Mais effectivement, nous avons une majorité dans l'Assemblée pour pouvoir la faire voter.
Et comme nous l'avons fait voter dans le budget de la Sécurité sociale mais qu'il ne vous a pas échappé qu'ils l'ont passé directement au Sénat, eh bien... C'est pour être sûr que je serai voté, quoi. Cet amendement n'existe pas.
Thierry ? Un point également qui est dans votre niche parlementaire, c'est la gratuité des parkings dans les hôpitaux. C'est effectivement un sujet qui remonte par plusieurs parties puisque le RN et le PS se sont saisis aussi de cette question. Le RN avait déposé un texte, je crois que vous ne l'avez pas voté. Pourquoi ?
Alors, pour plusieurs raisons. D'abord, le Rassemblement national a la fâcheuse tendance de copier les textes des uns et des autres. Ils avaient pris aussi un texte communiste, par exemple, sur les frais bancaires. Nous aussi, nous en avions déposé un en 2018. Et si vous êtes d'accord sur le fond avec eux ? Je vais vous expliquer. Là, nous n'étions pas d'accord sur le fond puisque leur proposition de loi ne s'attaquait pas aux concessions des parkings privés. Donc, cela veut dire qu'il y aurait peut-être des places gratuites dans des parkings d'hôpitaux d'ici 20 ans et en plus, un nombre limité de places gratuites dans 20 ans, peut-être, il y aurait-il eu des places gratuites.
Nous, nous arrêtons les concessions et nous faisons la gratuité des parkings des hôpitaux publics immédiatement. Donc, c'est différent sur la manière dont c'est fait. Et je dis qu'ils ont l'habitude, qu'ils n'ont aucune idée et qu'ils sont obligés de pomper sur les autres puisque ce texte avait été déposé bien avant la niche du Rassemblement national et cette fois-ci, ça permettrait d'avoir une gratuité immédiate et de mettre fin à une injustice qui est de payer pour se faire soigner, de payer pour aller voir un proche malade, bref, une injustice qui est le monde, je crois, de Macron où l'argent vaut tout.
Alors, lié à ce sujet, il y a le sujet du transport sanitaire parce que souvent, le transport sanitaire qui a été décrypté et étudié explose de 10 à 12% par an ces dernières années. C'est lié au parking puisque souvent, on dit que si les gens prennent le transport sanitaire, c'est parce qu'ils ne peuvent pas se garer. Mais en tout cas, il y a une...
C'est lié à l'ambulatoire aussi, au développement de l'ambulatoire.
Il y a un vrai problème qui pèse fort sur les comptes de la sécurité sociale. Est-ce que vous vouliez vous attaquer à ça ?
Nous, je crois qu'on a proposé de nombreuses recettes pour la sécurité sociale et que nous avons démontré qu'il était tout à fait possible de faire autrement dans ce pays. Mais je vais vous dire, sur la question des transports sanitaires, alors peut-être qu'il y a un peu des liens avec les parkings, ça je ne maîtrise pas assez bien donc je vous laisse mettre de ce que vous avez lu sur cette question.
Mais par contre, c'est très lié à la question de l'ambulatoire et c'est très lié aussi au fait qu'il y a des fermetures d'hôpitaux, de maternités qui se font un peu partout qui font qu'on développe de plus en plus les transports sanitaires et que donc, il y a une explosion sur cette question avec, vous le savez, une mesure contre laquelle se battent nombre de taxis qui font aussi ce transport sanitaire puisqu'ils disent que maintenant ils vont devoir avoir des patients comme des colis ou lorsque vous avez un rendez-vous à l'hôpital par exemple pour une chimio, vous vous retrouverez juste à côté de quelqu'un qui y va pour une toute autre raison et qui est, je crois, enlève beaucoup de sens à ce qui a été fait.
Donc, il faut aller chercher des nouvelles recettes pour la sécurité sociale.
Donc, vous n'allez pas lutter parce qu'il y a beaucoup d'abus visiblement dans ces transports qui ont été documentés par la Cour des comptes. Ce n'est pas un sujet pour vous de lutter
contre les amis ? Non, moi, je pense qu'il faut donner des mesures supplémentaires, des recettes supplémentaires à la sécurité sociale, des abus, et peut-être y en a-t-il, mais à mon avis, c'est très dérisoire par rapport à ce que je vous disais notamment sur le développement de l'ambulatoire.
Clément, dans votre niche, vous allez aussi défendre deux propositions de résolution, une sur Gaza et une sur le Mercosur. Alors, je rappelle que les résolutions, quand elles sont votées, elles ne sont pas contraignantes. Sur le Mercosur, il y en a déjà eu deux en janvier qui ont été votées, dont une défendue par LFI, votée à l'unanimité. Ça n'a rien changé. Pourquoi recommencer aujourd'hui ?
Alors, pourquoi ? Parce qu'il y a une question de calendrier qui est en train de se poser puisque vous avez vu qu'Emmanuel Macron a déclaré il y a peu qu'il trouvait positif certaines clauses miroirs qui, selon nous, n'existent absolument pas dans le Mercosur.
Le Mercosur, pour resituer pour tout le monde, c'est le pire traité de libre-échange qui n'ait jamais été négocié, qui est un traité d'un autre siècle, notamment à l'heure de l'urgence climatique dont je parlais, et qui fait peser un risque de mort sur l'agriculture française, je reprends les termes, de l'ensemble des syndicats agricoles de ce pays qui disent qu'ils ne pourront jamais concurrencer des méga-fermes-usines comme il y a, par exemple, au Brésil et à d'autres endroits avec des normes sanitaires et environnementales qui sont différentes des nôtres.
C'est non contraignant. Vous faites passer la résolution. Oui, mais il se trouve
qu'à un moment où, justement, Emmanuel Macron est en train de céder et de capituler devant la Commission européenne et pourrait signer dès décembre ce traité de libre-échange, je crois qu'il est, au contraire, très important que l'Assemblée nationale réaffirme son opposition ferme au Mercosur. Pour mettre la pression. Exactement. C'est un rapport de force. Mais est-ce que vous entendez
les arguments des industriels ? C'est Clément. C'est Clément qui parle. On n'a pas le temps. On n'a pas le temps. On n'a pas le temps, Clément.
En tout cas, vu l'opposition qu'il y a dans ce pays au Mercosur, sont peut-être entendables, mais ils sont tous contestables. Ça, je vous le dis. Il n'y a rien de bon à prendre dans le Mercosur.
Vous avez une autre proposition de résolution sur Gaza. Oui. Depuis votre précédente résolution sur Gaza, il y a eu la reconnaissance par la France de la Palestine. Est-ce que vous attendez des soutiens nouveaux aujourd'hui, dans ce nouveau contexte, si l'on peut dire ?
Ça serait bien. Ça serait important. Cette résolution, elle réaffirme juste quelque chose de très simple. Cette résolution, elle affirme juste que la France doit respecter et faire respecter le droit international. Et quand vous voyez qu'il y a eu déjà plus de 80 violations du cessez-le-feu à Gaza, que nous parlons de 350 Palestiniens qui ont été tués depuis la déclaration de ce cessez-le-feu, encore ce samedi, 22 Palestiniens ont été tués, qu'il y a des violations du cessez-le-feu au Liban, la France ne peut rester silencieuse et doit agir face à cela. Vous attendez que les Macronistes
votent votre résolution ?
Je pense que là aussi, s'il y avait un rapport de force et une conscience du fait que face à la loi du plus fort, il faut réaffirmer la légalité et notamment l'importance du droit international.
Du fait que maintenant l'État de Palestine ait été reconnu par Emmanuel Macron, est-ce que vous pensez que vous allez avoir plus de voix venant par exemple des macronistes pour soutenir cette résolution ?
L'avenir nous le dira.
C'est ce que vous voulez voir. L'avenir nous le dira. C'est ce que vous voulez vérifier, non ?
En tout cas, moi je suis assez inquiète quand je vois un Premier ministre qui était anciennement ministre des armes et qui a déjà réussi l'exploit d'être le seul homme dans ce pays à avoir fait les 8 ans de Macronie donc de tous les gouvernements. Je suis assez inquiète lorsque je lui parle par exemple d'embargo sur les armes en m'appuyant sur notamment des enquêtes d'investigation qui ont été faites par des journalistes mais aussi par des associations sur le fait que la France continue de livrer notamment des armes et des composants d'armes à Israël. Je suis assez inquiète que la seule réponse de ce Premier ministre soit de me qualifier de menteuse.
Sur cette résolution, vous estimez que ceux qui ne la voteront pas seront de facto des soutiens du gouvernement israélien ?
Je crois que c'est même pire que cela. Il faut quand même réaliser quand on dit que le droit international est en train d'être enterré à Gaza. Cela veut dire que pour la suite, n'importe quel pouvoir pourra faire n'importe quoi avec l'approbation de démocratie du monde entier. C'est ça qui est en jeu. Je veux dire au-delà même du peuple palestinien, ce qui est en jeu derrière la défense du peuple palestinien, c'est évidemment de défendre le fait que nous refusons absolument qu'il y ait 20 000 enfants qui soient tués par des bombes, par la famine et par je ne sais quoi.
Mais il y a derrière le fait que nous voulons que la France soit aux avant-gardes du droit international, du fait d'être un pays indépendant, non aligné au service de la paix et que le droit international puisse encore exister dans ce monde. Hugo ? Oui, Mme Pannot, il y a Ositain qui vous demande pourquoi ne pas proposer un référendum pour le Mercosur comme sur l'UE à l'époque. Est-ce qu'un RIP, un référendum d'initiative partagée sur le Mercosur est possible et avec vous à l'initiative ? Une excellente question.
Il faut qu'on vérifie parce qu'il y a des conditions un peu strictes pour réussir à faire en sorte qu'un référendum d'initiative partagée puisse exister alors sachant que, bon, évidemment, le référendum d'initiative partagée, c'est pourquoi nous, on demande le référendum d'initiative citoyenne a été fait pour que jamais personne ne puisse en saisir puisqu'il faudra mais sur l'idée d'un référendum, sur l'idée d'un référendum.
Mais je trouve que sur l'idée, c'est une très bonne idée et vous verriez que, je pense que la France se rejetterait massivement parce qu'une des choses qu'ils font dans le Mercosur pour bien expliquer, avant, les traités de libre-échange, donc il y avait une validation au niveau européen mais ensuite, il y avait une validation pour chacun des parlements nationaux et maintenant, ils ont décuplé, enfin, ils ont découpé l'accord, je ne sais pas comment le dire autrement mais bref, du coup, il n'y a plus de validation par les parlements nationaux et donc, c'est une manière de passer outre y compris la souveraineté des peuples parce qu'ils ont très peur que dans des parlements, derrière, on dise non au Mercosur, ce qui se passerait évidemment en France.
Donc, je vais regarder ça.
Mathilde Panot, on va parler maintenant d'Emmanuel Macron qui s'apprête à remettre sur les rails un service militaire volontaire, rémunéré, ouvert aux femmes et aux hommes. Alors, ça fait débat évidemment, en particulier à gauche et ce matin, sur France Info, Raphaël Guzman de Plaxe Public s'est plutôt montré ouvert à cette idée.
Le président de la République semble proposer un service militaire volontaire. Je suis pour. Mais moi, je dis qu'il faut aller plus loin et proposer un service un service universel et obligatoire mais qui ne sera pas nécessairement militaire, qui peut être aussi civique. On peut vouloir s'engager dans la transition écologique, dans la solidarité sociale mais donner de son temps à la collectivité. On est dans une société aujourd'hui qui crève de son individualisme.
Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que vous êtes d'abord pour un retour du service militaire ?
Non, vous comprenez pourquoi en voyant M. Glucksmann nous disons un autre Macron est possible. Je veux dire, M. Glucksmann se distingue toujours des positions historiques de la gauche en étant va-t'en-guerre, belliciste. Il y a plusieurs problèmes dans la proposition qui est faite. D'abord, il y a un premier problème c'est que vous vous rappelez peut-être qu'il y avait quelque chose qui s'appelait le SNU, le service national qui devait être généralisé en janvier 2026.
Ok, mais Sébastien Cornu a dit que ça coûte trop cher.
Échec complet. Donc il ne faut pas le ressortir. Ce n'est pas non seulement que ça a coûté trop cher, c'est qu'en plus de ça il y a eu des dérives de partout, des encadrants qui n'étaient pas assez formés, bon bref, un prix qui est estimé entre 3,5 et 5 milliards. Bon bref, c'est un fiasco total et on essaye de le remettre d'une manière ou d'une autre. Ça, c'est la première des choses. La deuxième chose, c'est que de ce que nous avons compris, ce service militaire volontaire serait rémunéré à hauteur de 900 euros ou 1000 euros par mois, c'est-à-dire en dessous du SMIC. Je ne sais pas si je suis la seule à être choquée par cela, mais moi je suis choquée par cela. D'autant c'était comme ça.
La troisième chose, c'est que ce serait exclusivement militaire, ce qui me pose problème. Donc nous, nous ne pouvons pas être d'accord avec cela et je dois dire qu'en plus dans l'ambiance générale où Emmanuel Macron ne recadre pas et pire, autorise le chef d'état-major des armées à prononcer les paroles qu'il a prononcées il y a quelques jours, allez-y.
Non mais justement, j'allais vous poser une question là-dessus parce qu'il a dit, reprenons la phrase, la France doit être prête à perdre ses enfants face à la menace russe, notamment. Est-ce que ça veut dire que vous, en tant que présidente de groupe, vous allez demander des explications à l'Assemblée nationale ?
Mais bien sûr, mais bien sûr.
Qu'est-ce que vous allez faire ?
Ça sera probablement les questions au gouvernement. Il y aura, c'est aussi la décision de mon groupe ce soir, comme nous sommes un groupe qui choisit démocratiquement ces questions, j'attendrai la réunion de ce soir, mais il se trouve que s'il y a vraiment un 50-1 la semaine prochaine, ça sera aussi l'occasion de dire au Premier ministre ce que nous en pensons. Pourquoi ? C'est gravissime. Je veux vraiment que vous compreniez la gravité de ce qu'on est en train de vivre.
C'est gravissime qu'un chef d'état-major des armées se permette d'outrepasser à ce point-là ses fonctions pour expliquer non seulement que nous devrions être prêts à perdre des enfants, à souffrir économiquement, mais surtout à assumer derrière que l'autorité militaire ne serait plus subordonnée à l'autorité politique. Parce que lorsqu'il y a des menaces, le chef d'état-major des armées comme les autorités militaires conseille évidemment les autorités civiles et les autorités politiques. Mais elle les conseille, ce n'est pas eux de prendre la décision. La décision, elle se fait sous contrôle du Parlement et elle se fait avec les autorités politiques.
Si on commence à inverser ça, alors on est dans un moment très grave dans ce pays.
J'ai bien compris que ça reviendra au moment du débat sur l'armée puisque c'est ce que veut faire Sébastien Lecornu la semaine prochaine. Dans quatre mois, les élections municipales. Jamais la France insoumise n'avait autant investi sur ce scrutin. Votre parti sera présent dans près de 500 villes, notamment dans les villes de plus de 30 000 habitants. Et hier, à Aubervilliers, Jean-Luc Mélenchon a fixé l'enjeu.
Ce seront des élections politiques du fait du contexte actuel d'effondrement du pouvoir politique et parce que nous serons à un an de l'élection présidentielle dont ceci pourrait bien être un galop d'essai.
Thierry, alors, on a le sentiment que quelque chose change pour vous avec les municipales. On a le sentiment que c'est devenu beaucoup plus important qu'avant, beaucoup plus ambitieux, comme le démontre votre rassemblement ce week-end. Alors, expliquez-nous pourquoi. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, pour la France insoumise, les municipales, c'est fondamental ?
Alors, il y a plusieurs raisons. D'abord, il y a une des raisons qui a été donnée par Jean-Luc Mélenchon à l'instant, c'est que le calendrier des municipales n'arrive pas dans n'importe quel moment. Il arrive exactement un an avant l'élection présidentielle si elle n'arrive pas plutôt ce que nous, nous souhaitons. Bon, ça, c'est la première chose. Mais la deuxième chose, c'est que rappelez-vous des précédentes municipales. C'était en 2020, c'était en plein Covid, donc on avait très peu de débats démocratiques et surtout, savez-vous en quelle année est née la France insoumise ? 2016. En 2016, exactement. La mémoire est là. Ah, c'est pour marquer l'anniversaire.
La France insoumise est née en 2016. Nous étions à l'époque un très jeune mouvement politique. Nous nous sommes depuis ancrés un peu partout dans le territoire et donc maintenant, nous pouvons prétendre à être candidat, vous l'avez dit, dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants, dans 80 % des villes de plus de 30 000 habitants et donc, un peu partout, nous proposerons un programme de rupture, parfois avec d'autres, parfois seuls, souvent avec des citoyens et citoyennes qui n'ont jamais fait de politique et qui arriveront dans les conseils municipaux en étant AESH, chauffeurs de bus, enseignants et je crois militants des quartiers populaires et je crois que c'est très important.
Est-ce que justement, après les divergences qu'on a vues au sein de la gauche avec le Parti socialiste, est-ce que ce sera un révélateur ? On pourra évaluer les rapports de force à gauche, à l'autre de ces municipales ?
Alors, je ne sais pas si les municipales fonctionnent exactement pareil que des élections présidentielles, donc je ne sais pas si ça donnera des rapports de force, mais ce qui est évident, c'est qu'il y a nombre d'endroits où il y a un maire ou une maire qui est socialiste et dont nous ne sommes pas satisfaits du bilan et donc nous proposons une autre politique. Et après tout, c'est ça la démocratie. J'entends les socialistes qui sont en train de crier aux loups sur le fait qu'on présente des listes parce que ces gens sont capables de vous dire d'un côté, nous ne voulons d'alliance avec la France insoumise ni au premier ni au second tour.
Certains, un adjoint d'Hidalgo a même dit mieux vaut perdre Paris que de s'allier avec les insoumis. Mais par contre, lorsque nous, nous nous présentons, il faudrait que la France insoumise disparaisse, et bien la France insoumise ne disparaîtra pas. Et justement, il y a une question de tranche qui vous demande le positionnement de LFI vis-à-vis des municipales dont on a du mal à savoir s'il pourrait réussir laisse à penser un cavalier seul pour les prochaines échéances électorales, législatives anticipées et présidentielles.
Serait-il pourtant inimaginable de retrouver un accord avec tout ou partie du PS pour espérer, sur le modèle de la NUPES ou du NFP, assurer un minimum de siège à l'Assemblée nationale pour la gauche électorale et sauver les meubles face à l'extrême droite ? Alors, il y a plein de choses dans cette question. Je vais commencer par le début.
Vous prenez juste un angle. C'est si vous répondez à tout on est encore là demain. Le tchat, c'est pas moi. En clair, ça veut dire est-ce que les unions, les alliances qui existent pour les autres élections, pourquoi elles n'existent pas
pour les municipales ? Oui, mais on fera ça dans un autre débat. Nous, ce que nous montrons dans les municipales, c'est que nous continuerons avec tous ceux qui portent un programme de rupture parce que nous sommes convaincus et c'est une conviction que seule la gauche de rupture peut battre l'extrême droite face à une Macronie qui est en train de s'effondrer. L'enjeu, et c'est ce qu'on dit depuis longtemps, c'est de savoir comment nous battons l'extrême droite. Vous voulez dire que le PS
n'est pas un rempart
contre l'extrême droite ? Non, je ne dis pas ça. Je dis que le parti socialiste en changeant d'alliance et en allant avec les macronistes affaiblit notre capacité de résistance contre l'extrême droite.
Vous vous lancez donc dans la plupart des cas seuls dans ces municipales quand le reste de la gauche socialiste, écologiste, communiste ont fait l'effort de s'unir dans plusieurs grandes villes et encore d'autres villes pourraient...
Je peux vous donner plein de villes dans lesquelles nous sommes alliés aux communistes ou dans lesquelles nous sommes alliés aux écologistes.
Généralement, ces PS écologistes... Je fais une tendance générale. On peut citer les villes de Lyon, Toulouse, Rennes. Il y a aussi des discussions en cours à Paris pour les écologistes qui pourraient aussi se mettre sur la liste du PS. Globalement, il y a une stratégie où vous y allez plutôt seul et où le reste de la gauche est uni. Est-ce que vous n'êtes pas en train de vous isoler, de vous couper du reste de la gauche ?
Je vais redire ce que j'ai dit à l'instant. Quand le parti socialiste dit que je ne veux ni d'alliance avec la France insoumise ni au second tour, c'est nous qui nous isolons. Mais il n'y a pas que le parti socialiste. Oui, d'accord. Mais après, chacun prend ses responsabilités. De même que chacun prend ses responsabilités lorsque Olivier Faure qui s'autoproclame candidat à Matignon sans que nous ne l'ayons jamais décidé, dit « Moi, je m'autoproclame candidat à Matignon sans la France insoumise. » Et moi, je lance une alerte.
Tous ceux qui veulent mettre de côté la France insoumise comme étant trop horribles, trop affreuses, mais qui, lorsqu'il y a des élections, sont contents de trouver la France insoumise, les électeurs de la France insoumise jouent un jeu extrêmement dangereux. Et sur l'Union, parce que ça complète ce qui a été dit tout à l'heure, je rappelle que c'est nous qui, après avoir fait 22% aux élections présidentielles, quand tous les autres faisaient 5% et moins, le score du PS, je le rappelle, était de 1,7%. C'est nous qui avons dit « Nous jetons la rancune à la rivière et nous faisons, à l'époque, la NUPES. » Nous permettons à chacun de ces partis d'avoir un groupe parlementaire.
Ensuite arrivent les élections sénatoriales. Je le rappelle parce que c'est aussi dans ce qui se passe, c'est ce qui se joue avec les municipales. – Toute l'histoire politique de la gauche récent. – Non mais dans ce qui se joue est-ce que c'était abusé de demander une place pour tout le pays. – Et on vous a dit non. – Et on nous a refusé. Nous avons demandé une liste unique aux élections européennes. On nous l'a refusé. Et nous aurions pu faire jeu égal avec l'extrême droite. Il n'y aurait peut-être pas eu de dissolution. Puis il y a eu la dissolution. Nous avons donné 100 circonscriptions aux socialistes pour faire en sorte que le nouveau Front populaire puisse se faire.
– Mais il y a une stratégie d'aller défier les maires
PS des grandes villes. – Non, la stratégie assumée…
– Et dans cette stratégie-là, est-ce que vous n'êtes pas en train de laisser au PS la main libre, le champ libre pour que la gauche se réorganise autour de lui plutôt qu'autour de vous ?
– Je conteste en fait cette analyse. Pour être plus clair, je conteste votre analyse. Nous, notre stratégie assumée est de rester fidèle au programme de rupture qui nous a porté. Et nous voulons dans les villes porter la question du référendum d'initiative citoyenne dans chacune des municipalités. La cantine gratuite et bio, nous voulons porter la question des régimes municipales pour mettre fin aux délégations par le privé, etc. Donc, nous sommes fidèles au programme que nous portons.
– Très vite, d'un mot, vous vous défendez l'union de la gauche dans toutes ces villes où vous partez seule. Si LFI n'est pas en tête de la gauche au premier tour, est-ce que vous appellerez systématiquement à voter pour la liste de gauche arrivée en tête ?
– Alors, attendez, c'est dans quel scénario que vous m'avez dit ça ?
– Dans les cas où vous partez sans le reste de la gauche. Si vous n'êtes pas en tête au soir du premier tour, est-ce que vous appellerez systématiquement à voter pour la liste de gauche ? – Mais écoutez,
nous verrons dans le cas où nous ne serons pas en tête puisque nous faisons des campagnes pour gagner. Mais nous avons déjà répondu à l'autre question. Non, non, attendez, je vais vous dire à quelle question nous avons répondu et auxquelles les autres n'ont pas répondu. Nous, nous avons répondu à la question de dire si nous, nous sommes en tête, nous ferons un appel à toute la gauche pour se rassembler pour gagner les villes. Donc, nous, nous le ferons. Nous, nous ne disons pas pas des uns et des autres au second tour. Donc, qu'eux-mêmes répondent à la question et après, de toute façon, on verra ensuite dans les différents cas ce qui se passe.
Mais je rappelle que la dernière fois, c'est nous qui avons empêché l'extrême droite de prendre le pouvoir dans ce pays avec notamment une mobilisation citoyenne massive des jeunes des quartiers populaires, des militants statifs, politiques, syndicats, etc. Cette fois-ci, Jean-Luc Mélenchon veut que ces élections municipales, il parle de galop d'essai, de test pour 2027. Quels éléments permettront de dire, selon vous, que vous avez réussi ce test ? Je pense qu'on aura réussi dans tous les cas. Enfin, vous le disiez vous-même, mais en 2020...
Vous avez gagné avant l'élection.
Oui, on a gagné avant l'élection. Je vais vous expliquer pourquoi. Alors, ça n'empêche pas, pour que chacun et chacune qui nous écoute, de s'inscrire sur les listes électorales puisqu'il y a toujours 11 millions de personnes dans notre pays qui sont non et mal inscrites, ce qui est une honte sur le vote. Donc, c'est déjà un pari gagné, les ministères. Mais je vais vous dire pourquoi c'est un pari déjà gagné. Il se trouve que, puisque nous sommes un très jeune mouvement, ce que je vous ai expliqué, qu'en 2020, nous avions eu quelques villes et il y a des élus insoumis, y compris des maires insoumis, dans certaines villes, mais très peu, il faut quand même le dire.
Et donc, cette fois-ci, dans tous les cas, nous aurons des villes, dans tous les cas, nous aurons des centaines et des centaines d'élus et que donc, nous continuerons l'implantation du mouvement insoumis et aussi, dans les mairies insoumises, nous réussirons à justement inventer des choses qui permettent de montrer à voir le monde que nous voulons. Et cette fois-ci, contrairement à 2020, où vous aviez mis des listes citoyennes, vous avez mis là, plus souvent, des députés en tête de liste. Pourquoi ce changement de stratégie ? Alors, je ne sais pas pourquoi. Alors, si, je vais vous expliquer pourquoi. Je suis en train de réfléchir moi-même. C'est très simple.
C'est qu'à l'époque, en 2020, nous étions 17 députés et qu'aujourd'hui, nous sommes 71 députés. Donc, nous sommes tout simplement plus nombreux que certains ont aussi envie, après, par exemple, deux mandats de députés, d'aller dans de l'exécutif, de changer leur place dans le combat.
Et par contre, je confirme que sur l'ensemble de nos listes, il y a des citoyens qui sont non encartés, qui viennent des associations, des syndicats, de collectifs, qui sont ceux qui, par exemple, en ce moment, sont en train de se battre pour que les enfants, puisqu'il n'y a pas de plan grand-foi, puissent dormir à l'intérieur d'une école et non pas dans la rue, alors que nous savons qu'il y a 912 personnes qui sont mortes de la rue l'année dernière, dont les plus jeunes avaient quelques jours.
Mathilde Panot, vous-même, vous serez tête de liste dans des municipales, quelque part ? Pas du tout. Pas du tout.
Mais j'irai soutenir beaucoup de ministères. Non, non, c'était pour le savoir. Oui, Mathilde Panot, petite question sur la commission d'enquête LR anti-LFI qui est défendue comme ça par Laurent Wauquiez. Comment vous l'observez ? Elle doit bientôt arriver à terme de ses travaux. Est-ce que pour vous, c'est un flop, cette commission d'enquête ? C'est un fiasco absolu pour que tout le monde comprenne. Au départ, M. Wauquiez fait une com' incroyable pour expliquer qu'il va dévoiler dans une commission d'enquête à la fois les liens entre la France insoumise et l'islamisme.
Il se trouve que cette commission d'enquête est rejetée, jugée non recevable, notamment parce qu'elle pointe un parti et un mouvement politique. Donc du coup, ils réécrivent une autre résolution pour créer la commission d'enquête sur les liens entre les organisations politiques et les terroristes. Bon. D'abord, en juillet, il devait y avoir, donc il y avait déjà deux mois qui étaient passés, je rappelle que c'est six mois et que ça court même dans ce délai. Donc, en juillet, ils font une première réunion normalement pour constituer la commission et il se trouve que c'était un insoumis qui allait gagner la présidence. Ils ont décidé de décaler à octobre la réunion de constitution.
Ils ont justifié ce décès d'Olivier Marlex. Effectivement. Mais en octobre, que s'est-il passé ? Il y a eu de nouveau une réunion qui devait avoir lieu et qui a été annulée elle aussi pour qu'enfin ils changent le poste qu'ils avaient pour proposer à UDR, vous savez, le groupe ciotiste allié avec le RN, d'avoir... Vous ne craignez pas cette commission d'enquête. Mais c'est un fiasco, il leur reste... Ils auront fait un mois et demi d'audition dans lequel, par exemple, le directeur du renseignement de la préfecture de police de Paris a dit que la France insoumise n'avait aucun lien avec des terroristes.
Et je vais vous dire que c'est mieux pour eux que ça se termine et qu'ils aient refusé nos demandes d'audition parce que, par exemple, en ce moment, vous savez quel procès il y a ? Le procès Lafarge. Et qui a fait les négociations entre Lafarge et Daesh ? Un ancien candidat du Rassemblement national. Donc je pense que ça va aller...
Alors, Sébastien Decordu a redit ce matin qu'il avait pour ambition de proposer une loi sur la décentralisation pour clarifier le rôle des uns et des autres. Les élus s'y retrouveront peut-être eux-mêmes plus facilement. Vous allez pouvoir en parler avec l'invité qui va vous rejoindre pour Face à vous. Voici son portrait réalisé par Stéphanie Despierre.
Face à vous, Mathilde Panot, un essayiste qui ausculte les enjeux des municipales. Président d'une société de conseil en relations publiques, politologue, ancien conseiller ministériel, il s'est penché sur la figure du maire qui reste l'élu préféré des Français. 7 sur 10 en s'en satisfait. Mais la défiance envers la politique nationale pourrait désormais contaminer la politique locale et le dégagisme frapper les maires. Le maire est pris un peu en étau aujourd'hui entre les nouvelles exigences de ses concitoyens. Certains parlent de consommateurs, on consomme du service public, on est très exigeant, on veut que ça aille très vite. Et puis de l'autre côté, un État défaillant.
On le voit bien, on voit bien que les deux thématiques principales qui intéressent les Français, l'insécurité et la santé versus les services publics, sont des sujets étatiques. Donc les maires n'ont pas toujours les moyens de répondre à ses besoins, à ses sujets. Dans son livre « L'écharpe et les tempêtes », il a interrogé des dizaines de citoyens et mené de longs entretiens avec une douzaine de maires. Pour la première fois, selon notre expert, les enjeux locaux sont devenus nationaux. La preuve, le Rassemblement national et vous, la France insoumise, ne faites plus l'impasse sur les municipales. Ce scrutin super attendu s'annonce politiquement inédit.
Ce soir, Mathilde Panneau face à vous, Brice Socol.
Et Brice Socol arrive sur ce plateau. Bonsoir. Je vous laisse saluer, Mathilde Panneau. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Bonsoir. Je rappelle donc que vous êtes co-auteur de « L'écharpe et les tempêtes » avec Frédéric Dhabi. Vous, vous êtes sociologue, politologue et vous allez pouvoir échanger avec Mathilde Panneau. Sur quoi vous voulez commencer avec Mathilde Panneau ?
Écoutez, on peut commencer peut-être par ce que nous, nous avons constaté. C'est vraiment cette dichotomie entre la politique nationale et la politique locale. C'est ce que nous disent aujourd'hui les gens que nous avons interrogés, les maires, les citoyens, nous disent aujourd'hui vraiment la confiance républicaine elle est à l'échelle locale et elle n'est plus à l'échelle nationale. Pourquoi nous disent-ils elle n'est plus à l'échelle nationale ?
Parce que depuis plusieurs années, il cible un peu la gouvernance d'Emmanuel Macron bien évidemment, notamment la réforme des retraites, la manière dont la brutalité de cette réforme des retraites, tant institutionnelle que dans la rue, la manière dont le président de la République a parlé de start-up nation et a oublié peut-être pendant le premier quinquennat complètement les corps intermédiaires, a oublié les syndicats, les forces sociales, a oublié les maires. Les maires ont été les grands perdants du premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
Il a fallu attendre la 2022, le nouveau gouvernement après les élections législatives pour que des sénateurs rentrent au gouvernement pour qu'il y ait une prise de conscience du fait territorial et puis ça s'est accentué. Et puis, le deuxième moment fort pour les Français, cette dissociation entre le local et le national, ça a été vraiment cette dissolution incomprise. Dissolution incomprise qui a donné le résultat que l'on vit aujourd'hui. On voit les discussions budgétaires qui n'en finissent pas. On ne sait pas si on aura un budget en fin d'année. Ce spectacle-là, parce que c'est vu par les Français comme un spectacle, pour eux, ça ne leur parle pas.
Ils ont le sentiment que les parlementaires, les ministres, ils mettent tout ça dans le même sac. Ils ne sont plus dans la réalité, ils sont dans une réalité virtuelle.
Alors, est-ce que vous le voyez, est-ce que vous le sentez, vous, ce décalage entre les élus locaux et les élus nationaux, par exemple ? Puisque c'est ce que vous disiez en premier.
Oui, moi, je pense qu'effectivement, dans les constats qui sont faits, il y a beaucoup de choses qui font écho à ce que moi, je pourrais appeler aussi une forme de dégagisme politique qui existe et qu'on voit régulièrement ressurgir. Je parlais tout à l'heure des mouvements qu'il y a eu en septembre qui avaient une tonalité très dégagiste aussi. Alors, du coup, nous, la manière dont on le prend qui est avec effectivement la cassure de la réforme de la retraite, nous, on avait dit que c'est le premier jour de la fin du mandat d'Emmanuel Macron. Par exemple, tout à l'heure, la semaine dernière, j'étais au Congrès des maires où Emmanuel Macron avait promis qu'il irait chaque année.
Ça fait quatre ans qu'il ne s'y rend pas. Là, les maires disent qu'ils vont subir une coupe sur l'ensemble des co-vélectivités qui équivaut à 7,6 milliards de coupes budgétaires. C'est énorme. Et pire que ça, il y a un dispositif, on ne va pas rentrer dans les détails de ce que ça veut dire sur le dilico, mais qui permet de prendre directement dans les recettes des mairies, par exemple, sur une ville comme Ivry-sur-Seine, on va leur prendre 3 millions dans les recettes de la mairie, qui était un dispositif qui avait été mis l'année dernière qui devait être seulement pour un an et qui a été doublé sur le nombre de villes, mais aussi dans le montant.
Donc, ce que je veux dire par là, c'est que la manière dont nous, on le prend, c'est de dire qu'il faut qu'on refasse pays face au dégagisme et que pour cela, il faut réécrire les règles du jeu. C'est ce que nous, on propose par exemple avec la Constituante. Oui, c'est tout le grand chantier qu'on appelle de la décentralisation. Moi, je n'aime pas trop ce terme-là parce que c'est déjà se mettre sous tutelle de l'État lorsqu'on parle de décentralisation.
Mais les élus nous disent aujourd'hui qu'on est coincés parce qu'on est pris entre les nouvelles exigences de nos concitoyens et parfois dans l'immédiateté et parfois légitimement des gens qui sont dans des précarités sociales, des gens qui ont des difficultés à trouver un travail, des gens qui ont des difficultés à se soigner et d'un autre côté, un État qui est défaillant. Et ça, c'est vraiment tous les maires nous le disent. Vous savez qu'on parle de décentralisation, on parle d'autonomie fiscale des collectivités locales. 85% des budgets des collectivités locales dépendent de l'État, soit sous forme de ruissellement de l'impôt, soit sous forme de dotation. Qu'est-ce que vous préféreriez
à la place de décentralisation, vous ?
Moi, j'aime bien le mot partenariat.
Ah oui, je pensais que vous aviez parlé fédéralisme ou je ne sais pas quoi.
Non, je parle du partenariat. Il faut qu'il y ait un partenariat. Il faut que l'État se recentre déjà sur ses tâches essentielles. Voilà. La sécurité, la santé, les services publics et laisser un peu plus de liberté et de proximité aux collectivités locales. Je pense que c'est un enjeu. Là où moi, on est très clair sur un point, peut-être qu'on a un désaccord dessus, mais je préfère le pointer parce que c'est un point qui est quand même important, c'est que nous, il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on n'acceptera pas qu'il puisse y avoir des inégalités entre les Françaises et les Françaises selon l'endroit où ils vivent.
Nous, on veut, par exemple, qu'il y ait un service de l'éducation, de la santé, de la sécurité qui puisse être le même. Mais ce qui est juste, c'est que, du coup, les maires, que font-ils ? Par exemple, pourquoi, je parlais avec un maire récemment qui me disait « Moi, j'ai doublé ma police municipale. Nous, on est opposés à la police municipale. On veut la police de proximité. » Pourquoi est-ce qu'il me disait qu'il… Nationale. Oui, exactement, avec une formation qui est la même que les policiers, d'ailleurs des meilleures conditions de rémunération, etc. Pourquoi est-ce qu'il me disait qu'il avait doublé sa police municipale ?
Il me dit parce qu'il n'y a qu'un commissariat pour neuf ou dix villes. Et donc, en fait, quand les policiers qui sont de garde de nuit sont appelés à un endroit, il n'y a plus de policiers pour l'ensemble des huit ou neuf.
Donc, si je comprends bien ce que vous dites, quand Brice Socol dit « Les mairies devraient avoir plus de moyens, grosso modo, pour faire un peu aménager ce qu'elles veulent », vous vous dites « Attention, il est au l'heure des limites. » Oui, moi je dis que l'État doit,
sur ses missions régaliennes, assurer son rôle. Et aujourd'hui, bien souvent, ce sont les communes qui se retrouvent à devoir pallier ces défaillances de l'État. C'est ce que nous disent les élus. Prenez le thème de la sécurité. Pourquoi se développent les polices municipales ? C'est parce que l'État est défaillant. Les élus nous disent « Moi, j'ai quand même besoin d'une sécurité. » Ce n'est pas mon rôle de l'État, c'est le rôle de l'État.
Dans le même temps, vous dites que les élus
voudraient aussi avoir les mains plus libres. tutelles de l'État. Ça, c'est une réalité aussi. Est-ce que ça, c'est possible ?
Est-ce que vous le souhaitez, vous ?
Oui, mais il y a des libérations.
Ça veut dire laisser les manettes au maire.
Non, il y a plein de choses qui s'inventent dans les communes qui sont extrêmement intéressantes. Par exemple, je vois les endroits où on va mettre des centres municipaux de santé avec des médecins qui sont salariés. Je le dis parce que la question des déserts médicaux est une question extrêmement importante dans notre pays. 85% des Français sont dans un désert médical. Ils sont dans des déserts médicaux et avec une question qui est que y compris des médecins, notamment les jeunes médecins, ont aussi envie de ne pas pratiquer tout à fait de la même manière que ce qui a été fait à d'autres endroits. Donc, certains veulent être salariés.
Donc, par exemple, les centres municipaux de santé sont des exemples très intéressants de ce qui peut se faire dans des villes. Je vais prendre un autre enjeu qui est très important qui est la question du dérèglement climatique. On sait, par les rapports qui ont été faits, que 70% des actions doivent être faites au niveau local. Donc, là aussi, il y a des choses à faire qui sont intéressantes et qui s'inventent à des endroits. D'ailleurs, par exemple, des expérimentations comme Territoire zéro chômeur, nous, on aimerait qu'on puisse l'expérimenter, enfin, le mettre à l'ensemble des villes.
Je pense que vraiment la proximité, le résultat, l'efficience, ce sont vraiment des demandes de nos concitoyens aujourd'hui, si je reviens sur politique nationale, politique locale. Ça, c'est une réalité et c'est un peu le cœur des politiques municipales. Quand vous allez voir votre maire, vous savez s'il va faire demain la route, s'il va créer un centre social, s'il va créer un gymnase, vous le voyez. La politique nationale, depuis plusieurs années, les Français ont des sentiments, il n'y a pas de résultats. Il y a de l'incantation, il y a du discours, mais il n'y a pas de résultats.
Par exemple, sur la question de l'appui de l'État aux communes, il y a une agence qui s'appelle, parce qu'on est beaucoup en train de parler des agences en ce moment que le RN veut supprimer en entier. C'est qui ? Non, je voulais parler du CEREMA. Le CEREMA, c'est des ingénieurs mais qui ont un panel de compétences qui sont par exemple capables de regarder dans un endroit pour une construction d'une route ou une construction d'un pont. Normalement, par exemple, les maires peuvent faire appel au CEREMA.
Je parlais avec un maire récemment que des entreprises du BTP lui disaient qu'il fallait refaire son pont et que du coup, il avait appelé le CEREMA qui avait réussi à se déplacer et qui leur a dit qu'il n'y avait aucun problème avec le pont et que donc, il n'avait pas besoin d'être refait. Le problème, c'est que le CEREMA n'a pratiquement plus de moyens. On lui enlève des moyens année après année et ça veut dire qu'ils n'ont plus l'expertise à donner aux collectivités sur lesquelles ils peuvent faire appel et sur lesquelles ensuite, ils peuvent baser des décisions politiques.
Donc, la question, c'est comment est-ce qu'on connecte les choses et notamment, nous, dans ce qu'on projette sur la planification qu'on devrait faire, c'est comment est-ce que ces différents échelons peuvent décider aux différents échelons mais avec des objectifs qui sont des objectifs comment ? Un dernier mot. Non, la vraie question, c'est, voilà, on ne peut pas parler de décentralisation sans parler, un, de réforme de l'État et sans autonomie fiscale, financière, pardon, des collectivités locales. Ça, c'est une réalité.
Vous êtes prêts à défendre l'autonomie fiscale et financière des collectivités locales ?
C'est ce que je disais sur les limites de ce sur quoi nous sommes d'accord ce soir. C'est pour ça que je pointe. Mais vous avez raison parce que nous, nous sommes très attachés au fait qu'il y ait une égalité entre les citoyens et les citoyennes de ce pays. Ça peut créer des inégalités. Ça peut créer des inégalités. Après, vous avez ce qu'on appelle la péréquation qui peut venir compenser certaines politiques publiques.
Tout à fait, mais je dis juste, c'est un point d'attention et par ailleurs, c'est aussi un point de discussion qu'on a beaucoup avec nos compatriotes ultramarins parce qu'il y a aussi cette fois-ci, alors là, on parle vraiment en plus de réalités qui sont très différentes et d'où le fait qu'à mon avis, il y a un moment où il faut se poser sur quelles sont les règles du jeu qu'on veut mettre en place.
Vous confirmez que le maire
reste l'élu le plus populaire ? Le maire reste aujourd'hui l'élu le plus populaire mais attention parce que l'image de la politique nationale pourrait impacter demain le maire dans ses fonctions. Ça pourrait avoir même des conséquences sur les résultats électoraux ? Vous savez que la retraite à 64 ans va impacter aussi les mairies ? Ça pourrait avoir des conséquences et ma thèse du livre c'est de dire que la politique nationale et la politique internationale jouera sur ces municipales-là. Vous pensez ça aussi Mathilde Panot ?
Je vous disais la retraite à 64 ans impactera aussi puisque vous savez que par exemple pour les maires des communes rurales c'est 40% qui sont des retraités et donc la retraite c'est aussi le moment où on peut justement s'occuper du bien commun
Merci Brice Socol
Merci Mathilde Panot
d'être venue sur le plateau de LCP Lundi c'est politique qui revient lundi prochain Merci, bonne soirée, bonne semaine Merci, bonne soirée, bonne semaine
Merci, bonne soirée, bonne année Merci, bonne soirée, bonne soirée, bonne nuit