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interviewCNEWS (sur YouTube)· 30 juin 2026 3 min

L'édito de Thomas Bonnet : «Loi euthanasie : le saut dans le vide»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'Assemblée nationale va voter aujourd'hui pour la 3è fois le texte visant à légaliser l'euthanasie et le suicide assisté en France. Sauf surprise, le texte devrait être adopté. Thomas, c'est un texte très permissif qui va être approuvé par les députés.

Oui, si on devait euh résumer la philosophie du texte, on ne saurait mieux le faire que Philippe Juvain, député LR et chef des urgences à l'hôpital George Pompidou. Voilà ce qu'il dit. 2 à 9 mois d'attente pour un rendez-vous antidouleur, 2 à 17 jours pour une euthanasie.

Il sera plus facile d'obtenir l'aide à mourir que des soins palliatifs. C'est un constat qui devrait tous nous terrifier, quel que soit notre opinion sur le sujet. La facilité avec laquelle il sera possible demain de mettre fin à ses jours constitue une rupture anthropologique majeure.

Certains gardes-defous sont tombés comme celui qui aurait pu exempter certains établissements religieux de pratiquer l'euthanasie. Les personnes en situation de handicap ne seront pas exclus non plus du dispositif. En fait, toutes les dérives potentielles sont déjà à l'intérieur du texte.

L'élargissement des critères et des profils potentiellement éligibles ne fait quasiment aucun doute. Comme les autres pays qui ont légiféré, la France est sur le point de briser une règle essentielle et élémentaire de la médecine qui interdit aux médecins de donner la mort. C'est une décision importante s'il en est hein sur laquelle le parlement aura à se prononcer.

En effet, c'est sûrement le vote le plus important que le palais Bourbon a connu depuis très longtemps. Et je m'interroge. Est-ce vraiment pertinent de confier une telle décision à des parlementaires ?

Non pas que je remette en cause bien sûr la vie démocratique, simplement je pose cette question. Qui a élu son député en vertu de son positionnement sur le sujet de l'euthanasie ? Qui a voté sur la base d'une telle promesse ? personne et c'est bien ça le problème.

On nous dit que les logiques de parti ne s'appliquent pas sur ce texte, que les députés votent en leur âme et conscience et en vertu de leur propre expérience. C'est une curieuse conception de la représentation nationale. Je n'ai pas envie que mon député censé me représenter s'appuie sur son histoire personnelle et familiale pour décider en mon nom d'une évolution aussi importante.

Le Parlement doit décider sur la base d'éléments raisonnables et factuels. Or dans ce débat, l'émotion a malheureusement trop souvent remplacé la réflexion. Et puis il y a aussi des forces à l'œuvre pour pousser le texte jusqu'au bout. [raclement de gorge] Il y a notamment euh le Grand Orient de France, une des plus importantes loges maçonniques qui est sorti de sa discrétion habituelle pour publier un communiqué afin de rappeler sa position historiquement favorable à l'euthanasie au nom de la laïcité et de la dignité.

He je les cite. Le Grand Orient appelle les parlementaires à adopter au plus vite ce texte. Il y a aussi les mutuels qui agissent en coulisse en faveur de cette proposition de loi.

Il faut dire que d'un point de vue très cynique, elles ont beaucoup à gagner. C'est mutuel à voir des personnes âgées ou malades perdre des mois voire des années d'hospitalisation. Enfin, il y a la pression politique, celle du président de la République he qui veut sa loi sociétale avant de quitter l'Élysée.

Un peu comme un caprice, disons-le. Y Bron Bron Pivet, pardon, Prus aussi pour l'accélération du texte afin d'accrocher une médaille symbolique sur sa veste de présidente de l'Assemblée nationale. C'est au nom de ces enjeux cachés et d'un débat pas suffisamment éclairé que la France devrait bientôt rejoindre la catégorie des pays autorisant l'euthanasie.

Quand viendra l'heure du bilan d'ici quelques mois, quelques années, il y a fort à parer que les dérives auront fait revenir les plus hésitants, mais à ce moment-là, il sera trop tard pour un retour en arrière. Ev.