Guerre commerciale : les patrons français se lâchent - C dans l’air - 22.05.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment est-ce que les patrons, les entreprises s'adaptent à cette nouvelle donne commerciale mondiale?
- 1:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la nouvelle stratégie commerciale de Trump vous inquiète? Comment est-elle perçue aux États-Unis?
- 2:00RelanceRéponse partielle
Et l'incertitude que ça crée.
- 3:00OuverteRéponse directe
Le 3 avril dernier, P.Martin estimait que des centaines de milliers d'emplois étaient menacés par les mesures douanières de D.Trump. Est-ce que tout le monde s'est mis sur pause?
- 4:00RelanceRéponse directe
Vous n'avez pas suivi le conseil du président Macron. Il a dit qu'il fallait arrêter les investissements aux États-Unis.
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Comment vous avez reçu le message du président?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00J.CassegrainChiffre
« Ce qui nous inquiète, ce n'est pas l'effet direct des augmentations de prix, puisqu'on va augmenter nos prix américains au 1er juin. »
- 4:00J.CassegrainFait
« On a inauguré un nouveau magasin aux États-Unis qui est très beau, très spectaculaire. On continue d'investir dans ce marché. »
- 5:00J.CassegrainChiffre
« On a 5 ateliers qui sont dans l'ouest de la France et qui emploient 900 personnes à peu près. »
- 6:00J.CassegrainFait
« On estime que c'est bien pour nos clients et bien pour la marque. On arrive à livrer à nos clients un produit plus compétitif. »
- 7:00B.ArnaultFait
« Il est très mauvais pour l'Etat de se mêler de la gestion des entreprises privées. En général, ça mène à la catastrophe. »
- 8:00J.CassegrainChiffre
« Sur nos produits, on est à 28 % des droits de douane pour entrer aux États-Unis. »
- 9:00J.CassegrainFait
« Notre maison, depuis sa création, est ouverte sur le monde. Depuis sa création, c'est le voyage, c'est des gens qui partent, qui emmènent leurs collections et qui vendent des produits. »
- 10:00J.CassegrainFait
« Les sénateurs LR ont voté contre le traité de libre-échange avec le Canada, je trouve ça scandaleux. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". Le président Macron avait appelé les entreprises au patriotisme économique et à la suspension de leurs investissements aux Etats-Unis avec le déclenchement de la guerre commerciale. La réponse du géant du luxe, B.Arnault, a été cinglante hier lors d'une audition au Sénat.
Comment est-ce que les patrons, les entreprises s'adaptent à cette nouvelle donne commerciale mondiale? Nous en parlons avec J.Cassegrain.
Bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes PDG de Longchamp.
Vous êtes petit-fils du fondateur de ce groupe français. Vous rentrez tout juste des Etats-Unis. Est-ce que la nouvelle stratégie commerciale de Trump vous inquiète?
Comment est-ce qu'elle est perçue auprès de vos interlocuteurs aux Etats-Unis? Est-ce que ça influence votre activité? - J.Cassegrain: Ca nous inquiète.
Notre activité n'est pas impactée. Il n'y a pas d'effet. Ce qui nous inquiète, ce n'est pas l'effet direct des augmentations de prix, puisqu'on va augmenter nos prix américains au 1er juin.
Ce qui nous inquiète, c'est plutôt les effets sur l'économie américaine, la crise économique que tout ça pourrait provoquer. - C.Roux: Et l'incertitude que ça crée. - J.Cassegrain: Chaque semaine, ça change.
On augmente au 1er juin. On va augmenter nos prix américains de 6 %. C'est relativement peu.
Il faudra peut-être les revoir. Il faut qu'on reste agiles. - C.Roux: Il faut qu'on reste agiles avec un président des Etats-Unis qui augmente les droits de douane, qui les diminue juste après ou qui les met sur pause...
Le 3 avril dernier, P.Martin estimait que des centaines de milliers d'emplois étaient menacés par les mesures douanières de D.Trump.
Est-ce que tout le monde s'est mis sur pause? Est-ce que les investissements sont mis sur pause? Est-ce qu'on attend de savoir ce qu'il va se passer dans le bureau Ovale? - J.Cassegrain: Nous, on n'est pas sur pause.
On a inauguré un nouveau magasin aux Etats-Unis qui est très beau, très spectaculaire. On continue d'investir dans ce marché. On a une vision à long terme.
Il y a un moment où l'écume va redescendre. Les choses vont se calmer. C'est très symptomatique d'un état d'esprit qu'on rencontre parfois en Europe, où les gens ont envie de tout fermer.
On a l'impression que tous nos problèmes sont dus aux autres. Tout redeviendra comme avant. - C.Roux: Vous n'avez pas suivi le conseil du président Macron.
Il a dit qu'il fallait arrêter les investissements aux Etats-Unis, dans une forme de patriotisme économique...
Il l'avait dit au lendemain des annonces des droits de douane. - J.Cassegrain: On ouvre des points de vente aux Etats-Unis.
C'est le principal investissement. - C.Roux: Comment vous avez reçu le message du président?
Voilà ce qu'avait dit E.Macron. Comment, à votre place, vous réagissez? - J.Cassegrain: Je ne me sens pas directement concerné car je n'ai pas de projet d'investissement industriel aux Etats-Unis.
On fabrique des produits dans d'autres pays qu'en France. On a 5 ateliers qui sont dans l'ouest de la France et qui emploient 900 personnes à peu près. On a des personnes en Tunisie, en Chine, à l'île Maurice...
On estime que c'est bien pour nos clients et bien pour la marque. On arrive à livrer à nos clients un produit plus compétitif. - C.Roux: La priorité n'est pas de produire un produit en France. - J.Cassegrain: C'est très important, car c'est nos racines, la France.
On ne serait pas industriels si ne produisait pas en France. On serait juste une marque qui balade des conteneurs dans le monde. Grâce à cette implantation qu'on a dans l'ouest de la France depuis 60 ans, on est vraiment des fabricants.
C'est une mentalité différente. Ca infuse dans toute la maison une mentalité différente. On a un atelier en Tunisie, dans la banlieue de Tunis, depuis 30 ans.
On a 300 personnes qui travaillent là. On est fiers de pouvoir donner du travail à ces personnes, un travail stable, et contribuer à la stabilité de ce pays. Ce n'est pas mal pour la France. - C.Roux: Il y en a un que ça a agacé, les messages d'E.Macron.
C'est B.Arnault. Il était auditionné au Sénat.
Il était très en forme. Je vous montre un extrait. - B.Arnault: Il est très mauvais pour l'Etat de se mêler de la gestion des entreprises privées.
En général, ça mène à la catastrophe. Les Etats-Unis, c'est le premier marché du monde. C'est vrai pour nous.
Il est très important d'arriver à trouver, pour l'Europe, un accord avec les Etats-Unis. - C.Roux: "Il est très mauvais que l'Etat se mêle de la gestion des entreprises privées", qu'en pensez-vous? - J.Cassegrain: Je ne vais certainement pas commenter les déclarations de monsieur B.Arnault.
Les Etats-Unis sont un marché très important. La clientèle américaine est dans le top 3. Il y a les Français, les Chinois et les Américains.
On a besoin de conditions de commerce qui soient fluides. On parle des droits de douane de Trump, mais dans notre catégorie de produits, les droits de douane, depuis 30 ou 40 ans, étaient déjà élevés. Un des pays les plus élevés en termes de droits de douane.
C'était déjà entre 8 et 18 % sur nos produits. Là-dessus, il ne reste que 10 % de ce qui a été annoncé. Sur nos produits, on est à 28 % des droits de douane pour entrer aux Etats-Unis.
Ce serait bien d'arriver à négocier pour éliminer ces droits de douane qui ne riment à rien. Il n'y a pas d'industrie de la maroquinerie aux Etats-Unis à protéger. Ca fait belle lurette que plus personne ne fabrique de sacs aux Etats-Unis. - C.Roux: Vous êtes sensible aux conditions favorables offertes aux patrons européens par les Etats-Unis?
Est-ce qu'on se dit des choses, lorsqu'on voit que la France avait pour objectif d'augmenter de 40 % les impôts des entreprises qui fabriquent en France? C'est ce qu'avait dit B.Arnault.
Vous vous dites "à un moment donné, il faudra arrêter"? - J.Cassegrain: On a une masse critique sur ce marché qui permettrait d'établir une production.
Les coûts de production américains sont très élevés. Même en prenant en compte tout cela, il n'est pas tellement sûr que les produits fabriqués là-bas seraient compétitifs. Notre métier a besoin d'un écosystème, de fournisseurs...
Ils ne sont pas aux Etats-Unis. Ils sont en France. On fabrique des produits en Chine qui sont tout à fait aussi bien que les produits qu'on fabrique en France.
Ils nous permettent d'être à proximité du marché asiatique, de limiter les transports de produits et d'être plus efficaces aussi. - C.Roux: Quelle est la lecture que vous faites de tout cela?
La Chine est un gros marché pour votre groupe. C'est la Chine qui gagne à la fin, dans cette guerre commerciale? - J.Cassegrain: J'aimerais voir le commerce sortir gagnant.
Tous nos décideurs politiques devraient réaliser que le libre-échange, le commerce international, c'est bien. Ca donne plein d'emplois à plein de gens. Notre maison, depuis sa création, est ouverte sur le monde.
Depuis sa création, c'est le voyage, c'est des gens qui partent, qui emmènent leurs collections et qui vendent des produits. C'est ça, notre histoire. C'est ça qui a fait le développement de notre maison.
Dire "on va tout refermer", je ne le comprends pas. - C.Roux: Quand vous entendez un discours de souveraineté...
C'est aussi un discours qu'on entend dans la classe politique française. - J.Cassegrain: Ca peut s'entendre pour certains secteurs politiques stratégiques...
Quand je vois, dans le débat politique, que les sénateurs LR ont voté contre le traité de libre-échange avec le Canada, je trouve ça scandaleux. Quel pays dans le monde ressemble plus à l'Europe que le Canada? Si on ne peut pas faire de commerce avec le Canada, avec qui on va en faire?
Quel est le problème? J'aimerais que le public et les hommes politiques réalisent qu'on a besoin de commerce. - C.Roux: On a besoin de commerce et de faciliter le commerce mondial.
Ce n'est pas le sens que donne D.Trump à l'histoire et au commerce... - J.Cassegrain: Peut-être qu'il va le démontrer par l'absurde. - C.Roux: Je voudrais vous montrer la une de "Challenges".
C'est M.-E.Leclerc qui est à la une. "Et si c'était lui...", titrent-ils.
Les Français sont souvent sondés et ils sont plutôt partants à l'idée de mettre un patron à la tête de l'Etat. Qu'est-ce que vous en pensez? - J.Cassegrain: Si les Français ont une bonne image des entreprises, c'est tant mieux.
On ne peut pas s'en plaindre. Les entreprises, c'est encore un des acteurs dans lequel les gens ont confiance. On estime que c'est une partie importante de notre travail que de mériter la confiance de nos clients. - C.Roux: Vous ne vous lancez pas en politique, c'est ça que je comprends.
Merci d'être venu sur notre plateau. On va poursuivre cette conversation sur la guerre politique