Face aux experts du jeudi 12 septembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
8h29, l'invité ce matin de 69 est Fabien Roussel. Bonjour M. Roussel. Bonjour à vous. Bienvenue face aux experts. Vous êtes secrétaire national du Parti communiste français. Pour débuter cet entretien, cet échange, M. Roussel, je voudrais vous faire écouter le président de la République, Emmanuel Macron. Hier, voilà ce qu'il dit du résultat des dernières élections.
Le peuple d'aujourd'hui, souverain qui s'exprime par le suffrage, qu'il faut toujours prendre en compte parce que c'est le fait promis en toute démocratie. La souveraineté du peuple, ce sont cette exigence et ce combat. Et à la place qui est la mienne, conformément à mes devoirs, je veillerai toujours à notre souveraineté dans ses aspects évoqués, corollaires de l'indépendance de notre nation.
Est-ce qu'Emmanuel Macron a veillé à la souveraineté du peuple après le résultat des dernières élections, selon vous ?
C'est le plus grand des voleurs. C'est le plus grand des voleurs. Il me fait penser à Arsène Lupin. C'est un gentleman, du coup ? C'est un gentleman. Et ce n'est pas un gentleman. Il me fait penser à Arsène Lupin qui, quand il détrousse les riches, laisse un petit mot quand même sympathique. Lui, il nous a fait les urnes. Il y a des gens qui ont voté à gauche Nouveau Front Populaire, qui est arrivé en tête, et qui se retrouvent avec Michel Barnier. Il y a des gens, ils ont même voté un front républicain pour ne pas avoir l'extrême droite, et ils se retrouvent avec un gouvernement qui ne vit que grâce à l'extrême droite. Emmanuel Macron, il est incroyable.
Vous rentrez dans l'urne avec un bulletin rouge, il ressort, il est brun. Vous rentrez dans l'urne avec un bulletin bleu, il ressort, il est bleu marine. Champion du monde, champion olympique, c'est le plus grand des voleurs. Mais ce n'est pas de votre faute, M. Roussel, vous avez torpillé la candidature de M. Cazeneuve, homme de gauche. Vous vouliez la gauche pure, vous avez la droite. Après tout, ça vous pendait au nez. Écoutez, moi je veux bien qu'on nous accuse de tous les maux, mais vous n'avez pas été dans les discussions que nous avons eues avec le président de la République, ni avec les autres forces politiques, ni avec les possibles candidats premiers ministres.
Je pense à Bernard Cazeneuve, je pense à Xavier Bertrand. C'est vos amis qui ont torpillé Cazeneuve ? Non, mais pas du tout. Je peux vous dire une chose. Olivier Fort, c'est un mystique. Je peux vous dire une chose. Celui qui a décidé de ce premier ministre, c'est le président de la République, et tout le monde nous a expliqué pendant des mois que c'était son unique prérogative. Mais ce qu'il faut rappeler aux gens, c'est que le président de la République, quand nous l'avons rencontré, quand nous l'avons eu au téléphone, je l'ai eu plusieurs fois au téléphone, il faisait plus que choisir le premier ministre. Il mettait des conditions. Il mettait des conditions.
Et les conditions, c'était la stabilité, justement. Non, non, non. Si, si, c'est ce qu'il dit. Non, non, la stabilité. Non, non, madame. Ça, c'est ce qu'il dit aux Français. Alors, qu'est-ce qu'il vous a dit à vous, le banc cambrioleur qui vous parle ? Ne vous laissez pas avoir par les belles paroles. Alors, qu'est-ce qu'il vous a dit ? Ce qu'il nous a dit au téléphone. Il est hors de question de remettre en cause mes réformes. Il est hors de question de revenir sur la réforme des retraites à 64 ans. Hors de question. Il veut la stabilité économique.
Hors de question d'augmenter le budget de la nation, le budget de l'État pour répondre aux besoins de nos concitoyens, pour ouvrir des écoles, des hôpitaux, des maternités, par exemple.
Et donc, à partir de ce moment-là, à partir de ce moment-là, à partir de ce moment-là, il peut dire ça le président de la République, parce que le soir du deuxième tour des législatives, on a un Jean-Luc Mélenchon qui va à la télévision et qui dit ce sera le programme, rien que le programme, et tout le programme. Et à partir de ce moment-là, l'ouverture au centre de la gauche est ratée. Parce que nous, ce qu'on entend de l'Élysée, c'est que vous faisiez partie, vous, Fabien Roussel, des personnes qui discutaient le plus avec le président de la République, d'autres avaient totalement fermé la porte.
Alors, d'abord, nous avons tous discuté avec le président de la République. Nous sommes même allés en délégation avec le président de la République, avec Lucie Casté, avec les forces de gauche et écologistes. Et Lucie Casté a bien dit clairement, elle a parlé en français, je crois, au président de la République, pour dire que la gauche, et elle, si elle était nommée première ministre, feraient des compromis sur le programme du nouveau Front populaire, travaillerait à construire des majorités avec d'autres. Et nous l'avons toujours dit, vous pouvez écouter Jean-Luc Mélenchon, que Jean-Luc Mélenchon, et rien que Jean-Luc Mélenchon. Il n'y a pas que lui.
Mais moi, je peux vous dire qu'il y a des forces de gauche écologistes, il y a des propositions que nous avons mises sur la table, et nous avons clairement dit que nous avions des lignes rouges, et qu'à partir de là, nous étions prêts à construire. Et nos lignes rouges, elles sont claires. Les Français, ils attendent du changement. Et M. Roussel, il n'y avait pas que Jean-Luc Mélenchon.
Pardonnez-moi, mais Mme Pannot, qui est la patronne des députés de la France Insoumise, nous a dit sur ce plateau la même chose. M. Bompard, pareil, nous a dit qu'il n'y aura que le programme, sinon c'est rien.
Écoutez.
Non, mais c'est important.
Vous nous dites, vous, ce matin, que vous étiez prêts à des compromis. Oui, mais il n'y a pas que moi qui l'ai dit. Invitez Lucie Casté, je ne sais pas si elle est déjà venue sur votre plateau, mais à chaque fois qu'elle est invitée, elle le dit, le réexplique, etc. Mais il y a ce mauvais procès qui est fait par les macronistes, qui, dès qu'il a nommé Michel Barnier, a dit, ah ben, ce n'est pas de ma faute, je suis obligé, parce qu'ils n'ont pas voulu de Bernard Cazeneuve. C'est quand même gonflé de sa part. C'est un gentleman cambrioleur. Il a braqué les urnes, il a braqué le résultat de ces élections législatives.
Et aujourd'hui, je vous invite à lire le journal L'Humanité et cette enquête qu'il y a du Secours Populaire français sur la situation de pauvreté dans notre pays. 48% des Français, un Français sur deux, dit qu'il lui est arrivé de ne pas faire trois repas par jour. 31% des ouvriers disent vivre sous le seuil de pauvreté. On peut être aujourd'hui en France ouvrier et sous le seuil de pauvreté. Vous ne pensez pas que ces questions-là sont les priorités que devrait avoir un gouvernement, un président de la République, et pour nous, c'est notre priorité.
Tout ce que nous pourrons faire, tout ce que nous pourrons arracher, même dans l'opposition, même face à un gouvernement de Michel Barnier, nous ferons tout pour arracher les avancées pour le monde du travail, pour nos services publics, pour les salaires.
Vous avez fait une interview hier dans l'Humanité. Vous expliquez que vous entrez en résistance. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'aujourd'hui, les macronistes, les députés à l'Elysée, ils disent qu'ils ont fait le choix d'une alliance de circonstances avec la droite et l'extrême droite. Non, ils ne disent pas ça. L'alliance de circonstances, si, ou coexiste... Pas avec l'extrême droite. Ou coexiste en droit.
Non, mais avec les LR. Entre la majorité et les LR.
Toujours est-il que nous, et dans notre histoire, les alliances de circonstances, la coexistence avec des forces de droite extrême ou d'extrême droite, on appelle ça de la collaboration. Et nous, on ne collabore pas, on résiste. Et on va continuer à défendre, toujours, l'intérêt du peuple d'abord, l'intérêt de la nation d'abord. Est-ce que nous avons aujourd'hui un gouvernement qui ne va tenir que parce que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont décidé que ce gouvernement continuerait de vivre et que la politique de M. Macron continuerait de s'installer ?
Le gouvernement ne tombe que si vous votez la censure en même temps que le Rassemblement national. C'est ça la question à l'Assemblée.
Concernant cette censure, nous verrons ce que dira Michel Barnier quand nous le rencontrerons mardi prochain, à 16h30, à Matignon. Pour nous, une chose est claire. S'il n'y a pas un geste fort en direction du monde du travail et des salariés concernant les salaires, s'il n'y a pas de gestes forts concernant nos services publics et la nécessité d'investir dans ces services publics pour embaucher des soignants, des enseignants, des policiers, des gendarmes, on en a besoin. S'il n'y a pas des gestes forts pour montrer que le budget de l'État va prendre en compte ces demandes, ces changements que les Français aspirent, nous n'aurons pas d'autre choix que de censurer ce gouvernement.
Et l'extrême droite, elle, elle devra aussi rendre des comptes face à ces électeurs qui, pour une part d'entre eux, je les connais dans ma circonscription, je sais ce qu'ils ont voté, ils me le disent. Ils attendent que ça change. Certains ont voté à l'extrême droite en pensant que les députés du Rassemblement National défendront les hausses des salaires, défendront les services publics, investiront dans la sécurité, etc. C'est faux. Ce gouvernement va continuer de mettre en place la politique d'Emmanuel Macron grâce au soutien de l'extrême droite. C'est une vérité crue, dure, difficile à entendre.
Excusez-moi, M. Roussel, pardon, pardon, pardon. M. Roussel, une question, pardon.
Une question, oui, non, Sosy Kéménère, vous demande donc ce matin, ça n'est pas la censure automatique pour ce qui est des gens de votre parti.
Mais en fait, quand nous disons que nous jugeons en fonction de ce qui sera prononcé et que les parlementaires communistes se sont toujours battus d'abord avant de sanctionner. Et donc, nous jugerons sur les faits. Mais ce que je peux dire, parce qu'on connaît Michel Barnier, parce qu'on sait comment il va orienter la politique de son gouvernement, nous sommes sans illusion. Nous sommes sans illusion. Donc, pas d'automaticité de la censure.
Pas d'automaticité, mais ce que je peux dire, c'est qu'il y a une très forte probabilité qu'il ne manque pas une voix à gauche et chez les écologistes pour censurer son gouvernement, parce qu'il va aller à l'encontre de ce que nous avons défendu pendant cette élection.
M. Roussel, je note avec intérêt que, dans les points que vous avez cités comme des priorités à l'instant, il n'y a pas la réforme des retraites. C'est une ligne rouge pour toutes les gens de gauche qu'on a reçues.
Je dis au début, la réforme des retraites. La réforme des retraites, à 64 ans, qui a été imposée au forceps par M. Macron, par les Républicains, par la droite, elle est rejetée massivement par nos conseillers. Donc ça, c'est censure. Donc ça, mais bien sûr. La réforme des retraites n'est pas abrogée, par exemple. Et d'ailleurs, M. Macron a déjà annoncé qu'elle ne serait pas abrogée, mais pour nous, c'est une ligne rouge. Opposition de loi du Rassemblement National, on l'apprend, là, abandon de la réforme des retraites. Est-ce que vous la votez ?
Eh bien d'abord, moi, j'attends de savoir si cette réforme va arriver dans le cadre de leur niche, parce que vous savez qu'il y a toujours des articles du règlement de l'Assemblée Nationale qui nous empêchent de déposer des textes qui provoquent une charge. Article 40, fallacieux, terrible, qui fait qu'on ne peut pas... C'est normal. Est-ce que vous vous endetteriez, vous ? Mais monsieur, quand vous achetez une maison, vous vous endettez pas ? Non, mais... Quand c'est pour acheter une maison, pour investir... Arrêtez avec la dette qu'on nous agite comme un gros long. Pourquoi on ne peut rien faire ? Quand c'est pour investir, oui. Mais on est absent tous les grands marchés.
On distribue de l'argent, monsieur. On arrose le sable. Mais oui. Vous êtes pour les chèques énergie. Mais vous êtes pour les... Et vous êtes pour distribuer des dizaines de milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises du CAC 40 qui, en même temps, distribuent des dizaines de milliards d'euros de dividendes. Mais vous n'avez qu'à leur faire un chèque d'impôts. Bon, c'est pas le sujet. Mais vous pouvez leur faire un chèque directement. S'il vous plaît. C'est pas le sujet. Verser un chèque à l'énergie directement aux actionnaires. Proposition. Proposition du Rassemblement National, abrogation de la réforme des retraites. Vous votez avec le Rassemblement National ou pas ?
Je ferai tout pour que l'abrogation de la réforme des retraites existe. Quel est lieu ? Il y a aussi un texte de loi déposé par les députés de la France Insoumise qui demandent leur abrogation. Si ce texte arrive avant, on le votera. Comme ça, le problème sera réglé. Si Michel Barnier l'abroge, le problème sera réglé. Et si ce texte du Rassemblement National arrive dans l'hémicycle, eh bien, on verra à ce moment-là. Mais d'ici là, il y a de l'eau qui coulera sous les ponts, j'espère.
Je reste quand même interloqué par la comparaison que vous faites entre Emmanuel Macron et Arsène Lupin. Est-ce que vous reconnaissez, oui ou non, que les deux tiers des Français ont voté contre le Front Populaire et qui se retrouvent avec un tiers seulement des sièges à l'Assemblée Nationale ? Ça ne veut pas dire forcément que les deux tiers sont tous d'accord sur un programme qui serait un programme d'extrême droite. Ça veut juste dire qu'ils n'ont pas voté pour vous. Est-ce que vous reconnaissez,
je réponds à votre question si vous répondez à la mienne, est-ce que vous reconnaissez que Michel Barnier est issu d'un parti qui a fait 6% aux élections législatives et qui est le sixième ou septième groupe à l'Assemblée Nationale ?
47 députés.
Il est le représentant de... Donc, c'est un Premier ministre issu d'un groupe qui a fait 6%, alors que le NFP en a fait 28. Est-ce que vous le reconnaissez ?
Michel Barnier appartient à un parti qui est prêt à gouverner. Oui, mais nous sommes prêts à gouverner. Ah mais, pardon, mais ça... Alors là, je peux vous dire, on est prêts à gouverner. Mais dans la reconnaissance de cet état de fait, dans la reconnaissance de cet état de fait, qu'il représente les deux tiers des députés et des voix des Français qui se sont exprimés contre vous.
Oui, je reconnais qu'effectivement, il y a 193 députés du Nouveau Front Populaire, qui est la coalition arrivée en tête, et qu'en face, il y a une alliance objective du reste des députés, de l'extrême droite, de la droite, et des macronistes. Il y a une alliance entre eux pour que la gauche ne gouverne pas. C'est une alliance. Admettez-le. C'est pas une alliance, c'est un état de fait.
Factuellement, il y a une...
Eh bien, c'est un état de fait que nous nous appelions, que nous nous appelons alliance, collaboration, coexistence entre la droite et l'extrême droite, alors que les Français, majoritairement, ont voté pour mettre en place un front républicain au second tour des élections législatives, qu'ils ne veulent pas d'une telle alliance. Qui a marché un peu, mais pas totalement. Les Français considèrent à 74%, on parle de sondage, à 74%, considèrent que M. Macron a volé leur élection. Voilà. Il a trompé les Français.
Eh bien, nous, nous nous battrons par tous les moyens qui sont les nôtres, que ce soit à l'Assemblée nationale, au Sénat, que ce soit dans les entreprises, partout où nous pouvons, nous ferons en sorte de faire respecter le vote des Français. Et le faire respecter, c'est se battre pour qu'il y ait des augmentations de salaires, pour qu'il y ait des embauches dans les services publics. Nous appelons à participer massivement à la manifestation du 1er octobre, à l'appel de la CGT, parce que ça, nous n'aurons pas d'autres moyens que cela pour les 40 ans.
Et vous croyez que, enfin, j'ai regardé très attentivement le programme de la fête de l'humanité qui va avoir lieu ce week-end. Il y a un événement, j'invite les Français,
les jeunes à venir, parce qu'il n'y a pas que de la musique. Justement, c'est la question que je voulais vous poser.
Il y a un événement non musical sur à peu près trois ou quatre qui concerne la Palestine. Ça reste pour vous, comme elle est fille, une question prioritaire pour les Français après ces élections européennes et législatives ?
Vous savez, les conflits dans le monde n'ont jamais été aussi nombreux. Il n'y a jamais eu autant de civils dans le monde qui meurent sous les bombes, dans des massacres les plus horribles, que l'on peut tous qualifier de crimes contre l'humanité parce qu'ils vont à l'encontre de toutes les conventions mises en place. Et à Gaza en particulier, il y a un enfant qui meurt toutes les dix minutes. Un enfant qui meurt toutes les dix minutes. Voilà.
Et donc, faire en sorte que le peuple palestinien soit respecté, faire en sorte qu'il y ait un cessez-le-feu, faire en sorte que les otages soient libérés, faire en sorte que la France reconnaisse l'état de Palestine pour qu'il y ait enfin un état palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale à côté d'un état israélien reste notre priorité, notre combat. Et donc, ce combat, pour que ces deux peuples puissent vivre en paix l'un à côté de l'autre avec une Palestine libre, démocratique et laïque comme l'a défendé Yasser Arafat. Oui, c'est le combat que nous venons. Dans les manifestations
du week-end dernier, quand on entendait l'un des animateurs dire qu'il fallait faire l'intifada de Paris jusqu'à Jérusalem, ce n'était pas vraiment ce que vous êtes en train de me dire. Merci de le dire. Et donc,
ce que je viens de dire, c'est ce que nous disons à la fête de l'humanité. Et donc, c'est le combat que nous portons qui est un combat historique et qui est d'une cruelle actualité quand on voit ces images de massacre. Et donc, que faisons-nous ? Que fait la France ? Pourquoi ne met-elle pas toute sa diplomatie en œuvre ? Elle, qui est membre permanente du Conseil de sécurité de l'ONU, si elle reconnaissait l'état de Palestine, elle envoie... Qu'est-ce qu'on peut faire ? Non, mais sur le plan diplomatique, pour connaître l'état palestinien, c'est formidable, mais c'est une coquine. Non, c'est pas formidable. C'est un geste pour aller au bout. Qu'est-ce qu'on peut faire concrètement ?
Vous voyez bien que le conflit est enquisté. Vous savez comme moi que les forces laïques ont totalement disparu du côté palestinien. Vous donnez le pouvoir aux palestiniens aujourd'hui, vous leur donnez l'occasion de voter. Majoritairement, ils voteront pour des partis dont vous réprouvez vous-même la raison d'être, la stratégie. Détrompez-vous, faites comme moi, allez sur place comme moi je l'ai fait.
D'ailleurs, non mais je l'ai fait tout de suite, je l'ai fait au printemps dernier, nous étions la première délégation politique française à nous rendre sur place avec notamment l'association de jumelage entre des villes palestiniennes et israéliennes que les communistes mettent en place depuis près de 40 ans maintenant. Nous avons une histoire là-bas très très forte de solidarité auprès des palestiniens et pour l'amitié entre le peuple israélien et le peuple palestinien.
Nous avons cette histoire-là dont nous sommes fiers et je vais rencontrer là dans les jours qui viennent avec l'ambassadrice de Palestine les ministres de l'autorité palestinienne nouvellement mis en place pour parler avec eux des moyens de sortie de crise et de ce que la France peut faire. Mais j'ai rencontré le premier ministre palestinien Ramallah justement quand je suis allé. Il nous le dit ce que la France peut faire c'est de peser de tout son poids pour que plus de pays reconnaissent l'état de Palestine ce qui empêcherait Netanyahou d'aller de continuer à mener ces massacres. Et enfin Ça ne l'empêche pas de coloniser la Cisjordanie.
Mais je sais la colonisation des territoires occupés la situation dramatique des populations de réfugiés dans les camps de réfugiés cela devrait normalement mettre en oeuvre toute notre diplomatie au service de la paix et d'un cessez-le-feu.
Merci beaucoup Fabien Roussel d'avoir été avec nous en direct dans le 6-9 sur LCI de la Cisjordanie.
Merci. Merci.
Fabien Roussel