Stéphane Le Foll
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Des insultes, des éclats de voix, un amendement signé par près de 130 députés PS, refusé par le gouvernement, des demandes de démission du Premier ministre. Pourquoi une telle violence et surtout sur le fond, pourquoi une telle intransigeance de la part de Manuel Valls et de votre gouvernement sur la loi travail ?
- 1:37RelanceRéponse directe
Mais là, hier, il s'agissait d'accepter, de pouvoir trouver éventuellement un compromis qui permettait d'échapper à un deuxième 49-3.
- 1:58FerméeRéponse directe
Je vous parle de cet amendement qui garantissait un niveau de rémunération des heures supplémentaires. Amendement signé par 123 députés socialistes.
- 2:53ComplaisanteRéponse partielle
Stéphane Lefort, je reviens à cet amendement.
- 3:35OuverteRéponse directe
Comment interprétez-vous ces déchirements, Stéphane Lefort ? Est-ce que ça veut dire que certains misent déjà sur l'échec de François Hollande l'an prochain ? Il se projette dans l'après 2017 ?
- 4:59OuverteRéponse directe
Et dans ce paysage présidentiel, un candidat potentiel de moins à gauche, Nicolas Hulot, qui renonce. Un commentaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Mais d'abord je voudrais rappeler que l'intransigeance, elle est dès le départ pas du côté du gouvernement et de Manuel Valls. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Puisqu'il y a eu des propositions d'amendement qui allaient plus loin que celles qui ont été discutées hier, qui ont été à l'époque complètement refusées par les frondeurs. »
- 2:10Invité politiqueFait
« C'est parce que 50 députés de gauche, dont une trentaine, une quarantaine socialistes, s'ils ne souhaitent pas voter la loi ou des articles de la loi avec la droite, ça fait une majorité contre la majorité. »
- 3:53Invité politiqueFait
« La présidentielle va jouer sur un point, en tout cas. Il y en aura sûrement d'autres. Mais il y aura des nouveaux droits. »
- 4:19Invité politiqueFait
« La question du tiers payant, la question du remboursement complet de l'IVG pour toutes les femmes. »
- 4:47Invité politiqueFait
« Nicolas Sarkozy était très clair. Contre pénibilité, par exemple, par retraite, c'est terminé. »
- 6:15Invité politiqueChiffre
« Qui a 8000 salariés agents fonctionnaires, 2000 chercheurs, 6000 ingénieurs et techniciens. »
- 6:56Invité politiqueFait
« Je le dis, pour la première fois, cet avis sera transmis aux commissions du Parlement. »
- 7:47Invité politiqueChiffre
« Il n'a pas de doctorat. Il a 30 ans d'expérience. »
Temps de parole
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Bonjour Stéphane Le Foll. Bonjour. Des insultes, des éclats de voix, un amendement signé par près de 130 députés PS, refusé par le gouvernement, des demandes de démission du Premier ministre. Je ne sais pas si on a connu déjà un tel climat au sein de votre groupe parlementaire hier. Pourquoi une telle violence et surtout sur le fond, pourquoi une telle intransigeance de la part de Manuel Valls et de votre gouvernement sur la loi travail ?
Mais d'abord je voudrais rappeler que l'intransigeance, elle est dès le départ pas du côté du gouvernement et de Manuel Valls. Moi je me souviens des premières manifestations et des premières positions des frondeurs comme on les appelle, qui ont été là aussi eux extrêmement intransigeants. Puisqu'il y a eu des propositions d'amendement qui allaient plus loin que celles qui ont été discutées hier, qui ont été à l'époque complètement refusées par les frondeurs.
Je me souviens de cette matinée à Matignon ou à leur sortie, je rappelle que Christophe Siruc, sur cette question des branches ou des entreprises, le rapporteur du texte avait fait des propositions pour que les branches soient un contrôle ou a priori ou a posteriori des accords d'entreprise. Ça avait été refusé. Au nom de quoi ? Au nom du fait que, comme le demandaient d'ailleurs la CGT et FO, il fallait retirer tout le texte. On part sur cette base-là. Et ensuite, toute la discussion, elle évolue. Et d'ailleurs ce texte évolue.
On ne peut pas dire que là-dessus il n'y a pas eu des changements entre le premier qui a été présenté, même celui qui a été discuté en première lecture, celui qui va au Sénat, celui qui revient. Il y a des évolutions. Et il y en avait encore.
Mais là, hier, il s'agissait d'accepter, de pouvoir trouver éventuellement un compromis qui permettait d'échapper à un deuxième 49-3.
Oui, c'est ce qui était dit et présenté comme étant l'hypothèse. Est-ce qu'elle était certaine ? J'en sais rien. Aujourd'hui, les frondeurs disent, mais bien sûr que si, on était prêt à retirer 500 amendements qu'on avait déposés sur plein d'autres articles que celui de l'article 2.
Oui, vous parlez des frondeurs. Moi, je vous parle de cet amendement qui garantissait un niveau de rémunération des heures supplémentaires. Amendement signé par 123 députés socialistes.
Oui, mais la question qui est posée, si vous voulez aller jusqu'au bout, pourquoi un 49-3 ? C'est parce que 50 députés de gauche, dont une trentaine, une quarantaine socialistes, s'ils ne souhaitent pas voter la loi ou des articles de la loi avec la droite, ça fait une majorité contre la majorité. C'est ça le sujet. C'est pour ça qu'il y a un 49-3. C'est l'alliance d'une partie de la gauche avec la droite qui fait son rôle et qui joue son rôle de position. C'est une alliance d'une partie de la gauche avec la droite dont vous voyez comme ça ? Mais bien sûr, le vote, au bout du compte, quand vous avez une loi... Ils n'ont pas mêlé leur voix. Non, mais ils ne les mêlent pas.
Mais le résultat est là. Le 49-3, c'est simplement pour dire, si on s'engage dans le débat parlementaire, avec 50 députés qui nous manquent sur notre gauche et sur notre majorité, et que la droite vote avec eux, ça y est, on a perdu.
Stéphane Lefort, je reviens à cet amendement. Il a été porté par Olivier Faure, qui n'est pas un gauchiste échevelé. Vous le connaissez bien, Olivier Faure. Il a été votre adjoint pendant 7 ans au cabinet de François Hollande.
Oui, mais Olivier Faure a présenté cet amendement en disant, je propose une solution qui résout le problème de la divergence qui existe sur le fond entre nous, sur le texte. Est-ce que c'était sûr ? Où est-ce que ça a été discuté ? Bon, donc il s'est trompé. Mais je ne sais pas qu'il s'est trompé. Il a peut-être eu une... C'était de bonne volonté ce qu'il a voulu faire. Mais au bout du compte, personne n'était sûr de rien. Il n'y a eu aucune négociation dessus. Même le rapporteur, quand même. Le rapporteur Christophe Cyril, qui avait fait des propositions, je vous les rappelle. Il n'a même pas été appelé. Bon, donc...
Comment interprétez-vous ces déchirements, Stéphane Lefort ? Est-ce que ça veut dire que certains misent déjà sur l'échec de François Hollande l'an prochain ? Il se projette dans l'après 2017 ?
Il y a sûrement plein de choses qui se passent derrière tout ça. Entre ceux qui misent sur les primaires, ceux qui visent l'après 2017, ceux qui sont en 2017. Moi, je voudrais simplement rappeler une chose et le dire d'ailleurs à tous ceux qui ont des doutes. La présidentielle va jouer sur un point, en tout cas. Il y en aura sûrement d'autres. Mais il y aura des nouveaux droits. En quelque sorte, il y a une carte des nouveaux droits qui sera issue de ce quinquennat. Le CPA, le compte personnel actif, personne n'en parle dans la loi. On ne parle que de ce qui va, soi-disant, les débats sur l'article 2. Mais il y a un compte personnel avec la pénibilité dedans.
La question du tiers payant, la question du remboursement complet de l'IVG pour toutes les femmes. Tous ces droits, toutes ces garanties, ça sera la carte du quinquennat de François Hollande. Et en face, je le dis, parce que je voudrais quand même que chacun ait ça en tête, parce qu'on a l'impression que le débat n'existe qu'entre nous. Mais non, il y aura en face de nous, en face de nous, et pour les Français, un choix à faire entre ceux qui proposent cette carte des droits et ceux qui veulent supprimer ces droits. Nicolas Sarkozy était très clair. Contre pénibilité, par exemple, par retraite, c'est terminé. Bon, mais chacun aura son choix à faire.
Voilà l'enjeu de ce futur débat très important pour les Français.
Et dans ce paysage présidentiel, un candidat potentiel de moins à gauche, Nicolas Hulot, qui renonce. Un commentaire ?
Un commentaire ? Pas de commentaire, c'est une décision qui lui appartient. J'ai vu qu'il l'avait prise en ayant réfléchi à ce qu'était l'engagement dans une campagne présidentielle, ce que ça pouvait représenter, et qu'il n'a pas souhaité s'engager. Moi, je respecte la décision de Nicolas Hulot, je n'ai pas d'autre commentaire à faire.
Allez-vous, Stéphane Le Folle, vous obstinez à imposer votre directeur de cabinet, Philippe Moguin, à la tête de l'INRA, l'Institut de la Recherche Agronomique ?
Au travers de la question que vous... la question amène déjà un jugement.
L'obstination, le terme obstination naît de la résistance des chercheurs de l'INRA qui pétitionnent, qui résistent. Le président du conseil scientifique a mis sa démission dans la balance.
Oui, mais est-ce que c'est parce que... attendez, alors là, vous mélangez... Non, je... Souvent, si, si. Vous avez... j'ai entendu hier soir ce que vous avez dit, ou hier matin plutôt, sur la réunion de Lille. Il y avait 50-70 personnes qui, effectivement, manifestaient, mais enfin, il n'y avait pas plus que ça non plus. Donc là, de quoi il s'agit ? Il s'agit de la présidence de l'INRA, l'Institut de Recherche Publique. Qui dépend de votre ministère. Qui dépend de votre ministère et du ministère de la Recherche. Qui a 8000 salariés agents fonctionnaires, 2000 chercheurs, 6000 ingénieurs et techniciens.
Et il s'agit de savoir comment on donne à l'INRA les capacités de poursuivre le travail qui a été fait. Mais surtout de changer aussi. De faire en sorte qu'on ait une ambition pour l'INRA. On me reproche souvent l'agroécologie. On me dit souvent, sur le stockage du carbone, j'ai énormément de reproches sur ces questions-là. Sur l'INRA, moi je souhaite que la transparence, les procédures soient respectées. Quelles sont les procédures ? Parce que c'est quand même ça dont il s'agit. C'est ça la question. Il y a eu une commission d'experts. Elle a rendu un avis. Je le dis, pour la première fois, cet avis sera transmis aux commissions du Parlement. Qui ont à juger des deux candidatures.
Et chacun fera son choix en toute transparence. Et qu'on arrête de dire que je m'obstine. Je m'obstine à quoi ? Est-ce que j'aurais... J'ai pu...
A renvoyer l'actuel président de l'INRA qui est candidat à sa succession. Qui a donc démérité, j'imagine, à vos yeux, François Houillet ?
Aucunement démérité. Puisque c'est, je vous le rappelle quand même, quand je suis arrivé, c'est moi qui ai aussi accepté et nommé François Houillet. Donc je ne suis pas là pour faire un procès à quiconque.
Non, mais pour recaser votre directeur de cabinet, peut-être. Voilà, c'est ça le soupçon.
Mais comment vous parlez, M. Cohen ? Recaser. Mon directeur de cabinet, vous savez, il a été, dans un cabinet de Lionel Jospin, il a été directeur de la région Île-de-France. Il a été directeur de l'INEAO. Il a été aussi directeur général des pêches au ministère de l'Ariculture. Mais il n'a pas de doctorat. Il a 30 ans d'expérience. Il n'a pas de doctorat. Il est ingénieur général des eaux et forêts. Il a un DEA. Et vous êtes en train de me dire que ce directeur de cabinet, il n'aurait, parce qu'il est directeur de cabinet, il n'aurait pas le droit de candidatier. Ce n'est pas moi qui le dit. Ce sont les chercheurs de l'UNRWA qui s'expriment. Et le président du conseil scientifique.
Combien de chercheurs ? Et quant au président du conseil scientifique, s'il a démissionné, ce n'est pas parce qu'il est aujourd'hui opposé à la procédure, c'est parce qu'il a lui-même été embarqué dans des signatures. Et moi, je ne sais pas, personne ne sait pourquoi aujourd'hui il a démissionné. Et surtout pas moi. Donc moi, je dis une chose. Il y a une procédure. Elle ira jusqu'au bout et dans la transparence. Et je rappelle que la note des experts qui ont jugé les deux candidats sur leur projet sera transmise aux deux commissions du Parlement, au Sénat et à l'Assemblée. Et c'est les députés et les sénateurs qui jugeront.
Donc il n'y a pas autre chose qu'une volonté de faire les choses dans la transparence et dans la rigueur.
D'autres questions pour vous Stéphane Le Foll dans quelques minutes. Avec les auditeurs de France Inter, des questions agricoles aussi. On pourra parler des abattoirs. Le sujet revient régulièrement dans l'actualité et du comportement de certains abattoirs.
Stéphane Le Foll