Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 26 juin 2024 49 min

"Il ne s'agit pas de barrage, mais de porter la France": l'interview intégrale de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Tout d'abord le ministre de l'économie qui est déjà avec nous sur ce plateau. Bonjour à vous Bruno Le Maire, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, l'écologiste Yannick Jadot et enfin le monsieur économie du Rassemblement National, Jean-Philippe Tanguy. Mais nous avons aussi évidemment nos éditorialistes de qualité. Bonsoir Anna Cabana, bonsoir Thierry Arnaud et bonsoir à vous Emmanuel Lechiffre. Mais on va donc commencer avec vous monsieur le ministre. Il vous reste donc deux jours pour convaincre les Français. Selon les derniers sondages, la majorité présidentielle est toujours en troisième position, loin derrière le Rassemblement National.

Dans quel état d'esprit êtes-vous ce soir ?

0:42
Bruno Le Maire

Résolument combatif. D'abord parce que la majorité progresse et ensuite parce qu'il en va de l'avenir de la France. Et que comme ministre de l'économie et des finances, je suis évidemment attaché à tout ce qui a été fait depuis sept ans. On a rouvert des usines, relancé la production, créé deux millions d'emplois, fait de la France la nation la plus attractive et que je n'ai pas envie qu'en sept jours soit détruit le travail de cette année. Et que dans le fond, les points communs des programmes des deux extrêmes, c'est que c'est travailler moins pour gagner plus. C'est renoncer au travail et à la force du travail.

C'est détruire la nation de production que nous étions en train de recréer avec cette majorité. Et je ne veux pas laisser faire ça comme ça d'un trait de crayon. Il ne s'agit pas de faire rempart à qui que ce soit, ce n'est pas le sujet quand j'entends François Hollande parler de ça. Il s'agit de porter la France, de permettre de réussir au XXIe siècle. Elle est dans la bonne direction. Il y a certainement des choses à corriger, sinon la situation ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. Mais nous ne devons pas quitter cette direction d'un pays qui produit inorectement.

1:43
Présentateur

On va parler de ce que vous proposez pour corriger justement la situation, vos mesures économiques. Mais d'abord des questions d'ordre peut-être plus politiques. Tout d'abord, vous nous avez dit votre état d'esprit, vous vous dites combatif ce soir. Est-ce que vous échangez régulièrement en ce moment avec le président de la République ? Et lui, dans quel état d'esprit est-il ?

2:03
Bruno Le Maire

Nous avons échangé ce matin, parce qu'il y a eu le Conseil des ministres. Et c'est aussi un état d'esprit résolument combatif, une fois encore, pour porter cette idée que nous avons de la France. Une France qui produit, qui réussit. Et puis surtout peut-être pour élargir le débat national. Il y a une chose qui me stupéfie dans cette campagne, c'est que c'est une campagne hors sol. La Chine et ses surcapacités industrielles qui vont se déverser sur le marché européen, ça n'existe pas. La compétition avec les Etats-Unis, ça n'existe pas.

Le fait que des investisseurs qui ont choisi la France pour ouvrir leurs usines, créer des emplois, pourraient demain, parce que la politique fiscale ne serait plus la même, partir en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis, en Asie, ça n'existe pas. Le fait qu'il y a des PME, des TPE, qu'il y a des patrons, qui ne peuvent pas payer 1 600 euros de salaire parce que ce serait trop cher pour eux, ça n'existe pas. Et ça, on va y revenir encore une fois sur le programme. Je voudrais non seulement défendre une vision, mais réancrer cette campagne dans le réel.

2:54
Présentateur

Vous avez eu des mots très durs concernant la décision d'Emmanuel Macron, la dissolution. Je cite vos mots. Les parquets des ministères et des palais de la République sont pleins de cloportes. Ils sont dans les parquets, dans les rainures du parquet. Il est très difficile de s'en débarrasser. Vous faisiez référence là au conseiller d'Emmanuel Macron, qui lui ont conseillé donc de dissoudre l'Assemblée nationale. Est-ce que déjà vous regrettez ces mots cloportes ? C'est violent quand même.

3:18
Bruno Le Maire

Vous regrettez ? Vous plaisantez ? Ça fait des années que je dénonce la monarchie technocratique. Donc quand on la voit à l'œuvre, il vaut mieux dire ce qu'on a sur le cœur. Oui, la monarchie technocratique est le contraire de ce que je veux pour mon pays. Il y a une grande démocratie où les ministres élus décident, parce qu'ils sont responsables devant le peuple, et que c'est eux qui ont le peuple devant eux, et c'est eux qui ont la légitimité du peuple. Et les conseillers y conseillent.

3:43
Présentateur

Mais cette monarchie technocratique, ce sont ceux qui conseillent le président en ce moment ? C'est à eux que vous faites référence, Bruno Le Maire ?

3:49
Bruno Le Maire

Mais je l'ai dit, il y en a partout, il y en a depuis des années. Oui, mais justement, la question de Bruno Le Maire, Bruno Le Maire, et que les conseillers se mettent à vouloir décider ou penser à la place de leur chef, en général, ça ne se passe pas.

3:59
Présentateur

Ça veut dire que vous n'avez toujours pas digéré cette décision ?

4:03
Bruno Le Maire

Vous savez, j'ai la digestion très facile. Ce n'est pas du tout le sujet. On peut quand même. Je dis ce que j'ai sur le cœur, parce que je pense que c'est important, mais pas important pour cette décision spécifique. Important pour comprendre aussi comment nous en sommes arrivés. Avoir aujourd'hui un rassemblement national qui est aussi puissant, ça ne date pas de la décision du président de la République, de manière beaucoup plus ancienne. Reliser ce que je dis et ce que j'écris depuis des années. Cette monarchie technocratique où on peut être haut fonctionnaire, se faire élire et pas démissionner de la haute fonction publique, c'est scandaleux.

Moi, j'ai démissionné de la haute fonction publique, parce que j'estime que quand on est élu, on ne peut plus avoir l'indépendance de la haute fonction publique. En stigmatisant, comme vous le faites. Cette politique où on cumule les mandats, où on peut faire 5, 6 mandats d'affilée, ce n'est pas ma conception, c'est aussi la monarchie technocratique. Et, pardon de le dire, un gouvernement dans lequel les conseillers se prennent pour des ministres, et a fortiori pour des chefs d'État.

4:56
Présentateur

Mais ils prennent la place qu'on leur laisse.

4:57
Invité

Bruno Le Maire, le vrai sujet, les conseillers que vous désignez comme des cloportes, qui ont eu de l'influence sur le président de la République, ils en ont eu parce qu'il leur a laissé en avoir. La responsabilité politique, c'est quand même la sienne, non ? Parce que là, ils ont bon dos dans votre discours, les conseillers cloportes.

5:15
Bruno Le Maire

Les conseillers cloportes, chacun a compris qui cela pouvait concerner, et quelle forme de gouvernance ça pouvait concerner. Moi, je parle de la responsabilité politique.

5:22
Invité

Il y a un responsable politique qui a écouté ces conseils.

5:26
Bruno Le Maire

Il y a un responsable politique qui est présent dans la République, il a pris une décision, ça s'appelle l'article 12 de la Constitution. Il a pris cette décision seule, chacun le sait, et je pense qu'il est simplement important pour l'avenir que nous ayons une organisation de la gouvernance, du gouvernement, de la décision politique en France qui soit démocratique, c'est-à-dire rendue au peuple. Et le peuple, il élit les représentants qui ensuite ont une légitimité par rapport à eux. Les conseillers qui n'ont pas pris ces risques-là n'ont pas la même légitimité, donc ne doivent pas avoir le même pouvoir.

5:53
Invité

Thierry Arnaud. À propos du peuple, qui s'intéresse beaucoup à ces élections, ce que nous disent les sondages aussi, ce que nous disent aussi les procurations, ce que nous disent les votes des Français de l'étranger, par exemple, 250 000 en l'espace de 24 heures, les Français ont très envie de voter, beaucoup plus manifestement qu'il y a quelques jours encore. Comment est-ce que vous interprétez ce sursaut ? Quelle lecture en faites-vous ? Est-ce que vous pensez qu'il peut vous profiter ?

6:16
Bruno Le Maire

Je me réjouis de ce sursaut, je le vois partout. J'étais dans l'Oise tout à l'heure, je serai dans le Gers demain, je fais un ou deux déplacements par jour pour soutenir nos députés à qui je rends hommage, parce qu'ils ont le vent de face et qu'ils se battent. Et je le vois tout simplement comme une prise de conscience que l'avenir de la France, cette fois-ci, est réellement en jeu. Et que ce qui va se décider le 30 juin et le 7 juillet prochain va changer profondément ce que sera la France demain, sa place, sa puissance, sa compétitivité, sa capacité à peser dans le 21e siècle. Est-ce qu'on va, une fois encore, vers la facilité de la consommation qu'on propose tout le monde ?

L'ORN qui dit on va baisser les taux de TVA sur les champs, sur les carburants, le Front de Gauche qui vous dit qu'il va augmenter les salaires sans tenir compte de la compétitivité des entreprises. Tout ça est extraordinairement séduisant. Mais à quoi ça va mener ? Un appauvrissement général du pays. Car le problème français, c'est de produire. Produire des voitures, produire des automobiles, produire des batteries, produire des biens innovants, produire des éoliennes pour les exporter, créer de la richesse avant de la redistribuer.

7:21
Présentateur

Ce que vous dites, c'est que ça n'est pas réaliste. Bruno Le Maire, une dernière question avant de partir en pub sur le président de la République. Ça fait deux jours qu'on ne l'a pas entendu, qu'il ne s'est pas exprimé. Est-ce que vous parliez de prise de conscience ? Est-ce que vous pensez qu'il a fini par comprendre que ses prises de parole n'allaient pas forcément dans le sens de sa majorité ? Est-ce que, selon vous, c'est une décision saine ?

7:44
Bruno Le Maire

Laissons le président de la République tranquille, car il n'est pas l'enjeu de cette élection. L'enjeu de cette élection, ce sont les parlementaires, le chef du gouvernement, et les grands choix de politique économique, financière, fiscale...

7:55
Présentateur

Mais ce n'est pas un recoussoir, pardonnez-moi, Emmanuel Macron ?

7:58
Bruno Le Maire

Je suggère que chacun, et c'est ce qui se passe, je rejoins ce qui a été dit sur la participation des Français, il y a un grand moment démocratique, avec à la fois de l'espoir, et beaucoup, beaucoup, beaucoup d'inquiétudes, que je mesure parfaitement chez chaque citoyen. Tant mieux si la participation est forte, mais soyons à la hauteur des Français, c'est-à-dire que plutôt que de renvoyer la responsabilité à l'un ou à l'autre, comprenons ses inquiétudes, ses colères, ses attentes... Il est un sujet de cette campagne, Bruno Le Maire,

8:24
Présentateur

vous ne pouvez pas le nier, il est un sujet de cette campagne.

8:27
Bruno Le Maire

Je crois les Français plus lucides que ça, le vrai sujet de cette campagne, c'est l'avenir de la France.

8:32
Présentateur

On va marquer une très courte pause, on va aller dans le fond des programmes, la réforme des retraites, la question du pouvoir d'achat, que vous avez commencé à évoquer, il y a un instant, on marque une très courte pause, on poursuit cette interview du ministre de l'économie, Bruno Le Maire, dans quelques minutes, à tout de suite. Prémission spéciale, se poursuit 48 heures, pour convaincre, avec notre invité ce soir, Bruno Le Maire, ministre de l'économie, rebonsoir à vous.

On va reparler de la réforme des retraites, de ce que les trois différents blocs proposent, mais juste avant, Emmanuel Le Chypre, vous aviez une question à poser à monsieur le ministre sur l'impact économique de la dissolution, c'est ça ?

9:06
Invité

Oui, parce que ce qui est frappant, c'est ce qu'on a vu juste après l'annonce de la dissolution, c'est-à-dire une France à l'arrêt, c'est-à-dire des ménages qui suspendent leurs décisions d'investissement, on a même vu certains promoteurs vous dire qu'il y avait plus de désistements que de souscription, les chefs d'entreprises qui se disent « c'est pas le moment d'investir », les investisseurs étrangers qui avaient des projets, il y a des exemples dans plein de régions où finalement tout est suspendu, concrètement la dissolution, ça va coûter combien à l'économie française, cette économie à l'arrêt pendant plusieurs mois ?

9:37
Bruno Le Maire

Pas plusieurs mois, il y a plusieurs jours, plusieurs semaines où effectivement on le voit, il y a moins d'activités dans les hôtels, dans le tourisme, dans certains secteurs, on voit aussi surtout que l'arrivée des programmes du Front populaire comme du Rassemblement national ont inquiété les marchés, moi je n'ai jamais connu depuis 2022 un tel écart de taux d'intérêt entre la France et l'Allemagne, et si ces programmes sont appliqués, l'écart de taux explosera, ce qui fait que quand vous irez chercher un crédit à la banque pour votre logement, ça vous coûtera plus cher, si vous allez chercher un crédit pour innover, investir dans votre PME ou votre TPE, ça vous coûtera plus cher, dans le fond la vraie question c'est de savoir si le 7 juillet on revient sur de bons rails où on part dans le décor, ça résume pour moi ce que sont aujourd'hui les projets économiques, vous avez deux projets économiques qui envoient la France dans le décor, de toujours plus de dépenses publiques, de moins de production, de moins de soutien à l'investissement, et vous avez un projet qui nous maintient sur de bons rails, les rails sur lesquels on est depuis 7 ans, une puissance économique qui investit, qui innove, qui a de la croissance, qui n'est pas passé par la case récession, qui a créé 2 millions d'emplois, et qui pour la première fois depuis 40 ans, je le dis parce que ça me tient tellement à cœur, recréé de nouvelles filières industrielles, batteries électriques, véhicules électriques, que Mme Le Pen, je le rappelle, veut jeter à la rivière.

10:51
Invité

Si vos opposants politiques étaient là ce soir, vous direz que vous avez déjà, dans une certaine mesure, envoyé la France dans le décor. Le déficit, la dette, en l'espace de quelques semaines, ils ont vu les agences de notation dégrader, la Commission européenne engagée une procédure pour déficit excessif, le Haut Conseil des Finances publiques expliquait que votre trajectoire budgétaire pour les prochaines années n'était ni cohérente, ni crédible, ça interroge tout de même.

11:16
Bruno Le Maire

Il y a deux agences qui ont confirmé la dotation de la France, je le rappelle, et surtout nous sommes sur la bonne trajectoire. Nous avons protégé, et je le revendique, pendant la crise du Covid, les gens ont la mémoire courte, tout le monde demandait qu'on protège les entreprises et les salariés, nous l'avons fait, nous l'avons protégé les entreprises et les salariés, et je pense que c'était un bon investissement.

11:37
Présentateur

– Ça c'est 70% de l'augmentation de la dette. – Exactement, c'est le chiffre de l'OFCE. – Il reste 30% à expliquer.

11:41
Bruno Le Maire

– Et j'entends, matin, midi et soir, – qui vient d'une mauvaise gestion. – Ce chiffre de 1 000 milliards de dettes supplémentaires, mais enfin c'est une aberration économique, financière et politique, ces 1 000 milliards, c'est une escroquerie. D'abord parce qu'à 1 euro de 2019, ce n'est pas 1 euro de 2024, on le sait bien, il y a eu de l'inflation. Donc c'est une escroquerie financière, ça ne veut rien dire, c'est un non-sens. C'est aussi un non-sens économique, parce qu'une dette, ça a du sens quand vous le rapportez à la richesse qui a été créée.

Et si on rapporte les 1 000 milliards à la richesse qui a été créée, en réalité c'est 13 points de PIB, 13 points de richesse nationale, qui ont été dépensés pendant ce temps-là, ça représente 353 milliards d'euros, et pas 1 000. Et enfin c'est un non-sens économique, parce qu'on était bien content pendant cette crise du Covid, qu'il y ait un ministre de l'Économie et des Finances pour aider les... Mais donc vous n'avez aucune responsabilité.

12:24
Invité

Est-ce que vous en voulez aujourd'hui aux Français de ne pas être reconnaissants ? Est-ce que vous vous dites, quand même, le chômage partiel, etc. Aujourd'hui, on nous accuse d'avoir dilapidé l'argent public, est-ce que quelque part, vous ne trouvez pas les Français ingrats ?

12:39
Bruno Le Maire

Non, pas du tout. J'en veux aux responsables politiques qui disent tout et le contraire de tout matin, midi et soir. Les mêmes qui viennent vous réclamer de l'argent 2020 pour soutenir davantage l'économie et qui viennent vous reprocher en 2024 de dépenser trop. La seule chose qui compte, c'est l'avenir. Moi, je vais vous dire ce qui va se passer en termes de déficit. Nous sommes aujourd'hui, si on va être tout à fait précis, je vous ai fait un petit schéma, je vais mettre les chiffres du déficit. Nous sommes aujourd'hui à 5,5. Il y a eu un accident sur les recettes. On ne le voit pas du moins. Non, mais je vais vous le montrer. Vous allez nous... Là, vous avez le niveau de déficit.

Vous allez le faire bidire. Le dire tout haut. Et là, vous avez l'année jusqu'en 2027 où nous devons retourner sous les 3% de la zone euro et tous les États européens. On a eu un accident, je le reconnais bien volontiers. En 2023, tout le monde nous est tombé dessus. Il y a eu un accident de recettes. On est à 5,5 au lieu d'être en dessous de 5. 2024, nous avons pris les décisions nécessaires pour être à 5,1. 2025, nous devons être à 4,1. Je peux déjà vous annoncer que nos recettes fiscales aujourd'hui sont bonnes. Au moment où je vous parle, nous avons 3 milliards d'euros de recettes fiscales excédentaires par rapport à ce qui a été prévu en mai 2024. C'est une bonne nouvelle.

2026, nous serons légèrement au-dessus de 3,3,5. Et 2027, nous serons à 3. Voilà la trajectoire budgétaire telle que nous l'avons décidée

13:54
Invité

qui nous permet... On la voit là, cette cour. Ça fait 40 ans que les ministres de l'économie française la font, que les promesses de réduction des déficits à Bruxelles, on les fait et qu'on ne les tient jamais.

14:04
Bruno Le Maire

Or, qui a tenu la promesse de la France sur la réduction des déficits en 2017 et 2018 et 2019 et qui est revenu sous les 3% de déficit ? C'est moi. Il n'y a pas de ministre des Finances qui l'ont fait depuis 10 ans. Donc quand je vous présente une trajectoire de retour, ces 3%, et que je reconnais qu'il y a eu une erreur en 2023, je pense qu'on peut tabler sur ma sincérité et sur mon efficacité. Et à l'inverse, cette courbe, elle suppose des économies que j'ai présentées. 10 milliards d'euros d'économies. Ça suppose de sortir du bouclier tarifaire sur l'électricité. C'est l'augmentation qui a été tellement critiquée début janvier.

Ça suppose de prendre des économies supplémentaires sur lesquelles je suis prêt à revenir un peu plus longuement. Ces décisions, elles sont prises, elles sont insumées. Tous les autres programmes ne proposent aucune de ces économies, reviennent sur toutes ces économies, notamment la sortie du bouclier sur l'électricité, et proposent des dépenses supplémentaires.

14:55
Présentateur

Mais quel impact de ces économies sur le quotidien dépensé, Bruno Le Maire ?

14:58
Bruno Le Maire

Si vous prenez le seul dépense annoncé par Jordan Bardella, puisqu'il n'y a aucune économie, en 25, en 24, vous serez au-dessus de ce qui est prévu, en 25, vous dépasserez les 6, en 26, vous atteindrez les 7, et vous serez probablement au-delà en 2028.

15:14
Présentateur

Donc, évidemment, vous nous montrez deux courbes inversées. Est-ce qu'à posteriori... Voilà, deux courbes.

15:18
Bruno Le Maire

Voilà, très exactement. Bruno Le Maire ? Quand je lis les programmes, que je fais les chiffrages, que je regarde les dépenses annoncées par le Rassemblement National, que ce soit sur les retraites, sur la TVA, ou sur d'autres dépenses comme la baisse de l'IER... Ils n'ont pas encore chiffré

15:29
Présentateur

leurs programmes au Rassemblement National.

15:30
Bruno Le Maire

D'accord, mais il y a quand même des annonces qui représentent... Et LFI, vous les mettez où ? Enfin, le nouveau Front populaire ? Ils ne rentrent pas dans le cadre. Ils ne rentrent pas dans le cadre, ça explose. Mais vous voyez bien qu'avec la majorité actuelle, vous assumez des réductions de dépenses, vous assumez des recettes qui n'explosent pas dans tous les sens, et vous revenez sous les 3% en 2027 dans le cadre européen. Avec le Rassemblement National, vous explosez les déficits et vous êtes largement

15:57
Invité

au-dessus des 3%. Et pourquoi est-ce que le Conseil des finances publiques vous dit ni cohérent ni crédible quand vous leur présentez cette courbe ?

16:03
Bruno Le Maire

Mais vous verrez ce que feront les agences de notation le lendemain de la mise en place du programme du Rassemblement National ou du nouveau Front populaire. Vous regarderez les écarts de taux le lendemain de la mise en œuvre concrète du programme du Rassemblement National ou du Front populaire. Alors, de deux choses, Lune. Soit ils mentent et ils ne feront pas ce qu'ils ont dit. Et ils feront des économies sur le dos des Français où ils augmenteront les impôts pour tenir cet objectif sous les 3%. Soit ils ne mentent pas et ils seront chiffres à l'appui au-dessus des 7% de déficit dans les années qui viennent. Voilà la stricturalité. Et comme nous sommes à quelques... Il y a un sujet

16:41
Présentateur

qui revient beaucoup dans cette campagne. Je t'amène juste là-dessus. Ce sont les conséquences du quoi qu'il en coûte. Comme nous sommes... Est-ce que a posteriori, vous diriez que c'était une erreur ? Qu'on a été trop ambitieux sur ce quoi qu'il en coûte et qu'aujourd'hui, la France en paie un trop lourd tribut ?

16:53
Bruno Le Maire

Non, je ne crois pas du tout. Je crois qu'il était indispensable, une fois encore, de sauver nos usines, nos secteurs, nos filières. Enfin, je vais être très concret. Il n'y avait pas de quoi qu'il en coûte. Il n'y aurait plus d'Air France aujourd'hui. Il n'y aurait plus de Renault. Il y aurait des milliers de restaurants et d'hôtels qui auraient fermé. Il n'y aurait plus de filières de l'événementiel. Il y aurait des dizaines de milliers de salariés qui auraient perdu leur job et les compétences vous n'auriez jamais retrouvées.

Moi, j'ai le souvenir d'une discussion avec Guillaume Faury, patron d'Airbus, qui me disait « Sauve les ingénieurs d'Airbus parce qu'on a mis 10 ans à les former et que s'ils sont licenciés, on ne retrouvera jamais ces formations. » Et derrière Airbus, il y a les dizaines de milliers de sous-traitants de PME, de l'Occitanie, de la Normandie. Nous les avons sauvés. Derrière Air France, il y a le pavillon français dans le ciel. Nous l'avons sauvés. Derrière Renault, il y a l'industrie automobile, il y a l'ensemble des sous-traitants, il y a l'ensemble de la filière de l'aluminium, de l'acier. Nous les avons sauvés.

Oui, cet argent était nécessaire, mais là, je veux le redire avec beaucoup de gravité. Des programmes qui, au moment où nous sommes sortis du Covid, sortis de l'inflation, continuent à dépenser alors qu'il faudrait économiser, mettent la France dans le mur, en dehors des clous européens et avec des risques d'explosion des taux, de crise financière et de mise sous tutelle du FMI international et de la Banque Centrale Européenne.

18:13
Présentateur

On va parler des retraites, de la réforme des retraites. Lisa Hadef nous a rejoint pour nous exposer ce que présente chaque bloc concernant cette réforme. Lisa ?

18:22
Invité

On va commencer par la majorité qui ne reviendra pas sur la réforme des retraites. Gabriel Attal l'a redit hier face à Jordan Bardella et Emmanuel Bompard. L'âge légal de départ à la retraite restera donc 64 ans et il faudra 43 annuités pour avoir sa retraite à taux plein et Ensemble propose notamment aussi de maintenir la revalorisation des retraites en fonction de l'inflation. Du côté du nouveau front populaire, l'abrogation de la réforme est une des priorités du programme sur ce sujet.

Les facteurs de pénibilité supprimés par Emmanuel Macron seront de fait rétablis et l'alliance de gauche veut revenir sur le report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans sans préciser la durée de cotisations nécessaires pour toucher une retraite à taux plein. L'idée, en tout cas l'idéal serait une retraite selon eux à 60 ans d'ici 2027. Pour l'instant donc aucune information sur le nombre d'annuités mais l'idée est de reprendre le modèle de la réforme touraine en attendant d'avoir négocié ce point précis avec les partenaires sociaux. L'objectif c'est 40 annuités. Le Rassemblement National souhaite aussi abroger la réforme des retraites d'Emmanuel Macron.

La promesse c'est là aussi un départ à 60 ans pour les carrières longues pour ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans. pour inciter les jeunes à entrer tôt sur le marché du travail point sur lequel Marine Le Pen insiste particulièrement. Pour les autres l'âge légal de départ sera fixé à 62 ans et les annuités devraient aller jusqu'à 42 années de cotisations. Il y aurait aussi la possibilité d'avancer l'âge légal de départ si les conditions financières sont réunies je cite Jordan Bardella et pour certains métiers comme médecin ou infirmier il prévoit un cumul emploi retraite qui permettrait aux médecins qui reprennent une activité d'être exonérés d'impôts sur le revenu dans ce cadre.

On va prendre un exemple concret pour y voir plus clair sur l'âge de départ à la retraite qui cristallise les débats ou à minima celui d'hier. Si vous commencez à travailler à 24 ans avec le programme de la majorité vous devrez travailler 43 annuités vous partirez donc à la retraite à 67 ans avec le programme du nouveau front populaire il n'y a donc pas encore d'indication exacte sur le nombre d'annuités mais je vous le disais l'objectif est de 40 annuités le départ à la retraite serait donc à 64 ans et enfin avec le programme du Rassemblement National vous le voyez vous devrez travailler 42 annuités vous partirez donc à la retraite à 66 ans. Merci beaucoup Lisa Adep.

20:29
Présentateur

Monsieur le ministre l'idée c'est donc ce soir on le disait il reste deux jours pour convaincre il vous reste deux jours pour convaincre et on veut donc donner toutes les clés nécessaires à ceux qui nous regardent pour bien comprendre les programmes des uns et des autres. Cette réforme des retraites est un sujet brûlant si j'ai bien suivi ce que nous disait Lisa Adep c'est donc avec la majorité présidentielle que l'on partira le plus tard à la retraite et qu'il faudra cotiser le plus longtemps.

20:53
Bruno Le Maire

Mais la grande différence c'est que nous nous avons joué carte sur table et qu'hier soir le poteau rose a été découvert. Ce que propose la Ration nationale qui est la main sur le cœur vous dit vous allez travailler moins longtemps je fais une réforme des retraites 60 ans 62 ans c'est une immense supercherie. Il y a eu tromperie sur la marchandise sur la réforme des retraites proposée par la Ration nationale il faudra travailler jusqu'à 66 ans les masques tombent. Et dans le fond c'est une chose qui me caractérise le programme de Ration nationale

21:23
Présentateur

ils disent qu'ils ont toujours été clairs sur ce point là.

21:25
Bruno Le Maire

Si vous avez vu de la clarté dans les propositions du Front National qui a défendu tour à tour le panier de monnaie pour l'euro puis l'euro l'hydroxychloroquine pour soigner face au Covid

21:33
Présentateur

mais sur la question

21:34
Bruno Le Maire

des retraites sur tous les sujets parce que c'est une méthode politique de la part de Ration nationale mais c'est la même chose sur les retraites c'est dire une chose 60 ans 62 ans on n'a jamais très bien su quel était l'âge légal de départ à la retraite et puis ne pas dire la vérité derrière et dans le fond c'est ce qu'est le Rationement national une façade ça a toujours été

21:53
Présentateur

pour les carrières longues un départ à la retraite à 60 ans

21:55
Bruno Le Maire

Ah bon vous l'aviez compris ?

Ah bah moi je n'avais pas compris ça comme je n'avais pas compris sur la TVA quelle était exactement leur position comme je n'avais pas compris quelle était leur position sur les vaccins comme je n'avais pas compris quelle était leur position sur le nucléaire il y a deux ans Mme Le Pen nous disait le nucléaire c'est dangereux il ne faut pas de nucléaire et aujourd'hui elle dit il faut du nucléaire ils sont flous ils mentent je dis ils mentent ils trompent ils abusent les français et quand ils se disent défenseurs du petit peuple et de la justice je voudrais vous dire à quel point tout ce qu'ils proposent me révolte non seulement parce que c'est mauvais pour la nation française mais surtout parce que c'est injuste la baisse de la TVA sur l'essence ça va coûter des milliards d'euros mais celui qui a un gros 4x4 qui consomme du 15 litres au 100 ça va beaucoup plus lui bénéficier que celui qui roule avec une RS5 au diesel vous trouvez ça juste de claquer de l'argent public pour aider ceux qui sont les plus riches et qui ont les plus gros véhicules ce qui est proposé sur la suppression de l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans mais j'imagine que tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui qui touchent 2500 2700 euros par mois et qui ont 52 ans et qui ont des traites à rembourser qui ont une famille à aider des enfants à aider ils doivent être très contents d'apprendre que grâce au Rassemblement National eux vont continuer à payer des impôts mais un jeune de 25 ans qui gagne très bien sa vie parce qu'il a créé sa boîte lui il n'en paiera aucun sur la question justement injuste quant à l'augmentation des salaires de 10% avec exonération de cotisation mais c'est le pire effet d'aubaine qu'on puisse offrir aux boîtes c'est-à-dire que toutes celles qui pouvaient augmenter les salaires elles vont augmenter les salaires elles l'auraient fait de toute façon mais en plus elles vont empocher une aide de l'État sur la question du pouvoir d'achat ce qui caractérise le Rassemblement National c'est la dissimulation et l'injustice

23:25
Présentateur

les gens ont lu leur programme monsieur le ministre les gens ont lu leur programme notamment lors des européennes comment vous expliquez que les plus précaires se soient tournés vers le Rassemblement National ce n'est pas moi qui me dis ce sont les dernières études

23:38
Bruno Le Maire

bien sûr mais ça peut être d'autres sujets ça peut être la sécurité ça peut être la délinquance sur lequel nous devons évidemment renforcer notre politique

23:44
Invité

le logement que vous n'avez pas

23:45
Bruno Le Maire

beaucoup traité oui je suis tout à fait d'accord pour reconnaître que sur le logement on peut faire beaucoup mieux mais comme je pense profondément qu'il y a une prise de conscience et que ces élections se jouent à toute dernière minute et qu'il faut se battre jusqu'à la dernière minute de la dernière heure du dernier jour pour convaincre je veux vraiment dire avec toute la gravité et toute la sincérité qui est la mienne que je trouve ce programme du Rassemblement National non seulement totalement inefficace pour notre pays mais en plus profondément injuste

24:14
Invité

est-ce que vous faites un mea culpa Bruno Le Maire quand même un mea culpa précisément pour la situation dans laquelle nous sommes et la difficulté que vous avez à vous rendre audible auprès des français qui ont envie de se tourner vers toutes les autres solutions est-ce qu'il n'y a pas un vrai mea culpa

24:31
Bruno Le Maire

il y a beaucoup de choses qu'il faut que nous fassions mieux c'est évident mais le CHIP a parlé du logement je le reconnais bien volontiers sur l'augmentation du salaire net on a fait beaucoup de choses pour que le travail paye mieux d'abord reconnaissons qu'on a créé du boulot parce que la question du pouvoir d'achat c'est la préoccupation numéro un des français je la partage mais si on veut du pouvoir d'achat il faut du travail je le redis le programme consiste à dire travailler moins pour gagner plus comme le propose le Rassemblement National qui dit aux gens qui ont le RSA vous ne serez plus obligés de vous former plus obligés de travailler qui veut revenir sur la réforme

25:00
Invité

mais là c'est pas le mea culpa

25:01
Bruno Le Maire

non non je veux juste montrer que le Rassemblement National non seulement est injuste mais en plus c'est le parti du chômage et pas le parti de l'emploi ça on l'a compris la question d'anar sur la rémunération nette le mea culpa je n'aime pas tellement ce terme là mais reconnaître qu'il faut aller plus vite examen de conscience oui prenez tous les termes qui vous passeront par l'esprit ce que je sais c'est qu'il faut faire donc diminuer les charges plus rapidement beaucoup plus vite la prime défiscalisée la défiscalisation des heures sup ça a été beaucoup de choses qui ont été faites créer 2 millions d'emplois c'est garantir mais la suite et sans doute qu'on aurait peut-être dû le faire plus vite plus rapidement plus fort il faut revoir complètement de A à Z le barème de l'allègement de charges parce que on le sait tous qu'il y a une trappe à bas salaire en France qui existe depuis des années tout simplement ce qui est une exonération de charges jusqu'à 1,6 pardon d'être un petit peu technique et donc dès qu'on veut augmenter de 100 euros quelqu'un qui est à ses niveaux de salaire lui il ne va rien toucher parce qu'il va payer de l'impôt sur le revenu et il va perdre sa prime d'activité donc au lieu de toucher 100 balles il va en toucher 40 c'est-à-dire 60% de taux de prélèvement c'est profondément injuste on doit le corriger très vite et quant à l'employeur lui il voudrait bien donner les 100 euros au gars qui bosse bien dans son atelier ou dans son usine ou dans son entreprise mais ça va lui coûter 400 balles il ne peut pas donc vous avez des gens le problème n'est pas le niveau de rémunération de départ c'est l'absence de perspective l'absence d'espoir la possibilité de s'acheter un logement de s'acheter une voiture d'offrir des vacances

26:28
Invité

à ses enfants donc nous devons juste les gènes de chiffre

26:32
Bruno Le Maire

pour terminer le raisonnement et répondre très clairement à Nakabada oui nous aurions certainement dû aller plus vite dans la redéfinition de ces lignes en charge pour recréer de la dynamique salariale et donc de l'espoir pour des millions de nos compatriotes

26:45
Invité

d'accord sur 100 euros 200 euros de plus par mois ça n'empêche Bruno Le Maire que le bien-être au quotidien des français ça fait 40 ans qu'il se dégrade et qu'il ne voit pas d'amélioration c'est-à-dire que même avec 100 ou 200 euros de plus par mois c'est toujours compliqué à l'hôpital l'école se dégrade la sécurité donc vous voyez ils ont cette impression les français que finalement depuis 40 ans vous mettez des présidents et des gouvernements de gauche, de droite et que sur le régalien ça ne fait que se dégrader c'est des pans entiers du service public je vais répondre sur le régalien

27:11
Bruno Le Maire

mais vous avez à juste titre souligné la question du sentiment d'appauvrissement et de déclassement de beaucoup de nos compatriotes enfin comment on l'explique ça quand depuis 1981 on fait le choix de dire à nos compatriotes on peut travailler moins on peut faire les 35 heures on peut partir à la retraite à 60 ans et vous aurez un meilleur niveau de vie ça s'appelle un mensonge politique au plus haut niveau de l'état et nous payons encore depuis 1981 ces promesses très généreuses très sociales mais qui ne sont pas financées et c'est ce qui m'inquiète dans cette élection je ne connais pas la question

27:48
Invité

d'Emmanuel Lechypre sur la dégradation des services publics on paye globalement tous impôts confondus mais pourquoi dans beaucoup de cas de plus en plus et on constate que les services publics

27:58
Bruno Le Maire

ne cessent de se dégrader parce que nous avons un état depuis 30 ans ou 40 ans qui veut systématiquement rajouter et que vous gérez depuis plusieurs années des prestations 7 ans des aides sociales des chèques au lieu de se concentrer sur les sociaux je vais vous dire le fond de ma pensée trop de social tue le social et à force d'avoir voulu aider tout le monde tous azimuts avec des chèques avec des aides y compris ceux qui ne travaillent pas et qui ne veulent pas travailler y compris ceux qui n'en ont pas réellement besoin et bien ceux qui en ont le plus besoin nos services publics auxquels je suis viscéralement attaché nos hôpitaux nos services d'urgence nos écoles nos services publics de manière générale effectivement fonctionnent moins bien si on veut une solution à ce problème là il faut repenser l'état social français pour qu'il aille vers ceux qui en ont le plus besoin et qu'il se disperser on a commencé à le faire mais tout seul quand nous décidons de doubler la franchise sur le médicament parce que nous sommes la nation en Europe qui consomme le plus de médicaments quelle est la seule majorité les seules économies et les finances quel courage de doubler cette franchise ça ne s'était pas fait depuis 2008 nous l'avons fait nous l'avons passé de 50 centimes à 1 euro nous avons dit bah oui si vous achetez des médicaments vous aurez une contribution plus forte sauf pour ceux qui sont en affection de longue durée qui ont besoin de beaucoup de médicaments parce qu'ils ont un cancer parce qu'ils ont un Alzheimer eux on ne bouge pas la franchise elle sera au maximum de 50 euros par an mais nous avons eu le courage de le faire je le redis très simplement la France va décider de son avenir elle a besoin d'un État protecteur qu'on investisse dans les services publics un défense de la sécurité de la gendarmerie de la police nous l'avons fait depuis 7 ans il faut le faire encore davantage mais ça suppose de comprendre que le social doit être réservé à ceux qui en ont réellement besoin et d'arrêter de promettre la gratuité de tout pour tous trop de social

29:36
Présentateur

tue le social une dernière question là-dessus sur votre programme sur cette prime Macron que vous souhaitez faire passer de 3000 euros à 10 000 euros qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent oui mais c'est pas une augmentation de salaire et qui disent peut-être que ces primes-là elles vont se substituer à des augmentations salariales c'est un one shot

29:52
Bruno Le Maire

mais vous savez j'entends toutes les critiques c'est bien pour ça qu'il ne faut pas faire que cette prime qui a très bien marché c'est un montant moyen de plus de 800 euros pour des millions de salariés donc c'est quand même bien comme mais pas pour tout le monde mais pas pour tout le monde enfin c'est des millions de salariés c'est important aussi de maintenir la défiscalisation des heures supplémentaires car je rappelle on n'en a pas beaucoup parlé que le soi-disant front populaire qui n'est ni un front ni populaire veut supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires je le dis pour tous les ouvriers qui nous écoutent pour deux tiers des ouvriers français ça voudra dire entre 200 et 400 euros de moins par an de pouvoir d'achat que chacun écoute bien que chacun lise que chacun comprenne ce qui est proposé par les uns et par les autres mais pour répondre très concrètement à votre question il faut non seulement faire la prime jusqu'à 10 000 euros mais dès le budget 2025 revoir de A à Z le barème des allègements de charges pour supprimer la trappe à bas salaire dont j'ai parlé tout à l'heure

30:44
Présentateur

on va parler à présent d'un sujet qui agite les débats ces dernières heures les consignes de vote au second tour il y a eu plusieurs tribunes qui ont été publiées hier notamment une tribune dans le journal Le Monde de plus de 200 personnalités de la gauche au centre en passant par certaines figures de la majorité présidentielle qui appelaient à faire barrage contre le Rassemblement National il y a eu une réunion hier avec le président de la République à laquelle j'imagine vous avez participé par téléphone à ce stade le président de la République ne veut pas trancher sur ce sujet pourtant deux figures de la majorité se sont positionnées ces dernières heures la ministre de la Culture tout d'abord Rachida Dati qui parle ce soir dans une interview au Figaro qui met sur le même plan en fait le Rassemblement National et la France Insoumise on va peut-être voir les déclarations de Rachida Dati aujourd'hui les propositions du RN comme de LFI sont deux recettes différentes pour un même désastre François Bayrou s'est aussi exprimé on va l'écouter et on vous fera réagir

31:42
Locuteur non identifié

je suis exactement sur la même position qu'ont exprimé une trentaine de responsables politiques de gauche très très importants Bernard Cazeneuve Manuel Valls Julien Drey qui est de dire en une phrase nous ne voterons ni pour un candidat du Rassemblement National ni pour un candidat LFI LFI pas Front Populaire LFI LFI pourquoi je fais la différence mais peut-être faudrait-il aussi se poser la question de savoir pourquoi des forces politiques que je considère comme républicaines sont allées s'installer sous la coupe et sous le joug de d'une extrême gauche très radicale très brutale et très violente

32:32
Présentateur

Vous êtes sur quelle position Bruno Le Maire est-ce que vous aussi vous partagez le point de vue notamment de François Bayrou de Rachida Dati ça sera un ni-ni en cas de triangulaire en cas de pardon de face-à-face LFI Rassemblement National

32:47
Bruno Le Maire

Je vous le dirais le 1er juillet au matin pas tout à fait précis parce que je ne trouve pas très correct vis-à-vis de nos candidats qui sont sur le terrain qui se battent de donner déjà des consignes de vote comme si dans le fond ils allaient perdre Moi je pense que chacun peut gagner que chacun de nos candidats peut et doit gagner Donc je ne veux pas Donc je ne veux pas Donc je ne veux pas

33:05
Invité

Donc je ne veux pas

33:05
Bruno Le Maire

Je dis simplement que nous avons intérêt à mon sens à attendre le 30 juin au soir respecter le vote des électeurs avant de prendre une position C'est respecter aussi des Français et du choix souverain des Français La deuxième chose sur ce sujet sur laquelle je veux insister c'est que j'entends beaucoup ces fronts républicains ces barrages bon tout ça est très sympathique enfin il serait peut-être temps qu'on se demande ce que nous proposons aux Français C'est quoi qui les emporte c'est quoi qui les mène plus loin On en parle aussi vous ne le met On parle de jeu

33:33
Présentateur

On parle des programmes On parle de ça Vous savez ce que disent les tenants de l'aile sociale démocrate du PS que le président se planque parce qu'il ne donne pas de consigne de vote

33:42
Bruno Le Maire

Ce n'est pas du tout une critique contre qui que ce soit Je dis simplement que ça fait des années étant depuis de nombreuses années maintenant engagé en politique que j'entends parler de fronts républicains faire barrage à l'extrême droite Je pense que je viens d'une circonscription où le Front National a toujours été extrêmement élevé et qui a basculé au bout de trois mandats au Rassemblement National Sauf que les électeurs à la Rassemblement National je vais vous dire je les respecte je les entends

34:07
Invité

Je les écoute Mais est-ce que vous renvoyez dos à dos Est-ce que vous renvoyez dos à dos

34:11
Bruno Le Maire

la France insoumise Bruno Le Maire et le Rassemblement National Parce que j'ai un énorme défaut Je tiens toujours parole Donc quand je dis que je ne fais que trois mandats je n'en fais pas un quatrième

34:19
Invité

Oui mais la circonstance exceptionnelle vous expliquez vous-même

34:22
Bruno Le Maire

que le pays est en danger Au nom des circonstances exceptionnelles il y a eu beaucoup d'erreurs qui ont été commises dans l'histoire de France Mais est-ce que ce n'est pas le moment

34:28
Invité

de se retrousser les manches et d'aller défendre les gens

34:30
Bruno Le Maire

à l'Assemblée Nationale ?

C'est le moment de se retrousser les manches pour aller défendre partout sur le territoire dans toutes les circonscriptions nos idées Mais ce que je veux dire qui est un point qui me semble important c'est que la meilleure façon de répondre à cette montée du Rassemblement National ce n'est pas de créer des digues c'est d'écouter les Français c'est de comprendre qu'ils en ont assez d'être coincés quand on est héritier d'une culture aussi importante que la culture française d'être coincé entre le wokisme d'un côté et l'islam politique d'un autre Ils en ont assez qu'on critique sans cesse la mémoire de la France Ils en ont assez de l'insécurité du quotidien de la petite délinquance et qu'il vaut beaucoup mieux avoir l'humilité d'écouter nos compatriotes que de dresser des barrages contre leurs inquiétudes

35:10
Présentateur

Ce qui est intéressant là Bruno Le Maire dans les déclarations de Rachidati ou de François Bayrou c'est qu'ils renvoient dos à dos la France Insoumise et le Rassemblement National Est-ce qu'il n'y en a pas un qui vous inquiète un peu plus qu'un autre ?

35:21
Bruno Le Maire

Les deux du point de vue économique et financier qui sont au domaine de compétence envoient la France droit dans le mur et sont aussi nocifs l'un que l'autre pour la France simplement parce qu'ils ne traitent pas les vrais sujets français

35:33
Présentateur

Ça c'est d'un point de vue économique

35:34
Bruno Le Maire

Nous avons un sujet de finances publiques on en a longuement parlé il faut le régler Eux le détériorent Nous avons un sujet majeur qui est l'abandon de la production en France qu'elle soit agricole le RN abandonne la PAC ou industrielle le RN baisse les taux de TVA au lieu de soutenir les industries Mais donc vous les mettez

35:50
Présentateur

au même niveau c'est ça ma question ?

35:51
Bruno Le Maire

Je pense que les deux sont aussi nocifs l'un que l'autre Je ne mets pas de signe égal Je ne mets pas au même niveau parce que l'histoire n'est pas la même parce que le passé n'est pas le même mais je dis simplement que dans les fonctions qui sont les miennes je veux avec sincérité une fois encore dire à nos compatriotes la voie économique financière pour votre pouvoir d'achat pour votre vie pour la vie de vos enfants qu'ils vous proposent est une immense illusion qui vous décevra et qui provoquera beaucoup de choses

36:20
Présentateur

Mais le RN vous fait plus peur que la France en soumise à vous écouter C'est simplement sur le plan économique c'est important ce que vous disiez Vous les mettez sur le même niveau sur le plan économique Dominique Troscan dit la même chose que vous

36:30
Bruno Le Maire

Chaque formation politique a son histoire a sa mémoire à sa figure et je pense qu'il vaut mieux traiter chaque formation politique de façon singulière plutôt que de mettre tout le monde dans le même sac En revanche du point de vue économique et financier je le redis ce sera le même résultat c'est le même empire

36:46
Invité

Dominique Troscan qui a exercé les mêmes fonctions que vous à Bercy fait le même constat sur le premier point seulement c'est à dire qu'il renvoie dos à dos les programmes économiques en disant que c'est un désastre dans les deux cas sauf que lui il finit cette même tribune dans le challenge en disant il faut savoir choisir son meilleur ennemi pour éviter le pire et donc il dit qu'il va voter pour le nouveau front populaire FUS en se bouchant le nez qu'est-ce que ça vous inspire ?

37:11
Bruno Le Maire

Le ministre Troscan ne fait pas partie de mes grandes références politiques pour tout vous dire en revanche je vous confirme Madame Cabana que dès le lundi matin le lendemain des élections une fois que nos compatriotes se sont exprimés je prendrai comme toujours une position claire et publique et je n'appelle pas ça une consigne de vote parce que je pense que les français sont suffisamment adultes pour que les responsables politiques qui le sont souvent bien moins qu'eux ne leur donnent pas de consigne

37:35
Présentateur

Qu'est-ce que vous dites alors à tous ces français de gauche qui en 2022 au second tour ont appelé à voter Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen et qui vous entendent aujourd'hui et qui peut-être s'agacent de ne pas vous entendre donner et avoir une position claire ? Qu'est-ce que vous leur dites

37:53
Bruno Le Maire

à ces gens-là ? Ils peuvent s'agacer ça ne va pas beaucoup m'émouvoir je leur dis qu'il faut respecter les français qui s'expriment dimanche 30 Et ce sont des français peut-être ?

Mais ils s'expriment dimanche 30 nos compatriotes donc laissons-les s'exprimer et avant qu'ils s'expriment plutôt que de rentrer immédiatement avec une espèce de délectation comme seule la classe politique est capable de le faire elle adore ces débats politiques politiciens sur telle ligne telle autre Non, regardons parce qu'il nous reste 48 heures pour le faire les projets les décisions les changements que pourrait entraîner tel vote ou tel autre vote parce que c'est la vie quotidienne de nos compatriotes qui est en jeu et c'est la place de la France dans le monde qui va se définir le 7 juillet prochain

38:30
Présentateur

Bruno Le Maire quel projet pour la suite ? Certains se mouillent déjà Gérald Darmanin a dit si je suis réélu je préfère siéger à l'Assemblée nationale pour construire un nouveau projet quels sont vous vos projets pour la suite ? Déjà

38:47
Bruno Le Maire

Si vous verrez enfin vous savez je suis totalement dans le présent pour une raison qui est simple c'est que l'enjeu est absolument majeur j'ai eu l'immense honneur l'immense honneur d'être 7 ans ministre de l'économie et des finances et quand je me retourne je me dis mais avec nos équipes avec la majorité on a quand même fait un sacré bout Vous avez envie de continuer ? On a fait rentrer la France dans le 21ème siècle pour dire les choses simplement on a rompu avec le chômage de masse la désindustrialisation et le rejet de la France 2 millions d'emplois créés des usines qui ouvrent et le pays qui est devenu le plus attractif

39:18
Présentateur

Et vous aimeriez continuer Bruno Le Maire ?

39:20
Bruno Le Maire

Déjà regardons cela

39:21
Invité

Mais vous voyez bien dans les urnes que les français vous disent que votre bilan est un échec sinon ils n'ont pas voté

39:25
Bruno Le Maire

ce qu'ils ont voté aux élections européennes Il manifeste une colère une inquiétude qui est parfaitement légitime Il rappelle sur la table des sujets dont on a longuement parlé qui sont majeurs Vous avez créé bout de croissance ?

Ok On n'en a pas vu assez la couleur pour nous Et je l'entends Ils nous disent sur la petite délinquance la sécurité ça suffit vous n'avez pas fait assez C'est une histoire que j'ai racontée récemment parce qu'elle m'a beaucoup touché quand je suis allé à Chalon-sur-Saône une pharmacienne qui dit Merci monsieur le maire Vous avez sauvé ma pharmacie mais elle a été attaquée au couteau Elle me dit ça ne servait à rien de la sauver puisque j'ai été attaqué au couteau le lendemain dans ma pharmacie Ça résume tout Donc il y a toujours mieux à faire Et pour vous répondre très simplement l'engagement politique il peut prendre mille formes Pour moi il ne sera pas à l'Assemblée nationale Je salue tous ceux et toutes celles qui vont aller à l'Assemblée nationale qui vont livrer le combat au sein de l'Assemblée nationale J'ai été trois fois élu à l'Assemblée nationale Il faut savoir passer à autre chose et écrire de nouvelles pages

40:22
Présentateur

Et précisément vous candidat parlons concrètement en 2027 qu'est-ce qui vous distinguera d'Edouard Philippe par exemple ?

40:29
Bruno Le Maire

Encore faudrait-il que je sois candidat nous verrons

40:31
Présentateur

Vous l'êtes ou pas ?

40:32
Bruno Le Maire

Si vous pensez qu'avant des élections législatives j'allais me prononcer sur une candidature à l'élection présidentielle de qui que ce soit d'Edouard Philippe ou de qui que ce soit d'autre qui sont des gens pour lesquels j'ai amitié et respect là j'ai peur qu'on s'éloigne beaucoup beaucoup beaucoup du débat Mais que ce n'est pas

40:49
Présentateur

le moment de s'émanciper

40:51
Bruno Le Maire

Je suis un garçon centré vous savez et je n'ai pas besoin de m'émanciper pour une raison qui est simple c'est que j'ai toujours été libre J'ai eu une vie politique avant de rejoindre Emmanuel Macron J'étais ministre de l'agriculture ministre des affaires européennes député de l'heure Je viens d'être 7 ans ministre des économies et des finances C'est un immense honneur dont je suis reconnaissant Ensuite comment s'écrira ma vie ensuite Moi ce qui m'intéresse c'est comment s'écrira la vie des français

41:16
Invité

Mais vous n'excluyez pas vous pouvez pas nous dire ce soir que vous excluez d'être candidat en 2027

41:20
Bruno Le Maire

Dans la vie il ne faut pas exclure il faut inclure

41:23
Présentateur

Est-ce que vous avez déjà pensé à rejoindre Edouard Philippe après tout Vous êtes deux hommes qui viennent de la droite vous avez à peu près les mêmes idées Est-ce que ça vous dirait de le rejoindre ?

41:38
Bruno Le Maire

Pour construire ce fameux bloc central et que lui aspire à mettre en place Je voudrais faire des jeux de mots mais il faut joindre les uns et les autres pour ne pas rejoindre

41:45
Invité

Mais ce sont des pirouettes Bruno Le Maire Ce ne sont pas des pirouettes

41:48
Bruno Le Maire

ça dit des choses

41:49
Invité

Vous êtes suffisamment fine à Nakabana

41:52
Bruno Le Maire

pour comprendre ça veut dire tout simplement que je suis un homme libre que je compte bien rester un homme libre Oui je n'ajoute pas d'autres qualificatifs Libre Vous ne voulez pas

42:02
Présentateur

aller à l'Assemblée nationale ça veut dire que par exemple en cas de cohabitation qu'est-ce que vous ferez ? Qu'est-ce que vous ferez ? Si vous ne voulez pas être député vous ne serez probablement plus ministre Vous allez écrire Vous allez rejoindre le privé

42:15
Bruno Le Maire

Je vous fais une deuxième promesse Je vous dis que le 1er juillet je donnerai ma position et ce que je voterai dans les différents cas de figure qui vont se présenter pour l'instant je me bats pour les députés et puis avant la fin de l'été je vous promets vous saurez ce que je deviens je pense que ça n'a aucune espèce d'important Mais est-ce que vous avez envie d'autre chose ? Mais si vous y tenez et comme la soirée est très agréable avec vous je ne voudrais surtout pas la gâcher je vous fais cette promesse qu'à la fin de l'été vous saurez ce que je deviens

42:38
Présentateur

Est-ce que vous avez envie d'autre chose ? Est-ce que vous avez envie de prendre un peu le large de retourner vers l'écriture ? Un nouveau livre

42:45
Bruno Le Maire

J'ai toujours concilié écriture et politique on me l'a suffisamment reproché d'écrire pendant que j'étais Oui mais là vous allez avoir

42:50
Présentateur

plein de temps pour vous donc est-ce que vous avez envie de vous consacrer à ça ? De quoi avez-vous envie pour la suite ?

42:55
Bruno Le Maire

C'est intéressant aussi J'étais un ministre un responsable politique qui écrivait qu'on peut aussi être un écrivain qui fait de la politique voilà tout se peut se combiner

43:03
Présentateur

Dernière question concernant le risque de violence vous avez dit cette semaine craindre pour la paix civile en France si le Rassemblement National arrive au pouvoir Vous iriez jusqu'à dire que vous craignez la guerre civile comme le dit Emmanuel Macron ?

43:18
Bruno Le Maire

Non Non En revanche je ne suis pas inquiet triste triste vraiment sincèrement de voir la manière dont les propos antisémites se diffusent librement facilement désormais dans la société française ça m'attriste ça menace la paix civile Je suis triste de voir un élu de la République sur une radio concurrente expliquer que l'homosexualité c'est contre nature je me dis mais on régresse on devrait avancer on régresse je suis triste de voir l'égalité femme-homme remise en question insidieusement subrepticement mais réellement Donc vous pensez

44:01
Présentateur

qu'il peut y avoir une libération de la parole homophobe raciste avec l'élection du Rassemblement National ? C'est que nous la voyons

44:07
Bruno Le Maire

aujourd'hui et qu'elle me choque profondément elle me choque profondément je vais vous dire si un homme aime un autre homme ou une femme aime une autre femme elle ne doit pas avoir le droit d'aimer cette autre femme elle ne doit pas avoir le droit d'aimer cette autre homme mais le devoir et la liberté c'est ça la France c'est ça la liberté française si on veut critiquer la position d'un autre on doit pouvoir le faire librement sans qu'on vous accuse immédiatement d'avoir un esprit trop critique de céder à la caricature si on est en France je suis désolé on ne caractérise pas un citoyen parce qu'il est juif on ne le fait pas on ne reproche pas à quelqu'un d'être juif parce que ça s'appelle un crime et je vois dans notre débat public depuis des semaines la grande France la grande nation celle qui a inventé les droits de l'homme celle qui a porté l'universalisme celle qui respecte chaque personne pour ce qu'elle est pour ce qu'elle aime pour ce qu'elle veut classifier les gens les mettre dans des cases en fonction de leur religion leur race de leur orientation sexuelle de leur genre je vous dis c'est un mauvais chemin ça ne sent pas bon c'est très mauvais pour la France ça menace effectivement notre paix civile car la paix civile la paix française c'est le respect c'est l'ouverture c'est la dignité de chacun

45:16
Invité

Juste deux questions Anna très rapidement parce qu'on a des questions des spectateurs qui nous parlent Il y a un peu moins d'un an à la fin du mois d'août de l'année dernière c'était votre entrée politique et vous aviez déclaré en guise de prise de position que la France avait besoin d'autorité et d'amour c'était vos mots vous le rediriez ?

45:32
Bruno Le Maire

Exactement les mêmes mots d'amour parce que je pense je commencerai par là que tous nos compatriotes ont besoin de considération quand on est enseignant quand on est soignant quand on exerce un métier quand on n'a pas trouvé un emploi donner de la considération à chacun

45:47
Invité

Et vous avez le sentiment qu'Emmanuel Macron leur a donné de l'amour aux Français ?

45:50
Bruno Le Maire

Je pense que nous tous un des changements majeurs que toute notre majorité doit faire c'est donner plus d'amour plus de considération à chaque citoyen à chaque citoyenne c'est la base de la politique on ne fait pas de politique si on n'a pas d'amour Mais est-ce que ce n'est pas

46:04
Invité

à cet endroit-là précisément qu'il y a une prise de conscience à faire pour vous qui avez exercé le pouvoir pendant 7 ans ?

46:10
Bruno Le Maire

Peut-être mais enfin je n'ai pas exercé le pouvoir pendant 7 ans je suis engagé en politique depuis 2002 depuis 22 ans et le point de départ de mon engagement politique a toujours été le respect la considération l'amour de mes compatriotes il faut beaucoup aimer les Français pour bien les servir et l'autorité parce que oui il n'y a pas de société qui tienne s'il n'y a pas d'autorité tout ce que je vous ai dit sur la montée de l'antisémitisme de l'homophobie des actes racistes des paroles qui se libèrent soit disant la parole qui se libère et qui ne se tient plus je vais vous dire c'est la société qui se tient plus au bout du compte une parole ça se tient

46:40
Présentateur

un homme et une femme

46:41
Bruno Le Maire

ça se tient et une république ça se tient

46:45
Présentateur

Vous voyez ce QR code qui s'affiche à l'écran et qui permet en fait à ceux qui nous regardent de pouvoir réagir en temps réel de poser des questions on en a deux qui nous sont parvenus qui vont nous ramener aux questions économiques celles de Raphaël c'est un commentaire il vous interpelle et il dit j'ai commencé à travailler à 19 ans si j'écoute le programme du Rassemblement National j'y gagne si je vote pour eux Vous lui répondez quoi à Raphaël ?

47:08
Bruno Le Maire

Vous allez gagner sur le papier et vous allez perdre sur votre pension de retraite parce qu'au bout du compte comme tout ça n'est pas financé soit les pensions baisseront soit les impôts augmenteront l'un ou l'autre tout ça n'est pas financé moi je reprends le schéma que je vous ai montré tout à l'heure voilà où sera le déficit avec le Rassemblement National la question que je pose c'est comment est-ce qu'on vient de là à là pour être dans les clous ne pas augmenter les impôts ne pas augmenter les taux d'intérêt et ne pas baisser les pensions de retraite il y avait une question importante sur l'immigration sur l'immigration

47:39
Présentateur

on va la revoir c'est la question de Jourdan y a-t-il une étude sur l'immigration demande-t-il j'entends qu'il y a des besoins sur l'immigration mais je ne trouve pas de chiffre précis qu'en pensez-vous ?

47:48
Bruno Le Maire

Je pense que la question de Jourdan est fondamentale je vois là aussi je prends les programmes que le Rassemblement National nous dit il ne faut pas construire 6 EPR il faut en construire 10 relancer le chantier des réacteurs nucléaires les EPR c'est les nouveaux réacteurs nucléaires ça va demander de réorganiser toute une filière que les majorités précédentes avaient abandonnée mais si vous discutez avec EDF avec cette filière ils vous disent mais nous si on n'a pas une aide massive de travailleurs immigrés qui sont chaudronniers qui sont soudeurs qui nous permettent de construire ces réacteurs nucléaires on n'y arrivera pas

48:21
Invité

Gabriel a dit 14 réacteurs nucléaires

48:24
Bruno Le Maire

oui mais très bien disons 14

48:25
Invité

c'est ça le programme de votre candidat

48:27
Bruno Le Maire

sauf que nous nous ne disons pas de l'autre côté que nous allons réduire l'immigration à 10 000 personnes par an on ne peut pas dire qu'on va construire plus de réacteurs nucléaires et en même temps ne pas avoir les compétences nécessaires pour les réaliser on ne peut pas dire qu'on veut relancer l'économie française et ne pas avoir les compétences non plus pour réaliser cette réindustrialisation et cette relance de l'économie française

48:48
Présentateur

ce sera le mot de la fin merci beaucoup merci le ministre d'avoir été avec nous merci le ministre de l'économie