Instant Porcher | Pénurie de médicaments - Macron, Sarkozy, Hollande : tous coupables !
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Comment expliquer que nous ayons des pénuries de médicaments en France ?
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Est-ce que ce plan de relocalisation est suffisant ?
- 12:39OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que tu penses de ce boom de l'intelligence artificielle ?
- 16:39OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que tu as vu comme rapport avec le travail, toi, dans les technologies ?
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« En 2020, en pleine crise Covid, Emmanuel Macron déplorait déjà la production hors France et Europe de nos médicaments. »
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« Dès cet hiver, nous avons connu des pénuries. »
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« Selon l'étude BVA réalisée par France Asso Santé en mars 2023, 37% des Français ont été confrontés à des pénuries en pharmacie, relève l'Élysée. »
- 2:46PrésentateurFait
« Les industriels devront avoir 4 mois de stock, selon le ministre de la Santé François Broun dans le Parisien. »
- 5:43PrésentateurFait
« Il y a 10 ans, la France était le premier producteur européen de médicaments. Aujourd'hui, on est à la cinquième place, selon le LIM. »
- 11:00PrésentateurFait
« « Je suis pour la réussite de ceux qui investissent dans l'économie, il ne faut pas brider nos entrepreneurs quand ils sont prêts à réinvestir. » »
- 11:09PrésentateurFait
« Emmanuel Macron s'est félicité d'avoir créé depuis 2017 un potentiel de business angels, des investisseurs privés. »
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Qu'est-ce qui s'est passé ces 20 dernières années ? Sur un certain nombre de choses, on était très bien classés, et puis on est en train de dégringoler sur tout un tas de secteurs. On n'a pas besoin d'applications, d'internet, d'algorithmes, d'intelligence artificielle, on a besoin juste d'humains. On a besoin d'humains. Là, sur du médicament, à l'autre bout, vous avez des vies qui sont en jeu. Par exemple, pour la mycoviscidose, vous avez donc des enfants d'une dizaine d'années qui vont être dans le stress parce qu'ils attendent leur médicament, et ça, ça ne devrait pas être acceptable.
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas Porcher chaque semaine pour décrypter l'actualité. Avec la multitude des discours qu'on entend autour de nous, se poser, connaître et comprendre est une véritable arme démocratique. Vous le savez, cela fait maintenant des mois que le média tend le micro comme on lève le poing dans cette bataille des retraites, que nous avons multiplié les reportages et les émissions. On le rappelle, le média fait beaucoup avec peu, avec quelques caméras, micros, une vingtaine de travailleurs et travailleuses.
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Au programme de l'Instant Porsche aujourd'hui, Emmanuel Macron s'attaque aux pénuries de médicaments. On va voir ce que ça donne. Et dans le même temps, il mise sur l'intelligence artificielle. C'est parti. Des pénuries de médicaments en France. En 2023, vous en avez sans doute entendu parler, bien évidemment. Cela fait des mois qu'on connaît plusieurs pénuries de médicaments et que les professionnels de santé alertent. Amoxiciline, anticancéreux, antiépileptiques, pilules abortives, paracétamol. En 2020, en pleine crise Covid, Emmanuel Macron déplorait déjà la production hors France et Europe de nos médicaments.
Malgré les 800 millions d'euros injectés, des beaux projets et des baisses d'impôts, rien n'y fait. Dès cet hiver, nous avons connu des pénuries. Selon l'étude BVA réalisée par France Asso Santé en mars 2023, 37% des Français ont été confrontés à des pénuries en pharmacie, relève l'Élysée. Et la semaine dernière, mardi exactement, Emmanuel Macron a présenté en Ardèche un plan de relocalisation de la production de médicaments en France, des antibiotiques au paracétamol, 50 médicaments prioritaires, dont 25 dès les prochaines semaines. Le chef de l'État a annoncé le lancement de 8 projets de relocalisation et des investissements publics et privés de 160 millions d'euros.
Le misoprostol, l'un des deux médicaments utilisés pour les IVG médicamenteuses, a été inscrit dans la liste des 450 médicaments dits essentiels. Et les industriels devront avoir 4 mois de stock, selon le ministre de la Santé François Broun dans le Parisien. Mais le médicament n'est pas dans la liste des 50 molécules bientôt produites dans l'hexagone. Alors qu'on le rappelle, l'IVG est un droit fondamental et cela fait des mois que les professionnels de santé alertent sur les entraves à l'avortement et les pénuries sur ce médicament. Thomas, comment expliquer que nous ayons des pénuries de médicaments en France ?
Il y a plusieurs choses. La première chose, c'est vraiment, et il faut le dire, et je pense que c'est assez énervant pour ceux qui suivent tous ces débats depuis un certain nombre d'années, c'est la logique de la mondialisation et la logique actionnariale qui s'est appliquée au secteur du médicament. C'est-à-dire que vous savez, il y a une courbe qu'on appelle la courbe du sourire qu'on apprend aux étudiants. Vous avez d'un côté l'innovation qui la coûte cher et rapporte beaucoup, la production qui est en dessous et ensuite le marketing.
Et en fait, tout ce qui est en dessous, c'est-à-dire la production, est produit à l'extérieur et tout ce qui est du marketing et de la recherche est fait dans les pays riches, donc en France. C'est ce qui s'est passé pour le médicament. Donc on a délocalisé une grosse partie des industries de production dans des endroits où ça coûtait moins cher pour des raisons de compétitivité, majoritairement en Inde et en Chine. Et aujourd'hui, on se rend compte qu'on est incapable de refabriquer des médicaments très simples.
Et c'est d'autant plus important que ces médicaments qui ont été délocalisés, c'est des médicaments souvent où les brevets sont levés, où il y a du générique, où ça tombe dans le domaine public et donc ça n'intéresse plus les laboratoires. Donc on les produit à l'extérieur. Mais ce n'est pas parce que ça n'intéresse plus les laboratoires que les gens n'en ont pas besoin. La plupart des médicaments, c'est des médicaments simples dont les gens ont besoin encore continuellement. Des corticoïdes, du doliprane, etc. Tu l'as dit. Et on s'est dit, mais non, mais comme ça ne rapporte rien, on va externaliser la production.
Et aujourd'hui, comme il y a une demande mondiale qui est très forte, parce que vous avez des pays émergents qui deviennent de plus en plus riches et qui veulent avoir accès de plus en plus aux médicaments, et bien donc vous avez des problèmes d'approvisionnement. Vous êtes dépendant de l'extérieur, vous avez des problèmes d'approvisionnement. Et les premiers qui sont approvisionnés, c'est ceux qui pratiquent des prix beaucoup plus élevés sur les médicaments, etc. Donc c'est la logique de la mondialisation actionnariale qui a été poussée au maximum, qui a été défendue par un certain nombre d'intellectuels que l'on voit ressortir, et dont Macron s'inscrit dans cette filiation-là.
C'est-à-dire qu'en 2017, il n'a pas parlé de ça. Aujourd'hui, il arrive comme ça, une fois que tout a été finalement détruit, on se dit, oh là là, on a été trop loin. Mais c'est lui, c'est son idéologie qui a été trop loin. Et ça, il faut le rappeler, il y a beaucoup de gens qui, dès le début des années 90-2000, ont dit, il faut absolument sortir un certain nombre de secteurs de la loi du marché, de la concurrence, de la compétition internationale. La santé, on a toujours fait partie. Et d'autres vous ont dit, mais non. Si on fait ça, c'est le retour au Venezuela, à l'URSS, etc. Le meilleur arbitre doit être le marché et la concurrence internationale. Aujourd'hui, on voit le résultat.
Enfin, on est sur de la santé publique. Il vous manque demain des pièces pour un téléphone, une voiture, il y a des problèmes sur les chaînes d'approvisionnement. Très bien. Là, sur du médicament, à l'autre bout, vous avez des vies qui sont en jeu. Par exemple, pour la mucoviscidose, vous avez donc des enfants d'une dizaine d'années qui vont être dans le stress parce qu'ils attendent leurs médicaments. Et ça, ça ne devrait pas être acceptable.
Il y a 10 ans, la France était le premier producteur européen de médicaments. Aujourd'hui, on est à la cinquième place, selon le LIM, le syndicat des entreprises du médicament en France. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je pense que c'est l'histoire de la France, en fait. La France, quand on regarde, en fait, sur la santé, notamment sur les médicaments, mais même sur les hôpitaux, on était extrêmement bien classés. Puis quand on regarde sur un certain nombre de choses, on était très bien classés. Et puis, on est en train de dégringoler ces 20 dernières années. Qu'est-ce qui s'est passé ces 20 dernières années ? Je l'ai dit, c'est la logique de la concurrence, c'est-à-dire la volonté de casser tout ce qui était public et de faire en sorte qu'on y injecte de la concurrence ou des techniques de management qui devaient, soi-disant, nous faire économiser et nous permettre d'être plus performants.
Au final, ça coûte plus cher parce qu'on a perdu beaucoup d'argent. Et puis, les gens, s'ils sont plus malades, s'ils sont moins heureux, ils sont beaucoup moins productifs. Et à terme, on va devoir remettre de l'argent sur la table. Ça nous a fait perdre en efficacité. Donc, la France est un des pays qui a le plus délocalisé en Europe. Je veux dire, on n'arrête pas de nous dire oui, la France, c'est un pays protecteur. Oui, la France, c'est... D'accord, il y a un certain nombre d'impôts, il y a de la redistribution. Mais il y a eu, dans le fonctionnement de notre industrie, notamment à cause de grands patrons qui ont été les apôtres de la mondialisation.
Même si on est en France, ça semble bizarre, mais ce n'est pas moi qui ai dit qu'il fallait des entreprises sans usines. Ça, c'est un patron français. Nous avons beaucoup plus délocalisé et le médicament n'a pas fait exception.
L'Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament dénonce justement que ce nouveau plan ne fait pas avancer sur la question de la transparence des chaînes de production, de qui détient quoi, de qui donne quoi, etc. Qu'il n'y a pas de vraie production publique ou de plan public qui est mis en place et qu'il n'y a aucune volonté de sortie du marché. Et je l'ai dit, il y aura 160 millions d'euros investis dans cette branche pour les 25 premiers médicaments. Les 25 autres médicaments prioritaires à leur relocaliser dans un second temps feront l'objet d'un guichet doté d'une première enveloppe de 50 millions d'euros apportés par l'État.
C'est ce qu'a expliqué Emmanuel Macron et qui a aussi dit vouloir favoriser la prévention pour diminuer le recours à certaines molécules utilisées à mauvais escient, rapporte Le Monde. Est-ce que c'est suffisant, Thomas ?
Bien sûr que non, ce n'est pas suffisant. Mais surtout, ce qui est marrant avec Emmanuel Macron, c'est que même si, on va dire, ces 160 millions d'euros, c'est mieux que rien, mais c'est toujours la même chose. C'est-à-dire qu'il s'est passé quelque chose, des entreprises ont délocalisé pas pour des raisons de santé, pour des raisons de rentabilité et de profit. C'était la seule chose qui les guidait. C'était de faire du profit et de se concentrer sur des matières innovantes qui, elles, elles pouvaient rapporter plus parce qu'elles coûtaient beaucoup plus cher. Donc, elles ont délocalisé pour des raisons de rentabilité. Et maintenant, pour les faire revenir, qu'est-ce qu'on fait ?
On leur offre des cadeaux. Donc, il y a le cadre, les baisses de fiscalité, les lois de travail, tout ce qui a été donné. Pour les faire revenir, on leur offre des cadeaux supplémentaires alors qu'elles se sont enrichies en délocalisant et qu'il faudrait plutôt leur demander des comptes, leur dire qu'est-ce qui vous a poussé à faire ça ? Pourquoi vous l'avez fait ? Pourquoi vous avez passé la rentabilité après la santé publique ? L'industrie pharmaceutique, ça devrait être une industrie un peu différente. Il faudrait leur poser ces questions. Et bien là, non, on leur fait des cadeaux. On leur fait des cadeaux.
Elles-mêmes nous disent que la France n'est pas prioritaire parce que les prix sont plus chers en Allemagne, etc. Il faudrait d'ailleurs voir que l'Europe se penche là-dessus dans sa globalité pour qu'on tape du point parce que l'Europe vieillit et donc la consommation de médicaments va augmenter très fortement dans les prochaines années. Donc, le but de Macron, c'est toujours la même chaussée. C'est-à-dire, les gens ont fait des choses pour les faire revenir. On ne va pas mettre la puissance publique de manière extrêmement forte en se disant voilà, on va faire en sorte que telle entreprise y ait tant de pourcentages du public pour qu'elle ne délocalise plus et ainsi de suite.
Si on va faire un petit chèque, on va faire un cadre avantageux, un petit chèque parce que là, on parle de la santé, c'est un petit chèque beaucoup plus faible que celui dont on va parler après qui est donné à l'intelligence artificielle. C'est un petit chèque. Mais on met un cadre en espérant qu'il revienne. Et donc, on ne change pas finalement le fond du problème. Le fond du problème, c'est la mondialisation, la concurrence mondiale, la recherche de baisse de coût pour faire du profit. Et là, c'est quand même il va falloir à un moment fixer des limites au capital, surtout quand il s'agit de santé publique.
Sachant que, disons-le, en France, une grosse partie de cette industrie est subventionnée par le public puisque les médicaments sont remboursés, etc. Donc, ça incite les gens. On ne se prive pas pour des médicaments et c'est une bonne chose. Donc, l'achat de médicaments est subventionné par la force publique. Donc, la force publique a aussi son mot à dire. Et on a des gros groupes industriels de la pharmaceutique qui sont français. Donc, il faut à un moment dialoguer avec eux. Il ne faut pas leur juste résumer son action et leur offrir un cadre plus favorable en espérant qu'ils reviennent.
Technologie de surveillance, Startup Nation, entrepreneur champion, Emmanuel Macron avait de quoi être aux anges au salon VivaTech à Paris la semaine dernière. C'est d'ailleurs là-bas que le président de la République a annoncé 500 millions d'euros de financement supplémentaire pour développer l'intelligence artificielle en France mercredi dernier. Le but de l'exécutif, faire émerger 5 à 10 clusters pour avoir 2 ou 3 pôles d'excellence dans cette volonté de prendre le lit, de soutenir les champions français et européens, ne pas passer à côté et laisser les Américains nous dépasser comme pour les GAFAM, à lui ajouter Bruno Le Maire, ministre de l'économie qui était aussi au salon.
125 start-up ont été sélectionnés pour être soutenus dans le cadre du plan France Tech 2030. Emmanuel Macron n'a pas manqué de défendre au passage ceux qui font de l'argent, détester les gens qui font de l'argent, ça ne marche pas, je le cite. Devant un parterre d'entrepreneurs, le chef de l'État a lancé « Je suis pour la réussite de ceux qui investissent dans l'économie, il ne faut pas brider nos entrepreneurs quand ils sont prêts à réinvestir. » Emmanuel Macron s'est félicité d'avoir créé depuis 2017 un potentiel de business angels, des investisseurs privés.
Alors tout d'abord, c'est relatif et le ruissellement de nos fameux champions nationaux aussi, ils peuvent nous coûter plus cher que ce qu'ils nous rapportent. Et oui, je vous renvoie sur mon entretien avec Vincent Drezet et Olivier Petitjean pour leur livre « Super profiteur », le petit livre noir du 440, parenthèse fermé. Alors on a vu le boom de Tchad-GPT, le fait de pouvoir discuter avec une intelligence artificielle. Également, les sénateurs ont adopté en première lecture lundi dernier une proposition de loi relative à la reconnaissance biométrique dans l'espace public.
S'ils disent avec ce texte « Poser des interdits et définir des principes relatifs à l'usage de ces technologies », les parlementaires ouvrent aussi la voie à un champ d'expérimentation inédit pour des technologies controversées comme la reconnaissance faciale rapporte Le Monde. Les eurodéputés, eux, ont approuvé mercredi un projet européen de régulation de l'intelligence artificielle. Parmi les mesures, ils souhaitent l'interdiction des systèmes automatiques de reconnaissance faciale pour le coup dans les lieux publics.
Il y a aussi, il ne faut pas l'oublier, la loi relative à l'organisation des JO et Paralympiques 2024 promulguées en mai qui permet elle aussi des expérimentations d'ampleur comme la vidéosurveillance algorithmique qui permet de détecter des comportements considérés comme suspects, des mouvements de foule ou la présence de personnes dans une zone interdite. Des expérimentations et utilisations qu'en cas de menaces terroristes pour le territoire ou mouvements suspects, mais en ces temps où manifester revient être éco-terroriste ou méchant casseur, on peut craindre comment et à quelle fin seront interprétées ces conditions.
Thomas, qu'est-ce que tu penses de ce boom, de cet arrivée de l'intelligence artificielle ?
Moi, j'ai vu l'arrivée d'Internet et je vois en fait qu'il y a un petit peu les mêmes travers. C'est-à-dire que tout le monde parle de ça comme une révolution qui va faire disparaître un certain nombre d'emplois, qui va nous permettre de gagner en productivité et qui va nous apporter tout un tas de très bonnes choses. Alors probablement, mais je fais attention parce que finalement, Internet, c'est ce qu'on nous avait promis, et ce n'est pas du tout ce qui s'est passé en réalité. Et aujourd'hui, il faudrait un moment dresser quel a été l'impact d'Internet en positif et en négatif sur nos vies et on se rend compte qu'il n'y a pas que du positif. Donc moi, je fais attention à ça.
Alors, je vois qu'on vous dit souvent que c'est là, par exemple, la fin des enseignements, qu'il ne va plus y avoir de prof, que maintenant, on pourra apprendre grâce au chat GPT. Je pense qu'il ne faut pas tout confondre. Moi, j'ai été sur l'application pour vérifier. C'est un premier essai qui peut être perfectionné, mais il y a un certain nombre de fautes, d'erreurs. On met en compétition sur des épreuves, par exemple, du bac, des gens avec des intelligences artificielles. On se rend compte que c'est très bien, ils ramassent un certain nombre d'informations, mais ce n'est pas sur une intelligence artificielle que vous allez apprendre un raisonnement.
Vous savez, au tout début, moi, quand j'ai donné mes cours, les gens, dès que vous leur donniez un chiffre, ils allaient rechercher sur Google pour voir si vous aviez raison. ils avaient l'impression parfois, quand vous étiez trompé sur un chiffre, mais parfois vous aviez dit je ne sais pas moi, 400 millions et le chiffre était 500 millions, ce qui en ordre de grandeur est quasiment la même chose en réalité. Ils disaient vous êtes trompé, regardez 500 millions, vous avez l'impression d'être plus intelligent que vous. Ce n'est pas parce que vous avez un chiffre que vous avez un raisonnement.
Ce n'est pas parce que vous regardez sur Internet un match de foot ou un match de tennis que vous savez jouer au tennis. Le tennis, c'est des mouvements que vous devez apprendre et répéter et les raisonnements, c'est la même chose. Quand je regarde Internet, c'est qu'on a eu énormément de données chiffrées, énormément d'informations. On n'a pas été beaucoup mieux en termes de boussole. On est même, on va dire, même plus perdu aujourd'hui. Et la valeur d'un chiffre aujourd'hui ne veut plus rien dire puisque tous les chiffres sont remis en cause les uns après les autres. Donc, je ne suis pas sûr qu'on ait un impact aussi fort que prévu sur l'intelligence artificielle. Je me méfie.
Macron, son intérêt, c'est ce qu'il nous a vendu quand il s'est fait lire en 2017. C'est la Startup Nation. La Startup Nation, ça devait être l'ubérisation de l'économie, ça devait être la solution à tout. Il faut toujours s'en rappeler que quand il y a eu cette crise du Covid, on s'est rendu compte en fait que ce qui était le plus important, c'était l'humain. Les premiers de corvée, en fait. Et aujourd'hui, je pense que sur tout un tas de secteurs, on n'a pas besoin d'applications, d'Internet, d'algorithmes, d'intelligence artificielle. On a besoin juste d'humains. On a besoin d'humains.
Or là, on se rend compte que souvent, toutes ces innovations technologiques ont pour but de substituer l'innovation à l'humain. La plupart des gens, quand ils ont un problème avec leur assurance, avec leur opérateur, ils veulent avoir quelqu'un qui va résoudre le problème. Ils ne veulent pas avoir un algorithme ou un répondeur qui répond ou une intelligence artificielle qui dit posez-moi votre question. Ils veulent avoir un humain. Et donc, moi, j'ai bien peur en fait que sur tout un tas de secteurs, ça se substitue à l'humain pour de mauvaises raisons et pas pour de bonnes raisons.
Et puis là, avec ce plan de 500 milieux, on voit un peu les priorités d'Emmanuel Macron ? Tout à fait.
On voit les priorités alors que les médicaments ont un impact réel et on le sait aujourd'hui alors que là, on est sur un pari. Encore une fois, mais chaque fois qu'il y a une innovation technologique et c'est le cas dans le digital, même si en ce moment c'est un peu moins le cas parce que les taux d'intérêt font qu'on finance moins des projets, mais de manière générale, ils drainent énormément d'investissements parce qu'on a décidé que c'était ça qui était important sans en connaître l'impact humain. Et ça, c'est problématique.
Alors que des choses parfois qui sont très importantes et dont on connaît, elles vont attirer moins d'argent parce qu'il y a moins de possibilités de faire de plus-values financières.
Ça fait le Emmanuel Macron des temps modernes. La technologie relève des plus grandes dystopies comme des plus grands rêves de progrès. Qu'est-ce que tu as vu comme rapport avec le travail, toi, dans les technologies ?
Vous savez, quand il y a eu l'informatique qui est arrivée, il y a un prix Nobel d'économie qui a dit, je crois, l'informatique est partout sauf dans les chiffres. C'est-à-dire qu'on a l'impression qu'on avait gagné en productivité, tout était maintenant informatisé, on a Internet, on a plein de choses, plein d'applications, etc. On a l'impression que ça a bouleversé notre vie au quotidien parce qu'on a des smartphones, on est tout le temps sur Internet, on a accès à de l'information très rapide. Mais après, est-ce que ça a changé notre vie concrètement, réellement ? Est-ce qu'il y a moins de pauvres ? Non. Non, mais c'est vrai. Est-ce qu'il y a moins de pauvres ? Non.
Est-ce que les gens sont mieux soignés ? Non. On voit bien sur un certain nombre de critères que les services publics, les transports, etc., tout se dégrade. Et vous avez, de l'autre côté, des innovations technologiques énormes. Donc, ça n'a pas changé en réalité, sur la vie réelle, énormément de choses. Il y a des innovations qui ont changé plus de choses. Par exemple, la machine à laver a changé énormément de choses parce que ça a libéré du temps. Ça a permis notamment l'émancipation de la femme qui était la femme au foyer qui devait faire laver le linge à premier temps. Maintenant, la machine à laver s'en charge, donc elle a du temps pour faire autre chose, chercher un emploi, etc.
Donc, il y a eu un vrai impact mesuré. Je dis ça, je n'ai pas dit la machine. Il y a des économistes qui ont fait ce travail de mesure de la différence entre l'impact d'une innovation comme la machine à laver et de l'innovation comme Internet. La machine à laver a eu un vrai impact sur le changement de vie des gens. Internet, c'est plus difficile à voir en termes de qualité. Par contre, la technologie en termes de concurrence à l'homme, parce que normalement, ça sert à quoi la technologie ? Initialement, ça sert à soulager l'homme. Le métier de caissière est un métier difficile. Normalement, vous avez une technologie qui arrive, la caisse automatique, et ça soulage la caissière.
Ça lui permet soit de se former, soit de faire un autre travail. Mais elle a été utilisée aujourd'hui pour se concurrencer et se séparer de l'homme. Parce que l'homme coûte cher, surtout dans les pays riches. Je veux dire, dans un pays pauvre, vous n'avez pas beaucoup de technologie parce que la main d'oeuvre coûte peu cher. Donc, vous pouvez utiliser des hommes qui vont au guichet, qui vont contrôler, etc. Quand l'homme devient un peu plus cher dans les pays riches, avec des salaires un peu plus élevés, et bien là, vous le remplacez par de la machine. Donc, la machine a été une concurrence directe envers les bas salaires. On l'a vu On l'a vu dans les caisses automatiques et ainsi de suite.
Donc, la technologie a plus été utilisée pour se séparer des bas salaires ou pour compresser les salaires des métiers qui pouvaient être substitués par la machine plutôt qu'en aide et libérer du temps ou du temps libre pour ces gens-là.
Ce n'est pas la technologie en elle-même, c'est l'utilisation qu'on en fait. Thomas, tu es la génération qui a connu l'avant et l'après Internet. Nous, on est la génération qui avons toujours connu Internet. Est-ce que tu as constaté des changements ? Est-ce que tu as constaté des choses par rapport à ce gros gap ?
Moi, j'ai vécu vraiment toutes les étapes à titre personnel. J'ai vécu les étapes où j'ai trouvé que les réseaux sociaux étaient une arme formidable. Puis, on avait beaucoup parlé au moment des révoltes arabes, etc., qui avaient réussi à passer à côté, on va dire, de la presse qui était politique et tenue par les gouvernements en place. Donc, c'était un formidable espace démocratique au départ. Mais, sur le long terme, il faut quand même s'interroger de l'intérêt des actionnaires de ces plateformes. Est-ce que leur intérêt, c'est la démocratie ? Ou est-ce que c'est l'argent ? C'est l'argent. Et l'argent, elle se fait comment ?
Elle se fait par des vues, du nombre de vues que vous faites, etc. Et ces vues-là, elles se font par le clash ou par des positions de plus en plus, je n'aime pas dire radicales, mais bon, des positions de plus en plus bizarres, on va dire, qui vont faire qu'il y a du clash, du tweet, etc. Donc, il ne faut pas oublier qu'il y a un business. Il ne faut pas oublier qu'il y a un business derrière. Alors, effectivement, il y avait un manque d'espace de discussion. Et ça, on l'a vu en 2005 quand il y a eu ce nom à la constitution. La plupart des médias vous disaient qu'il fallait être favorable au oui à la constitution, à la constitution européenne qui avait été votée.
Et les citoyens ont voté non. Et là, il n'y avait pas les réseaux sociaux à l'époque. Mais il y avait Internet, il y avait des sites qui étaient faits, il y avait les gens bossaient, il y a des groupes qui ont été faits, etc. Et on s'est dit au début qu'Internet, c'était une possibilité de démultiplier ça, la contestation, l'information, etc. Mais à terme, il faut quand même voir qu'il y a des aspects négatifs. Les premiers aspects négatifs, c'est cette espèce d'enfermement dans ces bulles de filtre où vous n'êtes qu'avec des gens qui pensent comme vous. Et là, en fait, vous ne cherchez plus à convaincre, en fait. Vous partagez, finalement, vous faites plaisir. Et ça, c'est un problème.
Et puis, en même temps, vous avez une dystopie, vous avez l'impression que les gens qui vous entourent parfois pensent tous, que le monde entier pense comme vous, alors que c'est juste peut-être 1000 ou 2000 personnes problématiques. Parce que parfois, vous êtes enfermé dans une bulle qui ne reflète en rien la réalité. Et d'ailleurs, les réseaux sociaux n'ont rien à voir avec la réalité. Je veux dire, vous voyez des choses qui se passent sur les réseaux sociaux qui vont parfois être des thématiques extrêmement importantes portées par la jeunesse qui est beaucoup sur les réseaux sociaux. C'est une bonne chose.
Mais la réalité des faits, c'est que la France, l'Europe vieillit de plus en plus que ces vieux-là votent qui font gagner majoritairement en Europe la droite et l'extrême droite. C'est ce qui se passe réellement. Donc, il faut faire très attention aux dystopies que l'on peut avoir sur les réseaux sociaux. Et puis après, il y a une vraie influence sur l'apprentissage. C'est-à-dire que les vidéos courtes de TikTok ont fait que, voilà, maintenant, il faut avoir une information très rapide. Les caractères très faibles de Twitter, il faut avoir une information très rapide pour être convaincu. Alors que parfois, les choses méritent un peu plus de réflexion et de temps.
Et à l'époque du nom à la Constitution, où moi, j'avais suivi quelques groupes de travail comme ça, c'était du temps beaucoup plus long de la profondeur. Ce n'était pas qu'une position. Mais moi, quand je fais la balance, je me dis, là où il faut faire attention, c'est vraiment, c'est que les actionnaires et les patrons de ces boîtes, la démocratie, le combat politique, ils s'en moquent. Le but, c'est combien ça va leur rapporter. Et après, ce que l'on voit parfois sur Twitter est complètement différent de ce qui se passe dans la réalité et même en termes de victoire électorale.
Et il faut faire un peu attention à ça parce que vous avez un angle mort en fait de personnes qui ne sont pas là-dessus, qui ont des revendications, qui ont des besoins et qui trouvent dans les réseaux sociaux absolument pas de réponse. Et l'erreur en fait que font même certains grands médias, c'est de refaire ressortir des choses qui se passent sur les réseaux sociaux dans la vraie vie et donc parfois avec des débats assez particuliers qui en réalité sont des petits débats au regard des problèmes des Français de manière générale. En fait, la sélection qui se fait sur les réseaux sociaux est aussi une sélection sur ce qui va être le plus glamour.
On ne peut pas Instagrammer une hausse de SMIC. Vous ne verrez jamais quelqu'un Instagrammer une hausse du SMIC ? Est-ce qu'on peut Instagrammer le fait d'avoir du retour de médicaments ? Ce n'est pas Instagrammable. Est-ce que vous imaginez avant le Covid qu'on Instagramme le fait de faire revenir des producteurs de masques ? Ce n'est pas possible. On Instagramme toujours un certain nombre de choses qui vont être glamour. Alors l'écologie est beaucoup plus glamour. Il y a une hiérarchie en fait de la glamourisation sur les réseaux sociaux. Ce qui fait qu'il y a un certain nombre de débats qui sont très importants qui vont être beaucoup plus mis en avant.
Il y a un certain nombre d'autres débats qui n'ont pas le même poids de glamourisation et de repartage qui vont moins être mis en avant et qui sont tout aussi importants pour la plupart des Français. Et c'est ça en fait les travers moi je trouve des réseaux sociaux.
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