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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 13 février 2026 14 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsCulture, médias & sport

Le conseiller secret des puissants : épisode 2 du podcast Jeffrey Epstein : itinéraire d’un prédateur | France Culture

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 35 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:40InvitéFait
    « Il rachète un Boeing pour ses déplacements privés. »

Temps de parole

  • Invité36 %
  • Présentateur25 %
  • Invité 219 %
  • Invité 310 %
  • Invité 44 %
  • Invité 53 %
  • Invité 62 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

France qu'il tire Pensez-vous que vous êtes le diable incarné ? Non, mais j'ai un bon miroir. C'est une question sérieuse. Pensez-vous que vous êtes le diable incarné ? Je ne sais pas pourquoi vous me demandez ça. Je n'avais plus aucune estime de moi. J'avais peur que ma vie n'ait aucun sens. J'étais la victime parfaite pour eux. Une fois encore, la justice a laissé tomber les victimes de Jeffrey Epstein. Je n'étais pas fan de Jeffrey Epstein. Des gens ont même raconté que je l'ai jeté d'un club. Je ne voulais avoir aucun rapport avec lui. C'était il y a des années de ça. Et ça prouve une chose que j'ai bon goût. 3,5 millions de données brutes lâchées dans la nature fin janvier.

Des politiques, artistes, financiers, du monde entier au cœur du scandale. Les visages de l'actu. Jeffrey Epstein, itinéraire d'un prédateur. Le réseau de Jeffrey Epstein s'étend, toujours plus haut, toujours plus loin, jusque dans les arcanes du pouvoir. Épisode 2. Le conseiller secret des puissants. Après avoir fait ses armes au sein de la banque d'investissement Beer Stearns, Jeffrey Epstein décide de lancer sa propre société dans les années 1980. Commence alors une période trouble où il accumule une fortune considérable dont l'origine reste largement mystérieuse. Gestionnaire de fortune pour milliardaires. Conseiller financier aux méthodes opaques.

Epstein devient l'homme qui murmure à l'oreille des puissants. Comment construit-il sa fortune et comment noue-t-il des relations avec les élites politiques et économiques du monde entier ? C'est ce que l'on va voir dans ce deuxième épisode. Nicolas Barré le voici donc à la tête de sa propre société. Et là, comment gagne-t-il sa vie ? Il réussit à séduire des milliardaires comme on l'a vu avec les Sechsner. Alors il dit à tout le monde que quand il a créé sa société, il ne veut travailler qu'avec des gens qui ont plus d'un milliard de dollars de fortune.

Bon, alors à Wall Street on se pose des questions quand même parce que qui est cet individu qu'on ne connaît pas trop et qui prétend travailler avec des gens qui pèsent plus d'un milliard de dollars et on cherche et on ne trouve personne. La seule personne qu'on trouve c'est donc Leslie Wexner qui est le fondateur de Victoria's Secret entre autres qui pèse à peu près 9 milliards de dollars. Et alors effectivement il travaille avec lui, il gagne beaucoup d'argent en le conseillant. Il le conseille même quand ce monsieur veut se remarier. Il met en place la manière de conserver la fortune pour le mari et ne pas la diviser au profit de son épouse. Voilà, il donne des conseils de ce type.

Mais ensuite il fait croire à Wall Street qu'il travaille aussi pour les Rockefellers. Ça n'a jamais été établi du tout. Mais en tout cas c'est la réputation qu'il se donne. Et puis ensuite il arrive à faire rentrer parmi ses clients un autre personnage extrêmement important qui va asseoir encore plus sa fortune, c'est Léon Black. Alors Léon Black c'est un financier qui est fondateur du fonds Apollo qui est un très grand fonds qui existe toujours, qui est tout à fait respectable. Ce financier pèse à peu près 14 milliards de dollars et il va gérer une partie de sa fortune.

Et Léon Black va le rémunérer de façon très très importante au fil des années puisqu'on estime qu'Epstein aura gagné à peu près 175 millions de dollars en travaillant pour Léon Black. Marie-Cécile Nave.

3:40
Présentateur

Il prétendait aussi avoir une spécialité dans le fait d'être un chasseur de primes. C'est-à-dire de proposer aux clients de récupérer de l'argent que des avocats ou des sociétés d'assurance leur auraient pris de manière totalement indue ou en les arnaquant.

Et en fait c'est lui qui finissait par arnaquer ses clients mais il se tissait, ça a été très bien dit par Nicolas il se tissait une réputation largement fondée sur du bluff en fait sur la prétention à, une réputation qu'il s'est construite pièce à pièce et qui aussi prenait corps dans le fait qu'il n'était pas simplement dans le monde de la finance c'est-à-dire le côté homme mondain, le côté aller aux soirées des hommes politiques de la jet set etc. ça participait de la construction de son personnage et de la réputation de celui qui connaît tout le monde et qui connaît les gens les plus puissants, les plus célèbres.

C'était au moins aussi important que son travail dans la finance stricto sensu.

4:38
Invité

Est-ce que c'est quelque chose de courant d'ailleurs Nicolas Barret de se prévaloir d'un certain nombre de puissants parmi ses amis ou parmi ses relations ? Est-ce que ça aide dans la finance ? Bien sûr, ça a un nom, on appelle ça le name dropping, on prétend qu'on connaît un tel, un tel etc. et évidemment la réalité est souvent loin du discours. Il y a une anecdote qui, pour rebondir, qui résume bien le personnage. Il s'était entiché de la fille d'une grande famille très riche espagnole, la famille Obregón et un jour, cette famille qui avait beaucoup d'argent placé aux Etats-Unis est confrontée à la faillite de son agent de change, de son agent de change américain.

Et là, Epstein se fait fort effectivement de récupérer l'argent perdu par cet agent de change, perdu de façon frauduleuse et il va réussir. Il va réussir à remonter jusqu'au Canada, il va retrouver une banque canadienne qui avait planqué les fonds qui avaient disparu et il va sauver la fortune de cette famille qui, évidemment, pour ça, va grassement le rémunérer. On écoute justement Epstein évoquer la manière dont il envisage son métier. Extrait d'une interview de Jeffrey Epstein en janvier 2003 avec David Bank. Pour moi, la finance, c'était comme de la physique. La physique repose en fait sur un nombre fixe de règles.

En physique, on fait des expériences qui visent à ne pas violer ces règles fixes. Et si l'expérience fonctionne, on a atteint notre objectif. La finance, c'est comme une métaphore qui repose sur le même process. Sauf que si vous atteignez votre objectif, vous pouvez vous payer un vol pour Paris en classe business. On m'appelait sans cesse et on me demandait « Pourriez-vous venir jeter un oeil à mes problèmes ? Pourriez-vous venir voir ma situation et me donner votre avis ? » C'est ainsi que j'ai fondé J. Epstein & Co. Je crois en 1982 ou 83. Et je précisais à mes clients « Je ne vous prendrai que si vous possédez un milliard de dollars, voire plus.

» Dans ce son de mauvaise qualité, il faut le dire, on entend cet homme se prévaloir d'une culture et d'un savoir-faire scientifique, Marie-Cécile Nave.

6:51
Présentateur

Oui, avec beaucoup de périphrases et de formules un peu alambiquées. Mais ce qu'on retient, c'est le ton très assuré, qui vise à montrer une certaine expertise. Alors qu'en fait, si on creusait un peu les choses, on verrait que tout ceci est très largement fabriqué. Ce qui est assez fascinant aussi chez lui, ça commence à cette période et ça va continuer après, parce qu'il s'associe avec des gens, il se met en affaire avec des gens qui eux-mêmes sont des escrocs, qui se font condamner par exemple pour avoir mis en place des pyramides de Ponzi, quelqu'un comme Steven Offenberg par exemple. Et lui, il arrive à passer entre les gouttes.

C'est vraiment une anguille aussi par rapport aux poursuites, pas nécessairement judiciaires, mais des hautes autorités du monde de la finance.

7:35
Invité

Nicolas Barré. Il avait malgré tout une vraie culture, ou en tout cas un vernis de culture scientifique, parce que ce qui est fascinant, c'est qu'il est capable de séduire des grands professeurs de médecine. Il est ami avec un prix Nobel de physique. Il est ami avec Martine Novak, professeur de biologie moléculaire à Harvard, à qui il finance une partie de son laboratoire. Il les invite à des discussions chez lui. C'est quand même quelqu'un qui s'intéresse à cette matière-là, et qui est capable, avec tout le bagout qu'on lui connaît, de tisser des relations, y compris dans des milieux scientifiques comme ça, très pointus. En termes de dépenses, il n'est pas mauvais non plus.

Il rachète un Boeing pour ses déplacements privés. J'imagine que le reste est à l'avenant. Et quel Boeing ? Aménager avec une chambre à coucher, avec même un écran Bloomberg pour pouvoir continuer à acheter et vendre des actions pendant qu'il est en vol, parce qu'on ne sait jamais si le marché monte, baisse. Il y a des opportunités à prendre. Et donc, évidemment... Est-ce que ça, c'est un train de vie par rapport à ces personnes ? Par rapport au Kidam, évidemment, c'est un train de vie un peu élevé. Mais pour le reste, est-ce que ça jurait avec ce que faisaient les autres financiers de Wall Street ? Oui, ce n'est pas habituel.

Vous ne voyez pas de patron de grande banque de Wall Street avoir un Boeing 727 aménagé à ce point-là. Mais en même temps, c'est pour lui un formidable outil. C'est un outil de valorisation de son carnet d'adresse. Il utilise son Boeing pour transporter Clinton, des sénateurs, des grands scientifiques, des dignitaires étrangers, etc. C'est plus pratique qu'une 4L. Marie-Cécile Nave, il en profite pour transporter des présidents, des futurs présidents.

Et c'est là où il commence à développer son réseau de manière significative, avec, on l'a vu, des financiers, bien sûr, des hommes d'affaires, mais aussi des politiques dont un homme qui n'est pas encore un homme politique, d'ailleurs, Donald Trump.

9:40
Présentateur

Oui, quand on écoute ce qu'on vient de dire là, on comprend pourquoi Trump s'est antiché de lui, finalement. En tout cas, les raisons pour lesquelles il se sent, bien entendu, c'était un type génial, disait encore Trump en 2002. Il avait ce côté un peu l'homme qui s'est fait tout seul, qui n'a pas de compte à rendre, l'establishment avec toutes les connotations négatives que ça peut avoir aussi dans l'esprit de Trump, qui, dans les années 80, fait sa fortune immobilière, fait sa fortune dans la télé-réalité, etc., qui a toujours été méprisé par l'élite new-yorkaise. Donc, il y a des accointances entre les deux.

Et puis, aussi, parce que le côté un peu voyou, Maverick, celui qui ne respecte pas les règles, ça ne pouvait que plaire à quelqu'un comme Donald Trump. Mais Epstein, il transcende, il traverse les frontières géographiques, on le verra sans doute, mais aussi les frontières politiques. C'est-à-dire que c'est aussi là où il se lie avec les Clintons, c'est un peu plus tard, mais ça commence là. Et donc, tous ceux qui comptent politiquement ou qui sont en train de monter politiquement vont l'intéresser.

10:42
Invité

Epstein parle de Trump. Un enregistrement diffusé par le journaliste Michael Wolff en 2024. Il est charmant. Il sait convaincre les gens. Il leur dit ce qu'il veut l'entendre. Comment le savez-vous ? J'ai été l'ami le plus proche de Donald pendant dix ans. Il a le sens de l'humour. Il peut être drôle. Donald a un vrai talent pour vendre. Un peu comme Clinton. Tous les deux, Bill et Donald, ont la capacité d'aller voir une femme et de lui dire « Tu es la plus belle personne que j'ai jamais eue. » Vous savez probablement qu'il a eu une réduction du cœur chevelu parce qu'il souffre de calvitie, comme beaucoup d'entre nous. C'est une personne horrible.

Il a fait des choses dégoûtantes à ses meilleurs amis, aux femmes de ses meilleurs amis. Chaque fois qu'il gagne la confiance de quelqu'un, il l'utilise ensuite pour faire des sales trucs. C'est comme ça.

11:40
Présentateur

Comme je le disais à l'instant, il y a beaucoup de points communs entre les deux hommes. Le rapport aux femmes aussi est sans doute un point commun important. Et une grande partie de la fortune d'Epstein, on ne sait pas vraiment d'où ça vient. Déjà, on n'est pas vraiment sûr du montant exact en dehors des biens immobiliers et encore. On a déjà des raisons de se poser des questions sur le lien qu'il a ou qu'il peut avoir avec des réseaux de prostitution, d'escort girls, plus ou moins formels, plus ou moins, je n'allais pas dire officiels parce que ce n'est pas officiel. Mais sans doute que le rapprochement avec Trump se fait aussi sur ces sujets-là dans les années 80.

12:18
Invité

Ils sont voisins. Ils se connaissent parce que l'île d'Epstein est à côté de Mar-a-Lago. Donc ils se voient, ils se connaissent, ils sont dans les mêmes cercles. Ils connaissent les mêmes dirigeants locaux, que ce soit l'attenté général du coin qui jouera un rôle capital plus tard. Ils fréquentent les mêmes milieux, les mêmes politiciens. Ils s'invitent l'un chez l'autre. Surtout, Epstein va à Mar-a-Lago chez Trump. Donc il y a cette proximité qui est assez troublante et d'ailleurs qui interroge évidemment aujourd'hui parce qu'on a de nombreux dossiers qui sont sortis mais pas tout.

Ce qui est intéressant c'est qu'on a le sentiment à travers toute sa carrière si on peut dire qu'il se joue des puissants. Parce qu'il est d'une origine très modeste et il adore piéger les puissants et il se joue d'eux. Par exemple, il raconte que quand il arrive avec Bill Clinton pour cette tournée, cette fameuse tournée qu'il fait en Afrique et qu'il rencontre des dignitaires africains, il dit qu'il fallait voir leur tête quand j'arrivais avec Clinton. Il faisait la même tête que si j'avais débarqué dans un club de boxe à Manhattan avec Mike Tyson à côté de moi. Ils sont ébahis.

Et donc, il les utilise tous ces gens-là un peu à leur corps défendant évidemment mais dans le cas de Clinton, on saura plus tard que tout ça va au-delà de simplement la politique. Au cours des années 90, Jeffrey Epstein a donc construit un empire et s'est inséré dans les cercles de pouvoir du monde entier. C'est dans ce contexte qu'il commence à développer un véritable réseau pédocriminel faisant de nombreuses victimes. Comment a-t-il organisé ce réseau pédocriminel et comment a-t-il tenté d'échapper à la justice ? C'est ce que nous allons voir dans l'épisode prochain.

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