L'union européenne terre d'accueil de la recherche américaine ? | Ici l'Europe
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France 24 LCP public Sénap présente. [Musique] Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue pour ici l'Europe.
Notre émission vous est proposée par France 24 et Radio France internationale. Alors l'organisation de l'Alliance Atlantique, l'OTAN sera au cœur de tous les débats, non seulement pour son grand sommet à la 24 et 25 juin, mais aussi dans les couloirs du Conseil européen du 26 juin. Et pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'nalité importante de cette scène euroatlantique, Marcos Perestrello.
Bonjour. Euh, vous êtes la Bonjour Caroline. président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN.
C'est un hémicycle qui réunit 281 parlementaires issus des 32 pays membres de l'OTAN. Je rappelle que vous êtes député socialiste au Parlement portugais et vous présidez d'ailleurs la Commission nationale de la défense après avoir été d'ailleurs secrétaire d'État à la défense nationale et aux affaires maritimes au Portugal. Alors, bonjour monsieur Perestrello.
Mais on va commencer quand même un peu plus loin de notre continent et un peu plus loin du siège de l'OTAN qui est en effet à à Bruxelles avec Israël qui a annoncé vendredi avoir mené une première série de frappes préventives. Je cite he contre des cibles militaires et nucléaires de l'Iran. soupçonné de vouloir se doter l'arme atomique.
L'Iran réplique le secrétaire général de l'OTAN, Marc Ruteux, demande de travailler à une désescalade d'après ses frappes. Euh comment ? C'était euh des sages paroles du secrétaire général parce que il faut absolument faire tous les efforts pour désescaler cette situation entre Israël et l'Iran.
On sait que l'Iran c'est pas un pays ami, c'est un pays qui est euh près de la Russie euh soutient la Russie sur le guerre contre l'Ukraine. Euh alors l'Iran, c'est pas un pays émis et c'est une menace pour la sécurité régionale. Et s'ils viennent une potence nucléaire euh ils viennent d'être un euh menace pour la sécurité mondiale. dit ça, la décision d'Israël de attaquer euh le programme nuclaire iranien, c'était une décision unilatérale qui a été pris pendant des négociations entre les États-Unis et l'Iran qui ont des réunions dimanche.
Or, c'était important que cette réunion aurait le place le dimanche et ça doit être une préoccupation pour tous les pays de l'OTAN. Comme Marc Rout a dit, les efforts pour désescaler cet conflit doit être une réalité. Il faut euh rester clair.
On sait que le président des États-Unis a dit qu'il a été prévenu et il était pas euh part dans ces attaques. Alors l'effort que tout nous on doit faire pour désescaler son des forts positifs pour la paix à la région et les effets que qu'elle peut avoir dans l'espace euroatlantique aussi. Oui, parce que il y a quand même des inquiétudes des citoyens mondiaux, j'ai envie de dire, du démarrage d'une troisème guerre mondiale.
C'est une région quand même assez stratégique et d'ailleurs qui est assez stratégique pour l'OTAN aussi. C'est stratégique pour l'OTAN et c'est stratégique pour tout le monde. C'est une région fondamentale et les gens ont des bonnes raisons pour être préoccupés avec tous les conflits que que qu'il y a un différent part du monde en même temps.
Nous avons un conflit à l'Europe très violente avec des effets dans pas seulement dans la région entre la Russie et l'Ukraine, mais avec des effets migratoires économiques. On a aussi des conflits très sérieux MoyenOrient. Les leaders politiques sont aussi très prcoupés préoccupés avec la la situation.
Alors pour répondre à ça, il faut faire des efforts immédiates pour désescaler euh le conflit entre Israël et et l'Iran comme il faut aussi faire des efforts pour inciter des négociations sérieuses euh que peut euh fermer un un CC feu à l'Ukra à l'Ukraine et ouvrir les négociations pour une paix durable. et juste qui protèent Ukraine de la Russie. Alors, grand enjeu de l'Alliance atlantique augmenté pour les Européens en particulier l'effort de défense 3,5 % du PIB pour les dépenses de défense essentielle, 1,5 % pour les annexes, soit 5 %.
La moyenne actuelle est à 2 %. Euh tout cela parce que Donald Trump nous demande de faire encore plus d'efforts. Est-ce que ça n'est pas irréaliste ?
Bon, ça dépend du temps qu'il faut avoir pour obtenir le le l'objectif final. Il faut avoir du temps pour obtenir ces objectifs. Le 5 % on une part très considérable des investissements dans des infrastructures et la résilience des infrastructures critiques.
Le reste le 3.5 c'est des équipements et des personnels les les cœurs de des capacités militaires. Il faut être consciente que pour avoir une défense et une dissuasion forte et crédible, il faut avoir des capacités aussi fortes et crédibles.
Il faut faire des investissements. Une part très importante de cette cette ces investissements sont aussi dans les industries de défenses européennes. La majeure contribution que la Union européenne peut faire pour la sécurité de l'Europe dans ce moment, c'est permet de d'avoir des États et des pays plus forts.
Il sont les pays et les États qui font l'OTAN. Et ce que les Américains viennent de demander il y a plus de 10 ans, c'est que l'Europe et du Canada font un effort plus fort pour être à l'auteur de euh ces responsabilités de défense et dissuasion. C'est ça que les les Américains euh demandent euh de de l'Europe et du Canada.
Et de ces points de vue, ils ont une certaine raison parce qu'il faut avoir une alliance plus équilibrée et plus juste dans laquelle tous les membres fait des contributions euh pareilles à sa capacité économique et et militaire. Vous vous venez, on le disait hein, du Portugal qui reste un des pays de l'Alliance qui consacre une très faible part de son PIB à la défense, 1,5 % euh selon les dernières données de l'OTAN. En Espagne, d'ailleurs, il y a eu des grandes manifestations contre l'augmentation du budget de la défense.
Donc beaucoup de contestation, la péninsule ibérique se sent moins concernée par l'OTAN, peut-être moins concerné aussi par la guerre en Ukraine. Pas du tout. Si si s'il est possible de voir euh les sondages, les études, on peut voir que les opinion publique à Portugal euh sont très préoccupés avec la situation de sécurité à l'Europe et sont un des peuples que plus soutient l'effort de de l'Ukraine.
Heureusement, le premier ministre de Portugal a déjà assumi le le compromis de cette année et à la sommet de de l'OTAN euh présenter le plan le 2 % de GDP jusque cette année et je pense que le premier ministre d'Espagne a aussi euh présenté un compromis dans ce même sang. Les deux pays ont anticipé ses efforts pour avoir euh les 2 % du GDP dans cette année de de 2025. Ce qui est positif parce que nous aussi la pénissole ibérique doit accepter les compromis euh il y a 10 ans plus 10 ans 2014 à à CTIF.
L'année 2025 est est présentée comme un tournant pour de la guerre en Ukraine avec un soutien militaire renforcé, on le disait des Européens, mais peut-être un des engagements américains. Nous avons des échanges avec les parlementaires ukrainiens qui sont part important euh de de du partenariat de la de l'Assemblée parlementaire de de l'OTAN. On a déjà allé beaucoup de fois qui veut euh d'un parlement nationaux euh tous les membres sont toujours très vocal euh à soutenir euh dans le soutien à l'Ukraine.
Mais je veux dire une chose sur les Américains que je pense que c'est important de dire dans ce moment. On voit une change de ton et une change d'approche de l'administration américaine politique diplomatique qu'il faut régister et que il faut euh avoir la conscience que force certes adaptations dans cette relation de la part de de des pays européens. Il y a aussi une politique commerciale euh beaucoup plus agressive euh et que posera aussi d'échange et d'adaptation dans les pays alliés des États-Unis.
Mais du point de vue stratégique n ça que à l'empage de l'administration américaine euh est très cohérent et très consistante. Elle a pas changé. et il demande plus de de son alliés en terme de contribution pour l'alliance, mais ils ont pas réduit son commitement avec l'alliance.
Alors, je dirais que dans tous les euh aspects, tous les sujets de la politique euh externe euh américaine, lequel qui est plus stable, plus constante et plus cohérent, c'est précisément la relation stratégique avec euh l'Europe euh et l'OTAN. Vous notez que euh les euh les Européens ont augmenté leur contribution euh à au budget de l'OTAN et en particulier à la défense. Nous dépendons trop des armes américaines.
C'est le constat euh de l'ensemble de l'Union européenne. Euh les Américains ont d'ailleurs fait un lobbing terrible pour que les armes achetées avec l'argent de l'Union européenne qui est en train de sortir l'argent justement ne soit pas essentiellement de fabrication européenne. Il y a un système de préférence européenne qui se met en place.
Qu'est-ce que vous en pensez justement du point de vue de l'OTAN ? Les décisions des achats seront toujours pris par les États, pas par l'OTAN, mais pas par les États. Le temps va définir avec avec les états, les capacités militaires que chacun doit avoir, mais à la fin, les programmes d'achat seront faits par les États et les États chercheront toujours les meilleurs équipements, les plus efficaces euh avec la meilleure relation, prix, qualité, efficace et capacité de accomplir des objectifs.
Vous savez bien que les armes américaines, elles peuvent être brûées. Oui, mais on sait Oui, bien sûr. Alors, ça que faut faire, c'est développer une capacité industriale européenne effective euh qui qui être euh capable de euh un euh euh de répondre à tous les volontés des États.
Il faut développer des capacités et il faut développer technologie, il faut développer capacité de construction des équipements qui ont acheté parce que la la décision sera toujours à la fin des États. Si on veut une vraie capacité industriale européenne, elle doit être européenne et pas espagnole, française, portugaise ou ou Allemagne. il doit être européen involvant des entreprises de tous de tous les les pays et dans la rationalité des option des de chaque pays seront aussi euh je suis sûr de ça euh le bénéfice économique que chaque pays peut avoir avec chaque chaque achat face à la la recrudescence des attaques hybrides comme les cyberattaques massives de mars 2025 contre six pays de l'OTAN, les sabotages de câbles euh sous la mer Baltique Comment l'alliance peut-elle renforcer sa réponse à ces menaces asymétriques ?
Les attaques hybrides sont fait pas seulement de point de vue physique sur les câbles comme vous avez mentionné mais avec la désinformation que qui attaque le cœur de notre euh démocratie. Euh la désinformation, c'est responsable pour une croissance très très euh considérable euh de du discours euh euh antidémocratique dans l'espace euh européen. Alors, il faut le combattre aussi.
Il faut être consciente que l'OTAN, c'est une organisation défensive qui veut défendre un moyen de vie, un moyen de vie démocratique. Autant c'est pas une organisation qui aime pas la Russie et la désinformation c'est une forme d'attaque qui prive très sérieux qui a des des effets très visibles dans l'espace politique européen où les les partis de extrême droite occupent déjà une part considérable de du space parlementaire et politique dans l'Union européenne. Parlons de ce de votre pays justement et de et de partis politiques d'extrême droite qui augmentent lors des dernières élections législatives de mai 2025.
Ce parti Sheegga a réalisé une percée historique en obtenant 20 % des voies, 60 sièges devenant la première force d'opposition du Portugal devant d'ailleurs le Parti socialiste dont vous êtes issu dans un pays qui a longtemps été considéré comme résilient face à la montée des extrêmes. Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? ça passé euh exactement le même qui se passe dans le reste de l'Europe.
Il a pris un peu plus de temps à arriver ici, mais il a arrivé aussi une certaine désinformation de créer des factes politiques de euh capacité de contrôler euh les réseaux sociaux. Euh et et cet discours a a pris ici les mêmes effets qu'il a pris dans des autres pays euh européens. Allemagne par exemple, à la France par exemple.
Et dans les l'objectif euh de cette force, c'est toujours de créer instabilité capable d'ouvrir d'ouvrir le chemin pour arriver au au pouvoir. Ils seront pas, je suis convaincre de ça, ils seront pas une force capable de contribuer pour la stabilisation euh de du gouvernement. Merci à vous monsieur Perestrello d'avoir été notre invité aujourd'hui.
Marcos Perestrello, président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. Merci à vous de nous avoir suivi. On continue avec notre débat qui est consacré aux chercheurs.
On essaie de recruter en Europe des chercheurs américains. Rendez-vous à Bruxelles pour en débattre avec des députés européens. [Musique] Merci de nous rejoindre à Bruxelles au Parlement européen.
Cette semaine, Bruxelles joue les chasseurs de tête au sens scientifique du terme. L'Union européenne dégaine des centaines de millions d'euros pour séduire les scientifiques américains qui sont victimes des attaques en règle de l'administration Trump. Coupe budgétaire entrave à la liberté de recherche sur certains sujets contraires à l'idéologie de la droite conservatrice.
Plus de 30 % des chercheurs américains se disent prêts à quitter les États-Unis pour poursuivre leurs travaux à l'étranger. Et pour les attirer, l'Union européenne a débloqué un fond de 500 millions d'euros destinés à financer l'accueil de ces scientifiques sur la période entre 2025 et 2027. Cette initiative baptisée Chose Europe for Science vise à offrir des contrats plus longs, une liberté académique accrue et des incitations financières.
Mais ce plan est-il à la hauteur ? Alors que le budget fédéral américain pour la recherche publique s'élève à 137 milliards d'euros par an, le budget de l'Union, lui est nettement inférieur 100 milliards d'euros mais sur 7 ans, soit 14 milliards d'euros par an. Et puis les 27 pays membres de l'Union européenne multiplient parfois les coupes dans les budgets nationaux consacrés à la recherche.
Alors, l'Europe a-t-elle vraiment les moyens d'attirer les cerveaux américains ? C'est la question que nous allons poser à nos deux invités, deux eurodéputés. Voerbec, bonjour.
Euh, vous êtes eurodéputé belge du Parti populaire européen à la droite de l'hémicycle et Marina Mesure, bonjour. Bonjour, députée européenne française du groupe la gauche dans l'hémicycle qui correspond à la France insoumise en France. Alors pour mieux comprendre ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique, écoutons tout de suite le président de l'université d'économie de Stockholm en Suède.
Il s'agit véritablement d'une attaque contre la démocratie et nous disons parfois que cela représente une formidable opportunité pour d'autres pays. Mais cela est secondaire. Ce qui importe vraiment, c'est qu'il s'agit d'une question idéologique voire éthique qui consiste à défendre ce qui est juste et ceux qui croient en démocratie.
Il est absolument essentiel d'essayer d'aider et de poursuivre la collaboration avec nos collègues américains. Alors monsieur B que l'offensive de Trump contre ses propres universités, ses propres chercheurs nous concerne aussi comme on vient de l'entendre. On peut être enquier pour la recherche scientifique mondiale, soit sur le climat, sur la santé, sur les sens, tous ces sujets qui ne plaisent pas à l'administration Trump.
Oui. Et je pense que pour l'Europe, ça donne une énorme opportunité. Euh on a accueilli ici le rapport de Mario Drag et un des éléments pour forcer renforcer la compétitivité de l'Union européenne, c'est c'est de investir dans la recherche de l'innovation.
Et donc maintenant il y a une opportunité. C'est très grave tout ce qui se passe en France mais ça donne des opportunités pour l'Union européenne vraiment. Mais avant de parler de l'opportunité économique, est-ce que c'est aussi une bataille de valeur pour la liberté de la science dans le monde ?
Est-ce que c'est ça qui est en train de se jouer Marine à mesure ? Est-ce que c'est à l'Union européenne de défendre la liberté des scientifiques dans le monde et de reprendre le flambeau américain ? Bien sûr qu'il faut défendre la liberté académique.
C'est extrêmement important que l'Europe soit en première ligne sur le sujet mais néanmoins, il faut qu'elle regarde aussi ce qu'elle fait elle-même sur son propre territoire. Je moi je viens de France, je viens d'un pays dans lequel l'ancien ministre chargé de l'enseignement supérieur Frédéric Vidal a voulu dégenter une enquête sur le wisme, sur l'islam gauchisme dans les universités. Donc c'est-à-dire de savoir ce qui relève de la recherche, ce qui relève du militantisme.
Je trouve cela extrêmement préoccupant justement quand on veut défendre ces libertés académiques extrêmement importantes. C'est intéressant Vorerbe et Vorerbeck, est-ce que vous direz aussi que la liberté de la recherche est aussi inquiétée en Europe, en danger ? Bon, je pense pas vraiment euh pas comparé avec euh les États-Unis actuellement et donc euh l'académique euh la liberté académique est très important.
Euh mais il y a aussi une très grande liberté académique en Europe, dans tous nos universités. Euh j'ai travaillé pour pour 10 ans dans une université à Belgique et j'ai toujours travaillé dans dans le très dans une très grande liberté et ça c'est aussi un des des éléments euh qui qui est très attractif euh à ce moment-là. Euh c'est ce que dit d'ailleurs la présidente de la Commission européenne.
On écoute tout de suite Urzula Van Derleon. Elle va dans ce sens-là justement d'une plus grande liberté. La science est un investissement et nous devons dessiner de bonnes perspectives d'avenir.
C'est pourquoi nous proposerons une nouvelle enveloppe de 500 millions d'euros pour la période 2025-2027 afin de faire de l'Europe un pôle d'attraction pour les chercheurs. Cela permettra de soutenir les meilleurs et les plus brillants chercheurs et scientifiques d'Europe et du monde entier. Marine à mesure, il faut dépenser cet argent public européen pour attirer les cerveaux américains.
Oui, mais bon, vaste comédie euh quand euh monsieur Macron et madame Ursula Vereen viennent nous dire que il faut alors Ursula Vanerleyen propose 500 millions, euh monsieur Macron propose 100 millions, mais ce qu'ils oublient de dire c'est que dans des pays comme la France, on vient de couper 1,5 milliards d'euros dans l'enseignement supérieur et la recherche. Donc si vous voulez, c'est une vaste comédie. On est dans au niveau des chercheurs.
Alors, je sais pas quelle est la situation en Belgique et vous nous le direz probablement, mais en France nous sommes dans une situation catastrophique. La recherche publique est dans un état lamentable. Nous sommes les chercheurs sont sous-payés.
Il n'y a pas de titularisation. Nous avons pas de locaux de labos. Donc vous voyez, c'est quand même une vaste comédie de venir nous dire on va mettre 600 millions quand on vient de couper 1,5 milliards justement dans ce don vous répondez à ça monsieur B que parce que la droite européenne à la fois elle prône la rigueur budgétaire y compris dans le domaine de la recherche.
Dans les 27 États membres, on voit bien qu'il y a des couples qui s'adressent à ce domaine-là et puis tout d'un coup il y a ce plan pour attirer les chercheurs américains qui est particulièrement mal accueilli par les chercheurs européens. Faut le dire. Je ne vais pas me lancer dans des débats nationals.
En France, en Belgique, il n'y a pas euh des des euh des mesures pris pour euh pour les universités. Euh mais les moyens, c'est une affaire. Mais aussi il y a aussi la la mentalité la mentalité pour dire vous êtes ici bien accueilli et ici en Europe, tu peux euh librement tout que tu veux avec la recherche académique et cette je veux comparer un peu avec les années 30 dans les années 30 quand le nazisme et le fascisme étaient là en Europe Qu'est-ce qu'on a vu ?
On a vu que tous les rechercheurs avec des grandes compétences ont parti l'Europe, Hann Arent, Albert Einstein, de Frankfurter Schou, ils sont tous partis aux États-Unis. Et qu'est-ce que les États-Unis a dit ? Vous êtes bien accueilli ici, pas seulement avec des moyens, aussi avec des moyens, mais aussi avec tout euh tout l'environnement.
Et quel est le résultat ? Le résultat est que les États les États-Unis ont eu une une croissance économique dans les années 50 et 60 énormes grâce aux rechercheurs. Marine Mesure, est-ce que vous êtes d'accord pour dire que cette fuite des cerveaux américains, c'est une opportunité économique que l'Union européenne doit saisir en attirant ses cerveaux et que du coup bah ce plan de 500 millions d'euros alors c'est peut-être pas énorme mais ça va dans le bon sens.
Non, je je continue à dire que c'est pas une opportunité à saisir. Mais c'est c'est pas la question là la question quand on parle de mentalité, c'est pas la question de mentalité, c'est à un moment donné quel moyen on met sur la table. Parce que vous me dites "Oui, c'est bien qu'on mette 500 millions mais ça ne suffit pas.
Il faut vraiment une stratégie d'investissement et l'investissement notamment en public." Et c'est pour ça que moi j'ai quand même un désaccord. On peut pas être dans un moment où où et là c'est l'Europe, c'est pas un débat franco-français où c'est au niveau européen, on est à un moment où on nous demande de couper dans la dépense publique puisque c'est on est dans un moment austéritaire et vous pouvez pas au même moment alors que nos concurrents directs he la Chine, les États-Unis investissent des milliards, des milliards dans la recherche et le développement, dans l'innovation et nous derrière on dit il faut couper et débrouillez-vous.
Bah effectivement ça ne peut pas fonctionner. Alors, c'est vrai qu'en plus, il y a quand même une vraie question Voer Becker, c'est que un chercheur américain est payé en moyenne trois à quatre fois plus qu'un chercheur en Espagne ou en France. Est-ce qu'on se berce pas un peu d'illusion en espérant les faire venir ? seulement les revenus personnels.
Euh j'étais ministre de la santé aux période de du Covid et euh il y avait quelques semaines que j'ai reçu des messages avec monsieur Kennedy qui était le ministre de la santé maintenant euh aux États-Unis et ce sont des rechercheurs qui disent "Mais avec tout ce qui se passe maintenant aux États-Unis, avec tous les mesures mais aussi avec tout le gouvernant gouvernance de de monsieur Trump. Nous cherchons des autres opportunités pour faire notre expertise, pour explorer notre expertise parce que ici il y a une culture qui n'est plus acceptable pour nous. Il y a une défiance vis-à-vis des sciences que nous ne partageons pas et nous croyons encore à la science, nous les Européens, par rapport aux Américains.
C'est ce que vous dites, hein. Oui, je suis euh je suis sûr à mesure, cette liberté de la science, cette culture de la vérité scientifique qu'il y a en Europe, ça peut suffire à attirer ces chercheurs qui sont maltraités outreatlantique. Ben je je pense qu'elle est mise à mal et de plus en plus avec euh bah les gouvernements d'extrême droite qui arrivent au pouvoir et vous voyez que les première choses à laquelle il s'attaquent le bien la plupart du temps, c'est à la science.
Donc oui, à l'heure actuelle, peut-être que au niveau européen, on a encore cette défense de la liberté académique, cette défense de la science, mais moi je pense qu'elle est aujourd'hui menacée notamment par les régimes d'extrême droits qui sont en train d'arriver dans plusieurs pays de l'Union européenne. D'autant que il y a si on regarde en fait dans le classement international de Shanghaiï, une seule université européenne dans le top 20, on a on a fait un véritable décrochage. Il y a le décrochage scientifique en quelque sorte, il existe déjà et et dans l'enseignement, est-ce que on n'est pas plutôt en phase de rattrapage justement dans quand vous parliez du rapport des rapports d'Enricoa ou de Mario Dragui sur notre compétitivité et sur la nécessaire innovation, ça en fait partie ?
Est-ce qu'on se donne les moyens ? On parlait de 500 millions d'euros, c'est un peu dérisoire quand même aussi comme chiffre finalement. Oui, mais c'est pour ça que j'ai dit c'est que que actuellement il y a une opportunité et que l'Europe doit prendre cette opportunité et on va avoir la discussion du budget pluriannuel de l'Union européenne.
Euh nous demandons qu'on veut qu'on qu'on peut investir en plus euh au niveau de de d'innovation euh et de la recherche scientifique. pas seulement ça aussi pour les startups et pour les scaleups par exemple parce que ça c'est aussi un élément qui était très important pour les rechercheurs, pas seulement euh de créer un labo pour inventir mais aussi de savoir est-ce qu'il y a mais ici une une possibilité pour euh pour utiliser que tout toutes les éléments que nous avons inventés sur la sur la marché et ça c'est une manque très important et donc une marché unique pour le capital. Ça c'est aussi un élément complémentaire très important.
Vous avez la même vision de la recherche européenne du côté du groupe la gauche Marine à mesure, c'est-à-dire utiliser ces trouvailles de la recherche européenne mais aussi savoir les intégrer au monde de l'entreprise, à l'économie, au marché. C'est c'est ça l'enjeu. Euh, on en revient à la question des moyens parce que là, on parle, on on a dévié donc de la science à la question aussi de l'innovation dans son ensemble et euh des start-ups.
Bon, euh un exemple concret, les semi-conducteurs, c'est-à-dire ces puces dont on a besoin dans nos téléphones, dans les batteries pour les voitures, dans les ordinateurs, elles sont absolument essentielles. Là, l'Europe dit, on met pour la construction de nouvelles Gigafactory, c'estàdire pour produire en Europe ces puces, on met 15 milliards sur la table. Les États-Unis mettent 280 milliards, la Chine met 303 milliards d'euros.
Donc vous voyez, nous sommes toujours à la traî et pendant ce temps-là et bien qu'est-ce qui se passe ? Bah tout est en train d'être délocalisé. Oui.
Mais en même temps, l'Union européenne a pour objectif de consacrer 3 % du PIB européen à la recherche et au développement. Ça, j'imagine qu'au groupe la gauche, on est actuellement à 2,3 %. Vous êtes pour qu'on qu'on y ait une incitation à augmenter euh pas que la pas que le budget de la défense parce qu'on est en train d'augmenter tous les budgets de la défense mais le budget de la recherche globalement et ça c'est un des bénéfices ça serait un des bénéfices de l'Union européenne.
Ément. Oui, ça c'est une une responsabilité comment j'habite à Flandre et en Flandre parce que euh en Belgique euh c'est c'est régionalisé cette compétence mais en Flandre on a on a passé le 3 % pour recherche et et development et donc ça c'est une un choix politique au niveau des régions au niveau des pays et euh euh l'Union européenne peut renforcer euh et peut et peut euh euh comment je dois dire euh euh ajouter euh des éléments, mais ça c'est une responsabilité comme et aussi un responsabilité euh euh du secteur privé parce que quand tu parles de la de de les États-Unis, ce sont pas des moyens seulement des moyens publics et Ce sont beaucoup de moyens euh privés quand tu parles des rechercheurs très bien payés dans de dans de des universités, ce sont souvent des universités avec des moyens privés. Euh donc tu peux pas comparer les deux éléments.
Il faut aussi une fiscalité intéressante pour conjuguer recherche publique et investissement de la recherche privée. Marine Mesure. Tout à fait.
C'est pour ça qu'il faut aussi effectivement des mesures pour faire rentrer des ressources puisque lorsqu'on parle de dépenses, il faut faire rentrer des ressources et là je pense que il y a justement he dans le domaine de l'intelligence artificielle du mérique on a de quoi aller chercher. Je pense notamment à taxer les gafes on l'a toujours pas fait et taxer les gazfes sur leur chiffre d'affaires sur le territoire sur lequel elles exercent. On peut aussi et je pense qu'il y a une il y a une idée qui a été avancée et que je pense importante, c'est celui de taxer le droit des le droit intellectuel.
Vous savez, la propriété intellectuelle sur les marchandises, quand vous avez des logiciels protégés, quand vous avez des brevets et bien tout ça en fait cette propriété intellectuelle c'est 40 % du PIB mondial. Et bien là, il y aurait de l'argent à aller chercher justement pour financer et pour que ça reste publique justement toutes ces dépenses dont on a besoin dans la recherche et développement. On vous a bien compris hein, c'est welcome les chercheurs américains, mais il faut surtout aussi développer la recherche en Europe.
Merci en tout cas euh de vous euh s'être prêté au jeu de nous parler de de ces chercheurs qu'on cherche encore en Europe et on vous souhaite une très bonne suite des programmes sur nos antennes. Merci beaucoup. Merci. [Musique]
Marina Mesure