Que faire en cas d'invasion du Groenland ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Que doivent faire la France et l'Europe en cas d'invasion du Groenland ? D'abord, il s'agit pas de s'opposer militairement. Notre armée fait pas le poids face à l'armée américaine.
On voit que quand on envoie des soldats là-bas, il y a 15 français, 13 allemands, un néerlandais, un Norvégien, ça pèse pas lourd face à l'armée américaine. Et en plus, nos armes, les armes des Européens dépendent des Américains. Ce sont les logiciels qui doivent être réactualisés par exemple pour les F35.
C'est le Danemark qui quelques jours avant les menaces brandies par Donald Trump a acheté pour 1,8 milliards d'euros d'armes américaines en espérant pas seulement acheter des armes mais acheter la paix, acheter l'amitié des États-Unis et ça n'a pas marché. Et ça dit tout, ça dit tout d'une contradiction tragique avec un protecteur qui se transforme en prédateur et les Européens comme proie perdu au milieu de tout ça. Évidemment, ça met fin de fait à une alliance.
Comment imaginer des alliés qui vous menacent ? Mais de manière plus générale, ça met fin à l'Occident, c'est-à-dire à la vision qu'il y aurait des intérêts partagés, des intérêts communs entre l'ancien monde et le nouveau monde, entre les deux rives de l'Atlantique. Alors pour l'instant, on n'est pas menacé par des ogives.
Donald Trump agite un bâton celui de taxe à 10 %. C'est rien. On est tellement biberonné au libre échange queil suffit queon nous dise attention barrière douanière et on prend ça pour des tirs nucléaires.
Mais non, on s'en fiche que ça soit 10 % 50 % 100 % 200 % n'avons qu'à répliquer. Et les Européens ont menacé de répliquer. Attention même pas peur.
Vous allez voir ce que vous allez voir. C'est Emmanuel Macron qui dit "Les mesures tarifaires sont inacceptables. C'est le premier ministre souédois.
Nous ne nous laisserons pas intimider. Ils sont prêts à sortir le bazooka de l'anticoer le bazooka c'est quoi ? juste des droits de douane.
Mais ça dit à quel point ils sont libres échangistes que quand il parlent de taxes frontières pour eux ce sont des armes formidables. Et il parle du bazooka de l'anticoer le bazooka comme si ça allait détruire des murs. Mais en fait pour eux c'est tellement ils sont tellement dans le libre échange que dès qu'on rétablirait des protections aux frontières et ben ce serait quelque chose de terrifiant et qui viendrait terrifier Donald Trump.
Ça c'était dimanche mais à peine ils ont énoncé ça que aujourd'hui la commission vient se ramollir et vient dire qu'il faut le dialogue plutôt que l'escalade. C'est un scénario qu'on connaît parce que c'est un scénario qu'on a déjà vécu qu'on a déjà vécu l'année dernière. qu'on se souvienne de la gifle prise par Volimir Zelinski à la Maison Blanche.
Derrière les Européens promettaient de montrer les biscot qu'on aurait une Europe puissance, que ça serait l'indépendance, qui aurait la souveraineté, qui il se réunissait à Rome, à Londres, à Paris, à Bruxelles pour proclamer tout ça. Et à l'arrivée et ben on a vu ce qu'on a vu. Et qu'est-ce qu'on a vu ?
On a vu Marc Ruteux, le secrétaire général néerlandais de l'OTAN qui s'est couché devant Donald Trump dans des tweets complètement baveux. On a vu Ursula Van Derleon qui est allé signer sur un golf écossé un accord déshonorant avec Donald Trump, avec lui qui nous taxe nos produits à 15 %, nous à 0 % et avec la garantie qu'on achètera chez lui à peu près tout des services numériques de l'énergie, pétrole et gaz et nos armements. Et puis ça a été le silence Motus et Bushcusu sur l'enlèvement de Maduro, le tirant du Venezuela à Caracas.
Toujours pour complaire à l'étrange ami américain, ce détachement des États-Unis à l'égard de l'Europe, il date maintenant d' y a longtemps. C'est Barack Obama déjà pour les 20 ans de la chute du mur de Berlin en 2009 qui ne fait pas le déplacement. Et pourquoi ?
Parce qu'il a le regard tourné vers le Pacifique que pour lui l'avenir se trouve là-bas. C'est Joe Biden, démocrate lui aussi mais qui instaure l'Iran des mesures protectionnisme et notamment contre les Européens. Évidemment, Donald Trump prolonge ça.
Il ne se détache pas seulement, mais il y ajoute la prédation. Mais on a encore en Europe des Atlantistes sans Atlantique. Les États-Unis se détachent mais eux veulent rester attachés.
Ça me fait penser moi à 1956 quand le parti communiste l'Union soviétique décide de dénoncer les crimes de Staline mais qu'on a un parti communiste français qui choisit de rester stalinien après Staline. Et ben aujourd'hui on a des atlantistes qui choisissent de rester atlantiste sans Atlantique. C'est des orphelins et on le sent qu'ils sont malheureux.
Alors que ça devrait être une chance pour l'Europe ce détachement. Alors que ça devrait être une occasion une occasion pour trouver enfin une formidable liberté, une formidable et terrible liberté parce qu'il y a toujours quelque chose d'inquiétant dans la liberté, dans leur reprise en main de notre destin commun et de plus dépendre de l'allié américain. Alors pourquoi ces atlantistes sans Atlantique ?
Pourquoi cette soumission s'est justifiée au nom d'une faiblesse militaire matérielle ? bien réel. Oui, nous ne sommes pas assez forts face à eux, mais nous ne sommes pas assez forts, peut-être, sans doute, pour nous défendre face aux Russes.
Du temps de De Gaul, du temps de Philpin et Chirac, nous n'étions pas plus forts militairement et ça n'empêchait pas de faire entendre notre voix. s'y ajoute aujourd'hui une deuxième faiblesse, presque une faiblesse affective, une faiblesse sentimentale, une faiblesse culturelle, une faiblesse spirituel, c'est qu'on a peut-être un peuple français qui est dans ses profondeurs attaché aux États-Unis. Il y a ce chiffre maintenant des 3/4 de notre génération qui ont visité Disneyland.
Donc c'est un peu le nouveau lourde mais c'est bien plus fort encore chez nos dirigeants dans nos élites qui par le groupe Bilderberg, par les Young American Leaders, par la French American Foundations, par Davos qui se déroule en ce moment et comme si l'intérêt des États-Unis se confondait avec notre intérêt national, avec l'intérêt général. Donc que devons-nous faire ? Nous devons sortir de cette relation toxique sans forcément des bri de vert, sans forcément casser de la vaisselle, mais on doit accepter s'en aller plus chercher à retenir les États-Unis dans un espèce de très long ne me quitte pas, ne me quitte pas.
Et de une, on cesse de trembler devant l'agitation des droits de douane. On dénonce l'accord signé l'été dernier sur un golf écossé. On bâtit petit à petit notre souveraineté numérique, notre souveraineté énergétique, notre souveraineté militaire.
On cesse d'acheter aux États-Unis. Mais avant ça, dès maintenant, on retrouve notre voix. Nous avons réussi à faire entendre notre voix quand le monde était figé en deux blocs avec d'un côté les USA, de l'autre côté l'URSS et on réussissait tout en ayant un allié américain à faire entendre une voix propre qui était la voix de la France.
Nous avons réussi quand il y avait une unique puissance, quand on était dans un monde unipolaire, que Washington décidait de tout avec le duo Villepin Chirak, nous avons dit non à la guerre en Irak. Aujourd'hui, nous sommes au contraire dans un monde multipolaire entre les États-Unis, la Chine, la Russie, mais aussi le Brésil, l'Inde, l'Australie. Il y a des tas de puissances dans le monde, des puissances mondiales ont des puissances moyennes.
Il y a aucune raison dans un monde où il y a du jeu. Tu sais comment on dirait qu'il y a du jeu entre des pièces, que les pièces sont mal liées. Il y a pas de raison dans ce monde-là de pas réussir à faire entendre notre voix.
C'est juste un choix. C'est un choix de justifier notre lâcheté spirituel par une faiblesse matérielle. Donc on fait entendre notre voix.
Mais pour ça, ça suppose de pas avoir de poids de mesure. Ça suppose de pas se taire sur le Venezuela pour se réveiller sur le Groenland. Ça suppose de ne pas se taire sur Gaza pour se réveiller sur l'Ukraine.
Il n'y a pas de double standard, il n'y a pas de deux poiles de mesure. Est-ce qui nous permettra aussi de construire des alliances avec d'autres puissances, avec des alliés du sud ? Parce qu'ils se diront pas qu'on appartient à l'Occident, qu'on est en permanence tourné vers les États-Unis et que nous appartenons à un camp et que nous y sommes figés.
La France doit retrouver sa voix propre, celle qui a souvent servi de moteurs, de locomotive, de catalyseurs en Europe.
François Ruffin