Reconaissance de la Palestine, guerre en Ukraine, montée de l'extrême droite, ... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy
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Bonjour François-Xavier Bellamy, Dublin, Madrid, Oslo, trois pays reconnaissent depuis hier l'état de Palestine. Emmanuel Macron propose de suivre le mouvement, je cite, à un moment utile et pas sous le coup de l'émotion. Est-ce que vous pensez pareil ?
Non, je ne crois pas que ce soit aujourd'hui un moment utile pour reconnaître un état de Palestine. Je crois qu'il faudra un jour une solution à deux états. Il me semble que c'est le seul chemin pour parvenir à la paix dans cette région. La paix, qui est évidemment l'objectif tant attendu et tellement nécessaire. Mais aujourd'hui, reconnaître l'état de Palestine, c'est en réalité d'abord une forme de fiction. Et surtout, c'est donner raison à ceux qui ont déclenché cette spirale de la violence le 7 octobre, c'est-à-dire au Hamas.
Ce n'est pas une forme de fiction pour certains de nos pays, les pays européens que je viens de citer. Emmanuel Macron dit qu'il faut attendre à un moment utile.
Quel est l'état qu'on reconnaît ? Quelle est l'autorité qui aujourd'hui incarne cet état ? C'est là où il y a évidemment un geste que tout le monde reconnaît comme étant symbolique. Mais est-ce que c'est ce symbole qui va arrêter la violence ? Je ne le crois pas, d'abord. Et deuxièmement, je le redis, pour moi, c'est donner une forme de raison à ceux qui, le 7 octobre, ont déclenché cette attaque. Parce que tout le monde le sait, ces trois capitales n'auraient pas reconnu l'état de Palestine s'il n'y avait pas eu cette spirale de la violence qui emporte aujourd'hui toute la région.
Et les civils palestiniens qui sont victimes de cette violence, et nous devons tous évidemment porter la nécessité de les défendre et de sortir immédiatement de cet incroyable embrasement, les civils palestiniens sont d'abord les otages du Hamas qui a choisi d'en faire des boucliers humains dans la guerre qu'ils mènent contre l'existence même d'Israël.
François-Xavier Bellamy, l'idée de ces trois pays, c'est de trouver une solution politique au conflit. Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol, dit que c'est une nécessité pour parvenir à la paix. Pour vous, il se trompe.
Mais aujourd'hui, encore une fois, nous nous demandons depuis des mois un cessez-le-feu humanitaire. Parce qu'il faut que ce cessez-le-feu intervienne pour faire sortir de l'enfer les populations civiles de Gaza et aujourd'hui de Rafa. Ça n'a pas lieu, mais c'est ça le sujet majeur aujourd'hui. La solution politique, elle viendra quand il y aura des acteurs politiques à même de discuter. Aujourd'hui, vous voulez discuter avec qui ? Avec le Hamas ? Le principe même du Hamas, c'est la destruction d'Israël.
Il ne peut pas y avoir de solution à deux États avec des gens qui croient qu'en réalité, cet État, et d'ailleurs, je le dis parce que c'est ce qui nous concerne le plus, il y a aujourd'hui des gens en France, il y a des forces politiques en France qui se font l'écho de cette revendication, qui se font l'écho de cette propagande. Quand j'entends Rima Hassan dire qu'Israël est une monstruosité, dit-elle. C'est donc l'existence même d'Israël et pour elle, une monstruosité. Il faudrait détruire Israël.
Elle parle des gouvernants et elle dit qu'elle met à part la population.
Non, non, non, elle dit, pardon, c'est sa phrase, maintenant il faut arrêter de biaiser. Parce qu'à chaque fois, c'est la même chose. À chaque fois, on lance une énorme provocation, une insulte, une forme de violence inouïe dans le débat public et ensuite, on se trouve des raisons de l'avoir fait. Non, Mme Hassan doit assumer ce qu'elle dit. Elle a dit, Israël est une monstruosité, comme elle a brandi le drapeau palestinien sur les réseaux sociaux en disant, nous étions là avant vous, nous serons là après vous. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Sinon le fait que Mme Hassan est d'accord avec le Hamas, elle est d'accord avec l'Iran, elle est d'accord avec tous les sponsors du terrorisme islamiste international pour dire qu'il faut qu'Israël disparaisse. Et bien cela, si c'est ça les interlocuteurs politiques pour avoir une solution négociée, je crois que c'est évidemment une faute absolue.
Juste d'un mot, on a bien compris que le moment n'était pas venu pour vous pour la reconnaissance de l'État de Palestine, mais est-ce que le moment est venu à ce moment-là pour la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël, ce que soutient le patron des Républicains, Éric Ciotti ?
Le moment est venu pour, la principale chose que nous disons avec Éric Ciotti, avec les Républicains, le moment est venu pour un cessez-le-feu humanitaire. C'est ça la chose qui doit nous préoccuper le plus.
Oui, mais on ne comprend pas, enfin pardon pour le parallélisme des formes, mais si le moment n'est pas venu pour la reconnaissance de l'État palestinien, pourquoi est-ce que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël serait un pas vers la paix ?
Parce qu'on voit qu'aujourd'hui, Israël est devant un défi de survie, devant une menace existentielle. Vous avez des forces politiques, je le répète, en France, je pense à LFI, mais aussi le Parti Socialiste, qui a demandé, il y a seulement quelques semaines, l'embargo sur les armes à destination d'Israël, quelques jours seulement avant l'attaque massive de l'Iran, qui a frappé le territoire israélien. On voit bien qu'aujourd'hui, dans ce conflit, il y a une asymétrie évidente. Si le Hamas dépose les armes et libère les otages, c'est la fin de la guerre. Mais si Israël dépose les armes, c'est la fin d'Israël.
Et donc nous, nous disons que nous n'avons pas le droit à créer une égalité ou une forme à mettre sur le même plan, dans une sorte de relativisme infâme, une organisation terroriste et un État démocratique.
Donc Israël a raison de ne pas respecter la décision de la Cour internationale de justice, qui lui a demandé la semaine dernière de cesser les bombardements dans la bande de Gaza.
Mais qui provoque ces bombardements ? Nous nous disons depuis le début, Israël a le devoir de se défendre dans le respect du droit international. Et là aussi, notre position n'a jamais varié. Mais qui provoque ces bombardements ? Sinon, le Hamas qui continue de tirer sur le territoire israélien depuis les territoires qu'il occupe, parce que c'est en réalité la véritable occupation, et qui menace le territoire d'Israël tous les jours pour provoquer cette réponse. Pardon, mais Ismaël a mis... Je vous pose la question, François-Xavier Bellamy, parce que... Ismaël a mis le leader du Hamas.
Est-ce que ça vous a ému ce qui s'est passé à Arafa ?
Mais évidemment, non seulement ça m'émeut, mais ça me révolte que des populations civiles soient aujourd'hui dans cette situation d'enfer. Je le dis depuis des mois. C'est un drame absolu. Mais je le redis, on ne sortira pas de ce drame si on ne regarde pas en face quelle est sa cause réelle. Et sa cause, c'est que Ismaël a nier, qui est le leader du Hamas, qui lui est d'ailleurs confortablement bien loin de Gaza. Il dit, quelques jours après le 7 octobre, en parlant des civils palestiniens, il dit, nous avons besoin du sang, des vieillards, des femmes, des enfants, pour réveiller en nous l'esprit révolutionnaire. C'est ça le Hamas.
C'est une organisation terroriste qui utilise ses populations civiles comme un bouclier humain.
Entre temps, François-Xavier Bellamy, il y a 7 mois de guerre, un peu plus de 7 mois de guerre, des milliers, des dizaines de milliers de morts du côté palestinien. Vous, vous considérez que la réponse israélienne est toujours proportionnée, malgré les mises en garde des institutions internationales ?
Non, moi je ne suis pas à même, je dis qu'Israël doit se défendre dans le respect du droit international, je ne suis pas à même d'en juger. Mais Israël est une démocratie, ça fait aussi une grande différence. Et il y a un débat en Israël sur la proportionnalité de cette réponse. Et il y a des dirigeants qui sont responsables, comme tout dirigeant démocratique, qui sont responsables devant leur peuple et qui sont responsables devant le droit. Ce que nous disons simplement, c'est qu'Israël, il faut le répéter, parce que certains semblent l'avoir oublié, a le droit de se défendre aujourd'hui.
Et vous évoquez la position d'Emmanuel Macron, je crois qu'il faudrait sans doute qu'il y ait un débat au sein de la majorité sur cette question. Parce que, pardon, mais les voix sont pour le moins dissonantes. On a le président de la République qui dit oui à la reconnaissance d'un État de Palestine, mais pas maintenant. On a la tête de liste de la majorité présidentielle qui dit non. Et en même temps, son numéro 2 qui dit oui, il faudrait le faire maintenant. Bernard Guetta qui est numéro 2 sur cette liste. Alors, sur un sujet aussi important, on n'a pas droit au en même temps parce qu'on risque évidemment de donner raison au pire.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.
Et François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux Européennes. Hier à Münster, en Allemagne, Emmanuel Macron s'est vu remettre un prix pour la paix qui lui avait été décerné il y a plus d'un an pour avoir maintenu longtemps le dialogue avec la Russie, dialogue rompu depuis. Pendant la cérémonie, le président français a eu ses mots, ce qui est plus compliqué quand on a commencé à faire la guerre, c'est qu'il faut trouver les voies et moyens de continuer à parler à l'ennemi pour, à un moment, signer une paix. Faut-il, oui ou non, reparler avec la Russie ?
Mais ça, c'est la question qui est posée aux dirigeants ukrainiens parce que c'est l'Ukraine qui, aujourd'hui, est attaquée par la Russie. Et le sujet majeur, c'est que l'Ukraine soit en position de force pour négocier le jour venu quand elle le voudra. Parce que nous, nous devons soutenir l'Ukraine pour défendre sa souveraineté, pour défendre la liberté du peuple ukrainien. Et ce n'est en aucun cas, je crois, aux Occidentaux de dire à l'Ukraine le moment où elle doit négocier pour mettre fin à cette guerre.
Ce que nous devons faire, c'est de faire en sorte que l'Ukraine puisse attendre la paix parce que c'est évidemment ce que tout le monde souhaite, mais la paix dans la justice et la paix dans la liberté.
Et pour atteindre la paix, faut-il livrer des armes à l'Ukraine qui lui permettent de toucher le sol russe et des bases, notamment comme cela a été évoqué hier par le président français ? Il faut livrer des armes à l'Ukraine d'abord.
Je crois que pour nous, c'est la priorité. C'est d'abord de faire en sorte que la France soit au rendez-vous de ce devoir impératif de venir concrètement en soutien pour les forces ukrainiennes. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Toutes les études montrent que la France, qui a pourtant la deuxième industrie d'exportation en matière de défense au monde, qui a la première armée conventionnelle en Europe, la France aujourd'hui est très loin des plus gros partenaires de l'Ukraine, des partenaires les plus efficaces en matière de soutien concret aux forces ukrainiennes aujourd'hui. J'étais avec le général Gomart, qui est le numéro 3 de notre liste, l'ancien patron des forces spéciales françaises.
Nous étions, il y a quelques semaines, en visite dans une usine d'armement qui fabrique des véhicules blindés. C'est des véhicules qui, tous les jours, sauvent des vies sur le terrain, les vies des soldats qui sont engagés au front. Et cette usine nous disait, les gens qui la font vivre et qui, aujourd'hui, sont engagés pour soutenir les forces ukrainiennes, qu'ils auraient pu intensifier les cadences, ils auraient pu passer au 2-8, au 3-8. Personne ne le leur a demandé. L'État n'a pas passé les commandes. Aujourd'hui, ils produisent un rythme qui n'est pas différent de celui qui était le leur avant la guerre en Ukraine. On est très en retard. Et même pour...
Mais ce n'était pas ma question. Ma question, c'est qu'Emmanuel Macron, hier, estimait qu'on devait permettre à Kiev de neutraliser les bases militaires d'où la Russie tire ses missiles. Ces bases sont sur le territoire russe. Est-ce que ça veut dire qu'il faut livrer des missiles qui permettent de frapper le territoire russe ?
Moi, je ne le crois pas. Je crois qu'aujourd'hui, nous devons tout faire pour éviter une escalade qui serait extrêmement dangereuse. Notre soutien aux forces ukrainiennes, il doit se matérialiser par le fait qu'aujourd'hui, les Ukrainiens, et c'est leur priorité, attendent d'abord des éléments défensifs pour protéger leur territoire. C'est la priorité absolue. Et de ce point de vue-là, encore une fois, nous sommes très en retard. Donc, c'est une chose de parler. Le président de la République le fait beaucoup. Mais je ne crois pas que mettre sur la table des propositions qui contribuent à une forme d'escalade.
La proposition, à mon avis, très dangereuse d'envoyer des troupes au sol en Ukraine.
C'est une demande des Ukrainiens de pouvoir utiliser les armes occidentales qui leur sont livrées pour pouvoir frapper le sol russe.
Mais leur première demande, encore une fois, c'est que nous soyons au rendez-vous sur le rythme de livraison d'armes, de munitions, d'équipements. Et c'est, je crois, notre principale priorité. Pour le reste, ce que je vois, c'est que des pays qui sont très engagés depuis très longtemps avec beaucoup plus de force que nous dans le soutien à l'Ukraine sont très réticents sur l'idée de cette extension du domaine du conflit.
Plus généralement, sur la question de la guerre, Emmanuel Macron disait nous devons penser en franco-allemand notre défense. Il l'a répété à l'occasion de cette visite en Allemagne. Vous êtes d'accord avec ça ? C'est réaliste ?
Aujourd'hui, le couple franco-allemand est dans une situation de fragilité que nous ne lui avons jamais connue dans l'histoire de nos pays depuis la création de l'Europe. Et nous voyons que cette difficulté, ces tensions qui se multiplient sont une source d'inquiétude très grande pour l'équilibre européen dans son ensemble. Ça tient évidemment à la relation entre les deux chefs d'État et de gouvernement français et allemand. Ça tient aussi à des intérêts qui divergent, non ? à la divergence bien sûr de nos modèles, de nos modèles industriels, de nos modèles économiques, de nos modèles sociaux, de nos modèles de sécurité.
Et de ce point de vue-là, moi j'ai eu l'occasion de le dire au chancelier Scholz les yeux dans les yeux quand il est venu au Parlement européen. Nous avons eu un débat assez vigoureux. Je crois qu'il faut parler franchement à nos partenaires allemands. Mais il faut aussi que nous soyons conscients que la France a sa part de responsabilité dans l'immense fragilité actuelle du débat franco-allemand.
Mais là encore, vous n'avez pas répondu mais la question d'une défense pensée en franco-allemand pour reprendre les mots d'Emmanuel Macron, ça vous paraît réaliste ? Moi je crois que la défense
doit être d'abord dans la construction d'une sécurité européenne le fait de nos armées nationales. Nous avons des modèles d'armée différents. Et l'Allemagne
et la France en particulier,
il n'y aura jamais d'armée européenne et il ne doit pas y en avoir une parce que l'armée c'est l'expression la plus régalienne de ce que c'est qu'une démocratie. Et il n'y a pas une démocratie en Europe. Il n'y a pas non plus un seul modèle d'armée. Nous n'appelons pas en France et en Allemagne nous n'appelons pas armer la même chose. En Allemagne, la garantie de sécurité du territoire allemand pour les citoyens allemands c'est essentiellement l'OTAN. Et l'armée allemande est essentiellement une composante de l'OTAN. Et en France, au contraire, nous avons une armée qui a une vocation d'intervention et d'opération sur les théâtres sur lesquels elle est engagée.
D'ailleurs avec des références démocratiques totalement différentes. Pour que l'armée allemande soit mobilisée dans une intervention, soit réunie, qu'il ait débattu, qu'il ait confié un mandat à l'armée allemande avec des conditions précises d'ouverture du feu. On comprend pourquoi étant donné l'histoire, étant donné ce que nous avons vécu, on comprend pourquoi l'Allemagne s'est donné ses garanties. En France, on a un modèle d'armée qui est construit aussi autour de la dissuasion nucléaire qui ne sera là aussi jamais qu'il ne peut pas, nous ne pouvons pas mutualiser.
Parce que la dissuasion nucléaire elle est fondée sur les institutions de la Ve République, sur le fait qu'un président de la République avec la légitimité que lui donne l'élection la dissuasion nucléaire comme il peut engager seul notre force armée en opération.
Sortir de la naïveté, se protéger mieux sur le plan commercial, doubler le budget de l'Union Européenne, assumer le mur d'investissement nécessaire à la transition écologique et numérique, c'est ce qu'a déclaré Emmanuel Macron lors de sa visite d'État de trois jours en Allemagne. Tous ces mots-là, vous pourriez les reprendre à votre compte ?
Non, parce que derrière cette évocation d'un mur d'investissement nécessaire, ce que propose Emmanuel Macron, c'est en réalité de faire en Europe ce qu'il a fait de mieux à Paris, c'est-à-dire de nouvelles dettes et de nouveaux impôts pour assumer cette dette. C'est ce qu'il dit dans son discours de la Sorbonne, il faut faire un nouveau grand emprunt européen, il appelle ça d'ailleurs de manière très ironique une belle idée française. Moi je crois que s'il suffisait d'avoir beaucoup de dettes et beaucoup d'impôts pour être puissant, la France serait le pays le plus puissant d'Europe.
Aujourd'hui, elle est le plus vulnérable par la politique d'Emmanuel Macron dont la trajectoire budgétaire met le pays en grand danger et stupéfie l'Europe entière. Donc non, le renforcement de l'Europe ne passera pas par le fait d'accroître encore la dette qu'il a réussi à créer au plan européen et ne passera pas par le fait de créer des impôts européens.
Et sur l'autre point qui a été évoqué hier, la nécessité de mieux se protéger, d'avoir des règles commerciales qui garantissent la juste concurrence notamment avec la Chine et les Etats-Unis, est-ce qu'au moins sur ce point-là
vous êtes d'accord ? Oui bien sûr, j'observe que c'est le même Emmanuel Macron qui disait il y a quelques années le protectionnisme c'est la guerre. Moi je ne veux pas du protectionnisme parce que je crois que notre vocation n'est pas de nous enfermer derrière des barrières pour mourir à petit feu. Je crois à la force de nos entreprises, je crois au talent de nos agriculteurs, je pense qu'ils sont capables de rayonner dans le monde et que c'est l'ambition que nous devons porter avec eux. Mais nous ne pouvons pas en revanche céder à la naïveté qui nous fait les exposer aujourd'hui à la concurrence déloyale qu'ils subissent.
la Chine a aujourd'hui une stratégie de surproduction industrielle dont le but est de dévaster nos industries, de détruire notre capacité de produire dans nos pays. Et de ce point de vue-là, la naïveté, pardon, mais elle est évidemment du côté d'Emmanuel Macron, du côté de sa majorité qui ont voté avec la gauche, avec les verts, avec l'extrême-gauche au Parlement européen pour interdire par exemple le moteur thermique en Europe. Qu'est-ce que ça veut dire interdire le moteur thermique en 2035 ? Ça veut dire se donner comme règle la norme sur laquelle la Chine a 10 ans d'avance sur nous. Ça veut dire se mettre dans les mains de la Chine.
Mais ça veut dire aussi booster les industries françaises pour qu'elles rattrapent leur retard.
Non, booster l'industrie française, ça devait dire fixer, et c'est ce que nous ferons au Parlement européen lors du prochain mandat, fixer un objectif clair parce que c'est le rôle du politique de décarbonation des transports, mais ensuite laisser l'industrie chercher les solutions, les options, les techniques qui permettront d'y arriver. Quand un politique se mêle de choisir des technologies, ça ne va jamais dans le bon sens. De la même manière que quand Emmanuel Macron, parce que c'est aussi son bilan, comme sa majorité, ont voté contre l'énergie nucléaire alors que c'est l'énergie la plus décarbonée qui soit.
Contre l'énergie nucléaire ? Quand ?
Mais pendant tout le mandat au Parlement européen, chère Salia Baraklia... Et ils se sont battus
pour que l'énergie nucléaire soit reconnue comme énergie verte ?
Ah non, ça c'est moi qui me suis battu pour ça. C'est moi qui ai déposé des amendements pour inclure le nucléaire dans les politiques européennes comme par exemple députés macronistes ont tous voté contre cet amendement parce que peut-être l'avons-nous oublié trop rapidement il y a encore quelques années. Le but d'Emmanuel Macron c'était de faire baisser le plus vite possible la part du nucléaire dans l'énergie française. Le but d'Emmanuel Macron c'était de fermer 14 réacteurs nucléaires en plus de ceux de Fessenheim qu'il est responsable d'avoir fermé.
Le but d'Emmanuel Macron c'était de faire en sorte de mettre partout ces énergies renouvelables, des éoliennes, des panneaux solaires qui en fait nous rendent dépendants du gaz parce qu'à chaque fois que vous voyez une éolienne comme c'est une énergie intermittente vous devez savoir qu'il n'y a pas très loin de là une centrale à gaz ou une centrale au charbon pour pallier son intermittence. Donc le vrai bilan d'Emmanuel Macron sur le plan de l'énergie comme sur le plan de l'industrie c'est de nous avoir rendus dépendants de ces pays étrangers qui se mettent à produire pour nous ce que nous ne fabriquons plus.
Aujourd'hui le député Pierre Cordier le disait hier à l'Assemblée nationale on a des sous-traitants en France qui fabriquaient des pièces essentielles aux moteurs thermiques qui sont en train de faire faillite. Ça c'est le bilan de la majorité macroniste.
Toujours avec François-Xavier Bellamy la tête de liste LR aux élections européennes on peut se réveiller le 10 juin au matin avec une forme de gueule de bois démocratique avertit Gérard Larcher le président LR du Sénat à nos confrères de l'AFP peut-on continuer le cabotage actuel quel est l'intérêt du pays comment il faut prendre ces déclarations ?
Mais comme le signal de la gravité de la situation que notre pays traverse et moi je voudrais dire je crois le caractère révoltant de la manœuvre qui nous est imposée aujourd'hui par Emmanuel Macron une nouvelle fois qui consiste à faire comme si la seule opposition à son pouvoir était le Rassemblement National
parce que c'est cette manœuvre-là qui fait que le Rassemblement National est en train de monter. le Rassemblement National en principal opposant sont les Français qui les ont choisis.
Mais c'est totalement faux. Regardez cette élection européenne il y a aujourd'hui de nombreuses listes qui s'affrontent les Français si l'on en croit les sondages n'ont pas choisi de retrouver le duel qui faisait le deuxième tour de l'élection présidentielle c'est Emmanuel Macron aidé du service public malheureusement qui a choisi de l'organiser à nouveau mais en réalité c'est une mise en scène absurde et moi je voudrais dire aux Français qui nous écoutent et qui croient qu'aujourd'hui pour sanctionner la politique d'Emmanuel Macron il faudrait voter pour M. Bardella c'est déjà ce que vous avez fait en 2019 placer M.
Bardella en tête le Rassemblement National a déjà gagné l'élection européenne et qu'est-ce que ça a changé ? Qu'est-ce que ça a changé pour la France et qu'est-ce que ça a changé pour les Français ? En réalité si Emmanuel Macron se choisit cette opposition-là plutôt qu'une autre c'est parce qu'il sait qu'au Parlement européen demain il aura les mains libres pour continuer sa politique parce que plus il y aura de députés au Rassemblement National dans le Parlement européen de demain moins il y aura de députés présents actifs engagés pour tenter d'empêcher le macronisme de poursuivre la dérive qu'il mène aujourd'hui
Mais la question de Salia portait sur les propos de Gérard Larcher il y a un sous-entendu c'est que cette élection est certes européenne mais qu'il faudrait selon Gérard Larcher en tirer des conclusions nationales des conclusions politiques dès le 10 juin
c'est votre sentiment aussi ? Mais qui ne voit évidemment que cette élection aura des conséquences pour la vie démocratique française je ne crois pas une seule seconde que le sujet de cette élection soit la dissolution de l'Assemblée Nationale Mais une coalition entre LR
entre LR et la majorité présidentielle ?
Jamais de la vie ça n'arrivera vous savez les gens qui sont aujourd'hui engagés à droite ils auraient eu mille fois l'occasion de passer dans un autre camp ils auraient eu mille fois la possibilité d'aller chercher justement il y en a qui l'ont fait ceux qui sont restés c'est ceux qui ne l'ont pas fait ceux qui sont restés c'est ceux qui sont restés fidèles constants cohérents c'est nos députés c'est nos sénateurs qui tous les jours mènent le combat contre le macronisme à l'Assemblée Nationale et au Sénat c'est nos élus locaux qui auraient j'en vois tous les jours en sillonnant la France sur le terrain qui auraient tellement pu souvent mettre leur drapeau dans leur poche qui auraient pu abandonner leurs convictions parce qu'aujourd'hui on nous reconnaîtra au moins ça s'engager pour défendre les couleurs de la droite dans une élection comme cette élection européenne ça n'est pas le choix du confort mais si nous faisons ce choix c'est parce que nous savons que c'est celui qui seul peut permettre à la France de trouver une espérance de trouver demain au Parlement européen des députés qui la représenteront dans ce qui va être la droite européenne la première force politique en Europe pour les cinq prochaines années le vrai débat de cette élection il n'est pas entre M.
Macron et Mme Le Pen le vrai débat de cette élection il est entre les deux grandes forces politiques qui structurent la vie européenne la droite et la gauche en Europe et aujourd'hui nous serons nous serons au coeur
vous faites déjà partie vous François-Xavier Bellamy du PPE le parti majoritaire européen et vous êtes à la marge de ce groupe en fait en gros vous ne servez à rien là-bas vous n'imposez rien vous n'imposez pas de liste pas de ligne à ce groupe qu'est-ce que vous lui répondez quand elle dit ça elle elle dit je suis beaucoup plus influente que lui
vous savez que quand le président du PPE a voulu redéfinir la ligne de cette famille politique c'est vers moi qu'il s'est tourné pour me demander d'écrire un texte qui serait la nouvelle charte la doctrine de la droite européenne je suis au coeur de la droite européenne bien sûr que nous avons des débats avec nos alliés comme dans toutes les forces politiques parce que c'est ça l'Europe on a des amis mais on n'est pas d'accord sur eux surtout avec eux on a des débats avec eux et notamment sur le fait que demain nous nous disons qu'il faut une alternance à la tête de la commission européenne nous ne soutenons pas Ursula von der Leyen et c'est nous qui obtiendrons cette alternance dont l'Europe a besoin pour changer de cap enfin pour la France et pour les français c'est nous qui seuls pouvons l'obtenir au lendemain de cette élection mais c'est ça l'enjeu de cette élection et le but c'est de faire en sorte que la droite se relève en France comme elle se relève partout en Europe et je le dis à tous les électeurs de droite de ce pays qui ont pu croire ce qu'on leur racontait que la droite c'était fini que le vrai débat aujourd'hui c'était populiste contre progressiste n'abandonnez pas vous avez des alliés partout en Europe c'est votre famille politique qui relève la tête dans 15 capitales sur 27 de l'Union Européenne la droite européenne la droite de gouvernement est revenue au pouvoir ce sera le cas demain aussi en France et avec vous nous allons reconstruire à travers cette élection le débat démocratique digne de ce nom dont notre pays a besoin
François-Xavier Bellamy tête de liste Allaire aux Européennes vous étiez l'invité de France Info ce matin
François-Xavier Bellamy