Montée des violences, gestion de l'épidémie de coronavirus, primaire à droite... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy
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Bonjour François-Xavier Bellamy, avant de parler de l'épidémie avec vous et des réponses du gouvernement pour la rentrée qui approche dans quelques jours cette opération de police. Tout d'abord cette nuit à Grenoble où la police a donc investi un quartier après la diffusion de plusieurs vidéos montrant des dealers cagoulés et armés. Écoutez les mots du préfet de l'ISER, Lionel Beffre, qui était présent cette nuit sur le terrain.
Cette opération que nous menons à la demande du ministre de l'Intérieur vise à donner un signal à la population. C'est la police, les forces de l'ordre qui la protègent et pas quelques groupes de délinquants. Un signal aux délinquants pour leur dire la même chose, c'est-à-dire que le territoire appartient à tout le monde et pas un petit groupe qui serait chargé de sécuriser pour les autres. Nous ne sommes pas dans un monde où il y a des milices. C'est la bonne réponse de l'État, c'est la bonne méthode.
On le voit, le préfet lui-même le dit, c'est un signal, donc c'est une opération de communication. Aujourd'hui on n'a pas besoin de communication, on a d'abord besoin d'action. Je crois que le bilan de cette opération d'ailleurs est relativement faible. Pas de saisie, pas d'arrestation. La vérité, exactement. Donc c'est de la communication, c'est du spectacle. La vérité, c'est que quand on a besoin de montrer que la police peut rentrer dans un quartier, c'est que la situation est quand même déjà extrêmement dégradée. Darmanin fait du Sarkozy ? Non, ce qui compte c'est qu'il ait des résultats.
Je crois que les Français se moquaient perdument des stratégies de communication des différents gouvernements qui ont pu succès. La seule question c'est le résultat. Et de ce point de vue-là, Gérald Darmanin a beau montrer les muscles et faire de grandes déclarations martiales, il fait partie d'un gouvernement qui s'est d'ailleurs enorgueilli d'avoir libéré des milliers de personnes de prison à la veille de la crise du coronavirus, de désengorger comme jamais les prisons. Ce qui veut dire en réalité relâcher des délinquants dans la nature. Qui étaient en fin de peine. La flambée de violence. Qui étaient en fin de peine ceux qui ont été libérés pendant le confinement.
Mais le message est très clair, là aussi. Le message est beaucoup plus concret. Il consiste à dire qu'effectivement en France, et c'est trop souvent le cas, une peine qui est prononcée n'est pas appliquée. Une peine de prison ferme, dont le but est de protéger la société, n'est pas menée à son terme. Ce qui veut dire exactement le contraire de ce qu'on essaye de démontrer ensuite en faisant semblant qu'une opération de police à grand fort de communication médiatique servirait à rétablir l'ordre. Ça ne suffit pas bien sûr. Jean-François Kéli.
François-Xavier Bellamy, l'État s'imposera face à l'ensauvagement d'une minorité de la société. C'est ce qu'a tweeté Gérald Darmanin juste avant l'opération de police d'hier soir à Grenoble. Ensauvagement, vous validez ce mot ?
Moi j'avais utilisé ce terme, les déshérités, un livre que j'ai écrit en 2014. Pour parler de la crise de l'éducation, j'ai commencé à enseigner dans un établissement scolaire et devant cet établissement scolaire dans lequel je découvrais mon métier, un jeune a été tué à coup de tournevis, c'était il y a quelques années, parce qu'il avait franchi une frontière imaginaire à l'intérieur d'une cité. On l'a vu cet été, cette violence gratuite, brutale, elle ne cesse d'augmenter dans notre pays.
Malgré le déni de réalité qui continue de prospérer dans certains lieux, malgré le débat sur le sexe des anges, est-ce qu'il faut parler d'ensauvagement ou pas, la réalité c'est qu'aujourd'hui, en France, vous avez un acte de violence gratuite qui est commis toutes les 44 secondes d'après l'INSEE, la réalité c'est que les tentatives d'homicide ont doublé en quelques années, la réalité c'est qu'aujourd'hui, oui, c'est vrai,
sur la faillite de l'État, sur la faillite du ministre de l'Intérieur.
Mais c'est, encore une fois, ce qui compte maintenant, ce n'est pas le diagnostic, et on ne devrait même pas perdre de temps à s'écharper sur la question de savoir si le mot « ensauvagement » est le plus adapté. Qui sont les sauvages aujourd'hui en France ? Les sauvages, en tous les cas, ceux qui véhiculent cette sauvagerie, ce sont tous ceux qui, parce que depuis trop longtemps, notre pays n'assume plus de transmettre des repères, d'assumer une autorité, de faire rétablir, de faire maintenir l'ordre et la justice, tous ceux qui ont grandi dans l'idée que tout est permis, et que, de toute façon, seule la force finit par l'emporter.
Et c'est un constat qui est partagé très largement par des acteurs du monde de l'éducation, par des acteurs du monde de la justice, par des éducateurs spécialisés, par des psychologues.
Aujourd'hui, il faut ouvrir les yeux sur ce drame que représente la faillite de l'éducation, la faillite dans une très grande mesure de l'intégration, parce que, n'ayons pas peur de le dire, beaucoup de ceux qui se font les auteurs de ces actes de violence gratuite sont issus de l'immigration, parce que, arrivés sur le territoire national, ou dont les familles sont arrivées récemment sur le territoire national, ils n'ont jamais été, on ne leur a jamais montré que des règles s'imposaient en France et qu'il fallait les respecter. Il y a un lien, pour vous, très clair, entre immigration et ensauvagement ?
Toute violence est condamnable, quel que soit celui qui en est l'auteur, qu'il soit français d'une famille installée en France depuis des siècles, ou qu'il soit arrivé récemment en France. Et par ailleurs, je sais, pour l'avoir vécu comme enseignant, que ce sont aussi beaucoup de jeunes issus de l'immigration qui sont directement les premières victimes de cette prise en otage par une forme de violence assumée de quartiers entiers, de leur quartier, dont ils ne parviennent pas à s'échapper, précisément pour cette raison-là. Je vous repose ma question, il y a un lien direct ?
Il y a évidemment un lien, notamment à travers la faillite de l'intégration, créée par une immigration massive que nous n'avons pas su intégrer, et par le fait que se sont percutés deux phénomènes, une arrivée massive d'une population d'origine étrangère, et simultanément la déconstruction permanente et organisée de l'idée même d'autorité, le soupçon porté sur ceux qui exercent l'autorité.
Mais c'est l'origine ou le niveau social des populations concernées ?
Non, je vous le dis, la rencontre de ces deux phénomènes, vous avez une immigration massive qui est un phénomène important et nouveau de la vie de la société française dans les 50-60 dernières années, et simultanément, parallèlement à cette évolution de la population, vous avez une fragilisation constante de l'autorité, de la règle, de la transmission de la culture, de l'éducation. Si vous arrêtez au pouvoir, François-Xavier Bellamy, vous arrêtez l'immigration ? Bien sûr, mais la première chose à faire, c'est de commencer... Immigration zéro ?
La première chose à faire, c'est de commencer par rétablir, encore une fois, et je crois que c'est la première des pédagogies, l'effectivité des peines. Donc de redonner les moyens... Immigration zéro ? De redonner ces moyens au ministère de la Justice, de redonner aux forces de l'ordre les moyens de faire leur travail. Mais évidemment que pendant que nous allons devoir traiter la crise de l'intégration dont nous héritons, il faut évidemment arrêter cette immigration massive qui, aujourd'hui, continue de déstabiliser la société. Aujourd'hui, plus de regroupement familial, pas d'étudiants étrangers qui viennent étudier en France. Mais on est très très loin de l'immigration zéro.
Est-ce que vous savez combien de titres de séjour ont été délivrés en France en 2019 ? 400-500 000, non ? 280 000 nouveaux titres de séjour auxquels il faut rajouter, effectivement, 140 000 nouvelles demandes d'asile. Je me fonde seulement sur l'immigration légale. 280 000 titres de séjour. La ville de Nantes, c'est 300 000 habitants. Et la population française, c'est 67 millions. Je le dis aujourd'hui, la ville de Nantes, c'est 300 000 habitants. C'est-à-dire que vous avez Nantes qui rentre en France. Je ne parle que de l'immigration légale, avec des titres de séjour. Je ne parle même pas des mineurs étrangers isolés. Je ne parle même pas des demandes d'asile.
C'est-à-dire que vous avez, chaque année, légalement en France, la ville de Nantes qui rentre.
Et une partie qui repart après, parce que dans cette immigration, François-Xavier Bellamy, il y a aussi les étudiants qui vont repartir une fois leurs études terminées. Mais les trois pays les plus importants dans ce pays de séjour...
Je retente la question d'un mot, immigration zéro. Non, mais il y a évidemment, on a besoin d'avoir des échanges. On a besoin d'avoir des échanges avec le reste du monde. On a besoin, évidemment, d'avoir en particulier, par exemple, des échanges économiques. Il faut une immigration choisie. Il faut une immigration raisonnée. Mais aujourd'hui, effectivement, prenons la question du regroupement familial.
Est-ce que la France peut se permettre de continuer avec ce principe du regroupement familial qui fait qu'effectivement, vous avez des populations qui ne sont pas encore intégrées, qui, pour beaucoup de familles, dans lesquelles on ne parle pas encore, par exemple, correctement, le français, et qui vont continuer de faire venir sur le territoire national des proches qui sont restés au pays ? Est-ce que c'est raisonnable ? La réponse est non.
Et ça n'est même pas raisonnable au regard du bien et de ce que nous devons à des familles qui sont récemment arrivées en France et que nous devons commencer par intégrer efficacement à la communauté nationale, au lieu de les laisser se piéger dans des logiques de séparatisme, ce n'est pas moi qui en parle, c'est le président de la République, qui sont aujourd'hui en train de fracturer le territoire national et la communauté nationale.
Vous restez avec nous, François-Xavier Bellamy. On va évoquer la crise sanitaire, les réponses du gouvernement avant la rentrée scolaire et la rentrée de millions de salariés dans les jours qui viennent, dans quelques instants. D'abord le Filinfo à 8h41 avec Sarah Mansoura.
Une cinquantaine de verbalisations déjà adressées à Marseille hier. Le port du masque obligatoire partout et tout le temps dans la ville. Depuis hier soir, pour répondre à l'épidémie de coronavirus, le département comme dix autres en France placés en vulnérabilité élevée. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, se rend sur place cet après-midi. Les chiffres des contaminations, eux, s'emballent. Plus de 5400 nouveaux cas de Covid recensés ces dernières 24 heures, mais aucun mort du Covid-19 recensé hier par Santé publique France. L'ouragan Laura pourrait provoquer des montées des eaux destructrices aux Etats-Unis. Il touche en ce moment les côtes de la Louisiane et va menacer le Texas.
Des vents à 240 km heure pour cet ouragan classé 4 sur une échelle de 5. Le boycott fait tâche d'huile dans le monde du sport américain. Pas de match aujourd'hui au tournoi de tennis de Cincinnati. Une pause décrétée après le retrait de la japonaise Naomi Osaka. Comme certains basketteurs de NBA, elle proteste contre les violences policières sur les Noirs américains et notamment l'affaire Jacob Blake, gravement blessé par des policiers blancs dimanche.
Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Aquiline. Toujours avec le député européen, les Républicains, François-Xavier Bellamy et la question de l'épidémie. Jean-François Aquiline.
Oui, 5500 nouvelles contaminations enregistrées en France. Hier, c'est le record depuis mi-avril. Pas d'affolement à dire en substance. Jean Castex, le Premier ministre, c'est nos amis de France Inter hier matin.
Il n'y a pas de quoi s'affoler. On n'est pas revenu à la situation du mois d'avril ou du mois de mai. Il y a la rentrée scolaire, la rentrée tout court, vous l'avez dit. Il faut d'abord indiquer aux Françaises et aux Français que nous gérons cette situation pour pouvoir nous permettre de mieux passer à la phase suivante, la relance.
Le gouvernement gère à vos yeux, François-Xavier Bellamy ?
C'est évidemment une situation difficile et l'exercice est forcément compliqué parce qu'on est dans une situation de grande incertitude. Ce que je crois, c'est qu'on aurait besoin de messages plus simples et plus clairs. Et le Premier ministre dit ici en substance, il ne faut pas s'affoler. Mais sur beaucoup d'autres sujets, on a l'impression au contraire d'une forme d'anxiété ou en tous les cas de climat anxiogène qui peut être créé. Je prends la question du monde de la culture. Je pense que c'est un sujet majeur parce que nous avons besoin de culture. Nous avons besoin que la culture vive, que les théâtres rouvrent, que les cinémas soient fréquentés.
C'est très compliqué de comprendre pourquoi le Premier ministre, hier chez vos collègues de France Inter, dit simultanément retourner dans les théâtres, il n'y a aucun risque. Et en même temps, il va falloir faire une place sur deux, maintenir la distanciation sociale. Pourquoi est-ce qu'il serait plus dangereux d'aller au théâtre que d'aller dans le métro ? Dans les zones rouges uniquement. Dans les zones rouges uniquement. Exactement, mais dans le métro parisien, vous circulez à cette heure-ci, vous avez évidemment une distanciation sociale qui ne peut pas matériellement être respectée. Qu'est-ce que vous auriez pris comme décision à leur place ?
Encore une fois, je ne suis pas Premier ministre, je n'ai pas toutes les informations dont dispose le Premier ministre. Je crois en revanche que ce qui est absolument fondamental, c'est de permettre à l'activité de repartir et qu'on n'est pas, me semble-t-il, si on regarde les chiffres, je le fais comme simple citoyen, dans une situation d'épidémie intense. Je crois que si le masque est un moyen qui permet de garantir qu'on évite des contaminations excessives, si les personnes les plus vulnérables sont correctement protégées, je ne sais pas pourquoi, encore une fois, dans certains lieux, il faudrait imposer une place sur deux, alors que dans d'autres...
Augmenter la jauge avec des masques, c'est ça ?
Typiquement, par exemple, aujourd'hui, vous avez un monde de la culture qui est très profondément fragilisé. Je le dis en souriant parce que je suis aussi impliqué dans la question. Moi, j'organise des soirées de philo, des conférences de philo tous les lundis soir à Paris dans un théâtre, donc je le vois très directement. Aujourd'hui, quand vous êtes responsable... Tout le monde est masqué. On n'a pas encore repris, mais quand vous êtes responsable d'un théâtre, et le théâtre avec lequel nous travaillons, on est directement aux prises avec cette incertitude, qu'on vous dit qu'il faut faire une place sur deux, comment est-ce que vous vous organisez pour être rentable ?
On sait que c'est un équilibre économique qui est extrêmement délicat. Si on ne veut pas détruire le tissu culturel français, je pense, encore une fois, au théâtre, au cinéma, mais on peut penser aussi à tout le reste de l'activité culturelle, les musées, les expositions. De fait, on se retrouve aujourd'hui, à travers ce climat un peu anxiogène, dans une situation d'impasse qui est assez préoccupante.
Vous êtes pour le masque partout, tout le temps, tous azimuts ?
Je pense, encore une fois, je crois qu'il y a une asymétrie entre ceux qui sont au gouvernement et ceux qui n'y sont pas, parce que nous ne disposons pas des mêmes informations. Je parle comme un simple citoyen qui m'informe grâce à vous et à vos collègues. Je crois que ce qui compte, c'est de garantir que nous sommes assez prudents pour éviter une reprise de l'épidémie. Mais il ne me semble pas aujourd'hui que dans les chiffres qui nous sont présentés, il y ait de quoi, comme le dit le Premier ministre lui-même, s'affoler excessivement. Ce qu'il faut, c'est d'abord redonner confiance, et redonner confiance d'une manière qui puisse permettre de redémarrer l'activité.
J'ajoute que, sur le front économique, les dégâts qui s'annoncent sont absolument considérables, et qu'il faut aussi prendre ceci en considération. Vous savez, ce qui a pêché dans la gestion de la crise au cours des dernières semaines, c'est que nous avons un rapport uniquement médical ou épidémiologique aux décisions. C'est normal. C'est-à-dire que vous auriez voulu qu'il soit comme un rapport ? Si vous demandez à un médecin ou à un épidémiologiste de prendre des décisions pour la communauté nationale, il va évidemment mettre le curseur de manière exclusive sur l'aspect sanitaire.
De fait, la difficile tâche du politique, la difficulté qu'il rencontre, c'est d'arbitrer entre eux des critères qui sont mariés. Et ça a été le cas parfois.
On a vu qu'Emmanuel Macron est passé outre l'avis du Conseil scientifique sur la question de la réouverture des écoles à la fin du confinement. Les scientifiques n'ont pas toujours eu le dernier mot depuis le début.
Alors sur l'école, et parlons-en, ça c'est un sujet majeur. Je crois que l'année dernière, on a eu droit à des décisions qui étaient quand même extrêmement difficiles. On a réouvert les écoles, mais en réalité, c'était essentiellement de l'affichage. Parce que pour beaucoup de parents qui le savent très bien, beaucoup de collègues enseignants aussi, en fait, devoir faire cours avec des élèves qui étaient là, pour beaucoup d'entre eux, deux demi-journées par semaine, par exemple, c'était essentiellement pour dire qu'on avait rouvert les écoles. La vérité, c'est qu'au moment où l'enseignement à distance s'était correctement mis en place, vaille que vaille, il a fallu passer à une autre étape.
Maintenant, ce qu'il faut, c'est rentrer...
La droite, c'est-à-dire qu'il est divisé sur la question de la gratuité des masques à l'école. On a entendu des personnalités dire que c'était le rôle de l'État d'en fournir à tous les élèves. D'autres, de votre partie, dire l'inverse. Quelle est votre position ?
Moi, ma position, si vous voulez, c'est qu'aujourd'hui, d'abord, l'État a déjà distribué 100 millions de masques pour les familles les plus fragiles et donc à leurs enfants. Donc, c'est quand même, je crois qu'il y a peu de pays au monde qui est consenti cet effort. C'est très important, bien sûr, mais on ne peut pas non plus attendre tout de l'État à un certain point. Par ailleurs, l'allocation de rentrée scolaire vient d'être distribuée, là aussi, aux familles les plus modestes.
Les plus modestes, encore, 100 euros en plus par an, ce qui ne couvre pas l'intégralité du budget des masques pour une année scolaire.
Ça représente 500 euros par enfant. Avec ça, vous avez quand même de quoi acheter des masques.
De l'allocation, c'est 100 euros.
Oui, mais l'allocation de rentrée scolaire dans sa globalité, c'est 500 euros, autour de 500 euros par enfant, selon l'âge. Ça représente non à la gratuité des masques lavables pendant un certain temps. On ne peut pas, encore une fois, tout attendre de l'État. Et je reviens à ce qu'on disait tout à l'heure. Il y a aussi, peut-être, dans ce climat qui s'est installé en France, l'idée que tout est dû. Je ne fais pas de lien avec la montée de la violence, mais malgré tout, il faut aussi que chacun d'entre nous, que chaque citoyen en France, assume de se sentir responsable.
Et on sait que quand on donne le sentiment que tout est dû et que tout est reçu, on ne favorise pas non plus ce sentiment de civisme indispensable.
Mais quand Jean-Michel Blanquer nous dit tout est prêt, c'est bon, on peut y aller, on peut rentrer, est-ce qu'il faut le croire ?
Oui ? Aujourd'hui, ce que je constate, c'est que beaucoup de professeurs sont très désorientés devant les informations, parfois totalement contradictoires, qui sont émises par le ministère. Par exemple, sur le port du masque, justement, on a eu droit à des ordres et contre-ordres assez répétés. Je pense que par ailleurs, ce sera très difficile. Ça va être une difficulté pédagogique réelle de devoir faire face à cette entrée.
Les élèves, à partir de la 6e, il y a le masque également dans la cour de récréation. Donc apparemment, c'est le masque quasiment tous azimuts à l'école.
C'est maintenant ce qui semble être le dernier état des directives, mais encore une fois, les choses changent régulièrement. Jean-Michel Blanquer avait dit que les enseignants n'auraient pas besoin de porter le masque.
C'est de l'amateurisme, c'est de la souplesse, justement, face au flot des informations qui nous arrivent. On a cru pendant des mois que le virus était dangereux chez les enfants. Désormais, le consensus scientifique nous dit l'inverse. Est-ce qu'on ne s'adapte pas tout simplement à la situation et aux dernières informations qui arrivent ?
Encore une fois, c'est difficile et je ne veux pas avoir le jugement trop facile parce que ce serait trop simple d'être critique. Ce que je dis simplement, c'est qu'on a besoin de lignes claires et que c'est peut-être ce qui manque aujourd'hui, que par ailleurs, dans la situation où nous sommes aujourd'hui, on a peut-être aussi besoin d'un discours moins anxiogène. Le jour où l'épidémie reviendra vraiment, peut-être serons-nous en difficulté si jamais elle devait revenir parce qu'au fond, on aura tellement alerté quand le nombre, aujourd'hui vous regardez le nombre de réanimations en Ile-de-France qui est considérée comme l'un des endroits les plus touchés.
Encore une fois, on voit que l'épidémie n'est pas aussi virulente qu'elle a été passée.
Elle reviendra vraiment, mais elle remonte quand même là.
Elle remonte, mais rien à voir avec ce qu'on a connu il y a quelques mois. Et je ne dis pas que ça ne reviendra pas. Je dis simplement qu'il faut avoir un discours qui soit adapté aux circonstances. Vous partagez, François-Xavier Bellamy, la passion d'une partie de vos amis des Républicains pour le professeur Raoult ? Moi, j'ai été très frappé, je le dis aussi comme professeur de philosophie, de cette étonnante situation, de ce débat impossible. Je crois qu'on a besoin de rationalité, que la science devrait être l'occasion de cette rationalité.
Ce que vous dites, vous aussi, pour vos amis, élus du Sud-Est pour certains, qui ont fait l'éloge de l'hydroxychloroquine avant même qu'elle ne fasse ses preuves. Et on a su depuis que c'était un peu plus compliqué que ça.
Mais dans les deux sens, j'ai été aussi très frappé de voir à quel point le professeur Raoult était parfois critiqué avec une virulence irrationnelle parfois. Il s'est passé quelque chose là qui échappe complètement, je crois, à l'ordre de la science et du débat argumenté dont elle devrait être le lieu. Et au fond, il me semble que c'est aussi une leçon qu'on peut tirer de cet épisode. Il faut que les scientifiques fassent de la bonne science, que les politiques fassent de la bonne politique et que chacun fasse son métier et les choses iront mieux comme ça. Et je reviens sur ce que je disais tout à l'heure.
Ça implique aussi que ce n'est pas à des médecins seulement de déterminer les décisions qui doivent être prises sur le terrain politique parce que beaucoup d'autres éléments doivent rentrer en considération dans ce qui détermine les décisions de politique nationale.
8h51 sur France Info, on poursuit dans un instant. On va parler des primaires. À droite, vous allez nous dire ce que vous en pensez, François-Xavier Bellamy. D'abord, le fil Info avec Sarah Mansoura.
Les représentants du secteur de la culture vont défiler dans le bureau de la ministre Roselyne Bachelot aujourd'hui. Une rencontre pour évoquer la crise liée au coronavirus en présence du Premier ministre. Jean Castex a annoncé hier une dotation exceptionnelle de 2 milliards d'euros pour le secteur. À la rentrée, les élèves devront porter le masque aussi pendant les récréations. Le protocole sanitaire impose ce port du masque, y compris à l'extérieur. Il concerne les collégiens et les lycéens, mais aussi tous les adultes en milieu scolaire. L'ouragan Laura a touché terre en Louisiane. La côte de cet État américain subit des vents jusqu'à 240 km heure.
Des crues très importantes pourraient également survenir. L'ouragan Laura classé 4 sur une échelle de 5 menaces, également le Texas. Le tueur de Christchurch va terminer sa vie en prison. Le suprémaciste blanc de 29 ans, condamné à la prison à vie en Nouvelle-Zélande, il est reconnu coupable d'avoir méthodiquement tué 51 personnes, dont des enfants, aux abords de deux mosquées l'an dernier. France Info, et tout est plus clair.
François-Xavier Bellamy, est-ce qu'il faut une primaire pour départager les candidats dans votre parti pour 2022 ? Ou est-ce que, si vous me passez l'expression, vous avez été vacciné ?
En tous les cas, il faut un moyen de trancher la ligne. Et oui, si ça doit passer par une primaire, je crois que ce n'est pas la primaire qui a fait perdre la droite en 2017. Si ça doit passer par une primaire... Vous voulez dire que François Fillon a perdu tout seul ? Vous voulez dire que François Fillon n'a pas eu besoin de ça et que ça n'a pas divisé le parti ? Ça a été l'occasion d'un débat de fond. Je pense que d'ailleurs, le débat de la primaire en 2016, chacun le reconnaît, a été un débat de qualité sur le fond. Ce n'est pas, encore une fois, la primaire qui a fait que François Fillon a perdu l'élection présidentielle.
Vous savez bien qu'avec la primaire, on ne va pas refaire le match, mais Alain Juppé pourrait être aujourd'hui président de la République. Ce n'est pas vraiment la fibre de la droite, l'ADN de la droite, la primaire.
Encore une fois, je crois que les questions de parti ne sont pas les plus importantes. Les questions de méthode ne m'intéressent peu. On est dans un pays qui traverse une crise très profonde. Dans cette situation-là, évidemment, la démocratie suppose que la classe politique soit au rendez-vous et il faudra que notre famille politique arrive à cette élection avec une parole très claire, une parole forte. Je pense qu'elle ne retrouvera la confiance des Français, et ça c'est l'enjeu principal, que si elle arrive à tourner le dos à ses erreurs passées, aux reniements qui ont fait le discrédit dans lequel elle se trouve aujourd'hui.
Parce qu'il est très clair, je l'ai vécu moi-même comme candidat, que beaucoup de Français ont du mal à croire la droite aujourd'hui parce qu'ils ont le sentiment qu'elle n'a pas été à la hauteur lorsqu'elle était en responsabilité, parce qu'ils ont le sentiment qu'elle n'a pas fait ce qu'elle avait dit quand elle a eu l'occasion d'agir. Et donc il faut absolument qu'un débat ait lieu sur le fond, qui soit l'occasion pour notre famille politique de retrouver une parole claire, une parole cohérente, une parole forte. On a parlé tout à l'heure de cette question des violences qui traversent la société. On est là devant un enjeu historique pour notre pays.
Demain, si nous ne savons pas réagir face à cette montée de la violence, c'est le pacte social lui-même qui va exploser. Je crois qu'il faut avoir conscience de la crise profonde dans laquelle nous sommes aujourd'hui.
D'accord, mais votre problème aujourd'hui, c'est que la droite est quelque part au pouvoir avec un Emmanuel Macron qui mène des politiques de droite.
Bien sûr que non, alors ça pour le coup c'est vraiment... Il ne fait pas une politique de droite Emmanuel Macron. Mais en quoi fait-il une politique de droite ? C'est ce que lui reproche toute la gauche. La gauche lui reprochait ce qu'elle veut. Et la droite lui dit non. Mais si vous voulez, on en arrive à une logique tellement binaire et tellement absurde. Qu'est-ce qu'il y a de gauche aujourd'hui dans la politique d'Emmanuel Macron ? Il suffirait d'être critiqué par la gauche pour faire une politique de droite. Qu'est-ce qu'il y a de gauche aujourd'hui dans la politique d'Emmanuel Macron ? La vérité c'est que je ne suis même pas sûr qu'Emmanuel Macron mène une politique de gauche.
Je ne sais pas quelle politique il mène. Je crois qu'en même temps et la confusion permanente, la communication constante qui sont la marque de son action sont en fait extrêmement superficielles. Je ne sais pas ce qu'il restera exactement du quinquennat d'Emmanuel Macron dans les années qui viennent. La PMA pour toutes ? Probablement. Et ça pour le coup c'est clairement pas une réforme de droite. Il en restera aussi, je le disais tout à l'heure, typiquement sur les questions migratoires, une ouverture comme jamais. On n'avait jamais délivré autant de titres de séjour dans toute l'histoire de l'immigration en France.
On n'avait jamais délivré autant de titres de séjour que dans toute l'histoire de France. On vit des moments de repas. Vous permettrez de vérifier les chiffres ? Bien sûr, vérifier sans aucun problème. On est à une augmentation de plus de 30% par rapport à 2016 je crois et de plus du double par rapport à la moyenne des années d'exercice de Nicolas Sarkozy. Donc vous voyez, il y a bien une différence entre la politique de la droite et la politique que mène Emmanuel Macron aujourd'hui sur des questions comme celle-là.
Sur les questions économiques, qu'est-ce qui a été fait, je ne parle pas maintenant dans la crise, mais qu'est-ce qui a été fait avant la crise, est-ce quand la conjoncture était plutôt favorable pour permettre à l'État de se désendetter, pour permettre à la France de retrouver son agilité, des marges de manœuvre budgétaires ? Rien, malheureusement, je suis obligé de le reconnaître, je le déplore. J'aimerais bien soutenir un gouvernement en me disant qu'il fait ce qu'il faut pour résoudre les grands problèmes que mon pays traverse.
Mais visiblement, ce n'est pas le cas. Jean-François qui dit. Vous avez une minute, question philo pour refermer cette interview. Peut-on réécrire la littérature ? Fallait-il débaptiser 10 petits nègres de la catacristique ?
C'est tellement absurde. D'abord, je crois que c'est toujours très dangereux de commencer à réécrire des œuvres du passé. Parce que c'est la logique, malgré tout, qui caractérise tous les totalitarismes dans l'histoire. Et qu'il faut se laisser alerter sur le fait que quand on s'attaque à la langue elle-même, quand on s'attaque à la littérature, quand on prétend réinventer la culture à partir de nos codes d'aujourd'hui, on est toujours en train de commencer à déraper dans le sens de l'abolition des libertés.
On était Jean-François Bellamy, l'un des derniers pays où ce livre s'appelait encore comme ça. D'abord, je crois que ça n'est pas le cas. Je vous ai appelé comment ? François-Xavier Bellamy. Je vous ai appelé Jean-François. Pardon, François-Xavier Bellamy.
C'est une belle confusion. Je termine juste sur un point qui me paraît fondamental. C'est que la littérature, elle est faite aussi pour nous déranger. Je ne dis pas par là qu'il faille parler comme le titre d'Agatha Christie est parlé aujourd'hui dans le langage ordinaire des nègres. Mais si on commence à supprimer tout ce qui nous dérange dans les œuvres du passé, alors on va supprimer, vous parliez de philosophie, une très grande partie de la philosophie. Il va falloir demain censurer Aristote parce qu'Aristote considérait que l'esclavage était normal. Il va falloir supprimer les œuvres de Platon parce que chez Platon, il fallait créer la communauté des femmes et des enfants.
Je ne dis pas qu'il faut adhérer à ces idées-là, mais nous sommes obligés de lire les œuvres du passé avec ce qui parfois nous dérange et sans ce sentiment de supériorité incroyable avec lequel nous prétendons les censurer. Si les grands auteurs du passé ont été capables de faire des erreurs parfois et si nous savons les reconnaître aujourd'hui, ceci doit être pris par nous. Non pas comme une occasion d'orgueil, mais comme une occasion d'humilité pour nous dire que nous aussi, il peut nous arriver de nous tromper. Et c'est la première leçon que nous devons en retirer.
Et ce sera le mot de la fin ce matin. Merci beaucoup François-Xavier, bel ami sur France Info. Merci à vous.
François-Xavier Bellamy