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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 13 août 2023 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleJustice

Des révélations troublantes... Bernard Arnault, le « vrai patron » de la France ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 15 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteÉludée

    Macron ou Arnaud, qui dirige vraiment la France ?

  • 0:22OuverteÉludée

    La question vous a traversé l'esprit en observant le luxe flamboyant d'une boutique LVMH ?

  • 0:46OuverteÉludée

    Quelles sont les révélations du Monde sur l'influence de Bernard Arnault ?

  • 3:27RelanceÉludée

    Gabriel Attal a-t-il vraiment voulu lutter contre la fraude fiscale ?

  • 4:19RelanceÉludée

    Le plan de lutte contre la fraude fiscale est-il crédible ?

  • 4:42OuverteÉludée

    Clément Beaune a-t-il été recadré par Bernard Arnault ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:33InvitéFait
    « J'ai annoncé pour cela une méthode. Plus de moyens, plus de sanctions et plus de résultats. »
  • 1:39InvitéChiffre
    « Il y a 1500 créations d'effectifs pour le contrôle fiscal à la direction générale des finances publiques. »
  • 2:02InvitéFait
    « Sur la question des sanctions et du contrôle, moi, je veux vraiment intervenir sur ce qu'on appelle la zone grise. »
  • 2:40InvitéFait
    « Je renforce également des sanctions dans les cas de fraudes fiscales aggravées. »
  • 4:00InvitéFait
    « Je ne peux pas laisser dire que les riches ne contribuent pas pleinement à la nation. »
  • 4:03InvitéChiffre
    « Bernard Arnault est le plus grand contribuable français. »
  • 8:35InvitéFait
    « Je sais que les entreprises doivent être profitables. »
  • 9:09InvitéFait
    « Taxer plus en France, c'est produire moins en France. »
  • 9:44InvitéFait
    « après le mensonge des 1 200 euros bruts que tout le monde aurait et que nous avons démasqués »
  • 9:56InvitéFait
    « cette réforme sert à compenser les cadeaux faits aux grandes entreprises et aux plus riches de ce pays. »
  • 10:19InvitéChiffre
    « la fortune des milliardaires est passée de 500 milliards en 2017 à 1 000 milliards en 2022 »
  • 14:00PrésentateurChiffre
    « Le projet de loi de programmation des finances publiques pour les cinq prochaines années et ses 26 articles qui promettent le plein emploi et le retour à un déficit public sous les 3% du PIB en 2027 a été rejeté en première lecture par 309 voix. »
  • 14:24PrésentateurFait
    « Accélération du retour du déficit public sous la barre des 3% dès 2025. »
  • 14:37PrésentateurChiffre
    « Objectif de réduction globale de 5% des emplois publics d'ici fin 2027. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Invité9 %
  • Invité 28 %
  • Invité 36 %
  • Présentateur 23 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Bonjour à toutes et à tous, quel plaisir de vous retrouver pour un nouveau bulletin d'information à la sauce estivale. Macron ou Arnaud, qui dirige vraiment la France ? La question vous a sûrement traversé l'esprit alors que vous observiez de loin le luxe flamboyant d'une boutique LVMH ou quand on vous rabâche pour la centième fois que le mania du luxe a triplé sa fortune depuis six ans. D'un côté, on a donc le président des riches et de l'autre, l'homme le plus riche du monde. Et si le premier n'était finalement que la marionnette du second ? Et s'il tirait les ficelles en coulisses ?

Ce sont les interrogations qui nous viennent à l'esprit après avoir lu la dernière enquête du journal Le Monde sur l'influence dévorante de Bernard Arnaud. Le journal Le Monde met en évidence comment Arnaud est devenu au fil du temps l'homme des présidents à tel point que les membres du gouvernement actuel se mettent à lui manger dans la main. Tenez, une illustration de cette collusion entre le milliardaire et le gouvernement. Souvenez-vous de cette séquence du mois de mai dernier. Gabriel Attal, alors ministre délégué aux comptes publics, surprend tout le monde en présentant un plan de lutte contre la fraude fiscale.

Le jeune ministre prend des airs de justicier des comptes publics et tape du poing sur la table contre les riches fraudeurs. Voici ce qu'il déclare notamment.

1:27
Invité

J'ai annoncé pour cela une méthode. Plus de moyens, plus de sanctions et plus de résultats. Sur les moyens, il y a le doublement des officiers fiscaux judiciaires ici à la police fiscale. Il y a 1500 créations d'effectifs pour le contrôle fiscal à la direction générale des finances publiques. Et puis, un certain nombre d'orientations qui sont données sur les contrôles, notamment pour renforcer le nombre de contrôles sur le haut du spectre, c'est-à-dire les fraudes, encore une fois, les plus élaborées, celles qui recouvrent le plus de techniques, notamment à l'international, et des montants financiers qui sont importants.

Sur la question des sanctions et du contrôle, moi, je veux vraiment intervenir sur ce qu'on appelle la zone grise. Des schémas qui, parfois, sont ce qu'on appelle de l'optimisation fiscale, mais qui, en réalité, permettent à certains, et notamment à des multinationales, d'échapper à une part importante de l'impôt en France. C'est notamment la question des prix de transfert des grandes entreprises. J'ai donc décidé de renforcer le contrôle sur la manière dont les grandes entreprises documentent les prix de transfert, avec des mesures fortes et renforcées sur ce sujet-là. Je renforce également des sanctions dans les cas de fraudes fiscales aggravées.

On travaille avec mon collègue Éric Dupond-Moretti à une sanction d'indignité fiscale et civique. Très concrètement, dans les cas de fraudes les plus graves, quand il y a dissimulation d'avoir à l'étranger, quand il y a bande organisée, je considère qu'on n'est plus dans la citoyenneté et qu'on doit être privé pour un temps de tout accès à réduction d'impôts, crédit d'impôts et à ses droits civiques, dont son droit de vote. Il y a une question constitutionnelle autour de cette mesure, et donc on saisit le Conseil d'État pour qu'il puisse nous fournir une analyse.

De la même manière, je souhaite que pour des condamnations judiciaires qui ne s'accompagnent pas de mesures de privation de liberté pour les fraudes importantes, il puisse y avoir des travaux d'intérêt général. Et nous allons travailler avec la Direction générale des finances publiques sur une proposition de travaux d'intérêt général dans le réseau des centres des impôts et de la DGFIP.

3:27
Présentateur

Fier de jouer les robins des bois d'un gouvernement de droite, notre cher Gabriel Attal lâche le mot « ultra-rich » dans son plan. Sauf que l'ultra-rich par excellence dans notre pays, c'est Bernard Arnault, évidemment. Ce terme colle à son image et le classe dans une niche vue d'un mauvais œil par une partie de la population. Le Monde nous révèle alors que le PDG de LVMH n'aurait pas du tout apprécié cet élément de langage du ministre. Il s'en serait plein à son fils. Et une semaine plus tard, on retrouve un Gabriel Attal qui, en bonne élève, a appris sa leçon et adapté son discours.

4:00
Invité

Je ne peux pas laisser dire que les riches ne contribuent pas pleinement à la nation. Par exemple, Bernard Arnault est le plus grand contribuable français.

4:07
Présentateur

C'est ce qu'on appelle un virage à 180 degrés. Au-delà des mots, on découvre un plan édulcoré qui trahit mal le fait que le gouvernement voulait un effet d'annonce plutôt qu'une vraie chasse aux fraudeurs fiscaux. Gabriel Attal nous dit qu'il veut embaucher 1500 nouveaux agents pour lutter contre l'évasion fiscale. Sauf que depuis les années 2010, l'administration fiscale en a déjà perdu 3000. Et que Bercy prévoit d'ici 2027 d'en supprimer 3000 autres. Faites les comptes, c'est tout simplement un coup d'épée dans l'eau. Et Attal n'est pas le seul ministre à avoir subi les remontrances de Bernard Arnault. En avril, c'est Clément Beaune qui se faisait recadrer.

Le ministre des Transports portait alors une mesure écologique que quasiment toute la gauche appelait de ses voeux. Taxer plus lourdement les jets privés. Indignation chez les ultra-riches, Beaune est littéralement convoqué pour s'expliquer auprès du fils Arnault lors d'un dîner parisien. Il finira à la soirée, la queue entre les jambes, se défendant d'avoir voulu cibler les ultra-riches. Là encore, le discours change. Clément Beaune prétend maintenant que cette taxe sur les jets privés visait surtout les footballeurs. Mais l'affront ultime est venu d'Emmanuel Macron lui-même.

Le 22 mars passé, lors d'une interview sur TF1, le chef de l'État s'en prenait aux grandes entreprises, souhaitant qu'elles contribuent davantage aux finances publiques. Écoutez ce qu'il déclarait.

5:30
Invité

Ce sentiment d'injustice, c'est de dire au fond, c'est toujours nous qui bossons, à qui on demande des efforts. Et c'est vrai qu'on demande cette réforme, il ne faut pas se tromper. On demande à nos compatriotes des efforts. C'est nous qui allons travailler deux ans de plus. On leur demande des efforts pour pouvoir financer la protection et la préparation de l'avenir. Et donc il faut entendre ce besoin de justice. Moi je l'entends, à au moins deux égards. Quand on voit des entreprises qu'on a aidées et on continuera cette politique pour l'entreprenariat, pour l'attractivité, parce que ça permet de réindustrialiser, de payer, de nous rendre plus forts.

Mais il y a quand même un peu un cynisme à l'œuvre. Quand on a des grandes entreprises qui font des revenus tellement exceptionnels qu'ils en arrivent à utiliser cet argent pour racheter leurs propres actions, là je vais demander au gouvernement de pouvoir travailler à une contribution exceptionnelle pour que cet argent, quand il y a des profits exceptionnels d'entreprises qui sont prêts à racheter leurs propres actions, que leurs travailleurs puissent en profiter. Donc c'est une taxe sur les super profits ? Non, parce que cette taxation des super profits, nous l'avons déjà fait pour les énergéticiens. C'est ce qu'on a construit au niveau européen.

C'est ce qui nous permet d'ailleurs de financer le bouclier face à l'augmentation de l'énergie. Et c'est ce qui fait que vous payez par mois une augmentation de 20 euros environ, entre 20 et 30 euros sur votre électricité et votre gaz, au lieu de 180 ou 200 euros. Ça, on l'a financé en taxant les super profits des énergéticiens. Là, je dis, on a des grandes entreprises qui sont en train de racheter leurs actions, ont des contributions exceptionnelles, il faut trouver la bonne technique, mais il faut qu'ils distribuent davantage à leurs salariés et il faut qu'il y ait une contribution à cet effort du moment.

6:58
Présentateur

Dans le même temps, le gouvernement est alors en discussion avec Bernard Arnault pour faire de ces entreprises des sponsors premium des Jeux Olympiques de Paris 2024. Mais quand le milliardaire entend les propos d'Emmanuel Macron, il devient fou de rage et met fin aux discussions avec le comité d'organisation des JO. LVMH a fini par officialiser son partenariat le 25 juillet, après de longues négociations en coulisses, des négociations qui, selon le monde, auraient viré aux supplices pour les pouvoirs publics. On ne saura certainement jamais ce que le gouvernement a dû concéder pour ce partenariat haut de gamme.

Ce qui est sûr, c'est que la liste des conflits d'intérêts entre le pouvoir macroniste et Bernard Arnault est longue comme le bras. Du rachat de l'entreprise américaine Tiffany au dîner mondain auquel des ministres et personnalités politiques sont régulièrement conviés, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier entre le pouvoir politique et l'Empire Arnault. Pas étonnant, dans ces conditions, que ce même gouvernement ait rejeté catégoriquement toute taxation des super-profits. Pour rappel, LVMH a établi l'an dernier un bénéfice record de 14 milliards d'euros, soit une progression de presque un quart par rapport à l'année précédente.

Mais ne demandez surtout pas à Bruno Le Maire ce que signifie toute cette manne financière. Apparemment, il n'en sait rien.

8:20
Invité

Vous avez bien sûr entendu parler de cette polémique aussi sur les super-profits. Non. Vous n'étiez pas là cet été alors.

8:30
Présentateur

Non, mais je ne sais pas ce que c'est qu'un super-profit. Donc non, je n'ai pas entendu. Je sais que les entreprises doivent être profitables. C'est tout ce que je sais. Je sais que Total, CMACGM, les distributeurs, un certain nombre d'autres entreprises ont déjà fait des efforts pour redistribuer ce qu'elles avaient gagné directement dans la poche du consommateur et de nos compatriotes. Et j'appelle toutes les entreprises qui ont les marges de manœuvre nécessaires, comme l'a fait la première ministre hier, à alléger la facture de l'inflation pour nos compatriotes. Mais je sais une dernière chose. Taxer plus en France, c'est produire moins en France.

Regarder ailleurs et faire le jeu des ultra-riches est donc monnaie courante dans ce gouvernement. Et pendant ce temps, l'essentiel des actions de LVMH dorment tranquillement dans une fondation belge afin d'éviter de payer des droits de succession ou tout impôt sur le territoire français. De quoi scandaliser l'opposition et tout particulièrement la chef de file des insoumis, Mathilde Panoff.

9:34
Invité

Après le rejet par notre Assemblée de l'article 2, après le mensonge des 1 200 euros bruts que tout le monde aurait et que nous avons démasqués, voici venu un autre mensonge, celui de la réforme ou la faillite. Si déficit des retraites il y a, il est clair que vous l'avez créé, monsieur le ministre. De l'aveu même de Bruno Le Maire, cette réforme sert à compenser les cadeaux faits aux grandes entreprises et aux plus riches de ce pays. Toutefois, notre groupe n'est pas indifférent à l'émotion qui vous saisit. Pour vous conseiller, nous vous proposons des milliers de manières de financer les retraites. Parmi elles, le retour d'un impôt de solidarité sur la fortune renforcé.

Car ce qui me taraude, monsieur le ministre, c'est pourquoi, alors que la fortune des milliardaires est passée de 500 milliards en 2017 à 1 000 milliards en 2022, vous préférez taxer deux ans de vie de tous les Français plutôt que la fortune d'une poignée de personnes. Après tout, monsieur le ministre, qu'est-ce que Bernard Arnault a de plus que nous ? Qu'est-ce que Bernard Arnault a de plus que Patricia, poissonnière dans le Morbihan, qui se lève tous les jours à 1h30 du matin, qui vient juste de vendre son commerce et qui s'apprête à devenir chauffeur de car à 60 ans ?

Qu'est-ce que Bernard Arnault a de plus que Josiane, à qui vous demandez de travailler 15 mois de plus et dont vous annulez les 16 trimestres acquis grâce à de ses enfants ? Qu'est-ce que Bernard Arnault a de plus que Jamila, aide à domicile, carrière hachée, genoux cassés, et qui travaillerait jusqu'à 67 ans pour espérer une retraite décente ? Qu'est-ce que Bernard Arnault a, monsieur le ministre, de plus que les millions de Français dont le corps et l'esprit sont usés par le travail et que vous condamnez à deux enfermes ? Monsieur le ministre, cette réforme est une goutte de plus dans un océan d'injustice. Non, ce ne sera pas la réforme ou la faillite. La faillite, ce sera votre réforme.

11:31
Présentateur

Mais Mathilde Panot s'attaque à un géant que plus rien n'effraie. Le monde nous apprend qu'en juin dernier, Bernard Arnault a supervisé en personne la privatisation du pont 9 à Paris pour le défilé Viton. Tout un quartier parisien bouclé par la police et un camp de jeunes migrants évacués. Tout cela pour qu'une brochette de people et de bourgeois profite d'un moment d'entre-soi. Pour faire simple, l'Empire Arnault a pris des proportions gigantesques et dangereuses. Nous sommes si gros, si puissants que nous n'avons même plus besoin de faire du lobbying. Ça se fait tout seul. C'est ce qu'avoue un membre de l'équipe dirigeante de LVMH, interrogé par Le Monde.

Et ce pouvoir est également perceptible dans les médias. Bernard Arnault est propriétaire du groupe Les Echos, le Parisien, mais aussi de Radio Classique, des médias mis au pas qui suivent la ligne imposée par leurs propriétaires. Le Monde rapporte que la rédaction du Parisien a regretté par exemple qu'aucune une n'ait été consacrée aux manifestations contre la réforme des retraites cet hiver, sauf pour parler des violences. Avec tant de révélations sur Bernard Arnault, on allait presque oublier que d'autres ultra-riches tentent de faire la pluie et le beau temps dans notre cher pays.

C'est le cas notamment de l'homme d'affaires Patrick Drahi, patron du groupe Altice, un véritable empire des télécoms et des médias. Un empire qui vacille ces derniers temps puisque Patrick Drahi est endetté dans le monde à hauteur de 60 milliards d'euros. Et voilà qu'on apprend qu'un scandale de corruption au Portugal éclabousse le milliardaire français. Dans cette affaire Armando Pereira, le bras droit de Patrick Drahi a été arrêté à Lisbonne et mis en examen dans le cadre d'une enquête pour corruption et blanchiment. Mais l'homme d'affaires ne veut pas céder à la panique.

Alors qu'il était interrogé mardi en marge des résultats trimestriels d'Altice France, le mania des télécoms a exclu la possibilité de vendre ses médias, en particulier BFM TV et RMC pour désentêter son groupe. Une nouvelle preuve, s'il en fallait une, du rôle pivot des médias dans la propagande de la bourgeoisie. Est-ce que vous sentez l'odeur du 49.3 titiller vos narines ? Selon une information du canard enchaîné, Elisabeth Borne et Emmanuel Macron sont décidés à utiliser encore une fois l'article 49.3 pour faire passer en force leur loi de programmation des finances publiques à la rentrée.

Le gouvernement avait promis de ne pas sacrifier cette cartouche pour son projet de loi, mais après tout, les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent, disait Chirac. Le projet de loi de programmation des finances publiques pour les cinq prochaines années et ses 26 articles qui promettent le plein emploi et le retour à un déficit public sous les 3% du PIB en 2027 a été rejeté en première lecture par 309 voix. Contre, 243 pour et cinq députés s'étaient abstenus. Les sénateurs l'ont adopté en y apportant plusieurs modifications. Accélération du retour du déficit public sous la barre des 3% des 2025.

Baisse de 0,5% volume chaque année jusqu'en 2027 de la trajectoire des dépenses des administrations centrales hors mesure de crise et hors charge de la dette. Objectif de réduction globale de 5% des emplois publics d'ici fin 2027. Ne disposant pas de la majorité absolue à l'Assemblée nationale, un nouveau revers n'est pas à exclure quand le projet de loi de programmation des finances publiques sera examiné en séance le 10 octobre et soumis au vote le 25 octobre prochain. Et c'est précisément ce scénario que le gouvernement souhaite éviter. Présent en commission des finances, Gabriel Attal, alors ministre délégué chargé des comptes publics, avait mis en garde les députés.

La non-adoption de ce texte pourrait entraîner un retard, un délai, voire une amputation des fonds européens qui nous sont versés dans le cadre du plan de relance. Sauf que ces lois de programmation des finances publiques n'engagent pas de crédit. Elles ne sont pas des lois de finances avec un droit illimité de recours au 49.3. Si le gouvernement utilisait cet article de la Constitution pour ce texte, il ne pourrait donc plus le faire de toute la session parlementaire, ce qui pourrait donner l'avantage à l'opposition.

Depuis 1958, l'article 49.3 linéa 3 a été déclenché à 100 reprises, 33 fois par un chef de gouvernement de droite, 56 fois par la gauche et 11 fois par la première ministre Elisabeth Borne. Dans l'histoire de la Ve République, seul Michel Rocard a plus usé de cet outil que beaucoup d'analystes qualifient d'antidémocratique. Nouveaux soupçons de violences policières à Marseille, et cinq agents du RAID ont été placés en garde à vue ce mardi 8 août suite à la mort de Mohamed Bendris. Ils sont suspectés d'avoir participé à l'intervention de police qui a causé la mort du jeune homme de 27 ans dans la nuit du 1er au 2 juillet.

Deux des officiers du RAID ont été libérés dans la soirée, tandis que d'autres policiers, une vingtaine selon BFM, étaient également convoqués afin d'être entendus. En qualité de témoin, rapporte le parquet. D'après les premiers éléments de l'enquête, Mohamed Bendris est mort d'une crise cardiaque vraisemblablement provoquée par un tir de LBD qui a l'a atteint au thorax au niveau du cœur provenant d'un agent du RAID déployé à Marseille pour réprimer la deuxième nuit de révolte consécutive à la mort de Naël, 17 ans, à Nanterre, entre les mains de la police. Selon ses proches, Mohamed Bendris observait les émeutes depuis son scooter.

Sur une séquence qu'il a lui-même filmée et postée sur Snapchat, il a assisté de loin à une interpellation à minuit 49. Il s'est effondré quelques minutes plus tard sous les yeux de plusieurs témoins devant l'immeuble où habite sa mère, où il est arrivé en deux roues. Une information judiciaire pour coup mortel avec arme ouverte le 4 juillet a été confiée à l'IGPN et à la police judiciaire. La veille du décès de Mohamed Bendris, c'est son cousin Abdelkarim, 22 ans, qui a été atteint à l'œil gauche par un tir policier à Marseille. Il en a perdu l'usage. Une enquête préliminaire a été ouverte et Abdelkarim a été entendue par l'IGPN le 24 juillet.

Et c'est encore à Marseille, durant cette même nuit, du 1er au 2 juillet, que Eddy, 22 ans, a été mutilé par un tir de LBD, puis tabassé par des policiers de la BAC. Quatre d'entre eux ont été mis en examen pour des violences aggravées. Et celui qui est soupçonné d'avoir tiré a été placé en détention provisoire. Malgré la fronde au sein des rangs de la police, la cour d'appel d'Aix en Provence a refusé le 3 août dernier de le remettre en liberté. Le Brésil a accueilli hier à Belém huit chefs d'État d'Amérique du Sud dans le cadre d'un sommet sur la préservation de cette région du monde.

Cette réunion historique s'est soldée par la création d'une alliance contre la déforestation de l'Amazonie. Une bonne nouvelle, oui, mais à nuancer. Car si l'alliance est pleine de promesses, elle ne présente aucun objectif concret. Une nouvelle qui fait grincer les dents les écologistes, mais qui ne semble pas ébranler le président français d'un centimètre. Et c'est là la surprise de ce sommet. Emmanuel Macron, pourtant personnellement invité par le président brésilien Lula, n'a pas répondu à cette invitation et a préféré y envoyer Brigitte Collet, l'ambassadrice de France, au Brésil.

Une représentation bien faible pour débattre d'un sujet qui semblait être une priorité dans le programme du président, n'est-ce pas ? Alors comment expliquer cette absence ? Le président avait pourtant indiqué en juin dernier sa dismodibilité pour participer au sommet des BRICS le 22 et 24 août prochains. Sauf qu'il n'y a jamais été invité et ce n'est pas l'envie qui manquait. En revanche, il a bien reçu une invitation de la part du président brésilien pour ce sommet sur la préservation de la biodiversité qu'il a tout simplement snobé. A-t-il été blessé dans son égo ?

Bien, refuse-t-il d'écourter ses vacances à Brégançon, où il se prélasse avec son épouse sous les regards conquis des paparazzi ? Dur à dire. Une chose est sûre, Emmanuel Macron a fait sa part en manifestant son soutien à travers le média qui l'affectionne le plus, Twitter. Mais pas un mot dans ce tweet à l'endroit des élus guyanais qui n'ont même pas été informés de son absence alors que l'Amazonie couvre 90% de ce territoire. Et on conclut ce flash par un petit tour d'horizon de l'actualité internationale.

L'ONU a annoncé ce mardi avoir collecté de solides preuves d'une augmentation spectaculaire des crimes de guerre et contre l'humanité en Birmanie qui serviront à traduire leurs auteurs en justice. Le rapport annuel du mécanisme d'enquête indépendant des Nations Unies pour le Myanmar créé en 2018 corrobore les informations d'autres organismes onusiens, d'ONG ou d'États sur les violences qui secouent la Birmanie depuis les coups d'État de février 2021. L'armée renversait la dirigeante élue Ong Chonchouki. On se souvient tous de cette vidéo insolite où on pouvait voir un convoi militaire passer derrière une coach sportive qui donnait un coup.

Depuis, une guerre civile a éclaté, faisant plus de 3000 morts et provoquant le déplacement de centaines de milliers d'habitants. Le rapport met en évidence des bombardements aériens aveugles, l'anéantissement de villages et le massacre aussi bien de combattants emprisonnés que de civils. Le mécanisme d'enquête indépendant des Nations Unies pour le Myanmar collabore déjà avec la Cour internationale de justice ainsi que la Cour pénale internationale afin de poursuivre au plus vite les responsables de ces crimes. On quitte la Birmanie pour les États-Unis où les républicains ont subi un nouveau revers sur l'avortement.

Dans l'État de l'Ohio, le parti conservateur souhaitait faire adopter une réforme constitutionnelle qui aurait compliqué l'organisation et l'adoption de référendums dans cet État du Nord du pays avec en ligne de mire la question des interruptions volontaires de grossesse. Mais les électeurs se sont prononcés contre la réforme. On rappelle qu'en juin 2022, la Cour suprême portait un coup historique au droit à l'avortement laissant aux États la possibilité de légiférer sur la question. Selon des enquêtes d'opinion récentes, les Américains veulent toutefois protéger l'accès à l'avortement en majorité.

L'échec des référendums anti-IVG dans des États très conservateurs comme le Kentucky ou le Kansas ont d'ailleurs montré des nuances jusque dans l'électorat acquis à Trump. Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'information quotidien. Un nouveau flash qui entre dans notre programmation d'été. Comme à chaque fin de saison, nous réduisons quelque peu la voilure avec notamment la mise en pause de nos directs. Mais l'actualité ne s'arrête pas. Alors nous non plus, nous continuons à vous fournir dans ces moments importants nos reportages, enquêtes, entretiens, plateaux d'analyse, deux débats de décryptage au quotidien.

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